Propos du Pape sur le sida: Comment désinformer en trois étapes (You can’t overcome this problem with slogans alone)

23 mars, 2009
Pope cartoon
Alors les disciples s’approchèrent de Jésus, et lui dirent en particulier: Pourquoi n’avons-nous pu chasser ce démon? C’est à cause de votre incrédulité, leur dit Jésus. (…) Mais cette sorte de démon ne sort que par la prière et par le jeûne. Mathieu 17: 19-21
Le Pape a raison. Ou pour répondre plus précisément : les meilleures données dont nous disposons confirment les propos du Pape. Il existe une relation systématique, mise en évidence par nos meilleures enquêtes, y compris celles menées par l’organisme “Demographic Health Surveys” financé par les Etats-Unis, entre l’accès facilité aux préservatifs et leur usage plus fréquent et des taux d’infection par le virus du sida plus élevés, et non plus faibles. Cela pourrait être dû en partie au phénomène connu sous le nom de “compensation du risque”, ce qui veut dire que lorsque l’on a recours à une “technologie” de réduction du risque comme le préservatif, l’on perd souvent le bénéfice lié à la réduction du risque par une “compensation” qui consiste à prendre davantage de risques qu’on ne le ferait en l’absence de technologie de réduction du risque. (…) Les solutions avant tout médicales financées par les plus grands donateurs n’ont eu que peu d’impact en Afrique, le continent le plus durement touché par le sida. Au contraire, des programmes relativement simples, peu onéreux, visant à changer les comportements – en mettant l’accent sur la progression de la monogamie et sur le recul des premières relations sexuelles chez les jeunes – ont permis les plus grandes avancées dans la lutte contre le sida et la prévention de son extension. Edward C. Green (directeur du Projet de recherche sur la prévention du sida de Harvard)
Le continent africain, ce n’est pas le Marais. Il ne suffit pas de négocier un prix de gros à la société Durex pour faire de la distribution gratuite, de demander à Line Renaud de tourner un spot télé ni d’arborer une fois l’an un petit ruban rouge à sa boutonnière. Si d’ailleurs la question du préservatif pouvait tout régler, il serait criminel que la communauté internationale ne se mobilise pas pour envoyer au quasi milliard d’Africains de quoi se protéger. (…) Puisque la seule question qui vaille est la capote, le jour viendra où, dans des affaires de viol en réunion, le port du préservatif jouera comme une circonstance atténuante. Pourrait-on s’interroger, ne serait-ce qu’un moment, sur cette société où la règle consiste à tout consommer, même les corps? François Miclos
(…) Je dirais qu’on ne peut pas surmonter ce problème du sida uniquement avec des slogans publicitaires. Si on n’y met pas l’âme, si on n’aide pas les Africains, on ne peut pas résoudre ce fléau par la distribution de préservatifs: au contraire, le risque est d’augmenter le problème. La solution ne peut se trouver que dans un double engagement : le premier, une humanisation de la sexualité, c’est-à-dire un renouveau spirituel et humain qui apporte avec soi une nouvelle manière de se comporter l’un avec l’autre, et le deuxième, une véritable amitié également et surtout pour les personnes qui souffrent, la disponibilité, même au prix de sacrifices, de renoncements personnels, à être proches de ceux qui souffrent. (…) Benoît XVI
(…) on ne peut pas résoudre ce fléau par la distribution de préservatifs: au contraire, le risque est d’augmenter le problème. Citation tronquée du pape
Les Français veulent le départ du Pape Titre du Figaro
Propos du pape: le PCF distribue dimanche des préservatifs place Jean-Paul II à Paris La Croix

Après la condamnation unanime du discours de Ratisbonne où contre la bien-pensance politico-médiatique un pape prenait pour la première fois au sérieux la dimension violente de l’islam …

Et plus récemment de sa prise de position sur l’aberration du prétendu « mariage homosexuel »

Mais aussi de la déclaration hyperréaliste, sur le même sujet, d’un animateur de la télévision ouvertement homosexuel et d’ailleurs décédé du sida depuis …

Petite leçon de désinformation dans nos médias la semaine dernière …

1ère étape: Tendre un piège à la future victime (avec son consentement, c’est encore mieux) avec une question sur un sujet aussi hautement polémique que le sida dès le départ de son premier voyage sur le continent le plus pauvre et le plus touché par l’épidémie …

2e étape : Tronquer largement une déclaration élaborée et plutôt nuancée (passant ainsi de 279 à… 21 mots!) et matraquer ladite déclaration sur tous les supports et du matin au soir pendant toute la semaine …

3e étape : Commander un sondage avec des questions largement orientées sur la démission dudit Pape et dénaturer totalement ledit sondage avec un titre accrocheur qui, 1er mensonge, prétend que les Français veulent le départ du pape (alors que le sondage n’a interrogé que des catholiques), puis, 2e mensonge, qu’il s’agit de l’avis de l’ensemble ou au moins la majorité des personnes interrogées (alors qu’il n’est question que de 43%) …

Cerise sur le gâteau: Donner un large écho, aux journaux télévisés du dimanche soir, à la distribution délibérément provocante et agressive de préservatifs sur le parvis de Notre-Dame à la sortie de l’office du matin par des militants homosexuels (qui ont toujours, on le sait, brillé par leur sens des responsabilités et qui ont naturellement rien à voir avec ladite épidémie) et des députés communistes (au bilan eux aussi notoirement « globalement positif »)…

Voir le texte complet de la déclaration du Pape:

Philippe Visseyrias de France 2.

*Question -* Votre Sainteté [?], parmi les nombreux maux qui affligent l’Afrique, il y a également en particulier celui de la diffusion du sida. La position de l’Eglise catholique sur la façon de lutter contre celui-ci est souvent considérée comme n’étant pas réaliste et efficace. Affronterez-vous ce thème au cours du voyage ?

*Benoît XVI -* Je dirais le contraire : je pense que la réalité la plus efficace, la plus présente sur le front de la lutte contre le sida est précisément l’Eglise catholique, avec ses mouvements, avec ses différentes réalités. Je pense à la Communauté de Sant’Egidio qui accomplit tant, de manière visible et aussi invisible, pour la lutte contre le sida, aux Camilliens, à toutes les religieuses qui sont à la disposition des malades… Je dirais qu’on ne peut pas surmonter ce problème du sida uniquement avec des slogans publicitaires. Si on n’y met pas l’âme, si on n’aide pas les Africains, on ne peut pas résoudre ce fléau par la distribution de préservatifs : au contraire, le risque est d’augmenter le problème. La solution ne peut se trouver que dans un double engagement : le premier, une humanisation de la sexualité, c’est-à-dire un renouveau spirituel et humain qui apporte avec soi une nouvelle manière de se comporter l’un avec l’autre, et le deuxième, une véritable amitié également et surtout pour les personnes qui souffrent, la disponibilité, même au prix de sacrifices, de renoncements personnels, à être proches de ceux qui souffrent. Tels sont les facteurs qui aident et qui conduisent à des progrès visibles. Je dirais donc cette double force de renouveler l’homme intérieurement, de donner une force spirituelle et humaine pour un juste comportement à l’égard de son propre corps et de celui de l’autre, et cette capacité de souffrir avec ceux qui souffrent, de rester présents dans les situations d’épreuve. Il me semble que c’est la juste réponse, et c’est ce que fait l’Eglise, offrant ainsi une contribution très grande et importante. Nous remercions tous ceux qui le font.

Voir aussi:

From Saint Peter’s Square to Harvard Square
Media coverage of papal comments on AIDS in Africa is March madness .
Kathryn Jean Lopez
National review on line
March 19, 2009

‘We have found no consistent associations between condom use and lower HIV-infection rates, which, 25 years into the pandemic, we should be seeing if this intervention was working.”

So notes Edward C. Green, director of the AIDS Prevention Research Project at the Harvard Center for Population and Development Studies, in response to papal press comments en route to Africa this week.

Benedict XVI said, in response to a French reporter’s question asking him to defend the Church’s position on fighting the spread of AIDS, characterized by the reporter as “frequently considered unrealistic and ineffective”:

I would say that this problem of AIDS cannot be overcome with advertising slogans. If the soul is lacking, if Africans do not help one another, the scourge cannot be resolved by distributing condoms; quite the contrary, we risk worsening the problem. The solution can only come through a twofold commitment: firstly, the humanization of sexuality, in other words a spiritual and human renewal bringing a new way of behaving towards one another; and secondly, true friendship, above all with those who are suffering, a readiness — even through personal sacrifice — to be present with those who suffer. And these are the factors that help and bring visible progress.

“The pope is correct,” Green told National Review Online Wednesday, “or put it a better way, the best evidence we have supports the pope’s comments. He stresses that “condoms have been proven to not be effective at the ‘level of population.’”

“There is,” Green adds, “a consistent association shown by our best studies, including the U.S.-funded ‘Demographic Health Surveys,’ between greater availability and use of condoms and higher (not lower) HIV-infection rates. This may be due in part to a phenomenon known as risk compensation, meaning that when one uses a risk-reduction ‘technology’ such as condoms, one often loses the benefit (reduction in risk) by ‘compensating’ or taking greater chances than one would take without the risk-reduction technology.”

Green added: “I also noticed that the pope said ‘monogamy’ was the best single answer to African AIDS, rather than ‘abstinence.’ The best and latest empirical evidence indeed shows that reduction in multiple and concurrent sexual partners is the most important single behavior change associated with reduction in HIV-infection rates (the other major factor is male circumcision).”

And while, as Travis Kavulla writes from Kenya today, the international media will ignore all sorts of fascinating new stories about church and civilizational growth in favor of a sexier, albeit way-too-familiar storyline, Green has some encouraging news: The pope is not alone. “More and more AIDS experts are coming to accept the above. The two countries with the worst HIV epidemics, Swaziland and Botswana, have both launched campaigns to discourage multiple and concurrent partners, and to encourage fidelity.”

The pope added during that Q&A, “I would say that our double effort is to renew the human person internally, to give spiritual and human strength to a way of behaving that is just towards our own body and the other person’s body; and this capacity of suffering with those who suffer, to remain present in trying situations.”

We need to, in other words, treat people as people. Reason with them and show them there is a better way to live, respectful of themselves and others. It’s a common-sense message that isn’t madness whether you’re in Africa or dealing with hormonal American teenagers. It’s a hard message to hear over the same-old silly debates, parodies, and dismissals. But it’s one that is based on real life—and acknowledged not just in Saint Peter’s Square but in Harvard Square.

— Kathryn Jean Lopez is editor of National Review Online.

Voir par ailleurs:

« Un glory hole (anglicisme signifiant littéralement « trou de la gloire ») est un trou pratiqué dans un mur ou une cloison dans le but (…) de permettre l’insertion d’un pénis en érection, afin d’avoir un rapport sexuel avec la personne située de l’autre côté (masturbation, fellation, pénétration vaginale ou anale). Les particularités du glory hole sont qu’il permet de conserver son anonymat et qu’il assure une séparation physique entre les partenaires. Il constitue la matérialisation poussée à son paroxysme du fantasme du rapport sexuel sans lendemain avec un inconnu. Dans une optique de sexualité de groupe, une même cloison peut comporter plusieurs glory holes.Dans la mesure où le partenaire situé de l’autre côté de la cloison, ainsi que son passé sexuel, restent inconnus, le glory hole augmente les risques d’infection par les maladies sexuellement transmissibles, surtout si un préservatif n’est pas utilisé.

(…)

De plus, pour les hommes introduisant leur pénis dans un glory hole, il s’engagent à prendre toutes sortes de risques si ils ne conaissent pas les motivations des personnes avec l’usage de leur sexe de l’autre coté de la cloison…

En outre, les contours du trou peuvent infliger des abrasions et/ou des lacérations du pénis, particulièrement si la découpe est grossière. Afin d’éviter de tels désagréments, certains établissements proposant des glory holes en ont équipé les bords de surfaces protectrices.

Enfin, si cette pratique est réalisée dans un lieu public (en particulier les toilettes publiques), elle expose ses participants à des poursuites judiciaires, de tels comportements pouvant être considérés comme exhibitionnistes par la loi. »

Wikipedia

Voir enfin:

« Une étude publiée dans la revue American Journal of Medicine en 1984 a retracé plusieurs des premières infections par le HIV de New York City à un steward homosexuel infecté anonyme. Les épidémiologues supposaient alors incorrectement que Dugas avait importé le virus d’Afrique dans la communauté homosexuelle occidentale. (…)

Shilts dépeignait Gaëtan Dugas comme possédant un comportement presque asocial, ayant infecté intentionnellement, ou au moins mis en danger avec insouciance, d’autres avec le virus. Dugas y était décrit comme un athlète sexuel beau et charmeur, qui, selon ses propres dires, avait des centaines de partenaires sexuels par an. Il prétendait avoir eu plus de 2 500 partenaires sexuels dans toute l’Amérique du Nord depuis 1972. En tant que steward Dugas pouvait voyager d’un bout du monde à l’autre à peu de frais, notamment entre les premiers épicentres du HIV tels que Los Angeles, New York, Paris, Londres et San Francisco.

Diagnostiqué avec le sarcome de Kaposi en juin 1980, et après avoir été averti que ceci pouvait être causé et diffusé par un virus sexuellement transmis, Dugas refusa de cesser d’avoir des relations sexuelles non protégées, prétendant qu’il pouvait faire ce qu’il voulait avec son corps. Il informait, paraît-il, ses partenaires sexuels après coup qu’il avait “le cancer gay” et peut-être qu’ils l’auraient aussi.

Dugas est mort à Québec le 30 mars 1984 des suites d’une insuffisance rénale provoquée par des infections continuelles au HIV.”

Wikipedia


Guerre contre le terrorisme: Retour sur une victoire de plus en plus difficile à cacher (Yes, we’re winning, but please don’t tell anyone!)

