Iran: Ni Ahmadi, ni Moussavi, seulement la liberté…(Not Ahmadi nor Mousavi, only Liberty!)

20 juin, 2009
Liberty for Iraq
Saluez bien la liberté pour moi. (…) Où est Obama? Manifestant iranien
On tue et on bat les gens dans les rues de Téhéran et dans tout l’Iran et nous devrions les défendre. Comme nous l’avions fait pour les ouvriers polonais à Dantzig ou pour le peuple tchèque lors du printemps de Prague et comme nous avons défendu la liberté dans chaque partie du monde. Ce n’est pas ça que nous faisons en ce moment. John McCain
Nous n’allons pas nous en mêler. (…) Je pense qu’il est important de comprendre que la différence en terme de politique réelle entre MM. Ahmadinejad et Moussavi n’est peut-être pas aussi grande qu’on ne l’a dit. Barack Hussein Obama
Selon le New York Times, ces opérations contribuent à semer la défiance dans la population. Thierry Meyssan
Les Occidentaux devraient respecter pleinement la dignité de l’Iran et reconnaître son droit souverain à maîtriser la technologie nucléaire civile. (…) Il faut négocier. J’ai dit aux Iraniens que si on sortait de cette situation, un boulevard allait s’ouvrir entre l’Iran et la France et l’Europe. Jack Lang
Cette foule qui ne suit pas les directives des figures soi-disant modérées ou qui a crié « mort à la république Islamique » est la preuve de l’illégitimité du régime. Cette présence massive abolit tous les contrats en vigueur entre les Occidentaux et les mollahs. En affirmant contre vents et marées que cette contestation n’est pas hostile au régime, l’Europe cherche à isoler le mouvement en espérant qu’il s’essouffle. Total a même demandé au régime de lui fournir des troupes pour garder ses bureaux. C’est bête, les Iraniens en colère pourraient les confondre avec une des bases de la milice. Iran-Resist

Na Ahmadi, Na Moussavi, Faghat Azadi!

Après l’aveu de la similitude des deux candidats à l’élection-piège à cons de trop de nos mollahs par le Pleurnicheur en chef …

Et le lapsus (?) de notre néo-libanais Meyssan national qui, confondant « défiance » (c’est-à-dire « méfiance » en français) et « defiance » (« contestation » en français), révèle involontairement les stratégies de désinformaion de ses amis …

Comme les manifestations anti-Ahmadi de nos BHL et Finkie avec (cherchez l’erreur!) l’habitué des pince-fesses des mollahs Lang

Le monde va-t-il enfin ouvrir les yeux, demandent nos amis d’Iran-Resist, sur le véritable message des foules qui squattent actuellement les pavés des villes iraniennes?

Iran-Contestation: Un mouvement autonome attaché aux symboles
Iran-Resist
20.06.2009

Amnesty international a publié le chiffre des morts des manifestations de ces 5 derniers jours en Iran. 15 morts. On est loin du chiffre émis par les sources iraniennes. Tout se passe sans nous. Les Occidentaux parlent de ce qui les intéresse : le discours du Guide Suprême, Moussavi, et mots d’ordre de quelques vieux ayatollahs : pourtant le mouvement n’est pas mort. Il serait une erreur de l’enterrer. Hier, Téhéran et d’autres grandes villes ont connu une nouvelle journée de manifestations géantes autonomes et il en sera de même aujourd’hui.

La foule massive présente dans les rues de l’Iran fait peur à l’Occident. Ses médias n’en parlent pas ou s’ils en parlent, c’est pour la relier à Moussavi. Pourtant, ce qui est arrivé au cours de ces 5 derniers jours parle d’une réelle rupture.

Lundi 15 juin

La foule a été dans la rue : 60 fois plus nombreuse que la capacité de mobilisation du régime. Elle a lancé le mort d’ordre d’une grève générale pour mardi, le régime a eu peur et a fait intervenir les groupes de frappes et les mitraillettes. Plusieurs manifestants sont touchés dont une femme enceinte, la photo a fait le tour du net iranien : les médecins ont sorti un nouveau-né perforé.

Les gens fous de rage attaquent la base des miliciens toute proche et arrivent à la prendre au bout de deux jours.

Mardi 16 juin

Moussavi est aux abonnés absents. Selon le quotidien République Islamique, il est reçu par le Guide Suprême car la foule s’était donné rendez-vous sur la Place Haft-e Tir (28 juin), dont le nom fait référence à une bombe qui a détruit le siège du Parti République Islamique le 28 juin 1980.

Le régime panique et interdit aux journalistes de couvrir l’événement. A Téhéran, la nuit est chaude, idem dans d’autres villes…

Moussavi appelle à la démobilisation !

Mercredi 17 juin

L’appel n’a pas eu de prise sur le mouvement autonome. La foule revient plus nombreuse dans une nouvelle marche silencieuse où désormais on ne voit plus beaucoup de rubans verts des partisans de Moussavi. Puis on reçoit les chiffres des morts de la part d’un groupe d’anciens militaires qui ont gardé le contact avec des collègues après la révolution. C’est accablant : 249 morts. Pour le compte du régime, Moussavi tente de calmer le jeu : il appelle les Iraniens à se vêtir de noir et s’équiper de bougies pour se réunir dans des mosquées en signe de deuil en mémoire des 7 morts admis par le régime. Il espérait casser la descente quotidienne du mouvement autonome de la protestation. La foule désobéit.

Ville ou région (R) morts blessés arrêtés
Ahwaz 6 11 –
Andimeshk 3 8 –
Arak 2 3 11
Baabol 3 7 –
Baaneh 3 – –
Bandar Pahlavi 7 7 14
Bushehr 1 – –
Esfehan 7 – –
Hamedan 6 – –
Karaj 7 – –
Kazeroun 1 8 –
Kermanshah 7 – –
Khoramshahr 4 14 –
Lorestan (R) 25 – –
Mahabad 12 – –
Maragheh 2 – –
Mash’had 9 – –
Orumiyeh 13 11 –
Qom 4 9 –
Rasht 4 – –
Saari 5 – –
Saghez 11 – –
Sanandaj 26 128 –
Saraavan 8 – –
Shiraz 11 26 16
Shoush et Haft Tapeh 12 – –
Sistan et Baluchestan (R) 29 19 69
Tabriz 11 – –
Tehéran 23 79 –
Total 251 322 129 702

Jeudi 18 juin

Au lieu d’aller dans les mosquées, la foule investit la Place des armes (Toupkhaneh) où 100 ans plutôt les habitants de Téhéran avaient pendu un mollah intégriste qui fut l’inspirateur de Khomeiny. Il a aussi oublié de se vêtir en noir et d’allumer des bougies pour pleurnicher. Ils portent des écriteaux sur lesquels on peut lire : « on est prêt à mourir » et 100,000 personnes entonnent ensemble l’hymne national interdit par Khomeiny sur une place qui porte désormais son nom.

Pour ne pas perdre la face, Moussavi rejoint la foule et fait un discours sur le toit de sa voiture, mais il s’en va sans lancer de nouvel appel à la démobilisation ou une autre manifestation, étant donné qu’il suit désormais les marcheurs autonomes. A l’heure où il quitte la place, comme beaucoup d’autres il ne sait pas les plans des meneurs invisibles de ces manifestations. Leur appel pour la marche du lendemain est diffusé sur le web vers 6 heures du matin le lendemain : Rendez-vous le vendredi 19 juin au même endroit qu’hier et samedi 16 h sur la Place de la Révolution.

Vendredi 19 juin

Moussavi est battu : la foule réinvestit cette place près du bazar sans que le chef fantoche du mouvement ne puisse réagir à temps pour s’approprier le rassemblement. Vu le nombre désormais très réduit de rubans verts, le régime met Moussavi à la retraite et c’est l’autre soi-disant modéré, Karroubi qui prend la suite pour appeler les Téhéranais à manifester en sa faveur le samedi 16 h sur la Place de la Révolution.

Parallèlement, le régime évoque le ralliement de plusieurs vieux ayatollahs à la contestation et les journalistes Occidentaux ont repris en cœur cette soi-disant info ! Après avoir attribué la paternité de cette contestation autonome à Moussavi, nous devons à présent lutter contre cette nouvelle rumeur qui entend relier cette foule au régime.

Quelle est la logique de cette désinformation ? Cette foule qui ne suit pas les directives des figures soi-disant modérées ou qui a crié « mort à la république Islamique » est la preuve de l’illégitimité du régime.

Cette présence massive abolit tous les contrats en vigueur entre les Occidentaux et les mollahs. En affirmant contre vents et marées que cette contestation n’est pas hostile au régime, l’Europe cherche à isoler le mouvement en espérant qu’il s’essouffle. Total a même demandé au régime de lui fournir des troupes pour garder ses bureaux. C’est bête, les Iraniens en colère pourraient les confondre avec une des bases de la milice.

Le régime est beaucoup moins optimiste, c’est pourquoi il a appelé en renfort tous les vieux mollahs qualifiés de dissidents pour faire écran. Il a aussi modifié la composition des invités de la prière de vendredi habituellement composés d’écoliers, de militaires et de bazaris.

Hier pour faire son discours, Khamenei avait fait appel à 3,000 mollahs qui sont arrivés depuis Qom à pied ! Le régime n’a plus confiance dans les transports en commun qui viennent de se rallier au mouvement autonome, ni dans les jeunes recrues de l’armée et encore moins dans les bazaris.

Amnesty a beau tempérer le nombre des morts, et la presse d’éviter de montrer les images des affrontements qui continuent, le mouvement autonome des Iraniens n’est pas prêt de s’essouffler et vu l’incroyable imagination des meneurs, on attend avec impatience les slogans qu’ils réserveront au vieux mollah ripou Karroubi.

Voir aussi:

De Mossadegh à Ahmadinejad
La CIA et le laboratoire iranien
Thierry Meyssan*
Réseau Voltaire
17 juin 2009

La nouvelle d’une possible fraude électorale s’est répandue à Téhéran comme une traînée de poudre et a poussé dans la rue les partisans de l’ayatollah Rafsanjani contre ceux de l’ayatollah Khamenei. Ce chaos est provoqué en sous-main par la CIA qui sème la confusion en inondant les Iraniens de messages SMS contradictoires. Thierry Meyssan relate cette expérience de guerre psychologique.

Depuis
Beyrouth (Liban)

En mars 2000, la secrétaire d’État Madeleine Albright a admis que l’administration Eisenhower avait organisé un changement de régime, en 1953, en Iran et que cet événement historique explique l’hostilité actuelle des Iraniens face aux États-Unis. La semaine dernière, lors de son discours du Caire adressé aux musulmans, le président Obama a officiellement reconnu qu’« en pleine Guerre froide, les États-Unis ont joué un rôle dans le renversement d’un gouvernement iranien démocratiquement élu » [1].

À l’époque, l’Iran est contrôlée par une monarchie d’opérette dirigée par le chah Mohammad Reza Pahlavi. Il avait été placé sur le trône par les Britanniques, qui avaient forcé son père, l’officier cosaque pro-nazi Reza Pahlavi, à démissionner. Cependant, le chah doit composer avec un Premier ministre nationaliste Mohammad Mossadegh. Celui-ci, avec l’aide de l’ayatollah Abou al-Qassem Kachani, nationalise les ressources pétrolières [2]. Furieux, les Britanniques convainquent les États-uniens qu’il faut stopper la dérive iranienne avant que le pays ne sombre dans le communisme. La CIA met alors en place l’Opération Ajax visant à renverser Mossadegh avec l’aide du chah, et à le remplacer par le général nazi Fazlollah Zahedi, jusque là détenu par les Britanniques. Il installera le régime de terreur le plus cruel de l’époque, tandis que le chah servira de couverture à ses exactions en posant pour les magazines people occidentaux.

L’opération Ajax fut dirigée par l’archéologue Donald Wilber, l’historien Kermit Roosevelt (le petit-fils du président Theodore Roosevelt) et le général Norman Schwartzkopf Sr. (dont le fils homonyme a commandé l’opération Tempête du désert). Elle reste un modèle de subversion. La CIA imagine un scénario qui donne l’impression d’un soulèvement populaire alors qu’il s’agit d’une opération secrète. Le clou du spectacle étant une manifestation à Téhéran avec 8 000 figurants payés par l’Agence pour fournir des photos convaincantes à la presse occidentale [3].

L’Histoire se répéterait-elle ? Washington a renoncé à attaquer militairement l’Iran et a dissuadé Israël de prendre une telle initiative. Pour parvenir à « changer le régime », l’administration Obama préfère jouer la carte —moins dangereuse, mais plus aléatoire— de l’action secrète. À l’issue de l’élection présidentielle iranienne, de vastes manifestations opposent dans les rues de Téhéran les partisans du président Mahmoud Ahmadinejad et du guide Ali Khamenei d’un côté, aux partisans du candidat malheureux Mir-Hossein Mousavi et de l’ex-président Akbar Hashemi Rafsanjani de l’autre. Elle traduisent un profond clivage dans la société iranienne entre un prolétariat nationaliste et une bourgeoisie qui déplore d’être tenue à l’écart de la globalisation économique [4]. Agissant en sous-main, Washington tente de peser sur les événements pour renverser le président réélu.

Une nouvelle fois, l’Iran est un champ d’expérimentation de méthodes innovantes de subversion. La CIA s’appuie en 2009 sur une arme nouvelle : la maîtrise des téléphones portables.

Depuis la généralisation des téléphones portables, les services secrets anglo-saxons ont multiplié leurs capacités d’interception. Alors que l’écoute des téléphones filaires nécessite la pose de bretelles de dérivation, donc des agents sur place, l’écoute des portables peut se faire à distance grâce au réseau Échelon. Toutefois, ce système ne permet pas d’interception des communications téléphoniques via Skype, d’où le succès des téléphones Skype dans les zones de conflit [5]. La National Security Agency (NSA) vient donc de démarcher les fournisseurs d’accès internet du monde entier pour obtenir leur concours. Ceux qui ont accepté ont été grassement rétribués [6].

Dans les pays qu’ils occupent —Irak, Afghanistan et Pakistan—, les Anglo-Saxons interceptent la totalité des conversations téléphoniques qu’elles soient émises par des portables ou qu’elles soient filaires. Le but n’est pas de disposer de retranscription de telle ou telle conversation, mais d’identifier les « réseaux sociaux ». En d’autres termes, les téléphones sont des mouchards qui permettent de savoir avec qui une personne donnée est en relation. Partant de là, on peut espérer identifier les réseaux de résistance. Dans un second temps, les téléphones permettent de localiser les cibles identifiées, et de les « neutraliser ».

C’est pourquoi, en février 2008, les insurgés afghans ont ordonné aux divers opérateurs de stopper leur activité chaque jour de 17h à 03h, de manière à empêcher les Anglo-Saxons de suivre leurs déplacements. Les antennes-relais de ceux qui ont contrevenu à cet ordre ont été détruites [7].

À l’inverse, —hormis un central téléphonique touché par erreur—, les forces israéliennes se sont bien gardées de bombarder les relais téléphoniques à Gaza, lors de l’opération Plomb durci, en décembre 2008-janvier 2009. Il s’agit là d’un changement complet de stratégie chez les Occidentaux. Depuis la guerre du Golfe prévalait la « théorie des cinq cercles » du colonel John A. Warden : le bombardement des infrastructures de téléphonie était considéré comme un objectif stratégique à la fois pour plonger la population dans la confusion et pour couper les communications entre les centres de commandement et les combattants. Désormais, c’est le contraire, il faut protéger les infrastructures de télécommunications. Durant les bombardements de Gaza, l’opérateur Jawwal [8] a offert du crédit à ses abonnés, officiellement pour leur venir en aide, de facto dans l’intérêt des Israéliens.

Franchissant un pas, les services secrets anglo-saxons et israéliens ont développé des méthodes de guerre psychologique basées sur l’usage extensif des portables. En juillet 2008, après l’échange de prisonniers et dépouilles entre Israël et le Hezbollah, des robots ont lancé des dizaines de milliers d’appel vers des portables libanais. Une voix en arabe mettait en garde contre toute participation à la Résistance et dénigrait le Hezbollah. Le ministre libanais des télécom, Jibran Bassil [9], avait déposé une plainte à l’ONU contre cette flagrante violation de la souveraineté du pays [10].

Sur le même modèle des dizaines de milliers de Libanais et de Syriens ont reçu un appel automatique en octobre 2008 leur proposant 10 millions de dollars contre toute information qui permettrait de localiser et de délivrer des soldats israéliens prisonniers. Les personnes intéressées pour collaborer étaient invitées à joindre un numéro au Royaume-Uni [11].

Cette méthode vient d’être employée en Iran pour intoxiquer la population en répandant des nouvelles choquantes, et pour canaliser le mécontentement qu’elles suscitent.

En premier lieu, il s’est agit de répandre par SMS durant la nuit du dépouillement la nouvelle selon laquelle le Conseil des gardiens de la Constitution (équivalent de la Cour constitutionnelle) avaient informé Mir-Hossein Mousavi de sa victoire. Dès lors, l’annonce, plusieurs heures plus tard des résultats officiels —la réélection de Mahmoud Ahmadinejad avec 64 % des suffrages exprimés— paraissait un gigantesque trucage. Pourtant, trois jours plus tôt, M. Mousavi et ses amis considéraient la victoire massive de M. Ahmadinejad comme certaine et s’efforçaient de l’expliquer par des déséquilibres dans la campagne électorale. Ainsi l’ex-président Akbar Hashemi Rafsanjani détaillait ses griefs dans une lettre ouverte. Les instituts de sondage US en Iran pronostiquaient une avance de M. Ahmadinejad de 20 points sur M. Mousavi [12]. À aucun moment, la victoire de M. Mousavi n’a paru possible, même s’il est probable que des trucages ont accentué la marge entre les deux candidats.

Dans un second temps, des citoyens ont été sélectionnés ou se sont fait connaître sur internet pour converser sur Facebook ou s’abonner à des fils de dépêche Twitter. Ils ont alors reçu, toujours par SMS, des informations —vraies ou fausses— sur l’évolution de la crise politique et les manifestations en cours. Ce sont ces dépêches anonymes qui ont répandu les nouvelles de fusillades et de morts nombreux ; nouvelles à ce jour non confirmées. Par un malencontreux hasard de calendrier, la société Twitter devait suspendre son service durant une nuit, le temps nécessaire à la maintenance de ses installations. Mais le département d’État des États-Unis est intervenu pour lui demander de surseoir à cette opération [13]. Selon le New York Times, ces opérations contribuent à semer la défiance dans la population [14].

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Messages describing death threats, police bursting into homes, etc. sent by authors who cannot be indentified or located.

Simultanément, dans un effort nouveau la CIA mobilise les militants anti-iraniens aux USA et au Royaume-Uni pour ajouter au désordre. Un Guide pratique de la révolution en Iran leur a été distribué, il comprend plusieurs conseils pratiques, dont :
– régler les comptes Twitter sur le fuseau horaire de Téhéran ;
– centraliser les messages sur les comptes Twitter @stopAhmadi, #iranelection et #gr88 ;
– Ne pas attaquer les sites internet officiels de l’État iranien. « Laissez faire l’armée » US pour cela (sic).
Mis en application, ces conseils empêchent toute authentification des messages Twitter. On ne peut plus savoir s’ils sont envoyés par des témoins des manifestations à Téhéran ou par des agents de la CIA à Langley, et l’on ne peut plus distinguer le vrai du faux. Le but est de creer toujours plus de confusion et de pousser les Iraniens à se battre entre eux.

Les états-majors, partout dans le monde, suivent avec attention les événements à Téhéran. Chacun tente d’évaluer l’efficacité de cette nouvelle méthode de subversion dans le laboratoire iranien. À l’évidence, le processus de déstabilisation a fonctionné. Mais il n’est pas sûr que la CIA puisse canaliser les manifestants pour qu’ils fassent eux-mêmes ce que le Pentagone a renoncé à faire et qu’ils n’ont aucune envie de faire : changer le régime, clore la révolution islamique.
Thierry Meyssan

Analyste politique, fondateur du Réseau Voltaire. Dernier ouvrage paru : L’Effroyable imposture 2 (le remodelage du Proche-Orient et la guerre israélienne contre le Liban).

Les articles de cet auteur
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[1] « Discours à l’université du Caire », par Barack Obama, Réseau Voltaire, 4 juin 2009.

[2] « BP-Amoco, coalition pétrolière anglo-saxonne », par Arthur Lepic, Réseau Voltaire, 10 juin 2004.

[3] Sur le coup de 1953, l’ouvrage de référence est All the Shah’s Men : An American Coup and the Roots of Middle East Terror, par Stephen Kinzer, John Wiley & Sons éd (2003), 272 pp. Pour les lecteurs francophones, signalons le dernier chapitre du récent livre de Gilles Munier, Les espions de l’or noir, Koutoubia éd (2009), 318 pp.

[4] « La société iranienne paralysée », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 5 février 2004.

[5] « Taliban using Skype phones to dodge MI6 », par Glen Owen, Mail Online, 13 septembre 2008.

[6] « NSA offering ’billions’ for Skype eavesdrop solution », par Lewis Page, The Register, 12 février 2009.

[7] « Taliban Threatens Cell Towers », par Noah Shachtman, Wired, 25 février 2008.

[8] Jawwal est la marque de PalTel, la société du milliardaire palestinien Munib Al-Masri.

[9] Jibran Bassil est un des principaux leaders du Courant patriotique libre, le parti nationaliste de Michel Aoun.

[10] « Freed Lebanese say they will keep fighting Israel », Associated Press, 17 juillet 2008.

[11] L’auteur de cet article a été témoin de ces appels. On pourra aussi consulter « Strange Israeli phone calls alarm Syrians. Israeli intelligence services accused of making phone calls to Syrians in bid to recruit agents », Syria News Briefing, 4 décembre 2008.

