C’est la première cause de blasphème au Canada en plus de 80 ans. Leurs plaintes ont été rejetées, mais il est inexact de dire qu’ils ont perdu. Ils ont obtenu que le gouvernement me fasse la vie dure pendant près de trois ans, sans frais pour eux. Le processus auquel j’ai été soumis est en soi un châtiment, et un avertissement à tout journaliste qui oserait défier l’islam radical. Ezra Levant
Nous sommes dans une période sombre, où les descendants de Goebbels sont iraniens, syriens, soudanais, libyens et palestiniens. Il y a, aujourd’hui, des capitales européennes à Washington, beaucoup de Daladier et de Chamberlain, prêts à toutes les compromissions. Guy Millière
Des siècles de ravages et de djihad, que reste-t-il aujourd’hui dans la conscience collective ? Laurent Murawiec
En ces temps où un journaliste canadien peut être trainé devant les tribunaux pendant trois ans pour avoir exercé sa liberté d’expression en publiant les caricatures du chef de guerre pillard pédophile dit Mahomet …
Retour, au lendemain de la récente pantalonnade de Genève dite Durban II et avec Guy Millière et Laurent Murawiec …
Sur ces temps bien sombres « où les descendants de Goebbels sont iraniens, syriens, soudanais, libyens et palestiniens et où il y a (…) des capitales européennes à Washington, beaucoup de Daladier et de Chamberlain, prêts à toutes les compromissions » …
Et où, avec le refus politiquement correct de tout critère universellement valide, « on confond les actualités » avec une « histoire mythique » qui a « perdu ses causes » et se réduit de plus en plus à de la « victimologie promotionnelle » …
Durban II, des raisons d’être pessimiste
Guy Millière
Metula News Agency
26 avril 2009
L’Organisation des Nations Unies essaie et essaiera encore ultérieurement de sauver les apparences. Mais tous ceux qui ne veulent pas être dupes ni pratiquer l’aveuglement volontaire savent qu’elle n’est plus, depuis longtemps, que la caricature stérile, coûteuse, et souvent ignoble, de ce qu’elle fut au moment de sa fondation.
D’assemblée des démocraties, censée endiguer les totalitarismes, elle est passée au statut de cénacle, où les démocraties sont noyées au milieu d’un océan de tyrannies, de dictatures et de ploutocraties plus ou moins crapuleuses.
La règle étant qu’un pays dispose d’une voix et qu’un régime politique y vaut un autre régime politique, le Zimbabwe de Robert Mugabe ou le Soudan d’Omar Hassan al Bachir y jouissent du même statut qu’Israël ou les Etats-Unis.
Les membres permanents du conseil de sécurité s’y neutralisent les uns les autres, et toute volonté d’action de pays libres se trouve bloquée : aujourd’hui par la Chine et la Russie, comme autrefois par l’Union Soviétique. Ce qui résulte est, dans ces conditions, très logiquement, une pléthore de textes qui ne servent à rien, sinon à rejoindre les poubelles de l’histoire, pourtant déjà bien remplies.
Ce qui en résulte est aussi un ensemble de commissions et de conseils, tel celui chargé des droits de l’homme et dont le siège est à Genève.
Comme il sied pour un organe issu de l’ONU, les pays chargés d’y « veiller sur les droits de l’homme » sont, pour l’essentiel, les principaux violateurs des droits de l’homme sur la surface de la terre. Il en résulte logiquement des conférences telles celle organisée à Durban, en Afrique du Sud, en septembre 2001, ou celle qui s’est tenue ce mois d’avril, et qu’on appelle communément Durban II.
L’objectif était fixé à l’avance : il s’agissait d’entériner les résultats de Durban I. Le résultat lui-même était prévisible et très nettement prévu depuis des mois : une structure présidée par la Lybie, avec l’assistance de Cuba et de l’Iran, ne pouvait produire qu’un résultat nauséabond, et le résultat nauséabond a été au rendez-vous.
Certains jugeront que le fait que des formules infectes aient été aseptisées et remplacées par des formules creuses, réversibles et interprétables de toutes les façons possibles, y compris les pires, a été une victoire des tenants de la liberté. Pour ce qui me concerne, je trouve préférables la franchise et la clarté.
