Saluez bien la liberté pour moi. (…) Où est Obama? Manifestant iranien
On tue et on bat les gens dans les rues de Téhéran et dans tout l’Iran et nous devrions les défendre. Comme nous l’avions fait pour les ouvriers polonais à Dantzig ou pour le peuple tchèque lors du printemps de Prague et comme nous avons défendu la liberté dans chaque partie du monde. Ce n’est pas ça que nous faisons en ce moment. John McCain
Nous n’allons pas nous en mêler. (…) Je pense qu’il est important de comprendre que la différence en terme de politique réelle entre MM. Ahmadinejad et Moussavi n’est peut-être pas aussi grande qu’on ne l’a dit. Barack Hussein Obama
Selon le New York Times, ces opérations contribuent à semer la défiance dans la population. Thierry Meyssan
Les Occidentaux devraient respecter pleinement la dignité de l’Iran et reconnaître son droit souverain à maîtriser la technologie nucléaire civile. (…) Il faut négocier. J’ai dit aux Iraniens que si on sortait de cette situation, un boulevard allait s’ouvrir entre l’Iran et la France et l’Europe. Jack Lang
Cette foule qui ne suit pas les directives des figures soi-disant modérées ou qui a crié « mort à la république Islamique » est la preuve de l’illégitimité du régime. Cette présence massive abolit tous les contrats en vigueur entre les Occidentaux et les mollahs. En affirmant contre vents et marées que cette contestation n’est pas hostile au régime, l’Europe cherche à isoler le mouvement en espérant qu’il s’essouffle. Total a même demandé au régime de lui fournir des troupes pour garder ses bureaux. C’est bête, les Iraniens en colère pourraient les confondre avec une des bases de la milice. Iran-Resist
Na Ahmadi, Na Moussavi, Faghat Azadi!
Après l’aveu de la similitude des deux candidats à l’élection-piège à cons de trop de nos mollahs par le Pleurnicheur en chef …
Et le lapsus (?) de notre néo-libanais Meyssan national qui, confondant « défiance » (c’est-à-dire « méfiance » en français) et « defiance » (« contestation » en français), révèle involontairement les stratégies de désinformaion de ses amis …
Comme les manifestations anti-Ahmadi de nos BHL et Finkie avec (cherchez l’erreur!) l’habitué des pince-fesses des mollahs Lang …
Le monde va-t-il enfin ouvrir les yeux, demandent nos amis d’Iran-Resist, sur le véritable message des foules qui squattent actuellement les pavés des villes iraniennes?
Iran-Contestation: Un mouvement autonome attaché aux symboles
Iran-Resist
20.06.2009
Amnesty international a publié le chiffre des morts des manifestations de ces 5 derniers jours en Iran. 15 morts. On est loin du chiffre émis par les sources iraniennes. Tout se passe sans nous. Les Occidentaux parlent de ce qui les intéresse : le discours du Guide Suprême, Moussavi, et mots d’ordre de quelques vieux ayatollahs : pourtant le mouvement n’est pas mort. Il serait une erreur de l’enterrer. Hier, Téhéran et d’autres grandes villes ont connu une nouvelle journée de manifestations géantes autonomes et il en sera de même aujourd’hui.
La foule massive présente dans les rues de l’Iran fait peur à l’Occident. Ses médias n’en parlent pas ou s’ils en parlent, c’est pour la relier à Moussavi. Pourtant, ce qui est arrivé au cours de ces 5 derniers jours parle d’une réelle rupture.
Lundi 15 juin
La foule a été dans la rue : 60 fois plus nombreuse que la capacité de mobilisation du régime. Elle a lancé le mort d’ordre d’une grève générale pour mardi, le régime a eu peur et a fait intervenir les groupes de frappes et les mitraillettes. Plusieurs manifestants sont touchés dont une femme enceinte, la photo a fait le tour du net iranien : les médecins ont sorti un nouveau-né perforé.
Les gens fous de rage attaquent la base des miliciens toute proche et arrivent à la prendre au bout de deux jours.
Mardi 16 juin
Moussavi est aux abonnés absents. Selon le quotidien République Islamique, il est reçu par le Guide Suprême car la foule s’était donné rendez-vous sur la Place Haft-e Tir (28 juin), dont le nom fait référence à une bombe qui a détruit le siège du Parti République Islamique le 28 juin 1980.
