Militantisme: Dur dur, le métier d’artiste engagé! (No Celebration of Occupation or… of its critique!)

Love parade protestor against the occupation, Tel Aviv, Aug. 2009

En tant que membres du monde de la culture, notamment du cinéma, nous sommes troublés par la décision du TIFF de réserver une place de choix à Tel Aviv et de s’être ainsi rendu complice, intentionnellement ou pas, de la machine de propagande israélienne. Nous ne visons pas les cinéastes israéliens dont les œuvres sont inscrites au programme du festival. Mais nous dénonçons l’instrumentalisation du festival, par une campagne de propagande au service d’un régime d’apartheid. Ken Loach et al
La présentation sélective de la façade moderne et sophistiquée de Tel-Aviv, sans égard au passé et aux réalités de l’occupation israélienne des territoires palestiniens de Cisjordanie et de Gaza, ce serait comme si on glorifiait la beauté et la vie élégante chez les communautés exclusivement blanches au Cap ou à Johannesburg pendant l’apartheid, sans reconnaître les cantons noirs de Khayelitsha et de Soweto. Ken Loach , Jane Fonda, Naomi Klein, David Byrne, Alice Walker, Danny Glover, Harry Belafonte, Noam Chomsky, etc.

Alors qu’un film israélien dénonçant la guerre du Liban remportait le Lion d’or de Venise …

Dur dur, le métier d’artiste engagé!

Qui, au nom de la généreuse lutte contre le « régime d’apartheid » israélien, voit un maitre mondialement reconnu de la militance cinématographique comme l’Anglais Ken Loach obligé de choisir très précautionneusement ses cibles de boycott ou de pressions (Melbourne ou Edimbourgh ou Toronto mais pas Cannes aux trop gros enjeux commerciaux).

Et réduit finalement à punir les cinéastes israéliens les plus critiques de leurs propres société et gouvernement (tout en en recevant certes les subsides).

Au profit… des cinéastes de fait les moins critiques de la même région!

Israël, cible de Ken Loach
Ariel Schweitzer
Le Monde
15.09.09

On a appris cet été que le cinéaste Ken Loach, qui devait présenter son dernier film, Looking for Eric, au Festival de Melbourne, en Australie, a décidé de le retirer du programme. Loach a voulu ainsi protester contre la participation à cette manifestation d’un film israélien, Le Sens de la vie pour 9,99 dollars, dont les frais de voyage de l’auteur, Tatia Rosenthal, ont été payés par une institution publique israélienne. Auparavant, Loach avait demandé au directeur du festival, Richard Moore, de refuser la contribution financière israélienne. Devant le refus de ce dernier, qui a qualifié l’exigence de Loach de « chantage », le cinéaste anglais a choisi de boycotter l’événement.

Ce n’est pas la première fois que Loach applique la même méthode. Au mois de mai dernier, il a même réussi à convaincre la direction du Festival d’Edimbourg, en Ecosse, de refuser la venue d’une autre cinéaste israélienne, Tali Shalom-Ezer, dont le voyage devait être payé par l’ambassade israélienne. Au terme d’un long débat, la cinéaste est arrivée au festival qui a fini par assumer lui-même ces dépenses.

C’est le droit de Ken Loach d’envoyer son film où bon lui semble. C’est aussi son droit de protester contre l’Etat d’Israël et sa politique d’occupation. Le problème est la méthode choisie. Car si l’on suit la logique de Loach, on est en droit de questionner la décision du cinéaste de boycotter le Festival de Melbourne et non pas, par exemple, le dernier Festival de Cannes où il est venu présenter le même film, Looking for Eric, en compétition. En effet, cinq films israéliens (trois longs et deux courts métrages) furent présentés à Cannes cette année. Tous financés par des fonds publics israéliens et dont la venue au festival a été soutenue par des institutions du même pays.

Pourquoi donc Melbourne et pas Cannes ? Peut-être parce que Cannes est un grand festival dont les enjeux médiatiques et économiques sont trop importants, même pour un cinéaste engagé comme Ken Loach, alors que Melbourne est un petit festival où l’on peut faire son numéro de cinéaste militant donneur de leçons.