Je pense que les seuls gouvernements à s’être conduits dignement sont ceux qui ont renoncé totalement de siéger à Durban II. Tandis que les gouvernements qui sont venus ont cautionné l’injustifiable par leur présence et siégé au côté de gens infréquentables.
Je pense que l’artifice d’édulcoration de textes vomitifs, en les rendant plus digestes, peut même s’avérer dangereux, en permettant au poison de se disséminer de manière plus insidieuse, sans qu’il cesse de se répandre, et contribuer ainsi à empêcher de voir ce qui doit être dévoilé.
Les cinquante sept pays de l’Organisation de la Conférence Islamique votent comme un seul bloc. C’est un fait, et ce bloc est gorgé d’antisémitisme, de ressentiment, de rejet des droits les plus élémentaires de la personne humaine, d’une haine envers l’Occident, en général, et à l’encontre d’Israël, en particulier.
Ce bloc, c’est un autre fait, cautionne des massacres de masse tels ceux commis au Darfour, et applaudit à des propos tels ceux de Mahmoud Ahmadinejad, qui relèvent de l’incitation au génocide et du négationnisme. Il a, ce bloc, et c’est un troisième fait, pour alliés indéfectibles les cinquante trois pays de l’Union Africaine, les pays appelés de manière tragiquement risible « non alignés », mais aussi la Russie et la Chine.
Lorsqu’ils ne s’en tiennent pas fermement à leurs principes, et acceptent de jouer les crétins de service, les gouvernements occidentaux ne préservent rien et ne sauvent pas même un reste d’honneur : ils se conduisent de manière méprisable et ne peuvent s’attendre, en conséquence, et très logiquement, qu’à être méprisés par ceux qui leur font face.
Ils envoient un message désespérant à ceux qui croupissent dans des cachots obscurs des tyrannies et qui auraient pu penser que les mots « droits de l’homme » avaient encore un sens, au moins dans les pays où ces mots ont vu le jour.
Un livre publié voici quelques années par Tony Blankley, rédacteur en chef du Washington Times, s’appelait « La dernière chance de l’Occident », et Blankley s’y montrait pessimiste.
En voyant que les deux tiers de la planète sont aux mains de gens sans scrupules et de dirigeants qui, s’ils ne sont eux-mêmes barbares, sont prêts à excuser les barbares ou à leur prêter assistance, je ne puis que partager ce pessimisme.
En voyant que seule une petite minorité de gouvernements européens s’est abstenue de participer à Durban II, et que les autres se sont contentés de demander à leurs représentants de sortir prendre un café pendant qu’Ahmadinejad parlait, pour revenir ensuite écouter les délégués cubains, syriens ou soudanais, je ne peux qu’en tirer une déduction immédiate : l’Europe est, politiquement et éthiquement, proche de la mort cérébrale.
Les Etats-Unis, ayant porté à leur tête un Président anti-américain proche de l’extrême-gauche, et très incompétent de surcroît, force est de constater qu’ils ne vont pas bien non plus.
Force est de dire, aussi, que les ennemis de la liberté ne peuvent, de tous côtés, qu’être tentés de profiter de la situation débile du monde libre, ce qu’ils font d’ores et déjà, comme on le voit entre autres en Irak, au Pakistan, et au large de la Somalie.
Israël, depuis longtemps, n’a pas été aussi seul et à ce point soumis aux pressions de gens qui seraient prêts à jeter le peuple juif aux chiens les plus enragés.
La lueur d’espoir ne vient pas de ceux qui ont envoyé siéger je ne sais qui à Genève, à proximité de bâtiments qui furent ceux de la très impuissante Société des Nations dans l’entre-deux-guerres. Elle tient dans le gouvernement d’Israël, qui, fort heureusement, n’est plus celui d’Olmert. Elle tient dans ceux qui se sont rassemblés à l’extérieur des bâtiments officiels à Genève, autour d’hommes debout tels Elie Wiesel (un survivant de la Shoah traité de « nazi » par un membre de la délégation iranienne) ou Alan Dershowitz.