Le régime panique et interdit aux journalistes de couvrir l’événement. A Téhéran, la nuit est chaude, idem dans d’autres villes…
Moussavi appelle à la démobilisation !
Mercredi 17 juin
L’appel n’a pas eu de prise sur le mouvement autonome. La foule revient plus nombreuse dans une nouvelle marche silencieuse où désormais on ne voit plus beaucoup de rubans verts des partisans de Moussavi. Puis on reçoit les chiffres des morts de la part d’un groupe d’anciens militaires qui ont gardé le contact avec des collègues après la révolution. C’est accablant : 249 morts. Pour le compte du régime, Moussavi tente de calmer le jeu : il appelle les Iraniens à se vêtir de noir et s’équiper de bougies pour se réunir dans des mosquées en signe de deuil en mémoire des 7 morts admis par le régime. Il espérait casser la descente quotidienne du mouvement autonome de la protestation. La foule désobéit.
Ville ou région (R) morts blessés arrêtés
Ahwaz 6 11 –
Andimeshk 3 8 –
Arak 2 3 11
Baabol 3 7 –
Baaneh 3 – –
Bandar Pahlavi 7 7 14
Bushehr 1 – –
Esfehan 7 – –
Hamedan 6 – –
Karaj 7 – –
Kazeroun 1 8 –
Kermanshah 7 – –
Khoramshahr 4 14 –
Lorestan (R) 25 – –
Mahabad 12 – –
Maragheh 2 – –
Mash’had 9 – –
Orumiyeh 13 11 –
Qom 4 9 –
Rasht 4 – –
Saari 5 – –
Saghez 11 – –
Sanandaj 26 128 –
Saraavan 8 – –
Shiraz 11 26 16
Shoush et Haft Tapeh 12 – –
Sistan et Baluchestan (R) 29 19 69
Tabriz 11 – –
Tehéran 23 79 –
Total 251 322 129 702
Jeudi 18 juin
Au lieu d’aller dans les mosquées, la foule investit la Place des armes (Toupkhaneh) où 100 ans plutôt les habitants de Téhéran avaient pendu un mollah intégriste qui fut l’inspirateur de Khomeiny. Il a aussi oublié de se vêtir en noir et d’allumer des bougies pour pleurnicher. Ils portent des écriteaux sur lesquels on peut lire : « on est prêt à mourir » et 100,000 personnes entonnent ensemble l’hymne national interdit par Khomeiny sur une place qui porte désormais son nom.
Pour ne pas perdre la face, Moussavi rejoint la foule et fait un discours sur le toit de sa voiture, mais il s’en va sans lancer de nouvel appel à la démobilisation ou une autre manifestation, étant donné qu’il suit désormais les marcheurs autonomes. A l’heure où il quitte la place, comme beaucoup d’autres il ne sait pas les plans des meneurs invisibles de ces manifestations. Leur appel pour la marche du lendemain est diffusé sur le web vers 6 heures du matin le lendemain : Rendez-vous le vendredi 19 juin au même endroit qu’hier et samedi 16 h sur la Place de la Révolution.
Vendredi 19 juin
Moussavi est battu : la foule réinvestit cette place près du bazar sans que le chef fantoche du mouvement ne puisse réagir à temps pour s’approprier le rassemblement. Vu le nombre désormais très réduit de rubans verts, le régime met Moussavi à la retraite et c’est l’autre soi-disant modéré, Karroubi qui prend la suite pour appeler les Téhéranais à manifester en sa faveur le samedi 16 h sur la Place de la Révolution.
Parallèlement, le régime évoque le ralliement de plusieurs vieux ayatollahs à la contestation et les journalistes Occidentaux ont repris en cœur cette soi-disant info ! Après avoir attribué la paternité de cette contestation autonome à Moussavi, nous devons à présent lutter contre cette nouvelle rumeur qui entend relier cette foule au régime.
Quelle est la logique de cette désinformation ? Cette foule qui ne suit pas les directives des figures soi-disant modérées ou qui a crié « mort à la république Islamique » est la preuve de l’illégitimité du régime.
Cette présence massive abolit tous les contrats en vigueur entre les Occidentaux et les mollahs. En affirmant contre vents et marées que cette contestation n’est pas hostile au régime, l’Europe cherche à isoler le mouvement en espérant qu’il s’essouffle. Total a même demandé au régime de lui fournir des troupes pour garder ses bureaux. C’est bête, les Iraniens en colère pourraient les confondre avec une des bases de la milice.