Liberté d’expression

Mais au-delà des méthodes pratiquées par Ken Loach, on peut aussi s’interroger sur le bien-fondé et l’efficacité de cette attitude. Car qui est finalement visé par ce boycottage ? Des cinéastes israéliens dont une grande majorité fait partie de la gauche israélienne et qui luttent depuis des années pour les droits des Palestiniens et contre la politique d’occupation de leur gouvernement. Des cinéastes d’opposition comme Amos Gitaï, Avi Mograbi, Ari Folman ou Keren Yedaya, pour ne citer que les plus connus, qui véhiculent dans leurs films une image complexe, souvent extrêmement critique de la société israélienne.

Loin de moi l’envie d’idéaliser l’Etat d’Israël, sûrement pas sa politique d’occupation, mais il faut au moins reconnaître que les auteurs israéliens bénéficient d’une grande liberté d’expression et que de nombreux films politiques sont financés par l’argent public israélien. Des mauvaises langues diront que cette politique cultuelle sert d’alibi, visant à donner du pays l’image d’une démocratie éclairée, une posture qui masque sa véritable attitude répressive à l’égard des Palestiniens. Admettons.

Mais je préfère franchement cette politique culturelle à la situation existante dans bien des pays de la région où l’on ne peut point faire des films politiques et sûrement pas avec l’aide de l’Etat. Les cinéastes israéliens, militants de gauche, sont déjà isolés dans leur propre pays. Au lieu de les isoler davantage, au lieu de les boycotter, donnons-leur au contraire la parole pour que leur voix et leur message soient entendus en Israël comme à l’étranger.

Ariel Schweitzer est historien du cinéma et critique.

Voir aussi:

La déclaration de Toronto : Pleins feux sur l’occupation

jeudi 17 septembre 2009

Lettre ouverte au festival international du film de Toronto :

Le 2 septembre, 2009

Nous, membres de la communauté canadienne et internationale des arts cinématographiques, des médias, et de la culture, sommes profondément déçus par la décision du Festival international du film de Toronto (TIFF) de mettre un « pleins feux » célébratoire sur Tel Aviv. Nous protestons que le TIFF, intentionnellement ou non, se soit rendu complice de la machine de propagande de l’État d’Israël.

En 2008, le gouvernement israélien, avec ses partenaires canadiens Sidney Greenberg de Astral Media, David Asper de CanWest Global Communications, et Joel Reitman de MIJO Corporation, lançait la campagne « Brand Israel » – une campagne publicitaire et médiatique d’un million de dollars visant à changer les perceptions du public canadien concernant l’État d’Israël. Plus précisément, la campagne « Brand Israel » détournerait l’attention de ses guerres agressives et son traitement inhumain de la population palestinienne, et mettrait l’accent sur ses réalisations dans les domaines de la médecine, de la science, et de la culture. Lors d’une conférence de presse où il annonçait le lancement de cette campagne, le Consul général d’Israël, Amir Gissin, déclarait que Toronto serait la ville-pilote d’une promotion qui pourrait alors être déployée dans le monde entier. Selon M. Gissin, la culmination de la campagne serait une importante présence israélienne au Festival international de film de Toronto en 2009. (Andy Levy-Alzenkopf, « Brand Israel set to launch in GTA, » Canadian Jewish News, la 28 août, 2008.)

En 2009, TIFF a annoncé que le festival allait inaugurer son nouveau programme, City to City, avec un « pleins feux » sur Tel-Aviv. Selon les notes de programmation écrites par Cameron Bailey, co-directeur du Festival et programmateur du volet City to City : « Les dix films dans l’édition 2009 du volet City to City témoignent des courants complexes qui se croisent à Tel-Aviv aujourd’hui. Alors qu’elle fête son centenaire en 2009, Tel Aviv est une ville jeune et dynamique qui, comme Toronto, célèbre sa diversité. »