Elle tient à ceux qui se sont réunis à New York, à l’invitation de Phyllis Chesler, le 21 avril, jour du souvenir de la Shoah et du soulèvement du Ghetto de Varsovie, pour une contre-conférence. Outre les intentions génocidaires d’Ahmadinejad et Khamenei, et l’antisémitisme disséminé au même moment à Genève, on s’y est préoccupé du sort de Roxana Sabari, la journaliste américaine condamnée à huit ans de prison à Téhéran et abandonnée à son sort par Barack Hussein.
La lueur d’espoir dépend de ceux qui se réuniront le 3 mai à midi à Times Square, à New York encore, pour défendre vraiment les droits de l’homme et pas pour faire semblant, comme l’ont fait les hauts fonctionnaires tièdes et pusillanimes de Genève.
Elle tient à la vigilance et à la détermination des femmes et des hommes porteurs d’une plus haute idée de la dignité de l’être humain. Elle tient à ceux qui n’oublient pas que c’est à Evian, pas très loin de Genève, qu’en 1938 s’est tenue une réunion où tous les pays du monde soi-disant civilisé ont abandonné le peuple juif, lui ont montré qu’il n’avait nulle art où se réfugier et ont, en quelque sorte donné le « feu vert » à la Shoah.
Elle tient à ceux qui voient que le monde soi-disant civilisé serait prêt à donner le feu vert à une seconde Shoah, comme il l’a montré à Genève, à 500 mètres des lieux où Joseph Goebbels, en 1933, était venu affirmer le droit de l’Allemagne à être antisémite.
Nous sommes dans une période sombre, où les descendants de Goebbels sont iraniens, syriens, soudanais, libyens et palestiniens.
Il y a, aujourd’hui, des capitales européennes à Washington, beaucoup de Daladier et de Chamberlain, prêts à toutes les compromissions.
Quand Winston Churchill a dû tenir tête, il a été très seul pendant un temps. Il savait, ses Mémoires en attestent, que les ténèbres ne pouvaient, en définitive, l’emporter, car les ténèbres sont stériles. Il savait que le mal ne peut pas se trouver vaincu par l’apaisement et les compromissions, mais par le rappel sans trêve que le futur appartient à ceux qui savent rester fermes sur les valeurs de l’essentiel.
Au temps où Jimmy Carter demeurait à la Maison Blanche, l’empire soviétique semblait conquérant et invincible, comme peuvent sembler l’être aujourd’hui les dirigeants des deux tiers des gouvernements de la planète.
Les Européens, déjà, selon l’expression de Jean-François Revel, faisaient la cour aux potentats du Kremlin. Il a suffit qu’un Ronald Reagan succède à Jimmy pour qu’il s’avère que l’impudence soviétique tenait surtout à la faiblesse de l’Occident.
Au temps où Barack Hussein Obama et son téléprompteur campent à la Maison Blanche, les dirigeants susdits semblent portés par des courants irrépressibles. Il faudra que la page se tourne. Elle se tournera.
Voir aussi:
Histoire mythique : quelques pensées sur la mémoire
Laurent Murawiec à Washington
Metula News Agency
01/05/09
L’Histoire ne remonte pas loin. Elle à commencé hier. On se souvient à peine de ce que l’on a lu dans le journal d’hier. Le jour d’avant n’existe plus, il s’est enfoncé dans le brouillard d’un passé révolu. L’avant-hier est un pays étranger. Quand un philosophe avertit que ceux qui l’ignorent sont condamnés à répéter l’histoire, il dit vrai. Le passé est comme un logarithme, tout proche hier, infiniment éloigné avec la distance.
Prenons l’Algérie : la France avait envahi, en 1830, ce qui ne portait pas le nom d’« Algérie », sans autre raison que les ambitions du roi Charles X, soucieux de faire diversion à l’agitation politique métropolitaine.
Généraux avides de gloriole, colons cupides, méprisants envers les « indigènes », ce fut un cas typique de colonialisme spoliateur et d’impérialisme rapace. L’innocente Algérie fut violée par le colonisateur. Humiliés, les « Algériens » se révoltèrent contre près d’un siècle d’oppression, ce fut la Guerre d’Algérie en 1954. Ah ! Comme l’Histoire est simple !