22 mars, 2009
Come unto me, ye opprest!
Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. Lorsque j’ai lu les premiers documents de Ben Laden, constaté ses allusions aux bombes américaines tombées sur le Japon, je me suis senti d’emblée à un niveau qui est au-delà de l’islam, celui de la planète entière. Sous l’étiquette de l’islam, on trouve une volonté de rallier et de mobiliser tout un tiers-monde de frustrés et de victimes dans leurs rapports de rivalité mimétique avec l’Occident. Mais les tours détruites occupaient autant d’étrangers que d’Américains. Et par leur efficacité, par la sophistication des moyens employés, par la connaissance qu’ils avaient des Etats-Unis, par leurs conditions d’entraînement, les auteurs des attentats n’étaient-ils pas un peu américains ? On est en plein mimétisme. René Girard
As for their accusations of terrorizing the innocent, the children, and the women, these are in the category of ‘accusing others with their own affliction in order to fool the masses.’ The evidence overwhelmingly shows America and Israel killing the weaker men, women and children in the Muslim world and elsewhere. A few examples of this are seen in the recent Qana massacre in Lebanon, and the death of more than 600,000 Iraqi children because of the shortage of food and medicine which resulted from the boycotts and sanctions against the Muslim Iraqi people, also their withholding of arms from the Muslims of Bosnia-Herzegovina leaving them prey to the Christian Serbians who massacred and raped in a manner not seen in contemporary history. Not to forget the dropping of the H-bombs on cities with their entire populations of children, elderly, and women, on purpose, and in a premeditated manner as was the case with Hiroshima and Nagasaki. Osama bin Laden (Nida’ul Islam magazine October-November 1996)
Allah has ordered us to glorify the truth and to defend Muslim land, especially the Arab peninsula … against the unbelievers. After World War II, the Americans grew more unfair and more oppressive towards people in general and Muslims in particular. … The Americans started it and retaliation and punishment should be carried out following the principle of reciprocity, especially when women and children are involved. Through history, American has not been known to differentiate between the military and the civilians or between men and women or adults and children. Those who threw atomic bombs and used the weapons of mass destruction against Nagasaki and Hiroshima were the Americans. Can the bombs differentiate between military and women and infants and children? America has no religion that can deter her from exterminating whole peoples. Your position against Muslims in Palestine is despicable and disgraceful. America has no shame. … We believe that the worst thieves in the world today and the worst terrorists are the Americans. Nothing could stop you except perhaps retaliation in kind. We do not have to differentiate between military or civilian. As far as we are concerned, they are all targets, and this is what the fatwah says … . The fatwah is general (comprehensive) and it includes all those who participate in, or help the Jewish occupiers in killing Muslims.  Osama bin Laden (May 1998)
Nous combattons la pauvreté parce que l’espoir est la réponse à la terreur … Nous défierons la pauvreté et le désespoir et le manque d’éducation et les gouvernements en faillite qui trop souvent créent les conditions dont profitent les terroristes. George Bush (2003)
L’Irak, c’était en fait plus facile. Barack Obama (60 minutes, CBS, 20 mars 2009)
Attaquer les Etats-Unis de front est désormais le chemin le plus court menant à la gloire et au pouvoir chez les Arabes et les musulmans. Mais quel intérêt y a-t-il à détruire un des édifices de votre ennemi si celui-ci anéantit ensuite un de vos pays ? Quel intérêt y a-t-il à tuer l’un des siens si, en retour, il élimine un millier des vôtres ? Voilà, en bref, quelle est mon analyse du 11 septembre. Saïd Imam Al-Sharif (alias docteur Fadl, fondateur d’Al-Qaida, 2008)
Les terroristes kamikazes sont souvent traités de lâches et de fous, déterminés à une destruction absurde, prospérant au milieu de la pauvreté et de l’ignorance. Le but évident devient de traquer les terroristes tout en transformant simultanément l’environnement culturel et économique qui les soutient en le faisant passer du désespoir à l’espoir. Quelle que soit la recherche, elle montre que les terroristes kamikazes n’ont pas une psychopathologie spécifique et qu’ils ont un niveau d’études et de revenus égal à celui du reste de la population. (…) Avec le terrorisme suicide, le problème attributionnel est de comprendre pourquoi des individus non pathologiques répondent à des facteurs situationnels nouveaux en nombre suffisant pour permettre aux organisations recruteuses de mettre en oeuvre leur politique. Au Moyen-Orient, les contextes, tels qu’on les perçoit, dans lesquels s’expriment les kamikazes et ceux qui les cautionnent, passent par un sentiment collectif d’injustice historique, de soumission politique et d’humiliation sociale vis-à-vis des puissances mondiales et de leurs alliés, sentiment contrebalancé par un espoir religieux. Constater de telles perceptions ne signifie pas les accepter comme la simple réalité; cependant, en ignorer les causes risque de mal identifier les causes des attaques suicides et les solutions pour les prévenir. Il est aussi évident que les gens tendent à croire que leur comportement parle pour eux, qu’ils voient le monde objectivement et que seuls les autres sont biaisés et interprètent les évènements de façon erronée. Qui plus est, les individus tendent à avoir une perception fausse des différences entre les normes des groupes, les percevant comme plus extrêmes qu’elles ne le sont en réalité. Les incompréhensions qui en résultent – encouragées par la propagande religieuse et idéologique – amènent des groupes antagonistes à interpréter leurs visions respectives des évènements, tel que terrorisme-combattre pour la liberté, comme fausses, radicales et/ ou irrationnelles. La diabolisation mutuelle et la guerre s’ensuivent facilement. Le problème est d’arrêter l’intensification de cette spirale dans les camps opposés. (…) Ces théories d’un choix rationnel basé sur des opportunités économiques ne rendent pas compte de façon fiable de certains types de crimes violents (homicides domestiques, meurtres dus à la haine). Ces supputations ont encore moins de sens en ce qui concerne les attaques suicides. En général, les terroristes kamikazes n’ont pas eu moins de chances dans leur vie légitime que le reste de la population. Comme le souligne la presse arabe, si les martyrs n’avaient rien à perdre, leur sacrifice n’aurait pas de sens: «Celui qui se suicide se tue pour son propre bénéfice, celui qui commet le martyr se sacrifie pour sauver sa religion et sa nation …. Le Mujahed est plein d’espoir». La recherche menée par Krueger et Maleckova montre que l’éducation peut ne pas être corrélée, ou même être positivement corrélée, avec le fait de soutenir le terrorisme. Dans un sondage de décembre 2001, auprès de 1357 palestiniens de 18 ans ou plus, de la Cisjordanie et de Gaza, ceux qui avaient 12 années d’études ou plus soutenaient les attaques armées par 68 points, ceux qui avaient 11 années d’étude par 63 points et les illettrés par 46 points. 40% seulement des personnes ayant des diplômes universitaires était pour le dialogue avec Israël, contre 53% ayant des diplômes d’études secondaires et 60% ayant effectué 9 ans d’études ou moins. En comparant les militants du Hezbollah morts dans l’action avec un échantillon au hasard de Libanais de la même classe d’âge et de la même région, les militants avaient plus de chance de ne pas venir de familles pauvres et d’avoir fait des études secondaires. Plus récemment, Krueger et ses collègues trouvèrent que, bien qu’un tiers des Palestiniens vivent dans la pauvreté, c’est seulement le cas de 13% des kamikazes palestiniens; 57% des kamikazes vont au-delà du lycée contre 15% d’une population d’âge comparable. Néanmoins, une perte relative d’avantages économiques ou sociaux dans les classes éduquées peut encourager le soutien au terrorisme. Dans la période précédant la première Intifada (1982-1988), le nombre d’hommes palestiniens ayant fait 12 ans d’études ou plus a fait plus que doubler; ceux avec moins d’années d’études n’a augmenté que de 30%. Ceci coïncida avec une augmentation significative du chômage chez ceux qui avaient fait des études supérieures par rapport à ceux qui avaient fait des études secondaires. Les salaires quotidiens réels de ceux qui avaient des diplômes universitaires diminuèrent de quelque 30%; les salaires de ceux qui n’avaient fait que des études secondaires restèrent stables. Le chômage semble aussi un facteur de recrutement pour Al Qaeda et ses alliés dans la péninsule arabique. Bien que l’humiliation et le désespoir puissent aider à rendre compte de la prédisposition pour le martyre dans certaines situations, ce n’est une explication ni complète ni applicable à d’autres circonstances. Des études menées par le psychologue Ariel Merari montrent l’importance des institutions dans le terrorisme suicide. Son équipe a interviewé 32 des 34 familles de kamikazes en Palestine et en Israël (avant 1998), des terroristes survivants et des recruteurs faits prisonniers. Les terroristes kamikazes reflètent apparemment une répartition normale dans leur population en termes d’éducation, de statut socioéconomique et de types de personnalités (introverti par rapport à extroverti). L’âge moyen des terroristes était la vingtaine. Presque tous étaient célibataires et témoignaient de croyance religieuse avant le recrutement (mais pas plus que la population générale). Excepté le fait d’être jeunes et sans attaches, les kamikazes diffèrent des membres d’organisations racistes violentes avec lesquels ils sont souvent comparés. Globalement, les terroristes kamikazes ne présentent pas de caractéristiques de dysfonctionnements sociaux (absence de père, d’ami, ou d’emploi) ni de symptômes suicidaires. Ils n’expriment aucune crainte de l’ennemi, aucun « désespoir », aucun sentiment de « n’avoir rien à perdre » par manque d’alternatives dans la vie qui seraient liées à des raisons économiques. Merari attribue la responsabilité première des attaques aux organisations qui recrutent en enrôlant des candidats potentiels dans cette population jeune et relativement sans attaches. Ensuite, à l’intérieur de petites cellules de trois à six membres, des entraîneurs charismatiques cultivent intensément leur engagement mutuel à mourir. L’étape ultime avant le martyre est un contrat social formel, la plupart du temps sous la forme d’un testament enregistré en vidéo. (…) Ainsi, on pourrait dire qu’un facteur critique déterminant le comportement du terrorisme suicide est la loyauté à des groupes intimes de pairs, que les organisations recruteuses encouragent souvent par le biais de la communion religieuse. (…) Peu de bénéfice tangible (en termes de théories de choix rationnel) revient au kamikaze, certainement pas assez pour faire du gain probable un gain « d’utilité attendue » maximisée. Le surcroît de reconnaissance sociale n’arrive qu’après la mort, parant à un bénéfice matériel personnel. Mais pour les leaders qui ne considèrent quasi jamais de se tuer eux-mêmes (en dépit de déclaration où ils se disent prêts à mourir), il est certain que dans les opérations de martyre, les bénéfices matériels l’emportent de loin sur les pertes. (…) Pour l’organisation commanditaire, les kamikazes sont des atouts remplaçables dont la perte, en augmentant le soutien public et les réservoirs de recrues potentielles, génère un plus grand nombre d’atouts. (…) L’argent coule à flots de ceux qui sont disposés à laisser les autres mourir, compensant facilement les coûts opérationnels (entraînement, personnel de soutien, maisons sûres, explosifs et autres armes, transport et communication). Après l’attentat à la bombe d’un supermarché à Jérusalem par une femme palestinienne de 18 ans, un téléthon saoudien recueillit plus de 100 millions de dollars pour «l’Intifada Al-Quds». Les représailles massives augmentent le sentiment de victimisation des gens et leur ardeur à se comporter selon les doctrines organisationnelles et les politiques mises en place pour tirer profit de tels sentiments.(…)  La dernière ligne de défense contre le terrorisme suicide – éviter que les terroristes n’atteignent leurs cibles – semble être la plus coûteuse et vraisemblablement la moins vouée à la réussite. Des fouilles au hasard de bagages ou au corps ne peuvent pas être très effectives contre des gens décidés à mourir, même si cela peut fournir quelque semblant de sécurité et donc de défense psychologique contre la guerre psychologique du terrorisme suicide. Une ligne moyenne de défense, qui consisterait à pénétrer et à détruire les organisations recruteuses et à isoler leurs leaders, pourrait être couronnée de succès à court terme mais avec la possibilité que des organisations encore plus résistantes émergent à leur place. La première ligne de défense est de réduire drastiquement la réceptivité des recrues potentielles aux organisations recruteuses. Mais comment ? Il est important de savoir ce qui probablement ne fonctionnera pas. Elever les taux d’alphabétisation peut n’avoir aucun effet et être contreproductif, une alphabétisation plus importante se traduisant par une exposition plus importante à la propagande terroriste (au Pakistan, l’alphabétisation et le rejet des Etats-Unis se sont accrus tandis que s’accroissait de 3000 à 39000 le nombre d’écoles religieuses madrasa depuis 1978)[23,34]. Diminuer la pauvreté pourrait n’avoir aucun effet, et être contreproductif si la réduction de la pauvreté pour l’ensemble de la population amenait à une redistribution des richesses vers le bas qui laisserait ceux qui étaient initialement mieux pourvus avec finalement moins d’opportunités qu’auparavant. Mettre fin à l’occupation ou réduire l’humiliation ressentie pourrait constituer une aide, mais pas si la population croit qu’il s’agit là d’une victoire inspirée par la terreur (par exemple le retrait apparemment forcé d’Israël du Liban). Si l’attentat suicide est crucialement (bien que non exclusivement) un phénomène de niveau institutionnel, cela pourrait demander que l’on trouve la bonne combinaison de pressions et d’incitations pour obtenir des communautés elles-mêmes l’abandon de leur soutien aux institutions qui recrutent les kamikazes. Un moyen peut être d’endommager tellement le tissu social et politique de la communauté que tout soutien par la population locale ou les autorités pour ceux qui commanditent les attaques suicides s’effondre, comme cela est arrivé pour les kamikazes en tant que sous-produits de la destruction nucléaire d’Hiroshima et de Nagasaki. Dans le monde actuel, cependant, une telle stratégie ne serait ni moralement justifiable ni facile à mettre en oeuvre, vu la dispersion et la diffusion de l’organisation des institutions terroristes parmi des populations séparées par la distance et qui se chiffrent collectivement à des centaines de millions. De même, la riposte sous forme de représailles n’est pas moralement acceptable si on recherche des alliés. Même dans des endroits plus localisés, comme dans le conflit israélo-palestinien, des politiques coercitives ne peuvent aboutir seules à une réduction durable des attaques et peuvent à long terme exacerber le problème. En ce qui concerne l’incitation, les recherches en psychologie sociale montrent que les gens s’identifiant aux groupes antagonistes utilisent les informations opposées de l’autre groupe pour renforcer leur antagonisme. Par conséquent, simplement essayer de persuader de l’extérieur les uns et les autres en les bombardant avec davantage d’informations qu’ils vont utiliser à leur profit ne peut qu’augmenter leur hostilité. Une autre recherche indique que la plupart des gens ont des vues plus modérées que ce qu’ils considèrent comme étant la norme de leur groupe. Inciter de l’intérieur les modérés et leur donner la possibilité de confronter les insuffisances et les incohérences de leur propre connaissance (des autres comme malfaisants), de leurs valeurs (le respect pour la vie) et de leur comportement (le soutien du meurtre), avec les autres membres de leur groupe peut produire une insatisfaction émotionnelle menant à un changement durable et avoir une influence sur le rôle de ces individus. Financer une éducation civique et des débats pourrait constituer une aide, de même que développer la confiance interconfessionnelle grâce à des initiatives intercommunautaires interactives (comme le propose le gouvernement de Singapour). La mise en avant du facteur ethnique, l’isolation et les attaques préventives sur des partisans potentiels (mais pas encore actuels) du terrorisme n’aideront probablement pas. Une autre stratégie pour les Etats-Unis et leurs alliés consiste à changer de comportement en abordant directement et en atténuant les sentiments de grief et d’humiliation, spécialement en Palestine (où les images de violence quotidienne en ont fait le centre mondial de l’attention musulmane). Car aucune évidence (historique ou autre) n’indique que le soutien au terrorisme suicide disparaîtra sans une entente pour réaliser au moins quelques objectifs fondamentaux communs aux terroristes et aux communautés qui les soutiennent. Evidemment, ceci ne veut pas dire négocier sur tous les objectifs, tel que la requête d’Al Qaeda de remplacer le système des états nations inspiré de l’occident par un califat global, d’abord dans les territoires musulmans et ensuite ailleurs. A la différence d’autres groupes, Al Qaeda ne fait connaître aucune revendication spécifique à la suite des actions martyres. Telle une armée vengeresse, il ne cherche aucun compromis. Mais la plupart des gens qui sont d’actuels sympathisants le pourraient. (…) Il se peut que le programme global, économique, politique et culturel de notre propre société joue un rôle catalyseur dans les volontés de fuir notre vision du monde (les talibans) ou de créer un contrepoids global (Al Qaeda). (…) Mais les résultats de Pew montrent que les populations qui soutiennent les actions terroristes sont actuellement favorablement disposées envers les formes américaines de gouvernement, d’éducation, d’économie et de liberté individuelle, en dépit du fait que ces gens font confiance à Osama Ben Laden et soutiennent les actions suicides. Les études menées par le scientifique politique palestinien Khalil Shikaki montrent que plus de 80% des Palestiniens considèrent qu’Israël a la forme de gouvernement la plus admirable, l’Amérique venant en second, bien que de nombreux sondages indiquent que 60-70% des Palestiniens expriment aussi leur soutien aux attaques suicides [47]. Un sondage antérieur de Zogby sur les impressions arabes concernant l’Amérique (avril 2002) montre le même schéma de soutien pour les libertés et la démocratie américaines mais le rejet de ses relations avec les autres – un schéma qui casse la thèse du «choc des civilisations» ou la conclusion de NSCT d’un «choc entre la civilisation et ceux qui voudraient la détruire». Des études plus récentes confirment aussi les rapports antérieurs montrant que les terroristes kamikazes et leurs partisans ne sont pas appauvris, sans instruction, vindicatifs ou socialement défavorisés. L’économiste palestinien Basel Saleh compila des informations sur 171 militants tués en action (presque tous durant la seconde Intifada, 2000-2003) qui provenaient des nouveaux services du Hamas et du Jihad (…) Comme pour le Hamas et le Jihad Islamique Palestinien, l’endoctrinement religieux par Al-Qaeda et ses alliés (de recrues qui initialement n’exprimèrent qu’une religiosité modérée) apparaît crucial pour créer des cellules intimes de famille fictive dont les membres s’engagent à mourir de plein gré les uns pour les autres. (…) Les psychologues sociaux ont longuement établi «l’erreur d’attribution fondamentale». La plupart des gens dans notre société , si on leur dit, par exemple, qu’on a ordonné à quelqu’un de faire un discours pour soutenir un candidat politique particulier, penseront encore que l’orateur croit ce qu’il est en train de dire. Ce biais d’interprétation semble être particulièrement prévalent dans les cultures « individualistes », telles que celles des États-Unis et de l’Europe Occidentale. Au contraire, de nombreuses cultures (en Afrique et en Asie) dans lesquelles une éthique « collectiviste » est davantage prévalente sont moins prédisposées à ce type de jugements. Les définitions du gouvernement américain et des media des kamikazes du Moyen Orient comme des maniaques homicides peut aussi souffrir d’une erreur d’attribution fondamentale: il n’y a pas d’exemple de terrorisme suicide religieux ou politique résultant de l’action isolée d’un poseur de bombe mentalement instable (comme le suicidaire Unabomber) ou même de quelqu’un agissant entièrement de sa propre autorité et sous sa propre responsabilité (comme le suicidaire Timothy Mc Veigh). (…) La primauté du situationnel sur les facteurs de personnalité suggère l’inanité des tentatives pour établir un profil psychologique du terroriste kamikaze. C’est le génie particulier d’institutions comme Al Qaeda, le Hamas ou le Hezbollah de prendre des gens ordinaires dans un amalgame de griefs historique, politique et religieux qui les transforment en bombes humaines. Un endoctrinement intense qui dure souvent 18 mois ou plus fait que les recrues s’identifient émotionnellement à leur petite cellule (généralement de 3 à 8 membres), la percevant comme une famille de fratrie fictive pour laquelle ils sont prêts à mourir comme une mère l’est pour son enfant ou un soldat pour ses copains. Comme de bons publicitaires, les leaders charismatiques des organisations qui commanditent le martyre transforment les désirs ordinaires pour une famille et une religion en envies furieuses pour ce qu’ils essaient de promouvoir, au bénéfice de l’organisation manipulatrice plutôt que pour celui de l’individu qui est manipulé (à peu près comme l’industrie pornographique qui transforment des désirs universels et innés pour des partenaires sexuels en désirs pour du papier ou des images électroniques à des fins réductrices pour la forme personnelle mais tout bénéfice pour les manipulateurs). (…) Ce ne sont pas les libertés intérieures et la culture de l’Amérique que ces gens n’aiment pas, mais ses actions extérieures et sa politique étrangère. Scott Atran

Oui, on a gagné, mais surtout ne le dites à personne!

Alors que, pris dans son refus de reconnaitre les succès de son prédécesseur, le maitre ès munichoiseries de la Maison Blanche multiplie les courbettes devant tout ce que la planète peut contenir de dictateurs ou de tyrannophiles

Qu’en ce 6e anniversaire de la victorieuse Campagne d’Irak et deux mois après la cinglante leçon que s’est prise le Hamas à Gaza, la campagne médiatique unilatérale de calomnie contre l’armée israélienne (récits de prétendues exactions, entretien d’un ancien tireur d’élite) a repris de plus belle …

Et où, réalité beaucoup moins médiatisée, commencent à sortir des informations sur la déroute des jihadistes d’Al-Qaida …

Retour, avec le recul des années écoulées (les sept ans sans attaques du territoire américain ou l’arrêt des attaques du Hezbollah au nord d’Israël), sur un éclairant article de 2003 de l’anthropologue américain Scott Atran concernant la « genèse du terrorisme-suicide ».

Qui, sans éviter les critiques les plus faciles (George Bush n’a jamais parlé que d’instrumentalisation de la pauvreté par Al Qaeda et, même en cherchant bien, on ne voit toujours pas quel courage il pourrait y avoir à s’attaquer aux civils désarmés d’une discothèque ou du WTC) …

A le mérite de tordre définitivement le cou à certaines idées reçues, notamment du prétendu « fondamentalisme » des groupes concernés alors que le mélange politico-religieux de l’islamisme actuel est de toute évidence un phénomène on ne peut plus récent et moderne.

Ou, au-delà des évidentes limites des théories de choix rationnel (sauf pour les commanditaires), les soi-disant motivations de pauvreté et de désespoir de terroristes-suicide qui auraient même pour nombre d’entre eux au contraire un bagage relativement favorisé.

Mais surtout de souligner la dimension institutionnelle du phénomène et partant l’importance des mesures de « réduction de la réceptivité des recrues potentielles aux organisations recruteuses ».

Comme une certaine « combinaison de pressions et d’incitations », au coût politique certes important au niveau de l’opinion publique internationale, « pour obtenir des communautés elles-mêmes l’abandon de leur soutien aux institutions qui recrutent les kamikazes » (voir la démolition des maisons des parents ou, comme au Japon en 1945 ou au Sud-Liban ou à Gaza tout récemment, « d’endommager tellement le tissu social et politique de la communauté que tout soutien par la population locale ou les autorités pour ceux qui commanditent les attaques suicides s’effondre ».

Mais surtout de pointer les effets potentiellement négatifs, au moins à court terme y compris pour les plus souhaitables, de certaines des mesures prônées.

Comme, sans parler de la démocratisation pouvant faire accéder au pouvoir les éléments les plus réactionnaires, l’alphabétisation qui pourrait par exemple augmenter, comme au Pakistan, l’exposition à la propagande terroriste

Ou la diminution de la pauvreté, « les groupes initialement mieux pourvus pouvant se retrouver avec finalement moins d’opportunités qu’auparavant ».

Ou la fin de l’occupation pourrait au contraire aggraver les choses si, comme on l’a vu au sud-Liban ou à Gaza, la population croit qu’il s’agit là d’une victoire inspirée par la terreur »

Extraits:

La première ligne de défense est de réduire drastiquement la réceptivité des recrues potentielles aux organisations recruteuses.

Elever les taux d’alphabétisation peut n’avoir aucun effet et être contreproductif, une alphabétisation plus importante se traduisant par une exposition plus importante à la propagande terroriste (au Pakistan, l’alphabétisation et le rejet des Etats-Unis se sont accrus tandis que s’accroissait de 3000 à 39000 le nombre d’écoles religieuses madrasa depuis 1978).

Diminuer la pauvreté pourrait n’avoir aucun effet, et être contreproductif si la réduction de la pauvreté pour l’ensemble de la population amenait à une redistribution des richesses vers le bas qui laisserait ceux qui étaient initialement mieux pourvus avec finalement moins d’opportunités qu’auparavant.

Mettre fin à l’occupation ou réduire l’humiliation ressentie pourrait constituer une aide, mais pas si la population croit qu’il s’agit là d’une victoire inspirée par la terreur (par exemple le retrait apparemment forcé d’Israël du Liban).

Si l’attentat suicide est crucialement (bien que non exclusivement) un phénomène de niveau institutionnel, cela pourrait demander que l’on trouve la bonne combinaison de pressions et d’incitations pour obtenir des communautés elles-mêmes l’abandon de leur soutien aux institutions qui recrutent les kamikazes. Un moyen peut être d’endommager tellement le tissu social et politique de la communauté que tout soutien par la population locale ou les autorités pour ceux qui commanditent les attaques suicides s’effondre, comme cela est arrivé pour les kamikazes en tant que sous-produits de la destruction nucléaire d’Hiroshima et de Nagasaki.

Genèse et futur de l’attentat suicide
de Scott Atran
(Traduction de l’original en anglais by Anne-Marie Varigault)

Résumé

Les modernes terroristes kamikazes du Moyen Orient sont considérés publiquement comme des lâches et des fous déterminés à une destruction absurde, prospérant au milieu de la pauvreté et de l’ignorance. Une étude récente montre qu’ils n’ont pas de psychopathologie notable et qu’ils ont un niveau d’éducation et des conditions de vie semblables au reste de la population. Une première ligne de défense consiste à obtenir des communautés d’où sont issus les commandos suicides qu’elles arrêtent les attaques en apprenant à minimiser la réceptivité de gens tout à fait ordinaires aux organisations qui les recrutent.

L’histoire récente

L’attaque suicide est une pratique ancienne avec une histoire moderne. Son usage par les sectes juives des Zélotes et des Sicaires (« poignards ») dans la Judée occupée par les Romains [1] et par l’Ordre Islamique des Assassins (hashashin) durant l’époque des premières croisades en sont des exemples légendaires [2]. Le concept de « terreur » en tant qu’usage systématique de la violence pour atteindre des fins politiques a été codifié pour la première fois par Maximilien Robespierre pendant la Révolution Française. Il la considéra comme une « émanation de la vertu », assurant une justice « prompte, sévère et inflexible », « une conséquence du principe général de démocratie appliqué aux besoins les plus urgents du pays » [3]. Le Règne de la Terreur, durant lequel la faction jacobine en place extermina des milliers d’ennemis potentiels, quels qu’en fussent le sexe, l’âge ou la condition, dura jusqu’à la chute de Robespierre en juillet 1794. Une semblable justification pour une terreur cautionnée par l’état fut partagée par les révolutions du 20e siècle, comme en Russie avec Lénine, au Cambodge avec Pol Pot et en Iran avec Khomeiny.

Qu’elle soit subnationale (par exemple les anarchistes russes) ou soutenue par l’état (les kamikazes japonais), l’attaque suicide comme arme de terreur est habituellement choisie par des groupes plus faibles contre des adversaires matériellement plus forts quand semble peu probable que réussissent des méthodes de combat d’un moindre coût. Le choix est souvent volontaire, mais il est généralement soumis aux conditions d’un groupe de pression et d’un leadership charismatique. Ainsi, les Kamikazes (« vent divin ») utilisés pour la première fois dans la bataille des Philippines (novembre 1944) étaient de jeunes pilotes, avec un bon niveau d’études, qui comprirent que poursuivre une guerre conventionnelle aboutirait à une défaite. Beaucoup de ces jeunes gens avaient étudié la philosophie et la littérature occidentales, certains étaient marxistes ou chrétiens. Peu d’entre eux croyaient qu’ils mouraient pour l’empereur en tant que chef de guerre ou pour des buts militaires. Il apparaîtrait plutôt que l’état était capable de manipuler une profonde tradition intellectuelle et esthétique de beauté dans la souffrance pour convaincre les pilotes que c’était leur honneur de « mourir tels de beaux pétales de cerisier qui tombent » pour leurs familles réelles ou fictives, celles-ci comprenant leurs parents, leurs collègues pilotes, l’empereur et le peuple du Japon [4].

Quand l’Admiral Takjiro Onishi leur demanda collectivement de se porter volontaires pour des « attaques spéciales » (tokkotai) « transcendant la vie et la mort », tous se désignèrent, en dépit d’assurances que leur refus n’entraînerait ni honte ni punition. Lors de la bataille d’Okinawa (avril 1945) quelques 2000 kamikazes lancèrent leurs avions de combat chargés de carburant sur plus de 300 bateaux, tuant 5000 Américains dans la bataille navale la plus coûteuse de l’histoire américaine. C’est à cause de telles pertes que fut appuyée l’utilisation de la bombe atomique pour finir la deuxième guerre mondiale [5].

Le premier grand attentat terroriste suicide contemporain au Moyen Orient fut la destruction, en décembre 1981, de l’ambassade d’Irak à Beyrouth (27 morts, plus de 100 blessés). L’identité de ses auteurs est encore inconnue, bien qu’il soit vraisemblable que l’Ayatollah Khomeiny ait approuvé cette action qui fut menée par des groupes cautionnés par les services spéciaux iraniens. Avec l’assassinat du président libanais pro israélien Bashir Gemayel en septembre 1982, l’attentat suicide devint une arme de stratégie politique. Avec le « Parti de Dieu » libanais pro-iranien (Hezbollah), cette stratégie acquit bientôt un impact géopolitique avec l’attentat au camion piégé d’octobre 1983 qui tua près de 300 militaires américains et français. L’Amérique et la France abandonnèrent la force multinationale qui maintenait l’ordre au Liban. En 1985, on peut dire que ces attaques poussèrent Israël à céder la plupart des gains (territoriaux) réalisés durant l’invasion du Liban en 1982.

En Israël et en Palestine, le terrorisme suicide commença en 1992, et devint vers la fin de 1993 partie intégrante d’une campagne systématique avec les attaques de membres du Mouvement de la Résistance Islamique (Hamas) et du Jihad Palestinien Islamique (JPI) entraînés par le Hezbollah, ayant pour but de faire dérailler les accords de paix d’Oslo. Dès 1988, cependant, le fondateur du JPI, Fathi Shiqaqi, donnait les directives d’opérations martyres « exceptionnelles » impliquant des bombes humaines. Il suivit le Hezbollah en insistant sur le fait que Dieu exalte le martyr mais abhorre le suicide : « Allah peut rendre connus ceux qui croient et peut faire de certains d’entre vous des martyrs; il peut purifier ceux qui ont la foi et qui détruiront complètement les infidèles » ; cependant « nul ne peut mourir sans la permission d’Allah » [6].

La radicalisation récente et l’interconnexion par le biais d’Al-Qaeda de groupes militants islamistes d’Afrique du Nord, d’Arabie, d’Asie Centrale et du Sud-est sont issues de la guerre russo-afghane (1979-1989). Avec le soutien financier des Etats-Unis, les membres de ces différents groupes eurent l’opportunité de mettre en commun et d’unifier leur doctrine, leurs buts, l’entraînement, l’équipement et leurs méthodes, dont les attentats suicides. Grâce à son association protéiforme avec des groupes régionaux (en termes de financement, de personnel et de logistiques), Al Qaeda tend à réaliser avec flexibilité son ambition mondiale de destruction de la suprématie occidentale par le biais d’initiatives locales ayant pour but d’expulser les influences occidentales [7]. Selon la Jane’s Intelligence Review : « Tous les groupes terroristes kamikazes ont des infrastructures de soutien en Europe et en Amérique du Nord » [8].