L’accent mis sur la « diversité » en Ville à Ville est vide de sens, étant donné l’absence de cinéastes palestiniens dans le programme. En plus, ce que cette description ne révèle pas, c’est que Tel-Aviv est construite sur des villages palestiniens détruits, et que la ville de Jaffa, qui était au cœur de la vie culturelle palestinienne jusqu’en 1948, a été annexée à Tel-Aviv après l’exil en masse de la population palestinienne. Ce programme occulte la souffrance de milliers d’anciens résidents et leurs descendants de la région Tel Aviv/ Jaffa, qui vivent aujourd’hui dans des camps de réfugiés dans les territoires occupés, ou vivent dispersés dans d’autres pays, dont le Canada. La présentation sélective de la façade moderne et sophistiquée de Tel-Aviv, sans égard au passé et aux réalités de l’occupation israélienne des territoires palestiniens de Cisjordanie et de Gaza, ce serait comme si on glorifiait la beauté et la vie élégante chez les communautés exclusivement blanches au Cap ou à Johannesburg pendant l’apartheid, sans reconnaître les cantons noirs de Khayelitsha et de Soweto.

Nous ne protestons pas contre les cinéastes israéliens inclus dans le programme City to City, et nous ne suggérons en aucune façon que le cinéma israélien devrait être exclu de TIFF. Toutefois, en particulier à la suite de l’assaut brutal de cette année sur Gaza, nous nous opposons à l’utilisation d’un festival international aussi important pour promouvoir une campagne de propagande au nom d’un régime que l’archevêque sud-africain Desmond Tutu, l’ancien président des États-Unis Jimmy Carter, et le président général des Nations-Unies Miguel d’Escoto Brockmann ont appelé un régime d’apartheid.

Cette lettre a été rédigée par le comité ad hoc suivant :

Udi Aloni, cinéaste, Israël ; Elle Flanders, cinéaste, Canada ; Richard Fung, vidéaste, Canada ; John Greyson, cinéaste, Canada ; Naomi Klein, écrivaine et cinéaste, Canada ; Kathy Wazana, cinéaste, Canada ; Cynthia Wright, écrivaine et universitaire, Canada ; b h Yael, cinéaste et vidéaste, Canada

Signée par :

Ahmad Abdalla, cinéaste, Égypte

Hany Abu-Assad, cinéaste, Palestine

Mark Achbar, cinéaste, Canada

Zackie Achmat, activiste de SIDA, Afrique du Sud

Ra’anan Alexandrowicz, cinéaste, Jerusalem

Anthony Arnove, éditeur et producteur, É.-U.

Ruba Atiyeh, cinéaste documentaire, Liban

Joslyn Barnes, écrivaine et productrice, É.-U.

John Berger, auteur, France

Dionne Brand, poète/écrivaine, Canada

Judith Butler, professeure, É.-U.

David Byrne, musicien, É.-U.

Guy Davidi, réalisateur, Israël

Na-iem Dollie, journaliste/écrivain, Afrique du Sud

Igor Drljaca, cinéaste, Canada

Eve Ensler, dramaturge et auteure, É.-U.

Eyal Eithcowich, cinéaste, Israël

Sophie Fiennes, cinéaste, Royaume-Uni

Peter Fitting, professeur, Canada

Jane Fonda, actrice et écrivaine, É.-U.

Danny Glover, cinéaste et acteur, É.-U.

Noam Gonick, réalisateur, Canada

Malcolm Guy, cinéaste, Canada

Mike Hoolboom, cinéaste, Canada

Annemarie Jacir, cinéaste, Palestine

Fredric Jameson, critique littéraire, É.-U.

Juliano Mer Khamis, cinéaste, Jenin/Haifa

Bonnie Sherr Klein, cinéaste, Canada

Paul Laverty, producteur, Royaume-Uni

Min Sook Lee, cinéaste, Canada

Paul Lee, cinéaste, Canada

Yael Lerer, éditeur, Israël

Jack Lewis, cinéaste, Afrique du Sud

Ken Loach, cinéaste, Royaume-Uni

Arab Lotfi, cinéaste, Égypte/Liban

Kyo Maclear, auteure, Canada

Mahmood Mamdani, professeur, É.-U.

Fatima Mawas, cinéaste, Australie

Tessa McWatt, auteure, Canada/Royaume-Uni

Cornelius Moore, distributeur de film, É.-U.

