Présidentielle iranienne: Le pire système à l’exception de l’Amérique de Bush (Tehran goes once more through the electoral motions)

Iran-style democracy
De même que les progressistes européens et américains doutaient des menaces de Hitler et de Staline, les Occidentaux éclairés sont aujourd’hui en danger de manquer l’urgence des idéologies violentes issues du monde musulman. Paul Berman
Par votre courage et votre fierté, vous défendez une vision proprement iranienne qui affirme la compatibilité des valeurs de l’islam avec celles de la démocratie et des droits de l’homme. La France est à votre écoute et se reconnaît dans votre combat. Chirac

Un système libéral comme celui des Etats-Unis d’Amérique n’est pas à l’abri de dérives non plus : avec ce qui s’est passé sous la présidence de George Bush en matière d’atteintes aux droits et aux libertés fondamentaux, peut-on encore dire que ce gouvernement pouvait être considéré comme démocratique ? (…) Pour prendre le cas de l’Iran, qui en juin va élire son président, je voudrais faire remarquer que toutes nos élections, législatives ou présidentielle, sont faites sur le même moule : le suffrage est un suffrage restreint. (…) Devons-nous pour autant considérer que la démocratie est pour nous, Iraniens, un luxe inaccessible ? Certainement pas. N’oublions pas que la démocratie a un processus de développement qui peut prendre des décennies pour entrer dans la vie quotidienne et dans la culture d’un pays.
Chirin Ebadi
La République islamique est une oligarchie militaro-religieuse, c’est la terminologie du mot République qui exige un décorum républicain. La fonction présidentielle n’a aucune autre utilité en Iran. Elle continue cependant à entretenir des malentendus. Les élections imitent les manifestations similaires dans les véritables démocraties. En quelque sorte, la tenue d’élections importe d’avantage aux mollahs iraniens que leurs résultats. Le but est d’attirer les Iraniens jusqu’aux urnes et de montrer les images de cette participation dans les médias occidentaux. Iran-Resist

Téhéran applique en fait le scénario de base qu’il utilise pour recycler ses agents en soi-disant dissidents pour les infiltrer parmi les vrais opposants exilés : une condamnation médiatisée suivie d’une grève de la faim et des annonces quotidiennes de l’entourage du prisonnier sur son état alarmant, plus des comités de soutien, des pétitions etc… Iran-Resist

La démocratie est le pire système… à l’exception de l’Amérique de Bush!

Alors qu’après une mémorable conférence du Machin sur le racisme présidée par la Lybie, Cuba et l’Iran, l’ex-squatter tyrannophile de l’Elysée porte aux nues la démocratie locale au Forum de Doha sur la démocratie …

Et que pendant que l’Iran se rapproche du seuil nucléaire (tout en rappelant – on est rassurés – que la charia l’interdit), les talibans pourraient s’emparer de la bombe pakistanaise …

Présélection des candidats, pas de liberté d’expression, ni de réunion, de création de partis politiques ou de candidature, vote forcé sous peine de licenciement ou de radiation de l’université, “président” n’ayant aucun pouvoir, pouvoir concentré entre les mains de l’homme fort du régime (Rafsandjani, voué à jouer, derrière le rideau de fumée du Maitre Suprême Khameni, les éminences grises du fait des deux mandats internationaux – pour faits aggravés de terrorisme – qu’il a sur le dos ), rumeurs de tricherie électorale, candidats-leurres, arrestations ou enlèvements suivies de libérations spectaculaires de chercheurs ou journalistes étrangers (comme actuellement la correspondante irano-japonaise née aux Etats-Unis Roxana Saberi), photos truquées et réquisition de miliciens réservistes pour gonfler les manifestations, faux dissidents, fausses féministes, faux étudiants, rapports sur les droits de l’homme téléguidés, abaissement à un mois de l’élection de l’âge de vote à 15 ans, manifs de faux étudiants, instrumentalisation de la souffrance de condamnés ou suppliciés, fausses rumeurs d’attentats, lancement de campagnes internationales de dénonciation …

On le voit, les mollahs ne lésinent pas, à la veille d’une nouvelle élection présidentielle et entre deux pince-fesses pour ses idiots utiles occidentaux, pour mimer les controverses et les débats d’une véritable démocratie.

Et accréditer, derrière l’image d’une fausse opposition entre des candidats durs et modérés, l’idée ou plutôt l’image d’un régime non seulement réformable mais en train de se réformer.