Prenons encore le trafic du « bois d’ébène », crime imprescriptible commis par l’impérialisme européen et les colons des Caraïbes et du Sud Etats-Unis. Fondant sur les Africains, l’Europe bâtit sa fortune et son industrie sur les os des victimes du trafic, de même que l’Amérique.
Douze millions peut-être d’êtres humains furent arrachés à leurs terroirs, et, pour les survivants, devinrent esclaves du sucre et du coton. Ici, l’erreur vient de l’omission : on s’est couvert un œil pour ne voir qu’avec celui qui convient.
Car de l’autre côté de l’Afrique, et à travers ses intérieurs, l’Islam était, depuis le VIIIème siècle, le plus grand esclavagiste de l’histoire. Les circuits de caravanes organisés drainaient non seulement les côtes mais aussi les intérieurs, fournissant de prodigieuses richesses aux trafiquants, qui parcouraient les grands itinéraires de la traite vers les marchés des grands ports. Les grands marchés des esclaves, celui du Caire en particulier, regorgeaient d’esclaves noirs, les mâles préalablement castrés par millions.
On notera la différence avec, entre autres, les Etats-Unis, où les Noirs représentent environ douze pour cent de la population, et le monde arabe, où ils représentent, en gros, zéro pour cent.
Dans un cas, malgré les horreurs de l’esclavage, les uns ont fait souche, et le pays s’est même fendu d’une meurtrière guerre civile pour abolir l’infâme institution. Dans l’autre, néant. Nulle partie du monde n’a manifesté de si mauvaise grâce à signer les protocoles de l’abolition de l’esclavage, et à en violer la lettre et l’esprit, que le monde arabe ; qui ne respecte d’ailleurs nullement la parole donnée ni n’accepte cette vieille règle du droit Pacta sunt servanda : il faut appliquer les traités signés.
Les esclaves noirs castrés du monde arabe pouvaient d’ailleurs rencontrer, au Caire et ailleurs, les millions d’esclaves blancs, venus du monde slave. Ils étaient acheminés par caravanes vers Constantinople et le monde musulman, non sans complicités de la part des roitelets slaves de la steppe, qui y trouvaient la recette la plus lucrative.
De même les esclaves noirs étaient razziés, stockés et vendus par les roitelets africains, soit au cours des éternelles razzias maritimes et côtières, auxquelles se livraient les Ottomans et leurs vassaux, d’Alger à Tripoli, dans toute la Méditerranée occidentale. L’économie islamo-ottomane reposait largement sur l’acquisition permanente d’esclaves par centaines de milliers.
La dépopulation de l’Espagne méridionale, du Mezzogiorno italien, des grandes îles de la Sardaigne, de la Sicile, date de là. Les pirates pillaient et détruisaient les villages et les villes.
J’insiste, c’est au cours des siècles, par millions, que les esclaves slaves ou du Midi européen furent enlevés et réduits à l’esclavage par les Ottomans et le monde arabo-musulman [1].
La ville d’Alger fut pendant des siècles l’un des centres principaux de la piraterie esclavagiste du djihad, elle en fut le symbole détesté et terrifiant. Jusqu’à 1830, et depuis des siècles, Alger était le centre de la piraterie-djihad-islamique dont les raids meurtriers avaient ruiné et dépeuplé les côtes méditerranéennes. En l’espace de trois ou quatre siècles, des millions d’Européens – oui, des millions -, avaient été violemment capturés et réduits à l’esclavage, par les pirates-djihadis, passant souvent par les épouvantables bagnes d’Alger.
Il fallut d’ailleurs que l’U.S. Navy – créée dans le but précis de mettre un terme à cette plaie – rompît avec la politique européenne, qui était de payer rançon aux pirates maghrébins, et leur fît la guerre ; la Guerre de la Côte de Barbarie, en 1801-1805, puis en 1815 – pour mettre un terme à la désolation que faisaient régner les pirates du djihad.