Traiter la vague actuelle de l’Islam radical de « fondamentalisme» (au sens de « traditionalisme ») est une notion trompeuse, proche de l’oxymoron. Les radicaux actuels, qu’il s’agisse des Chiites (Iran, Hezbollah) ou des Sunnites (Talibans, Al-Qaeda) sont beaucoup plus proches dans l’esprit et dans les actes de la Contre-réforme de la post-Renaissance en Europe que de tout aspect traditionnel de l’histoire musulmane. L’idée d’une autorité gouvernementale ecclésiastique, d’un conseil d’état ou national du clergé, et d’une police religieuse chargée d’éliminer physiquement les hérétiques et les blasphémateurs, a son modèle historique le plus clair dans la Sainte Inquisition. L’idée que la religion doit combattre pour imposer son contrôle sur la politique est totalement nouvelle en Islam. [9]

Des opinions publiques contestables

Les recherches récentes de la Sécurité Intérieure se concentrent sur comment dépenser des milliards pour protéger d’une attaque les installations sensibles [10,11]. Mais cette dernière ligne de défense est probablement la plus facile à battre en brèche en fonction de la multitude des cibles vulnérables ou telles (dont des discothèques, des restaurants et des centres commerciaux), de l’abondance des attaquants potentiels (qui n’ont besoin que d’une faible supervision une fois engagés dans une mission), des coûts relativement bas de l’attaque (composants d’accès communs, nul besoin d’organiser la fuite), de la difficulté de sa détection (peu d’utilisation de l’électronique) et de l’improbabilité que les attaquants divulguent une information sensible (n’étant pas au courant des connections au-delà de leurs cellules opérationnelles). Les exhortations à mettre du ruban adhésif sur les fenêtres peuvent atténuer (ou renforcer) la peur mais n’empêcheront pas des pertes de vies massives, et la réalisation publique d’une défense si dérisoire peut saper la confiance. Les services de renseignements s’occupent aussi de lignes de défense en amont, comme infiltrer les réseaux de manipulation d’agents des groupes terroristes, mais n’obtiennent que des succès mitigés. Une première ligne de défense consiste à empêcher les gens de devenir terroristes. Là le succès semble douteux, si ce que l’actuel gouvernement et les media pensent des raisons qui amènent les gens à devenir des bombes humaines devait se traduire en options politiques.

Les terroristes kamikazes sont souvent traités de lâches et de fous, déterminés à une destruction absurde, prospérant au milieu de la pauvreté et de l’ignorance. Le but évident devient de traquer les terroristes tout en transformant simultanément l’environnement culturel et économique qui les soutient en le faisant passer du désespoir à l’espoir. Quelle que soit la recherche, elle montre que les terroristes kamikazes n’ont pas une psychopathologie spécifique et qu’ils ont un niveau d’études et de revenus égal à celui du reste de la population.

Psychopathologie : une erreur d’attribution fondamentale

Dès le début le Président des Etats-Unis George W. Bush désigna les pirates de l’air du 11 septembre comme des «lâches maléfiques». Pour le sénateur américain John Warner, les opérations préventives contre les terroristes et ceux qui soutiennent le terrorisme sont justifiées parce que : «Ceux qui se suicident en attaquant le monde libre ne sont pas rationnels et ne peuvent être dissuadés par des concepts rationnels » [12]. Dans leur tentative pour contrer le sentiment anti-musulman, certains groupes recommandent à leurs membres de répondre que « les terroristes sont des maniaques extrémistes qui ne représentent en rien l’Islam». [13]

Les psychologues sociaux ont fait des recherches sur «l’erreur d’attribution fondamentale», cette tendance qu’ont les gens à expliquer le comportement en termes de caractéristiques individuelles de la personnalité, même quand des facteurs situationnels significatifs sont à l’oeuvre dans une société plus large. Le fait que le gouvernement et les media américains qualifient les kamikazes du Moyen-Orient de fous homicides et lâches peut relever d’une erreur d’attribution fondamentale: il n’y a aucun cas de terrorisme suicide religieux ou politique qui soit le fait de kamikazes couards ou instables. Le psychologue Stanley Milgram montra que des Américains ordinaires peuvent eux aussi obéir sans problème à des ordres de destruction dans les circonstances adéquates. [14]

Quand un «instructeur» leur dit d’administrer des chocs électriques potentiellement dangereux pour la vie à des «étudiants» qui n’arrivent pas à mémoriser des paires de mots, la plupart obéissent. Même quand les cobayes stressent et protestent tandis que leurs victimes hurlent et supplient, l’usage d’une violence extrême se poursuit – non à cause de tendances meurtrières mais du sens de l’engagement dans des situations d’autorité, si banales soient-elles. Une hypothèse légitime est que des comportements extrêmes peuvent apparemment être admis et considérés comme ordinaires en fonction de contextes particuliers, historiques, politiques, sociaux, idéologiques.

Avec le terrorisme suicide, le problème attributionnel est de comprendre pourquoi des individus non pathologiques répondent à des facteurs situationnels nouveaux en nombre suffisant pour permettre aux organisations recruteuses de mettre en oeuvre leur politique. Au Moyen-Orient, les contextes, tels qu’on les perçoit, dans lesquels s’expriment les kamikazes et ceux qui les cautionnent, passent par un sentiment collectif d’injustice historique, de soumission politique et d’humiliation sociale vis-à-vis des puissances mondiales et de leurs alliés, sentiment contrebalancé par un espoir religieux. Constater de telles perceptions ne signifie pas les accepter comme la simple réalité; cependant, en ignorer les causes risque de mal identifier les causes des attaques suicides et les solutions pour les prévenir. Il est aussi évident que les gens tendent à croire que leur comportement parle pour eux, qu’ils voient le monde objectivement et que seuls les autres sont biaisés et interprètent les évènements de façon erronée [15]. Qui plus est, les individus tendent à avoir une perception fausse des différences entre les normes des groupes, les percevant comme plus extrêmes qu’elles ne le sont en réalité. Les incompréhensions qui en résultent – encouragées par la propagande religieuse et idéologique – amènent des groupes antagonistes à interpréter leurs visions respectives des évènements, tel que terrorisme-combattre pour la liberté, comme fausses, radicales et/ ou irrationnelles. La diabolisation mutuelle et la guerre s’ensuivent facilement. Le problème est d’arrêter l’intensification de cette spirale dans les camps opposés.

La pauvreté et le manque d’éducation ne sont pas des facteurs fiables

Il y a un large consensus dans notre société autour de l’idée que débarrasser la société de la pauvreté la débarrasse du crime [16]. Selon le Président Bush «Nous combattons la pauvreté parce que l’espoir est la réponse à la terreur … Nous défierons la pauvreté et le désespoir et le manque d’éducation et les gouvernements en faillite qui trop souvent créent les conditions dont profitent les terroristes» [17]. Lors d’une rencontre de lauréats du Prix Nobel de la Paix, le sud-africain Desmond Tutu et le sud-coréen Kim Dae Jong opinèrent, «à la base du terrorisme il y a la pauvreté»; Elie Wiesel et le Dalaï Lama conclurent : «c’est par l’éducation qu’on éliminera le terrorisme» [18]. Ceci est soutenu par les recherches initiées par l’économiste Gary Becker montrant que les crimes matériels sont engendrés par la pauvreté et le manque d’éducation [19]. Dans ce modèle basé sur l’incitation, les délinquants sont des individus rationnels qui agissent par intérêt personnel. Les individus choisissent une activité illégale si le profit excède la probabilité qu’ils soient découverts ou incarcérés, et si dans le même temps une activité légale représente une perte de revenus («coûts d’opportunité»). Dans la mesure où les délinquants manquent de capacités professionnelles et d’éducation, ce qui est le cas dans les délits commis par les ouvriers, les coûts d’opportunité peuvent se révéler minimaux ; par conséquent le crime paie.

Ces théories d’un choix rationnel basé sur des opportunités économiques ne rendent pas compte de façon fiable de certains types de crimes violents (homicides domestiques, meurtres dus à la haine). Ces supputations ont encore moins de sens en ce qui concerne les attaques suicides. En général, les terroristes kamikazes n’ont pas eu moins de chances dans leur vie légitime que le reste de la population. Comme le souligne la presse arabe, si les martyrs n’avaient rien à perdre, leur sacrifice n’aurait pas de sens [20] : «Celui qui se suicide se tue pour son propre bénéfice, celui qui commet le martyr se sacrifie pour sauver sa religion et sa nation …. Le Mujahed est plein d’espoir» [21].

La recherche menée par Krueger et Maleckova montre que l’éducation peut ne pas être corrélée, ou même être positivement corrélée, avec le fait de soutenir le terrorisme [22]. Dans un sondage de décembre 2001, auprès de 1357 palestiniens de 18 ans ou plus, de la Cisjordanie et de Gaza, ceux qui avaient 12 années d’études ou plus soutenaient les attaques armées par 68 points, ceux qui avaient 11 années d’étude par 63 points et les illettrés par 46 points. 40% seulement des personnes ayant des diplômes universitaires était pour le dialogue avec Israël, contre 53% ayant des diplômes d’études secondaires et 60% ayant effectué 9 ans d’études ou moins. En comparant les militants du Hezbollah morts dans l’action avec un échantillon au hasard de Libanais de la même classe d’âge et de la même région, les militants avaient plus de chance de ne pas venir de familles pauvres et d’avoir fait des études secondaires. Plus récemment, Krueger et ses collègues trouvèrent que, bien qu’un tiers des Palestiniens vivent dans la pauvreté, c’est seulement le cas de 13% des kamikazes palestiniens; 57% des kamikazes vont au-delà du lycée contre 15% d’une population d’âge comparable.

Néanmoins, une perte relative d’avantages économiques ou sociaux dans les classes éduquées peut encourager le soutien au terrorisme. Dans la période précédant la première Intifada (1982-1988), le nombre d’hommes palestiniens ayant fait 12 ans d’études ou plus a fait plus que doubler; ceux avec moins d’années d’études n’a augmenté que de 30%. Ceci coïncida avec une augmentation significative du chômage chez ceux qui avaient fait des études supérieures par rapport à ceux qui avaient fait des études secondaires. Les salaires quotidiens réels de ceux qui avaient des diplômes universitaires diminuèrent de quelque 30%; les salaires de ceux qui n’avaient fait que des études secondaires restèrent stables. Le chômage semble aussi un facteur de recrutement pour Al Qaeda et ses alliés dans la péninsule arabique [23].

Le facteur institutionnel : l’organisation d’une famille fictive

Bien que l’humiliation et le désespoir puissent aider à rendre compte de la prédisposition pour le martyre dans certaines situations, ce n’est une explication ni complète ni applicable à d’autres circonstances. Des études menées par le psychologue Ariel Merari montrent l’importance des institutions dans le terrorisme suicide [24]. Son équipe a interviewé 32 des 34 familles de kamikazes en Palestine et en Israël (avant 1998), des terroristes survivants et des recruteurs faits prisonniers.

Les terroristes kamikazes reflètent apparemment une répartition normale dans leur population en termes d’éducation, de statut socioéconomique et de types de personnalités (introverti par rapport à extroverti). L’âge moyen des terroristes était la vingtaine. Presque tous étaient célibataires et témoignaient de croyance religieuse avant le recrutement (mais pas plus que la population générale). Excepté le fait d’être jeunes et sans attaches, les kamikazes diffèrent des membres d’organisations racistes violentes avec lesquels ils sont souvent comparés [25].

Globalement, les terroristes kamikazes ne présentent pas de caractéristiques de dysfonctionnements sociaux (absence de père, d’ami, ou d’emploi) ni de symptômes suicidaires. Ils n’expriment aucune crainte de l’ennemi, aucun « désespoir », aucun sentiment de « n’avoir rien à perdre » par manque d’alternatives dans la vie qui seraient liées à des raisons économiques. Merari attribue la responsabilité première des attaques aux organisations qui recrutent en enrôlant des candidats potentiels dans cette population jeune et relativement sans attaches. Ensuite, à l’intérieur de petites cellules de trois à six membres, des entraîneurs charismatiques cultivent intensément leur engagement mutuel à mourir. L’étape ultime avant le martyre est un contrat social formel, la plupart du temps sous la forme d’un testament enregistré en vidéo.

De 1996 à 1999 Nasra Hassan, un Pakistanais travaillant dans l’aide humanitaire, interviewa à peu près 250 Palestiniens, recruteurs et entraîneurs, des kamikazes qui avaient échoué et les parents de kamikazes morts. Les terroristes étaient des hommes de 18 à 38 ans : «Aucun d’eux n’était sans instruction, ni désespérément pauvre, simple d’esprit ou déprimé … Ils semblaient tous être des membres tout à fait normaux de leurs familles» [26]. Cependant «tous étaient profondément religieux», croyant leurs actions «sanctionnées par la religion divinement révélée de l’Islam». Les leaders des organisations qui les cautionnent se plaignaient, «Notre plus gros problème, ce sont les hordes de jeunes gens qui tapent à nos portes».

Le psychologue Brian Barber étudia 900 adolescents musulmans durant la première Intifada à Gaza (1987-1993)[27]. Les résultats montrent un haut niveau de participation à des actions violentes et de victimisation par ces mêmes actions. Pour les hommes, 81% rapportèrent avoir jeté des pierres, 66% avaient été physiquement attaqués et on avait tiré sur 63% d’entre eux (respectivement, 51%, 38% et 20% pour les femmes). L’implication dans la violence n’était pas fortement corrélée avec une dépression ou un comportement anti social. Les adolescents les plus impliqués faisaient preuve d’une fierté individuelle forte et de cohésion sociale. Cela était reflété dans leurs activités : pour les hommes, 87% d’entre eux livraient de l’approvisionnement aux activistes, 83% visitaient les familles des martyrs et 71% s’occupaient des blessés (respectivement, 57%, 46% et 37% pour les femmes). Une deuxième étude durant la deuxième Intifada (2000-2002) indique que ceux qui sont toujours célibataires agissent de manière considérée comme personnellement plus dangereuse mais socialement plus signifiante. De façon croissante, beaucoup considèrent les actes de martyre comme très significatifs. Vers l’été 2002, 70 à 80% des Palestiniens approuvaient les opérations de martyre [28].

Auparavant, les recruteurs recherchaient dans les mosquées, les écoles et les camps de réfugiés, des candidats jugés réceptifs à un endoctrinement religieux intense et à un entraînement logistique. Durant la seconde Intifada, il y eut surabondance de volontaires et une implication croissante d’organisations laïques (autorisant la participation des femmes). La fréquence et la violence des attaques suicides augmenta (davantage d’attaques à la bombe depuis février 2002 que durant 1993-2000) ; la planification a été moins poussée. En dépit de ces changements, peu de choses indiquent un changement général dans le profil des kamikazes (la plupart célibataires, avec un statut socio économique moyen, modérément religieux) [24,26].

Des études de contrôle sur un groupe d’adolescents musulmans bosniaques pendant la même période de temps révèlent, au contraire des Palestiniens, des expressions nettement plus faibles d’estime de soi, d’espoir dans le futur et de comportement pro social [26]. Une différence clé est que les Palestiniens invoquent systématiquement la religion pour investir une blessure personnelle d’une signification sociale pro active qui en fait une marque d’honneur. Généralement les musulmans bosniaques déclarent ne pas considérer les attaches religieuses comme faisant partie de façon significative de l’identité personnelle ou collective, jusqu’à ce qu’une violence apparemment arbitraire les oblige à en prendre conscience.

Ainsi, on pourrait dire qu’un facteur critique déterminant le comportement du terrorisme suicide est la loyauté à des groupes intimes de pairs, que les organisations recruteuses encouragent souvent par le biais de la communion religieuse [29]. Considérons les données sur 39 recrues de Harkat al-Ansar, un allié d’Al Qaeda basé au Pakistan. Tous étaient des hommes non mariés, la plupart avaient étudié le Coran. Tous croyaient qu’en se sacrifiant ils aideraient à sécuriser le futur de leur «famille» fictive : «Chaque [martyr] a une place spéciale – parmi eux il y a des frères, de la même façon qu’il y a des fils et des êtres encore plus chers» [30]. Un rapport du Parlement de Singapour portant sur 31 agents capturés du Jemaah Islamiyah et d’autres alliés d’Al-Qaeda en Asie du Sud-est souligne ce modèle : «Ces hommes n’étaient pas ignorants, destitués ou déchus de leurs droits civiques. Tous avaient reçu une éducation laïque … Comme beaucoup de leurs collègues dans les organisations militantes islamiques de la région, ils avaient un travail normal et respectable … Au niveau du groupe, la plupart des détenus considérait la religion comme leur plus importante valeur personnelle… le secret qui entourait la véritable connaissance du jihad contribuait à créer un sens de partage et de puissance vis-à-vis des autres» [31].

De tels sentiments caractérisent la manipulation institutionnelle d’engagements pris émotionnellement qui peuvent avoir émergé sous l’influence d’une sélection naturelle pour réformer ou dépasser des calculs rationnels à court terme qui auraient autrement empêché de réaliser des objectifs à faible probabilité de réussite. D’une façon générale, de tels engagement pris émotionnellement servent comme mécanismes de survie pour pousser à agir dans des circonstances qui auraient été autrement paralysantes, comme lorsqu’une personne plus faible menace de façon convaincante une personne plus forte d’y penser à deux fois avant d’essayer de prendre l’avantage. Dans le terrorisme suicide inspiré par la religion, cependant, ces émotions sont manipulées volontairement par les leaders organisationnels, les recruteurs et les entraîneurs au bénéfice de l’organisation plutôt qu’à celui de l’individu [32].

Le choix rationnel est la prérogative du commanditaire, non celle de l’agent

Peu de bénéfice tangible (en termes de théories de choix rationnel) revient au kamikaze, certainement pas assez pour faire du gain probable un gain « d’utilité attendue » maximisée. Le surcroît de reconnaissance sociale n’arrive qu’après la mort, parant à un bénéfice matériel personnel. Mais pour les leaders qui ne considèrent quasi jamais de se tuer eux-mêmes (en dépit de déclaration où ils se disent prêts à mourir), il est certain que dans les opérations de martyre, les bénéfices matériels l’emportent de loin sur les pertes. Hassan cite une ordonnance palestinienne officielle pour réussir une mission: « un jeune homme volontaire… des clous, de la poudre, un interrupteur et un câble court, du mercure (qui s’obtient facilement à partir de thermomètres), de l’acétone … l’item le plus cher est le transport dans une ville israélienne ». Le coût total est de $150.

Pour l’organisation commanditaire, les kamikazes sont des atouts remplaçables dont la perte, en augmentant le soutien public et les réservoirs de recrues potentielles, génère un plus grand nombre d’atouts. Peu après le 11 septembre, une étude des services de renseignements portant sur des Saoudiens éduqués (âgés de 25 à 41 ans) conclua que 95% d’entre eux soutenait Al Qaeda [33]. Dans une étude du Pew Research Center de décembre 2002 portant sur l’anti-américanisme croissant, 6% seulement des Egyptiens considérait favorablement l’Amérique et la «Guerre contre le Terrorisme» [34]. L’argent coule à flots de ceux qui sont disposés à laisser les autres mourir, compensant facilement les coûts opérationnels (entraînement, personnel de soutien, maisons sûres, explosifs et autres armes, transport et communication). Après l’attentat à la bombe d’un supermarché à Jérusalem par une femme palestinienne de 18 ans, un téléthon saoudien recueillit plus de 100 millions de dollars pour «l’Intifada Al-Quds».

Les représailles massives augmentent le sentiment de victimisation des gens et leur ardeur à se comporter selon les doctrines organisationnelles et les politiques mises en place pour tirer profit de tels sentiments. Dans un groupe de 1179 Palestiniens de la Bande Ouest et de Gaza au printemps 2002, 66% dirent que les opérations de l’armée accroissaient leur appui aux attentats suicides [35]. A la fin de l’année, 76% des musulmans libanais considéraient comme justifiés les attentats suicides. Cette radicalisation de l’opinion augmente à la fois la demande et l’approvisionnement pour des opérations martyres. Un rapport de l’ONU de décembre 2002 créditait les volontaires d’une augmentation du renouveau d’Al Qaeda dans 40 pays [36]. L’influence de l’organisation dans une société plus large – et très significativement dans ses élites dirigeantes – augmente à son tour.

Les priorités pour la sécurité intérieure

La dernière ligne de défense contre le terrorisme suicide – éviter que les terroristes n’atteignent leurs cibles – semble être la plus coûteuse et vraisemblablement la moins vouée à la réussite. Des fouilles au hasard de bagages ou au corps ne peuvent pas être très effectives contre des gens décidés à mourir, même si cela peut fournir quelque semblant de sécurité et donc de défense psychologique contre la guerre psychologique du terrorisme suicide. Une ligne moyenne de défense, qui consisterait à pénétrer et à détruire les organisations recruteuses et à isoler leurs leaders, pourrait être couronnée de succès à court terme mais avec la possibilité que des organisations encore plus résistantes émergent à leur place.

La première ligne de défense est de réduire drastiquement la réceptivité des recrues potentielles aux organisations recruteuses. Mais comment ? Il est important de savoir ce qui probablement ne fonctionnera pas. Elever les taux d’alphabétisation peut n’avoir aucun effet et être contreproductif, une alphabétisation plus importante se traduisant par une exposition plus importante à la propagande terroriste (au Pakistan, l’alphabétisation et le rejet des Etats-Unis se sont accrus tandis que s’accroissait de 3000 à 39000 le nombre d’écoles religieuses madrasa depuis 1978)[23,34]. Diminuer la pauvreté pourrait n’avoir aucun effet, et être contreproductif si la réduction de la pauvreté pour l’ensemble de la population amenait à une redistribution des richesses vers le bas qui laisserait ceux qui étaient initialement mieux pourvus avec finalement moins d’opportunités qu’auparavant. Mettre fin à l’occupation ou réduire l’humiliation ressentie pourrait constituer une aide, mais pas si la population croit qu’il s’agit là d’une victoire inspirée par la terreur (par exemple le retrait apparemment forcé d’Israël du Liban).