Yousry Nasrallah, réalisateur, Égypte

Rebecca O’Brien, producteur, Royaume-Uni

Pratibha Parmar, productrice/réalisatrice, Royaume-Uni

Jeremy Pikser, scénariste, É.-U.

John Pilger, cinéaste, Royaume-Uni

Shai Carmeli Pollak, cinéaste, Israël

Ian Iqbal Rashid, cinéaste, Canada

Judy Rebick, professeure, Canada

David Reeb, artiste, Israël

B. Ruby Rich, critique et professeure, É.-U.

Wallace Shawn, dramaturge et acteur, É.-U.

Eyal Sivan, cinéaste et universitaire, Paris/London/Sderot

Elia Suleiman, cinéaste, Nazareth/Paris/New York

Eran Torbiner, cinéaste, Israël

Alice Walker, écrivaine, É.-U.

Thomas Waugh, professeur, Canada

Howard Zinn, écrivain, É.-U.

Slavoj Zizek, professeur, Slovenie

Original:

Toronto Declaration: No Celebration of Occupation

An Open Letter to the Toronto International Film Festival:

September 2, 2009

As members of the Canadian and international film, culture and media arts communities, we are deeply disturbed by the Toronto International Film Festival’s decision to host a celebratory spotlight on Tel Aviv. We protest that TIFF, whether intentionally or not, has become complicit in the Israeli propaganda machine.

In 2008, the Israeli government and Canadian partners Sidney Greenberg of Astral Media, David Asper of Canwest Global Communications and Joel Reitman of MIJO Corporation launched “Brand Israel,” a million dollar media and advertising campaign aimed at changing Canadian perceptions of Israel. Brand Israel would take the focus off Israel’s treatment of Palestinians and its aggressive wars, and refocus it on achievements in medicine, science and culture. An article in Canadian Jewish News quotes Israeli consul general Amir Gissin as saying that Toronto would be the test city for a promotion that could then be deployed around the world. According to Gissin, the culmination of the campaign would be a major Israeli presence at the 2009 Toronto International Film Festival. (Andy Levy-Alzenkopf, “Brand Israel set to launch in GTA,” Canadian Jewish News, August 28, 2008.)

In 2009, TIFF announced that it would inaugurate its new City to City program with a focus on Tel Aviv. According to program notes by Festival co-director and City to City programmer Cameron Bailey, “The ten films in this year’s City to City programme will showcase the complex currents running through today’s Tel Aviv. Celebrating its 100th birthday in 2009, Tel Aviv is a young, dynamic city that, like Toronto, celebrates its diversity.”

The emphasis on ‘diversity’ in City to City is empty given the absence of Palestinian filmmakers in the program. Furthermore, what this description does not say is that Tel Aviv is built on destroyed Palestinian villages, and that the city of Jaffa, Palestine’s main cultural hub until 1948, was annexed to Tel Aviv after the mass exiling of the Palestinian population. This program ignores the suffering of thousands of former residents and descendants of the Tel Aviv/Jaffa area who currently live in refugee camps in the Occupied Territories or who have been dispersed to other countries, including Canada. Looking at modern, sophisticated Tel Aviv without also considering the city’s past and the realities of Israeli occupation of the West Bank and the Gaza strip, would be like rhapsodizing about the beauty and elegant lifestyles in white-only Cape Town or Johannesburg during apartheid without acknowledging the corresponding black townships of Khayelitsha and Soweto.

We do not protest the individual Israeli filmmakers included in City to City, nor do we in any way suggest that Israeli films should be unwelcome at TIFF. However, especially in the wake of this year’s brutal assault on Gaza, we object to the use of such an important international festival in staging a propaganda campaign on behalf of what South African Archbishop Desmond Tutu, former U.S. President Jimmy Carter, and UN General Assembly President Miguel d’Escoto Brockmann have all characterized as an apartheid regime.

