ADM/Irak: Pas de révélations historiques d’importance (Saddam Lied, Saddam Died!)

Saddam bluffed and lost
Comme l’exemple d’usage chimique contre les populations kurdes de 1987-1988 en avait apporté la preuve, ces armes avaient aussi un usage interne. Thérèse Delpech
Il est maintenant clair que les assurances données par Chirac ont joué un rôle crucial, persuadant Saddam Hussein de ne pas offrir les concessions qui auraient pu éviter une guerre et le changement de régime. Selon l’ex-vice président Tareq Aziz, s’exprimant depuis sa cellule devant des enquêteurs américains et irakiens, Saddam était convaincu que les Français, et dans une moindre mesure, les Russes allaient sauver son régime à la dernière minute. Amir Taheri
Rédigé dans un style indirect avec quelques citations directes de l’interrogé, le compte-rendu du FBI ne contient pas de révélations historiques d’importance. Saddam Hussein répète ce dont chacun aujourd’hui convient, à savoir qu’il n’entretenait « aucune relation avec le zélote Oussama Ben Laden ». L’administration de George W. Bush avait tout tenté pour faire croire que Bagdad coopérait avec Al-Qaida. Le Monde
LE FBI DÉCLASSIFIE DES INTERROGATOIRES DU DICTATEUR Saddam Hussein était à Bagdad lors de l’entrée des troupes américaines Le Point
Au lendemain d’une fête nationale américaine qui a brillamment encore démontré le génie diplomatique du Pleurnicheur en chef avec les feux d’artifice dûment fournis, au mépris de toutes les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU, par la Corée du Nord …
Et où, « vague Obama oblige, les Américains respirent de ne plus être les ‘Bush men’ de service » …
Retour, suite à la toute récente publication par le FBI des derniers entretiens de Saddam Hussein avant son éxécution, sur les révélations que nos médias Monde en tête qualifient de « pas de révélations historiques d’importance », les réduisant (oubliant pour une fois les ADM qui étaient la raison principale de la guerre) à ce que tout le monde savait, à savoir que Saddam n’avait jamais eu de contacts (directs) avec Al Qaeda.Passant naturellement sous silence (à l’exception partielle de l’Express qui, au-delà du gros titre, se garde bien de développer) la principale information du document, notamment que Saddam avait fait tout son possible pour faire croire au monde entier qu’il avait encore des ADM en sa possession.Mais on les comprend puisqu’il aurait fallu alors reconnaître que, comme l’Administration Bush, l’ensemble des services de renseignement occidentaux – français compris – n’avaient aucune raison de faire confiance aux dires du maitre-dissimulateur de Bagdad quand il prétendait avoir détruit ses ADM.

Que le jeu avec les inspections que tout le monde France en tête exigeait aurait pu continuer indéfiniment et que ce dernier étant par conséquent en flagrante violation des résolutions de l’ONU, devait logiquement, sans parler du simple principe de précaution, en subir les conséquences.

Et surtout que, compte tenu des (délibérément fausses) informations alors disponibles et contre le « camp de la paix » qui Chirac en tête avait très largement contribué à faitre croire à Saddam que son bluff avait une chance de marcher, c’est en fait le cowboy Bush honni et son « caniche » Blair qui avaient en défintive eu raison …

Les armes de Saddam Hussein, bluff visant l’Iran, selon le FBI
L’Express
Par Reuters
le 02/07/2009

WASHINGTON – Saddam Hussein pensait que l’Iran demeurait une grave menace pour l’Irak et préférait faire croire que son pays disposait d’armes de destruction massive plutôt que de laisser apparaître sa vulnérabilité, selon des documents du FBI portant sur les interrogatoires de l’ancien numéro un irakien.

Selon des documents du FBI portant sur les interrogatoires de Saddam Hussein, l’ancien numéro un irakien pensait que l’Iran demeurait une grave menace pour son pays et préférait faire croire que l’Irak disposait d’armes de destruction massive plutôt que de laisser apparaître sa vulnérabilité.

« Hussein pensait que l’Irak ne pouvait pas paraître faible à ses ennemis, notamment l’Iran », écrit un agent du FBI, George Piro, à propos d’un interrogatoire de l’ancien président irakien sur les armes de destruction massive (ADM) remontant à juin 2004.

D’après ces documents, sur lesquels le secret a été levé, Saddam Hussein pensait que l’Irak était menacé par d’autres pays de la région et devait se montrer à même de se défendre.

Dans ces documents, communiqués mercredi, Saddam Hussein déclarait craindre avant tout que l’Iran ne découvre la fragilité de l’Irak. Les répercussions que risquait d’avoir le refus de laisser revenir les inspecteurs des Nations unies en Irak pour y chercher des ADM l’inquiétaient moins.

« A ses yeux, les inspecteurs de l’Onu auraient directement désigné aux Iraniens à quels endroits ils pouvaient infliger le maximum de dommages à l’Irak », lit-on dans ces documents, rendus publics par l’institut de recherches non gouvernemental américain National Securité Archive.

Une guerre avait opposé de 1980 à 1988 l’Irak à l’Iran. Durant ce conflit, l’armée irakienne avait fait usage d’armes chimiques, classées parmi les ADM.