Quand Charles X envoya le général Bugeaud prendre l’Algérie, il ne s’attaquait pas à une terre vierge et innocente, remplie de bons sauvages, ou de bonnes gens. A l’évidence, tout cela ne justifie pas le racisme, le mépris, ni l’état de sujétion où se trouvaient les « Algériens » de la période coloniale. Mais de cela, la France se bat la coulpe sans discontinuer. De l’esclavagisme arabo-musulman, pas un mot, ça pourrait fâcher.
Des siècles de ravages et de djihad, que reste-t-il aujourd’hui dans la conscience collective ? La réponse est simple : rien. La myopie historique a tout brouillé. L’histoire sainte commence en 1830 avec la conquête française. L’histoire a perdu ses causes. Ne restent que des phénomènes isolés que seule l’idéologie permet de reconstruire : c’est la faute de l’Europe, impérialiste par nature, rapace et brutale, assaillant le monde virginal.
Le politiquement correct a, depuis longtemps, inscrit sur ses bannières cette frappante devise, de rejeter l’étude des dead white males, c’est-à-dire des grands écrivains du passé. Dans la plupart des facultés de lettres des universités américaines, hélas ! foin de Shakespeare, Goethe, Dante, Cervantès ou Rabelais.
Il ne faut lire que des auteurs contemporains, de préférence issus de minorités, de bons sauvages en somme. Ils sont, nous dit-on, représentatifs. Il ne faut regarder que le présent : il n’y a pas de passé, sauf mauvais.
Et voilà nos universités qui s’entichent d’une femme écrivain, lesbienne et handicapée, qui provient d’Afrique noire et dénonce les effets ravageurs du colonialisme. Elle est pressée, la pauvre : dès son trépas, elle perdra son statut d’actuelle, et, n’étant plus contemporaine, disparaîtra du panorama des lettres. Le présent, le présent seul, compte.
On confond les actualités avec l’histoire. Cette myopie est une enfance éternelle et débile, celle de l’absence de mémoire. Une société qui vit ainsi se lobotomise. A vivre dans le présent, on efface le passé. Cela correspond certes au choix d’un hédonisme écervelé, où on fait disparaître toute causalité.
Comme l’ont ressassé les maîtres à penser, Michel Foucault, Jacques Derrida, Gilles Deleuze, Jean Baudrillard et Cie, la « vérité » s’est effacée, ne restent que les « narratifs ». Chacun le sien, chacun sa « vérité », il n’y a aucun critère universellement valide, mais des fragments égaux en dignité, l’assassin a « sa » vérité », sa victime la sienne, et aucun choix de supériorité morale n’est licite.
Pour répéter l’ironique commentaire de Leo Strauss : « Si toutes les croyances se valent, alors le cannibalisme est légitime ». Dès qu’un acte est commis, il acquiert sa légitimité au nom de son existence : j’assassine, donc, à mes yeux, l’assassinat est licite. Je vous en ferai un traité philosophique, d’ailleurs.
L’écrivain argentin Jorge-Luis Borges avait imaginé un homme qui n’oubliait rien, et vivait comme écrasé par la surabondance des souvenirs. A l’opposé, l’homme sans passé, comme amnésique, ne vaut guère mieux : il va, comme l’écrit François Villon, « deçà, delà, comme le vent balance ».
L’homme sans mémoire croit n’importe quoi, pourvu qu’on le lui répète assez et assez souvent. Il n’a pas de critère de comparaison. Il est donc plein de compréhension quand un larron impudent comme le « président » algérien Bouteflika, comme ses prédécesseurs qui en on fait un fond de commerce, se répand en invectives contre le colonialisme français.
Evidemment, nul responsable gouvernemental français n’a jamais eu la décence de lui dire de se taire, et, qu’en matière de destruction, de pillage et de torture, le régime algérien est champion, depuis 1962 comme avant 1830.
Quant aux pédants ignorants et doctrinaires comme Jean-Paul Sartre, ramollis dans leur café-crème, voilà qui leur permettait de pontifier sur les vertus rédimantes du meurtre. Dans leur guerre civile qui va et vient, le régime algérien et son antagoniste islamiste ne font que répéter, jusqu’à la nausée, les méthodes de leurs ancêtres les trafiquants d’esclaves. Gouverner, c’est tuer.
