Cinéma: Les mollahs lancent leur révolution verte sur les écrans de Venise (Mullahs take on Michael Moore at Venice film festival)

Makhmalbaf (San Sebastian)Le fond du problème est que ce régime ne veut pas reprendre ses négociations avec les Occidentaux car au bout de compte, il devrait accepter des compromis contraires à ses intérêts. Ces intérêts résident dans le fait d’être l’adversaire idéologique de l’Occident pour demeurer dans le rôle intéressant d’agitateur régional arbitre du conflit israélo-arabe. Pour cela, il doit séduire la rue arabe avec des slogans anxiogènes et disposer de milices armées. S’il faisait le moindre geste d’apaisement, il perdrait l’appui de la rue arabe et de ces milices qui peuvent aller proposer leurs services à d’autres protecteurs qui souhaitent contrôler cette force de nuisance (Syrie, Russie ou Chine). Iran Resist
En juin dernier, le régime voulait organiser sa propre révolution de couleur en faveur du candidat islamiste modéré Moussavi pour pousser Obama et les Européens à plébisciter sans le vouloir une seconde révolution islamique. Au passage, cela lui aurait permis de faire contester par les Occidentaux la légitimité du président élu Ahmadinejad, ce qui aurait de facto bloqué les négociations avec l’Iran. Les mollahs espéraient ainsi provoquer une crise plus grave afin que par la peur d’une guerre touchant le couloir pétrolier du Golfe Persique, Obama capitule et abandonne ses exigences et ses sanctions. Iran Resist

Plus forts que Michael Moore!

Addition surprise de dernière minute, présentation hors compétition, très jeune réalisatrice (Ours de cristal de Berlin l’an dernier pour ses 20 ans, déjà présente à Venise en 2003 pour ses 15!), propre fille du porte-parole de Moussavi, montage et post-production achevés en catastrophe, « pellicules cachées dans un endroit tenu secret pour échapper à la censure », annonce d’une autre version par la faussaire de « Persépolis » elle-même et d’un documentaire de 6 heures à la gloire des bassidjis qui ont maté le soulèvement …

Les mollahs et leurs pompom girls n’ont à nouveau pas lésiné, comme le rappellent nos amis d’Iran-Resist en cette 66e ouverture de la Mostra, pour vendre au monde, entre deux livraisons d’armes pour leurs protégés palestiniens, leur « révolution de couleur » de juin dernier!

Iran: 3 films officiels sur le soulèvement iranien
Iran-Resist
26.08.2009

Hana Makhmalbaf la fille de Mohsen Makhmalbaf, le porte-parole en Europe du Mouvement Vert et de la journée de solidarité (« Green Days »), présentera en avant-première à la 66e Mostra de cinéma de Venise un film en partie documentaire nommé « Green Days » sur les « manifestations qui ont récemment secoué l’Iran ».

«Les pellicules sont déjà en Italie et la jeune réalisatrice finit le montage et la post-production, dans un endroit tenu secret » échappant ainsi à la censure iranienne, a indiqué un porte-parole du festival à l’AFP. On se fiche bien de nous : cette femme est iranienne et voyage avec un passeport fourni par les mollahs comme Satrapi ou Kiarostami…

En jouant la comédie de la dissidence, Téhéran veut tromper l’opinion pour diffuser sa version du soulèvement du peuple iranien : une version qui prétend que les Iraniens qui manifestaient du 15 au 25 juin n’étaient pas hostiles au régime, mais des partisans de Moussavi, membre de la milice bassidj et fervent partisan de la révolution islamique, de la république islamique et de sa constitution.

Pour réussir cet exploit, Hana (ou plus exactement Henné) Makhmalbaf a sélectionné les images : elle a éliminé toutes les images du soulèvement, celles que l’on a vues sur Youtube, pour ne garder celles des petites manifestations du 13 et du 14 juin quand Téhéran simulait sa révolution verte pro-Moussavi.

Explications de cette sélection | Le 13 juin dernier, le régime lançait le Mouvement Vert de la contestation des résultats électoraux. Son objectif initial était d’offrir à Obama une imitation iranienne des révolutions de couleur made in US afin que le président américain, porté par son propre élan de soutien aux démocrates du monde musulman, soutienne les partisans de Moussavi en conformité avec son discours du Caire. Si Obama avait fait ce geste, il aurait rendu illégitime le président élu et de facto rendu toutes futures négociations avec lui dépourvues de valeur. Obama n’a pas fait cette gigantesque erreur et le peuple iranien n’a pas tenu le rôle qui lui était réservé par le régime dans ce Mouvement Vert. Le 15 juin (48 heures après le lancement du mouvement), le peuple est descendu massivement dans la rue : non pour contester Ahmadinejad en soutien au Mouvement Vert, mais pour contester le régime dans sa totalité.

Contre-attaque(s) | Le régime a alors interdit aux journalistes étrangers de filmer ou enregistrer ces manifestations où l’on criait Mort à la république Islamique avant de donner l’ordre de feu dans la journée. Moussavi a écrit une lettre publique au guide pour l’encourager à casser cette contre-révolution. Malgré cette trahison, pendant dix jours, les Iraniens ont résisté à mains nues, lâchés par tous les soi-disant dissidents célèbres : les étudiants qui avaient eu les faveurs de Delphine Minoui, les journalistes réformateurs avec le même profil, les féministes de la campagne 1 million de signatures et bien sûr les cinéastes primés à Cannes comme Kiarostami ou encore cette Hana Makhmalbaf, et même le dernier lauréat d’« un certain regard », Bahman Ghobadi. Tous avaient perdu leur caméra et le chemin de la rue.