Dont ce petit joyau de manipulation et de désinformation, parfaitement décrypté par le site d’opposants Iran-resist, tout récemment proposé au Monde par la fausse dissidente dûment nobélisée Chirin Ebadi (qui avait lors d’un voyage en France, on s’en souvient, consenti à évoqué le “détail” du génocide juif !).

Où, sous couvert d’un inventaire des Etats qui ont connu une dérive non démocratique (en vrac la Chine, Cuba mais aussi l’Amérique de Bush!) et la question, importante mais non décisive, de la validation des candidatures, elle fait passer « 30 ans d’un totalitarisme sanglant » d’un régime qui décide de tout par-dessus la tête de ses élus, comme une « dérive non démocratique d’un système sain » …

Iran: La double mystification de Shirin Ebadi
Iran-Resist
30.04.2009

Bientôt auront lieu en Iran les élections présidentielles. Les Iraniens vont boycotter massivement ces élections comme les précédentes. C’est un désaveu que le régime veut dissimuler. Pour cela, il compte sur le concours de ses lobbyistes qui ont accès aux médias occidentaux. L’un d’eux est Shirin Ebadi. Elle a signé dans le journal Le Monde un article sur la démocratie en Iran [1].

L’article commence par une question : « On me demande souvent si la démocratie vue de mon pays, la République islamique d’Iran, n’est qu’une sorte de luxe à l’occidentale ou une réalité solidement établie ? Comment répondre à pareille question, sinon en définissant précisément ce qu’est à mes yeux la démocratie ? »

Suit alors une longue énumération décousue où Ebadi compare différents pays et différents types d’élections pour signaler des exemples de dérives non démocratiques, un mal universel et non un défaut intrinsèque des démocraties islamiques. Il faut atteindre le 9ième paragraphe sur les 17 qui composent cet article confus pour comprendre ceci.

Pour commencer son raisonnement sur les dérives non démocratiques, Ebadi cite Hitler : poncif du genre. Or, Hitler, chancelier du Reich, a demandé les pleins pouvoirs au Reichstag, et les a obtenus légalement par une majorité des 2/3. On ne peut pas faire le procès du système démocratique allemand sur la base des futurs méfaits de Hitler, d’autant plus que la notion des pleins pouvoirs n’a rien d’anti-démocratique, c’est une notion qui remonte à la démocratie grecque et qui a été par la suite utilisée à de nombreuses reprises dans différents pays, depuis la Rome antique jusqu’à la France contemporaine.

Ce début biaisé donne le ton. La suite n’est guère mieux. Shirin Ebadi a inclus la république islamique d’Iran dans son inventaire des Etats qui ont connu une dérive non démocratique. Il y a en fait une double mystification : un procès en règle de la démocratie occidentale, et la réduction de 30 ans d’un totalitarisme sanglant à une dérive non démocratique d’un système sain.

Cette double mystification prend des allures de farce quand Ebadi regroupe la lapidation, la pédophilie dépénalisée, le contrat de l’esclavage marital, et l’ensemble des lois barbares issues de l’islam sous le vocable de « lois discriminatoires » qui empêchent la république islamique d’être une démocratie au même titre que l’Amérique a cessé de l’être sous Bush en raison d’un nombre important de violations des droits de l’homme ! Mais on croit rêver ! En substance, elle dit en plus : L’Iran n’est pas démocratique, mais le reste du monde n’est pas mieux !

Dans cet article au raisonnement bancal, pour les besoins de sa démonstration, Ebadi a classé la Chine et Cuba parmi les démocraties légèrement déviantes. Ces pays sont, selon elle, dirigés par des « majorités idéologiques » qui privent les gens de leur liberté d’expression comme le font les majorités islamistes turques ou afghanes au pouvoir dans leur pays. Tout est un peu similaire : le mal n’est pas confiné aux pays musulmans ! Cette femme primée pour dénoncer les violations des droits de l’homme dans le monde musulman ne fait que dénoncer les médisances sur l’Islam et sur les islamistes.

C’est extrêmement habile dans l’art de la plaidoirie : en écrivant un article qui devait répondre à la possibilité d’une démocratie en Iran, Ebadi embrouille tous les critères de compréhension pour minimiser les méfaits du régime des mollahs, qui ne serait qu’un mauvais élève parmi tant d’autres.

