Iran: Les pompom girls ont encore frappé (New acrobatic maneuvers have turned cheerleaders into daredevils)

Complete cherrleadingEtre pompom girl n’est plus ce que c’était. Ce n’est plus sois belle et tais-toi sur la ligne de touche. Erin Brooks
Bien sûr, le voile est un instrument de pression mais en même temps pour certaines femmes, pour certaines catégorie d’Iraniennes, le voile a été en même temps un outil de liberté. Sara Yelda (écrivaine iranienne vivant en France)
Déjà, il faut prévenir le téléspectateur que si on veut perdurer dans le métier d’iranologue, on évite de faire des prévisions. (…) Je voulais simplement rappeler pour les téléspectateurs qu’il y a quelque chose de très fort dans la mémoire collective iranienne, c’est le coup d’Etat de 1953 où on le sait maintenant la CIA et l’Intelligence service ont fait sortir du jeu politique Mossadegh et l’ont remplacé par le Shah. Thierry Coleville
Les pompom girls du régime ont encore frappé!

Exemplaire illustration, hier soir sur France 5, de la manière dont les lobbyistes du régime, français comme iraniens, contribuent sur nos plateaux au black-out médiatique sur la répression sanglante de sa propre population par la prétendue “République” des mollahs …

Hourcade et Coville du côté français, Adlekhah et Sara Yalda (enregistrée) du côté iranien, sans compter le naïf de service avec un journaliste encore tout ébloui venant de faire son plein de poids des mots-choc des photos en couvrant pour Radio Quai d’Orsay une véritable « campagne à l’américaine » …

Il faut dire, même s’il lui manquait son fidèle dhimmi de service Antoine Sfeir, qu’Yves Calvi leur avait, comme à son habitude, largement facilité la tâche avec un plateau parfaitement bétonné.

A côté de ça, on imagine aisément l’impact qu’ont pu avoir les quelques (90) secondes enregistrées du journaliste d’Iran-Resist tentant de rappeler, le goujat, les si prosaïques réalités d’un régime qui institutionalise les mariages forcés de petits filles de 9 ans (des « héritages anthropologiques » d’un autre âge, on vous dit !).

Alors que nos thuriféraires stipendés (la fine fleur en fait du CNRS et des IRIS et autres CERI que le monde nous envie) n’en avaient que pour l’incroyable modernisation (la meilleure couverture médicale comme à Cuba, ça, on a pas eu le tmps de le dire, mais bon on peut pas tout dire!) d’une société qui a réussi, gràce au tchador et en à peine 30 ans, à envoyer 60% de ses jeunes filles à l’université (certes pour rester à la maison après, mais bon, on peut pas tout avoir!).

Avec processus électoral à l’américaine (femmes des candidats sur les podiums, on vous dit!) et taux de participation idoine (bon, 85%, ça fait plus soviétique et les candidats avaient dûment été pré-sélectionnés par le régime, mais on va pas chipoter!).

Obama y a été dûment et sobrement qualifié de « génial » (Hourcade) et on a même appris que ses méchants prédécesseurs (il était même pas né !) avaient déposé manu militari un premier ministre démocratiquement élu pour le remplacer par le shah honni (oui, on sait, ledit premier ministre avait été nommé par ledit shah qui pouvait donc le remercier, mais entre personnes de bonne compagnie, on se comprend!).

Bref, conclusion écrite d’avance dans la composition du plateau malgré le titre faussement accrocheur de l’émission (notre ami et confrère d’Iran-Resist est peut-être un peu charitable avec notre Yves Calvi national), la République islamique est tout simplement en train, puisqu’on vous le dit, de faire la preuve de sa remarquable modernisation …

Iran: C dans l’air, 2 heures de résistance!
Iran-Resist
24.06.2009

L’Iran est au centre des débats. Le peuple est dans la rue, cela suscite des interrogations, de l’espoir. C’est ce à quoi pensait Yves Calvi en intitulant sa dernière émission : Iran, la révolution ? Malheureusement, on a peu parlé de cette révolution visible, car il y avait de la résistance dans l’air !

« Iran, la révolution ? » restera sans doute gravé dans la mémoire d’Yves Calvi. Pendant, une heure, il aura tout essayé pour engager le débat sur la république islamique, sa répression, ses lois, son idéologie, sans y parvenir car il n’avait pas en face de lui des experts mais des lobbyistes ! Ces questions n’étaient pas vues comme des interrogations curieuses mais des critiques qui suscitaient des réactions défensives.

En fait, pendant une heure, Fariba Adlekhah, Bernard Hourcade et Thierry Coville ont sans cesse défendu le régime des mollahs ! Adlekhah défendait le processus électoral et le taux de la participation, Coville défendait la modernisation de la société grâce à la révolution islamique et Hourcade s’était mué en porte-parole des institutions du régime. A chaque question sur ce qui se passe en Iran, les trois disaient n’en rien savoir et embrayaient chacun sur leur sujet : le processus électoral et le taux de la participation, la modernisation de la société grâce à la révolution islamique et le rôle des institutions.

Ce système de verrouillage de l’info a dérapé quand Yves Calvi a parlé de Neda, la jeune iranienne assassinée ce week-end, par les bassidjis, ces nervis du régime qu’Adlekhah et Hourcade avaient un peu plutôt qualifié de « sortes de scouts » !

Incroyable mais vrai : il n’y eut pas la moindre expression de tristesse et de compassion chez ces voyous médiatiques. Rien. Adelkhah a embrayé sur le processus électoral et le taux de la participation, Coville a glosé sur la modernité des moyens de communication et Hourcade, en gardien des institutions et défenseur de leur modernité, a nié les faits. Il ne savait rien de Neda et ça le gênait que l’on en parle.

Second choc, Yves Calvi a évoqué l’âge du mariage qui évoque la pédophilie dépénalisée et sans surprise, Adelkhah a embrayé sur le processus électoral et le taux de la participation, Coville a glosé sur la modernité de notre gardien des institutions et défenseur de leur modernité, Hourcade a encore nié les faits… poussant Calvi a parlé à juste titre de négationnisme ! Une réaction chez les invités ? rien !

Pour faire dévier le débat qui était en train de s’engager sur les mécontentements qui expliqueraient le soulèvement des Iraniens, Adelkhah a immédiatement embrayé sur le processus électoral et le taux de la participation et le camarade Coville a glosé sur la modernité de la condition féminine en Iran ! Grégory Philipps, le Journaliste français présent sur le plateau, que nous avions déjà remarqué pour ses couvertures faisant état d’une belle démocratie en Iran apporta sa caution morale aux trois autres qui étaient aussi toujours du même avis. A aucun moment, aucun n’a contredit les autres !

Les quatre ont ainsi reconstitué une mini république islamique sur le plateau où Calvi faisait de la résistance ! En agissant ainsi, Calvi a pourtant bousculé le processus propagandiste, fait bafouiller nos soi-disant experts. Belle leçon de journalisme ! Par sa pugnacité souriante, il a poussé les 4 lascars dans leurs derniers retranchements ! Agacés, bafouillant, occupés à se justifier, ils ont oublié l’essentiel : se dire solidaire du peuple iranien.

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