Je réponds par avance à l’objection qui me sera faite, de blanchir le colonisateur et de noircir le colonisé. Halte-là ! Je ne suis pas là pour distribuer les bons points et les mauvais. Je m’irrite profondément de ces pseudo-histoires qui servent de grilles de compréhension à ceux dont ce devrait être la tâche d’interpréter l’actualité pour le commun des mortels.
Tel parle du paradis terrestre que fut al-Andalus, admirable tolérance musulmane envers les chrétiens et les Juifs. A part le fait qu’ils étaient tous, jusqu’au dernier, des individus de seconde zone, des dhimmis. Tolérés au prix d’innombrables humiliations et infériorités, ils étaient également soumis aux innombrables pogromes qui ensanglantèrent la partie musulmane de l’Espagne.
Il n’y avait pas tolérance, mais ils étaient quelquefois tolérés. Il suffisait que meure tel monarque dans tel émirat, qui faisait preuve de mansuétude envers ses sujets de deuxième classe, et que son successeur ne soit pas du même avis, pour que les persécutions recommencent (le même vaut d’ailleurs pour les monarques chrétiens).
Age d’Or ? C’est un chromo retouché, un trucage d’où tous les pixels qui fâchent ont été annulés et remplacés par un joli rose, certes mensonger, mais si agréable, si rassurant.
L’homme lobotomisé oublie aujourd’hui ce qu’était avant-hier, il oubliera demain ce que fut hier, et comptez bien sur aujourd’hui pour disparaître après-demain.
« Savez-vous comment on dit « jamais » dans le langage du camp [Auschwitz] ? « Morgen früh », demain matin », écrit Primo Levi. La déshumanisation, c’est bien la disparition d’un vrai passé et la réduction au présent immédiat. « Si c’est un homme » se demande Levi.
L´homme sans passé se rapproche dangereusement de l´animalité. La mémoire opère, certes, un tri qui permet d´oublier sélectivement certains aspects du passé et d´en mettre d´autres en exergue ; cela vaut pour les individus comme pour les groupes sociaux.
Enjeu du tri, la hiérarchisation des choses, le choix de ce qui va dominer la mémoire de la société. La Russie a «oublié» les crimes de Staline, ce qui permet à Poutine de s´engager dans la même voie. La Chine a «oublié» les crimes de Mao, ce qui permet à ses dirigeants de dominer l´armée des oublieux, des ne-sait-rien, des hommes sans âmes, malléables comme une argile mouillée. L´Allemagne, quoi qu´on dise, a largement opéré son travail de mémoire quant à la persécution et l´extermination des Juifs – quoique l´extrême-gauche fasse des efforts considérables pour annuler cet effort.
L´oubli ici est à sens unique. On fait commencer là où ça vous arrange, là où cela «colle» avec la pseudo-histoire mythographique que l´on répand. Les histoires standard de l´Afrique noire, dont le héraut est l´Anglais Basil Davidson, sont des empilements de mensonges, de spéculations hasardeuses d´à-peu-près dont la somme est un compendium nuisible et délirant.
Mais c´est de ce Miroir de l´attrape que se servent tant d´universités
anglophones de par le monde.
Les livres français ne sont pas en reste. La victimologie promotionnelle y existe tout autant. Et, pour revenir à l´Algérie, dont je parlais au début, il est important de se souvenir que la manière dont on prend le pouvoir se répercute toujours sur la manière dont on l´exerce. L´ignoble sauvagerie du djihad algérien de 1954-1962, qui s´exerça d´abord contre les autres Algériens musulmans, plutôt que sur les Français d´Algérie, ne cessa jamais quand le FLN s´arrogea le pouvoir absolu.
Inspirés par cette «glorieuse», analphabète et brutale école, les jeunes issus de l´immigration reprennent spontanément les schèmes de comportement dont ils ont hérité par capillarité et par entente des récits familiaux ou autres, et par propagande.
Qui glorifie la barbarie devient barbare. Du côté français, l´abdication d´une identité nationale et le renoncement à l´assimilation n´ont rien arrangé: le professorat, la magistrature, les maîtres-à-penser cousus main, l´école en général, et ces gouvernants pleutres et illusionnistes, dont Giscard d´Estaing et Mitterrand furent les parangons, n´ont rien arrangé.