[12] Cité dans « Ahmadinejad won. Get over it », par Flynt Leverett et Hillary Mann Leverett, Politico, 15 juin 2009.

[13] « U.S. State Department speaks to Twitter over Iran », Reuters, 16 juin 2009.

[14] « Social Networks Spread Defiance Online », par Brad Stone et Noam Cohen, The New York Times, 15 juin 2009.


Iran: Mort à la République islamique, imbécile! (Death to the Islamic republic, stupid!)

19 juin, 2009

Using the wrong stone is against the lawMARG BAR JOMHURI ESLAMI! MARG BAR JOMHURI ESLAMI!

Non, votre télé n’est pas tombée en panne.

Pour ceux qui s’étonneraient, outre le silence assourdissant des démocraties et alors que le petit caniche Moussavi est rentré dans sa niche et que son maitre a sifflé la fin de la récré, de voir leurs images de manifestations iraniennes jusqu’ici si bruyantes brusquement muettes sur leur poste …

Et qui s’étonneraient de ne pas en avoir d’explication de la part de Télé Moussavi qui n’en a elle que pour les petits hommes verts et leur élection-piège à cons à 140% de participation

La réponse est tout simplement, comme sont seuls à le rappeler nos confrères d’Iran-Resist, que la vérité, contre les pions du régime et la censure de tous leurs soutiens, de la contestation des rues iraniennes est enfin en train de sortir:

MORT A LA REPUBLIQUE ISLAMIQUE! MORT A LA REPUBLIQUE ISLAMIQUE!

Iran: Moussavi apporte son soutien au Guide Suprême

Iran-Resist

19.06.2009

Depuis 4 jours, le régime a ouvert le feu sur les Iraniens, mais l’on n’en entend pas parler ici : les images existent, mais on ne les montre pas conformément aux souhaits du régime des mollahs ! Les médias français donnent la parole uniquement à des petits groupes de partisans du régime peints en vert islamique et à ses lobbyistes français qui parlent de mouvement pro-Moussavi. Le doute n’existe plus car hier soir Moussavi a annoncé qu’il ne soutenait pas la fronde contre le régime.

Les 2 premiers jours

Samedi dernier, au lendemain de l’élection présidentielle en Iran, le régime a organisé une fausse contestation des résultats autour de Moussavi et Ahmadinejad comme il l’avait fait exactement de la même manière en 2005 [1] entre Rafsandjani et Ahmadinejad. Il espérait pousser Obama à prendre partie pour Moussavi ce qui lui aurait ouvert deux possibilités en or : crier à l’ingérence étrangère ou inverser les résultats et placer à la présidence Moussavi qui fort de sa légitimité Obamienne aurait fermement dit non à tout dialogue à moins que les Etats-Unis ne suppriment les sanctions contre l’Iran. Si suite à cette double évolution, Obama refusait, Téhéran se réservait le droit de déclarer que Washington vient d’affaiblir les modérés, pour renforcer sa réponse négative.

Mises en scènes

Durant deux jours, nous avons eu droit à des annonces d’arrestations fictives de faux modérés pour implanter le décor et étions ensevelis sous une avalanche de vidéos sur YouTube où l’on voyait des scènes d’affrontements entre des jeunes et les miliciens, scènes dans lesquelles les jeunes pro-Moussavi vêtus de vert avaient le dessus sur les miliciens.

Les médias du régime laissaient faire les journalistes étrangers : ils avaient le droit de tout filmer sur la montée de la vague verte de Moussavi. Les images que l’on a vues aussi sur les sites des observateurs pro-mollahs de la chaîne France 24 sont assez grotesques car on y voit une fille recevoir 3 coups de matraque anti-émeutes sans tomber ! La même chose sur la seconde vidéo : les frappes sont molles. En début de cette seconde vidéo, on voit aussi un gars en rose qui fait semblant de s’évanouir sous une frappe, mais se relève immédiatement !

Cette propagande pour inventer une vague verte, une révolution de couleur made in régime en faveur du régime, a dérapé le lundi quand à l’appel de l’opposition en exil 1,5 à 2 millions de personnes sont descendues dans la rue. Immédiatement, le régime a intimé l’ordre aux journalistes étrangers de rester dans leurs chambres et a pris en main la gestion de l’info !

Le 3ième jour, une nouvelle vague

La manif de lundi a fait une trentaine de morts à Téhéran. Dès le lendemain, sans mentionner ces morts, Moussavi a appelé à la démobilisation ! Le mardi, il s’est caché, mais il est allé avec tous les autres candidats à la rencontre du Guide Suprême qui leur a demandé des mesures concrètes pour démobiliser la contestation. Depuis l’étranger, Reza Pahlavi a demandé le contraire. Mercredi, contre l’avis de Moussavi, des millions de personnes sont descendues dans les rues à Téhéran et à Ispahan, où l’on a pour la première fois entendu une fois le slogan que tout le monde attendait et qui pousse les mollahs à diffuser des images muettes de ces manifestations qui échappent à leur contrôle : MARG BAR JOMHURI ESLAMI, « mort à la république islamique ».

Si à Ispahan, les personnes qui filmaient étaient surprises voire gênées au point de couvrir par des commentaires le slogan de la foule qui défilait sous leurs fenêtres, à la même heure à Chiraz, le son est limpide :

Marche arrière

Le régime a immédiatement réagi. Moussavi et Khatami ont publié un communiqué à la UNE du quotidien « République Islamique », le plus ancien organe du régime, dont Moussavi a été le premier rédacteur en chef. Ils ont demandé au Guide Suprême de « ne pas les inclure dans ces terroristes qui s’attaquent aux fondements du régime ».

Dans ce communiqué, Moussavi affirme que pour lui « toutes les personnes qui le soutiennent sont des partisans inconditionnels de la république islamique d’Iran ! » Le communiqué a été publié au moment où le procureur d’Ispahan a promis la mort par pendaison aux manifestants qui ont été les premiers à scander mort à la république islamique !

Dans une seconde lettre ouverte, les deux hommes qui ont de facto condamné à mort des manifestants semblables à Daniel Cohn Bendit en 1968 demandent au chef du système judiciaire du régime d’être indulgent mais uniquement avec les personnalités que le régime avait fait semblant d’arrêter pour donner du crédit à la fausse contestation conçue pour pousser Obama à manifester son soutien à Moussavi.

A Paris

Désormais les manifestants parisiens peints en vert et ceux qui écrivent des articles pro Moussavi devront s’exprimer sur le sujet : Ils doivent nous dire s’ils restent pro-Moussavi ou préfèrent défendre les Iraniens. Cela est aussi valable pour ceux qui leur apportent leur soutien comme BHL et ses amis qui seront demain au Trocadéro aux côtés de Jahanchahi, l’un des célèbres lobbyistes du régime des mollahs. C’est pourquoi nous avons retiré la lettre de soutien de BHL qui visiblement n’était pas destinée aux IRANIENS, mais à Moussavi qui a implicitement approuvé l’ordre de les tirer à vue.

A Téhéran

Seuls les Iraniens résidant à l’étranger qui roulent pour les mollahs ont esquivé cette double annonce dérangeante parue dans le quotidien « République Islamique ». Les Iraniens du pays ont été plus réactifs, et par chance Reza Pahlavi s’est immédiatement exprimé.

Au moment où le Moussavi-Khatami faisait le tri entre les 7 morts admis par le régime et les 242 non reconnus et qualifiés de terroristes, Reza Pahlavi s’adressa via deux chaînes satellitaires aux Iraniens pour saluer « la mémoire de toutes les victimes en les qualifiant de patriotes morts pour la liberté ». Le leader de l’opposition en exil a également fait état de ses « conversations avec plusieurs commandants des Pasdaran pour les inviter à ne pas faire feu sur les révoltés pour que la liberté soit acquise sans d’inutile effusion de sang ». Dans cet appel très long et très émouvant, il a aussi appelé les Iraniens « à ne pas céder du terrain ».

Les Iraniens ont comparé les deux déclarations et en résulte la manif monstre de ce jeudi à Téhéran qui ne correspond pas à l’appel lancé mardi soir par Moussavi. Pour calmer le jeu, ce dernier avait proposé aux Iraniens de se rassembler vêtus de noir et portant des bougies dans des mosquées pour célébrer les 7 victimes admises par le régime. Il avait précisé qu’il irait leur rendre visite de mosquée en mosquée [2].

Les habitants de Téhéran ont fait autrement : ils n’ont pas porté de noir, ni de bougies, ne sont pas allés dans les mosquées. Ils se sont réunis sur l’ex-place Toupkhaneh où a été pendu en 1909 le mollah Nouri, le héros historique de Khomeiny ! Sur cette place hautement symbolique, ils ont chanté l’hymne national « Ey Iran » interdit depuis la révolution islamique et comme cette femme portant un foulard blanc (couleur zoroastrienne du deuil), ils ont brandi des écriteaux où l’on pouvait lire, « la liberté a un prix et nous la payerons de notre sang » !

Avec eux, nous le disons à l’attention des petits hommes verts de Paris : choisissez le peuple au lieu de courir après Moussavi et le régime qu’il défend ouvertement. Venez avec nous pour crier MARG BAR JOMHURI ESLAMI et adopter notre logo qui signifie NON à la république islamique.

[1] Selon un de nos lecteurs, il existe un parallèle saisissant entre ces élections et celles du juin 2005. Nous avions alors eu droit quasiment aux mêmes résultats : 61,8 % en faveur d’Ahmadinejad et 37 % pour Rafsandjani.

Et au premier tour, le régime avait fait état de plusieurs accusations de fraudes massives et sous la pression des protestations massives, le Conseil des Gardiens avait demandé au ministère de l’Intérieur de recompter les bulletins à Téhéran et dans trois autres grandes villes avant de même connaître le résultat de ce recomptage, proclama que l’élection s’était passée dans les règles…


Idiots utiles: Le totalitarisme n’est fort que de nos faiblesses (Looking back at the Left’s long history of cozying up to political murderers)

18 juin, 2009
quote-the-simplest-surrealist-act-consists-of-dashing-down-into-the-street-pistol-in-hand-andre-breton-68-36-46[A]vec l’URSS[,] nous avons fini par comprendre, après des décennies de lâcheté, que, parvenu à un certain stade de pourrissement, le totalitarisme n’était fort que de nos faiblesses. Bernard-Henri Lévy
Nous ruinerons cette civilisation qui vous est chère… Monde occidental tu es condamné à mort. Nous sommes les défaitistes de l’Europe… Voyez comme cette terre est sèche et bonne pour tous les incendies. Aragon (1925)
Que les trafiquants de drogue se jettent sur nos pays terrifiés. Que l’Amérique au loin croule de ses buildings blancs… André Breton (1925)
L’acte surréaliste le plus simple consiste, revolvers au poings, à descendre dans la rue et à tirer au hasard, tant qu’on peut dans la foule. Qui n’a pas eu, au moins une fois, envie d’en finir de la sorte avec le petit système d’avilissement et de crétinisation en vigueur a sa place toute marquée dans cette foule, ventre à hauteur de canon. André Breton
Dans l’expression ‘gouvernement islamique’, pourquoi jeter d’emblée la suspicion sur l’adjectif ‘islamique’ ? Le mot ‘gouvernement’ suffit, à lui seul, à éveiller la vigilance. Foucault
Les mots sont responsables: il leur est répondu. Les paroles de haine des avant-gardes ont préparé la mort des individus. (…) Appel au meurtre, à la destruction, exaltation de la déraison et du romantisme noir, fascination des pulsions primitives des races demeurées pures du côté de l’Orient, antisémitisme : les manifestes surréalistes diffèrent peu, si l’on prend la peine de les lire froidement, des propos extrémistes tenus par les pousse-au-crime du temps, de gauche et de droite. Jean Clair
Nous n’allons pas nous en mêler. (…) Je pense qu’il est important de comprendre que la différence en terme de politique réelle entre MM. Ahmadinejad et Moussavi n’est peut-être pas aussi grande qu’on ne l’a dit. Barack Hussein Obama
On tue et on bat les gens dans les rues de Téhéran et dans tout l’Iran et nous devrions les défendre. Comme nous l’avions fait pour les ouvriers polonais à Dantzig ou pour le peuple tchèque lors du printemps de Prague et comme nous avons défendu la liberté dans chaque partie du monde. Ce n’est pas ça que nous faisons en ce moment. John McCain
The long romance of Western leftists with some of the bloodiest regimes and political movements in history is a story not told often enough, and Jamie Glazov’s United in Hate tells it particularly well. (…) United in Hate begins with a brief survey of the many leftists who since 9/11 have rationalized jihadist terrorism and blamed the United States for the attacks: “From Noam Chomsky to Norman Mailer,” Glazov writes, “from Eric Foner to Susan Sontag, the Left used 9/11 to castigate America,” seeing the 3,000 dead in Manhattan as “merely collateral victims of the world’s well-founded rebellion against the evil American empire.” But similar attitudes are also found in the Democratic Party itself. From Jimmy Carter’s courtship of Hamas to the Democratic congressional leadership’s eagerness to declare the Iraq War a failure—even as millions of Iraqis voted in free elections—the presumably “moderate” Democratic leadership has regularly created obstacles to defeating a murderous jihadist ideology that opposes every ideal the liberal Left supposedly embraces. Before returning to the subject of Islam and the Left in greater detail, Glazov surveys the long history of the Left’s “useful idiocy.” Western political pilgrims to post-revolutionary Russia gushed like schoolgirls over Lenin and Stalin, even as torture, terror, and famine were inflicted on the Russian people. New York Times reporter Walter Duranty stands as perhaps the quintessential fellow-traveler, killing news reports of famine and writing that Ukrainians were “healthier and more cheerful” than he had expected, and that markets were overflowing with food—this at the height of Stalin’s slaughter of the kulaks. Today’s Times continues to list Duranty among the paper’s Pulitzer Prize winners. Other abettors of terror and famine, both famous and obscure, make their appearance in Glazov’s hall of dishonor. They include George Bernard Shaw and Bertholt Brecht, who, he writes, “excused and promoted Stalin’s crimes at every turn,” and American sociologist Jerome Davis, who said of Stalin, “everything he does reflects the desires and hopes of the masses.” The same delusions clouded the vision of Western fans of China’s Mao Tse-tung, whose butcher’s bill of dead, tortured, starved, and imprisoned eclipses Hitler’s and Stalin’s combined. The next generation of leftists in America, the so-called “New Left,” may have become disillusioned with the Soviet Union after Khrushchev validated every anti-Communist charge, but they still clung to the ideology that had justified and driven Communism’s crimes. They simply shopped around for new autocrats to worship. Castro’s Cuba became, and to some extent has remained, the Shangri-La for starry-eyed American leftists, despite its half-million political prisoners—“the highest incarceration rate per capita in the world,” Glazov points out—and its execution of 15,000 enemies of the state. Vietnam for a time inspired pilgrimages as well, lauded by intellectuals like Susan Sontag and Mary McCarthy despite the Viet Cong’s bloody record of torture, forced depopulation, and murder. The bloody dénouement of Saigon’s fall—the purges, executions, refugees, and a holocaust in neighboring Cambodia—soon diverted the Left’s adulation to the next revolution de jour, in Nicaragua. Fans of the thuggish Sandinistas, or the “sandalistas,” as critics dubbed these “political tourists,” did not seem to mind the regime’s 8,000 political executions, 20,000 political prisoners, forced population relocations, or regular use of torture on state enemies. Indeed, about 250,000 Americans went to Nicaragua to work for the Sandinista government. In 1990, the Sandinistas faced a reasonably fair election and were voted out of power. When China began easing toward greater economic freedom, the only full-blown Communist regime left besides Cuba’s was that of North Korea’s lunatic Kim Jong Il, whose mad dictatorship even American leftists struggled to idealize. However, some found in the resurgent Islamic jihad the next supposed victim of American imperialism and capitalism that, Glazov writes, “would fill the void left by communism’s collapse.” The first stirrings of this unholy alliance between leftists and jihadists were visible after the Iranian revolution of 1979. Again displaying a remarkable myopia about their new heroes’ crimes—the mullahs in Iran killed more people just in the span of two weeks in 1979 (about 20,000) than the hated Shah had in 38 years—Western radicals like French philosopher Michel Foucault indulged both their noble-savage idealization of the non-Western “other” and their usual adolescent worship of “revolution.” The Left’s flirtation with Islamists is particularly bizarre. Unlike Communist tyrannies, which at least paid lip service to the ideals of social justice and equality, the jihadists in word and deed continually displayed their contempt for feminism, human rights, cosmopolitan tolerance, and democratic freedom—everything the Left claims to stand for. Yet American feminists, who can become enraged over a single masculine pronoun, find all sorts of rationalizations for gender apartheid, honor killings, genital mutilations, wife-beating, polygamy, and other medieval sexist abuses sanctioned by Islam, Glazov shows. Duke professor Miriam Cooke, for example, asserts, “What is driving Islamist men is globalization,” and she praises female suicide bombers for manifesting “agency” against colonial powers. In response to the high incidence of Muslims raping Norwegian women, Professor Unni Wikan of the University of Oslo recommends that Norwegian women wear a veil. And Nation columnist Naomi Klein calls on leftists to join in solidarity with Muqtada al-Sadr, the Iraqi Shiite who has fomented violence against the American military and fellow Iraqis. The only villain in the leftist melodrama remains the capitalist, colonialist, imperialist, Christian West. Hence the surreal sight of American feminists marching against the Iraq War and George W. Bush, though the hated president had freed more women than all the activists and women’s studies professors combined. Bruce Thornton

Où l’on comprend pourquoi en novembre dernier le régime iranien préférait Obama!

Cruelle ironie de l’histoire que ce surréaliste chassé croisé qui voit les Démocrates américains et la gauche en général défendre, derrière le Pleurnicheur en chef, le « réalisme » et le statu quo comme les pires dictatures (pourvu qu’elles soient anti-américaines!) …

Tandis que la droite se voit accuser de « radicalisme » pour vouloir défendre un peuple au moment même où pour la première fois depuis 30 ans il semble sur le point de secouer la brutale dictature sous laquelle il étouffe …

Comment comprendre en effet cette veule complaisance de nos nouveaux Chamberlain de gauche (Obama, Carter, Kerry, Ross) comme de nos nouveaux Duranty (Cohen, Friedman ou Rich) de la presse bien-pensante qui ne rêvent que d’apaisement ou d’accords secrets sur le dos desdites populations?

C’est là tout l’intérêt du dernier livre du chercheur russo-américain Jamie Glazov qui, retraçant la longue histoire de l’idiotie utile, montre, de Duranty à Shaw et Brecht, et de Mailer à Chomsky et Foucault, comment on en est arrivé là.

Généalogie de la « démoralisation de l’Occident » qui n’est d’ailleurs pas sans rappeler un article encore plus inquiétant de Jean Clair au lendemain du 11/9, montrant comment « ces trois générations d’intellectuels » en mal de nouveaux « damnés de la terre » ont aussi d’une manière ou d’une autre été « élevées au lait surréaliste » des « appels au meurtre » et de la « fascination des pulsions primitives des races demeurées pures du côté de l’Orient » …

Dupes
Jamie Glazov exposes the Left’s long history of cozying up to political murderers.
Bruce S. Thornton
City Journal
5 June 2009

United in Hate: The Left’s Romance with Tyranny and Terror, by Jamie Glazov (WND Books, 264 pp., $25.95)

The long romance of Western leftists with some of the bloodiest regimes and political movements in history is a story not told often enough, and Jamie Glazov’s United in Hate tells it particularly well. Glazov, managing editor of FrontPage, holds a Ph.D. in U.S., Russian, and Canadian foreign policy. He also is an immigrant from the Soviet Union, where his parents were active in the dissident movement. Both intellectually and personally, he’s well qualified to document and expose the Left’s destructive behavior.

United in Hate begins with a brief survey of the many leftists who since 9/11 have rationalized jihadist terrorism and blamed the United States for the attacks: “From Noam Chomsky to Norman Mailer,” Glazov writes, “from Eric Foner to Susan Sontag, the Left used 9/11 to castigate America,” seeing the 3,000 dead in Manhattan as “merely collateral victims of the world’s well-founded rebellion against the evil American empire.” But similar attitudes are also found in the Democratic Party itself. From Jimmy Carter’s courtship of Hamas to the Democratic congressional leadership’s eagerness to declare the Iraq War a failure—even as millions of Iraqis voted in free elections—the presumably “moderate” Democratic leadership has regularly created obstacles to defeating a murderous jihadist ideology that opposes every ideal the liberal Left supposedly embraces.

Before returning to the subject of Islam and the Left in greater detail, Glazov surveys the long history of the Left’s “useful idiocy.” Western political pilgrims to post-revolutionary Russia gushed like schoolgirls over Lenin and Stalin, even as torture, terror, and famine were inflicted on the Russian people. New York Times reporter Walter Duranty stands as perhaps the quintessential fellow-traveler, killing news reports of famine and writing that Ukrainians were “healthier and more cheerful” than he had expected, and that markets were overflowing with food—this at the height of Stalin’s slaughter of the kulaks. Today’s Times continues to list Duranty among the paper’s Pulitzer Prize winners. Other abettors of terror and famine, both famous and obscure, make their appearance in Glazov’s hall of dishonor. They include George Bernard Shaw and Bertholt Brecht, who, he writes, “excused and promoted Stalin’s crimes at every turn,” and American sociologist Jerome Davis, who said of Stalin, “everything he does reflects the desires and hopes of the masses.” The same delusions clouded the vision of Western fans of China’s Mao Tse-tung, whose butcher’s bill of dead, tortured, starved, and imprisoned eclipses Hitler’s and Stalin’s combined.

