Irak/6e: Quand le bourbier n’est plus celui qu’on croyait (Obama’s dilemma: What do you do when the « wrong » war’s won and the « right » war’s unwinnable?)

Obama's Vietnam

Le front central dans la guerre contre le terrorisme n’est pas et n’a jamais été en Irak. Pour cette raison, mettre un terme à cette guerre est décisif si nous voulons en finir avec les terroristes responsables des attentats du 11 septembre, c’est-à-dire al Qaeda et les taliban, présents en Afghanistan et au Pakistan. Barack Obama (CBS, juillet 2008)
Si nous avions quitté l’Irak selon l’agenda du mouvement pacifiste, la situation serait précisément l’inverse: le peuple irakien serait maintenant atrocement martyrisé par les sadiques d’al-Qaeda, trop contents de se vanter en plus d’avoir infligé une défaite sur le champ de bataille aux Etats-Unis. Ce qui n’aurait pas manqué de se faire rapidement savoir en Afghanistan et, nul doute, à d’autres endroits où l’ennemi opère. Christopher Hitchens

Que faire quand la « mauvaise » guerre est gagnée et la « bonne » se révèle ingagnable?

Pachtounes, Ouzbeks, Tajiks, chiites Hazara, montagnes inaccessibles, habitudes anarchiques, culture du pavot, seigneurs de la guerre, guerriers, bandits, « cimetière d’empires » …

En ce 6e anniversaire du lancement de l’Opération qui devait renverser l’un des pires tyrans de la planète et contre laquelle, de la France aux Kerry et autres Obama, le prétendu camp de la paix s’était dressé …

Cruelle ironie de l’histoire …

De voir, comme le rappelle avec brio le spécialiste du Moyen-orient Fouad Ajami, le large succès de la guerre de choix si longtemps présentée comme un inutile bourbier

Et la prétendue guerre de nécessité se profiler, face à une Administration on ne peut plus impréparée par son incompréhension du projet irakien, comme une « entreprise désespérée sur une terre impossible »

Morceaux choisis:

Les détracteurs du projet américain en Irak ne savaient pas grand chose de l’Afghanistan. Ils désespéraient du sectarisme et de la fragmentation ethnique de l’Irak; mais ceux-ci apparaissent dérisoires face aux tribalisme et complications ethniques de l’Afghanistan. Si vous en aviez assez des Kurdes et des Sunnites et des Chiites de l’Irak, bienvenue aux guerres sans fin des Pachtounes, des Uzbeks, des Tadjiks et des Chiites Hazara de l’Afghanistan.

Dans leur mépris pour le projet irakien, les Démocrates et la gauche progressiste avaient insisté sur le fait que l’Irak était un état artificiel monté de toute pièce par décret colonial et que c’était pure perte de vouloir le guérir et le garder intact. Maintenant en Afghanistan, nous sommes dans le monde par excellence du banditisme et du tribalisme, une culture politique qui a détesté et résisté à toute autorité centrale.

Maintenant les Démocrates se retrouvent avec cette guerre afghane sur les bras. Ils doivent l’expliquer et la défendre en pleine période d’introversion de notre vie nationale. Il est difficile de sonner la trompette pendant une crise économique. En un mot, notre pays vit sur les nerfs depuis le 11/9. Il ne voulait pas d’empire islamique, mais il en a eu un. Il lui a été confié ce devoir terrible par le bouleversement dans les terres du monde arabo-Islamique et par la perfidie et l’adresse d’une génération de jihadistes et de leurs commanditaires, qui ont dévié la colère de leurs peuples sur la puissance américaine au loin.