C’est en invoquant la menace d’armes de destruction massive irakiennes que l’ancien président américain George Bush a lancé en mars 2003 l’invasion de l’Irak. Aucune ADM n’a cependant jamais été découverte après la chute du régime de Saddam Hussein.

AUCUN LIEN AVEC BEN LADEN

Des agents spéciaux du FBI ont mené 20 interrogatoires officiels et au moins cinq « conversations impromptues » avec l’ancien dirigeant irakien, après sa capture par des militaires américains en décembre 2003.

Saddam Hussein, identifié comme « High Value Detainee #1 », partageait l’hostilité de Bush envers le régime des mollahs iraniens, selon les minutes de ces conversations, menées de février à juin 2004 entre Saddam et des agents du FBI parlant l’arabe, dans la cellule où il était détenu à l’aéroport international de Bagdad.

Saddam démentait par ailleurs tout lien avec le chef du réseau Al Qaïda, Oussama ben Laden, qu’il considérait comme un « fanatique ». La Corée du Nord, disait-il également, aurait été l’allié le plus fiable de l’Irak dans les périodes critiques.

Il se reconnaît personnellement responsable du tir de missiles Scud contre des objectifs israéliens pendant la « guerre du Golfe », au début 1991, cela parce qu’Israël et son influence sur les Etats-Unis étaient à ses yeux responsables de « tous les problèmes des Arabes ».

Dans ces interrogatoires et conversations, il rejette les exemples de ce qu’il considère comme des mythes. Ainsi l’utilisation de sosies pour le remplacer à certaines occasions. Selon ces documents, Saddam Hussein dit ne pouvoir se souvenir d’avoir eu recours au téléphone que deux fois depuis mars 1990 pour communiquer, ce qu’il faisait avant tout par des messagers.

Saddam a été exécuté en décembre 2006, après avoir été reconnu coupable de crimes contre l’humanité par la justice irakienne, pour la mort de 148 chiites à la suite d’une tentative d’assassinat contre lui en 1982.

Voir aussi:

Quand Saddam Hussein s’expliquait
Patrice Claude
Le Monde
04.07.09

C’est à cause de l’Iran, parce qu’il craignait d’exposer la « vulnérabilité » de son régime au vieil ennemi perse, que Saddam Hussein a laissé croire qu’il possédait encore des armes de destruction massive alors qu’elles avaient toutes été détruites au lendemain de la sévère défaite qui avait suivi l’invasion du Koweït en 1990. « Par Dieu !, s’exclame-t-il le 13 février 2004 lors d’un interrogatoire américain, si j’avais eu de telles armes, je les aurais utilisées contre vous ! » Bref, quand le dictateur décida, environ quatre mois avant l’invasion anglo-américaine de mars 2003, de laisser enfin les inspecteurs des Nations unies constater sa vulnérabilité partout, y compris dans les vingt palais de la République qu’il avait fait construire, « c’était trop tard ». « L’administration Bush, déclara-t-il, avait décidé de nous attaquer, quoi qu’il arrive. »

C’est l’une des « erreurs », fatales pour lui, que Saddam Hussein al-Tikriti, deux ans avant son exécution par pendaison en décembre 2006, a reconnu avoir commise en présence d’un agent du Federal Bureau of Investigation (FBI). Au nom de la loi américaine sur la libre circulation de l’information, c’est un véritable document pour l’histoire que l’agence fédérale a été contrainte de laisser mettre au jour.

Publié le 1er juillet sur son site Internet par The National Security Archive, un institut de recherche non-gouvernemental à Washington, le compte-rendu des vingt interrogatoires formels, plus cinq « conversations informelles » conduites dans la cellule même de l’ancien dictateur près de l’aéroport de Bagdad, n’apparaît sévèrement censuré qu’à une seule occasion, un interrogatoire effectué le 1er mai 2004. Un porte-parole du FBI a fait savoir le 2 juillet qu’il « ignorait » les raisons précises de cette retenue : « Question de sécurité nationale. »

Conduits en arabe par un certain Georges L. Piro, « l’un des rares agents spéciaux arabisants du FBI », note l’institut de recherche, les interrogatoires rendus publics ont été effectués entre le 7 février et le 28 juin 2004. L’ancien dictateur y apparaît libre de répondre ou non aux questions qui lui sont posées. D’autres interrogatoires, conduits avant et après ceux du FBI par la CIA et d’autres agents antiterroristes, n’ont pas été rendus publics.

Dans le document publié, c’est un Saddam Hussein tour à tour « présidentiel », – « Je suis toujours président de l’Irak et je ne peux pas répondre à cette question sans trahir mon pays » – arrogant, parlant de lui à la troisième personne, déclamant lui-même quelques-uns de ses poèmes, pathétiquement menteur quand il ne veut pas se souvenir de tel ou tel épisode sanglant de sa prise du pouvoir, parfois fataliste – « Je sais que ma vie est finie, elle est entre les mains de Dieu » -, parfois lâche et irresponsable.