Si l’attentat suicide est crucialement (bien que non exclusivement) un phénomène de niveau institutionnel, cela pourrait demander que l’on trouve la bonne combinaison de pressions et d’incitations pour obtenir des communautés elles-mêmes l’abandon de leur soutien aux institutions qui recrutent les kamikazes. Un moyen peut être d’endommager tellement le tissu social et politique de la communauté que tout soutien par la population locale ou les autorités pour ceux qui commanditent les attaques suicides s’effondre, comme cela est arrivé pour les kamikazes en tant que sous-produits de la destruction nucléaire d’Hiroshima et de Nagasaki.

Dans le monde actuel, cependant, une telle stratégie ne serait ni moralement justifiable ni facile à mettre en oeuvre, vu la dispersion et la diffusion de l’organisation des institutions terroristes parmi des populations séparées par la distance et qui se chiffrent collectivement à des centaines de millions. De même, la riposte sous forme de représailles n’est pas moralement acceptable si on recherche des alliés [37]. Même dans des endroits plus localisés, comme dans le conflit israélo-palestinien, des politiques coercitives ne peuvent aboutir seules à une réduction durable des attaques et peuvent à long terme exacerber le problème. En ce qui concerne l’incitation, les recherches en psychologie sociale montrent que les gens s’identifiant aux groupes antagonistes utilisent les informations opposées de l’autre groupe pour renforcer leur antagonisme. Par conséquent, simplement essayer de persuader de l’extérieur les uns et les autres en les bombardant avec davantage d’informations qu’ils vont utiliser à leur profit ne peut qu’augmenter leur hostilité.

Une autre recherche indique que la plupart des gens ont des vues plus modérées que ce qu’ils considèrent comme étant la norme de leur groupe. Inciter de l’intérieur les modérés et leur donner la possibilité de confronter les insuffisances et les incohérences de leur propre connaissance (des autres comme malfaisants), de leurs valeurs (le respect pour la vie) et de leur comportement (le soutien du meurtre), avec les autres membres de leur groupe [38] peut produire une insatisfaction émotionnelle menant à un changement durable et avoir une influence sur le rôle de ces individus [39]. Financer une éducation civique et des débats pourrait constituer une aide, de même que développer la confiance interconfessionnelle grâce à des initiatives intercommunautaires interactives (comme le propose le gouvernement de Singapour). La mise en avant du facteur ethnique, l’isolation et les attaques préventives sur des partisans potentiels (mais pas encore actuels) du terrorisme n’aideront probablement pas. Une autre stratégie pour les Etats-Unis et leurs alliés consiste à changer de comportement en abordant directement et en atténuant les sentiments de grief et d’humiliation, spécialement en Palestine (où les images de violence quotidienne en ont fait le centre mondial de l’attention musulmane)[40]. Car aucune évidence (historique ou autre) n’indique que le soutien au terrorisme suicide disparaîtra sans une entente pour réaliser au moins quelques objectifs fondamentaux communs aux terroristes et aux communautés qui les soutiennent.

Evidemment, ceci ne veut pas dire négocier sur tous les objectifs, tel que la requête d’Al Qaeda de remplacer le système des états nations inspiré de l’occident par un califat global, d’abord dans les territoires musulmans et ensuite ailleurs. A la différence d’autres groupes, Al Qaeda ne fait connaître aucune revendication spécifique à la suite des actions martyres. Telle une armée vengeresse, il ne cherche aucun compromis. Mais la plupart des gens qui sont d’actuels sympathisants le pourraient.

Peut-être pour arrêter le terrorisme, avons-nous besoin de recherche pour comprendre quelles configurations de relations psychologiques et culturelles attirent et lient des milliers, possiblement des millions de gens très ordinaires, dans le réseau de fabrication des martyrs des organisations terroristes. On a besoin d’étudier comment les institutions terroristes se forment et les similarités et les différences entre les structures organisationnelles, les pratiques de recrutement et les populations recrutées. Existe t’il des différences réelles entre les groupes religieux et les groupes laïcs, ou entre le terrorisme idéologique et celui initié par le grief ? Les interviews des kamikazes survivants du Hamas et des agents capturés d’Al Qaeda montrent que l’idéologie et le grief sont des facteurs pour les deux groupes mais avec des poids relatifs et des conséquences qui peuvent diverger.

Nous avons aussi besoin d’investiguer toutes les relations causales significatives entre la politique et les actions de notre société et celles des organisations terroristes et de leurs partisans. Il se peut que le programme global, économique, politique et culturel de notre propre société joue un rôle catalyseur dans les volontés de fuir notre vision du monde (les talibans) ou de créer un contrepoids global (Al Qaeda). Financer de telles recherches risque d’être difficile. Comme dans le cas de l’usage quelque peu tendancieux, et qui sert nos propres vues, de «terreur» en tant que concept politique [41] pour résoudre les désaccords, nos gouvernements et nos media préféreront peut-être ignorer ces relations, en tant que thèmes légitimes pour investiguer en quoi consiste le terrorisme et pourquoi il existe. Cette demande de recherche peut demander plus de patience qu’aucune administration n’en peut tolérer politiquement en temps de crise. A long terme, cependant, notre société ne peut s’offrir le luxe d’ignorer les conséquences de ses propres actes, ni les causes qui motivent les actions des autres. Les coûts potentiels d’une telle ignorance sont terribles à envisager. La dépense comparativement moindre impliquée par la recherche sur de telles conséquences et causes pourrait avoir un bénéfice inestimable.
Post-scriptum : où la guerre contre la terreur peut-elle bien aller?

Deux documents de première importance pour la Guerre contre le Terrorisme furent récemment diffusés aux Etats-Unis. Le 23 mai, le US General Accounting Office remit au Congrès son rapport final sur «Combattre le terrorisme» [42]. Le 3 juin, le Pew Research Center publia les derniers éléments d’une étude de plusieurs années sur les attitudes globales par rapport aux mesures politiques et aux valeurs sociales [43]. Le rapport GAO n’évalue pas l’effet des programmes anti terroristes et l’étude Pew de 15000 personnes dans 21 nations ne cherche pas à connaître les raisons des attitudes globales. Néanmoins, les résultats de Pew, ainsi que ceux d’une recherche récente sur le background socio-économique des terroristes et de leurs partisans, sapent sérieusement les raisonnements et les pronostics de la Guerre contre le Terrorisme.

Selon GAO, le financement pour combattre le terrorisme à l’étranger a augmenté de 133% depuis 2001, atteignant 11,4 milliards de dollars pour l’année fiscale 2004 (GAO, p.12). De plus, le Département de la Défense a dépensé pour la seule année 2002 30 milliards de dollars dans des opérations militaires contre le terrorisme (considérablement plus en 2003, y compris 78,7 milliards votés pour une guerre contre l’Irak dont le but principal annoncé était de devoir priver les terroristes d’armes de destruction massives). En dépit d’une revue détaillée des actions liées aux milliards dépensés par des douzaines d’organismes fédéraux civils et militaires, il est fait peu mention de financement ou d’efforts pour comprendre ou empêcher les gens de devenir en premier lieu des terroristes. Qui plus est, le fait que le nombre d’attaques suicides par Al-Qaeda (ou ses alliés) et par des terroristes palestiniens un mois après la chute de Bagdad ( 5 en Israël, 3 en Arabie Saoudite, 5 au Maroc) ait été plus élevé que pour n’importe quel autre mois de l’année précédente suggère que, contrairement aux proclamations antérieures du président Bush et d’autres personnes dans l’administration américaine et les media, la guerre contre le terrorisme n’a pas diminué de façon significative le fléau des attaques suicides – forme la plus dévastatrice du terrorisme.

GAO décrit les efforts entre les organismes pour «vaincre et empêcher le terrorisme» (GAO, p.5). La prévention se concentre sur l’objectif de « diminuer les conditions sous-jacentes que les terroristes cherchent à exploiter », telles que présentées dans la Stratégie Nationale pour Combattre le Terrorisme du Président (publiée en février pour élaborer la Section III de la nouvelle Stratégie de Sûreté Nationale des Etats-Unis)[44]. La préface de l’étude NSCT parle d’«une compréhension de la menace terroriste » telle qu’esquissée dans l’Adresse au Congrès du Président le 20 septembre 2001 (NSCT, p.3) : l’Amérique a été attaquée parce que les conspirateurs du 9 septembre «haïssent nos libertés» et notre démocratie [45] et qu’ils incitent leurs partisans à la haine en exploitant leurs «conditions de pauvreté, de privation et de déchéance sociale» (NSCT, p.13). En conséquence, un rapport du Département d’Etat américain sorti le jour du premier anniversaire du 9 septembre dit que l’aide au développement devrait être basée sur «la croyance que la pauvreté fournit le terreau qui nourrit le terrorisme» [46].

Mais les résultats de Pew montrent que les populations qui soutiennent les actions terroristes sont actuellement favorablement disposées envers les formes américaines de gouvernement, d’éducation, d’économie et de liberté individuelle, en dépit du fait que ces gens font confiance à Osama Ben Laden et soutiennent les actions suicides. Les études menées par le scientifique politique palestinien Khalil Shikaki montrent que plus de 80% des Palestiniens considèrent qu’Israël a la forme de gouvernement la plus admirable, l’Amérique venant en second, bien que de nombreux sondages indiquent que 60-70% des Palestiniens expriment aussi leur soutien aux attaques suicides [47]. Un sondage antérieur de Zogby sur les impressions arabes concernant l’Amérique (avril 2002) montre le même schéma de soutien pour les libertés et la démocratie américaines mais le rejet de ses relations avec les autres [48] – un schéma qui casse la thèse du «choc des civilisations» [49] ou la conclusion de NSCT d’un «choc entre la civilisation et ceux qui voudraient la détruire» [50].

Des études plus récentes confirment aussi les rapports antérieurs montrant que les terroristes kamikazes et leurs partisans ne sont pas appauvris, sans instruction, vindicatifs ou socialement défavorisés. L’économiste palestinien Basel Saleh compila des informations sur 171 militants tués en action (presque tous durant la seconde Intifada, 2000-2003) qui provenaient des nouveaux services du Hamas et du Jihad islamique palestinien, et incluaient 87 kamikazes [51]. La majorité des militants était des hommes non mariés (de 20 à 29 ans), venant de familles avec leurs deux parents vivants et 6 à 10 frères et sœurs, qui avaient fait des études secondaires ou fréquenté l’université. Les terroristes kamikazes qui comprenaient des attaquants à la bombe (29 du Hamas, 18 du Jihad Islamique Palestinien) et des tireurs (14 du Hamas, 26 du Jihad Islamique Palestinien) présentaient ces mêmes tendances mais encore plus prononcées. Une majorité de poseurs de bombes du Hamas avaient été à l’université ; le Jihad Islamique Palestinien comprenait davantage de tireurs âgés de 14 à 19 ans. Les majorités des attaquants à la bombe, mais peu de tireurs, avaient eu des histoires antérieures d’arrestations ou de blessures par l’armée israélienne ; cependant la plupart des tireurs avaient un ou plusieurs membres de leur famille qui avaient eu de telles histoires. Ceci met en évidence les spéculations antérieures sur le fait que les griefs personnels pourraient être un facteur plus grand dans le cas des Palestiniens que pour Al Qaeda et ses alliés idéologiques.

Des sources de la US Army Defense Intelligence Agency me fournirent des résumés d’interrogatoires des détenus de Guantanamo, à Cuba. Les agents nés en Arabie Saoudite, particulièrement ceux dans des positions de leadership, sont souvent « éduqués au-dessus du niveau nécessaire pour un emploi … un nombre surprenant d’entre eux ont des diplômes universitaires et viennent de familles avec un statut élevé ». Leur motivation et leur engagement se révèlent dans leur désir de sacrifier leurs conforts matériels et émotionnels (familles, emplois, sécurité physique) et de payer leur part dans des voyages loin de chez eux. Beaucoup dirent aux interrogateurs que s’ils étaient libérés de leur détention ils retourneraient au Jihad. Les détenus rapportent peu d’histoire de grief personnel mais citent fréquemment le rôle que des parents plus âgés et des membres respectés de la communauté ayant participé à des Jihads antérieurs ont pu jouer dans leur décision de rejoindre le combat. Les Yéménites ont une éducation et un statut social plus modestes et sont souvent recrutés et financés par l’intermédiaire des mosquées au Yémen et à l’étranger (en particulier en Angleterre). Comme pour le Hamas et le Jihad Islamique Palestinien, l’endoctrinement religieux par Al-Qaeda et ses alliés (de recrues qui initialement n’exprimèrent qu’une religiosité modérée) apparaît crucial pour créer des cellules intimes de famille fictive dont les membres s’engagent à mourir de plein gré les uns pour les autres.

Tous les attaquants du 9 septembre, qui comprenaient 15 saoudiens et 4 autres originaires du Moyen Orient, étaient des hommes jeunes, célibataires, de familles bourgeoises. Tous avaient été recrutés en Europe par des organisations religieuses en relation avec à Al-Qaeda alors que la plupart étaient engagés dans un curriculum d’études supérieures laïques. Aucun défaut de « personnalité » n’était évident avant l’attaque et aucun ne fut découvert après coup (en dépit d’examen approfondi). [52]

Les psychologues sociaux ont longuement établi «l’erreur d’attribution fondamentale». La plupart des gens dans notre société , si on leur dit, par exemple, qu’on a ordonné à quelqu’un de faire un discours pour soutenir un candidat politique particulier, penseront encore que l’orateur croit ce qu’il est en train de dire. Ce biais d’interprétation semble être particulièrement prévalent dans les cultures « individualistes », telles que celles des États-Unis et de l’Europe Occidentale. Au contraire, de nombreuses cultures (en Afrique et en Asie) dans lesquelles une éthique « collectiviste » est davantage prévalente sont moins prédisposées à ce type de jugements. Les définitions du gouvernement américain et des media des kamikazes du Moyen Orient comme des maniaques homicides peut aussi souffrir d’une erreur d’attribution fondamentale [53] : il n’y a pas d’exemple de terrorisme suicide religieux ou politique résultant de l’action isolée d’un poseur de bombe mentalement instable (comme le suicidaire Unabomber) ou même de quelqu’un agissant entièrement de sa propre autorité et sous sa propre responsabilité (comme le suicidaire Timothy Mc Veigh).

Qu’est-ce qui mène une personne normale au terrorisme suicide ? Une partie de la réponse se trouve peut-être dans la notion de « banalité du mal » de la philosophe Hannah Arendt, notion qu’elle utilise pour décrire le fait que c’étaient des allemands tout à fait ordinaires qui étaient recrutés pour assurer le fonctionnement des camps d’extermination nazis et non des fous sadiques [54]. (Milgram a interprété ses expériences sur l’obéissance à l’autorité par des adultes américains comme une confirmation de la thèse de Arendt). La primauté du situationnel sur les facteurs de personnalité suggère l’inanité des tentatives pour établir un profil psychologique du terroriste kamikaze. Un rapport de la Federal Interagency couramment utilisé par la CIA sur «La Sociologie et la Psychologie du Terrorisme» et qui inclut des analyses détaillées de documents et des profils psychologiques de Al Qaeda, du Hamas et d’autres leaders d’organisations commanditant le suicide, établit : «les gens qui ont rejoint des groupes terroristes sont venus d’une large diversité de cultures, de nationalités, et de causes idéologiques, de tous les strates de la société et de populations variées. Leurs personnalités et leurs caractéristiques sont aussi diverses que celles des gens dans la population générale. Il semble que les psychologues s’accordent sur le fait qu’il n’y ait pas d’attribut psychologique particulier qu’on puisse utiliser pour décrire le terroriste ou quelque ‘ personnalité’ qui serait spécifique aux terroristes» [55]. Des mois – parfois des années – d’un endoctrinement intense peuvent mener à une « obéissance aveugle » peu importe l’individu, comme le montrent les recherches sur les gens qui deviennent tortionnaires pour leurs gouvernements [56].

C’est le génie particulier d’institutions comme Al Qaeda, le Hamas ou le Hezbollah de prendre des gens ordinaires dans un amalgame de griefs historique, politique et religieux qui les transforment en bombes humaines. Un endoctrinement intense qui dure souvent 18 mois ou plus fait que les recrues s’identifient émotionnellement à leur petite cellule (généralement de 3 à 8 membres), la percevant comme une famille de fratrie fictive pour laquelle ils sont prêts à mourir comme une mère l’est pour son enfant ou un soldat pour ses copains. Comme de bons publicitaires, les leaders charismatiques des organisations qui commanditent le martyre transforment les désirs ordinaires pour une famille et une religion en envies furieuses pour ce qu’ils essaient de promouvoir, au bénéfice de l’organisation manipulatrice plutôt que pour celui de l’individu qui est manipulé (à peu près comme l’industrie pornographique qui transforment des désirs universels et innés pour des partenaires sexuels en désirs pour du papier ou des images électroniques à des fins réductrices pour la forme personnelle mais tout bénéfice pour les manipulateurs)[57].

En dépit de nombreuses études de comportement individuel dans des contextes de groupe qui montrent que la situation est un meilleur facteur de prédiction que la personnalité [58], l’étude Pew constate que les Américains croient d’une manière écrasante que la décision personnelle, le succès et l’échec dépendent du choix de l’individu, de sa responsabilité et de sa personnalité. La plupart des gens ne sont pas de cet avis. Il est plausible que ce soit là la raison qui fait que les Américains tendent à penser que les terroristes sont des « maniaques homicides », là où le reste du monde tend à ne pas le croire [59].

Que ce soit à cause d’une erreur d’attribution fondamentale ou d’un aveuglement délibéré pour éviter d’être en désaccord avec leur propre vision du monde, les Américains considèrent le plus souvent les tentatives pour comprendre ce qui motive le terrorisme comme au mieux une perte de temps, au pire un encouragement au terrorisme. Mais contrer le terrorisme demande aussi de regarder en face les problèmes que génèrent les évaluations et les actions de notre propre société. De telles considérations sont totalement absentes du rapport GAO et du NSCT. Ce ne sont pas les libertés intérieures et la culture de l’Amérique que ces gens n’aiment pas, mais ses actions extérieures et sa politique étrangère. En 1997 un rapport du US Department of Defense Science Board conjecture (en réponse à l’attentat suicide à la bombe des bases de l’armée de l’air américaine à Khobar Towers en Arabie Saoudite) : «Les données historiques montrent une forte corrélation entre l’implication américaine dans les situations internationales et l’augmentation des attaques terroristes contre les Etats-Unis» [59].

Il semble y avoir une corrélation directe entre l’aide militaire américaine de contre insurrection, les violations des droits de l’homme par les gouvernements qui sont aidés, et la montée du terrorisme. Amnesty International et Human Rights Watch rapportent régulièrement des violations «épouvantables» et « massives » des droits de l’homme dans les pays qui reçoivent en termes absolus le plus d’aide américaine. Par exemple, en 2003, le budget du Département d’Etat Américain pour le Financement Militaire à l’Etranger (FMF) s’élève à 4107 milliards de dollars [60]. Le budget du FMF comprend parmi ses premiers réceptionnaires: Israël avec 2,1 milliards de dollars [61], l’Egypte avec 1,3 milliards [62], la Colombie 98 millions [63], le Pakistan 50 millions [64]. Des fonds spéciaux de soutien économique furent aussi budgétés comme faisant partie de frais supplémentaires d’urgence : 600 millions pour le Pakistan; 40,5 millions pour le renforcement de la lois et de l’économie en Ouzbékistan [65]; 45 millions en FMF à la Turquie [66] et l’Ouzbékistan; 42,2 millions pour l’entraînement et l’équipement des forces de sécurité aux frontières dans les républiques d’Asie Centrale (Ouzbékistan, Tadjikistan, Turkménistan, Turquie, Kirghizstan, Azerbaïdjan, Kazakhstan)[67] ; et des millions additionnels dans les fonds spéciaux du Département de la Défense pour l’entraînement contre le terrorisme et les opérations dans les Républiques d’Asie Centrale et de Géorgie [68]. Un rapport récent du Conseil National de la Recherche, «Décourager le terrorisme», montre que, «En ce qui concerne le contexte politique, le terrorisme et ses partisans apparaissent comme étant entretenus par des politiques d’extrême répression politique et découragés par des politiques d’intégration responsable, dans la société civile et le processus politique, des groupes modérés en même temps que des groupes dissidents» [69]. Il se peut que la situation soit critique en Asie Centrale, une zone d’intervention américaine intensifiée où le sentiment anti-américain et pro islamiste radical est en train de surgir rapidement et où Al Qaeda semble être en train de se réimplanter.

Le rapport GAO met en lumière deux objectifs clés pour réaliser l’objectif NSCT de diminution du soutien au terrorisme : renforcer le «Partenariat Initiatif» et gagner la «Guerre des Idées». Le partenariat initiatif de NSCT comprend l’aide pour contrer le terrorisme, incluant un entraînement pour la mise en vigueur de la loi et l’assistance militaire, «conçue pour promouvoir les intérêts américains de sécurité nationale en contribuant à la stabilité globale et régionale, en renforçant le soutien militaire aux gouvernements démocratiquement élus» et protégeant «les valeurs démocratiques dont le respect pour les droits civils et humains reconnus internationalement». (GAO, pp.119-120). Gagner la «Guerre des Idées» implique des programmes d’aide étrangère et des émissions des media pour promouvoir les valeurs démocratiques « pour aviver les espoirs et les aspirations pour la liberté » ( NSCT, p.14).

Les « nouveaux partenaires dans la guerre contre le terrorisme » cités dans le rapport GAO sont les Républiques Eurasiennes du Kazakhstan, du Kurdistan, du Tadjikistan, du Turkménistan, de l’Ouzbékistan, de la Géorgie (GAO, p.24). Toutes sauf une sont gouvernées par un ancien dirigeant du parti communiste devenu nationaliste, dont le principe – comme Saddam – implique le culte d’une personnalité brutale. Toutes ont été condamnées par Amnesty International et Human Rights Watch pour une augmentation des violations des droits de l’homme. Comme pour gagner la Guerre des Idées à propos de la démocratie et des libertés individuelles, l’étude Pew suggère fortement que l’opinion musulmane en faveur de ces valeurs signifie que la guerre a déjà été gagnée. Ceci éveille le soupçon que l’appel à combattre ceux qui haïssent la démocratie et la liberté – de même que les craintes à propos de l’utilisation imminente d’armes de destructions massives par l’Irak et de ses liens avec Al Qaeda [70] – fut cyniquement conçu pour rallier le front intérieur à une poussée stratégique en Asie du Sud et en Asie Centrale. L’étude Pew laisse entendre qu’une grande partie du monde – à part l’Amérique – est de cet avis [71].

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29. A’ la difference de ceux qui veulent se faire sauter en l’air, pour les soldats sur la ligne du front dans une bataille sans espoir il reste un espoir de survie. La distance entre aucun espoir de survie et un faible espoir de survie est infinie. [G. Allport, J. Gillespie, J. Young, J. Psychol. 25, 3 (1948)].

