Diplomatie: La faute à George Bush qui a donné une mauvaise réputation à la démocratie (When all else fails, blame Bush)

Vedrine's dream of a postAmerican worldLa France n’est pas onusienne, elle est antiaméricaine! Jean-François Revel
L’objectif prioritaire de la diplomatie française est le containment inconditionnel des Etats-Unis. Françoise Thom
Bien entendu nous n’allons rien faire. Claude Cheysson (lendemain du coup de force du général Jaruzelski, décembre 1981)
La situation est tragique mais les forces en présence au Moyen-Orient font qu’au long terme, Israël, comme autrefois les Royaumes francs, finira par disparaître. Cette région a toujours rejeté les corps étrangers. Dominique Galouzeau de Villepin (automne 2001)
On ne peut plus continuer le prosélytisme occidental comme si rien ne s’était passé. (…) un jour on se dira peut-être que les droits-de-l’hommistes n’auront pas eu plus d’influence sur la Chine que les missionnaires catholiques. Hubert Védrine (janvier 2009)

Dans notre série « on ne peut rien faire réjouissons-en nous » et « dans le doute, mettez-ça sur le dos de Bush » …

Au lendemain d’une mémorable conférence du Machin sur le racisme présidée par la Libye, Cuba et l’Iran où l’Occident a été gentiment « prié de se désoccidentaliser »

Comme d’un Forum de Doha sur la démocratie où l’ex-squatter tyrannophile de l’Elysée a porté aux nues la démocratie locale …

Et alors que (voir notre précédent billet) pendant que l’Iran se rapproche du seuil nucléaire (tout en rappelant – on est rassurés – que la charia l’interdit), l’Etat-major américain lui-même s’inquiète d’une éventuelle main basse des talibans sur la bombe pakistanaise …

Retour sur un petit joyau de realpolitikerie d’un des fleurons, avec Cheysson et Villepin, de notre Quai d’Orsay

Qui avait donné au monde, du temps où il conseillait Mitterrand, le succès que l’on sait du soutien jusqu’au bout des génocidaires rwandais

Notre célébrissime dénonciateur de « l’hyperpuissance » et champion de la « multipolarité » dont Sarkozy a si fâcheusement privé la France et le monde pour un vulgaire (ex)droit de l’hommiste …

Notre Hubert Védrine national qui, lors du lancement de la version anglaise de son dernier livre à Wahington en janvier dernier, n’en pouvait plus de voir avec le départ du père fouettard universel Bush et l’arrivée à la Maison Blanche du munichois Obama, sa prophétie enfin réalisée du « retour de l’Histoire ».

A savoir l’avènement d’un monde enfin débarrassé du « monopole occidental sur l’Histoire » et surtout de l’insupportable arrogance américaine (un monde enfin « multipolaire », c’est-à-dire bientôt « post-américain ») avec son incroyable prétention à imposer au reste du monde une liberté et des valeurs occidentales dont il n’a évidemment que faire …

Hubert Védrine et l’Amérique de Barack Obama
Corine Lesnes
Le Monde
15.01.09

La démocratisation est-elle « un objectif légitime » des politiques occidentales ? Cela fait onze ans que Madeleine Albright et Hubert Védrine débattent de la question. L’ex-secrétaire d’Etat américaine entend encore la voix de son homologue français, interrompant le ronron des conférences téléphoniques sur le Kosovo. « Paris demande la parole ! » Aujourd’hui, les points de vue se sont rapprochés. « Madeleine » est moins flamboyante. La faute à George Bush, dit-elle, qui a donné « une mauvaise réputation à la démocratie ». Hubert Védrine, lui, craint une coalition du monde multipolaire contre « nous, les Occidentaux », mais il voit les Etats-Unis en posture favorable pour continuer à dominer, ce dont il ne semble pas se formaliser.

Invité à Washington par la Brookings Institution et l’ambassade de France à l’occasion de la parution en anglais de son livre Continuer l’Histoire (Fayard, 2007) – sous un titre très « Star Wars » : History Strikes Back (« L’Histoire contre-attaque ») -, M. Védrine a discuté avec son ancienne homologue et livré ses réflexions sur l’état du monde à quelques jours de l’investiture, le 20 janvier, de Barack Obama. M. Védrine continue à se méfier des idéalistes. Plus que les « vieilles idées des Lumières », il pense que c’est peut-être la défense de l’environnement qui deviendra la valeur universelle de demain. Pour lui, les Occidentaux ont péché par arrogance depuis la chute de l’URSS : « On se prenait pour les maîtres du monde sur l’Olympe. On décidait de qui on sanctionne, qui on bombarde… »

Aujourd’hui, pour l’ancien ministre des affaires étrangères de Jacques Chirac et de Lionel Jospin, de 1997 à 2002, les maîtres « ne contrôlent plus vraiment le système ». Il suffit de voir « l’absence impressionnante de résultats » de la diplomatie occidentale : « On n’a même pas réussi à convaincre les Birmans » de laisser entrer l’aide humanitaire. Pour Hubert Védrine, les Occidentaux tâtonnent, s’emmêlent dans leurs priorités. « On fait pression sur un pays dont on va avoir besoin la semaine suivante pour faire pression sur un autre », souligne-t-il.

Hubert Védrine plaide pour un retour au réalisme : « On ne peut plus continuer le prosélytisme occidental comme si rien ne s’était passé. » Pour lui, le monde n’est pas encore « post-américain », selon l’expression de l’éditorialiste Fareed Zakaria, mais le « monopole occidental sur l’Histoire » est fini. Pour l’ancien ministre, « un jour on se dira peut-être que les droits-de-l’hommistes n’auront pas eu plus d’influence sur la Chine que les missionnaires catholiques ».

Le bilan « désastreux » de la politique de George Bush donne, selon Hubert Védrine, à Barack Obama une réelle marge de manoeuvre. « Tout le monde a confiance en lui, alors que personne ne sait ce qu’il pense ou ce qu’il va faire », a-t-il constaté.

Du simple fait d’avoir décrété qu’il dialoguerait avec les dictateurs, il incarne la rupture avec le dogmatisme précédent. Déjà, par le seul fait de cette proposition, Barack Obama a entraîné une discussion au sein du pouvoir iranien.

Sur le dossier israélo-palestinien, M. Védrine pense aussi que les Etats-Unis ont les moyens de « retourner la situation ». L’ancien ministre des affaires étrangères l’a dit à ses interlocuteurs : « Imaginez le rayonnement qu’aurait un président américain qui réglerait le problème palestinien. L’Amérique a cette carte. Comment peut-elle s’en priver ? » Reste la question de fond : « Devons-nous traiter avec le reste du monde ou devons-nous le changer ? » Barack Obama n’a pas encore livré le fond de sa pensée. Pour l’instant, sa priorité est de réparer.

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