Le régime est beaucoup moins optimiste, c’est pourquoi il a appelé en renfort tous les vieux mollahs qualifiés de dissidents pour faire écran. Il a aussi modifié la composition des invités de la prière de vendredi habituellement composés d’écoliers, de militaires et de bazaris.
Hier pour faire son discours, Khamenei avait fait appel à 3,000 mollahs qui sont arrivés depuis Qom à pied ! Le régime n’a plus confiance dans les transports en commun qui viennent de se rallier au mouvement autonome, ni dans les jeunes recrues de l’armée et encore moins dans les bazaris.
Amnesty a beau tempérer le nombre des morts, et la presse d’éviter de montrer les images des affrontements qui continuent, le mouvement autonome des Iraniens n’est pas prêt de s’essouffler et vu l’incroyable imagination des meneurs, on attend avec impatience les slogans qu’ils réserveront au vieux mollah ripou Karroubi.
Voir aussi:
De Mossadegh à Ahmadinejad
La CIA et le laboratoire iranien
Thierry Meyssan*
Réseau Voltaire
17 juin 2009
La nouvelle d’une possible fraude électorale s’est répandue à Téhéran comme une traînée de poudre et a poussé dans la rue les partisans de l’ayatollah Rafsanjani contre ceux de l’ayatollah Khamenei. Ce chaos est provoqué en sous-main par la CIA qui sème la confusion en inondant les Iraniens de messages SMS contradictoires. Thierry Meyssan relate cette expérience de guerre psychologique.
Depuis
Beyrouth (Liban)
En mars 2000, la secrétaire d’État Madeleine Albright a admis que l’administration Eisenhower avait organisé un changement de régime, en 1953, en Iran et que cet événement historique explique l’hostilité actuelle des Iraniens face aux États-Unis. La semaine dernière, lors de son discours du Caire adressé aux musulmans, le président Obama a officiellement reconnu qu’« en pleine Guerre froide, les États-Unis ont joué un rôle dans le renversement d’un gouvernement iranien démocratiquement élu » [1].
À l’époque, l’Iran est contrôlée par une monarchie d’opérette dirigée par le chah Mohammad Reza Pahlavi. Il avait été placé sur le trône par les Britanniques, qui avaient forcé son père, l’officier cosaque pro-nazi Reza Pahlavi, à démissionner. Cependant, le chah doit composer avec un Premier ministre nationaliste Mohammad Mossadegh. Celui-ci, avec l’aide de l’ayatollah Abou al-Qassem Kachani, nationalise les ressources pétrolières [2]. Furieux, les Britanniques convainquent les États-uniens qu’il faut stopper la dérive iranienne avant que le pays ne sombre dans le communisme. La CIA met alors en place l’Opération Ajax visant à renverser Mossadegh avec l’aide du chah, et à le remplacer par le général nazi Fazlollah Zahedi, jusque là détenu par les Britanniques. Il installera le régime de terreur le plus cruel de l’époque, tandis que le chah servira de couverture à ses exactions en posant pour les magazines people occidentaux.
L’opération Ajax fut dirigée par l’archéologue Donald Wilber, l’historien Kermit Roosevelt (le petit-fils du président Theodore Roosevelt) et le général Norman Schwartzkopf Sr. (dont le fils homonyme a commandé l’opération Tempête du désert). Elle reste un modèle de subversion. La CIA imagine un scénario qui donne l’impression d’un soulèvement populaire alors qu’il s’agit d’une opération secrète. Le clou du spectacle étant une manifestation à Téhéran avec 8 000 figurants payés par l’Agence pour fournir des photos convaincantes à la presse occidentale [3].
L’Histoire se répéterait-elle ? Washington a renoncé à attaquer militairement l’Iran et a dissuadé Israël de prendre une telle initiative. Pour parvenir à « changer le régime », l’administration Obama préfère jouer la carte —moins dangereuse, mais plus aléatoire— de l’action secrète. À l’issue de l’élection présidentielle iranienne, de vastes manifestations opposent dans les rues de Téhéran les partisans du président Mahmoud Ahmadinejad et du guide Ali Khamenei d’un côté, aux partisans du candidat malheureux Mir-Hossein Mousavi et de l’ex-président Akbar Hashemi Rafsanjani de l’autre. Elle traduisent un profond clivage dans la société iranienne entre un prolétariat nationaliste et une bourgeoisie qui déplore d’être tenue à l’écart de la globalisation économique [4]. Agissant en sous-main, Washington tente de peser sur les événements pour renverser le président réélu.
