Livres: La frontière entre islamisme et nazisme est mince (It’s a fine line between Islamism and Nazism)

Croix gammée et croissant
Dieu donne à une nation qui perfectionne l’industrie de la mort et qui sait mourir noblement, une vie fière en ce monde et la grâce éternelle dans la vie future. Hassan Al-Banna (1938)
L’islamisme n’est pas encore le nazisme mais la frontière est mince, il s’en rapproche. Boualem Sansal
« Parti unique, militarisation du pays, lavage de cerveau, falsification de l’histoire, exaltation de la race, vision manichéenne du monde, tendance à la victimisation, affirmation constante de l’existence d’un complot contre la nation (Israël, l’Amérique et la France sont tour à tour sollicités par le pouvoir algérien quand il est aux abois, et parfois, le voisin marocain), xénophobie, racisme et antisémitisme érigés en dogmes, culte du héros et du martyre, glorification du Guide suprême, omniprésence de la police et de ses indics, discours enflammés, organisations de masses disciplinées, grands rassemblements, matraquage religieux, propagande incessante, généralisation d’une langue de bois mortelle pour la pensée, projets pharaoniques qui exaltent le sentiment de puissance (ex: la 3ème plus grande mosquée du monde que Bouteflika va construire à Alger alors que le pays compte déjà plus de minarets que d’écoles), agression verbale contre les autres pays à propos de tout et de rien, vieux mythes remis à la mode du jour »….En ces temps où, après le cessez-le-feu et maintenant les milliards de la reconstruction, la pression monte à nouveau sur Israël pour laisser se réinstaller à Gaza les nazislamistes du Hamas et leur version orientale de Mein Kampf et de la solution finale …Retour, avec l’entretien par le Nouvel Obs d’un rare écrivain algérien à ne pas avoir peur d’appeler un chat un chat, sur les affinités historiques du croissant et de la croix gammée, c’est-à-dire entre extrémistes islamiques, militants nationalistes arabes et le nazisme …

Comme en témoigne, après la division SS de volontaires levés en Serbie par le Grand moufti de Jérusalem, l’accueil historique de criminels nazis après-guerre.

Ainsi l’histoire de cet officier SS dont il a tiré son dernier roman (« Le village de l’Allemand ») et qui, via les services secrets de Nasser était venu, après sa conversion à l’islam, prêter main-forte au FLN comme expert auprès de l’état-major de l’ALN, enseignant après l’indépendance dans une prestigieuse académie militaire.

Comme, sur fond d’irakisation, le négationnisme ambiant en Algérie ou l’islamisation de certaines cités de banlieue en France même …

Morceaux choisis:

En avançant dans mes recherches sur l’Allemagne nazie et la Shoah, j’avais de plus en plus le sentiment d’une similitude entre le nazisme et l’ordre qui prévaut en Algérie et dans beaucoup de pays musulmans et arabes. On retrouve les mêmes ingrédients et on sait combien ils sont puissants.

De Ben Bella à Bouteflika, c’est le même discours de haine, enseigné dans nos écoles et nos mosquées, relayé et amplifié par la télévision et les officines de la propagande.

Nous vivons sous un régime national-islamiste et dans un environnement marqué par le terrorisme, nous voyons bien que la frontière entre islamisme et nazisme est mince.

Comme elle le fut dans les premières années de son indépendance, une terre d’expérimentation où tous les vendeurs d’utopies dans le monde venaient proposer leurs recettes-miracles, l’Algérie sera, comme l’Irak, un terrain où viendront s’affronter toutes les factions et toutes les mafias du monde. El-Qaïda l’a bien compris, elle y a installé une succursale. Hier, c’était les Frères Musulmans, puis les Afghans, aujourd’hui, c’est la nébuleuse El-Qaïda et demain, on rebattra les cartes et de nouveaux acteurs apparaîtront. Le système corrompu et nauséabond du FLN est ainsi, il attire les mouches.