The next generation of leftists in America, the so-called “New Left,” may have become disillusioned with the Soviet Union after Khrushchev validated every anti-Communist charge, but they still clung to the ideology that had justified and driven Communism’s crimes. They simply shopped around for new autocrats to worship. Castro’s Cuba became, and to some extent has remained, the Shangri-La for starry-eyed American leftists, despite its half-million political prisoners—“the highest incarceration rate per capita in the world,” Glazov points out—and its execution of 15,000 enemies of the state. Vietnam for a time inspired pilgrimages as well, lauded by intellectuals like Susan Sontag and Mary McCarthy despite the Viet Cong’s bloody record of torture, forced depopulation, and murder. The bloody dénouement of Saigon’s fall—the purges, executions, refugees, and a holocaust in neighboring Cambodia—soon diverted the Left’s adulation to the next revolution de jour, in Nicaragua. Fans of the thuggish Sandinistas, or the “sandalistas,” as critics dubbed these “political tourists,” did not seem to mind the regime’s 8,000 political executions, 20,000 political prisoners, forced population relocations, or regular use of torture on state enemies. Indeed, about 250,000 Americans went to Nicaragua to work for the Sandinista government.

In 1990, the Sandinistas faced a reasonably fair election and were voted out of power. When China began easing toward greater economic freedom, the only full-blown Communist regime left besides Cuba’s was that of North Korea’s lunatic Kim Jong Il, whose mad dictatorship even American leftists struggled to idealize. However, some found in the resurgent Islamic jihad the next supposed victim of American imperialism and capitalism that, Glazov writes, “would fill the void left by communism’s collapse.” The first stirrings of this unholy alliance between leftists and jihadists were visible after the Iranian revolution of 1979. Again displaying a remarkable myopia about their new heroes’ crimes—the mullahs in Iran killed more people just in the span of two weeks in 1979 (about 20,000) than the hated Shah had in 38 years—Western radicals like French philosopher Michel Foucault indulged both their noble-savage idealization of the non-Western “other” and their usual adolescent worship of “revolution.”

The Left’s flirtation with Islamists is particularly bizarre. Unlike Communist tyrannies, which at least paid lip service to the ideals of social justice and equality, the jihadists in word and deed continually displayed their contempt for feminism, human rights, cosmopolitan tolerance, and democratic freedom—everything the Left claims to stand for. Yet American feminists, who can become enraged over a single masculine pronoun, find all sorts of rationalizations for gender apartheid, honor killings, genital mutilations, wife-beating, polygamy, and other medieval sexist abuses sanctioned by Islam, Glazov shows. Duke professor Miriam Cooke, for example, asserts, “What is driving Islamist men is globalization,” and she praises female suicide bombers for manifesting “agency” against colonial powers. In response to the high incidence of Muslims raping Norwegian women, Professor Unni Wikan of the University of Oslo recommends that Norwegian women wear a veil. And Nation columnist Naomi Klein calls on leftists to join in solidarity with Muqtada al-Sadr, the Iraqi Shiite who has fomented violence against the American military and fellow Iraqis. The only villain in the leftist melodrama remains the capitalist, colonialist, imperialist, Christian West. Hence the surreal sight of American feminists marching against the Iraq War and George W. Bush, though the hated president had freed more women than all the activists and women’s studies professors combined.

Glazov’s repeated exposure of such irrational hypocrisy is his book’s most valuable achievement. Less useful, to my mind, are his psychological explanations. Some leftist “true believers” might hold their convictions because they fuel “the rage and fury that is already at the root of [their] psychological makeup.” But this can’t be true of all of them. I’ve known plenty of sweet, mellow leftists. Glazov is on firmer ground when he focuses on larger cultural trends such as noble-savage multiculturalism, the transformation of Communism into a “political religion” that compensates for the decline of faith, and the adulation of the violent, “authentic” revolutionary inspired by Romanticism. This broader, less personal analysis of pathology also helps explain the jihadists’ motives. “Misogyny and the fear and hatred of women’s sexuality” perhaps might explain the actions of individual terrorists, but the doctrines and traditions of Islam, as Glazov correctly points out, are ultimately explanation enough.

United in Hate is a valuable aid for those wishing to understand one of the strangest spectacles in history: a large number of a society’s most privileged people, who enjoy unprecedented freedom, education, material well-being, and leisure, relentlessly attacking the institutions and ideals that make such benefits possible—and extolling enemies who seek to destroy all of these goods. Americans should closely heed the warnings of United in Hate.

Bruce Thornton is the author of Greek Ways and Decline and Fall: Europe’s Slow-Motion Suicide (Encounter Books).

Voir aussi:

Intellectuels français: des plaies mal refermées
Le surréalisme et la démoralisation de l’Occident
JEAN CLAIR
Le Monde
Le 22.11.01

En ces temps où de grandes expositions, à Londres et bientôt à Paris, célèbrent le surréalisme, il vaut la peine de s’attarder sur le curieux atlas du monde qu’en 1929 les disciples de Breton avaient publié dans la revue Variétés. La méthode de projection utilisée n’obéissait pas à des paramètres géographiques : chaque pays s’y voyait représenté en fonction de l’importance que le surréalisme lui accordait dans la genèse de ses idées. Deux « corrections » sont frappantes : les Etats-Unis ont disparu, engloutis sous une frontière qui coud directement le Mexique au Canada. Et un petit pays y couvre un espace démesuré : l’Afghanistan…

Coïncidence ? Non. L’idéologie surréaliste n’avait cessé de souhaiter la mort d’une Amérique à ses yeux matérialiste et stérile et le triomphe d’un Orient dépositaire des valeurs de l’esprit.

Extra-lucide comme elle se plaisait à croire qu’elle l’était, l’intelligentsia française est ainsi allée très tôt et très loin dans la préfiguration de ce qui s’est passé le 11 septembre. Les textes sont là pour souligner, entre 1924 et 1930, cette imagination destructrice. Aragon en 1925 : « Nous ruinerons cette civilisation qui vous est chère… Monde occidental tu es condamné à mort. Nous sommes les défaitistes de l’Europe… Voyez comme cette terre est sèche et bonne pour tous les incendies. » Ne manque pas même à la péroraison sa dimension oraculaire, ou plutôt « pythique » comme aurait dit Breton, si féru d’occultisme : « Que les trafiquants de drogue se jettent sur nos pays terrifiés. Que l’Amérique au loin croule de ses buildings blancs… » ( La Révolution surréaliste, n 4, 1925).

Le rêve d’Aragon s’est réalisé. Nous y sommes. L’outrance n’était pas seulement verbale. Si l’acte surréaliste le plus simple, comme on sait, c’était descendre dans la rue et tirer sur le premier venu, cette folie meurtrière n’aurait pas dédaigné, si les appuis politiques lui avaient été fournis, de s’en prendre à un Occident tout entier voué à l’exécration. Le gentil Robert Desnos lui-même voyait dans l’Asie « la citadelle de tous les espoirs », appelait de ses voeux les barbares capables seuls de marcher sur les traces des « archanges d’Attila » .

La lutte se terminera par la victoire d’un Orient en qui les surréalistes voient « le grand réservoir des forces sauvages », la patrie éternelle des grands destructeurs, des ennemis éternels de l’art, de la culture, ces petites manifestations ridicules des Occidentaux.

Au nom d’un « mysticisme » confus et d’une « fureur » sans frein – pour reprendre les termes qui reviennent dans leurs écrits – c’est bien à une attaque en règle contre la logique, contre la raison, contre les Lumières que se livrent, au milieu des années 1920, derniers héritiers du romantisme noir, les jeunes surréalistes. Ce qu’ils veulent, c’est la destruction radicale de tout ce qui a donné à l’Occident sa suprématie.

Bien sûr, pareils appels au meurtre furent des lieux communs de toutes les avant-gardes. Marinetti a servi de modèle rhétorique à Mussolini, et le futurisme, en manipulant avec brio les instruments de la propagande de masse, cinéma, mises en scène, décorum, manifestations de rue, devait fournir les clés d’une esthétisation de la politique qui aurait sur la foule une fascination dont le nazisme saurait tirer parti. Trotski, fin connaisseur, dans Littérature et Révolution, fut le premier à reconnaître en 1924 que, populaire auprès des masses italiennes, le futurisme avait ouvert la voie du fascisme.

A l’autre bord, on commence de reconnaître, serait-ce à regret, que, disciples de Marinetti, les représentants de l’avant-garde soviétique, comme Ossip Brik et les « Kom-Fut » (futuristes-communistes), dans leurs appels à l’élimination des bourgeois, des vieux ( « dont les crânes feront des cendriers » ), des faibles, ou encore, comme Maïakovski dans son poème 150 000 000, par l’éloge de « la baïonnette [du] browning et [de] la bombe » avaient eux aussi préparé les esprits à accepter les massacres de masse commis par la Tchéka et par le Guépéou.

Les mots sont responsables : il leur est répondu. Les paroles de haine des avant-gardes ont préparé la mort des individus. Feuilletons les écrits surréalistes : le ton ordurier, et les injures – « goujat », « cuistre », « canaille », « vieille pourriture », « étron intellectuel », « couenne faisandée » – adressées aux ennemis, aux écrivains bourgeois, aux traîtres, aux renégats, tels qu’on les trouve dans le Traité du style ou dans les lettres ouvertes, ne sont pas différents de ceux qu’on trouvait dans les brûlots des ligues fascistes et qu’on trouvera bientôt adressés aux « chiens enragés » dans les procès de Moscou. Ils signent une époque.

Appel au meurtre, à la destruction, exaltation de la déraison et du romantisme noir, fascination des pulsions primitives des races demeurées pures du côté de l’Orient, antisémitisme : les manifestes surréalistes diffèrent peu, si l’on prend la peine de les lire froidement, des propos extrémistes tenus par les pousse-au-crime du temps, de gauche et de droite.

Paroles en l’air, dira-t-on, dans lesquelles il faut faire la part de la provocation dadaïste. Je ne crois pas. C’est oublier que la compromission des surréalistes avec le communisme sera plus durable que celle des intellectuels de droite avec le fascisme. Dès 1933, Stefan George et Heidegger tournent le dos au national- socialisme, Jünger et Gottfried Benn s’enfoncent dans l’émigration intérieure. Il faudra attendre fin 1935 pour voir Breton rompre avec le stalinisme. Et que dire alors d’Eluard et d’Aragon ?

On ne peut s’empêcher de penser que, contrairement aux autres avant-gardes, les surréalistes continuent de jouir d’une étrange indulgence. Aujourd’hui encore, ils passent pour les parangons d’un idéal libertaire qui, pêle-mêle, aurait conduit la jeunesse à la libération sexuelle, au merveilleux de la création automatique et spontanée – l’art fait pour tous et par tous -, à la réconciliation du rêve et de l’action, et autres fredons de la pensée unique.

Il y a une autre raison à cette impunité. Le surréalisme se distingue radicalement des autres avant-gardes en cela que, n’ayant pas cru au paradigme du progrès, il est devenu furieusement « tendance ». Le monde moderne n’est pas son fait. La machine, la vitesse, l’énergie – tout ce qui fascine les futuristes, les constructivistes, les puristes et tous les autres « istes » -, les surréalistes y sont indifférents. Leur domaine, c’est la nature, la folie, la nuit, l’inconscient, le primitif, l’originaire. C’est la volute modern style, non l’orthogonalité de Mondrian ou de Rodtchenko. C’est un mouvement en fait de régression et d’archaïsme. La ville, oui, à condition qu’elle s’ensauvage, le nouveau, oui, à condition qu’il soit cherché à l’intérieur de soi et non dans l’extérieur de la maîtrise du monde. Etc.

Deux motifs, à cet égard, hantent l’imagerie futuriste. L’un est le gratte-ciel et l’autre l’avion. Ils sont présents chez Fillia et Prampolini comme chez Lissitzky et Malevitch, côte à côte, emblèmes simultanés de la gloire du monde technique. Les surréalistes sont les premiers à les imaginer l’un contre l’autre, préfigurant ce que les terroristes accompliront.

En fait, les surréalistes, eussent-ils été plus cultivés, n’auraient pas mis Freud en exergue, qui les méprisait en retour, ne voyant en eux que de dangereux exaltés, mais Heidegger, le penseur critique de la technique et le maître du recours aux forêts. C’est de ce côté-là, du côté encore une fois du romantisme que se trouvent les sources du « merveilleux » surréaliste et de sa fascination pour l’Orient et ses mille et une nuits.

Il en résulte que la fascination des surréalistes ne s’est jamais éteinte dans le petit milieu de l’ intelligentsia parisienne de mai 1968 au maoïsme des années 1970. De l’admiration de Michel Foucault pour « l’ermite de Neauphle-le-Château » et pour la « révolution » iranienne à… Jean Baudrillard et à son trouble devant les talibans, trois générations d’intellectuels ont été élevées au lait surréaliste. De là notre silence et notre embarras.

Nous avons tous appris à lire chez Eluard et chez Aragon. Comment tuer nos pères ? Héritiers du surréalisme, comment le condamner ? Nous restons donc sans voix quand nous voyons prendre corps sous nos yeux – et de quelle horrible façon ! – les textes que nous avons vénérés dans notre adolescence.


Iran: Télé Moussavi ment (Mousavi TV lies)

18 juin, 2009
Mousavi TV lies
Bien entendu nous n’allons rien faire. Claude Cheysson (ministre des Relations extérieures de Mitterrand, décembre 1981)
Nous n’allons pas nous en mêler. (…) Je pense qu’il est important de comprendre que la différence en terme de politique réelle entre MM. Ahmadinejad et Moussavi n’est peut-être pas aussi grande qu’on ne l’a dit. Barack Hussein Obama (juin 2009)
Pourquoi Moussavi a-t-il fait campagne contre Ahmadinejad ? De nombreux analystes pensent que Khamenei et ses conseillers voulaient contrecarrer l’ « effet Obama » : la montée, au sien de l’opinion iranienne, d’un mouvement tirant prétexte du « pro-islamisme » du nouveau président américain afin de préconiser une réconciliation avec les Etats-Unis et l’Occident. A cette fin, une stratégie en deux temps a été élaborée : autoriser Moussavi à incarner une ligne libérale ; puis le faire battre par Ahmadinejad. Mais apparemement, le vote « ahmadinejadiste » a été trop faible, même dans un contexte de fraudes et de manipulations. D’où les émeutes actuelles. Michel Gurfinkiel
Le régime des mollahs perd pied: il a ouvert une fenêtre pour aérer le système (…) et une bourrasque est entrée dans la maison. Iran-Resist

Télé Moussavi ment et Télé Moussavi n’est pas qu’allemand!

Alors que se confirme, à coup d’impressionnantes marches pacifiques et silencieuses et au prix de centaines de morts dans la totalité du pays, que la mobilisation du peuple iranien contre la dictature islamique va bien au-delà de la prétendue défense du pion du régime Moussavi …

Comme, derrière le munichois Obama qui tire argument de la non-différence entre les différents pions du régime islamique pour finalement rejoindre les Russes et les Chinois dans leur soutien à l’élection-piège à cons de trop, la maintenant légendaire passivité des démocraties

Nos amis d’Iran-Resist rappellent, contre les silences et les mensonges complices de nos médias (même l’excellente analyse de Garfunkiel n’y échappe pas totalement), la réalité d’un pouvoir qui, pour les dissuader ou les provoquer à la violence, fait poignarder ses manifestants à l’arme blanche par des miliciens en civil.

Mais surtout, au-delà du coût élevé de cet inouï sursaut de ceux qui « marchent sans arme dans les rues iraniennes » (déjà 250 morts dans l’ensemble du pays), la démoralisation supplémentaire de voir, avec « la ronde des lobbyistes du régime » sur les plateaux de « Télé Moussavi » qu’ils « ne se dressent pas uniquement contre les mollahs mais contre le monde entier » …

Iran: Les vidéos d’un pays en guerre!
Iran-Resist
18.06.2009

Le régime des mollahs perd pied: il a ouvert une fenêtre pour aérer le système (légitimer Moussavi pour renforcer son non au dialogue) et une bourrasque est entrée dans la maison. Il y a eu 249 morts depuis 3 jours. Mais les mollahs organisent leur résistance en verrouillant l’info et en activant leurs lobbyistes dans les médias étrangers. Pour contrecarrer leurs efforts voici une petite historique des évènements et des vidéos inédites d’un pays en guerre depuis lundi dernier.

C’est incroyable : hier tous les dirigeants du régime appelaient à la démobilisation et aujourd’hui ils épousent le mouvement. Le tournant a été la marche silencieuse de lundi : la descente dans la rue de 1,5 à 2 millions d’Iraniens soit 60 fois la capacité de mobilisation du régime. La foule n’arborait pas unanimement la couleur verte islamique du candidat du régime. Le verdict a été rapide : Moussavi a déguerpi alors que si cette foule était la sienne, comme tout politicien qui se respecte, il se serait offert un bain de foule comme pouvait en rêver Jacques Chirac le spécialiste du domaine. Il a vite fait un discours pour ses partisans placés dans les premiers rangs (les 30,000 figurants du régime de la région de Téhéran) avant de détaler. La foule n’a pas réclamé sa présence, mais a commencé à évoquer une grève générale pour mardi ainsi qu’une seconde marche.

Qu’a fait Moussavi ? rien. Il n’a rien fait, rien dit. Le régime a paniqué et fait intervenir des groupes autonomes de miliciens en tenues civiles pour poignarder un maximum de manifestants et provoquer des heurts qui nécessiteraient l’intervention des collègues armés de mitraillettes (dernière vidéo ci-dessous).

Les infos datent de ce matin, le soir les hôpitaux étaient remplis de personnes blessées à l’arme blanche à la hauteur du ventre et du cou. Ali Akbar Velayati, conseiller du Guide, très apprécié en France, aurait convoqué le corps médical de l’hôpital Hezar Takhtakhabi pour leur donner ordre d’« indiquer comme cause de décès, mort pendant l’opération sans faire référence aux blessures ». Un médecin en colère vient d’envoyer cette image d’un manifestant tué à coup de hache.

Qu’a fait Moussavi ? Rien. Il n’a rien fait, rien dit sur les morts, mais il a appelé les Iraniens à se démobiliser. D’autres figures du régime comme Montazeri le plus dissident de tous ne se sont pas inquiétés pour les morts mais pour la légitimité du système et ils ont aussi appelé à la démobilisation. Le régime a aussi envoyé l’épouse de Moussavi pour cuisiner les étudiants pour savoir qui sont les meneurs de cette marche inattendue. Nous avons publié la vidéo de cette opération indigne. Malgré ces efforts et aussi la diffusion de rumeurs anxiogènes d’affrontements urbains pour décourager les plus âgés, les gens sont descendus dans la rue ! Dépassé, Moussavi a disparu et le régime a fait disparaître la manif en interdisant aux journalistes étrangers l’autorisation de quitter leurs hôtels pour filmer. Il a aussi diffusé Youtube des images très peu convaincantes de manifestants pro-Moussavi qui ne mentionnent pas les morts et les blessés de la veille, mais uniquement le chouchou du régime, Moussavi.

La réalité était différente, on a aujourd’hui reçu les images : les manifestants ont en fait investi la ville la nuit pour finir le job commencé la veille contre la planque des miliciens bassidjis. Voici d’abord les images de lundi, suivies de celles de mardi, la première journée interdite d’images.

Ce sont les images d’un pays en guerre. Selon nos infos ; il y a eu depuis les trois derniers jours 23 morts à Téhéran, 11 à Chiraz, 7 à Ispahan, 29 au Baloutchistan, 4 à Qom, 2 à Arak, 9 à Machad, 5 à Sari, 3 à Babol, 1 à Bouchehr, 6 à Ahwaz, 4 à Khorram-shahr, 11 à Tabriz, 13 à Rezayieh, 2 à Marageh, 7 à Kermanshah, 26 à Sannadaj, 11 à Saghez, 3 à Baneh, 12 à Mahabad, 7 à Karaj, 6 à Hamedan, 4 à Rasht, 7 à Anzali, 12 à Shoush et haft Tapeh et 25 dans différentes villes du Lorestan : En tout 249 iraniens en 3 jours. Il n’y a pas d’images de toutes ces villes, mais des vues nocturnes hallucinantes de Chiraz (lundi) et une énorme manif à Ispahan (mardi) où depuis la ville est quadrillée et les rassemblements de plus de trois personnes interdits.

L’Iran ne désarme pas, mais on ne voit pas ses images. Le régime les cache, mais désormais il sait que c’est du sérieux. Les mollahs ont donc décidé de faire semblant d’organiser les manifestations pour ne pas être dépassés : Moussavi qui se cachait est ressorti de sa planque pour parler d’une marche de deuil en mémoire des « 7 martyrs du lundi » !

Moussavi ne fait que s’enfoncer en épousant les mensonges du régime sur le nombre des morts. Parallèlement, le régime a promis de « pendre tous les émeutiers », sans provoquer une réaction de Moussavi qui est pourtant censé être leur inspirateur.

On ne le dira pas assez : regardez bien nos images : Moussavi est de l’histoire ancienne. Mieux encore, dans la nouvelle marche pacifique et silencieuse de Téhéran, le vert était rarissime.

Mais ce qui dégoûte nos compatriotes en guerre est que l’on ne voit pas les images de leur lutte. Ils sont attristés par les images sélectionnées par Téhéran et rediffusées par Voice of America persan qui est devenue une Télé Moussavi et ne parle pas du peuple en guerre contre le régime.

Cela est d’ailleurs international : tous les médis des pays en quête d’entente et de commerce avec les mollahs boycottent cette vérité. En France, cela se passe par la ronde des lobbyistes du régime sur les plateaux télé et dans la presse. Tout le monde parle de Moussavi et personne de ces Iraniens, cela va jusqu’au déni de l’existence d’un état de guerre (Hourcade sur France 5) ou même le déni de morts par balles (Sfeir sur France 5).