George Bush a répondu à l’appel de l’histoire – comme il a cru bon. Le pays lui a donné sa garantie et son acceptation, puis le lui a retiré dans les dernières années de sa présidence. On peut dire ce qu’on veut au sujet de son appel à la vigilance, mais il avait une vision du monde cohérente. Il a tenu bon quand le monde islamique était vraiment dans la tourmente et en prise aux plus ruineuses tentations. Il a porté la guerre contre le terrorisme au cœur même monde arabe. C’était des Arabes – avec l’argent du pétrole et le prestige qui va avec leur maîtrise de l’arabe, la langue du Coran, face à des Pakistanais et des Afghans influençables – qui avaient fait de l’Afghanistan la menace qu’elle est devenue. Sans argent arabe et doctrines arabes de l’islam politique, les Talibans seraient restés une race de séminaristes réactionnaires, une terreur pour leur propre population mais sans conséquence au-delà. Il apparaissait donc parfaitement raisonnable du point de vue stratégique de porter le combat au cœur arabe de l’Islam. Saddam Hussein avait juste tiré la courte paille.

L’Anbar n’a basculé que lorsque les insurgés sunnites ont été convaincus que les Américains étaient là pour rester et que l’alternative à l’arrangement avec les Américains et le gouvernement de Bagdad était une défaite sunnite garantie et générale. Les Talibans en sont très très loin. Et encore, les hésitations actuelles de Washington ne peuvent que les encourager à attendre, avec l’espoir que les Américains se lassent.

Obama’s Afghan Struggle
Fouad Ajami
The WSJ
March 20, 2009,

We face today the oddest and most unexpected of spectacles: On its sixth anniversary, the Iraq war has been vindicated, while the war in Afghanistan looks like a hopeless undertaking in an impossible land.

This is not what the opponents of the Iraq war had foreseen. After all, Afghanistan was the good war of necessity whereas Iraq was the war of « choice » in the wrong place.

The Afghan struggle was in truth a rod to be held up in the face of the Bush administration’s quest in Iraq. Some months ago, Democratic Party strategist Robert Shrum owned up to this fact. « I was part of the 2004 Kerry campaign which elevated the idea of Afghanistan as the ‘right war’ to conventional Democratic wisdom. This was accurate as criticism, but also reflexive and perhaps by now even misleading as policy. »

The opponents of the American project in Iraq did not know much about Afghanistan. They despaired of Iraq’s sectarianism and ethnic fragmentation, but those pale in comparison with the tribalism and ethnic complications of Afghanistan. If you had your fill with the Kurds and the Sunnis and the Shiites of Iraq, welcome to the warring histories of the Pashtuns, the Uzbeks, the Tajiks, and the Hazara Shiites of Afghanistan.

In their disdain for that Iraq project, the Democrats and the liberal left had insisted that Iraq was an artificial state put together by colonial fiat, and that it was a fool’s errand to try to make it whole and intact. Now in Afghanistan, we are in the quintessential world of banditry and tribalism, a political culture that has abhorred and resisted central authority.

Speak of colonial fiat: It was the Pax Britannica that drew the Durand Line of 1892 across the lands of the Pashtuns and marked out a meaningless border between Afghanistan and Pakistan. It should have taken no great literacy in the theories and the history of « state-building » to foresee the favorable endowments of Iraq and the built-in disadvantages of Afghanistan.

Man battled the elements in Mesopotamia, and the desert and its ways of plunder and raiding pushed against urban life, but the land gave rise to powerful kingdoms: the Assyrians, the Babylonians, the Sumerians, the Abbasids. In more modern times, oil and the central treasury knit the place together, often in terror, but kept it together nonetheless.

Contrast this with Afghanistan’s impassable mountains and anarchic ways, and with the poppy cultivation and its culture of warlords and bandits. A Nouri al-Maliki in Baghdad can dispense of oil largess and draw the provinces toward the capital; a Hamid Karzai in Kabul is what foreign donors and benefactors make of him and enable him to do.

The flattering cliché that Afghanistan is the « graveyard of empires » is a hollow boast. Empires that wandered there did so by default, for there never was anything in Afghanistan — save for geography — that outsiders coveted. It was the primitiveness of the place — the landscape that evoked the imagined early centuries of Islam’s beginnings — and its age-old way of extracting booty from outsiders that had drawn the Arab jihadists, and their financiers and handlers, to Afghanistan.