Une nouvelle fois, l’Iran est un champ d’expérimentation de méthodes innovantes de subversion. La CIA s’appuie en 2009 sur une arme nouvelle : la maîtrise des téléphones portables.
Depuis la généralisation des téléphones portables, les services secrets anglo-saxons ont multiplié leurs capacités d’interception. Alors que l’écoute des téléphones filaires nécessite la pose de bretelles de dérivation, donc des agents sur place, l’écoute des portables peut se faire à distance grâce au réseau Échelon. Toutefois, ce système ne permet pas d’interception des communications téléphoniques via Skype, d’où le succès des téléphones Skype dans les zones de conflit [5]. La National Security Agency (NSA) vient donc de démarcher les fournisseurs d’accès internet du monde entier pour obtenir leur concours. Ceux qui ont accepté ont été grassement rétribués [6].
Dans les pays qu’ils occupent —Irak, Afghanistan et Pakistan—, les Anglo-Saxons interceptent la totalité des conversations téléphoniques qu’elles soient émises par des portables ou qu’elles soient filaires. Le but n’est pas de disposer de retranscription de telle ou telle conversation, mais d’identifier les « réseaux sociaux ». En d’autres termes, les téléphones sont des mouchards qui permettent de savoir avec qui une personne donnée est en relation. Partant de là, on peut espérer identifier les réseaux de résistance. Dans un second temps, les téléphones permettent de localiser les cibles identifiées, et de les « neutraliser ».
C’est pourquoi, en février 2008, les insurgés afghans ont ordonné aux divers opérateurs de stopper leur activité chaque jour de 17h à 03h, de manière à empêcher les Anglo-Saxons de suivre leurs déplacements. Les antennes-relais de ceux qui ont contrevenu à cet ordre ont été détruites [7].
À l’inverse, —hormis un central téléphonique touché par erreur—, les forces israéliennes se sont bien gardées de bombarder les relais téléphoniques à Gaza, lors de l’opération Plomb durci, en décembre 2008-janvier 2009. Il s’agit là d’un changement complet de stratégie chez les Occidentaux. Depuis la guerre du Golfe prévalait la « théorie des cinq cercles » du colonel John A. Warden : le bombardement des infrastructures de téléphonie était considéré comme un objectif stratégique à la fois pour plonger la population dans la confusion et pour couper les communications entre les centres de commandement et les combattants. Désormais, c’est le contraire, il faut protéger les infrastructures de télécommunications. Durant les bombardements de Gaza, l’opérateur Jawwal [8] a offert du crédit à ses abonnés, officiellement pour leur venir en aide, de facto dans l’intérêt des Israéliens.
Franchissant un pas, les services secrets anglo-saxons et israéliens ont développé des méthodes de guerre psychologique basées sur l’usage extensif des portables. En juillet 2008, après l’échange de prisonniers et dépouilles entre Israël et le Hezbollah, des robots ont lancé des dizaines de milliers d’appel vers des portables libanais. Une voix en arabe mettait en garde contre toute participation à la Résistance et dénigrait le Hezbollah. Le ministre libanais des télécom, Jibran Bassil [9], avait déposé une plainte à l’ONU contre cette flagrante violation de la souveraineté du pays [10].
Sur le même modèle des dizaines de milliers de Libanais et de Syriens ont reçu un appel automatique en octobre 2008 leur proposant 10 millions de dollars contre toute information qui permettrait de localiser et de délivrer des soldats israéliens prisonniers. Les personnes intéressées pour collaborer étaient invitées à joindre un numéro au Royaume-Uni [11].
Cette méthode vient d’être employée en Iran pour intoxiquer la population en répandant des nouvelles choquantes, et pour canaliser le mécontentement qu’elles suscitent.