Mais la mystification ne s’arrête pas là : plus loin, elle affirme que le seul défaut du système électoral chez ce mauvais élève de la démocratie est la notion de la validation des candidatures. C’est encore une habileté : elle ne met pas l’accent sur l’architecture du régime et ses centres légaux de pouvoir qui décident par-dessus les élus, mais sur une notion qui existe dans tous les pays du monde, la validation des candidatures. Par cette autre approche biaisée, elle dissimule la vraie nature du régime qui se caractérise par une absence totale d’institutions démocratiques et une comédie électorale pour légitimer ce pouvoir non démocratique.

Cet article est une puissante œuvre de mystification, une propagande indirecte qui évoque habilement une démocratie restreinte en Iran : son but est de rassurer le monde occidental, afin qu’il ne s’impatiente pas sur le cas iranien.

Shirin Ebadi ne cesse de nous décevoir. Quand le régime est sali par une affaire de lapidation, elle prend sa plume pour parler des progrès des droits de l’homme en Iran. Quand il a besoin que les Etats-Unis acceptent un arrangement, elle prend sa plume pour demander à Obama de supprimer toutes les sanctions contre Téhéran et d’accepter de négocier avec Ahmadinejad [2] sans même évoquer les violations des droits de l’homme et à présent que Téhéran a besoin d’une légitimité par les urnes, au lieu de parler des vraies raisons de boycotter des élections, elle prend sa plume pour évoquer le faux problème des validations.

Cette femme qui devrait dénoncer les violations islamiques des droits de l’homme en Iran ne fait rien en ce sens et voyage à travers le monde avec un passeport délivré par ce régime pour répéter ce même discours diffusé hier dans les colonnes du Monde. Au moment de cette parution, elle était à Los Angeles où enfin les Iraniens même de gauche l’ont boycottée. Qu’importe, ce discours n’est pas destiné aux Iraniens, mais à ceux qui s’intéressent à l’Iran car ils aiment la démocratie, ce discours est une puissante œuvre de propagande car il veut les éloigner de leur but afin que les Iraniens ne puissent avoir des alliés. Honte à toi Ebadi et honte à la direction du Monde d’être les complices de la répression en Iran.

Voir aussi:

La démocratie n’est pas un luxe à l’occidentale
Chirin Ebadi
Le Monde
28.04.09

On me demande souvent si la démocratie vue de mon pays, la République islamique d’Iran, n’est qu’une sorte de luxe à l’occidentale ou une réalité solidement établie ? Comment répondre à pareille question, sinon en définissant précisément ce qu’est à mes yeux la démocratie ?

La démocratie au sens classique du terme signifie la gestion du pouvoir par le gouvernement d’une majorité issue d’élections libres. Cependant, cette majorité doit respecter certaines règles, car il ne faut pas oublier que plusieurs dictatures sont arrivées au pouvoir à la suite d’élections comme ce fut le cas, dans le passé, avec l’arrivée d’Hitler en Allemagne.

Par conséquent, nous devons établir un cadre qui doit être respecté par le pouvoir. Ce cadre, je le nomme cadre démocratique et il ne consiste en rien d’autre que le respect des règles qui protègent les droits de l’homme. C’est dans ce contexte que la majorité arrivée au pouvoir peut justifier sa légitimité. Si elle ne respecte pas ces règles, elle n’a aucune légitimité démocratique.

Des exemples ? Un gouvernement élu certes, mais qui sous le prétexte de la religion applique une politique discriminatoire à l’égard des femmes, soit la moitié de la population dans un pays comme l’Iran, peut-il être considéré comme un pouvoir démocratique ? Je ne crois pas. De la même manière, une majorité au pouvoir ne peut au nom de son idéologie empêcher les gens de s’exprimer, car, en faisant cela, elle viole la liberté d’expression comme cela se passe à Cuba ou en Chine.

Un système libéral comme celui des Etats-Unis d’Amérique n’est pas à l’abri de dérives non plus : avec ce qui s’est passé sous la présidence de George Bush en matière d’atteintes aux droits et aux libertés fondamentaux, peut-on encore dire que ce gouvernement pouvait être considéré comme démocratique ? La réponse est non.

En conséquence, la légitimité d’un gouvernement n’émane pas seulement du suffrage universel mais aussi du respect du droit et des libertés de tous les citoyens, sans distinction de race, de sexe, de religion, d’opinion politique, etc.