Sur d’autres médias, on a beaucoup entendu Thierry Coville, partisan d’un dialogue avec tous les mollahs, qui a qualifié les marcheurs contre le régime de voyous !

Dans le Figaro, nous avons eu droit à un nouvel article de Jahanchahi, le millionnaire iranien aux comptes bancaires off-shore qui propose d’aider Moussavi, sans parler du peuple.

Sur la TNT, c’est BFM TV qui a battu tous les records en termes de témoignages pro-Moussavi ! Le summum a été le quart d’heure de Karl Zéro. Habitué à recevoir les lobbyistes langue de bois du régime, Karlito a été fort déçu par le photographe Reza qui a dénoncé Moussavi comme pire qu’Ahmadinejad.

Sur France 24, nous avons eu droit à Karim Lahidji le responsable de la ligue des droits de l’homme qui a déclaré que la foule était descendue dans la rue pour « défendre la grandeur de la république islamique », ce régime qu’il est censé combattre ! Il n’y a rien de surprenant car cet homme a été un compagnon de Khomeiny et il a même participé à la rédaction de la constitution de la république islamique, constitue qui rappelons-le qui autorise la pédophilie et la lapidation. Lahidji sert aussi d’intermédiaire pour placer en France les lobbyistes du régime comme défenseurs des droits de l’homme et étant donné que ces défenseurs ne dénoncent rien, l’opinion pense que les choses vont mieux !

Ainsi l’une d’entre eux, nommée « ambassadrice des droits de l’homme pour l’Iran », et qui n’a jamais dénoncé une seule lapidation, une seule pendaison de mineurs, la répression des homos et la pédophilie dépénalisée en vigueur depuis 30 ans, a pris la parole pour défendre Moussavi ! Il s’agit de Marjane Satrapi.

Sareapi a enfin parlé mais pour défendre Moussavi, celui qui a supervisé la création des services secrets du régime pour tuer les opposants en exil, celui qui a supervisé l’envoi sur le front des gamins de 11 ans avec une clef du paradis autour du cou pour nettoyer les champs de mines, ou encore la pendaison collective de 30,00 prisonniers en fin de peine en 1988. Qui lui a tendu le micro : Daniel Cohn Bendit !

Par leur faute, nos compatriotes qui marchent sans arme dans les rues iraniennes ne se dressent pas uniquement contre les mollahs mais contre le monde entier.

Voir aussi:

Iran/ Le pouvoir et ses doubles
Michel Gurfinkiel.
Mercredi 17 juin 2009

Le régime Khamenei a monté la candidature Moussavi pour discréditer l’opposition libérale. Mais l’opération a trop bien marché.

L’Iran contemporain repose, comme la plupart des régimes totalitaires, sur un dédoublement systématique des pouvoirs.

Dans les régimes totalitaires marxistes (Russie, Europe de l’Est, Chine, Corée du Nord, Vietnam, Cambodge, Cuba), l’Etat, appareil administratif, était ou est toujours subordonné au parti communiste, instrument de la Révolution, autorisé à agir au-dessus des lois. Le chef de l’Etat n’exerçait ou n’exerce qu’une autorité de façade. Le chef du parti (Lénine, Staline, Khroutchev ou Brejnev en Russie, Mao et Deng en Chine, Kim père et fils en Corée du Nord) était ou est le véritable maître.

Dans les régimes totalitaires fascistes (Italie mussolinienne, Allemagne hitlérienne), l’Etat était subordonné au parti unique, instrument de la communauté nationale ou raciale (nation, Volk), placé par nature au-dessus des lois. Le chef de l’Etat (le roi en Italie, le président du Reich en Allemagne jusqu’en 1934) n’exerçait qu’une autorité symbolique. Le chef du parti (le Duce en Italie, le Führer en Allemagne) était le véritable maître. Quand le chef du parti devenait chef de l’Etat (Hitler dès 1934 en Allemagne, Mussolini en Italie du Nord à partir de 1943), il restait avant tout chef du parti.

Il en va de même dans l’Iran actuel. D’un côté, il y a un pouvoir d’Etat, la République islamique, avec son président élu, son parlement élu, ses pouvoirs locaux élus. De l’autre un pouvoir religieux, le Guide spirituel (Rahbar en persan). Le pouvoir d’Etat est agencé comme une démocratie, où plusieurs personnalités ou partis entrent en concurrence lors de chaque élection. Le pouvoir religieux est une monarchie : le Guide spirituel occupe ses fonctions à vie. Le pouvoir d’Etat est subordonné au pouvoir religieux, en vertu de l’article 110 de la constitution, qui permet à celui-ci de « contrôler » toutes les décisions et activités de celui-là.

Ce dédoublement systématique des pouvoirs semble avoir résulté, dans un premier temps, de considérations purement pragmatiques : les régimes totalitaires ont été créés par des « minorités agissantes », à la suite de coups d’Etat ; pour conserver le pouvoir, les nouveaux maîtres devaient s’allier à une partie au moins des élites en place. D’où une sorte de « Yalta », de partage des compétences : le pouvoir administratif, quotidien (avec les nombreux privilèges qu’il implique), aux élites traditionnelles ralliées au nouveau régime ; le pouvoir suprême (avec d’autres privilèges et la perspective, à terme, d’éliminer les élites traditionnelles) aux révolutionnaires.

Dans un deuxième temps, le dédoublement est devenu, en soi, un moyen d’anéantir les oppositions à l’intérieur, et de désarmer les hostilités à l’extérieur. Il crée en effet ce que l’écrivain George Orwell a qualifié de « novlangue » et le philosophe Alain Besançon de « sidération » : une confusion et une perversion systématiques des concepts et des discours.

Dans un troisième temps, tous les régimes totalitaires modernes se réclament, d’une façon ou d’une autre, d’une « révolte » du « peuple ». Ils doivent donc passer symboliquement par une investiture à caractère démocratique, quitte à l’oublier ensuite.

Quatrièmement, dans le cas spécifique de l’Iran, la révolution a été menée au nom du chiisme duodécimain, un ultra-légitimisme politico-religieux centré sur la descendance d’Ali, gendre du Prophète, et qui, comme tous les légitimismes, a fini par tourner à la contestation de tous les pouvoirs établis, y compris des monarchies qui se sont réclamées de lui. L’idée d’une « République islamique », c’est à dire d’une hybridation de cet antimonarchisme chiite traditionnel et des idées démocratiques ou libérales occidentales, a fait partie de l’idéologie chiite iranienne depuis la fin du XIXe siècle. Khomeini, en organisant la lutte contre la dynastie Palahvi à partir des années 1960, ne pouvait l’ignorer ou en disposer. Il a tourné la difficulté avec ce qui reste son principal apport doctrinal : la théorie du « gouvernement de l’expert religieux » (Vilayet e-faqih en persan), qui n’est que l’adaptation au chiisme du dédoublement des pouvoirs pratiqué par les régimes marxistes ou fascistes. Selon cette théorie, la démocratie est le régime islamique idéal – à condition d’être supervisée par un dictateur religieux.

En termes concrets, l’Iran a été dirigé, depuis 1979, par deux tyrans : Ruhollah Khomeini, fondateur du régime, qui a régné pendant dix ans, jusqu’à son trépas en 1989 ; et le successeur désigné et investi par Khomeini lui-même, l’ayatollah Ali Khamenei, en place depuis vingt ans. Les présidents élus n’ont été que des exécutants aux compétences plus ou moins étendues, recrutés dans l’entourage immédiat du Guide : Abolhassan Bani-Sadr, le premier président, « fils adoptif » de Khomeini, élu en 1980, destitué et contraint à l’exil dès 1981 ; Mohamed Ali Rajai, apparatchik assassiné en 1981 un mois seulement après son élection ; l’ayatollah Khamenei, qui affiche pendant ses deux mandats, de 1981 à 1989, une servilité absolue envers Khomeini ; Ali-Akbar Hashemi-Rafsanjani, chef de l’Etat de 1989 à 1997, qui croit, ayant été le plus proche collaborateur du Guide défunt, pouvoir faire jeu égal avec Khameini, mais que celui-ci, fort de sa nouvelle autorité, va peu à peu mettre au pas ; Mohamed Khatami, ministre de la Culture et de l’Orientation islamique – c’est à dire responsable de l’idéologie – sous Khomeini et au début de l’ère Khamenei, qui fait office de président « d’ouverture » de 1997 à 2005 ; et enfin Mahmoud Ahmadinejad, ancien commissaire politique des milices du régime (Pasdaran et Basij), et donc, à ce titre, créature de Khamenei, commandant suprême de toutes les forces militaires ou « de sécurité ».

Les candidats malheureux à la présidence présentent exactement le même profil. Mir Hossein Moussavi, le candidat soi disant « libéral » de 2009, a été le premier ministre de la République islamique de 1981 à 1989, sous l’autorité directe de Khomeini et alors que Khamenei était président. Il a siégé depuis dans tous les aréopages du régime. Y compris le Conseil d’Evaluation, un organisme inféodé au Guide dont la fonction principale est… de sélectionner les candidats aux diverses élections.

Pourquoi Moussavi a-t-il fait campagne contre Ahmadinejad ? De nombreux analystes pensent que Khamenei et ses conseillers voulaient contrecarrer l’ « effet Obama » : la montée, au sien de l’opinion iranienne, d’un mouvement tirant prétexte du « pro-islamisme » du nouveau président américain afin de préconiser une réconciliation avec les Etats-Unis et l’Occident. A cette fin, une stratégie en deux temps a été élaborée : autoriser Moussavi à incarner une ligne libérale ; puis le faire battre par Ahmadinejad.

Mais apparemement, le vote « ahmadinejadiste » a été trop faible, même dans un contexte de fraudes et de manipulations. D’où les émeutes actuelles.


Iran: Attention, une censure peut en cacher une autre (Behind Iran’s Twitter Revolution: Big Brother can twitter too)

17 juin, 2009
Musavi-Khatami crowdLui au moins, il connaît le monde des affaires, c’est un libéral, son père était un bazari. (…) Depuis plus d’un an avec Ahmadinejad, les banques étrangères ne nous accordent plus de lettres de crédit pour financer nos importations.Ali (homme d’affaires iranien pro-Moussavi)
La foule des Iraniens qui ne portaient pas hier la couleur verte islamique de Moussavi a fait vaciller le régime des mollahs. Inquiet par l’appel à une nouvelle manifestation et à une grève générale aux intonations anti-régimes, le soi-disant modéré a soudainement fait marche arrière en appelant « ses partisans » à ne plus descendre dans la rue et le régime a promis de recompter les voix : mais le peuple était hier en grand nombre dans les rues de Téhéran. C’est tout ce que l’on sait car il y a un black-out total dans les médias iraniens : aucune image de cette foule n’a été diffusée en Iran. (…) Le régime et ses sbires (Sfeir, Coville, Hourcade, Satrapi) veulent sonner la fin de la récréation, mais nous attendons que nos compatriotes continuent pour arracher Angela, Barack, Nicolas, Silvio et les autres à leur silence coupable. Iran-Resist

Attention: une censure peut en cacher une autre!

Annulation par Moussavi lui-même de sa propre manifestation, censure totale des images de la principale manifestation sur le plan national, choix imposé des images à diffuser par les médias occidentaux (manif paisible pro-Moussavi), blocage de l’accès aux chaînes satellitaires occidentales, menaces d’expulsion des journalistes étrangers, fausses rumeurs d’affrontement dans les rues entre les partisans de Moussavi et d’Ahmadinejad pour dissuader les Iraniens de se joindre à la marche anti-régime, fourni aux médias étrangers des images d’une marche paisible pro-Moussavi c’est-à-dire pro-régime, coupé l’accès aux chaînes étrangères, portraits de Moussavi, rubans verts, affichettes pro-Moussavi en anglais (mais aucune affichette dénonçant les morts et les dizaines de blessés d’hier), arrêt des émissions de chaînes soi-disant d’opposition basées aux Etats-Unis sous le prétexte d’une panne technique, opérations troyennes de collecte d’infos sur les activistes pour repérer les meneurs (y compris par Zahra Rahnavard, l’épouse soi-disant féministe de Moussavi), minimisation du nombre de victimes de la répression par balles ou par armes blanches par des groupes autonomes de miliciens déguisés en manifestants (7 alors qu’il y a eu 58 morts et plus de 300 blessés, notamment à Ispahan où les affrontements font rage), annonces d’arrestation de soi-disant réformateurs (membres des services secrets se faisant passer pour des victimes pour faire diversion) …

Alors que, sans jamais se poser sérieusement la question de la manipulation de ces nouveaux modes de communication par le régime lui-même, nos médias comme leurs maitres politiques se félicitent de la manière dont les partisans du faux modéré et pion dudit régime Moussavi (pardon: du “candidat réformateur”!) parviennent à « contourner la censure grâce à Twitter » (la populaire plate-forme de micro-blogs ou fils de dépêche)…

Retour, avec nos amis d’Iran-Resist, sur l’autre censure sur laquelle sont bien discrets puisqu’ils y contribuent largement nos médias pressés ou aux ordres comme la petite armée de faux dissidents et experts à la solde du régime qui squattent nos pages de journaux et nos plateaux télé (les Sfeir, Coville, Hourcade, Satrapi, Fariba, Makinsky, Hastroudi & co).

A savoir la censure de la seule véritable information des évènements inédits que vit actuellement l’Iran et qui est le fait qu’une masse d’Iraniens anonymes, à l’instigation de vrais patriotes tels que le prince Reza et derrière le prétexte de la contestation d’une élection-piège à cons de trop et loin des faux modérés à la Moussavi ainsi que leurs couleurs vert islam et leurs Allah Akbars, a enfin osé sortir dans la rue au péril de sa vie pour exiger les véritables réformes et libertés dont elle est privée depuis 30 ans.

Et que, contrairement aux bazaris, les hommes d’affaires iraniens qui comptaient sur une victoire de leur candidat prétendument réformateur, c’est elle qui constitue la véritable menace pour le pouvoir en place car elle ne se contentera pas d’une simple levée des sanctions internationales pour retourner au « business as usual », programme nucléaire compris …

Iran : Des nouvelles du derrière le black-out
Iran-Resist
17.06.2009La foule des Iraniens qui ne portaient pas hier la couleur verte islamique de Moussavi a fait vaciller le régime des mollahs. Inquiet par l’appel à une nouvelle manifestation et à une grève générale aux intonations anti-régimes, le soi-disant modéré a soudainement fait marche arrière en appelant « ses partisans » à ne plus descendre dans la rue et le régime a promis de recompter les voix : mais le peuple était hier en grand nombre dans les rues de Téhéran. C’est tout ce que l’on sait car il y a un black-out total dans les médias iraniens : aucune image de cette foule n’a été diffusée en Iran.Cette seconde manifestation contre la demande de Moussavi est une première victoire pour l’opposition en exil qui contrairement à ce pion du régime avait demandé aux Iraniens de ne pas quitter le terrain. Les Iraniens ont répondu positivement à cette demande.

Il en a résulté une censure totale de l’image de cette manifestation sur le plan national. Selon un correspondant joint par téléphone hier soir à Téhéran, aucun Iranien n’a vu aucune image de cet événement à la télévision iranienne, alors que les médias occidentaux ont diffusé des images qui leur avaient été transmises par le régime.

Notre correspondant a également affirmé que l’accès aux chaînes satellitaires occidentales avait été coupé. Les Iraniens n’ont donc pas vu les images transmises par le régime.

Il s’est en fait passé une drôle de manip en Iran. Les journalistes étrangers affirment qu’ils ont été convoqués un par un pour être informés qu’ils seraient expulsés s’ils couvraient la manifestation ou même s’ils s’en approchaient. Ils devaient selon le régime couvrir les évènements depuis leurs bureaux c’est-à-dire en laissant au régime le soin de leur donner les images tournées par la chaîne iranienne Press TV. Sur ces images destinées à l’opinion internationale, on voit une manif paisible pro-Moussavi.

Ces images ne correspondent pas à la version de notre correspondant à Téhéran. Il nous fait état de rumeurs répandues par le régime qui prétendaient que les partisans de Moussavi et d’Ahmadinejad étaient en train de se battre dans les rues et qu’il fallait éviter de sortir. Notre correspondant a été surpris d’apprendre que ces rumeurs d’affrontement étaient fausses !

Cette conversation a éclairé la situation : Téhéran a diffusé des rumeurs dissuasives d’affrontements urbains pour empêcher les Iraniens de se joindre à la marche anti-régime. Parallèlement il a fourni aux médias étrangers des images d’une marche paisible pro-Moussavi c’est-à-dire pro-régime. Et enfin pour résoudre le problème de la contradiction, il a coupé l’accès aux chaînes étrangères (VOA, BBC, CNN) qui allaient diffuser les images allant à l’encontre de ses rumeurs afin de désamorcer un mouvement que de nombreux Iraniens estiment être le début de la fin du régime.

Il n’y a donc aucune preuve d’authenticité des images paisibles diffusées par Press TV où l’on voit sans cesse des portraits de Moussavi, des rubans verts, des affichettes pro-Moussavi écrites en anglais… mais aucune affichette dénonçant les 7 morts et les dizaines de blessés d’hier. Cette petite foule n’est pas la bonne.

C’est le black-out sur la vraie manif. Rien ne passe. Deux chaînes soi-disant d’opposition basées aux Etats-Unis (Pars TV et Rang-a-rang qui sont très regardées par les Iraniens) et qui ont été très actives quand il s’agissait de diffuser les nouvelles de la fausse contestation des deux premiers jours, ont cessé d’émettre sous le prétexte d’une panne technique ! Cette annonce confirme les rumeurs sur leurs comptes.

Parallèlement à cette prise en main de l’information, le régime a aussi décidé de frapper à la racine en repérant les meneurs de cette fronde. Zahra Rahnavard, l’épouse soi-disant féministe de Moussavi a réuni lundi certains étudiants pour les brieffer quant aux programmes pour cette indésirable manif de mardi. Il existe une vidéo de l’entrevue où on l’entend pendant 7 minutes tout essayer pour encourager ces jeunes à remettre leurs noms, adresses et numéros de téléphones fixe et portable à des messieurs chargés d’organiser cette manif que son mari allait quelques heures après faire annuler.

Depuis hier soir, nos amis diffusent en boucle un avertissement pour mettre en garde les patriotes contre ce genre d’opérations troyennes de collecte d’infos sur les activistes.
© WWW.IRAN-RESIST.ORG

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© WWW.IRAN-RESIST.ORG
Parallèlement à cette opération, le régime a aussi entrepris de minimiser le nombre des tués : ils diffusent sur leurs sites le nombre de 7 alors qu’il y a eu 58 morts et plus de 300 blessés. Une grande partie des morts provient d’Ispahan où les affrontements font rage. Pour faire oublier ces morts, dans un réflexe pavlovien, le régime a annoncé l’arrestation de deux soi-disant réformateurs. L’un est le mollah Abtahi, l’homme de liaison avec le Hezbollah qui vit normalement toute l’année à Beyrouth, et l’autre est Saïd Hajjarian, l’un des deux fondateurs des services secrets du régime, cet organisme qui est à l’origine de tous les meurtres d’opposants en Iran et en exil. C’est la technique habituelle du régime que de faire passer pour des victimes ses pions pour faire dévier l’attention de l’opinion.

Ne vous laissez pas abuser par ces fausses nouvelles amplifiées par des journalistes étrangers proches des mollahs qui dissimulent le passé immonde de ces pions du régime. Si vous aidiez ces faux prisonniers, vous aideriez le régime à légitimer ces fidèles pions des services secrets comme étant l’opposition qui doit défendre les Iraniens et les droits de l’homme.

Il faut vous concentrer sur les victimes : non pas les 7 admis par le régime, mais les 58 morts et quelques 300 blessés dans l’ensemble de l’Iran par balles ou par armes blanches par des groupes autonomes de 50 miliciens déguisés en manifestant. Décidément, le régime aime bien les procédés troyens.

Mais nos compatriotes ne sont pas non plus des bras cassés : voici une image qui a enthousiasmé les Iraniens. Suite au coup de force des groupes autonomes et à la fusillade de lundi qui a ôté la vie à trois hommes ainsi qu’une mère et sa fillette, des jeunes ont attaqué une planque de la milice bassidj aux cris de « MARG BAR BASSIDJI (Mort aux bassidjis)…

Un autre slogan était aussi entendu : « N’ayez pas peur, n’ayez pas peur, nous sommes tous ensemble ». Slogan prémonitoire qui annonçait la volonté de continuer le mouvement le mardi contre l’avis de Moussavi, ce pion du régime.

Comme nous le disions hier, cette marche majestueuse allait permettre aux Iraniens de comprendre qui sont leurs amis ou ennemis au sein du régime et en dehors des frontières de l’Iran. Il a fallu moins de 24 heures pour recevoir les premiers indices. Le régime a reculé d’un point pour annoncer un recomptage, sur la base de cette mesure bidon, Moussavi a demandé à la foule de débrayer ! Sa femme a été missionnée pour moucharder les jeunes afin de repérer les meneurs !

Et enfin, le régime a pris en main la gestion de l’info par des restrictions imposées aux journalistes étrangers et comme on pouvait s’y attendre, aucun des soi-disant modérés ou défenseurs iraniens des droits de l’homme n’a parlé. Tous s’agitent pour pleurer les faux prisonniers du régime au lieu de pleurer les victimes par balles ou par armes blanches.

Pour calmer cette foule inattendue, le régime parle même de reculer à propos de ses élections bidons boycottées par ceux qui sont dans la rue. Dans le même esprit d’apaisement, le mollah soi-disant dissident, le sanguinaire Montazeri a lancé un appel au calme et promis trois jours de deuil pour les victimes ! Et enfin, les lobbyistes du régime en France (Sfeir, Coville, Hourcade, Satrapi) défilent dans la presse et sur les plateaux Télé pour défendre Moussavi alors que l’on a jamais entendu leur voix pour condamner les lapidations, les pendaisons publiques, les amputations et les licenciements en chaîne qui sont à l’origine de ce NON !