En premier lieu, il s’est agit de répandre par SMS durant la nuit du dépouillement la nouvelle selon laquelle le Conseil des gardiens de la Constitution (équivalent de la Cour constitutionnelle) avaient informé Mir-Hossein Mousavi de sa victoire. Dès lors, l’annonce, plusieurs heures plus tard des résultats officiels —la réélection de Mahmoud Ahmadinejad avec 64 % des suffrages exprimés— paraissait un gigantesque trucage. Pourtant, trois jours plus tôt, M. Mousavi et ses amis considéraient la victoire massive de M. Ahmadinejad comme certaine et s’efforçaient de l’expliquer par des déséquilibres dans la campagne électorale. Ainsi l’ex-président Akbar Hashemi Rafsanjani détaillait ses griefs dans une lettre ouverte. Les instituts de sondage US en Iran pronostiquaient une avance de M. Ahmadinejad de 20 points sur M. Mousavi [12]. À aucun moment, la victoire de M. Mousavi n’a paru possible, même s’il est probable que des trucages ont accentué la marge entre les deux candidats.
Dans un second temps, des citoyens ont été sélectionnés ou se sont fait connaître sur internet pour converser sur Facebook ou s’abonner à des fils de dépêche Twitter. Ils ont alors reçu, toujours par SMS, des informations —vraies ou fausses— sur l’évolution de la crise politique et les manifestations en cours. Ce sont ces dépêches anonymes qui ont répandu les nouvelles de fusillades et de morts nombreux ; nouvelles à ce jour non confirmées. Par un malencontreux hasard de calendrier, la société Twitter devait suspendre son service durant une nuit, le temps nécessaire à la maintenance de ses installations. Mais le département d’État des États-Unis est intervenu pour lui demander de surseoir à cette opération [13]. Selon le New York Times, ces opérations contribuent à semer la défiance dans la population [14].
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Messages describing death threats, police bursting into homes, etc. sent by authors who cannot be indentified or located.
Simultanément, dans un effort nouveau la CIA mobilise les militants anti-iraniens aux USA et au Royaume-Uni pour ajouter au désordre. Un Guide pratique de la révolution en Iran leur a été distribué, il comprend plusieurs conseils pratiques, dont :
– régler les comptes Twitter sur le fuseau horaire de Téhéran ;
– centraliser les messages sur les comptes Twitter @stopAhmadi, #iranelection et #gr88 ;
– Ne pas attaquer les sites internet officiels de l’État iranien. « Laissez faire l’armée » US pour cela (sic).
Mis en application, ces conseils empêchent toute authentification des messages Twitter. On ne peut plus savoir s’ils sont envoyés par des témoins des manifestations à Téhéran ou par des agents de la CIA à Langley, et l’on ne peut plus distinguer le vrai du faux. Le but est de creer toujours plus de confusion et de pousser les Iraniens à se battre entre eux.
Les états-majors, partout dans le monde, suivent avec attention les événements à Téhéran. Chacun tente d’évaluer l’efficacité de cette nouvelle méthode de subversion dans le laboratoire iranien. À l’évidence, le processus de déstabilisation a fonctionné. Mais il n’est pas sûr que la CIA puisse canaliser les manifestants pour qu’ils fassent eux-mêmes ce que le Pentagone a renoncé à faire et qu’ils n’ont aucune envie de faire : changer le régime, clore la révolution islamique.
Thierry Meyssan
Analyste politique, fondateur du Réseau Voltaire. Dernier ouvrage paru : L’Effroyable imposture 2 (le remodelage du Proche-Orient et la guerre israélienne contre le Liban).
Les articles de cet auteur
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[1] « Discours à l’université du Caire », par Barack Obama, Réseau Voltaire, 4 juin 2009.
[2] « BP-Amoco, coalition pétrolière anglo-saxonne », par Arthur Lepic, Réseau Voltaire, 10 juin 2004.
[3] Sur le coup de 1953, l’ouvrage de référence est All the Shah’s Men : An American Coup and the Roots of Middle East Terror, par Stephen Kinzer, John Wiley & Sons éd (2003), 272 pp. Pour les lecteurs francophones, signalons le dernier chapitre du récent livre de Gilles Munier, Les espions de l’or noir, Koutoubia éd (2009), 318 pp.
[4] « La société iranienne paralysée », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 5 février 2004.
[5] « Taliban using Skype phones to dodge MI6 », par Glen Owen, Mail Online, 13 septembre 2008.