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January 2003); available at www2.mha.gov.sg. Le recrutement et l’endoctrinage dans le Jemaah Islamiyah Est semblable à celui d’autres groupes islamiques Le chef spiritual Ibrahim Maidan identifiait les potentiels kamikaze parmi lesquels qui étaient assez curieux pour rester après les leçons et poser des questions.

32. De la même manière, l’industrie pornographique, celle du fast-food ou des soda manipule nos désires innés pour des ressources rares dans le monde ancestral, comme les partenaires sexuels, la nourriture graisse et les sucres pour des objectifs qui réduisent la fitness naturelle et vont au bénéfice de l’institution manipulatrice. [S. Atran, In Gods We Trust: the Evolutionary Landscape of Religion , Oxford Univ. Press, New York, 2002].

33. E. Sciolino, “Don’t weaken Arafat, Saudi warns Bush,” New York Times, 27 January 2002, p. A8.

34. “What the world thinks in 2002: How global publics view: Their lives, their countries, the world, America”, rapport du Pew Research Center, 4 Decembre 2002; disponible à: http://people-press.org/reports/display.php3?ReportID_165

35. Reuters News Service, 11 Juin 2002; disponible à: http://story.news.yahoo.com/news?tmpl_story&u_/nm/20020611/wl_nm/mideast_palestini

36. C. Lynch, Washington Post, 18 Decembre 2002.

37. R. Axelrod, W. Hamilton, “Evolution of cooperation,” Science 211, 1390 (1981).

38. M. Bazerman, M. Neale, Negotiating Rationally (Free Press, New York, 1991).

39. A. Eagly, S. Chaiken, The Psychology of Attitudes (Harcourt Brace, Fort Worth, TX, 1993).

40. S. Atran, “ Stones against the iron fist, terror within the nation,”Politics and Society 18, 481 (1990).

41. N. Chomsky, 9-11, Seven Stories Press, New York, 2001.

42. “Combating terrorism: Interagency framework and agency programs to address the overseas threat” (U.S. General Accounting Office, Washington, DC, 23 May 2003);http://www.gao.gov/new.items/do3165.pdf

43. “Views of a changing world 2003” (Survey Rep., Pew Research Center, 3 June 2003); available at http://www.people-press.org/reports/display.php3?ReportID=18

44. “National Security Strategy for Combating Terrorism” (U.S. Department of State, Washington, DC, Février 2003); disponible à: http://usinfo.state,gove/topical/pol/terror/strategy/, p. 13.

45. White House news release, 20 Septembre 2001, disponible à: http://www.whitehouse.gov/news/releases/2001/09/20010920-8.html

46. “September 11 one year later” (U.S. Department of State, Washington, DC, Septembre 2002), p. 14; disponible à: http://www.usinfo.stat/gov/journals/itgic/0902/ijge/ijge0902.pdf

47. J. Bennett, “Arab showplace? Could it be the West Bank?” New York Times, 2 Avril 2003.

48. “Arab Nations’ ‘Impressions of America’ Poll” (Survey Rep., Zogby International, Utica, NY, 2002); disponible à: http://www.zogby.com/features/features.dbm?ID=186.

49. S. Huntington, The Clash of Civilizations and the Remaking of the World Order (Simon & Schuster, New York, 1996).

50. L’identification de la vision politique de l’Amérique avec la civilisation date de la Guerre Civile américaine (« We shall either nobly save, or meanly lose, the last great hope of mankind,” A. Lincoln, Getttysburg Address, 19 November 1863). A’ partir de la guerre Etats-Unis-Espagne, les admistrations successives des Etats Unis insistèrent sur la mission civilisatrice des Etats Unis pour justifier l’intervention américaine à l’etranger. Selon le PrésidentTheodore Roosevelt : “ If a nation shows that it knows how to act with reasonable efficiency and decency in social and political matters, if it keeps order and pays its obligations, it need fear no interference from the United States. Chronic wrongdoing, or an impotence which results in a general loosening of the ties of civilized society, may in America, as elsewhere, ultimately require intervention by some civilized nation, and may lead the United States, however reluctantly, in flagrant cases of such wrongdoing or impotence, to the exercise of an international police power.” [T. Roosevelt, « The Roosevelt Corollary to the Monroe Doctrine, » Mai 1904]. Au moins jusuqu’à la fin de la Guerre Froide, la notion des Etats Unis comme une “nation universelle” a joué un rôle dans la politique etrangère américaine, dans son économie (“America stands alone as the world’s indispensable nation,” Président Bill Clinton, Second Inaugural Address, 20 Janvier 1997 ; “The emerging global order needs an enforcer. That’s America’s new burden.” Thomas Friedman, “Manifesto for the Free World,” New York Times Magazine, 28 Mars 1999, p. 40) et dans la sphere militaire (« And by our actions, we will secure the peace, and lead the world to a better day, » Président George W. Bush, Remarks on Iraq, 7 Octobre, 2002 ; disponible à http://www.whitehouse.gov/news/releases/2002/10/20021007-8.html ; “We need to err on the side of being strong. And if people want to say we’re an imperial power, fine,” William Kristol, The Weekly Standard, on Fox News, Mai 2003).

51. B. Saleh, article presenté au Graduate Research Forum, Kansas State Univ., 4 Avril 2003.

52. A. Karatnycky, “Under our very noses,” National Review, 5 November 2001; disponible à: http://www.freedomhouse.org/media/0501nr.htm

53. Cf. M. Morris, R. Nisbett, K. Peng, “Causal attribution across domains and cultures,” in D. Sperber, D. Premack, A. Premack, Causal Cognition (New York, Oxford Univ. Press, 1995), pp. 577-612.

54. H. Arendt, Eichmann in Jerusalem: A Report on the Banality of Evil (Viking Press, New York, 1970).

55. “The Sociology and Psychology of Terrorism” (Federal Research Division, Library of Congress, Washington, DC, September 1999, p. 40); 14 décembre 2001 : http://www.loc.gov/rr/frd/Sociology-Psychology%20of%20Terrorism.htm. Le declarations des interrogateurs dans la base de Guantanamano conferment ces donnés.

56. M. Haritos-Fatouros, “The official torturer: A learning model for obedience to the authority of violence,” J. Applied Social Psychology, 18, 1107-1120.

57. S. Atran, “Genesis of suicide terrorism,” Science, 299, 1534-1539.

58. L. Ross, R. Nisbett. The Person and the Situation (McGraw-Hill, New York, 1991). 59. « DoD Responses to Transnational Threats, Vol. 2: DSB Force Protection Panel Report to DSB” (U.S. Department of Defense, Washington, DC, Decembre 1997, p. 8); disponible à: http://www.acq.osd.mil/dsb/trans2.pdf.

60. M. Ciarrocca, W. Hartung, “Increases In Military Spending And Security Assistance Since 9/11/01,” A Fact Sheet Prepared By The Arms Trade Resource Center, 4 Octobre 2002; disponible à: http://www.worldpolicy.org/projects/arms/news/SpendingDOD911.html

61. “The heavy price of Israeli incursions” (Amnesty International Wire, May 2002); disponible à: http://web.amnesty.org/web/wire.nsf/May2002/Israel

62. “In the name of counterterrorism: Human rights abuses worldwide. III. Country studies” (Human Rights Watch Briefing Paper for the 59th Session of the United Nations Commission on Human Rights, 25 Mars 2003); disponible à: http://hrw.org/un/chr59/counter-terrorism-bck4.htm.

63. “Colombian human rights crisis deepens” (Amnesty International Wire, Mai 2002); disponible à: http://web.amnest.org/wire.nsf/May2002/Colombia.

64. “Pakistan: Government breaks its own laws to participate in ‘war against terrorism’” (Amnesty International News Release, 20 Juin 2002); disponible à: http://www.amnestyusa.org/news/2002/pakistan06202002.html.

65. “The meaning of concern: Washington indulges Uzbekistan’s atrocities” (Human Rights Watch, 27 Mars 2003); disponible à: http://hrw.org/editorials/2003/uzbek-o32703.htm.

66. “Turkey: Human Rights Watch World Report 2001”; disponible à: http://www.hrw.org/wr2k1/europe/turkey.html.

67. A. Rashid, Jihad: The Rise of Militant Islam in Central Asia (Penguin, New York, 2003).

68. “Georgia” (Amnesty International Rep. 2002); disponible à: http://web.amnesty.org/web/ar2002.nsf/eur/georgia?Open.

69. Discouraging Terrorism (National Academies Press, Washington, DC, 2002), p. 2.

70. Les interrogations de la CIA de chefs d’Al Queda prisonniers aux Etats Unis (parmi lesquels Khalid Sheikh Muhammed, chef des opérations d’Al Queda avant d’être capturé en Pakistan en Mars 2002) révèlent que Bin Laden a refusé toute cooperation avec Saddam Hussein. [J. Risen, “Captives Deny Qaeda Worked with Baghdad,” New York Times, 9 Juin 2003.] A’ l’époque de ces interrogations, les officiers américains continuaient à affirmer que la guerre à l’Iraq était justifiée parce que “Baghdad a une longue histoire dans le soutien au terrorisme et dans les contacts avec Al Queda » [George Tenet, Director of the U.S. Central Intelligence Agency, témoignant devant l’U.S. Senate Armed Services Committee. BBC NEWS, “U.S. says Iraq linked to Al-Qaeda,” 19 Mars 19 2003 ; disponible à: http://news.bbc.co.uk/1/hi/world/middle_east/1881740.stm.%5D

71. Merci à N. Chomsky, D. Medin, R. Gonzalez, R. Nisbett, T. Stewart, M. Bazerman, B. Saleh and G. Hammel pour leur informations et suggestions.

Voir aussi:

Al-Qaeda founder launches fierce attack on Osama bin Laden

One of al-Qaeda’s founding leaders, Dr Fadl, has begun an ideological revolt against Osama bin Laden, blaming him for « every drop » of blood spilt in Afghanistan and Iraq.

David Blair in Cairo
The Independent

20 Feb 2009

Sayyid Imam al-Sharif, who goes by the nom de guerre Dr Fadl, helped bin Laden create al-Qaeda and then led an Islamist insurgency in Egypt in the 1990s.

But in a book written from inside an Egyptian prison, he has launched a frontal attack on al-Qaeda’s ideology and the personal failings of bin Laden and particularly his Egyptian deputy, Ayman al-Zawahiri.

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Twenty years ago, Dr Fadl became al-Qaeda’s intellectual figurehead with a crucial book setting out the rationale for global jihad against the West.

Today, however, he believes the murder of innocent people is both contrary to Islam and a strategic error. « Every drop of blood that was shed or is being shed in Afghanistan and Iraq is the responsibility of bin Laden and Zawahiri and their followers, » writes Dr Fadl.

The terrorist attacks on September 11 were both immoral and counterproductive, he writes. « Ramming America has become the shortest road to fame and leadership among the Arabs and Muslims. But what good is it if you destroy one of your enemy’s buildings, and he destroys one of your countries? What good is it if you kill one of his people, and he kills a thousand of yours? » asks Dr Fadl. « That, in short, is my evaluation of 9/11. »

He is equally unsparing about Muslims who move to the West and then take up terrorism. « If they gave you permission to enter their homes and live with them, and if they gave you security for yourself and your money, and if they gave you the opportunity to work or study, or they granted you political asylum, » writes Dr Fadl, then it is « not honourable » to « betray them, through killing and destruction ».

In particular, Dr Fadl focuses his attack on Zawahiri, a key figure in al-Qaeda’s core leadership and a fellow Egyptian whom he has known for 40 years. Zawahiri is a « liar » who was paid by Sudan’s intelligence service to organise terrorist attacks in Egypt in the 1990s, he writes.

The criticisms have emerged from Dr Fadl’s cell in Tora prison in southern Cairo, where a sand-coloured perimeter wall is lined with watchtowers, each holding a sentry wielding a Kalashnikov assault rifle. Torture inside Egyptian jails is « widespread and systematic », according to Amnesty International.

Zawahiri has alleged that his former comrade was tortured into recanting. But the al-Qaeda leader still felt the need to compose a detailed, 200-page rebuttal of his antagonist.

The fact that Zawahiri went to this trouble could prove the credibility of Dr Fadl and the fact that his criticisms have stung their target. The central question is whether this attack on al-Qaeda’s ideology will sway a wider audience in the Muslim world.

Fouad Allam, who spent 26 years in the State Security Directorate, Egypt’s equivalent of MI5, said that Dr Fadl’s assault on al-Qaeda’s core leaders had been « very effective, both in prison and outside ».

He added: « Within these secret organisations, leadership is very important. So when someone attacks the leadership from inside, especially personal attacks and character assassinations, this is very bad for them. »

A western diplomat in Cairo agreed with this assessment, saying: « It has upset Zawahiri personally. You don’t write 200 pages about something that doesn’t bother you, especially if you’re under some pressure, which I imagine Zawahiri is at the moment. »

Dr Fadl was a central figure from the very outset of bin Laden’s campaign. He was part of the tight circle which founded al-Qaeda in 1988 in the closing stages of the war against the Soviet occupation of Afghanistan. By then, Dr Fadl was already the leader of Egyptian Islamic Jihad, an extremist movement which fought the Cairo regime until its defeat in the 1990s.

Dr Fadl fled to Yemen, where he was arrested after September 11 and transferred to Egypt, where he is serving a life sentence. « He has the credibility of someone who has really gone through the whole system, » said the diplomat. « Nobody’s questioning the fact that he was the mentor of Zawahiri and the ideologue of Egyptian Islamic Jihad. »

Terrorist movements across the world have a history of alienating their popular support by waging campaigns of indiscriminate murder. This process of disintegration often begins with a senior leader publicly denouncing his old colleagues. Dr Fadl’s missives may show that al-Qaeda has entered this vital stage.

Voir aussi:

Israel’s death squads: A soldier’s story
A former member of an Israeli assassination squad has broken his silence for the first time. He spoke to Donald Macintyre
The Independent
March 1, 2009

The Israeli military’s policy of targeted killings has been described from the inside for the first time. In an interview with The Independent on Sunday, and in his testimony to an ex-soldiers’ organisation, Breaking the Silence, a former member of an assassination squad has told of his role in a botched ambush that killed two Palestinian bystanders, as well as the two militants targeted.

The operation, which took place a little over eight years ago, at the start of the present intifada, or uprising, left the former sharpshooter with psychological scars. To this day he has not told his parents of his participation in what he called « the first face-to-face assassination of the intifada ».

As the uprising unfolded, targeted assassinations became a regularly used weapon in the armoury of the Israel military, especially in Gaza, where arrests would later become less easy than in the West Bank. The highest-profile were those of Hamas leaders Ahmed Yassin and Abdel Aziz Rantisi in 2005, and of Said Siyam in the most recent offensive. But the targeting of lower-level militants, like the one killed in the operation described by the former soldier, became sufficiently common to attract little comment.

The incident described by the ex-soldier appears almost trivial by comparison with so much that has happened since in Gaza, culminating in more than 1,200 Palestinian casualties inflicted by Operation Cast Lead this January. It might have been forgotten by all except those directly affected, if it had not been for the highly unusual account of it he gave to Breaking the Silence, which has collected testimony from hundreds of former troops concerned about what they saw and did – including abuses of Palestinians – during their service in the occupied territories.

That account, expanded on in an interview with the IoS, and broadly corroborated by another soldier’s testimony to Breaking the Silence, directly challenges elements of the military’s official version at the time, while casting new light on the tactic of targeted assassination by the Israeli Defence Forces (IDF). So do comments by the father of one of the Palestinians killed, and one who survived, also traced by the IoS.

Our source cannot be identified by name, not least because by finally deciding to talk about what happened, he could theoretically be charged abroad for his direct role in an assassination of the sort most Western countries regard as a grave breach of international law. From a good home, and now integrated into civilian life in the Tel Aviv area, the former soldier is about 30. Intelligent and articulate, and with a detailed memory of many aspects, he is scrupulous in admitting his recall of other points may be defective.

The former conscript said his special unit had trained for an assassination, but was then told it would be an arrest operation. They would fire only if the targeted man had weapons in his car. « We were pretty bombed it was going to be an arrest. We wanted to kill, » he said. The unit then went south to Gaza and took up position. It was 22 November 2000.

The squad’s main target was a Palestinian militant called Jamal Abdel Razeq. He was in the passenger seat of a black Hyundai being driven north towards Khan Younis by his comrade, Awni Dhuheir. Both men were wholly unaware of the trap that was waiting for him near the Morag junction. This section of the main Salahadin north-south road in Gaza went straight past a Jewish settlement. Razeq was used to seeing an armoured personnel carrier (APC) beside the road, but he had no idea that its regular crew had been replaced by men from an elite air force special unit, including at least two highly trained sharpshooters.

Since before he even left his home in Rafah that morning, Shin Bet – the Israeli intelligence service – had been monitoring Razeq’s every move with uncanny accuracy, thanks to a running commentary from the mobile phones of two Palestinian collaborators, including one of his own uncles. The man who was to kill him says he was « amazed » at the detail relayed to the unit commander from Shin Bet: « How much coffee he had in his glass, when he was leaving. They knew he had a driver [and] … they said they had weapons in the trunk, not in the car. For 20 minutes we knew it was going to be a simple arrest because they had no weapons in the car. »

But then, he says, the orders suddenly changed. « They said he had one minute to arrive, and then we got an order that it was going to be an assassination after all. » He thinks it came from a war room set up for the operation and his impression was that « all the big chiefs were there », including a brigadier general.

The two militants would still have suspected nothing as they approached the junction, even when a big Israel Defence Forces (IDF) supply truck lumbered out of a side turning to cut them off. They would have had no way of knowing the truck was full of armed soldiers, waiting for this moment. A 4×4 was deployed by the road, only in case « something really wrong » happened.

But something did go wrong: the truck moved out too soon, and blocked not only the militants in their black Hyundai, but the white Mercedes taxi in front of them. It was carrying Sami Abu Laban, 29, a baker, and Na’el Al Leddawi, 22, a student. They were on their way from Rafah to Khan Younis to try to buy some scarce diesel to fire the bread ovens.

As the critical moment approached, the sharpshooter said he began to shake from the waist down. « What happens now is I’m waiting for the car to come and I am losing control of my legs. I have an M16 with digicom [special sharpshooter sights]. It was one of the strangest things that ever happened to me. I felt completely concentrated. So the seconds are counted down, then we started seeing the cars, and we see that two cars are coming, not one. There was a first car very close to the following one and when the truck came in, it came in a bit early, and both cars were stopped.Everything stopped. They gave us two seconds and they said, ‘Shoot. Fire.' » Who gave the order, and to whom? « The unit commander … to everybody. Everybody heard ‘Fire’. »

The target, Razeq, was in the passenger seat, closest to the APC. « I have no doubt I see him in the scope. I start shooting. Everyone starts shooting, and I lose control. I shoot for one or two seconds. I counted afterwards – shot 11 bullets in his head. I could have shot one shot and that’s it. It was five seconds of firing.

« I look through the scope, see half of his head. I have no reason to shoot 11 bullets. I think maybe from the fear, maybe to cope with all the things that are happening, I just continue shooting. »

As far as he can recall, the order to fire was not specific to the sharpshooters in the APC. He cannot know for certain if the troops in the truck thought wrongly that some of the fire was directed at them from the cars. But he says that after he stopped « the firing gets even worse. I think the people in the truck started to panic. They’re firing and one of the cars starts driving and the commander says, ‘Stop, stop, stop, stop!’ It takes a few seconds to completely stop and what I see afterwards is that both cars are full of holes. The first car, too, which was there by coincidence. »

Razeq and Dhuheir, the militants, were dead. So were Abu Laban and Al Leddawi. Miraculously, the driver of the taxi, Nahed Fuju, was unscathed. The sharpshooter can remember only one of the four bodies lying on the ground. « I was shocked by that body. It was like a sack. It was full of flies. And they asked who shot the first car [the Mercedes] and nobody answered. I think everybody was confused. It was clear that it had been a screw-up and nobody was admitting [it]. » But the commander did not hold a formal debriefing until the unit returned to its main base.

« The commander came in and said, ‘Congratulations. We got a phone call from the Prime Minister and from the Minister of Defence and the chief of staff. They all congratulated us. We succeeded perfectly in our mission. Thank you.’ And from that point on, I understood that they were very happy. » He says the only discussion was over the real risk there had been of soldiers’ casualties from friendly fire in the shoot-out, in which at least one of the IDF’s own vehicles was hit by ricocheting bullets, and at the end of which at least one soldier even got out of the 4×4 and fired at an inert body on the ground.

Saying his impression was « they wanted the press or the Palestinians to know they were raising a step in our fight », he adds: « The feeling was of a big success and I waited for a debriefing that would ask all these questions, that would show some regret for some failure, but it didn’t happen. The only thing that I felt is that the commanders knew that it was a very big political success for them. »

The incident immediately caused something of a stir. Mohammed Dahlan, then head of the Fatah-run Preventative Security in Gaza, called it a « barbaric assassination ». The account given at the time to the press by Brigadier General Yair Naveh, in charge of IDF forces in Gaza, was that it had been intended as an arrest operation, but that sensing something amiss, Razeq had pulled out a Kalashnikov rifle and attempted to open fire at the Israeli forces, at which point the troops shot at his vehicle. While Razeq was the main target, it was claimed, the two victims in the taxi were were also Fatah activists « with ties to Razeq ».

Mr Al Leddawi said last week that his son’s presence was a tragic accident of timing and that the family had never heard of the other two men. « It was all by coincidence that they were there, » he said. « We have nothing do with the resistance in this family. » Beyond saying that he had received « not a shekel » in compensation, the taxi driver, Mr Fuju, did not want to talk to us in Rafah last week. « You want to interview me so the Israelis can bomb my house? »

The Israeli military said in response to detailed queries about the incident and the discrepancies between its account at the time and that of Palestinians, and now the ex-soldier, that it takes « human rights violations very seriously » but « regrets that Breaking the Silence does not provide it with details or testimony of the incidents it alleges in order to allow for a thorough investigation ». It added that « these soldiers and commanders did not approach senior commanders … with their complaints during their service. »

Our revelations in brief: Secret unit on a mission to kill

The Independent on Sunday has obtained an account which, for the first time, details service in one of the Israeli military’s assassination squads.

A former conscript has told the IoS and an ex-soldiers’ organisation of his part in an ambush that went wrong, accidentally killing two men as well as the two militants targeted.

The ex-soldier, a trained sharpshooter, says he fired 11 bullets into the head of the militant whose death had been ordered by his superiors. The squad was initially told it was going on an arrest mission, but was then ordered on a minute’s notice to shoot to kill.

Instead of the flaws in the operation being discussed afterwards, the squad was told it had « succeeded perfectly » and had been congratulated by the Prime Minister and chief of staff.

The former soldier, who was psychologically scarred by the incident, has never told his parents what happened.