Le régime et ses sbires (Sfeir, Coville, Hourcade, Satrapi) veulent sonner la fin de la récréation, mais nous attendons que nos compatriotes continuent pour arracher Angela, Barack, Nicolas, Silvio et les autres à leur silence coupable.

Voir aussi :

http://www.lefigaro.fr/international/2009/06/16/01003-20090616ARTFIG00399-les-pro-moussavi-contournent-la-censure-grace-a-twitter-.php

Les pro-Moussavi contournent la censure grâce à Twitter
Benjamin Ferran
Le Figaro
16/06/2009

En Iran, les partisans du candidat réformateur défient la censure des médias grâce aux réseaux sociaux. Journaux, TV et radios étrangères y puisent aussi de nouvelles sources d’information.

Lundi soir, une lourde opération de maintenance aurait dû interrompre l’accès à Twitter durant une heure, en pleine manifestation des partisans de Mir Hossein Moussavi. Elle a été décalée d’une journée pour ne pas interrompre le flot des messages qui relaient la montée de la contestation en Iran. «Notre prestataire technique a reconnu le rôle d’important moyen de communication que Twitter joue actuellement en Iran», justifiait mardi matin le co-fondateur du site, Biz Stone.

Avec Facebook, YouTube et les blogs, Twitter a gagné en quelques jours une place de choix dans le suivi des événements iraniens. Les partisans du candidat réformateur ont rapidement saisi l’influence que pouvaient avoir ces outils pour communiquer dans le pays et à l’étranger, multipliant les créations de profils et d’appels virtuels aux soutiens de Mir Hossein Moussavi. Percevant le danger de ces communications qui échappent à tout contrôle, la police iranienne a décidé, fin mai, de couper l’accès à une grande partie de ces sites.

La censure n’y a rien fait. Depuis vendredi, les internautes peuvent suivre, à la source, les combats de plusieurs opposants de Mahmoud Ahmadinejad. Situés au cœur des événements, ces Iraniens sont parvenus à contourner les blocages en passant par des serveurs relais (proxy) situés hors du pays. Grâce à leurs téléphones, ils partagent photos, vidéos et comptes-rendus des manifestations. «Nous sommes attaqués dans les rues par des hommes sur des motos armés de matraques», lançait lundi un certain «Persiankiwi» sur Twitter.

CNN doit s’expliquer

Ces interventions abondent alors que les journalistes étrangers sont dans le même temps soumis à une pression grandissante des autorités, qui ont interdit leur présence aux manifestations «illégales» de mardi. «Chaque personne doit devenir un diffuseur d’information», invite le compte «mousavi1388». Quelque 23 millions d’Iraniens, sur une population totale de 70 millions, ont accès à internet. L’an dernier, 400.000 disposaient de leur blog, et 150.000 sont inscrits sur Facebook.

Si cet activisme numérique n’est pas encore à l’origine de la mobilisation, il influe sur la couverture des événements à l’étranger. Durant le week-end, CNN a été contraint de s’expliquer sur son traitement des élections iraniennes, jugé insuffisant par les internautes. La propagation des messages de proche en proche élargit aussi le cercle des personnes sensibilisées à la situation en Iran. Mardi midi, l’élection iranienne figurait en tête des sujets les plus discutés sur Twitter.


Iran: Une élection-piège à cons de trop? (Have the mullahs finally bitten off more than they can chew?)

16 juin, 2009
Call Hugo Chavez!C’est un grand jour pour tous les Iraniens: un jour de prise de conscience de leur force. Ils sauront bientôt qui sont leurs amis ou ennemis au sein du régime ou encore en dehors des frontières de l’Iran. Cette foule que Reza Pahlavi a qualifiée de « combattante et fort capable » a montré sa capacité à surmonter sa peur, il lui faut maintenant le soutien des Etats libres. Il faudrait qu’ils oublient les faux-semblants comme Moussavi, Khatami, la validité du scrutin, mais aussi leurs contrats en Iran pour investir sur les Iraniens, uniquement sur les Iraniens. Pour l’instant, cette demande implicite des Iraniens est restée sans suite : on n’entend guère la France, l’Italie et les autres partenaires commerciaux de l’Iran. Le pire exemple est donné par Obama qui évite d’évoquer le sujet du soutien au peuple et veut uniquement s’adresser à Khamenei pour lui parler du scrutin, avec ce vague espoir d’une entente avec ce régime. Mais des voix se lèvent aux Etats-Unis, certains Américains critiquent cette attitude indigne de Barack Hussein Obama. Iran-Resist
Avant les élections, Yadollah Javani, le chef des Gardiens de la révolution avait mis en garde contre les risques d’une «révolution de velours» semblable à celle qui avait triomphé du communisme en Tchécoslovaquie. Mais, pour le moment, le camp réformateur exige uniquement que le verdict des urnes soit respecté. A aucun moment, il n’a remis en cause la légitimité du régime islamique. Après le scrutin qui les donnait perdants, les deux candidats réformateurs ont d’ailleurs voulu rencontrer immédiatement le Guide. Mais si les leaders réformateurs fédèrent tous les opposants à Ahmadinejad, une large partie des jeunes veulent aller plus loin et remettent en cause les valeurs islamiques, désirant une vie plus libre, plus à l’occidentale, moins corsetée par les interdits. Jean-Pierre Perrin
Contrairement à la guerre en Afghanistan, la guerre en Irak est le résultat d’un choix, lequel a provoqué des différences marquées dans mon pays et à travers le monde. Tout en étant convaincu que le peuple irakien a gagné au bout du compte à être libéré de la tyrannie de Saddam Hussein, je crois aussi que les événements en Irak ont rappelé à l’Amérique la nécessité de recourir à la diplomatie et de construire un consensus international pour résoudre ses problèmes à chaque fois que c’est possible. (…) Je sais qu’il y a eu une polémique, au cours des récentes années, au sujet de la promotion de la démocratie et qu’une grande partie de cette controverse est liée à la guerre en Irak. Par conséquent, permettez-moi de le dire clairement : aucun système de gouvernement ne peut ou ne devrait être imposé par un pays à un autre. Barack Hussein Obama
Alors que mon cœur est avec ces nombreux Iraniens qui veulent désespérément se débarrasser d’Ahmadinejad, ma tête me dit qu’il vaut mieux qu’il reste au pouvoir. Quand Mohamed Khatami était président, ses mots doux ont endormi la vigilance du monde alors qu’il développait son programme d’armes nucléaires. Si les modèles demeurent sans changement, mieux vaut avoir un Ahmadinejad belliqueux, apocalyptique et rentre-dedans qui effraye le monde qu’un mielleux Moussavi qui à nouveau l’endorme pendant que tournent tranquillement les milliers de centrifugeuses. Daniel Pipes
Emeutes en Iran au sujet d’une élection probablement frauduleuse et de l’utilisation de la violence pour réprimer l’opposition – une partie nul doute du « robuste » débat que vient d’appeler de ses vœux le Président Obama. Pendant ce temps-là, la guerre « optionnelle » et orpheline d’Irak qui a mené à la véritable démocratie, est maintenant après le 20 janvier, allez savoir pourquoi, à nouveau un signe du « vent du changement ». Victor Davis Hanson
Pour l’Iran, l’approche pourrait être comparée à l’approche que les Etats-Unis et d’autres états démocratiques ont pris en Pologne dans les années 80. En Pologne, comme en Iran, un régime autoritaire économiquement incompétent opprimait une population de plus en plus mécontente. En Pologne, comme en Iran, un mouvement d’opposition de masse s’est levé contre le régime : Solidarité en Pologne, le mouvement démocratique étudiant en Iran. Dans les années 80, les Etats-Unis et ses alliés n’ont jamais directement confronté les communistes polonais. Au lieu de cela, ils ont imposé des sanctions économiques rigoureuses au régime — et consacré des centaines de millions de dollars au financement des journaux et stations de radio clandestins et pour soutenir les familles des dissidents emprisonnés ou des activistes exilés… pendant que l’économie du régime se désagrégeait, les communistes polonais ont été obligés d’abord d’ouvrir des négociations avec Solidarité, puis de laisser le syndicat Solidarité participer à des élections semi-libres, et finalement de laisser la place à un gouvernement dirigé par Solidarité. Quatorze ans après, la Pologne est un état démocratique et un allié dévoué de l’OTAN. David Frum (ancienne plume de George W. Bush, janvier 2004)

Manifestation massive à Téhéran allant bien au-delà des capacités de mobilisation du régime, majorité apparemment de quinquagénaires issue des espoirs déçus de la révolution volée il y a 30 ans par Khomeini, refus de porter le vert islam de Moussavi ou de scander ses slogans bidons, menaces et début de grève générale, extension des affrontements à toutes les grandes villes iraniennes …

Les cyniques mollahs auraient-ils finalement eu les yeux plus gros que le ventre?

Ou plutôt, comme le rapportent nos amis d’Iran-Resist à l’heure où notre Sarkozy national se précipite avec le Tyrannophilus Rex en personne aux obsèques de M. Françafrique lui-même, les Iraniens seraient–ils en train, loin des caméras complaisantes de nos médias et selon la stratégie suggérée par le prince Reza Pahlavi, de « profiter de la situation pour manifester massivement leur rejet du régime« ?

Au terme d’une énième élection piège à cons censée redonner (avec à peu près les mêmes chiffres que la dernière fois il y a quatre ans) de la légitimité au pantin choisi par les mollahs pour imposer au monde, arme nucléaire comprise, leur ordre du jour révolutionnaire …

Et au-delà d’une contestation pège à cons initiée par le leurre Moussavi et sa « génération ipod » de pompom girls en vert islam et slogans bidon …

L’apparent recul du pouvoir qui, après avoir félicité le vainqueur avant le délai officiel de dix jours, évoque à présent pour gagner du temps une commission d’enquête (tout en multipliant les manœuvres de récupération, déstabilisation et provocation) indiquerait-il que quelque chose de nouveau est à l’œuvre?

Quelque chose qui ne serait peut-être pas non plus totalement étranger à l’immense espoir soulevé il y a quelques années chez le voisin d’en face ou dans les ex-républiques soviétiques et le Liban par le honni cowboy Bush?

Et qui, s’il réussissait (mais, la pusillanimité du Monde libre étant ce qu’elle est, un scénario à la Tiananmen n’est hélas pas à exclure), serait nul doute immédiatement attribué aux plates munichoiseries cairotes d’un brusquement silencieux Pleurnicheur en chef de Chicago?

Iran: Le peuple attend le soutien international
Iran-Resist
16.06.2009

Il y avait près d’un million et demi de personnes dans les rues de Téhéran, ce qui va au-delà des capacités de mobilisation du régime pour ses manifestations obligatoires de l’anniversaire de la révolution ou de la journée anti-israélienne. Les Iraniens seraient peut-être en train de suivre la demande formulée dès avant-hier par Reza Pahlavi de profiter de la situation pour manifester massivement leur rejet du régime.

Quelques jours après l’annonce de la victoire d’Ahmadinejad, le régime organisait lui-même de soi-disant contestations dans le but d’arracher aux Américains une intervention en faveur du candidat perdant qui aurait déclenché la désapprobation de l’ensemble des acteurs du régime comme un signe d’ingérence dans les affaires démocratiques d’un Etat souverain, prétexte à un futur refus de dialogue avec Washington.

L’opération était aussi censée engager les opposants en exil surtout le très populaire Reza Pahlavi, fervent partisan d’un référendum pour un changement de régime, dans un processus logique où il se retrouverait en train de défendre un personnage aussi impopulaire que Rafsandjani qui se présente comme le chef de file de la contestation des résultats du scrutin.

Nous avions parlé d’un piège car l’opération lui laissait peu de choix, mais il a fort bien négocié le virage en évitant le piège qui aurait été de réduire la contestation au domaine consigné par le régime. Via deux messages en persan largement diffusés sur le net par un réseau de bénévoles, il a affirmé qu’il comprenait la déception de ceux qui avaient voté Moussavi, mais qu’il fallait changer de régime pour sortir d’un processus visiblement stérile. Pour conclure il a appelé les Iraniens à profiter de l’occasion pour « imposer leur volonté à un régime de plus en plus divisé et mal vu dans le monde ».

Le résultat de ce discours responsable a été la manifestation de Téhéran qui a réuni 1,5 million d’anonymes qui ne font pas partie des 30,000 figurants du régime dans cette ville. Sur la foi d’une vidéo amateur réalisée sur place on constate qu’il s’agit de quinquagénaires, c’est-à-dire ceux qui il y a vingt ans ont fait la révolution et ont tout perdu. On voit clairement que ces personnes ont évité de porter des vêtements ou accessoires de couleur verte de Moussavi au point que ceux qui en portent sont en minorité. Plus surprenant, on voit aussi des personnes arborant la couleur rouge pour se distinguer clairement des Moussavistes ! Autre signe révélateur : ces Iraniens ne scandaient pas ces slogans bidons qui stigmatisent Ahmadinejad sans critiquer le reste du système !

On voit aussi qu’ils cachaient leurs visages car des flics en civil déguisés en manifestants filmaient la scène avec leurs portables. La foule était pacifique et marchait à vive allure et les miliciens restaient passifs. Reza Pahlavi a en fait permis aux Iraniens de prendre conscience de leur force numérique.

Le dernier slogan d’hier a été l’appel à la grève générale, cet autre projet d’insubordination pacifique et civique défendu par Reza Pahlavi. Selon nos informations, le Bazar de Tabriz qui a eu des problèmes avec le régime l’année dernière avait déjà commencé la grève hier. On signale aussi des affrontements dans toutes les grandes villes iraniennes (Ispahan, Shiraz, Kerman, Mashad, Tabriz et Rasht).

Pour donner des forces à nos compatriotes, Reza Pahlavi a diffusé hier en début de l’après-midi son troisième communiqué pour saluer leur présence et rappeler qu’il sera « leur défenseur sur la scène internationale ». Il s’est aussi adressé aux forces de l’ordre du régime pour leur dire de « ne pas oublier que ces manifestants qui sont dans la rue face à eux sont leurs frères et sœurs qui se battent pour leur droit à eux, bassidjis, aussi ». Il a aussi rappelé à nos compatriotes que « la condition pour restaurer leur souveraineté est de ne pas abandonner le combat, de se tenir debout ».

Quelques heures plus tôt, sa mère, la Chahbanou Farah, très populaire en Iran, s’était aussi adressée aux forces de l’ordre « comme mère et Iranienne pour les encourager à ne pas faire usage de violences contre leurs frères et soeurs ». Elle a aussi rappelé « l’importance de la solidarité pour une résistance nationale qui permettrait de faire aboutir les revendications de liberté et de justice ».

Selon les Iraniens du pays que nous avons contactés, l’important était de « vaincre la peur. Chacun pense que les autres n’abandonneront pas ».

Cette mobilisation est le résultat des pendaisons publiques, des scènes d’humiliation publique de gamins de faubourgs accusés de petits larcins, le rôle du régime dans la diffusion de la drogue et l’affairisme des dirigeants qui a détruit l’emploi et l’économie.

Face à cette force tranquille qui tenait hier en respect les forces de l’ordre et lui a promis une grève générale, le régime des mollahs a décidé d’utiliser des agitateurs dans la foule pour créer des incidents afin d’ouvrir le feu et tuer pour briser la volonté de futurs rassemblements anti-régime. Au moins 5 personnes dont Kasra Sharafi, Mina Ehterami, Kambiz Shoaï et Mohsen Imani ont trouvé la mort.

Pendant trois jours, des soi-disant jeunes ont brûlé des bus ou des motos, mais le régime n’a pas tiré : il a fallu que les gens qui ne sont pas du régime descendent dans la rue pour le faire ! Autre différence entre les mises en scène des deux premiers jours et la marche d’hier : un manque bizarre d’images vidéo ! Alors que le régime avait ouvert les vannes de YouTube pour mettre en scène la contestation des deux premiers jours, cette fois, il a bloqué les communications.

Soucieux de l’avenir électoral de Moussavi, le régime revendiquera sans doute cette foule. Ce sera le moyen pour venir encore plus nombreux avec des slogans plus explicites. C’est un grand jour pour tous les Iraniens : un jour de prise de conscience de leur force. Ils sauront bientôt qui sont leurs amis ou ennemis au sein du régime ou encore en dehors des frontières de l’Iran. Cette foule que Reza Pahlavi a qualifiée de « combattante et fort capable » a montré sa capacité à surmonter sa peur, il lui faut maintenant le soutien des Etats libres. Il faudrait qu’ils oublient les faux-semblants comme Moussavi, Khatami, la validité du scrutin, mais aussi leurs contrats en Iran pour investir sur les Iraniens, uniquement sur les Iraniens.

Pour l’instant, cette demande implicite des Iraniens est restée sans suite : on n’entend guère la France, l’Italie et les autres partenaires commerciaux de l’Iran. Le pire exemple est donné par Obama qui évite d’évoquer le sujet du soutien au peuple et veut uniquement s’adresser à Khamenei pour lui parler du scrutin, avec cette vague espoir d’une entente avec ce régime. Mais des voix se lèvent aux Etats-Unis, certains Américains critiquent cette attitude indigne de Barack Hossein Obama.

http://www.danielpipes.org/blog/2009/06/rooting-for-ahmadinejad.html

Rooting for Ahmadinejad
Daniel Pipes
June 12, 2009

The heart and the head sometimes go in different directions, and they do for me today as Iranians go to the polls to vote in their country’s semi-legitimate presidential elections.

Many problems afflict those elections – including restrictions on who may run for president, what issues may be discussed, and the accuracy of electoral results – but the most important limitation concerns the powers of the president, who is conspicuously not the country’s most powerful politician.

That title belongs, rather, to the Supreme Leader or rahbar, Ayatollah Khomeini until 1989 and since then Ali Hoseyni Khamene’i. The rahbar controls key institutions (foreign policy, the military, law enforcement, the justice system) of the Islamic Republic of Iran. In contrast, the president primarily concerns himself with the softer domains such as economics and education. (A contrast I discussed in 2003 at « The Iranian President’s Power. »)

With two important exceptions, the rahbar equals the president-for-life (such as Egypt’s Husni Mubarak) or king-for-life (such as Jordan’s Abdullah II), while the Iranian president equals their flunky prime ministers. The exceptions explains why the Iranian president is much better known than his functional equivalents: he is directly elected and the rahbar, in keeping with his religious character, stays aloof from overt politics. Together, these two factors account for the anomaly of the Iranian president serving as the public face for a regime he does not control.

This means that whoever is elected president, whether Mahmoud Ahmadinejad or his main opponent, Mir Hossein Mousavi, will have limited impact on the issue that most concerns the outside world – Iran’s drive to build nuclear weapons, which Khamene’i will presumably continue apace, as he has in prior decades.

Therefore, while my heart goes out to the many Iranians who desperately want the vile Ahmadinejad out of power, my head tells me it’s best that he remain in office. When Mohammed Khatami was president, his sweet words lulled many people into complacency, even as the nuclear weapons program developed on his watch. If the patterns remain unchanged, better to have a bellicose, apocalyptic, in-your-face Ahmadinejad who scares the world than a sweet-talking Mousavi who again lulls it to sleep, even as thousands of centrifuges whir away.

And so, despite myself, I am rooting for Ahmadinejad.

I realize that this pragmatic view shocks the tender sensibilities of left-wingers such as Daily Kos, Huffington Post, and Rachel Maddow, but this is hardly the first time leftists think with their hearts, nor the first time that their unthinking sentimentality might lead to disaster.

Daniel Pipes on MSNBC’s Rachel Maddow Show.

Voir enfin:

Les dessous d’une élection fabriquée
Décryptage : L’organisation de la fraude était d’abord destinée à sauver le pouvoir absolu du Guide suprême.
Jean-Pierre Perrin
Libération
16/06/2009

Trois jours après le scrutin, le camp réformiste reste toujours aussi déterminé. Peut-il sortir vainqueur de cet affrontement ?

Y a-t-il vraiment eu une fraude et de quelle ampleur?

Il semble que la fraude ait été préparée bien avant les élections. Depuis les scrutins de décembre 2006 (municipales et Assemblée des experts, l’une des principales institutions de la République islamique), qui avaient été très défavorables à ses partisans, Ahmadinejad était sur la défensive. Il s’attendait, semble-t-il, à perdre cette présidentielle. A l’exception d’un sondage américain le donnant largement vainqueur, les autres enquêtes d’opinion, cette fois iraniennes, le donnaient battu. D’après des informations glanées au ministère de l’Intérieur, des bassidji («volontaires» des milices islamiques) sont venus, le jour du scrutin, remplacer certains fonctionnaires chargés de collecter les résultats. «Cette fraude est la conséquence d’un plan très sophistiqué, machiavélique, préparé de longue date, avec une feuille de route», souligne le chercheur Michel Makinsky. Selon des fuites obtenues auprès d’experts dans ce même ministère, les vrais scores des candidats sont radicalement différents de ceux annoncés officiellement : le réformateur Mir Hussein Moussavi serait ainsi arrivé en tête avec 19 millions de voix (sur 42 millions de votants), devant le second candidat réformateur, Mehdi Karoubi, qui a recueilli 13 millions de suffrages, Ahmadinejad n’arrivant qu’en troisième position avec 5,7 millions. Dès lors, un second tour aurait dû avoir lieu sans la présence du candidat ultraradical.

Quel a été le rôle du Guide Ali Khamenei ?

Il semble qu’il était prêt à accepter la victoire de Moussavi. Ce serait Ahmadinejad qui l’aurait convaincu d’entériner la fraude et de le déclarer vainqueur avec les chiffres qu’il avait lui-même fabriqués. Le président sortant aurait emporté la décision du Guide en lui expliquant que les deux candidats arrivés en tête souhaitaient limiter son pouvoir absolu.

