Israël/5770: Je n’ignore pas qu’on pourrait l’interpréter comme une négation de l’existence de l’Etat d’Israël (With friends like these, who needs enemies?)

Khazaria mapThe 13th tribe (Koestler, 1976)Malheur à vous, spécialistes de la Loi et pharisiens hypocrites! Vous parcourez terre et mer pour amener ne fût-ce qu’un seul païen à votre religion, et quand vous l’avez gagné, vous lui faites mériter l’enfer deux fois plus que vous. Rabbi Yeshoua (Matthieu 23: 15)
Celui qui est Sacré, béni soit il, n’a exilé les Juifs parmi les nations qu’afin de lui ajouter des convertis. Rabbi Eleazar (Pessa’him)
Les convertis sont à Israël comme le psoriasis. Rabbi Chelbo (Yevamot)
La grande majorité des juifs vient de l’Europe orientale et en conséquence elle est peut-être principalement d’origine khazare. Cela voudrait dire que les ancêtres de ces juifs ne venaient pas des bords du Jourdain mais des plaines de la Volga, non pas de Canaan mais du Caucase, où l’on a vu le berceau de la race aryenne : génétiquement ils seraient apparentés aux Huns, aux Ouigours, aux Magyars, plutôt qu’à la semence d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. S’il en était bien ainsi, le mot « antisémitisme » n’aurait aucun sens : il témoignerait d’un malentendu également partagé par les victimes et les coupables. A mesure qu’elle émerge lentement du passé, l’aventure de l’empire khazar commence à ressembler à une farce, la plus cruelle que l’histoire ait perpétrée.
Je n’ignore pas qu’on pourrait l’interpréter avec malveillance, comme une négation de l’existence de l’Etat d’Israël. Mais ce droit n’est pas fondé sur les origines hypothétiques des juifs ni sur l’alliance mythologique entre Abraham et Dieu ; il est fondé sur la législation internationale, et précisément sur la décision prise par les Nations Unies en 1947 (…) Quelles que soient les origines raciales des citoyens d’Israël et quelles que soient les illusions qu’ils nourrissent à leur propos, leur Etat existe de jure et de facto, et il est impossible de le supprimer, sinon par génocide. Arthur Koestler (La Treizième Tribu, pp. 17-18 et 258)
La conclusion, proprement perverse, de son livre est d’attribuer au peuple palestinien ce qui a été dénié aux juifs, à savoir qu’ils sont – eux, les Palestiniens – les vrais descendants génétiques des Hébreux originaires ! Cet épilogue est le révélateur de la finalité du livre. On y trouve le principe mythologique de l’inversion dont le peuple juif est la victime coutumière : les juifs deviennent des non-juifs et les Palestiniens les juifs génétiques. On peut, dès lors, en déduire qui est l’occupant légitime du pays. En ne déconstruisant pas radicalement la notion d’héritage génétique, en en faisant, au contraire, bénéficier le peuple palestinien, Sand révèle tout l’impensé qui obscurément pourrit ce qu’il tient pour être une entreprise libératrice. Il montre que la méthode substitutive qu’il emploie est tout simplement mystificatrice, et ce d’autant plus qu’elle voudrait être au service de l’entente entre les ennemis. Eric Marty
L’essai de Koestler couvrait d’un vernis scientifique une profession de foi de type assimilationniste: les juifs devaient d’autant plus se fondre dans les nations européennes que l’écrasante majorité d’entre eux y plongeaient, à en croire Koestler, leur véritables racines. L’auteur de La Lie de la terre prétendait en effet, par une hypothèse, jamais corroborée depuis, que tous les juifs ashénazes – autrement dit la majorité des juifs dans le monde – étaient des descendants des Khazars, et non des émigrants venus du Moyen-Orient via l’ouest de l’Europe à la suites des expulsions médiévales – comme la plupart des historiens continuent à le penser. Nicolas Weill

Après la condamnation quasi-unanime de son intervention contre les missiles du Hamas …

Après le rapport de l’ONU le condamnant sans appel …

Après l’élection du premier président américain d’origine musulmane décidé à lui imposer les diktats de ses coreligionnaires …

Après, sans compter les incessants appels à la solution finale du pays co-organisateur, la conférence sur le racisme le désignant à l’opprobre international …

Après le boycott ou les menaces d’autodafé de ses livres ou de ses films

Après la tentative de déconstruction radicale de ses origines par l’un de ses propres historiens …

Retour, en ce 5770e Nouvel An juif, sur un autre exemple de cette bonne volonté fourvoyée prétendant promouvoir l’entente entre les ennemis.

A savoir la thèse d’un autre écrivain d’origine juive lui aussi (Arthur Koestler) qui souhaitait, à la veille de sa mort au milieu des années 70, enterrer définitivement l’antisémitisme et les théories raciales nazies.