« Je ne peux pas être tenu pour responsable des atrocités commises ici ou là par des officiers ou des soldats qui n’avaient pas d’ordre pour se comporter ainsi », dit-il à plusieurs reprises quand on l’interroge sur la répression qui s’est abattue à partir de 1991 sur les Kurdes et les communautés chiites en rébellion ouverte. A l’époque, le président Georges Bush père, qui venait de libérer le Koweït de l’occupation irakienne, avait lancé un imprudent appel au soulèvement de ces populations, sans d’ailleurs venir à leur secours lorsque les forces irakiennes réprimèrent la révolte au prix de milliers de morts. « Vous convenez donc que ces gens étaient traîtres à leur pays, puisqu’ils se soulevaient à l’appel d’un dirigeant étranger ? », rétorque le dictateur.

Rédigé dans un style indirect avec quelques citations directes de l’interrogé, le compte-rendu du FBI ne contient pas de révélations historiques d’importance. Saddam Hussein répète ce dont chacun aujourd’hui convient, à savoir qu’il n’entretenait « aucune relation avec le zélote Oussama Ben Laden ». L’administration de George W. Bush avait tout tenté pour faire croire que Bagdad coopérait avec Al-Qaida. « Je suis un croyant mais pas un zélote, dit Saddam. Je rejette le gouvernement par la religion comme celui de ces fanatiques en Iran. » Mais, demande l’agent du FBI, « vous auriez pu appliquer ce dicton selon lequel l’ennemi de mon ennemi est mon ami ? » Saddam Hussein sourit et réplique : « L’Amérique n’est pas mon ennemie, seulement sa politique actuelle. »

On apprend au passage, de la bouche de l’intéressé, que, contrairement à une légende tenace, il n’a jamais utilisé de sosie. « Ah ! Ah ! ça, c’est de la magie cinématographique ! Cela n’a existé que dans l’imagination d’Occidentaux. »

On comprend aussi que les grandes difficultés éprouvées par les services américains pour le localiser ont toujours tenu à trois précautions qu’il avait prises et suivies à la lettre pendant des années : d’abord la construction, après 1991, de plus d’une dizaine de palais supplémentaires à travers le pays – « Ainsi personne ne savait à l’avance où les réunions de notre leadership se tiendraient » -, ensuite, les incessants allers-retours qu’il opérait entre ses diverses résidences – « Je ne dormais jamais deux fois au même endroit » – et enfin la méfiance qu’il éprouvait envers le téléphone – « De 1990 à 2003, je ne l’ai utilisé que deux fois, je savais très bien que la technologie américaine aurait pu me localiser avec ça, je communiquais par messagers. »

L’ancien dictateur a aussi révélé que le « trou d’araignée » d’où des soldats américains l’avaient sorti, après huit mois de cavale, en décembre 2003, était le même qu’il avait utilisé pour se cacher cinquante ans plus tôt après une tentative d’assassinat du premier président de la république irakienne, en 1959.

Se décrivant comme « un révolutionnaire et non comme un politicien », Saddam Hussein se déclare enfin « certain » que son peuple l’aimera encore « pendant des siècles ».

Voir enfin:

Saddam Lied, Saddam Died!
James Taranto
WSJOL
Luly 2 ; 2009

Like Francisco Franco, Saddam Hussein is still dead, but the Washington Post reports on a new (all right, newly released) series of interviews with the Iraqi dictator, who was hanged in 2006 for crimes against humanity. The Post reports that Saddam acknowledged to an FBI interviewer « that he allowed the world to believe he had weapons of mass destruction because he was worried about appearing weak to Iran »:

Hussein, in fact, said he felt so vulnerable to the perceived threat from « fanatic » leaders in Tehran that he would have been prepared to seek a « security agreement with the United States to protect [Iraq] from threats in the region. » . . .

Hussein noted that Iran’s weapons capabilities had increased dramatically while Iraq’s weapons « had been eliminated by the UN sanctions, » and that eventually Iraq would have to reconstitute its weapons to deal with that threat if it could not reach a security agreement with the United States.

The bad news is that Iran continues to pursue nuclear weapons. The good news is that Iraq has reached a security agreement with the U.S.

This ought to (but will not) silence those who’ve been determined to rewrite history with the claim that Iraq’s weapons of mass destruction were an invention of President Bush. Bush did not lie; he made a mistake–the same mistake everyone else in the world made, and a mistake Saddam, now by his own admission, encouraged them to make.

If Saddam was a victim, it was not of American lies and aggression but of his own too-successful efforts at misdirection.

3 commentaires pour ADM/Irak: Pas de révélations historiques d’importance (Saddam Lied, Saddam Died!)

  1. […] (rappelant chaque jour un peu plus le dangereux poker menteur d’un certain dictateur irakien avant sa chute), nos chers dirigeants et leur claque médiatique nous jouent la surprise et la […]

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  2. […] AFP, ne pas être scandalisé de ce que le cowboy Bush a fait de la cité arabe modèle de Saddam […]

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  3. […] un prétendu mensonge sur les ADM d’un tyran et menteur notoire compte plus que l’utilisation passée desdites armes par ledit tryran sur sa propre […]

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