Conflit israélo-palestinien: Et si on relisait la Charte de l’OLP? (PLO Charter Was Never Changed)

21 mars, 2009
https://i1.wp.com/www.drybonesproject.com/blog/D06521_2.gifLa libération de la Palestine a pour but de “purifier” le pays de toute présence sioniste. (…) Le partage de la Palestine en 1947 et la création de l’État d’Israël sont des événements nuls et non avenus. (…) La Charte ne peut être amendée que par une majorité des deux tiers de tous les membres du Conseil national de l’Organisation de libération de la Palestine réunis en session extraordinaire convoquée à cet effet. Charte de l’OLP (articles 15, 19 et 33, 1964)
Je mentirais si je vous disais que je vais l’abroger. Personne ne peut le faire. Yasser Arafat (Harvard, octobre 1995)

Et si on relisait la charte de l’OLP?

Après les chartes du Hamas et du Hezbollah .. .

Et à l’heure où un énième officiel de l’OLP admet tranquillement que son organisation non seulement ne reconnaît pas Israël mais n’a jamais eu à le reconnaître …

Petit retour, avec le site chant du coq, sur la Charte qui, contrairement aux promesses répétées,… n’a jamais été amendée!

Charte de l’OLP (extraits):

Article 1 : La Palestine est la patrie du peuple arabe palestinien: elle constitue une partie inséparable de la patrie arabe, et le peuple palestinien fait partie intégrante de la nation arabe.

Article 2 : La Palestine, dans les frontières du mandat britannique, constitue une unité territoriale indivisible.

Article 7 : (…) Tous les moyens d’information et d’éducation doivent être employés pour faire connaître à chaque Palestinien son pays de la manière la plus approfondie, tant matériellement que spirituellement. Il doit être préparé à la lutte armée et au sacrifice de ses biens et de sa vie afin de recouvrer sa patrie et d’œuvrer à sa libération.

Article 9 : La lutte armée est la seule voie menant à la libération de la Palestine. Il s’agit donc d’une stratégie d’ensemble et non d’une simple phase tactique. Le peuple arabe palestinien affirme sa détermination absolue et sa ferme résolution de poursuivre la lutte armée et de préparer une révolution populaire afin de libérer son pays et d’y revenir. (…)

Article 10 : L’action des commandos constitue le centre de la guerre de libération populaire palestinienne, ce qui exige d’en élever le degré, d’en élargir l’action et de mobiliser tout le potentiel palestinien en hommes et en connaissances, en l’organisant et en l’entraînant dans la révolution palestinienne armée. (…)

Article 15 : La libération de la Palestine est, du point de vue arabe, un devoir national ayant pour objet de repousser l’agression sioniste et impérialiste contre la patrie arabe et visant à éliminer le sionisme de la Palestine. (…). Il s’ensuit que la nation arabe doit mobiliser tout son potentiel militaire, humain, moral et spirituel afin de participer activement avec le peuple palestinien à la libération de la Palestine. (…)

Article 16 : La libération de la Palestine, d’un point de vue spirituel, fera bénéficier la Terre Sainte d’une atmosphère de sécurité et de quiétude, ce qui assurera la sauvegarde des lieux saints et garantira la liberté du culte en permettant à chacun de s’y rendre, sans distinction de race, de couleur, de langue ou de religion. (…).

Article 19 : Le partage de la Palestine en 1947 et l’établissement de l’État d’Israël sont entièrement illégaux, quel que soit le temps écoulé depuis lors (…).

Article 20 : La déclaration Balfour, le mandat sur la Palestine et tout ce qui en découle sont nuls et non avenus. Les prétentions fondées sur les liens historiques et religieux des Juifs avec la Palestine sont incompatibles avec les faits historiques et avec une juste conception des éléments constitutifs d’un État. Le judaïsme, étant une religion, ne saurait constituer une nationalité indépendante. De même, les Juifs ne forment pas une nation unique dotée d’une identité propre, mais ils sont citoyens des États auxquels ils appartiennent.

Article 21 : S’exprimant par révolution armée palestinienne, le peuple arabe palestinien rejette toute solution de remplacement à la libération intégrale de la Palestine (…).

Article 22 : Le sionisme est un mouvement politique organiquement lié à l’impérialisme international et opposé à toute action de libération et à tout mouvement progressiste dans le monde. Il est raciste et fanatique par nature, agressif, expansionniste et colonial dans ses buts, et fasciste par ses méthodes, Israël est l’instrument du mouvement sioniste et la base géographique de l’impérialisme mondial, stratégiquement placé au cœur même de la patrie arabe afin de combattre les espoirs de la nation arabe pour sa libération, son union et son progrès. Israël est une source constante de menaces vis-à-vis de la paix au Proche-Orient et dans le monde entier. Étant donné que la libération de la Palestine éliminera la présence sioniste et impérialiste et contribuera à l’instauration de la paix au Proche-Orient, le peuple palestinien recherche l’appui de toutes les forces progressistes et pacifiques du monde et les invite toutes instamment, quelles que soient leurs affiliations et leurs croyances, à offrir aide et appui au peuple palestinien dans sa juste lutte pour la libération de sa patrie.

Article 23 : Les exigences de la sécurité et de la paix, autant que celles du droit et de la justice, requièrent (…) de considérer le sionisme comme un mouvement illégal, d’en interdire l’existence et d’en proscrire les activités.

Article 33 : La présente Charte ne peut être amendée que par une majorité des deux tiers de tous les membres du Conseil national de l’Organisation de libération de la Palestine réunis en session extraordinaire convoquée à cet effet.

Voir aussi ce petit florilège:

Tuez les Juifs partout où vous les trouverez. Cela plaît à Dieu, à l’histoire et à la religion. Cela sauve votre honneur. Dieu est avec vous. (…) [L]es Allemands n’ont jamais causé de tort à aucun musulman, et ils combattent à nouveau contre notre ennemi commun […]. Mais surtout, ils ont définitivement résolu le problème juif. Ces liens, notamment ce dernier point [la « solution finale »], font que notre amitié avec l’Allemagne n’a rien de provisoire ou de conditionnel, mais est permanente et durable, fondée sur un intérêt commun (…) Haj Amin al-Husseini (mufti de Jérusalem, discours sur Radio Berlin, le 1er mars 1944)

J’annonce au monde entier, sans la moindre hésitation, que si les dévoreurs du monde se dressent contre notre religion, nous nous dresserons contre leur monde entier et n’auront de cesse avant d’avoir annihilé la totalité d’entre eux. Ou nous tous obtiendrons la liberté, ou nous opterons pour la liberté plus grande encore du martyre. Ou nous applaudirons la victoire de l’Islam dans le monde, ou nous tous irons vers la vie éternelle et le martyre. Dans les deux cas, la victoire et le succès nous sont assurés. Ayatollah Khomeiny

Les nazis ont probablement tué moins d’un million de Juifs et le mouvement sioniste a participé au massacre. Abou Mazen (alias Mahmoud Abbas, thèse, sous la direction de Ievgueni Primakov, 1982 )

La bataille ne se terminera pas avant que la totalité de la Palestine ne soit libérée. Yasser Arafat (Voice of Palestine, novembre 1995).

Notre but est d’éliminer l’Etat d’Israël et d’établir un Etat qui soit entièrement palestinien. Yasser Arafat (session privée avec des diplomates arabes en Europe, 30 janvier 1996)

La lutte contre l’ennemi sioniste n’est pas une question de frontières, mais touche à l’existence même de l’entité sioniste. Bassam-abou-Sharif (porte-parole de l’OLP, Kuwait News Agency, 31 mai 1996)

Ce n’est pas du tout le mur des Lamentations, mais un sanctuaire musulman. Yasser Arafat (Maariv, 11 octobre 1996)

Abraham n’était pas juif, pas plus que c’était un Hébreu, mais il était tout simplement irakien. Les Juifs n’ont aucun droit de prétendre disposer d’une synagogue dans la tombe des patriarches à Hébron, lieu où est inhumé Abraham. Le bâtiment tout entier devrait être une mosquée. Yasser Arafat, cité dans le Jerusalem Report, 26 décembre 1996)

Tous les événements liés au roi Saul, au roi David et au roi Rehoboam se sont déroulés au Yémen, et aucun vestige hébreu n’a été trouvé en Israël pour la bonne et simple raison qu’ils n’y ont jamais vécu. Jarid al-Kidwa (historien arabe, au cours d’un programme éducatif de l’OLP, en juin 1997)

Il n’y a pas de preuve tangible qu’il y ait la moindre trace ou le moindre vestige juif que ce soit dans la vieille ville de Jérusalem ou dans le voisinage immédiat. Communiqué du ministère palestinien de l’Information (10 décembre 1997)

Il est bien connu que tous les ans les Juifs exagèrent de plus en plus la portée de ce que les nazis leur ont fait. Ils prétendent qu’il y a eu six millions de victimes, mais des recherches précises scientifiques démontrent qu’il n’y en a pas eu plus de 400 000. Télévision palestinienne (25 août 1997)

La Shoah est un mensonge des Sionistes concernant de prétendus massacres perpétrés contre les Juifs. Al Hayat Al Jadeeda (journal de l’Autorité palestinienne, 3 septembre 1997)

Le mur d’Al-Buraq [Mur des Lamentations] et sa place sont une propriété religieuse musulmane…Il fait partie de la mosquée Al Aqsa. Les Juifs n’ont aucun lien avec cet endroit. Mufti de Jérusalem (nommé par Yasser Arafat, Al Ayyam [journal de l’Autorité palestinienne], 22 novembre 1997)

La persécution des Juifs est un mythe mensonger que les Juifs ont qualifié d’Holocauste et ont exploité pour se faire plaindre. Al Hayat Al Jadeeda (journal de l’Autorité palestinienne, 2 juillet 1998)

Le but stratégique est la libération de la Palestine, du Jourdain à la Méditerranée, même si cela signifie que le conflit doive durer encore mille ans ou pendant de nombreuses générations à venir. Faisal Husseini (Al-Arabi [Egypte], 24 juin 2001).

Nous perdrons ou nous gagnerons, mais notre regard restera fixé sur notre but stratégique, à savoir la Palestine du Jourdain à la mer. Marwan Barghouti (chef du Fatah de Cisjordanie, New Yorker, 2 juillet 2001)


OLP: Le mensonge est mal, excepté à un ennemi (PLO official: Yes, we’re lying, but it’s just for the money)

21 mars, 2009
master liar ArafatLe mensonge est mal, excepté pour trois choses: le mensonge d’un homme à son épouse pour la satisfaire; un mensonge à un ennemi, parce que la guerre est dissimulation; ou un mensonge pour règler un différend entre des personnes. Mahomet
La Charte de l’OLP est caduque. Yasser Arafat (au président François Mitterrand, Paris, 2 mai 1989)
Je ne peux pas la modifier de ma propre autorité, car la démocratie est une mécanique complexe. Yasser Arafat (Le Figaro, 29 avril 1989)
L’Organisation rejette tout changement de l’article 19 de notre charte. Abou Lyad (numéro 2 de l’OLP, journal saoudien Okaz, 29 janvier 1989)
Dans sa lettre du 9 septembre au premier ministre Yitzhak Rabin, M. Yasser Arafat a formellement declaré que l’OLP (…) affirme que les articles de la Charte de l’OLP qui denient le droit a l’existence d’Israel sont maintenant inoperants et desormais non valides. Déclaration de Principes Israelo-Palestinienne (20.09.93)
Je mentirais si je vous disais que je vais l’abroger. Personne ne peut le faire. Yasser Arafat (Harvard, octobre 1995)
Aucune autre charte n’a été en effet écrite depuis [1998]… Il y a des publications qui se rapportent à la décision de faire les amendements. Mais il n’y a aucun autre texte – aucun autre paragraphe ou article à la place de ces articles qui devaient être annulés ou amendés. Mais il y a la référence qu’il y a des articles qui devraient être annulés, modifiés ou amendés. Zuhair Sanduka (directeur des Affaires parlementaires internationales de l’OLP, IMRA, 23 janvier 2002)
La libération de la Palestine a pour but de « purifier » le pays de toute présence sioniste. (…) Le partage de la Palestine en 1947 et la création de l’État d’Israël sont des événements nuls et non avenus. (…) La Charte ne peut être amendée que par une majorité des deux tiers de tous les membres du Conseil national de l’Organisation de libération de la Palestine réunis en session extraordinaire convoquée à cet effet. Charte de l’OLP (articles 15, 19 et 33)

Oui, on ment mais c’est juste pour l’argent!

Après les fausses arrestations de terroristes …

L’affrètement du bateau d’armes et de munitions …

Les déclarations négationnistes sur la Shoah …

Les accusations d’injection du SIDA contre Israël …

Les prétendus amendements de la Charte de l’OLP …

Voici, au lendemain de la promesse de versement à l’Autorité palestinienne de quelque 4 milliards de dollars pour la reconstruction de Gaza …

Un énième officiel de l’OLP à reconnaître que non seulement l’OLP ne reconnaît pas Israël …

Mais qu’il n’a pas à le reconnaitre …

Et qu’il ne le fait en fait que pour les subventions internationales!

Dahlan au Hamas: « Ne reconnaissez pas Israël »
Khaled Abu Toameh
The Jerusalem Post
18/03/2009

L’ancien chef des Forces de sécurité préventive du Fatah, Mohammed Dahlan, a exhorté mardi le Hamas à ne pas reconnaître le droit d’exister d’Israël, en faisant remarquer que le Fatah lui-même ne l’avait jamais reconnu.

Il s’agit de la première fois depuis le début du processus de paix, il y a 15 ans, qu’un haut responsable du Fatah affirme ouvertement que sa faction ne reconnait pas Israël. Dahlan a fait cette déclaration lors d’une interview sur la chaîne officielle de l’Autorité palestinienne (AP).

Dahlan, qui s’était très peu exprimé depuis la prise de pouvoir du Hamas dans la bande de Gaza en 2007, a refait surface pendant l’opération « Plomb durci ». Depuis, il a fait plusieurs apparitions publiques, notamment vendredi dernier où il a été vu en train de prier avec le président Mahmoud Abbas. Ce retour pourrait notamment indiquer son désir de jouer un rôle dans l’administration post-Abbas.

Il a par ailleurs été nommé conseiller spécial du président de l’AP, en particulier en vue des pourparlers de réconciliation avec le Hamas au Caire.

Durant l’interview télévisée, il a été demandé à Dahlan si le Fatah demandait au Hamas de reconnaître le droit d’exister d’Israël comme condition à l’établissement d’un gouvernement palestinien d' »union nationale ».

« Ils [le Hamas] ont dit que le Fatah leur avait demandé de reconnaître l’Etat d’Israël et c’est une grande déception. Je répète que nous n’exigeons pas une telle chose. Nous demandons plutôt au Hamas de ne pas se soumettre à cette condition », a-t-il répondu.

Il a également précisé que seule l’OLP (Organisation de libération de la Palestine) avait reconnu le droit d’exister d’Israël au moment de la signature des accords d’Oslo en 1993. En tant que « parti de la résistance », le Fatah n’est pas tenu de s’y conformer, a poursuivi Dahlan.

Le Fatah est la plus grande faction de l’OLP, la deuxième étant le Front populaire de libération de la Palestine.

Voir aussi:

Western funders misled: Fatah still refuses to recognize Israel, PA’s « recognition » only to receive international aid
Itamar Marcus and Barbara Crook
Palestinian Media Watch
March 17, 2009

When Western countries met last month to pledge billions of dollars in funding to the Fatah-led Palestinian Authority, they stressed that Hamas would not receive funding until it recognized Israel. However, a senior Fatah leader, Muhammad Dahlan, admitted yesterday on Palestinian Authority television that Fatah – just like Hamas – still does not recognize Israel.

Furthermore, he said that the Palestinian Authority’s apparent « recognition » is to make the PA « acceptable » to the international community, and therefore allow it to continue to receive international aid:

« I want to say for the thousandth time, in my own name and in the name of all of my fellow members of the Fatah movement: We do not demand that the Hamas movement recognize Israel. On the contrary, we demand of the Hamas movement not to recognize Israel, because the Fatah movement does not recognize Israel even today. »

It is only the Palestinian Authority government, Dahlan insisted, that must « recognize » Israel – not out of conviction or sincerity, but in order to receive the needed help of the international community. This help would not come, says Dahlan, if the PA government did not « recognize » Israel.

The inherent contradiction between the Fatah, headed by « Chairman » Mahmoud Abbas, not recognizing Israel, and the Palestinian Authority, headed by « President » Mahmoud Abbas, « recognizing » Israel, was not challenged by the interviewer.

This is not merely Dahlan’s opinion but apparently official PA ideology. It is nearly identical to the 2006 declaration made by Mahmoud Abbas himself that while PA ministers have to « recognize » Israeli ministers across a negotiating table, for functional purposes, this does not imply political recognition by Fatah of Israel:

« Hamas is not required to recognize Israel… It is not required of Hamas, or of Fatah, or of the Popular Front to recognize Israel. »

The following are the two declarations – yesterday’s by Dahlan and the earlier one by Abbas – that Fatah does not recognize Israel.

Interview with Muhammad Dahlan, PA TV March 16, 2009:

Dahlan: « There are many distortions that the Hamas movement tries to attribute to us [Fatah]. For instance, they always say that the Fatah movement wants Hamas to recognize Israel. This is a gross deception. And I want to say for the thousandth time, in my own name and in the name of all of my fellow members of the Fatah movement: We do not demand that the Hamas movement recognize Israel. On the contrary, we demand of the Hamas movement not to recognize Israel, because the Fatah movement does not recognize
Israel, even today. […] Therefore, no one can compete with us. We of the Fatah do not recognize Israel; we recognized [corrects himself] recognize that which the PLO recognized, but that does not obligate us as a Palestinian resistance faction. »

It is not being demanded of Hamas that it recognize Israel. The government must deal with people’s problems… The entire Palestinian economy is dependent on Israel. The government’s role is to manage the day-to-day life of the Palestinian people. I cannot force my thinking and my position [non-recognition of Israel] on the government, and then [were I to do so] – should the Palestinian people pay the price for this position? No. I maintain the position of the Hamas and of the Fatah not to recognize Israel, but the government is required to offer medical treatment, to make education easier and take care of it. It must carry out reconstruction. Do you imagine that Gaza’s reconstruction is possible under the shadow of this political bickering between us and the international community?

Moderator: Why must the new government recognize the PLO’s commitments?

Dahlan: It’s not the political parties [that must recognize]; it’s required of the government and not of the parties. It’s required of the government but not of Hamas; it’s required of the government but not of the Fatah, so that this government will be able to offer the necessary assistance, to carry out the necessary reconstruction, to offer assistance to the sick, to bring relief to needy families… This can be dealt with [only] by a government that has relations with the international community, one that is acceptable to the international community, in order that we can work together and benefit from the international community. »

Voir aussi:

The following interview with Mahmoud Abbas was broadcast on Al-Arabiya [based in Dubai] and Palestinian TV on Oct. 3, 2006:

The host is discussing with Mahmoud Abbas the difference between Hamas and Fatah preventing the establishing of a Palestinian unity government.

Host: « But maybe Hamas is right regarding the fact that it does not want to recognize Israel. »

Abbas [snaps]: « Hamas is not required, Hamas is not required to recognize Israel… It is not required of Hamas, or of Fatah, or of the Popular Front to recognize Israel, all right?

« The PLO, in 1993, recognized Israel. As Israel recognized the PLO. Every person has the right to say ‘I do not recognize,’ okay? It’s your right. It is the right of every organization. But the government which will be formed, and which will function opposite the Israelis on a daily basis… every hour and perhaps every second, there will be contact between Palestinian ministers and Israeli ministers. And I ask – how can this government, or these ministers, not recognize their counterparts, and then solve people’s problems? » [Abbas then gives an example of $500 million in taxes intended for the Palestinians, but put on hold by Israelis. The Palestinian finance minister has to come to an agreement with the Israeli finance minister regarding the transfer of that money.] « So how can he make an agreement with him if he does not recognize him? »

« So I do not demand of Hamas nor any other [organizations] to recognize Israel. But from the government that works with Israelis in day to day life, yes. »

Voir encore:

Arab Opinion
In Interview, Arafat’s Wife Praises Suicide Bombings
Judith Miller
The New York Times

April 15, 2002

WASHINGTON, April 14 — Before Yasir Arafat condemned « terror against civilians » on Saturday, his wife, Suha al-Taweel Arafat, told an Arabic-language magazine that she endorsed suicide attacks as legitimate resistance against Israeli occupation.

In an interview published Friday in Al Majalla, a London-based, Saudi-owned weekly, Mrs. Arafat said that if she had a son, there would be « no greater honor » than to sacrifice him for the Palestinian cause.

« Would you expect me and my children to be less patriotic and more eager to live than my countrymen and their father and leader who is seeking martyrdom? » she was quoted as saying.

Mrs. Arafat has a daughter, not a son, and according to Israeli and Palestinian officials, both she and her daughter have been living in Paris, far from Israel’s counterinsurgency campaign against Palestinians that began two weeks ago.

Henry Siegman, a senior fellow at the Council on Foreign Relations, who has promoted peace between Israelis and Arabs for almost four decades, said today, « When I hear a woman of Suha Arafat’s intelligence, culture and standing in the Palestinian community condone suicide attacks, I fear that for Israelis and Palestinians the goal is no longer security or the creation of a state, but vengeance. »

Mrs. Arafat’s words, coupled with the carefully balanced condemnation of terrorism that her husband issued in Ramallah, reflect the mixed messages that have been coming out of Arab capitals as governments try to balance the need to react to popular anger against their own diplomatic priorities.

Mrs. Arafat’s comments also reflect the hardening position of Arab leaders on suicide bombing, with prominent religious figures now expressing support for the practice.

Two of Egypt’s most senior government-appointed religious scholars have endorsed suicide attacks.

Sheik Muhammad Sayyed Tantawi, the top scholar of Al Azhar University in Cairo, said on Friday that all Israelis — men, women and children — were « forces of occupation, » according to a translation of the statement by the Middle East Media Research Institute, a translation service in Washington that opposes the militants. Therefore, the sheik said, « martyrdom operations » were the « highest form of jihad operations. »

According to the institute’s translation, the sheik added that suicide attacks were « an Islamic commandment until the people of Palestine regain their land and cause the cruel Israeli aggression to retreat. »

Today he amended those remarks to advise that no Muslim blow himself up « in the midst of children or women, but among aggressors, among soldiers. »

At an inter-faith conference in Alexandria only a few weeks ago he urged tolerance and cooperation among Muslims, Christians and Jews.

The sheik’s comments on suicide attacks were seconded by another of Egypt’s most senior Islamic voices — Dr. Ahmad Al Tayyeb, the newly appointed mufti, Egypt’s highest religious jurist.