Mais finissait pour ce faire, comme l’historien israélien Shlomo Sand qui le cite abondamment dans son livre et via son célèbre livre-enquête sur les Khazars (ce peuple du Caucase s’étant massivement converti au judaïsme au IXe siècle dont les juifs ashkénazes étaient censés uniquemen descendre – « La Treizième Tribu », 1976), d’imposer scientifiquement l’assimilation forcée des juifs aux nations européennes en leur déniant toute origine moyen-orientale.

Autrement dit, tout en ayant le mérite de ramener le projecteur sur l’importance et l’ancienneté des conversions dans les diasporas de Méditerranée et d’Europe centrale et donc sur l’origine partiellement mythique de l’idée d’exil et d’errance desdites populations, en profitait pour dénier toute réalité à la notion de peuple juif et partant toute légitimité à leurs revendications territoriales

Ne leur concédant, comme seule garantie de leur existence, que la législation internationale et notamment la décision de 1947 des mêmes Nations-Unies qui allaient assimiler le sionisme au racisme et s’apprêtent, comme chaque année, à prêter leurs tribunes au dernier champion de la solution finale

L’histoire retrouvée des Khazars
Nicolas Weill
Le Monde
09.07.99

Jusqu’à une date récente le destin de cette peuplade qui vécut au sud de la Russie et passa au Moyen Age du paganisme au judaïsme inspirait plus les romanciers que les historiens. La conférence de Jérusalem a pu redonner une identité historique à ce « peuple fantôme »

Parlerait-on autant des Khazars si cette peuplade qui vécut dans le sud de l’actuelle Russie n’avait suivi un itinéraire singulier, passant du paganisme au judaïsme en plein haut Moyen Age ? La conférence qui s’est tenue en Israël du 24 au 28 mai à l’institut Ben-Zvi – un centre rattaché à l’Université hébraïque de Jérusalem – a permis en tout cas, en rassemblant exceptionnellement des chercheurs russes, américains, israéliens et même français, de montrer que ce « peuple fantôme », comme l’appelait encore dans les années 30 un historien français d’origine russe, Alexandre Baschmakoff, n’était pas seulement un terreau pour romanciers comme il l’avait été à la fin des années 80 pour l’écrivain yougoslave, aujourd’hui proche du régime de Slobodan Milosevic, Milorad Pavic et son Dictionnaire khazar. Peuple de légende, les Khazars ont aussi une histoire.

En Israël même, le domaine khazar a été passablement laissé en friche depuis vingt ans, depuis la mort d’un universitaire de Tel-Aviv du nom d’Abraham Poliak. Ce fut pourtant le livre de Poliak, Khazarie : histoire d’un royaume juif en Europe (1951, en hébreu) qui servit de caution savante à l’un des derniers ouvrages d’Arthur Koestler : La Treizième Tribu (Calmann-Lévy), dont la parution en 1976 fit grand bruit. L’essai de Koestler couvrait d’un vernis scientifique une profession de foi de type assimilationniste : les juifs devaient d’autant plus se fondre dans les nations européennes que l’écrasante majorité d’entre eux y plongeaient, à en croire Koestler, leur véritables racines. L’auteur de La Lie de la terre prétendait en effet, par une hypothèse, jamais corroborée depuis, que tous les juifs ashénazes – autrement dit la majorité des juifs dans le monde – étaient des descendants des Khazars, et non des émigrants venus du Moyen-Orient via l’ouest de l’Europe à la suites des expulsions médiévales – comme la plupart des historiens continuent à le penser.

FAIBLES TRACES

Très récemment, un linguiste de l’université de Tel-Aviv, Paul Wexler, a cherché à renflouer cette théorie où politique et science s’entremêlent. Dans ses Juifs ashkénazes. Un peuple turco-slave en quête d’une identité juive (Slavica, 1993, en anglais), ce spécialiste, assez isolé parmi ses confrères, entendait démontrer que la langue yiddish, parlée par les juifs d’Europe de l’Est, était en réalité une « langue slave », malgré son vocabulaire germanique (et hébreu), puisque sa syntaxe serait proche du russe. Quoi qu’il en soit, si la présence de fortes communautés juives à l’est est attestée dès le XIVe siècle, on situe la fin du kaghanat khazar ( kaghan étant le titre du roi chez les peuples d’origine turque), sous les coups de boutoir de la puissance russe émergente, dès 965. Un espace vide et mystérieux reste à combler…