La lutte contre l’islamisme, matrice du terrorisme, réclame un engagement des musulmans et de leurs théologiens. Il leur revient de sauver leur religion et de la réconcilier avec la modernité, faute de quoi l’islam finira par n’être plus que l’islamisme. Mais le danger dans les pays arabes et musulmans est tel qu’aucun théologien n’ose entreprendre ce nécessaire travail d’ijtihad. Et les intellectuels qui s’y emploient avec talent dans les démocraties occidentales (Soheib Bencheikh, Malek Chebel, Mohamed Arkoun, Abdelwahab Meddeb…) ne sont guère entendus dans nos pays. Mon humble avis est que l’islam a déjà trop pâti de l’islamisme et du nationalisme arabo-musulman, je ne vois pas comment il pourrait reprendre le chemin des Lumières qui jadis fut le sien.

Dans nos pays, les cités populaires abandonnées par l’Etat à la misère, au banditisme et à l’islamisme sont déjà des camps de concentration. Certaines banlieues françaises sont de la même manière sous la coupe des gangs mafieux et islamistes, en connexion avec les gangs d’Algérie et les réseaux salafistes d’El-Qaïda dans le monde.

Le 11 septembre a été pour nous tous un choc terrible. Ce jour, nous avons commencé à comprendre que l’islamisme était dans une démarche autrement plus radicale que celle que nous lui attribuions: lutter contre les tyrans en terres d’islam et instaurer la charia. Sa véritable démarche est l’extermination de l’autre, le croisé, le Juif, l’athée, le musulman laïc, la femme libre, le démocrate, l’homosexuel, etc (la liste ne cesse de s’allonger). Il n’est limité dans son projet que par l’absence entre ses mains d’armes de destruction massive. Devant une telle folie, la mobilisation a été bien timorée. Pire, ici et là, on a composé avec lui, on lui a fait des concessions (voile islamique, gestion des mosquées, éducation, prêches à la télé, fermeture des écoles enseignant en français…), on lui a abandonné des zones entières (des villes et des banlieues) et très peu aujourd’hui osent aborder frontalement la question de l’islamisme, encore moins celle de l’islam, otage de l’islamisme.

L’Algérie est un beau et grand pays, il vient de loin, il a une longue et passionnante histoire, ayant fricoté de près avec tous les peuples de la Méditerranée, il n’est pas né avec le FLN, il n’a rien à voir avec sa culture, ses camps, ses apparatchiks et ses kapos, un jour il reprendra sa route sous le soleil et sa terre reverdira. J’aimerais être là pour le voir.

Boualem Sansal: « La frontière entre islamisme et nazisme est mince »
Grégoire Leménager
Bibliobs
le 09.01.2008

Alors qu’il publie «le Village de l’Allemand» [1], le grand romancier algérien s’explique ici sur les liens entre hitlérisme et islamisme, la politique de Bouteflika et les choix diplomatiques de Sarkozy. Ce qu’il dit est terrible

En exergue, un mot du narrateur annonce la couleur du livre. Noire, très noire: «il y a des parallèles dangereux qui pourraient me valoir des ennuis». Ce n’est pas une coquetterie. Il n’y en a jamais chez Boualem Sansal. Dans son cinquième roman, deux frères d’origine algérienne tiennent leur journal. Ils vivent en France, banlieue parisienne, et apprennent avec horreur la destinée de leur père: Hans Schiller, héros du FLN, était officier SS; il vient de finir ses jours au bled, égorgé par le GIA.

Pour son fils aîné, l’histoire des camps d’extermination se découvre dans son insupportable singularité, et s’inscrit dans sa chair, jusqu’à la folie. Pour le cadet, directement confronté à la «talibanisation» de sa cité, l’équation entre nazisme et islamisme s’impose avec cette certitude: «l’imam de la tour 17, il faut lui couper le sifflet». Entre leurs deux voix alternées, Sansal fraie la sienne, subtile mais ferme, qui dans une intrigue serrée noue sans faiblir les questions les plus brûlantes: banlieues, Algérie, nazisme, fanatisme… Servi par tant de talent, son courage force l’admiration. «Le Village de l’Allemand» est un coup de poing dans le gras de nos plus rassurantes illusions: la fin de l’histoire n’a pas eu lieu.