Now the Democrats own this Afghan struggle. They have to explain and defend it in the midst of a mood of introversion in our national life. It is hard to sound the trumpet at a time of economic distress. Plainly, our country has been living on its nerves since 9/11. It had not willed an Islamic imperium, but it had gotten one. It was bequeathed this terrible duty by the upheaval in the lands of the Arab-Islamic world, and by the guile and cunning of a generation of jihadists and their enablers, who deflected the wrath of their people onto distant American power.

George W. Bush answered history’s call — as he saw fit. The country gave him its warrant and acceptance, and then withdrew it in the latter years of his presidency. Say what you will about his call to vigilance, he had a coherent worldview. He held the line when the world of Islam was truly in the wind and played upon by ruinous temptations. He took the war on terror into the heart of the Arab world. It was Arabs — with oil money, and with the prestige that comes with their mastery of Arabic, the language of the Quran, among impressionable Pakistanis and Afghans — who had made Afghanistan the menace it had become. Without Arab money and Arab doctrines of political Islam, the Taliban would have remained a breed of reactionary seminarians, a terror to their own people but of no concern beyond. It thus made perfect strategic sense to take the fight to the Arab heartland of Islam. Saddam Hussein had drawn the short straw.

President Barack Obama — another « decider » with an expanded view of the presidency’s power — faces a wholly different challenge. It was the economic distress that delivered the state into his stewardship. A cerebral man, he has presented himself as a « realist » in foreign affairs. Not for him is the Bush « heat » about liberty in distant lands.

By the appearance of things, Mr. Obama is undecided about Afghanistan. He has neither embraced this war, nor ditched it. In a perfect world, that AfPak theater (Afghanistan/Pakistan) would hold still as the administration struggles with AIG, the crisis in Detroit, and the selling of the budget. But the world rarely obliges, and sooner or later the administration will have used up the luxury of indecision. It will not be easy for this president to summon this nation to a bigger endeavor in Afghanistan. Set aside his fear that his domestic agenda could be compromised by a bold undertaking far from home. The foreign world simply does not beckon this president.

In fairness to him, his hesitancy in the face of foreign challenges is a fair reflection of the country’s fatigue with causes beyond its borders. He could link Afghanistan with 9/11 and with the wider war on terror, but he put forth the word that the vigilance and zeal of that struggle is best forgotten. By his admonition, we are not to speak of the global war on terror. The world is full of reconcilables and deal-makers, bazaaris one and all in Damascus and Tehran and Palestine. In the Obama worldview, it is now time for diplomatic accommodations.

The president is on the horns of a dilemma of his own making. In his determination to be the « un-Bush, » he has declared his intention to repair what some have called « Brand America » and to pursue a nonideological foreign policy of multilateralism and moderation. His aloofness from what played out in Iraq is a hindrance to him when it comes to issuing any call to arms in Afghanistan.

He can’t build on the Iraq victory, because he has never really embraced it. The occasional statement that we can win over the reconcilables and the tribes in Afghanistan the way we did in the Anbar is lame and unconvincing. The Anbar turned only when the Sunni insurgents had grown convinced that the Americans were there to stay, and that the alternative to accommodation with the Americans, and with the Baghdad government, is a sure and widespread Sunni defeat. The Taliban are nowhere near this reckoning. If anything, the uncertain mood in Washington counsels patience on their part, with the promise of waiting out the American presence.

Mr. Obama does not have to offer the Iraq campaign post facto vindication. But as he does battle in the same wider theatre of that Greater Middle East, he will have to draw the proper lessons of the Iraq campaign. This Afghan war can’t be waged in stealth, and in silence. Half-measures will not do. This war will have to be explained — or explained away. For it to have any chance, it will have to be claimed and owned up to even in the midst of our economic distress. It’s odd that so articulate a president has not yet found the language with which to describe this war, and the American stakes in it.

Mr. Ajami is professor of Middle East Studies at The Johns Hopkins University, School of Advanced International Studies and an adjunct senior fellow at Stanford University’s Hoover Institution.

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