Car, depuis lors, la trace des Khazars se perd. Leur langue et leur écriture ont livré aux philologues moins d’une centaine de mots, et il n’est pas certain que ce lexique lacunaire ne puisse être rapporté aux autres dialectes turcs parlés à cette époque dans la région. On trouve aussi quelques inscriptions dites « turco-runiques », encore à déchiffrer. Quant aux frontières même de ce royaume semi-nomade, entre la basse Volga, la Crimée et la Transcaucasie, elles ne sont pas fixées avec plus de précision. De cette accumulation d’inconnues, il ne faudrait pas conclure que l’on ne sait rien des Khazars. Près de huit cents sites archéologiques ont été ou fouillés, ou repérés, parmi lesquels une centaine de tombes ainsi que des forteresses comme celle de Sarkel, sur le Don, édifiée peut-être pour se garder des Hongrois, alors proches. Tous attestent la puissance passée des Khazars, dont un des souverains alla jusqu’à marier sa fille avec l’empereur de Byzance Constantin V, au VIIIe siècle. Aucun, en revanche, ne permettait d’y distinguer une culture spécifique, a fortiori une culture juive, jusqu’à ce que la très récente reconstitution par le Musée de l’Ermitage, à Saint-Pétersbourg (Russie), de fragments d’ustensiles, mis au jour en 1901, ait révélé quatre fois le mot « Israël » en lettres hébraïques. Certains érudits paraissent par ailleurs beaucoup attendre des tests génétiques sur l’ADN des ossements prélevés pour l’étude des migrations et l’authentification des sites. D’autres sont plus sceptiques sur ce genre de pratiques qui évoquent fâcheusement celle de la Rassengeschichte d’avant-guerre (l’histoire raciale à l’allemande).

Les test ADN ne donneront sans doute guère de renseignements sur la conversion du royaume au judaïsme, phénomène inédit dans un haut Moyen Age dominé par l’émergence de l’islam et la christianisation des peuples païens d’Europe. C’est aussi un thème qui a fait peser sur l’érudition un certain malaise, jusqu’à une période fort récente. Celui qui fut le recteur de l’université de Leningrad (redevenue Saint-Pétersbourg), Mikhaïl Artamonov, mort au début des années 70, était pourtant un grand spécialiste de l’histoire khazare. Mais celui-ci tenait à la thèse, aujourd’hui rejetée par la plupart des spécialistes, selon laquelle seule l’élite aurait été convertie, pour des raisons « économiques » – la masse du « bon peuple » demeurant extérieure à ce mouvement, dont les « coupables », selon les termes d’Artamonov, auraient pu être des juifs venus du Daghestan.

CONVERSION PAR ÉTAPES

Aujourd’hui, l’historien américain Peter Golden, de l’université de Rutgers (Etats-Unis), dont les ouvrages sur la question font autorité, penche plutôt pour la thèse d’une conversion par étapes. L’adoption par une peuplade païenne de l’« empire des steppes » d’une religion certes monothéiste, mais marginale, n’avait rien d’exceptionnel. Les Ouïgours, un autre rameau de la branche turque, ne sont-ils pas passés du paganisme à un christianisme dissident : le manichéisme ? Du reste, avant l’adoption du judaïsme ou, pour certains, de l’islam (l’armée khazare comprenait plusieurs milliers de soldats musulmans), les Khazars révéraient une sorte de dieu-ciel plus ou moins unique, du nom de Tengri.

Norman Golb, de l’université de Chicago, a publié en 1982 dans la traduction anglaise quelques éléments d’une correspondance datant du milieu du Xe siècle entre un ministre juif du calife de Cordoue, Hasdaï ibn Shaprout, et un certain roi khazar du nom de Joseph. Avec les récits des ambassadeurs, missionnaires ou voyageurs arabes, byzantins et même chinois, ces documents demeurent à ce jour la principale source écrite de l’histoire de la Khazarie. Pour Norman Golb, un prosélytisme juif avait bien cours au Moyen Age même en Occident, et pouvait même obéir à des motifs purement religeux, et non économiques ni géopolitiques.

Une conversion qui, d’après les sources, aurait été plus tardive qu’on ne le pensait. En 1995, relisant la correspondance entre Hasdaï ibn Shaprout et le « roi Joseph », un chercheur du Collège de France, Constantin Zuckerman, dans un article paru dans la Revue des études byzantines (tome 53, en anglais), a bouleversé la chronologie traditionnelle, qui la situait aux alentours de 740. Pour Zuckerman, c’est en 861 seulement, soit juste un siècle avant la destruction du royaume khazar, que le judaïsme serait devenu religion officielle alors que les liens avec l’allié byzantin se relâchaient. « Cette amitié se transforma en une immense haine, dit-il, entièrement due au choix religieux des Khazars. Qui oserait soutenir que la religion peut être distinguée de la politique ? »

One Response to Israël/5770: Je n’ignore pas qu’on pourrait l’interpréter comme une négation de l’existence de l’Etat d’Israël (With friends like these, who needs enemies?)

  1. bonjour je m’appelle williams,je suis un haitien an faite je me suis antren de cherche un boulot dans mon pays y a pas de boulot comme partout,avant je travallait avec l’onu an haitie je faissais interprete d’avoir j’ai parle 5 langue,anglais francais espagnol,portuguais,creole.la je me suis an rep, dom depuis 2 ans je pas de travaille,si vous voulez vous m’ecrirez.

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