Nous constatons d’autre part que dans certains pays des mouvements islamistes arrivent au pouvoir, comme en Turquie. Parmi les premières mesures prises par le gouvernement turc figurait la suppression de la loi sur l’interdiction du hidjab dans les universités. Cette réforme ne me choque pas, mais une grande majorité des femmes turques craint que dans l’avenir le port du foulard ne soit obligatoire, comme c’est le cas actuellement en Iran. Et elles ont raison de s’interroger.

Par ailleurs, en Afghanistan, pour donner satisfaction aux fondamentalistes et aux intégristes, le Parlement est en train de faire passer des lois qui privent les femmes afghanes de droits qui leur sont reconnus dans la Constitution.

Ces gouvernements, sous le prétexte qu’à leurs yeux l’islam n’est pas compatible avec la démocratie, justifient ainsi la nature antidémocratique de leur politique. Ils considèrent que la démocratie est une notion occidentale qui ne peut, à aucun moment, prendre le pas sur l’islam et ils qualifient leur système politique de « démocratie islamique ». Un terme qui, pour eux, établit la primauté des lois religieuses sur la volonté populaire.

Il ne faut pas pour autant conclure un peu rapidement qu’islam et démocratie sont incompatibles. Car, on le voit constamment, dans la plupart des pays musulmans, il y a des mouvements modernes qui pensent que la charia n’est pas le message principal du prophète. En effet, il faut distinguer le message divin des règles de la charia, édictées il y a plusieurs siècles, afin de trouver des solutions pour la vie quotidienne de la population de notre époque. C’est le meilleur moyen d’éviter quelques aberrations.

Par exemple, actuellement, dans les pays musulmans, l’esclavage est interdit légalement, mais il est autorisé par la charia. Alors, parce que la charia dit que les femmes n’ont pas les mêmes droits que les hommes et les non-musulmans les mêmes droits que les musulmans, faut-il que légalement, dans leurs pays respectifs, les femmes, les minorités religieuses ou d’autres couches sociales continuent à être victimes de discrimination et ne soient pas considérées comme des citoyens de plein droit ?

Nous, musulmans modernes, pensons qu’il n’y a pas d’incompatibilité entre la démocratie et l’islam, que les termes comme « la démocratie islamique » ou les droits de l’homme « islamiques » sont en fait utilisés par les gouvernements non démocratiques pour justifier leur façon de gouverner et leur pouvoir illégitime.

Regardons ce qui se passe lors des élections dans ces pays-là : dans la Déclaration universelle des droits de l’homme, il est précisé que les élections doivent être générales, libres, honnêtes et à bulletin secret. Mais dans des pays où la moitié de la population ne sait ni lire ni écrire, comment le secret du vote peut-il être respecté ? Et dans d’autres pays où une grande partie de la population n’a que 1 dollar par jour pour vivre et où le pouvoir grâce à ses pétrodollars a tous les moyens financiers d’acheter des voix aux plus pauvres, comment peut-on dire que les élections sont libres et honnêtes ?

Par conséquent, je dirai que tant que les élections ne sont pas conformes aux règles des droits de l’homme, la majorité arrivée au pouvoir à la suite du suffrage universel ne peut être considérée comme une majorité légitime et démocratique.

Pour prendre le cas de l’Iran, qui en juin va élire son président, je voudrais faire remarquer que toutes nos élections, législatives ou présidentielle, sont faites sur le même moule : le suffrage est un suffrage restreint. Je m’explique : c’est le Conseil des gardiens, rouage essentiel de la République islamique, dont les membres sont nommés par le Guide suprême, qui approuve les listes électorales et les candidats. Ce qui se traduit par une sélection de noms. Et ensuite c’est sur ces bases que les électeurs sont appelés à voter. Reprenant le mot d’un ami juriste, je dis que ce n’est plus une « élection » mais une « sélection »…

Devons-nous pour autant considérer que la démocratie est pour nous, Iraniens, un luxe inaccessible ? Certainement pas. N’oublions pas que la démocratie a un processus de développement qui peut prendre des décennies pour entrer dans la vie quotidienne et dans la culture d’un pays. Une notion qu’il faut garder à l’esprit si l’on se risque à comparer la démocratie des sociétés occidentales dans lesquelles les progrès sociaux, économiques et culturels sont consolidés avec les formes de démocratie expérimentées par des pays sous-développés. Le combat pour la démocratie est un combat qui nécessite beaucoup d’investissements, tant culturels que socio-économiques. C’est un combat très long et à aucun moment il ne faut baisser les bras.

Chirin Ebadi, avocate iranienne, a reçu le Prix Nobel de la paix en 2003.

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