Sheik Tayyeb, who once avoided discussing suicide bombings, declared that, « the solution to the Israeli terror » lies in a proliferation of suicide attacks « that strike horror into the hearts of the enemies of Allah. » according to the research institute. « The Islamic countries, peoples and rulers alike, must support these martyrdom attacks. »

Fouad Ajami, the author and professor at Johns Hopkins University’s School of Advanced International Studies, bemoaned the religious establishment’s endorsement of what he called a « culture of terror. »

« A terrible malignancy has been unleashed, » Mr. Ajami wrote last week in a commentary in U.S. News and World Report.

Mr. Siegman, of the Council on Foreign Relations, said, « Left to their own devices these two peoples may not only destroy each other, but do far greater damage to the region and the international community. »

Mr. Siegman, who endorsed a Saudi peace plan as the basis for negotiations, said it was an « illusion » to believe that Egypt or Saudi Arabia could « return their people to sanity. »

Voir enfin:

The Two Faces Of Yasir Arafat Yes, He Condemned Yesterday’s Bombing – But Not In Arabic.

David Bedein

Philly.com
July 31, 1997

In the aftermath of the bombs that blew up in the Mahane Yehuda open-air market yesterday in Jerusalem, the Palestine Broadcasting Corp. (PBC), the official Palestine Authority radio network, reported a « military operation, » even though the bombs had killed 15 and wounded 150 shoppers and shopkeepers – Jews and Arabs, old and young alike – in the one place you are bound to find every kind of person in Jerusalem.

On each newscast that followed the attack, PBC radio repeated the theme: An « operation » had been carried out, not a terror attack.
And Arafat, who had been quoted immediately on the Israeli and foreign newsreels as condemning the attack, would not allow himself to be quoted in Arabic as condemning the « operation. » Meeting the Arab media in Jericho, as he descended from his helicopter, Arafat was tight-lipped, saying nothing to his people that would discourage anything but praise for the attack.

Meanwhile, PBC played victory songs, military marches and joyous music. Later, PBC TV came on the air, televising a play showing Arabs shooting at Israelis. No subliminal message there.

Our agency has monitored Arabic-language PBC radio and television since their genesis at the Oslo peace conference four years ago. The PBC, funded under grants from the U.S. Agency for International Development, has conveyed a consistent message: The war with Israel must proceed, and all means to that end remain justified.

At one point, in September 1995, I was asked to bring PBC videos of Arafat’s televised speeches for a special showing before the U.S. House International Relations Committee. Representatives were surprised to learn that Arafat had yet to make a single statement in Arabic at any time that called for peace with Israel and that clearly condemned terror attacks.

In November, I had the opportunity to have a personal session with Arafat in Bethlehem. He was in a pleasant mood as he spoke of peace between Israelis and Palestinians. He went out of his way during our talk to attack those who would conduct terror activity, calling them enemies of peace.

Yet, one month before the meeting, our Palestinian television crew filmed Arafat at a Bethlehem-area Arab refugee camp, calling for jihad – holy war – and the continuation of the struggle against Israel.

So I asked Arafat when he would repeat to his own people the calls for peace in Arabic that he so eloquently delivers in English. He responded that he « always » speaks of peace in Arabic.

Many Israelis are waiting for such peace proclamations from his lips in Arabic, let alone condemnation of terror bombs in a crowded marketplace. Especially today.

David Bedein is media research analyst and bureau chief of the Israel News Source Agency, Beit Agron International Press Center, Jerusalem.


Irak/6e: Quand le bourbier n’est plus celui qu’on croyait (Obama’s dilemma: What do you do when the « wrong » war’s won and the « right » war’s unwinnable?)

20 mars, 2009

Obama's Vietnam

Le front central dans la guerre contre le terrorisme n’est pas et n’a jamais été en Irak. Pour cette raison, mettre un terme à cette guerre est décisif si nous voulons en finir avec les terroristes responsables des attentats du 11 septembre, c’est-à-dire al Qaeda et les taliban, présents en Afghanistan et au Pakistan. Barack Obama (CBS, juillet 2008)
Si nous avions quitté l’Irak selon l’agenda du mouvement pacifiste, la situation serait précisément l’inverse: le peuple irakien serait maintenant atrocement martyrisé par les sadiques d’al-Qaeda, trop contents de se vanter en plus d’avoir infligé une défaite sur le champ de bataille aux Etats-Unis. Ce qui n’aurait pas manqué de se faire rapidement savoir en Afghanistan et, nul doute, à d’autres endroits où l’ennemi opère. Christopher Hitchens

Que faire quand la « mauvaise » guerre est gagnée et la « bonne » se révèle ingagnable?

Pachtounes, Ouzbeks, Tajiks, chiites Hazara, montagnes inaccessibles, habitudes anarchiques, culture du pavot, seigneurs de la guerre, guerriers, bandits, « cimetière d’empires » …

En ce 6e anniversaire du lancement de l’Opération qui devait renverser l’un des pires tyrans de la planète et contre laquelle, de la France aux Kerry et autres Obama, le prétendu camp de la paix s’était dressé …

Cruelle ironie de l’histoire …

De voir, comme le rappelle avec brio le spécialiste du Moyen-orient Fouad Ajami, le large succès de la guerre de choix si longtemps présentée comme un inutile bourbier

Et la prétendue guerre de nécessité se profiler, face à une Administration on ne peut plus impréparée par son incompréhension du projet irakien, comme une « entreprise désespérée sur une terre impossible »

Morceaux choisis:

Les détracteurs du projet américain en Irak ne savaient pas grand chose de l’Afghanistan. Ils désespéraient du sectarisme et de la fragmentation ethnique de l’Irak; mais ceux-ci apparaissent dérisoires face aux tribalisme et complications ethniques de l’Afghanistan. Si vous en aviez assez des Kurdes et des Sunnites et des Chiites de l’Irak, bienvenue aux guerres sans fin des Pachtounes, des Uzbeks, des Tadjiks et des Chiites Hazara de l’Afghanistan.

Dans leur mépris pour le projet irakien, les Démocrates et la gauche progressiste avaient insisté sur le fait que l’Irak était un état artificiel monté de toute pièce par décret colonial et que c’était pure perte de vouloir le guérir et le garder intact. Maintenant en Afghanistan, nous sommes dans le monde par excellence du banditisme et du tribalisme, une culture politique qui a détesté et résisté à toute autorité centrale.

Maintenant les Démocrates se retrouvent avec cette guerre afghane sur les bras. Ils doivent l’expliquer et la défendre en pleine période d’introversion de notre vie nationale. Il est difficile de sonner la trompette pendant une crise économique. En un mot, notre pays vit sur les nerfs depuis le 11/9. Il ne voulait pas d’empire islamique, mais il en a eu un. Il lui a été confié ce devoir terrible par le bouleversement dans les terres du monde arabo-Islamique et par la perfidie et l’adresse d’une génération de jihadistes et de leurs commanditaires, qui ont dévié la colère de leurs peuples sur la puissance américaine au loin.

George Bush a répondu à l’appel de l’histoire – comme il a cru bon. Le pays lui a donné sa garantie et son acceptation, puis le lui a retiré dans les dernières années de sa présidence. On peut dire ce qu’on veut au sujet de son appel à la vigilance, mais il avait une vision du monde cohérente. Il a tenu bon quand le monde islamique était vraiment dans la tourmente et en prise aux plus ruineuses tentations. Il a porté la guerre contre le terrorisme au cœur même monde arabe. C’était des Arabes – avec l’argent du pétrole et le prestige qui va avec leur maîtrise de l’arabe, la langue du Coran, face à des Pakistanais et des Afghans influençables – qui avaient fait de l’Afghanistan la menace qu’elle est devenue. Sans argent arabe et doctrines arabes de l’islam politique, les Talibans seraient restés une race de séminaristes réactionnaires, une terreur pour leur propre population mais sans conséquence au-delà. Il apparaissait donc parfaitement raisonnable du point de vue stratégique de porter le combat au cœur arabe de l’Islam. Saddam Hussein avait juste tiré la courte paille.

L’Anbar n’a basculé que lorsque les insurgés sunnites ont été convaincus que les Américains étaient là pour rester et que l’alternative à l’arrangement avec les Américains et le gouvernement de Bagdad était une défaite sunnite garantie et générale. Les Talibans en sont très très loin. Et encore, les hésitations actuelles de Washington ne peuvent que les encourager à attendre, avec l’espoir que les Américains se lassent.

Obama’s Afghan Struggle
Fouad Ajami
The WSJ
March 20, 2009,

We face today the oddest and most unexpected of spectacles: On its sixth anniversary, the Iraq war has been vindicated, while the war in Afghanistan looks like a hopeless undertaking in an impossible land.

This is not what the opponents of the Iraq war had foreseen. After all, Afghanistan was the good war of necessity whereas Iraq was the war of « choice » in the wrong place.

The Afghan struggle was in truth a rod to be held up in the face of the Bush administration’s quest in Iraq. Some months ago, Democratic Party strategist Robert Shrum owned up to this fact. « I was part of the 2004 Kerry campaign which elevated the idea of Afghanistan as the ‘right war’ to conventional Democratic wisdom. This was accurate as criticism, but also reflexive and perhaps by now even misleading as policy. »

The opponents of the American project in Iraq did not know much about Afghanistan. They despaired of Iraq’s sectarianism and ethnic fragmentation, but those pale in comparison with the tribalism and ethnic complications of Afghanistan. If you had your fill with the Kurds and the Sunnis and the Shiites of Iraq, welcome to the warring histories of the Pashtuns, the Uzbeks, the Tajiks, and the Hazara Shiites of Afghanistan.

In their disdain for that Iraq project, the Democrats and the liberal left had insisted that Iraq was an artificial state put together by colonial fiat, and that it was a fool’s errand to try to make it whole and intact. Now in Afghanistan, we are in the quintessential world of banditry and tribalism, a political culture that has abhorred and resisted central authority.

Speak of colonial fiat: It was the Pax Britannica that drew the Durand Line of 1892 across the lands of the Pashtuns and marked out a meaningless border between Afghanistan and Pakistan. It should have taken no great literacy in the theories and the history of « state-building » to foresee the favorable endowments of Iraq and the built-in disadvantages of Afghanistan.

Man battled the elements in Mesopotamia, and the desert and its ways of plunder and raiding pushed against urban life, but the land gave rise to powerful kingdoms: the Assyrians, the Babylonians, the Sumerians, the Abbasids. In more modern times, oil and the central treasury knit the place together, often in terror, but kept it together nonetheless.

Contrast this with Afghanistan’s impassable mountains and anarchic ways, and with the poppy cultivation and its culture of warlords and bandits. A Nouri al-Maliki in Baghdad can dispense of oil largess and draw the provinces toward the capital; a Hamid Karzai in Kabul is what foreign donors and benefactors make of him and enable him to do.

The flattering cliché that Afghanistan is the « graveyard of empires » is a hollow boast. Empires that wandered there did so by default, for there never was anything in Afghanistan — save for geography — that outsiders coveted. It was the primitiveness of the place — the landscape that evoked the imagined early centuries of Islam’s beginnings — and its age-old way of extracting booty from outsiders that had drawn the Arab jihadists, and their financiers and handlers, to Afghanistan.

Now the Democrats own this Afghan struggle. They have to explain and defend it in the midst of a mood of introversion in our national life. It is hard to sound the trumpet at a time of economic distress. Plainly, our country has been living on its nerves since 9/11. It had not willed an Islamic imperium, but it had gotten one. It was bequeathed this terrible duty by the upheaval in the lands of the Arab-Islamic world, and by the guile and cunning of a generation of jihadists and their enablers, who deflected the wrath of their people onto distant American power.

George W. Bush answered history’s call — as he saw fit. The country gave him its warrant and acceptance, and then withdrew it in the latter years of his presidency. Say what you will about his call to vigilance, he had a coherent worldview. He held the line when the world of Islam was truly in the wind and played upon by ruinous temptations. He took the war on terror into the heart of the Arab world. It was Arabs — with oil money, and with the prestige that comes with their mastery of Arabic, the language of the Quran, among impressionable Pakistanis and Afghans — who had made Afghanistan the menace it had become. Without Arab money and Arab doctrines of political Islam, the Taliban would have remained a breed of reactionary seminarians, a terror to their own people but of no concern beyond. It thus made perfect strategic sense to take the fight to the Arab heartland of Islam. Saddam Hussein had drawn the short straw.

President Barack Obama — another « decider » with an expanded view of the presidency’s power — faces a wholly different challenge. It was the economic distress that delivered the state into his stewardship. A cerebral man, he has presented himself as a « realist » in foreign affairs. Not for him is the Bush « heat » about liberty in distant lands.

By the appearance of things, Mr. Obama is undecided about Afghanistan. He has neither embraced this war, nor ditched it. In a perfect world, that AfPak theater (Afghanistan/Pakistan) would hold still as the administration struggles with AIG, the crisis in Detroit, and the selling of the budget. But the world rarely obliges, and sooner or later the administration will have used up the luxury of indecision. It will not be easy for this president to summon this nation to a bigger endeavor in Afghanistan. Set aside his fear that his domestic agenda could be compromised by a bold undertaking far from home. The foreign world simply does not beckon this president.

In fairness to him, his hesitancy in the face of foreign challenges is a fair reflection of the country’s fatigue with causes beyond its borders. He could link Afghanistan with 9/11 and with the wider war on terror, but he put forth the word that the vigilance and zeal of that struggle is best forgotten. By his admonition, we are not to speak of the global war on terror. The world is full of reconcilables and deal-makers, bazaaris one and all in Damascus and Tehran and Palestine. In the Obama worldview, it is now time for diplomatic accommodations.

The president is on the horns of a dilemma of his own making. In his determination to be the « un-Bush, » he has declared his intention to repair what some have called « Brand America » and to pursue a nonideological foreign policy of multilateralism and moderation. His aloofness from what played out in Iraq is a hindrance to him when it comes to issuing any call to arms in Afghanistan.

He can’t build on the Iraq victory, because he has never really embraced it. The occasional statement that we can win over the reconcilables and the tribes in Afghanistan the way we did in the Anbar is lame and unconvincing. The Anbar turned only when the Sunni insurgents had grown convinced that the Americans were there to stay, and that the alternative to accommodation with the Americans, and with the Baghdad government, is a sure and widespread Sunni defeat. The Taliban are nowhere near this reckoning. If anything, the uncertain mood in Washington counsels patience on their part, with the promise of waiting out the American presence.

Mr. Obama does not have to offer the Iraq campaign post facto vindication. But as he does battle in the same wider theatre of that Greater Middle East, he will have to draw the proper lessons of the Iraq campaign. This Afghan war can’t be waged in stealth, and in silence. Half-measures will not do. This war will have to be explained — or explained away. For it to have any chance, it will have to be claimed and owned up to even in the midst of our economic distress. It’s odd that so articulate a president has not yet found the language with which to describe this war, and the American stakes in it.

Mr. Ajami is professor of Middle East Studies at The Johns Hopkins University, School of Advanced International Studies and an adjunct senior fellow at Stanford University’s Hoover Institution.


Islamisme: C’est à l’islam de prouver qu’il est une religion de paix (Islam Should Prove It’s a Religion of Peace)

20 mars, 2009
Religion of peaceCeux qui affirment que Mahomet était pacifiste sont des menteurs et des incultes. Il a usé de la violence et l’a prêchée. Mohammed Bouyeri (assassin de Theo Van Gogh, 2 février 2006)
Dire que l’islamisme n’est pas l’islam, qu’il n’a rien à voir avec l’islam, est faux. Pour le musulman d’hier et d’aujourd’hui il n’y a qu’un seul Coran comme il n’y a qu’un seul prophète. (…) Entre l’islam et l’islamisme, il n’y a pas de différence de nature mais de degré. L’islamisme est présent dans l’islam comme le poussin l’est dans l’oeuf. Il n’y a pas de bon ou mauvais islam, pas plus qu’il n’y a d’islam modéré. En revanche il y a des musulmans modérés, ceux qui n’appliquent que partiellement l’islam. Anne-Marie Delcambre
Il est ironique et décourageant que beaucoup d’intellectuels occidentaux non-musulmans – qui prétendent sans cesse qu’ils soutiennent les droits de la personne – sont devenus des obstacles à la reforme de l’islam. Le politiquement correct parmi les Occidentaux empêche la critique non ambiguë de l’inhumanité de la charia. Ils trouvent des excuses socio-économiques ou politiques pour le terrorisme islamiste tels que la pauvreté, le colonialisme, la discrimination ou l’existence d’Israël. Quelle incitation peut-il y avoir pour que les musulmans exigent la réforme de leur religion quand les “progressistes” occidentaux préparent le terrain pour la barbarie islamiste? Tawfik Hamid
C’est à vous, théologiens et ecclésiastiques islamiques, de produire une charia qui soit acceptée par le monde islamique et qui enseigne que les juifs ne sont pas des porcs et des singes, que la guerre pour diffuser l’islam est inacceptable et que tuer les apostats est un crime. Un tel livre montrerait que l’islam est une religion de paix. Tawfik Hamid

Après la déportation, par les autorités britanniques elles-mêmes, du député néerlandais Geert Wilders

Pour avoir prétendu rappeler à la Chambre des Lords la réalité de la violence islamiste

Au moment même où le parti du Hamas envoyait ses roquettes sur des civils israéliens et sacrifiait ses propres enfants

Ô combien significatif (et décourageant) qu’il faille compter sur un ancien cadre d’Al Qaeda pour oser appeler un chat un chat

Et pour appeler, en une du WSJ, les musulmans eux-mêmes à produire une charia réellement conforme à la religion de paix que ceux-ci prétendent servir!

Islam Should Prove It’s a Religion of Peace
Muslims can start with better Quranic scholarship.
Tawfik Hamid
The WSJ
March 9, 2009

The film « Fitna » by Dutch parliament member Geert Wilders has created an uproar around the world because it links violence committed by Islamists to Islam.

Many commentators and politicians — including the British government, which denied him entry to the country last month — reflexively accused Mr. Wilders of inciting hatred. The question, however, is whether the blame is with Mr. Wilders, who simply exposed Islamic radicalism, or with those who promote and engage in this religious extremism. In other words, shall we fault Mr. Wilders for raising issues like the stoning of women, or shall we fault those who actually promote and practice this crime?

Many Muslims seem to believe that it is acceptable to teach hatred and violence in the name of their religion — while at the same time expecting the world to respect Islam as a religion of peace, love and harmony.

Scholars in the most prestigious Islamic institutes and universities continue to teach things like Jews are « pigs and monkeys, » that women and men must be stoned to death for adultery, or that Muslims must fight the world to spread their religion. Isn’t, then, Mr. Wilders’s criticism appropriate? Instead of blaming him, we must blame the leading Islamic scholars for having failed to produce an authoritative book on Islamic jurisprudence that is accepted in the Islamic world and unambiguously rejects these violent teachings.

While many religious texts preach violence, the interpretation, modern usage and implementation of these teachings make all the difference. For example, the stoning of women exists in both the Old Testament and in the Islamic tradition, or « Sunna » — the recorded deeds and manners of the prophet Muhammad. The difference, though, is that leading Jewish scholars agreed to discontinue these practices centuries ago, while Muslim scholars have yet to do so. Hence we do not see the stoning of women practiced or promoted in Israel, the « Jewish » state, but we see it practiced and promoted in Iran and Saudi Arabia, the « Islamic » states.

When the British government banned Geert Wilders from entering the country to present his film in the House of Lords, it made two egregious errors. The first was to suppress free speech, a canon of the civilized Western world. The second mistake was to blame the messenger — punishing, so to speak, the witness who exposed the crime instead of punishing the criminal. Mr. Wilders did not produce the content of the violent Islamic message he showed in his film — the Islamic world did that. Until the Islamic clerical establishment takes concrete steps to reject violence in the name of their religion, Mr. Wilders’s criticism is not only permissible as « controversial » free speech but justified.

So, Islamic scholars and clerics, it is up to you to produce a Shariah book that will be accepted in the Islamic world and that teaches that Jews are not pigs and monkeys, that declaring war to spread Islam is unacceptable, and that killing apostates is a crime. Such a book would prove that Islam is a religion of peace.

Mr. Hamid, a former member of an Egyptian Islamist terrorist group, is an Islamic reformer and senior fellow at the Potomac Institute for Policy Studies.

Voir aussi:

LETTERS
The WSJ
March 15

Is Islamic Extremism a Problem of Poor Hermeneutics?
It is very uplifting and encouraging to hear a bright, progressive Muslim like Tawfik Hamid speak out against the cruelty and unfairness of Islamic extremists (« Islam Should Prove It’s a Religion of Peace, » op-ed, March 9).

As a Jew who wants my children to be able to coexist in peace with all religious peoples of the world, I feel very hopeful knowing there are Muslims who do not hate my people because of our religion.

I welcome the day when we can all live in harmony, in our own unique ways. Mr. Hamid’s statement that better Quranic scholarship would prove that Islam is a religion of peace is very welcome.

God bless his ecumenical plea to his religious community.

Steven Levy
Seabrook, Texas

Kudos to Tawfik Hamid for standing up to the wimps of the world. And congratulations to the Journal for publishing Mr. Hamid’s calling the British government to account for the travesty of justice in denying entry to the United Kingdom of Geert Wilders, a member of the Dutch parliament and creator of the film, « Fitna. » The British government is blaming the messenger, Mr. Wilders, instead of the message, Muslim radicalism.

Only by repeatedly exposing the barbaric practices of Islamic radicalism to the world, such as the stoning of women, will the world stop tolerating such criminal behavior.

By suppressing free speech by banning « Fitna » from being shown in the House of the Lords, the British government unwittingly is condoning and encouraging the Muslim radicals in pursuing their atrocities.

Paul O’Neill
Kansas City, Mo.

Mr. Hamid is certainly correct in exculpating Dutch Parliamentarian Geert Wilders. However, he both tries to say that « everyone did it » and that « better scholarship » would demonstrate Islam to be a religion of peace.

The only basis for Islamic scholarship to interpret the Quran, in addition to the text, is to look to the practices of Mohammed and the first three generations of Muslims. It’s going to be hard to find a basis for more liberal interpretation there. The issue is whether Islam can prove it’s a religion of peace. Mr. Hamid is not calling for better scholarship; he is calling for « different » scholarship: indeed, something beyond even a Reformation.

To date, the most authoritative religious scholar to assert the peacefulness of Islam is George W. Bush.

Stuart L. Meyer
Evanston, Ill.