Le 25 juin, quand le régime a maté ce soulèvement, il a tenté de remobiliser la rue sous la bannière verte, mais la trahison de ce mouvement et de ses chefs a rendu la tâche impossible. A Téhéran, ville de 12 millions d’habitants, Moussavi et les Verts n’arrivent même pas à mobiliser 100 personnes alors que des opposants au régime ont encore récemment mobilisé des dizaines de milliers de personnes dans cette ville mais aussi en province. Pour répondre à cet affront, le régime a décidé d’effacer toutes les traces de ce soulèvement en produisant des articles qui niaient les images vues sur YouTube, les slogans, les morts, les arrestations. Au mieux, cette désinformation les attribuait aux journées du 13 et 14 juin. Après les articles, voici la version cinématographique de cette désinformation produite par les mêmes lâches qui avaient déserté la rue.

Les images des 13 et 14 juin étant peu nombreuses, Henné Makhmalbaf a comblé le reste de la bobine pour son Green Days avec des séquences de fiction sur la condition féminine en Iran, en fait des séquences consacrées aux fausses féministes, alibi démocratique du régime. Le régime réécrit l’histoire, mais aussi il entend redorer l’image de ces lâches faux opposants. C’est un travail de fond, il faut relancer les faux opposants pour relancer Moussavi et son Mouvement Vert. Téhéran a besoin de ce Mouvement populaire pro-nucléaire pour refuser au nom du peuple tout compromis nucléaire.

Après « Green Days », selon le quotidien Etemad qui appartient à haut dignitaire du régime, on aura droit à un autre film de ce genre actuellement en production sous la direction de Marjane Satrapi. C’est la version 2 de Persépolis « consacrée au coup d’Etat d’Ahmadinejad contre l’élection démocratique de Moussavi ! »

D’un coup de baguette magique, la république des mollahs se retrouve être le récipiendaire d’une démocratie ! Formidable tour de passe-passe pour détourner l’opinion occidentale du vrai mécontentement populaire en Iran, pour que les voix des Iraniens ne soient jamais entendues.

Là ne s’arrêtent pas les efforts de Téhéran pour l’effacement du soulèvement. Très méticuleux, le régime a aussi pensé à limiter l’évocation même diffuse de la répression en Iran : il a envoyé vers les festivals en Europe un documentaire de 6 heures de Mehran Tamaddon à la gloire des bassidjis, ces miliciens haïs par le peuple qui ont maté le soulèvement iranien. Dans son documentaire salué comme « un film engagé » par un journaliste français très bête, ce cinéaste franco-iranien financé par les mollahs humanise ces miliciens qu’il qualifie de « délicieux ».

C’est une opération que le régime aurait dû éviter. Mais en la faisant, il a rendu immense service à ses opposants. L’annonce de la diffusion d’un film à la gloire de la milice n’a donné lieu à aucune tribune de Hana Makhmalbaf ou de Satrapi qui se disent les porte-parole des victimes de la répression. Comme il est facile de démasquer les lobbyistes du régime… avis aux journalistes français, il y a une vie en dehors du lobbying.

Voir aussi:

Un film sur les manifestations en Iran à la Mostra de Venise
Le Monde
le 24.08.09

La jeune réalisatrice iranienne Hana Makhmalbaf présentera en avant-première à la 66e Mostra de cinéma de Venise un film en partie documentaire sur les manifestations qui ont récemment secoué l’Iran, ont annoncé lundi 24 août les organisateurs du festival.

« Les pellicules sont déjà en Italie et la jeune réalisatrice finit le montage et la post-production, dans un endroit tenu secret » échappant ainsi à la censure iranienne, a indiqué un porte-parole du festival. Son film, Green Days, alterne des séquences documentaires – des images à chaud sur le début des manifestations – et des séquences de fiction sur la condition féminine en Iran, explique le communiqué de la Mostra, qui précise que l’œuvre sera présentée hors compétition pendant le festival, qui se déroule du 2 au 12 septembre.

La jeune réalisatrice, Hana Makhmalbaf, 21 ans, a remporté en 2008 un Ours de Cristal au festival de Berlin pour son film Le Cahier. Elle avait présenté en 2003 à Venise, à l’âge de 15 ans, son premier long métrage, Lezate Divanegi (« Joy of Madness »). Issue d’une famille de cinéastes reconnus, Hana Makhmalbaf est la fille de Mohsen Makhmalbaf, réalisateur et porte-parole du réformateur Mir Hossein Moussavi, candidat malheureux à l’élection présidentielle iranienne de juin.
avec AFP

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2 Responses to Cinéma: Les mollahs lancent leur révolution verte sur les écrans de Venise (Mullahs take on Michael Moore at Venice film festival)

  1. […] Le fond du problème est que ce régime ne veut pas reprendre ses négociations avec les Occidentaux car au bout de compte, il devrait accepter des compromis contraires à ses intérêts. Ces intérêts résident dans le fait d’être l’adversaire idéologique de l’Occident pour demeurer dans le rôle intéressant d’agitateur régional arbitre du conflit israélo-arabe. Pour cela, il doit séduire la rue arabe avec des slogans anxiogènes et disposer de milices armées. S’il faisait le moindre geste d’apaisement, il perdrait l’appui de la rue arabe et de ces milices qui peuvent aller proposer leurs services à d’autres protecteurs qui souhaitent contrôler cette force de nuisance (Syrie, Russie ou Chine). Iran Resist […]

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