Est-on en train d’assister à une révolution ?

Avant les élections, Yadollah Javani, le chef des Gardiens de la révolution avait mis en garde contre les risques d’une «révolution de velours» semblable à celle qui avait triomphé du communisme en Tchécoslovaquie. Mais, pour le moment, le camp réformateur exige uniquement que le verdict des urnes soit respecté. A aucun moment, il n’a remis en cause la légitimité du régime islamique. Après le scrutin qui les donnait perdants, les deux candidats réformateurs ont d’ailleurs voulu rencontrer immédiatement le Guide. Mais si les leaders réformateurs fédèrent tous les opposants à Ahmadinejad, une large partie des jeunes veulent aller plus loin et remettent en cause les valeurs islamiques, désirant une vie plus libre, plus à l’occidentale, moins corsetée par les interdits. Principal handicap de cette avant-garde, elle ne dispose d’aucune organisation, même clandestine. La mouvance réformatrice, elle-même très divisée, n’a pas non plus de véritables partis pour la représenter, hormis un syndicat étudiant. Les partisans de Mahmoud Ahmadinejad sont, eux, mieux structurés.

Que peut faire le pouvoir ?

A l’évidence, il y a aujourd’hui deux camps en Iran. La défaite d’Ahmadinejad ne signifie pas qu’il soit dépourvu d’une base électorale, d’autant plus qu’il a distribué avant le scrutin une manne financière extraordinaire et qu’une partie des Iraniens sont sensibles à ses slogans nationalistes. Il a aussi derrière lui les bassidji, soit environ deux millions d’éléments paramilitaires. La direction du camp réformateur est d’ailleurs très soucieuse d’éviter toute radicalisation du conflit. En revanche, elle a désormais un véritable leader, Bir Hossein Moussavi, bon tacticien, déterminé et opiniâtre.

Khamenei, le Guide suprême, a demandé à Moussavi de calmer la rue. Sans succès. Après la proclamation des résultats, le régime s’attendait à des manifestations, mais sans doute pas de cette ampleur. On peut noter en revanche que les Gardiens de la révolution, qui, comptent 170 000 hommes et 350 000 appelés ne sont pas intervenus en renfort. Est-ce parce qu’ils laissent les basses besognes aux bassidji et aux policiers des renseignements ? Ou parce qu’ils sont eux-mêmes divisés, une partie des officiers étant proche de Moussavi qui fut Premier ministre pendant la longue guerre Iran-Irak ?

Que font les religieux ?

Ils gardent le silence et discutent, notamment au sein de l’Assemblée des experts et des séminaires de la ville sainte de Qom. Car, en toile de fond, c’est le rôle du Guide qui se joue. Durant la campagne, la question de la limitation de son pouvoir absolu avait été posée par les candidats réformateurs, notamment lors des débats télévisés. Là est sans doute le véritable enjeu des élections. Inacceptable pour lui

Voir enfin:

Le communiqué de Reza Pahlavi sur la situation iranienne

Samedi 13 Juin 2009

Aujourd’hui le monde est témoin de la colère de millions d’Iraniens, soulevés contre un régime qui leur refuse leurs droits les plus élémentaires, y compris et surtout, celui de choisir des dirigeants capables d’améliorer leurs conditions de vie abyssales.

Il n’existe aucune issue à cette situation et l’impasse durera aussi longtemps qu’un seul homme concentre entre ses mains un « pouvoir divin » et contrôle le judiciaire, les médias, les forces de sécurités et, directement ou indirectement par l’intermédiaire de ses nominations, dicte sa volonté et sélectionne les candidats sensés représentés tout un peuple, appauvri et privé de sa souveraineté.

Aujourd’hui, je reste solidaire de mes compatriotes et demande l’abolition de la République Islamique ou de tout autre préfixe apposé au nom de mon pays, l’Iran, le qualifiant de théocratie ou de toute autre forme de mépris pour la démocratie et les Droits de l’Homme.

Je mets en garde le monde qu’offrir, en ces moments graves, des mesures d’encouragements, ou des « carottes », à la théocratie, sera vécu comme un affront par le peuple iranien. Ce n’est pas le moment pour ce genre d’aveuglement tactique. Le moment est au contraire venu pour le monde libre de se montrer fidèle à ses principes et de se porter solidaire du peuple d’Iran, dans sa quête pour la démocratie et les Droits de l’Homme.


Iran: Comment voulez-vous que les successeurs de Khomeini puissent s’asseoir un jour à la même table qu’Obama? (It’s the very nature of the regime, stupid!)

15 juin, 2009
Exporting the revolutionL’Iran aurait pu être la Corée du Sud; il est devenu la Corée du Nord. (…) Mais n’oubliez pas qu’Ahmadinejad n’est que le représentant d’un régime de nature totalitaire, qui ne peut se réformer et évoluer, quelle que soit la personne qui le représente. (…) Le slogan du régime est : « L’énergie nucléaire est notre droit indéniable. » Je lui réponds: ce droit, nous l’avions, c’est vous et les vôtres qui nous en avez privés. (…) Mon père (…) a décidé, dès les années 1970, de lancer un programme de production d’énergie nucléaire à des fins exclusivement civiles. C’est pourquoi nous avons signé le traité de non-prolifération (…) Aujourd’hui, le problème ne vient pas de l’idée de se doter de l’énergie nucléaire ; il provient de la nature du régime islamique. (…) je ne crois pas que les mollahs soient assez fous pour penser un jour utiliser la bombe contre Israël: ils savent très bien qu’ils seraient aussitôt anéantis. Ce qu’ils veulent, c’est disposer de la bombe pour pouvoir s’institutionnaliser une fois pour toutes dans la région et étendre leurs zones d’influence. Ils rêvent de créer un califat chiite du XXIe siècle et entendent l’imposer par la bombe atomique (…) il est manifeste qu’un gouvernement paranoïaque crée des crises un peu partout pour tenter de regagner à l’extérieur la légitimité qu’il a perdue à l’intérieur. Les dérives du clan au pouvoir ne se limitent pas au soutien au Hamas, elles vont jusqu’à l’Amérique latine de Chavez. Il ne s’agit en rien d’une vision qui vise à défendre notre intérêt national. Si le régime veut survivre, il doit absolument mettre en échec le monde libre, combattre ses valeurs. La République islamique ne peut pas perdurer dans un monde où l’on parle des droits de l’homme ou de la démocratie. Tous ces principes sont du cyanure pour les islamistes. Comment voulez-vous que les successeurs de Khomeini, dont le but reste l’exportation de la révolution, puissent s’asseoir un jour à la même table que le président Sarkozy ou le président Obama? Dans les mois à venir, un jeu diplomatique peut s’engager, mais, au final, il ne faut pas se faire d’illusion. Même si Khatami revenait au pouvoir, le comportement du régime resterait identique, car le vrai décideur c’est Khamenei. Je ne vois aucune raison pour laquelle le régime islamiste accepterait un changement de comportement. Cela provoquerait, de manière certaine, sa chute. Il ne peut plus revenir en arrière. J’ai bien peur que la diplomatie ne tourne en rond une nouvelle fois et que la course à la bombe ne continue pendant ce temps. Reza Pahlavi

Autant demander au Hamas… de renoncer à ses armes!

Alors qu’après la Corée du nord et bientôt le Hamas, commencent à apparaitre enfin au grand jour la naïveté du Pleurnicheur en chef comme l’inconscience de nombre d’Européens et de Français face à un régime iranien proprement totalitaire qui ne peut sous peine de mort abjurer son credo révolutionnaire …

Retour, avec un entretien de l’Express à l’occasion de la sortie de son dernier livre en février dernier, sur les paroles de rare lucidité et de sagesse du prince héritier Reza Pahlavi, fils du Chah et probablement seule alternative crédible au régime actuel …

Reza Pahlavi: « Ahmadinejad est un cavalier de l’Apocalypse »
Christian Makarian
L’Express
le 20/02/2009

Il a vécu la révolution islamique et fut emporté par les événements. En exil depuis trente ans, Reza Pahlavi, fils du dernier chah d’Iran, aurait pu tirer un trait sur son passé et choisir de changer de destin. Il a préféré le risque et un combat improbable. Régulièrement menacé de mort, il poursuit sa difficile résistance et publie Iran, l’heure du choix (Denoël), un livre d’entretiens avec Michel Taubman dans lequel il entend dissocier le peuple iranien du régime qui le tyrannise. Bien que les « experts », ainsi que tous les séides de la République islamique, ne voient guère d’avenir politique à Reza Pahlavi, l’homme persiste à croire à une stratégie d’alternance pacifique. Sur la nature fanatique du régime de Téhéran, les projets nucléaires d’Ahmadinejad, l’arc chiite à travers le Moyen-Orient, son analyse apporte un éclairage aux complexités iraniennes.

La République islamique d’Iran vient de fêter ses 30 ans. Quel regard portez-vous sur ces trois décennies?

Je ne peux m’empêcher de comparer ce qu’est devenu l’Iran à ce qu’il aurait dû être. Au lieu d’aller de l’avant, on n’a fait que reculer. Il y a trente ans, il y avait certes des problèmes, comme l’absence de libertés politiques, que je condamne sans réserves, mais nous étions un pays en plein développement, une société en cours de modernisation, dont le niveau de vie s’élevait. Aujourd’hui, un tiers de la population vit au-dessous du seuil de pauvreté, la fuite des cerveaux a produit une hémorragie, les tensions interethniques divisent la société, les minorités sont persécutées, et la drogue, la prostitution, la corruption ne cessent de se répandre. Sans parler d’une répression touchant toute la société et de l’absence totale de liberté. L’Iran aurait pu être la Corée du Sud ; il est devenu la Corée du Nord. Le plus dramatique, c’est que deux générations ont été sacrifiées. A quelle fin ?

Etes-vous amer?

Pas du tout. D’abord, il y a l’humour iranien, comme le prouve ce dicton populaire : « Hier, on buvait en ville et on priait à la maison ; aujourd’hui, on prie à l’extérieur et on boit à l’intérieur. » Et puis, je crois qu’il faut envisager la révolution islamique comme une expérience supplémentaire dans un pays qui est déjà passé par des phases historiques extrêmement difficiles. Ce n’est pas la première fois que l’Iran est à l’épreuve. Nous avons été maintes fois envahis, agressés, occupés. Certes, la crise est désormais intérieure. Mais, si l’on ose une comparaison avec l’Europe, souvenez-vous que vous avez également connu, il y a quelques siècles, une période où la religion étouffait la société. Cela a précédé l’avènement des Lumières et l’éclosion des droits de l’homme.

Vous n’êtes donc pas totalement pessimiste?

Au contraire. J’entends souvent les Occidentaux se demander si le facteur religieux propre aux sociétés islamiques n’est pas en soi un frein durable au développement. Je leur réponds que, s’il était naguère impensable de discuter de la religion en Iran, c’est maintenant devenu un sujet de débat. Il y a trente ans, l’une des raisons pour lesquelles les Iraniens ont accepté si facilement l’ayatollah Khomeini, c’était que la religion apparaissait irréfutable. Aujourd’hui, si vous vous rendez dans la ville sainte de Qom, vous pouvez assister à des discussions incroyablement ouvertes et animées, y compris sur la question de la laïcité. Cela n’aurait pas pu se produire auparavant. Il existe de nombreuses voix qui s’interrogent sur la séparation de la religion et de l’Etat. La question n’est plus taboue.

On a beaucoup reproché à votre père d’avoir voulu l’occidentalisation à tout prix. Est-ce la raison de sa chute?

A l’origine, ce sont certains religieux qui ont répandu ce rejet de l’occidentalisation parce qu’ils étaient farouchement opposés à la réforme agraire et à l’émancipation des femmes, deux réformes majeures que mon père avait promues. Peut-être y a-t-il eu un choc culturel parce que nous sommes allés trop vite. Mais je ne crois pas que les gens refusaient la modernité. Je crois davantage aux facteurs politiques internes.

C’est-à-dire?

Il y a eu progressivement une alliance entre les différentes tendances marxistes, qui étaient très en vogue parmi les intellectuels, et le clergé. Pour autant, personne ne se posait de question au sujet de Khomeini, personnage qui ne disposait, au départ, d’aucune aura particulière. Très peu d’Iraniens avaient lu son livre, Velayat-e Faghi, dans lequel il exposait ses théories théocratiques. La gauche antioccidentale cherchait un leader porteur d’un concept simple parce que le message marxiste était trop difficile à expliquer dans une société aussi traditionnelle que l’Iran. C’est pourquoi le slogan « Allahu Akbar » (« Dieu est le plus grand ») a fini par l’emporter sur le reste, dans la mesure où le facteur religieux offrait une apparence de stabilité et de crédibilité dans une période d’agitation et de bouleversements extrêmes. Au départ, les marxistes ont cru pouvoir utiliser Khomeini et pensaient qu’il allait se retirer, comme il l’avait prétendu. Tout le monde pensait que ce scénario allait se produire, y compris le président américain, Jimmy Carter. Khomeini les a tous dupés.

Le chah, Khomeini, Ahmadinejad… La croyance en un homme providentiel n’est-elle pas une constante?

Il est vrai que, tout au long de notre histoire, nous avons cherché l’homme providentiel. Cela reste encore vrai aujourd’hui, mais je me réjouis de voir qu’une nouvelle culture politique se développe parmi les jeunes générations, ou l’idée de la responsabilité individuelle a de l’importance.

Que pensez-vous d’Ahmadinejad?

Il est exactement ce qu’il dit de lui-même. C’est un cavalier de l’Apocalypse qui ne songe qu’au retour du douzième imam [ndlr : selon la foi chiite duodécimaine, le douzième imam reviendra à la fin des temps pour établir le seul règne juste]. Il croit vraiment à cette perspective eschatologique et, autour de lui, gravite un cercle de dangereux illuminés qui partagent cette conviction. Ce n’est pas du tout un positionnement médiatique, et c’est bien ce qui est inquiétant. Il est terrifiant d’imaginer ce qui pourrait arriver si un jour un tel individu avait accès à l’arme atomique. Dans un de ses passages aux Nations unies, Ahmadinejad a raconté qu’il s’était un jour trouvé enveloppé d’un halo de lumière. Mais n’oubliez pas qu’Ahmadinejad n’est que le représentant d’un régime de nature totalitaire, qui ne peut se réformer et évoluer, quelle que soit la personne qui le représente.

Comment expliquer qu’il puisse entraîner dans son sillage des scientifiques, rationnels?

Ont-ils vraiment le choix? D’une manière générale, il ne faut pas confondre le droit de notre peuple au nucléaire civil et les intentions réelles du régime dans ce domaine. Mes compatriotes défendent naturellement ce droit, mais, en même temps, d’après de récentes études, une écrasante majorité s’inquiète de plus en plus des conséquences graves de cette politique irresponsable. Le slogan du régime est : « L’énergie nucléaire est notre droit indéniable. » Je lui réponds: ce droit, nous l’avions, c’est vous et les vôtres qui nous en avez privés.

Comment cela?

Mon père avait une vision à très long terme. Il considérait le pétrole comme une matière noble qu’il ne voulait pas voir gaspiller. Il a décidé, dès les années 1970, de lancer un programme de production d’énergie nucléaire à des fins exclusivement civiles. C’est pourquoi nous avons signé le traité de non-prolifération, ce qui a permis à l’Iran de devenir actionnaire à 10 % de la société Eurodif. Aujourd’hui, le problème ne vient pas de l’idée de se doter de l’énergie nucléaire ; il provient de la nature du régime islamique. La preuve, les pays qui se faisaient hier concurrence à qui vendrait le premier cette technologie à l’Iran sont ceux qui, aujourd’hui, réclament des sanctions contre Téhéran. C’est le cas des Etats-Unis, de la France, de l’Allemagne… Ce n’est donc pas le principe qui est en cause, c’est le doigt qui est posé sur la gâchette. Or le régime iranien a suffisamment montré qu’il n’offrait aucune garantie internationale et ne respectait pas ses engagements internationaux. Qu’est-ce qui a mis l’Iran hors la loi? Ce n’est pas le nucléaire, c’est la République islamique et ce qu’elle veut en faire.

Craignez-vous l’escalade fatale?

Le régime iranien ne demande pas mieux qu’un conflit militaire. Il l’exploiterait à fond. C’est le piège à éviter, le scénario perdant-perdant ; nous Iraniens percevrons une action armée comme une frappe contre le pays tout entier et non contre le régime seulement. Il ne faut absolument pas en arriver là. De l’autre côté, je ne crois pas que les mollahs soient assez fous pour penser un jour utiliser la bombe contre Israël: ils savent très bien qu’ils seraient aussitôt anéantis. Ce qu’ils veulent, c’est disposer de la bombe pour pouvoir s’institutionnaliser une fois pour toutes dans la région et étendre leurs zones d’influence. Ils rêvent de créer un califat chiite du XXIe siècle et entendent l’imposer par la bombe atomique.

Que vous inspire l’axe Téhéran-Damas-Hezbollah-Hamas?

A l’époque de l’Union soviétique, du point de vue de ses dirigeants, la politique étrangère était également perçue comme un succès en termes d’extension tentaculaire. On sait ce qu’il en est advenu. Dans le cas de l’Iran, il est manifeste qu’un gouvernement paranoïaque crée des crises un peu partout pour tenter de regagner à l’extérieur la légitimité qu’il a perdue à l’intérieur. Les dérives du clan au pouvoir ne se limitent pas au soutien au Hamas, elles vont jusqu’à l’Amérique latine de Chavez. Il ne s’agit en rien d’une vision qui vise à défendre notre intérêt national. Si le régime veut survivre, il doit absolument mettre en échec le monde libre, combattre ses valeurs. La République islamique ne peut pas perdurer dans un monde où l’on parle des droits de l’homme ou de la démocratie. Tous ces principes sont du cyanure pour les islamistes. Comment voulez-vous que les successeurs de Khomeini, dont le but reste l’exportation de la révolution, puissent s’asseoir un jour à la même table que le président Sarkozy ou le président Obama?

Pourtant, il en est question…

Je peux comprendre les intentions du président américain à l’égard de l’Iran. Mais n’oubliez pas que sur le dossier nucléaire la crise n’oppose pas la République islamique aux Etats-Unis seulement mais à l’ONU. Dans les mois à venir, un jeu diplomatique peut s’engager, mais, au final, il ne faut pas se faire d’illusion. Même si Khatami revenait au pouvoir, le comportement du régime resterait identique, car le vrai décideur c’est Khamenei. Je ne vois aucune raison pour laquelle le régime islamiste accepterait un changement de comportement. Cela provoquerait, de manière certaine, sa chute. Il ne peut plus revenir en arrière. J’ai bien peur que la diplomatie ne tourne en rond une nouvelle fois et que la course à la bombe ne continue pendant ce temps.

Selon vous, quelle est la solution?

Si l’on veut avoir une chance de réussir, il faut d’abord tracer une ligne rouge définitive sur la question nucléaire, car, jusqu’ici, cette ligne n’a cessé de bouger. Ensuite, il faut accepter l’idée que, si le régime doit changer un jour, ce devra être le fait du peuple iranien lui-même et non par une intervention extérieure. La majorité de mes concitoyens n’en peuvent plus de ce système ; toutes les informations qui me parviennent prouvent qu’il existe un profond désir de démocratie parlementaire laïque. Si on veut forcer le régime à changer d’attitude, ce n’est pas par la pression extérieure que l’on y arrivera, mais par la pression intérieure. Or, depuis trente ans, je n’ai presque pas vu de dialogue entre le monde libre et notre peuple. Il n’y a eu presque aucun échange avec les forces d’opposition démocratiques.

Comment voyez-vous votre rôle dans l’avenir?

J’ai beaucoup réfléchi aux campagnes de désobéissance civile en Afrique du Sud ou à l’exemple des dissidents dans l’ancien bloc de l’Est. Je veux m’inscrire dans un scénario de changement en proposant une voie qui soit légitime et la moins coûteuse pour la société iranienne. On ne bâtira pas notre avenir sur un règlement de comptes. Ma mission est de fédérer les forces démocratiques afin d’instaurer une démocratie laïque parlementaire et d’assurer la réconciliation nationale.

Reza Pahlavi

1960 Naissance à Téhéran.

1978 Départ d’Iran pour les Etats-Unis pour y acquérir une formation de pilote de chasse et y poursuivre ses études.

1979 Chassé par la révolution islamique.

1980Au début de la guerre Iran-Irak, il demande à servir dans l’armée de l’air de son pays. Requête refusée.

1986 Mariage avec Yasmine Etemad Amini, dont il aura trois filles.

2005 Il se plaint auprès du secrétaire général des Nations unies de la démission de l’ONU sur la question des droits de l’homme en Iran.