L´homme sans mémoire est un homme sans âme.
Note:
[1] On notera cependant le rôle d´intermédiaires esclavagistes des marchands vénitiens et génois, en particulier, et de la Constantinople orthodoxe, grand marché aux esclaves où venait s´approvisionner le monde musulman. L´économie européenne n´était plus, et de longue date, une économie basée sur l´esclavage; dans une large mesure, le monde musulman l´était, et avait sans cesse besoin de se «ravitailler» en esclaves.
Voir enfin:
Liberté d’expression
Caricatures de Mahomet : La saga Ezra Levant (la suite, mais c’est loin d’être la fin)
Annie Lessard, Marc Lebuis
vendredi 15 août 2008
« L’imam Soharwardy et le Edmonton Council of Muslims ont réussi à mettre une agence gouvernementale au service de la poursuite de leur fatwa radicale contre moi. Leurs plaintes ont été rejetées après 900 jours d’enquête par 15 bureaucrates, au coût de un demi million $ pour les contribuables. Mes frais légaux s’élèvent à 100 000$. Il est cependant inexact de dire qu’ils ont perdu. Le processus auquel j’ai été soumis est un châtiment en soi et un avertissement à tout journaliste qui oserait défier l’islam radical. De plus, la commission des droits est maintenant le rédacteur en chef de la province. ».
Ezra Levant n’est toutefois pas au bout de ses peines. Une autre plainte vient d’être déposée contre lui devant la commission des droits de la personne, pour son blog. De plus, l’imam Soharwardy a déposé une plainte au barreau albertain contre lui.
Voyez dans notre section video la déclaration liminaire faite par Ezra Levant lors de la première journée d’enquête de la commission albertaine.
L’Association canadienne des journalistes a récemment réclamé l’abolition des pouvoirs de censure des commissions des droits de la personne au Canada.
Traduction de : Ezra Levant : How I beat the fatwa, and lost my freedom, National Post, le 6 août 2008
Comment j’ai vaincu la fatwa, et perdu ma liberté
Quelque 900 jours après que je sois devenu la seule personne dans le monde occidental à être accusée du « délit » d’avoir republié les caricatures danoises de Mahomet, le gouvernement m’a finalement déclaré non coupable de « discrimination » illicite. Les contribuables ont déboursé plus de 500 000 $ pour une enquête qui a mobilisé 15 bureaucrates à la Commission des droits de la personne de l’Alberta. Mes frais légaux ainsi que ceux du défunt magazine Western Standard s’élèvent à 100 000$.
L’affaire aurait été renvoyée depuis longtemps si j’avais été inculpé devant une cour criminelle au lieu d’une commission des droits de la personne. C’est qu’au criminel, les accusés ont droit à un procès expéditif, mais pas les éditeurs qui sont inculpés devant une commission des droits.
Si j’avais été poursuivi devant un tribunal civil, le juge ordonnerait maintenant à la partie perdante de payer mes frais juridiques. Au lieu de cela, le Edmonton Council of Muslim Communities n’aura pas un sou à me payer. Ni Syed Soharwardy, l’imam de Calgary qui a retiré sa plainte identique contre moi ce printemps.
Les deux ont réussi à mettre une agence gouvernementale laïque au service de la poursuite de leur fatwa islamique radicale contre moi. C’est la première cause de blasphème au Canada en plus de 80 ans. Leurs plaintes ont été rejetées, mais il est inexact de dire qu’ils ont perdu. Ils ont obtenu que le gouvernement me fasse la vie dure pendant près de trois ans, sans frais pour eux. Le processus auquel j’ai été soumis est en soi un châtiment, et un avertissement à tout journaliste qui oserait défier l’islam radical.