[6] « NSA offering ’billions’ for Skype eavesdrop solution », par Lewis Page, The Register, 12 février 2009.
[7] « Taliban Threatens Cell Towers », par Noah Shachtman, Wired, 25 février 2008.
[8] Jawwal est la marque de PalTel, la société du milliardaire palestinien Munib Al-Masri.
[9] Jibran Bassil est un des principaux leaders du Courant patriotique libre, le parti nationaliste de Michel Aoun.
[10] « Freed Lebanese say they will keep fighting Israel », Associated Press, 17 juillet 2008.
[11] L’auteur de cet article a été témoin de ces appels. On pourra aussi consulter « Strange Israeli phone calls alarm Syrians. Israeli intelligence services accused of making phone calls to Syrians in bid to recruit agents », Syria News Briefing, 4 décembre 2008.
[12] Cité dans « Ahmadinejad won. Get over it », par Flynt Leverett et Hillary Mann Leverett, Politico, 15 juin 2009.
[13] « U.S. State Department speaks to Twitter over Iran », Reuters, 16 juin 2009.
[14] « Social Networks Spread Defiance Online », par Brad Stone et Noam Cohen, The New York Times, 15 juin 2009.

Publié par jcdurbant
MARG BAR JOMHURI ESLAMI! MARG BAR JOMHURI ESLAMI!

Lui au moins, il connaît le monde des affaires, c’est un libéral, son père était un bazari. (…) Depuis plus d’un an avec Ahmadinejad, les banques étrangères ne nous accordent plus de lettres de crédit pour financer nos importations.
L’Iran aurait pu être la Corée du Sud; il est devenu la Corée du Nord. (…) Mais n’oubliez pas qu’Ahmadinejad n’est que le représentant d’un régime de nature totalitaire, qui ne peut se réformer et évoluer, quelle que soit la personne qui le représente. (…) Le slogan du régime est : « L’énergie nucléaire est notre droit indéniable. » Je lui réponds: ce droit, nous l’avions, c’est vous et les vôtres qui nous en avez privés. (…) Mon père (…) a décidé, dès les années 1970, de lancer un programme de production d’énergie nucléaire à des fins exclusivement civiles. C’est pourquoi nous avons signé le traité de non-prolifération (…) Aujourd’hui, le problème ne vient pas de l’idée de se doter de l’énergie nucléaire ; il provient de la nature du régime islamique. (…) je ne crois pas que les mollahs soient assez fous pour penser un jour utiliser la bombe contre Israël: ils savent très bien qu’ils seraient aussitôt anéantis. Ce qu’ils veulent, c’est disposer de la bombe pour pouvoir s’institutionnaliser une fois pour toutes dans la région et étendre leurs zones d’influence. Ils rêvent de créer un califat chiite du XXIe siècle et entendent l’imposer par la bombe atomique (…) il est manifeste qu’un gouvernement paranoïaque crée des crises un peu partout pour tenter de regagner à l’extérieur la légitimité qu’il a perdue à l’intérieur. Les dérives du clan au pouvoir ne se limitent pas au soutien au Hamas, elles vont jusqu’à l’Amérique latine de Chavez. Il ne s’agit en rien d’une vision qui vise à défendre notre intérêt national. Si le régime veut survivre, il doit absolument mettre en échec le monde libre, combattre ses valeurs. La République islamique ne peut pas perdurer dans un monde où l’on parle des droits de l’homme ou de la démocratie. Tous ces principes sont du cyanure pour les islamistes. Comment voulez-vous que les successeurs de Khomeini, dont le but reste l’exportation de la révolution, puissent s’asseoir un jour à la même table que le président Sarkozy ou le président Obama? Dans les mois à venir, un jeu diplomatique peut s’engager, mais, au final, il ne faut pas se faire d’illusion. Même si Khatami revenait au pouvoir, le comportement du régime resterait identique, car le vrai décideur c’est Khamenei. Je ne vois aucune raison pour laquelle le régime islamiste accepterait un changement de comportement. Cela provoquerait, de manière certaine, sa chute. Il ne peut plus revenir en arrière. J’ai bien peur que la diplomatie ne tourne en rond une nouvelle fois et que la course à la bombe ne continue pendant ce temps. 
C’est ce qu’en langue militaire on appelle un piège-à-cons. — (Jean-Paul Sartre, Les Temps Modernes, janvier 1945)