2009 Il publie Iran, l’heure du choix. Entretiens avec Michel Taubman (Denoël).


Iran: Contestation, piège à cons! (After tricking the Obama administration, the mullahs try to trick the opposition)

14 juin, 2009
Iran's fake green revolution (Jun. 09)
Tout indique même que notre mauvaise conscience, bien loin de susciter l’émulation, renforce les autres dans leur bonne conscience. Jacques Dewitte
A ceux qui prétendent que ces théocrates sont susceptibles de se réformer si nous faisons l’effort d’être compréhensifs et attentifs à leurs exigences, je dis: vous ignorez totalement la différence entre une révolution islamiste et celles qui se réclament de la laïcité. Ceux qui prétendent parler sous l’autorité absolue d’Allah n’exigent rien d’autre que la soumission la plus absolue. (…) Le monde extérieur doit jouer la carte des Iraniens eux-mêmes, ne plus parler aux geôliers mais à ses prisonniers. Il ne faut pas retomber dans le piège du changement de sièges car le jeu de cartes est toujours identique même si les cartes qui sortent sont différentes. Reza Pahlavi
Lorsqu’on est en désaccord profond avec quelqu’un, il faut lui parler directement. Barack Obama (janvier 2008)
Nous avons essayé d’envoyer un message clair disant que, selon nous, un changement est possible. Quel que soit celui qui est appelé à remporter l’élection au bout du compte, nous espérons que le débat vigoureux qui a eu lieu (en Iran) servira notre capacité à nouer le dialogue avec eux d’une nouvelle manière. Barack Obama (juin 2009)
La réélection annoncée du président Mahmoud Ahmadinejad (…) place l’administration [Obama] dans une décision difficile: joindre sa voix aux adversaires de M. Ahmadinejad qui dénoncent un trucage, et passer pour s’ingérer dans les affaires intérieures iraniennes au risque de compromettre le dialogue, ou contenir son éventuelle indignation et s’exposer aux critiques des défenseurs des libertés. AFP
Il y a peu de choix pour l’opposition en exil: si elle refuse de prendre parti, le régime décrétera qu’elle trahit ses partisans! Et si elle prend parti, elle défendra de facto Rafsandjani, le patron corrompu du régime, qui se recycle en chef de l’opposition interne. En le défendant, elle se discréditerait et s’autodétruirait! Iran-Resist

Après les élections-pièges à cons,… la contestation-piège à cons!

Campagne sur les chapeaux de roue, « vague verte » à l’ukrainienne ou à la libanaise avec jolies filles (prenant la pose pour les caméras aux couleurs de l’islam et aux cris de… Allah akbar!), participation prétendument massive avec doigts marqués d’encre brandis fièrement à l’irakienne, contestation des résultats à la Bush-Gore 2000, images de répression prétendument volées en boucle sur Youtube …

Les mollahs, on le voit, ont fait très fort pour vendre au monde leur démocratie-Potemkine.

Pourtant, comme l’a déjà montré encore tout récemment la Corée du nord ou bientôt le Hamas, comment ne pas voir l’extrême naïveté, de la part d’un prétendu chef du Monde libre obsédé par la volonté de se démarquer de son prédécesseur, de vouloir parler sans conditions à des régimes-voyous, les confortant ainsi dans le défi à la Communauté internationale qui est leur raison même d’existence?

Sans parler de la profonde méconnaissance des réalités iraniennes dont témoigne le fait de se dire « impressionné par l’enthousiasme que cette élection a suscité en Iran » et préoccupé par « les informations faisant état d’irrégularités ».

Alors que, comme ne cesse de le rappeler le site Iran-Resist, tout dans cette élection ne peut être que factice.

Des candidats aux mêmes programmes aux faux opposants tentant de piéger pour mieux les neutraliser les véritables dissidents en exil.

Voire, si besoin est,… jusqu’au prince Reza Pahlavi lui-même?

Iran-Contestations: Rafsandjani veut piéger l’opposition
Iran-Resist
14.06.2009

Ahmadinejad vient d’être élu et l’on assiste à des violences urbaines qui donnent de l’espoir à certains opposants en exil. C’est un piège tendu par le régime aux opposants en exil.

| Décodages |

Avant-hier, très rapidement, les médias du régime ont annoncé une victoire de Moussavi. Une heure plus tard, ces mêmes médias ont changé de position pour donner Ahmadinejad vainqueur. Par la suite, toujours ces mêmes médias dont Fars News contrôlée par les Pasdaran ont rapporté que « Moussavi s’était réuni avec Karroubi et Khatami chez Rafsandjani pour préparer une révolte urbaine afin de contester les résultats » ! Mais personne n’a arrêté les intéressés, comme une autre preuve de démocratie en Iran !

Le lendemain (samedi 13 juin), le régime lui-même a fait état de violences urbaines d’un petit groupe organisé qui n’accepte pas le verdict du peuple et le système d’Internet très filtré du régime a comme par miracle laissé passer des vidéos de ces heurts !

Aussitôt, des organismes réputés hostiles à Ahmadinejad comme le Bureau de Consolidation de l’Unité, le syndicat estudiantin officiel, est intervenu pour condamner cette conduite, tout en félicitant le vainqueur et saluant l’honnêteté du scrutin ! D’autres organismes du même type ont également dénoncé toute critique du scrutin. On peut citer entre autres, le Groupement des associations islamiques estudiantines indépendantes, l’association islamique des travailleurs, ou encore des partis fondateurs du régime comme le Motalefeh.

On a alors entendu des accusations de liens entre ce groupe de contestataire et les « Américains et les sionistes » ». On a laissé entendre que le régime lancerait une chasse aux sorcières interne !

L’hypothèse est presque confirmée par une avalanche de rumeurs anonymes sur les noms de responsables. On parle entre autres de Mohsen Armine, ex-officiler de liaison avec le Hezbollah, et Mostafa Tajzadeh, ex-n°2 du ministère de l’intérieur, poste chargé de la répression des opposants et de leur élimination. En fait, le régime va recycler d’autres barbouzes en dissidents pour les infiltrer dans l’opposition en exil !

Sur ce fond d’agitation formatée, le président élu a fait une allocution sur la première chaîne iranienne. Il a remercié ses électeurs avant d’affirmer qu’il comptait « prendre en compte le suffrage » de son adversaire en changeant de cabinet pour « former un gouvernement qui soit représentatif du peuple et non d’un parti ». Il a aussi invité à plusieurs reprise tous les jeunes Iraniens, « ses enfants, à relever leurs manches pour rebâtir ensemble le pays ». C’est Obama bis!

Parallèlement à cette aimable allocution et aux nouvelles d’agitation et de dissensions internes, les téléphones de la chaîne Pars TV-Radio KRSI basée à Los Angeles ont sonné : des soi-disant opposants anonymes évoquaient des nouveaux slogans très anti-régime et pro Pahlavi et rapportaient le besoin urgent que les opposants en exil (« pro-Américains ») en particulier Reza Pahlavi se manifestent et apportent leurs soutiens aux dissidents qui manifestaient à Téhéran ! Le schéma est tellement clair !

Le procédé téléphonique n’est pas nouveau: les appeleurs anonymes du régime ont déjà joué cette comédie dans le cadre du faux mouvement estudiantin de 1999. Ils ont promu au rang de héros de l’opposition des miliciens sexy qui aujourd’hui ont changé de discours, sont installés aux Etats-Unis et font un lobbying intense pour promouvoir le dialogue et l’entente entre Téhéran et Washington.

Il y a peu de choix pour l’opposition en exil: si elle refuse de prendre partie, le régime décrétera qu’elle trahit ses partisans! Et si elle prend partie, elle défendra de facto Rafsandjani, le patron corrompu du régime, qui se recycle en chef de l’opposition interne. En le défendant, elle se discréditerait et s’autodétruirait !

Cela montre la difficulté de notre entreprise. La solution serait de jouer la carte de la vérité et dénoncer ces procédés et ces jeunes qui chantent l’hymne révolutionnaire khomeyniste de Yareh Dabestani et défendent des assassins comme Moussavi et Rafsandjani.

Voir aussi:

L’effort d’Obama pour renouer le dialogue avec l’Iran subit un coup dur
Cyberpresse
le 13 juin 2009

Agence France-Presse
Washington

Le président Barack Obama a beau dire que son effort pour surmonter 30 ans d’hostilité entre les États-Unis et l’Iran ne dépend pas des dirigeants en place à Téhéran, la réélection annoncée du président Mahmoud Ahmadinejad lui complique sérieusement la tâche.

Elle va aussi compliquer l’entreprise internationale visant à empêcher l’Iran de fabriquer la bombe atomique, conviennent les experts. Elle va forcer M. Obama à traiter avec un homme qui personnifie, pour beaucoup aux États-Unis, l’anti-américanisme, l’intransigeance sur le nucléaire, la négation de l’Holocauste ou la volonté d’anéantir le grand allié israélien.

Elle place l’administration dans une décision difficile: joindre sa voix aux adversaires de M. Ahmadinejad qui dénoncent un trucage, et passer pour s’ingérer dans les affaires intérieures iraniennes au risque de compromettre le dialogue, ou contenir son éventuelle indignation et s’exposer aux critiques des défenseurs des libertés.

Au bout du compte, dit l’expert Karim Sadjadpour, elle confronte M. Obama au risque d’une dangereuse escalade: «Je crois, malheureusement que les chances d’une attaque contre l’Iran, une attaque israélienne contre l’Iran, augmentent considérablement si Ahmadinejad reste président».

La première réaction de la Maison-Blanche, un communiqué de deux phrases, a montré dans quelle passe délicate se retrouvait M. Obama: le gouvernement est «impressionné» par l’enthousiasme que cette élection a suscité en Iran, «nous continuons à suivre de près la situation dans son intégralité, y compris les informations faisant état d’irrégularités», s’est contenté de dire le porte-parole de M. Obama, Robert Gibbs.

M. Obama et son administration «sont dans le pétrin, il faut qu’ils composent avec le pouvoir en place» à cause de la nécessité de parler aux Iraniens sur des sujets aussi essentiels que le nucléaire, l’Afghanistan, l’Irak, le terrorisme, le pétrole, «et c’est de toute évidence un pouvoir déterminé à garder le contrôle, cela va rendre la négociation beaucoup plus difficile», dit l’experte Suzanne Maloney.

M. Obama a décidé de rompre avec la diplomatie de son prédécesseur George W. Bush et d’accepter d’engager un dialogue ferme mais direct avec le régime islamique. Il a constamment signifié, et encore vendredi, que cela serait le cas avec quiconque serait au pouvoir à Téhéran.

Comme les autres experts, Mme Maloney juge les résultats annoncés par les autorités iraniennes dépourvus de crédibilité. Et cela rend la tâche de M. Obama encore plus délicate, surtout si des violences éclatent: sûrement soumis à la pression de l’opinion et du parlement, M. Obama devra décider de soutenir ou non la contestation, dit Mme Maloney. S’il le fait, il «tue» la perspective de négociations.

Les experts s’attendent cependant à ce que M. Obama entreprenne l’effort, avec moins de marge de manoeuvre aux États-Unis parce qu’il aura affaire à M. Ahmadinejad, et après une pause, le temps que la situation iranienne se décante.

Ils envisagent comme une possibilité que M. Ahmadinejad soit plus disposé à négocier qu’auparavant, sur le nucléaire par exemple.

Joseph Cirincione, un expert en non-prolifération, concède cependant que ce n’est qu’une «conjecture»: «La bonne nouvelle, c’est que l’équipe de négociateurs d’Ahmadinejad est en place; la mauvaise nouvelle, c’est qu’il revient avec une ligne plus dure et qu’il ne va pas être d’humeur à faire des compromis».

Le mouvement en faveur du changement en Iran aura persuadé le Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, décideur ultime dans l’appareil d’État iranien, «qu’il a raison de dire depuis 20 ans que le véritable danger, c’est une révolution de velours, que l’Occident est derrière tout ça, et que cela ne sert à rien de chercher à trouver un accord avec l’Occident sur le nucléaire», ou le reste, dit l’expert Patrick Clawson.


Iran: Elections, pièges à cons! (Recipe for a Potemkin election)

13 juin, 2009
Elections piège à con (May 1968 slogan)C’est ce qu’en langue militaire on appelle un piège-à-cons. — (Jean-Paul Sartre, Les Temps Modernes, janvier 1945)
Élections, piège à cons. — (Slogan de mai 1968 en France, d’après une expression de Jean-Paul Sartre)
Après trente ans de guerre froide entre Téhéran et Washington, le prochain président, disent les analystes, jouera un rôle clé dans la réponse iranienne aux propositions de l’administration Obama. Los Angeles Times
Certains Iraniens pensent que les énergies démocratiques libérées lors des dernières semaines pourraient influer sur le pays quel que soit le vainqueur. New York Times
Inspiré par les campagnes américaines, et particulièrement celle de Barack Obama, Mir Hussein Moussavi, s’est souvent montré avec sa femme lors de la campagne. Il lui a même publiquement tenu la main lors d’un meeting. Du jamais-vu, rappelle le Wall Street Journal qui explique qu’elle a aussi organisé ses propres meetings et a clairement annoncé qu’elle jouerait « un rôle actif socialement et politiquement si elle devenait première dame ». Le Monde
Qui se soucie de qui est le président iranien? Samuel Rosner (Slate)
La révolution iranienne fut en quelque sorte la version islamique et tiers-mondiste de la contre-culture occidentale. Il serait intéressant de mettre en exergue les analogies et les ressemblances que l’on retrouve dans le discours anti-consommateur, anti-technologique et anti-moderne des dirigeants islamiques de celui que l’on découvre chez les protagonistes les plus exaltés de la contre-culture occidentale. Daryiush Shayegan (1992)
La comédie électorale est finie, elle reviendra dans 3 ans pour les législatives. Nous aurons alors à nouveau droit aux facéties de ces candidats aux programmes identiques que nos compatriotes avaient surnommés Mir Hossein Karroubi-nejad! Iran-Resist

Nos soixante-huitards l’avaient rêvé, les mollahs nous l’ont fait!

Candidats préselectionnés aux programmes identiques (islamisme et exportation de la révolution), bureaux de vote dans les mosquées (pour assurer, foin des isoloirs, la bonne tenue!) avec urnes opaques et prébourrées, impression en cours d’élection de bulletins supplémentaires (11 millions sur un total de… 42!), report à quatre reprises de l’heure de fermeture initialement fixée à 18h (19h, 20h, 21h, 0h!), publication en continu de témoignages très enthousiastes des électeurs (gens arrivés à l’aube se battant dans les queues pour ne pas être surpris par la fermeture des bureaux de vote, Ahmadinejad lui-même obligé de faire la queue 40 minutes!), journalistes étrangers parqués devant une mosquée-bureau de vote où le régime renouvelait des fournées de 200 figurants qui votaient en flux continu fournissant les images que l’on voit en boucle sur les télés étrangères, votes massifs de retraités craignant de se faire supprimer leurs pensions, de fonctionnaires ou ouvriers des usines d’Etat ayant peur d’être licenciés, résidants à l’étranger redoutant de perdre leur visa ou leurs transactions bancaires, résultats annoncés avant la fin des dépouillements avec des chiffres garantissant la majorité absolue au choix du régime (plus de 65% des suffrages avec un taux de participation dépassant les 75 %, soit exactement plus de 50% de toutes les voix disponibles), renouvellement au passage d’une nouvelle fournée de faux opposants (via la publicité donnée par le régime lui-même à la « vague verte » – comme l’islam! – de jeunes pro-Moussavi) …

Au lendemain d’une nouvelle simulation à taille réelle du vieux rêve de nos soixante-huitards dont nos médias n’en peuvent plus de présenter comme historique

Retour, avec nos confrères du site d’opposants Iran-Resist (qui avaient d’ailleurs prédit – à la décimale près – les résultats une semaine à l’avance!), sur l’incroyable sophistication de cette énième élection-Potemkine de la part de ces mollahs ordinairement présentés comme si frustes.

A faire pâlir d’envie (sans parler de notre pourtant si tendance et si populaire Pleurnicheur en chef de Chicago!) les derniers régimes à parti unique de la planète de Cuba à l’Afrique et de la Corée du nord à la Chine

Iran: Ahmadinejad réélu avec 65% selon nos prévisions
Iran-Resist
13.06.2009

Si l’on en croit les différents sites d’info en Iran, Ahmadinejad serait réélu haut la main avec le score que nous avions annoncé il y a une semaine sur ce site: plus de 65% des suffrages avec un taux de participation dépassant les 75 % !

Selon le régime des mollahs, « l’élection a tourné au plébiscite pour le système et ses valeurs fondamentales », l’islamisme et l’exportation de la révolution, toutes deux inscrites aux programmes des 4 candidats ! le taux de participation serait entre 75 et 90% ! Le régime a annoncé l’impression de 11 millions de bulletins supplémentaires pour satisfaire l’afflux incessant des électeurs ! L’heure de fermeture initialement prévue pour 18 heures a été repoussée quatre fois : d’abord à 19h, puis à 20h et ensuite à 21h, puis enfin à minuit pour répondre à cette demande. »

En fait, le régime a artificiellement fixé la fermeture, normalement programmée à 22h, à 18 heures pour pouvoir la repousser plusieurs fois et évoquer une participation monstrueusement inattendue. Cette mise en scène a été complétée par la publication en continu de témoignages très enthousiastes des électeurs.

Voici quelques exemples publiés sur les sites de Fars News et de l’IRNA : « un vieux patriote dit qu’il est venu voter pour le président qui a amélioré l’économie, une jeune étudiante pro-Moussavi affirme que quel que soit le résultat, ce sera la victoire du peuple contre les ennemis de notre régime islamique. On a aussi rapporté que des gens se battaient dans les queues pour passer devant les autres pour ne pas être surpris par la fermeture des bureaux de vote (dans les mosquées) ! La ferveur aurait commencé à l’aube, les gens étaient arrivés une heure avant l’ouverture, au point qu’Ahmadinejad lui-même aurait fait la queue pendant 40 minutes avant d’arriver devant l’urne ! On le donnait gagnant à 14h déjà sur la base d’un décompte partiel dans la région rurale de Hormozgun ! A 18 heures, on évoquait le désespoir du camp de Moussavi qui aurait incité quelques-uns de ses partisans proches des sionistes de crier à la fraude pour déshonorer la communion du peuple et du pouvoir ! »

Sur le terrain

Cette littérature officielle ne correspond pas à la réalité : La région de Hormozgun déteste le président car elle a souffert de plusieurs tremblements de terre et d’inondations sans qu’Ahmadinejad n’envoie de secours appropriés. Cette annonce correspond en fait à la justification de la victoire d’Ahmadinejad grâce aux votes des régions. Téhéran évoque aussi une forte participation dans les grandes villes comme Téhéran, or, plusieurs habitants de la capitale ont entrepris des tournées des bureaux de vote pour vérifier ces annonces.

Ils ont découvert que les journalistes étrangers avaient été parqués à la Mosquée Hosseynieh Ershad (ci-dessous) où le régime renouvelait des fournées de 200 figurants qui votaient en flux continu : ce sont les images de ce bureau très reconnaissable que l’on voit en boucle sur les télés françaises !

Mais à 3 minutes aux alentours, d’autres bureaux de votes étaient vides alors qu’ils étaient situés dans des quartiers résidentiels à très fortes densités. Ainsi on a rapporté à la mosquée Al Ghadir du quartier de Mir-Damad une quarantaine de personnes en une heure d’observation et la même chose dans le quartier de Gholhak qui a une densité 10 fois supérieure au quartier d’Ershahd.

Les observateurs ont également signalé le même niveau très bas de participation dans le centre (Mosquée Al Javad ou Hassan Asgari). Les choses ont été plus désastreuses pour le régime dans les quartiers pauvres comme les places Shoush ou Khorassan, où selon les observateurs, il y avait moins de 10 personnes par heure ! De plus ces observateurs sont partagés et pensent qu’il s’agissait en partie de figurants pour attirer les passants.

Taux de participation

Les plus optimistes des observateurs ont évoqué une participation de moins de 10% à Téhéran, et des votes principalement enregistrés par des retraités qui avaient peur de se faire supprimer leurs pensions et des fonctionnaires ou ouvriers des usines d’Etat qui avaient peur d’être licenciés, ce qui équivaut à un désastre dans la situation actuelle.

Selon nos informations, on peut aussi y ajouter des Iraniens résidant à l’étranger qui avaient peur que le régime refuse de renouveler leur visa ou empêchent leurs transactions bancaires. L’un dans l’autre, on reste bien en dessous de 12%, mais malheureusement, on ne peut connaître l’ampleur du boycott car comme toujours, les urnes du régime étaient opaques !

Les résultats officiels | Sur le plan pragmatique, c’est encore Mahmoud qui est sorti vainqueur des urnes opaques et prébourrées du régime (nous l’avions annoncé en mai 2009). Que l’on ne pleure pas pour l’autre candidat, le soi-disant modéré Moussavi, il était présent uniquement pour donner un parfum de pluralisme à cette élection dont l’objet était de légitimer le refus de dialogue avec Obama. Désormais, le régime peut continuer dans cette voie en vertu du vote exprimé par au moins 60% des électeurs Iraniens. Nous avions annoncé ce chiffre ainsi que celui de la participation il y a une semaine. En fait, nous n’avons pas de pouvoir magique : c’est mathématique ! Avec au moins 60% de voix et un taux de 85% de participation (ou 67% de voix et un taux de 75% de participation), Mahmoud disposerait exactement de plus de 50% de toutes les voix disponibles. C’est une majorité absolue.

Ce souci de détail vient des origines bazaries du clergé iranien. Les mollahs font de la comptabilité : c’est pourquoi les autres chiffres de cette simulation démocratique sont aussi très importants. Téhéran a placé à la seconde place Moussavi le conservateur modéré avec moins de la moitié du nombre de voix d’Ahmadinejad. Les autres candidats ont fait moins d’3% (le réformateur Karroubi étant dernier avec 0,87%) !

Le message du régime

Ahmadinejad dispose ainsi d’une légitimité supérieure à l’ensemble de ses adversaires. La défaite de Moussavi est nette : il a perdu à cause de son propre discours et non à cause des deux autres candidats (Karroubi et Rezaï). Officiellement, Moussavi devra se remettre en question !

L’opposition entière est officiellement hors-jeu, amoindrie, divisée, en proie aux doutes sur sa future stratégie ! Nous avions également annoncé ce KO technique qui permettra au régime d’avoir les mains libres pour refuser tout dialogue ou compromis (via Ahmadinejad).

A venir

Nous avions également annoncé que cette réélection allait rebooster les faux opposants au régime. Cette autre prévision se confirme par la publicité donnée par le régime lui-même à la vague verte de jeunes pro-Moussavi qui deviendra bientôt une fausse révolution de velours pour un changement en douce sur le plan interne.