This letter was drafted by the following ad hoc committee:

Udi Aloni, filmmaker, Israel; Elle Flanders, filmmaker, Canada; Richard Fung, video artist, Canada; John Greyson, filmmaker, Canada; Naomi Klein, writer and filmmaker, Canada; Kathy Wazana, filmmaker, Canada; Cynthia Wright, writer and academic, Canada; b h Yael, film and video artist, Canada

Endorsed By:

Ahmad Abdalla, Filmmaker, Egypt
Hany Abu-Assad, Filmmaker, Palestine
Mark Achbar, Filmmaker, Canada
Zackie Achmat, AIDS activist, South Africa
Ra’anan Alexandrowicz, Filmmaker, Jerusalem
Anthony Arnove, Publisher and Producer, USA
Ruba Atiyeh, Documentary Director, Lebanon
Joslyn Barnes, Writer and Producer, USA
Harry Belafonte, Musician/Actor, USA
John Berger, Author, France
Walter Bernstein, Screenwriter/Film Producer, USA
Dionne Brand, Poet/Writer, Canada
Daniel Boyarin, Professor, USA
Judith Butler, Professor, USA
David Byrne, Musician, USA
Noam Chomsky, Professor, USA
Julie Christie, Actor, USA
Nandita Das, Actor/Filmmaker, India
Guy Davidi Director, Israel
Na-iem Dollie, Journalist/Writer, South Africa
Igor Drljaca, Filmmaker, Canada
Eve Ensler, Playwright, Author, USA
Eyal Eithcowich, Director, Israel
Lynne Fernie, Filmmaker and Programmer, Canada
Sophie Fiennes, Filmmaker, UK
Peter Fitting, Professor, Canada
Jane Fonda, Actor and Author, USA
Danny Glover, Filmmaker and Actor, USA
Noam Gonick, Director, Canada
Malcolm Guy, Filmmaker, Canada
Rawi Hage, Writer, Canada
Anne Henderson, Filmmaker, Canada
Mike Hoolboom, Filmmaker, Canada
Annemarie Jacir, Filmmaker, Palestine
Gordon Jackson, Jazz Musician, South Africa
Fredric Jameson, Literary Critic, USA
Nadia Kamel, Filmmaker, Egypt
Juliano Mer Khamis, Filmmaker, Jenin/Haifa
Bonnie Sherr Klein Filmmaker, Canada
Joy Kogawa, Writer, Canada
Paul Laverty, Producer, UK
Min Sook Lee, Filmmaker, Canada
Paul Lee, Filmmaker, Canada
Yael Lerer, publisher, Tel Aviv
Mark Levine, Professor, USA
Jack Lewis, Filmmaker, South Africa
Ken Loach, Filmmaker, UK
Arab Lotfi, Filmmaker, Egypt/Lebanon
Kyo Maclear, Author, Toronto
Guy Maddin, Screenwriter/Director, Canada
Mahmood Mamdani, Professor, USA
Fatima Mawas, Filmmaker, Australia
Anne McClintock, Professor, USA
Tessa McWatt, Author, Canada and UK
Viggo Mortensen, Actor, USA
Cornelius Moore, Film Distributor, USA
Yousry Nasrallah, Director, Egypt
Joan Nestle, Writer, USA
Rebecca O’Brien, Producer, UK
Pratibha Parmar, Producer/Director, UK
Anand Patwardhan, Documentary Film Maker, India
Jeremy Pikser, Screenwriter, USA
John Pilger, Filmmaker, UK
Shai Carmeli Pollak, Filmmaker, Israel
Ian Iqbal Rashid, Filmmaker, Canada
Judy Rebick, Professor, Canada
David Reeb, Artist, Tel Aviv
B. Ruby Rich, Critic and Professor, USA
Wallace Shawn, Playwright, Actor, USA
Eyal Sivan, Filmmaker and Scholar, Paris/London/Sderot
Elia Suleiman, Fimmlaker, Nazareth/Paris/New York
Eran Torbiner, Filmmaker, Israel
Alice Walker, Writer, USA
Thomas Waugh, Professor, Canada
Christian Wiener Freso, President – Union of Peruvian Filmmakers, Peru
Debra Zimmerman, Executive Director Women Make Movies, USA
Howard Zinn, Writer, USA
Slavoj Zizek, Professor, Slovenia

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