Voir également:

MUSULMANS CONTRE LA CHARIA

MOUVEMENT DE RÉFORME ISLAMIQUE

NOS OBJECTIFS

* Pour sensibiliser les musulmans sur les dangers que représentent les textes religieux islamiques, et pourquoi l’islam doit être réformé

* D’éduquer les non-musulmans sur les différences entre les musulmans modérés et les islamistes (alias les Fanatiques Religieux Islamique, les Musulmans Radicaux, les Musulmans Fondamentalistes, les Extrémistes Islamiques  ou les Islamofascistes).

* Pour éduquer les musulmans et les non-musulmans que les musulmans modérés sont également la cible de la terreur islamique.

NOTRE MANIFESTE

Reconnaissant les erreurs

La majorité des actes de terrorisme au cours des trois dernières décennies, y compris les  attentats du 11 septembre,  ont été perpétrés par des fondamentalistes islamiques au nom de l’islam. Nous, en tant que musulmans, nous trouvons ignoble que l’islam soit utilisée pour assassiner des millions d’innocents, musulmans et non-musulmans.

Incohérences dans le Coran

Malheureusement, des textes religieux islamiques, y compris le Coran et le Hadith, contiennent de nombreux passages, qui font appel à la domination islamique et incitent à la violence contre les non-musulmans. Il est temps de changer cela. Les fondamentalistes musulmans croient que le Coran est la parole littérale d’Allah. Mais Allah, le plus Miséricordieux, le plus Compatissant, pourrait-il ordonner le massacre de personnes dont le seul tort est d’être non-musulman?

Le Coran et la Bible

De nombreuses personnalités de la Bible, d’Adam à Jésus (Isa) sont considérés comme des prophètes, et sont respectés par l’Islam. Les érudits musulmans croient cependant que l’Ancien et le Nouveau Testament sont venuS de Dieu, mais qu’ils ont été corrompus par les Juifs et les chrétiens dans le temps. Serait-il possible que le Coran lui-même ai été corrompu par les musulmans au cours des dernières treize siècles?

La nécessité d’une réforme

L’islam, dans sa forme actuelle, n’est pas compatible avec les principes de liberté et de démocratie. Au vingt-et-unième siècle, les musulmans ont deux options: nous pouvons continuer la politique barbare du VIIe siècle perpétuée par Hassan al-Banna, Abdullah Azzam, Yasser Arafat, Ruhollah Khomeiny, Osama bin Laden, les Frères musulmans, al-Qaïda, le Hezbollah, le Hamas, Hizb-ut-Tahrir, etc, ce qui conduit à une guerre mondiale entre Dar al-islam (monde islamique) et Dar al-Harb (monde non islamique), ou nous pouvons réformer l’islam de Façon à conserver la richesse de notre patrimoine culturel et à purifier notre religion des injurieuses reliques du passé. Nous, en tant que musulmans qui souhaitent vivre en harmonie avec des personnes d’autres religions, des agnostiques, des athées, choisissons la deuxième option. Nous ne pouvons plus permettre à des extrémistes islamistes d’utiliser notre religion comme une arme. Nous devons protéger les générations futures de musulmans d’être endoctrinés par les islamistes radicaux. Si nous n’arrivons pas à stopper la propagation du fondamentalisme islamique, nos enfants deviendront des zombies meurtriers.

Accepter les responsabilités

Pour commencer le processus de guérison, nous devons reconnaître les maux accomplis par les musulmans au nom de l’islam et accepter la responsabilité de ces maux. Nous devons éliminer le mal des textes religieux islamiques, afin que les futures générations de musulmans ne soient pas déroutées par des messages contradictoires. Notre message religieux doit être fort et clair: l’islam est paix, l’Islam est amour, l’Islam est lumière. La guerre, le meurtre, la violence, les dissensions et la discrimination ne sont pas des valeurs islamiques.

Respect de la vie privée et de la religion

La religion est l’affaire privée de chaque individu. Toute personne devrait être en mesure de pratiquer librement une religion quelle qu’elle soit; tant que la pratique n’interfère pas avec les lois locales; et nul ne doit être contraint de pratiquer une religion. Tout comme les humains naissent égaux, il n’y a pas une religion qui est supérieure à une autre. N’importe quel ensemble de croyances qui se propage par la force est fondamentalement immoral, ce n’est plus une religion, mais une idéologie politique.

Egalité

L’islam est l’une des nombreuses religions du monde. Il n’y aura pas la paix et l’harmonie dans le monde si les musulmans et non-musulmans n’ont pas les mêmes droits. La doctrine de suprématie islamique est tout aussi répugnante que la doctrine de la suprématie aryenne. L’histoire montre clairement ce qui se passe dans les sociétés dont les membres se considèrent au-dessus des autres peuples. Tous les musulmans modérés doivent répudier la simple notion de supériorité islamique.

Charia

La Charia doit être abolie, car elle est incompatible avec les normes de la société moderne.

Pratiques désuètes

Toute pratique qui aurait pu être acceptable dans le septième siècle, c’est-à-dire, la lapidation, couper des parties du corps, se marier et / ou d’avoir des rapports sexuels avec des enfants ou des animaux, doivent être condamnés par tous les musulmans.

Versets périmés

Les versets suivants promeuvent la division et la haine religieuse, le sectarisme et la discrimination. Ils doivent être soit supprimés du Coran ou déclaré périmés et invalides, et signalés comme tels.

Mots et expressions désuètes

L’utilisation des mots et des phrases suivants ou de leurs variantes doivent être interdites durant les services religieux:

• Infidèle / Non-croyant: ces termes ont une connotation négative et promeuvent la division et la haine, l’islam n’est pas la seule religion.
• Jihad: ce mot est souvent interprété comme la guerre sainte contre les non-musulmans.
• Moudjahidin / Guerrier Saint : Plus aucune guerre au nom de l’islam
• Occupation américaine (chrétienne / croisée / israélo-sioniste) : ces termes promeuvent le fanatisme : en ce moment, les musulmans vivant dans des territoires non-musulmans ont plus de libertés que les musulmans vivant dans des territoires musulmans.

L’ Islam contre la violence

L’Islam n’a pas de place pour la violence. Toute personne demandant un acte de violence au nom de l’islam doit être promptement excommunié. Tout grief doit être adressé à l’autorité légitime. C’est le devoir civique et religieux de tout musulman de condamner sans réserve tout acte de terrorisme perpétré au nom de l’islam. Tout groupe musulman  qui a des liens avec le terrorisme de quelque manière, que se soit sur le  fond, ou la forme, doit être universellement condamné à la fois par les religieux musulmans et les musulmans laïques.

Représentation des prophètes

Bien que la représentation des prophètes n’est pas une pratique acceptable dans l’islam, et pourrait être personnellement offensante pour certains musulmans, les autres religions n’ont pas de telles restrictions. Par conséquent, la représentation des prophètes doit être traitée comme une manifestation de la liberté d’expression.

Les croisades contre l’Inquisition

Alors que l’Inquisition est une pratique répugnante de fondamentalistes chrétiens, les croisades ne sont pas des actes d’agression non provoquée, mais plutôt des tentatives de reconquête chrétienne des terres anciennement contrôlées par les musulmans.

Frères et Soeurs!

Pour ne pas faire payer vos erreurs à la prochaine génération de musulmans! Combattez le fascisme islamique maintenant, afin que vos enfants n’aient pas à le faire!

Voir enfin:

Mideast Peace Can Start With Economic Growth

Daniel Doron
The WSJ
March 12, 2009

Last week, Secretary of State Hillary Clinton told Israeli Prime Minister-designate Benjamin Netanyahu that the U.S. does not want to be restricted by « old formulas » when it comes to the peace process. As she works on a new approach, she may want to ask why costly diplomatic efforts have not led to Israeli-Palestinian peace but to ongoing war.

Though billions of dollars in « aid » have flowed into the Palestinian territories, there is still no Palestinian state, nor security for Israel. With no effective restrictions on this aid, Palestinian leaders used it to bolster terrorist groups and fight Israel, rather than build their society.

In order to succeed — finally — peace efforts need to create positive incentives. An economic peace process can create such a reality, as it has in the past until political obsessions interrupted it.

Following Israel’s conquest of the West Bank and the Gaza strip in 1967, Gen. Moshe Dayan wisely let the Palestinians manage their economic affairs. His « open bridges » policy facilitated the free movement of goods and people, and brought prosperity to the private sector. Hundreds of thousands of Palestinians were employed in Israel for much higher wages than under Jordanian and Egyptian rule. Living standards quintupled and agriculture, manufacturing, education, health and the status of women and children rapidly improved. Arabs enjoyed freedom of movement in Israel, yet there were practically no incidents of terrorism. Israelis shopped and ate in Arab towns. Their spending provided a lion’s share of a skyrocketing Palestinian GDP.

This informal peace process was resisted, however, by traditional Palestinian elites. Modernization threatened their beliefs and their privileged status. Then, in 1987, an economic recession and harsher interference by Israeli bureaucracy in Arab life ignited an intifada that was taken over and politicized by the Palestinian Liberation Organization (PLO). Yasser Arafat’s PLO killed whatever economic cooperation remained.

Today, many policy makers advocate a total separation between Israel and the Palestinians. But the latter cannot develop a prosperous economy and a viable state in economic isolation. Separation will result in economic ruin, as has already happened in Gaza. Israel and the West Bank are simply too small and too geographically integrated to support two economically divided entities. The fates of Israelis and the Palestinians are economically intertwined.

Jerusalem provides a good model of economic integration. The city has a large population of Israeli Jews and Palestinian Arabs living in close proximity. The latter are ardent Muslims, and most Jews in Jerusalem do not belong to the peace camp. Yet despite strenuous efforts by Palestinian terrorist organizations to inflame the city with repeated attacks, income from tourism has been so rewarding that Jerusalemites coexist without too many problems.

Wide-scale prosperity can come to the West Bank and Gaza by providing direct aid to Palestinian families still living in refugee camps. Unlike previous failed attempts, when aid was given to a corrupt Palestinian Authority, refugee families should get cheap loans and/or grants. Infrastructure construction should be allotted by competitive bidding to small and medium-sized Palestinian firms, not to politically connected mega-contractors. And to further perpetuate economic growth, the monopolies that now strangle both the Israeli and the Palestinian economies (often the same ones) must be broken.

For centuries, civilized Europeans slaughtered one another and political solutions were unable to stop the carnage. Then the creation of a European economic community shifted political priorities and peace came to reign. A similar process can lead, again, to peaceful developments in the Middle East. With no viable alternatives it’s certainly worth trying.

Mr. Doron, president of the Israel Center for Social and Economic Progress, is writing « Profits of Peace, » a book about the economic peace process.


Etats-Unis: Pourquoi les Républicains ne peuvent jamais gagner avec les minorités (Why the GOP Can’t Win With Minorities)

19 mars, 2009
GOP doesn't like minoritiesObama surfe sur cette vague d’aspiration des Blancs qui se projettent sur lui. Il parle d’espoir, de changement, d’avenir… Il se cache derrière ce discours éthéré, sans substance, pour permettre aux Blancs de projeter sur lui leurs aspirations. Il est prisonnier car à la minute où il révélera qui il est vraiment, ce en quoi il croit vraiment, son idéologie, il perdra toute sa magie et sa popularité de rock-star. (…) Il est prisonnier, car il ne peut pas être lui-même. (…) Les Blancs sont l’électorat naturel de Barack Obama. (…) C’est ça l’ironie: il a fallu que Barack Obama gagne les voix blanches pour emporter les voix noires. Shelby Steele
Le fait est que Barack Obama a été le compagnon de route d’un nationalisme noir anti-américain plein de haine toute sa vie d’adulte, refusant de prendre position et de dénoncer une idéologie pour qui sa propre mère n’avait pas de place. Shelby Steele

Comment, étrange revirement de l’histoire, le parti abolitionniste de Lincoln et de Martin Luther King se retrouve-t-il, aux yeux de nombre de membres des minorités, catalogué raciste  face au parti nativiste des fondateurs du KKK et de George Wallace?

A l’heure où sous couvert de la crise financière (que son parti avait largement contribué à créer) et de sa couleur de peau, l’activisme social de l’auteur du hold up du siècle et candidat du Très Grand Capital comme de ses amis continuent à faire exploser les déficits …

Intéressante tribune du conservateur noir Shelby Steele dans le WSJ le weekend dernier sur le paradoxe de la stigmatisation de la droite américaine comme anti-minorités, voire raciste.

Alors que sa défense de la liberté individuelle et de l’égalité devant la loi (et en principe une certaine responsabilité fiscale) ainsi que l’opinion généralement plus conservatrice des minorités sur les questions sociétales devraient les rapprocher.

La différence se jouant de fait plus dans le domaine de l’affichage (largement démagogique) de la rédemption pour un passé d’oppression où, sans parler (soutien des syndicats oblige) de son protectionnisme anti-immigration et malgré les nombreux et notoires effets pervers de son activisme et de ses politiques d’ingéniérie sociale, la gauche est, depuis « La Grande Société » de Johnson, passée maitre.

Mais aussi dans la véritable identité de victimisation et donc strictement raciale dans laquelle restent enfermés nombre de membres des minorités et notamment des noirs qui leur fait apparaître comme trahison le ralliement au conservatisme …

Extraits:

Can’t it be assumed, they would argue, that support of classic principles — individual freedom and equality under the law — constitutes support of minorities? And, given the fact that blacks and Hispanics often poll more conservatively than whites on most social issues, shouldn’t there be an easy simpatico between these minorities and political conservatism?

And here is conservatism’s great problem with minorities. In an era when even failed moral activism is redemptive — and thus a source of moral authority and power — conservatism stands flat-footed with only discipline to offer. It has only an invisible hand to compete with the activism of the left. So conservatism has no way to show itself redeemed of America’s bigoted past, no way like the Great Society to engineer a grand display of its innocence, and no way to show deference to minorities for the oppression they endured. Thus it seems to be in league with that oppression.

Added to this, American minorities of color — especially blacks — are often born into grievance-focused identities. The idea of grievance will seem to define them in some eternal way, and it will link them atavistically to a community of loved ones. To separate from grievance — to say simply that one is no longer racially aggrieved — will surely feel like an act of betrayal that threatens to cut one off from community, family and history. So, paradoxically, a certain chauvinism develops around one’s sense of grievance. Today the feeling of being aggrieved by American bigotry is far more a matter of identity than of actual aggrievement.

And this identity calls minorities to an anticonservative orientation to American politics. It makes for an almost ancestral resistance to conservatism. One’s identity of grievance is flattered by the moral activism of the left and offended by the invisible hand of the right. Minorities feel they were saved from oppression by the left’s activism, not by the right’s discipline. The truth doesn’t matter much here (in fact it took both activism and principle, civil war and social movement, to end this oppression). But activism indicates moral anguish in whites, and so it constitutes the witness minorities crave. They feel seen, understood. With the invisible hand the special case of their suffering doesn’t count for much, and they go without witness.

So here stands contemporary American conservatism amidst its cultural liabilities and, now, its electoral failures — with no mechanism to redeem America of its shames, atavistically resisted by minorities, and vulnerable to stigmatization as a bigoted and imperialistic political orientation. Today’s liberalism may stand on decades of failed ideas, but it is failure in the name of American redemption. It remains competitive with — even ascendant over — conservatism because it addresses America’s moral accountability to its past with moral activism. This is the left’s great power, and a good part of the reason Barack Obama is now the president of the United States. No matter his failures — or the fruitlessness of his extravagant and scatter-gun governmental activism — he redeems America of an ugly past. How does conservatism compete with this?

Today’s liberalism may stand on decades of failed ideas, but it is failure in the name of American redemption. It remains competitive with — even ascendant over — conservatism because it addresses America’s moral accountability to its past with moral activism. This is the left’s great power, and a good part of the reason Barack Obama is now the president of the United States. No matter his failures — or the fruitlessness of his extravagant and scatter-gun governmental activism — he redeems America of an ugly past.

The appeal of conservatism is the mutuality it asserts between individual and political freedom, its beautiful idea of a free man in a free society. And it offers minorities the one thing they can never get from liberalism: human rather than racial dignity.

Why the GOP Can’t Win With Minorities
Shelby Steele
The WSJ
March 16, 2009

Today conservatism is stigmatized in our culture as an antiminority political philosophy. In certain quarters, conservatism is simply racism by another name. And minorities who openly identify themselves as conservatives are still novelties, fish out of water.

Yet there is now the feeling that without an appeal to minorities, conservatism is at risk of marginalization. The recent election revealed a Republican Party — largely white, male and Southern — seemingly on its way to becoming a « regional » party. Still, an appeal targeted just at minorities — reeking as it surely would of identity politics — is anathema to most conservatives. Can’t it be assumed, they would argue, that support of classic principles — individual freedom and equality under the law — constitutes support of minorities? And, given the fact that blacks and Hispanics often poll more conservatively than whites on most social issues, shouldn’t there be an easy simpatico between these minorities and political conservatism?

‘Compassionate conservatism’ was clever — as a marketing ploy.

But of course the reverse is true. There is an abiding alienation between the two — an alienation that I believe is the great new challenge for both modern conservatism and formerly oppressed minorities. Oddly, each now needs the other to evolve.

Yet why this alienation to begin with? Can it be overcome?

I think it began in a very specific cultural circumstance: the dramatic loss of moral authority that America suffered in the 1960s after openly acknowledging its long mistreatment of blacks and other minorities. Societies have moral accountability, and they cannot admit to persecuting a race of people for four centuries without losing considerable moral legitimacy. Such a confession — honorable as it may be — virtually calls out challenges to authority. And in the 1960s challenges emerged from everywhere — middle-class white kids rioted for « Free Speech » at Berkeley, black riots decimated inner cities across the country, and violent antiwar protests were ubiquitous. America suddenly needed a conspicuous display of moral authority in order to defend the legitimacy of its institutions against relentless challenge.

This was the circumstance that opened a new formula for power in American politics: redemption. If you could at least seem to redeem America of its past sins, you could win enough moral authority to claim real political power. Lyndon Johnson devastated Barry Goldwater because — among other reasons — he seemed bent on redeeming America of its shameful racist past, while Goldwater’s puritanical libertarianism precluded his even supporting the 1964 Civil Rights Act. Johnson’s Great Society grandly advertised a new American racial innocence. If it utterly failed to « end poverty in our time, » it succeeded — through a great display of generosity toward minorities and the poor — in recovering enough moral authority to see the government through the inexorable challenges of the ’60s.

When redemption became a term of power, « redemptive liberalism » was born — a new activist liberalism that gave itself a « redemptive » profile by focusing on social engineering rather than liberalism’s classic focus on individual freedom. In the ’60s there was no time to allow individual freedom to render up the social good. Redemptive liberalism would proactively engineer the good. Name a good like « integration, » and then engineer it into being through a draconian regimen of school busing. If the busing did profound damage to public education in America, it gave liberals the right to say, « At least we did something! » In other words, we are activists against America’s old sin of segregation. Activism is moral authority in redemptive liberalism.

But conservatism sees moral authority more in a discipline of principles than in activism. It sees ideas of the good like « diversity » as mere pretext for the social engineering that always leads to unintended and oppressive consequences. Conservatism would enforce the principles that ensure individual freedom, and then allow « the good » to happen by « invisible hand. »

And here is conservatism’s great problem with minorities. In an era when even failed moral activism is redemptive — and thus a source of moral authority and power — conservatism stands flat-footed with only discipline to offer. It has only an invisible hand to compete with the activism of the left. So conservatism has no way to show itself redeemed of America’s bigoted past, no way like the Great Society to engineer a grand display of its innocence, and no way to show deference to minorities for the oppression they endured. Thus it seems to be in league with that oppression.

Added to this, American minorities of color — especially blacks — are often born into grievance-focused identities. The idea of grievance will seem to define them in some eternal way, and it will link them atavistically to a community of loved ones. To separate from grievance — to say simply that one is no longer racially aggrieved — will surely feel like an act of betrayal that threatens to cut one off from community, family and history. So, paradoxically, a certain chauvinism develops around one’s sense of grievance. Today the feeling of being aggrieved by American bigotry is far more a matter of identity than of actual aggrievement.

And this identity calls minorities to an anticonservative orientation to American politics. It makes for an almost ancestral resistance to conservatism. One’s identity of grievance is flattered by the moral activism of the left and offended by the invisible hand of the right. Minorities feel they were saved from oppression by the left’s activism, not by the right’s discipline. The truth doesn’t matter much here (in fact it took both activism and principle, civil war and social movement, to end this oppression). But activism indicates moral anguish in whites, and so it constitutes the witness minorities crave. They feel seen, understood. With the invisible hand the special case of their suffering doesn’t count for much, and they go without witness.

So here stands contemporary American conservatism amidst its cultural liabilities and, now, its electoral failures — with no mechanism to redeem America of its shames, atavistically resisted by minorities, and vulnerable to stigmatization as a bigoted and imperialistic political orientation. Today’s liberalism may stand on decades of failed ideas, but it is failure in the name of American redemption. It remains competitive with — even ascendant over — conservatism because it addresses America’s moral accountability to its past with moral activism. This is the left’s great power, and a good part of the reason Barack Obama is now the president of the United States. No matter his failures — or the fruitlessness of his extravagant and scatter-gun governmental activism — he redeems America of an ugly past. How does conservatism compete with this?

The first impulse is to moderate. With « compassionate conservatism » and « affirmative access » and « faith-based initiatives, » President George W. Bush tried to show a redemptive conservatism that could be activist against the legacy of America’s disgraceful past. And it worked electorally by moderating the image of conservatives as uncaring disciplinarians. But in the end it was only a marketer’s ploy — a shrewd advertisement with no actual product to sell.

What drew me to conservatism years ago was the fact that it gave discipline a slightly higher status than virtue. This meant it could not be subverted by passing notions of the good. It could be above moral vanity. And so it made no special promises to me as a minority. It neglected me in every way except as a human being who wanted freedom. Until my encounter with conservatism I had only known the racial determinism of segregation on the one hand and of white liberalism on the other — two varieties of white supremacy in which I could only be dependent and inferior.

The appeal of conservatism is the mutuality it asserts between individual and political freedom, its beautiful idea of a free man in a free society. And it offers minorities the one thing they can never get from liberalism: human rather than racial dignity. I always secretly loved Malcolm X more than Martin Luther King Jr. because Malcolm wanted a fuller human dignity for blacks — one independent of white moral wrestling. In a liberalism that wants to redeem the nation of its past, minorities can only be ciphers in white struggles of conscience.

Liberalism’s glamour follows from its promise of a new American innocence. But the appeal of conservatism is relief from this supercilious idea. Innocence is not possible for America. This nation did what it did. And conservatism’s appeal is that it does not bank on the recovery of lost innocence. It seeks the discipline of ordinary people rather than the virtuousness of extraordinary people. The challenge for conservatives today is simply self-acceptance, and even a little pride in the way we flail away at problems with an invisible hand.

Mr. Steele is a research fellow at Stanford University’s Hoover Institution.


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