Téhéran avait déjà inventé les faux opposants, il nous offre des faux révolutionnaires qui imitent ceux de l’Europe de l’Est, mais comme tous les simulateurs fabriqués à Téhéran, ils sont hostiles à un changement de régime ou à la dénonciation des vrais crimes du régime comme la lapidation, les pendaisons publiques, les humiliations publiques, ou la pédophilie dépénalisée. Le plus terrible est que ces salauds qui aident le régime pour lui donner une image sexy et moderne seront choyés par Washington pour aider une entente.

La comédie électorale est finie, elle reviendra dans 3 ans pour les législatives. Nous aurons alors à nouveau droit aux facéties de ces candidats aux programmes identiques que nos compatriotes avaient surnommés Mir Hossein Karroubi-nejad!


Mort de Bongo: La Françafrique est morte, vive la Françafrique! (With Bongo, every party got its fair share: Former French foreign minister confirms kickbacks)

11 juin, 2009
Bongo free for all
Le Gabon sans la France, c’est une voiture sans chauffeur. La France sans le Gabon, c’est une voiture sans carburant. Omar Bongo
Je suis attristé d’apprendre la mort du président El Hadj Omar Bongo Ondimba du Gabon ( …) Le président Bongo a joué un rôle important dans le développement et le façonnage des fortes relations bilatérales existant aujourd’hui entre le Gabon et les Etats-Unis. (…) Le président a systématiquement mis l’accent sur l’importance de la recherche du compromis et des efforts pour la paix, et fait une priorité de la protection des trésors naturels du Gabon. (…) Son travail en faveur de la protection (de l’environnement) dans son pays et son engagement à résoudre les conflits à travers le continent constituent une part importante de son héritage. Barack Obama (communiqué)
C’est un grand et fidèle ami de la France qui nous a quittés, une haute figure de l’Afrique et un chef d’Etat qui avait su gagner l’estime et le respect de l’ensemble de ses pairs, notamment par ses nombreuses initiatives en faveur de la paix sur le continent africain. Nicolas Sarkozy (communiqué)
Je connaissais Bongo depuis cinquante ans. C’était un ami et nous avons toujours travaillé en bonne intelligence. Mais je n’étais pas là, moi, pour porter les valises. Et bien d’autres pays ont procédé à de tels financements. La différence avec Omar Bongo, c’est qu’il répartissait équitablement la manne: chaque parti était servi. Roland Dumas

La Françafrique est morte: vive la Françafrique!

A l’heure où, du Pleurnicheur en chef de la Maison Blanche à notre Sarkozy national, le monde entier n’a pas de mots assez doux pour louer les 41 ans du maitre-kleptomane Bongo à la tête du Gabon …

Et où l’ancien président Giscard confirme publiquement les financements occultes, par « l’ami de la France », du délinquant multirécidiviste et ex-squatteur de l’Elysée pendant dix ans Jacques Chirac

Retour, avec un l’éditorialiste de RTL Jean-Michel Aphatie, sur le cynisme tranquille de l’ancien ministre et homme des coups tordus de François Mitterrand et accessoirement avocat du Canard enchainé Roland Dumas.

Qui, dans un entretien au Parisien et entre deux pince-fesses chez les mollahs, confirme la réalité de ces paiements comme le fait, dont se vantait lui-même celui qui continuait à faire destituer des ministres français et avait dû aller se faire opérer en Espagne pour cause de poursuites judiciaires en France où il possédait de nombreuses propriétés, qu’ils touchaient bien – et équitablement, s’il vous plait! – la totalité des partis politiques français.

Sans parler du secret de polichinelle de l’existence du même système pour les autres pays africains et de la réalité, contre toutes les promesses, de la continuation de la Françafrique.

Car en effet, « comme disait François Mitterrand, à quoi servirait de changer les dirigeants en Afrique puisque leurs successeurs prendront les mêmes décisions? »

Roland Dumas sur Omar Bongo, jusqu’à la nausée

Jean-Michel Aphatie
RTL
le 11 juin 2009

Omar Bongo est mort, et les mots que les dirigeants français emploient à propos de cette mort ont ceci de fascinant et de formidable qu’ils en disent plus sur eux que sur lui, sur la France que sur l’Afrique.

Il a déjà été noté ici que plusieurs responsables politiques français ont qualifié Omar Bongo d’ « ami », ce qui laisse songeur quand on connaît le rapport que le président gabonais entretenait avec les libertés individuelles pour ces concitoyens, ou bien avec la notion de solidarité dans le partage des richesses de ce petit pays potentiellement riche, ou bien encore avec l’honnêteté et la moralité dont l’éducation la plus élémentaire apprend à chacun et sur tous les continents qu’elles doivent être les rails d’une vie.

Sur quelles valeurs se fondaient donc cette « amitié » aujourd’hui revendiquée? Des valeurs démocratiques, vraiment, ces valeurs qu’incarnent et représentent pourtant les dirigeants de la République française, patrie des droits de l’Homme et du reste? Ou bien plutôt, et plus prosaïquement, sur les services rendus? Sur les facilités accordées? Sur la défense d’intérêts réciproques? Chacun ici dira que poser la question est un peu stupide, un peu naïf, ou un peu facile, au choix, tant la réponse paraît évidente. Soit. Mais alors, il faut aller au bout du raisonnement et convenir que ni nous ni ceux qui nous dirigent ne croient aux beaux discours et aux proclamations de foi, que ceux-ci flattent nos esprits mais ne guident pas nos actes, qu’ils peuplent notre imaginaire mais ne déterminent pas toujours, pas forcément, voire très peu en la circonstance, nos actes. Il ne s’agit ni de s’en indigner, ni de le regretter. Il s’agit juste d’en prendre conscience, ce que nous permet de faire, justement, la mort d’Omar Bongo.

Cet événement libère les esprits davantage encore qu’on ne pouvait l’imaginer ou l’espérer. L’expression, alors, peut aller jusqu’au cynisme le plus nauséabond, comme l’illustre l’interview de Roland Dumas, ancien ministre des Affaires étrangères de François Mitterrand, ce matin, dans Le Parisien.

Au rang de l’oubli de soi, des valeurs et du reste, ceci. Omar Bongo finançait-il, comme il s’en vantait parfois, les partis politiques français, lui est-il demandé? Réponse de Roland Dumas: « S’il l’a dit, c’est qu’il y a une part de vérité. Je connaissais Bongo depuis cinquante ans. C’était un ami et nous avons toujours travaillé en bonne intelligence. Mais je n’étais pas là, moi, pour porter les valises. Et bien d’autres pays ont procédé à de tels financements. La différence avec Omar Bongo, c’est qu’il répartissait équitablement la manne: chaque parti était servi. »

Que la tirade est belle! Omar Bongo a pu connaître ou faire connaître tous les tourments de l’enfer, gérer son,pays comme un satrape, maintenir dans la pauvreté et la misère ses concitoyens, « nous avons toujours travaillé en bonne intelligence. » C’est une chose, pour un responsable politique de défendre les intérêts de son pays, et Roland Dumas, ministre ou éminence grise, double ou triple tiroir, homme de main et homme servile, a prétendu servir son pays dans les différentes responsabilités publiques ou fonctions occultes qui ont été les siennes. Dans ces cas-là, on peut s’accommoder de tout et du pire, par devoir, avec abnégation. Mais c’est autre chose, tout de même, que cette « bonne intelligence » qui induit l’accord, la complicité, le goût même du contact et le plaisir des retrouvailles, l’amitié donc, revoilà le mot et ce qu’il charrie qui ici n’est pas noble.

Et puis autre chose, du lourd, c’est-à-dire de l’information. Omar Bongo finançait tous les partis, droite et gauche, tous républicains, tous vertueux, mais tous avides d’argent fût-il sale pour défendre ces intérêts là. Et avec combien de perdition au passage? Perte d’argent, certes, égaré dans diverses poches, mais perte de liberté aussi, d’indépendance. Et puis, cette autre information: « d’autres pays ont procédé à de tels financements. » Ah bon? Lesquels? Quand? Au profit de qui? Avec quelles contreparties?

Comme tous les grands hommes, Roland Dumas a écrit ses Mémoires. Rien de tout cela bien sûr n’y figure. Sans doute ne nous juge-t-il pas dignes de ce genre de confidences. Cela ne nous regarde pas, ne regarde que les puissants, ne se partage qu’entre puissants. Mais alors, pourquoi lever le coin du voile ce matin? Maîtrise imparfaite d’un égo depuis longtemps dilaté? Formidable sentiment d’impunité qui fait oublier les lois élémentaires de l’omerta?

Dans sa dernière réponse au Parisien, Roland Dumas atteint les sommets d’un détestable cynisme, au point d’en tutoyer le racisme. Question: « La mort de Bongo marque-t-elle la fin de la Françafrique? » Réponse: « Je ne crois pas. Le système se perpétue. Comme disait François Mitterrand, à quoi servirait de changer les dirigeants en Afrique puisque leurs successeurs prendront les mêmes décisions? »

De manière étonnante, on retrouve cette sentence mitterrandienne dans le papier de page 3 que Le Monde daté de ce jour consacre au défunt président gabonais. La voici, attribuée donc à François Mitterrand par Raphaëlle Bacqué et Pascale Robert Diard, les deux signataires du papier: « A quoi cela sert-il de changer les hommes? Celui que l’on mettrait à la place ferait la même chose. »

La pensée ici n’est pas seulement désabusée, elle est pratiquement raciste. Mettre un Africain à la place d’un autre Africain est inutile. Ils se ressemblent tous. Le changement en France a un sens, parce que les Français sont évolués, intelligents, capables de réflexions, donc de choix. Mais un Africain, pensez donc? Il tapera dans la caisse, voilà tout. Donc, « nous » n’en changerons pas, car c’est nous, bien sûr qui « changeons » les dirigeants africains. Laissons donc en place celui et ceux que nous connaissons. Eux, au moins, ce sont des « amis ». Et voilà comment la boucle se boucle, dans le mépris, le si vulgaire mépris.

C’est une forme d’étonnement qui saisit à l’occasion de la mort d’Omar Bongo. Il était difficile d’imaginer que cet événement libérerait ainsi la parole, jusqu’à produire un effet de miroir dans lequel nous apparaissons la figure tordue par une bien vilaine grimace.

Voir aussi:

« Chaque parti était servi »
Roland Dumas, ancien ministre des Affaires étrangères
Propos recueillis par Henri Vernet
Le Parisien
11.06.2009

L’ancien ministre et avocat Roland Dumas, proche de François Mitterrand, connaissait bien Omar Bongo

Bongo a-t-il pu financer la campagne de Chirac en 1981, comme le prétend Giscard ?

Roland Dumas. Ce genre d’informations n’est pas nouveau. Le président Bongo a toujours été suspect de tels agissements. Je n’ai pas de raison de mettre en doute la parole de Valéry Giscard d’Estaing. Cela concerne un autre bord politique que le mien !

Mais Bongo a lui-même écrit dans un livre qu’il finançait tous les partis français…

S’il l’a dit, c’est qu’il y a une part de vérité. Je connaissais Bongo depuis cinquante ans, c’était un ami et nous avons toujours travaillé en bonne intelligence. Mais je n’étais pas là, moi, pour porter les valises. Et bien d’autres pays ont procédé à de tels financements. La différence avec Omar Bongo, c’est qu’il répartissait équitablement la manne: chaque parti était servi. Il suivait la politique française de très près et s’arrangeait pour savoir quels étaient ceux qui allaient gagner les élections.

Vous avez constaté ces financements occultes ?

Cela ne passe jamais par les ministres en exercice ! Il y a toujours un trésorier de parti ou ses adjoints pour remplir ce rôle.

Beaucoup d’argent passait par Elf ?

Cela, c’est autre chose. C’est un financement privé. Je crois que ça a existé, que tout le monde recevait sa part. Mais quelques-uns étaient plus privilégiés que d’autres…

Quand Charles Pasqua jure que le RPR n’a jamais été financé par Bongo, cela vous fait sourire ?

Non… mais ça passait peut-être par d’autres que lui !

Comment François Mitterrand voyait-il cela ?

Il souhaitait maintenir avec les chefs d’Etat africains des relations qui étaient celles qu’ils avaient eues avec le général de Gaulle. Il n’a rien changé dans le dispositif, il a simplement changé des hommes. Par exemple, Foccart (NDLR : le Monsieur Afrique de De Gaulle) n’était plus là.

Qui était le Foccart de Mitterrand ?

Il y en a eu plusieurs. Il y avait son fils Jean-Christophe, qui avait des relations personnelles avec les dirigeants africains et des liens quotidiens avec son père. Cela facilitait les choses. Des dirigeants comme Bongo ou l’Ivoirien Houphouët-Boigny tenaient à avoir un contact direct avec l’Elysée, parce que là résidait le pouvoir. Je voyais régulièrement Bongo. Un jour il a tenu à me montrer sa vieille carte d’adhérent à la SFIO (NDLR : l’ancêtre du PS) qui remontait à avant la guerre !

Que pensait-il de Mitterrand ?

Il l’aimait bien. Mais il n’avait pas avec lui la même familiarité qu’avec Jacques Chirac, qu’il tutoyait et embrassait.

La mort de Bongo marque-t-elle la fin de la Françafrique ?

Je ne crois pas. Le système se perpétue. Comme disait Mitterrand, à quoi servirait de changer les dirigeants en Afrique puisque leurs successeurs prendront les mêmes décisions ?

Voir enfin:

Obama « attristé » par la mort de Bongo
AFP
09/06/2009

Le président américain Barack Obama s’est dit « attristé » par la mort hier du président du Gabon Omar Bongo. « Je suis attristé d’apprendre la mort du président El Hadj Omar Bongo Ondimba du Gabon », écrit Barack Obama dans un communiqué.

« Le président Bongo a joué un rôle important dans le développement et le façonnage des fortes relations bilatérales existant aujourd’hui entre le Gabon et les Etats-Unis », ajoute-t-il.

« Le président a systématiquement mis l’accent sur l’importance de la recherche du compromis et des efforts pour la paix, et fait une priorité de la protection des trésors naturels du Gabon », indique M. Obama. « Son travail en faveur de la protection (de l’environnement) dans son pays et son engagement à résoudre les conflits à travers le continent constituent une part importante de son héritage », ajoute le président américain. « Au nom du gouvernement des Etats-Unis, je présente mes condoléances à sa famille et au peuple du Gabon », conclut M. Obama.

Voir enfin:

MORT D’OMAR BONGO
La mort du président gabonais signe-t-elle la fin de la « Françafrique »?
NOUVELOBS
11.06.2009

Même s’il ne représentait pas à lui seul la « Françafrique », la disparition du président gabonais marque la fin d’une certaine relation franco-africaine.
Avec la mort d’Omar Bongo Omdimba, c’est un pilier de la « Françafrique » qui s’effondre. C’était l’une des figures les plus emblématiques de l’Afrique post-coloniale. Il a été l’interlocuteur privilégié des présidents français depuis plus de 40 ans, même si les relations avec Paris se sont récemment crispées. Doyen des chefs d’Etats africains, son influence tenait avant tout à son ancienneté: 41 ans de pouvoir.

Agé de 73 ans, il avait accédé au pouvoir en 1967, avec l’aval de la France. Il est le président resté le plus longtemps au pouvoir. Pour le journaliste Antoine Glaser, rédacteur en chef de la Lettre du continent il « était le gardien d’un demi-siècle de secrets de la présence française en Afrique ». « Approvisionnement énergétique, mercenariat, opérations secrètes… Des années 60 aux années 90, il a servi la diplomatie d’influence de la France en Afrique. Et la plate-forme de la France, gendarme de l’Afrique, c’était Libreville », poursuit-il.

Une expression est née

C’est l’ancien président de la Côte d’Ivoire, Felix Houphouët-Boigny, qui inventa l’expression France-Afrique, en 1955. Il voulait définir ainsi les bonnes relations qu’entretenait la France avec ses anciennes colonies. L’expression « Françafrique » a ensuite été forgée par François-Xavier Verschave, ancien président de l’association Survie. Il a ainsi voulu désigner les réseaux occultes qui unissaient la France à l’Afrique.
Dans son livre, « La Françafrique, le plus long scandale de la République » (Stock, avril 1998), il écrit : la Françafrique est « une nébuleuse d’acteurs économiques, politiques et militaires, en France et en Afrique, organisée en réseaux et lobbies » qui « est hostile à la démocratie ». L’Angola, le Togo, le Congo-Brazzaville, la République démocratique du Congo, le Rwanda, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Cameroun, le Tchad, les Comores, le Gabon, le Burkina Faso, Madagascar, le Bénin, la Tunisie, le Maroc, le Niger, Djibouti, le Mali, la Centrafrique, la Mauritanie, la Guinée Equatoriale et l’Algérie feraient partie de ce cercle d’initiés.

Une sphère d’influence

Corruption, accords secrets, soutien militaire indirects en sont les caractéristiques. L’objectif français aurait été de maintenir une sphère d’influence importante en Afrique et d’exploiter la richesse des matières premières. Une « cellule Afrique » composée de plusieurs diplomates a été constituée sous l’autorité du général De Gaulle. Jacques Foccart en a été le principal dirigeant jusqu’en 1974. Cette cellule aurait, selon certains, soutenu des dirigeants, déjoué des coups d’Etat et fomentés d’autres. L’ancien président de la République Valéry Giscard d’Estaing a ainsi affirmé au lendemain de la mort d’Omar Bongo, que le président gabonais avait soutenu « financièrement » Jacques Chirac pendant la campagne présidentielle de 1981.

Le discours de Cotonou

Un lien, donc, fondé sur des intérêts croisés, y compris avec Nicolas Sarkozy, qui avait pourtant promis de rompre avec la « Françafrique » et de « définitivement tourner la page des complaisances, des secrets et des ambiguïtés », lors de son discours de campagne en 2006 à Cotonou (Bénin).
Il promettait alors de ne plus soutenir les chefs d’Etat corrompus. Et pourtant.
Après son élection, il fait étape à Libreville au cours de sa première tournée africaine. Autre signe de la persistance de ces relations particulières, Omar Bongo a obtenu en 2008 le départ du secrétaire d’Etat à la Coopération, Jean-Marie Bockel, qui l’avait profondément irrité en annonçant vouloir « signer l’acte de décès de la Françafrique » qu’il reconnaissait « moribonde ». Des déclarations jugées arrogantes pour le Gabon, qui, se sentant visé, a déclaré préférer « trouver des partenaires plus respectueux ».

« La France sans le Gabon, c’est une voiture sans carburant »

Le Gabon était aussi le bastion originel d’Elf, la compagnie pétrolière française créée en 1967, dont l’ex-PDG, Loïk Le Floch-Prigent, reconnaîtra plus tard qu’elle servait de « diplomatie parallèle » et finançait les services secrets français… « Le Gabon sans la France, c’est une voiture sans chauffeur. La France sans le Gabon, c’est une voiture sans carburant ». Ainsi Omar Bongo décrivait-il, dans les années 80, les relations entre Paris et son ex-colonie, riche en pétrole, manganèse et bois.

L’affaire des biens mal acquis

Les tensions sont montées d’un cran après la diffusion, par la chaîne de télévision publique France 2, d’un reportage consacré aux biens immobiliers luxueux du clan Bongo en France. Les associations Survie, Sherpa et la Fédération des Congolais de la diaspora portent alors plainte pour « recel de détournement de biens publics et complicité » auprès du tribunal de Grande Instance de Paris contre cinq chefs d’Etats africains dont la famille d’Omar Bongo. Selon elles, ces biens ont été acquis avec de l’argent public détourné. Une enquête policière pour « infraction insuffisamment caractérisée » est ouverte par le parquet de Paris en juin 2007, puis classée sans suite en novembre 2007. Au Gabon, l’opinion gabonaise se range derrière son chef d’Etat et dénonce les accusations françaises. Le 2 décembre 2008, Transparency International France, l’Association Sherpa et un citoyen gabonais Grégory Ngbwa Mintsa déposent une nouvelle plainte assortie d’une « constitution de partie civile » visant entre autres Omar Bongo, ainsi que son entourage pour « recel de détournement de fonds publics ». Dans les milieux diplomatiques, on a alors expliqué que la rupture ne devait pas passer en force, et que Nicolas Sarkozy voulait « éviter tout problème » avec l’Afrique.

Très peu de chance pour un procès

« La disparition du président Bongo ne change rien aux poursuites en cours dans l’affaire des biens mal acquis », a indiqué l’avocat Me William Bourdon à l’agence de presse AFP, en rappelant que « plusieurs membres de sa famille » sont également visés par une plainte devant la justice française. « Une enquête de police a montré que les détournements de fonds dénoncés par Tranparency Internationale France sont imputables à une entreprise familiale », explique l’avocat de l’association anti-corruption. « Les opérations de succession sur les biens mal acquis ne peuvent être aujourd’hui que très compliqués et la disposition des biens d’Omar Bongo (distribution des biens à ses héritiers) ne peut, à mon sens, qu’être suspendue de fait, compte-tenu de la procédure en cours », a-t-il ajouté. La date d’audience n’a pas encore été fixée.

Un allié encombrant ?

La disparition d’Omar Bongo, même si elle ne fera pas taire les associations, permet au gouvernement français de se débarrasser d’un allié gênant. Selon Antoine Glaser « c’est emblématique de la fin d’un certain type de relation entre l’Afrique et la France ». « C’est une page qui se tourne car c’était le dernier doyen de toute une période historique ». Et si l’opinion française est favorable à une enquête concernant les biens mal acquis, il y a peu de chance d’aboutir à un procès. Surtout si la suppression du juge d’instruction voulue par le chef de l’Etat est effective. « Je vois mal comment le Parquet pourrait initier une enquête », s’inquiète William Bourdon.


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