Le rapport de 11 pages du gouvernement sur mes activités est d’une arrogance à couper le souffle. Dans ce rapport, Pardeep Gundara, un bureaucrate de bas niveau, assume le rôle de rédacteur en chef pour toute la province d’Alberta. Il a parcouru l’article de notre magazine et donné sa propre opinion sur les caricatures, pour ensuite se prononcer sur la décision de notre magazine de les publier. L’aspirant journaliste du gouvernement a fait une faute d’orthographe, il a mal rapporté les faits et démontré son incapacité à respecter les délais. Nous ne l’aurions jamais embauché à notre magazine. Mais on rit de nous, il serait apparemment notre patron et celui de tous les journalistes en Alberta.
Dans son rapport, Gundara présente comme un « fait » son opinion personnelle sur les caricatures de Mahomet. Il dit qu’elles sont « stéréotypées, négatives et offensantes ». C’est un point de vue. D’autres ont un avis différent. Qui se soucie de l’opinion personnelle de Gundara ? Ai-je besoin de sa permission, ou celle d’autres personnes que ma conscience, avant de publier des choses à l’avenir ? Est-ce qu’il trouve la présente chronique correcte ?
Gundara a pardonné mes péchés ainsi que ceux du Western Standard parce que, selon lui, le caractère offensant des caricatures était « neutralisé dans le contexte de l’article qui les accompagnait » et que nous avons publié des lettres pour et contre les caricatures dans notre numéro ultérieur. Il nous a également acquitté parce que « les caricatures n’ont pas été tout simplement publiées au milieu du magazine sans but ni article s’y rapportant ».
Permettez-moi de traduire : mieux vaut être « raisonnable » dans la façon dont vous utilisez vos libertés sinon vous ne serez pas autorisés à les préserver. Vous feriez mieux de ne pas publier de caricature politique « tout simplement au milieu » d’un magazine. Si vous êtes « négatif », vous avez intérêt à avoir un « but » qui sera approuvé par un bureaucrate lorsqu’il se décidera finalement trois ans plus tard.
Je ne trouve pas cela acceptable. Je ne suis pas intéressé par les vues de Gundara sur les caricatures. Je ne suis pas intéressé à apprendre ses critères personnels sur ce que je peux ou ne peux pas exprimer. On est au Canada, pas en Arabie saoudite.
Le renvoi de la plainte n’est pas une victoire pour la liberté de la presse. La presse albertaine n’est pas libre, elle est désormais soumise à l’approbation du gouvernement. Les Canadiens ont cependant le droit à une presse libre en dépit du gouvernement. Nous avons le droit d’enfreindre chacune des règles insignifiantes et subjectives de Gundara.
Exactement deux mois avant mon acquittement, un autre Albertain a été condamné par la Commission sur une accusation identique : « discrimination » dans un journal. Il y a cinq ans, le révérend Stephen Boissoin a écrit une chronique controversée sur les droits des homosexuels. Sa chronique rencontrait toutes les règles maison de Gundara : elle s’insérait dans un débat plus large, elle a été suivie de nombreuses lettres critiques au rédacteur en chef, elle avait un « but », etc. Mais le révérend Boissoin a été condamné à une amende de 7000 $ et s’est vu interdire à vie de donner des sermons ou même d’envoyer des emails privés qui seraient « dénigrants ». Pour couronner le tout, il a été condamné par la Commission à renoncer publiquement à sa foi.
La raison pour laquelle j’ai été acquitté et Boissoin condamné est évidente. J’ai été une épine politique dans le pied de la Commission. Le révérend Boissoin ? Il se taisait, alors on l’a écrasé. Mais nous ne sommes pas plus libres l’un que l’autre, nos opinions à tous les deux ont été vérifiées par le gouvernement.
Je suis bien sûr heureux d’en avoir fini avec cette poursuite malveillante, bien que mes adversaires puissent encore faire appel de mon acquittement.
Il y a deux ans, la Commission m’a dit que si je payais quelques milliers de dollars à mes accusateurs et leur donnais une page de notre magazine, je serais libéré. La plupart des victimes de la Commission acceptent de telles offres, et c’est certainement moins cher qu’un combat de 900 jours. Au plan moral, obtenir l’approbation des censeurs de la Commission n’est toutefois pas mieux que leurs efforts en vue d’une capitulation. Si je dois payer un imam radical ou apaiser un bureaucrate intrusif, ça demeure une atteinte à nos libertés canadiennes.