G.L.

Le Nouvel Observateur – Ce qui donne son titre au roman, c’est la destinée d’un criminel de guerre nazi, ancien SS qui a trouvé refuge en Algérie, où il est devenu un héros de la guerre d’indépendance en formant des combattants du FLN… S’agit-il d’une histoire vraie? Comment est né ce roman?

Boualem Sansal. – «Le village de l’Allemand» est né d’une histoire vraie et d’un déluge de questions. Un jour, au début des années 1980, alors que j’étais en déplacement professionnel à l’intérieur du pays (dans la région de Sétif), je me suis arrêté dans un village (Aïn Deb, dans le roman), attiré par son «look» exotique. Il ne faisait pas couleur locale, il avait un petit air d’ailleurs. J’y ai pris un café et en arrivant à destination, j’ai questionné les personnes qui m’attendaient. J’avais à peine fini de dire «En venant chez vous, je suis tombé sur un drôle de village qui m’a fait penser au village d’Astérix le Gaulois…» qu’on s’exclama fièrement: «Ah! le village de l’Allemand». On m’expliqua que ce village était «gouverné» par un Allemand, ancien officier SS, ancien moudjahid, naturalisé algérien et converti à l’islam. Dans la région, on le regardait comme un héros, un saint homme qui avait beaucoup fait pour le village et ses habitants. J’ai senti chez mes interlocuteurs une réelle admiration à l’évocation de son passé nazi, ce qui n’était pas pour me surprendre: la geste hitlérienne a toujours eu ses sympathisants en Algérie, comme d’ailleurs dans beaucoup de pays arabes et musulmans, et sans doute plus aujourd’hui en raison du conflit israélo-palestinien et de la guerre d’Irak. Avec quelque emphase pour bien m’éblouir, on m’expliqua que cet Allemand avait été envoyé par Nasser comme expert auprès de l’état-major de l’ALN et qu’après l’indépendance il avait enseigné dans la prestigieuse académie militaire de Cherchell. C’était en effet quelqu’un. J’avais voulu retourner au village et voir cet homme de près mais le temps m’avait manqué.

Depuis, j’ai souvent pensé à cette histoire. Je lui trouvais beaucoup d’aspects intéressants: le côté aventureux et romantique de cet Européen venu se battre pour l’indépendance de l’Algérie, sa retraite dans un village du bout du monde, sa conversion à l’islam, l’ascendant sympathique qu’il a pris sur ses habitants. Il y avait aussi le côté noir, celui de l’officier SS ayant servi dans les camps d’extermination.

N.O. – Comment cet aspect-là pouvait-il être occulté?

B. Sansal. – En y pensant, je me suis avisé de quelque chose que je savais mais sans lui avoir jamais accordé plus d’importance que cela: la Shoah était totalement passée sous silence en Algérie, sinon présentée comme une sordide invention des Juifs. Ce constat m’avait choqué. Le fait est que jamais, à ce jour, la télévision algérienne n’a passé de film ou de documentaire sur le sujet, jamais un responsable n’en a soufflé mot, jamais, à ma connaissance, un intellectuel n’a écrit sur le thème. C’est d’autant plus incompréhensible que nous avons fait de notre drame durant la guerre d’Algérie, l’alpha et l’oméga de la conscience nationale. Je pense qu’à ce titre nous aurions également dû nous intéresser aux drames qui ont frappé les autres peuples, partout dans le monde. Il me semble qu’on ne peut avoir pleine conscience de sa tragédie et s’en trouver plus fort que si on considère aussi celles des autres. Quelle autre façon avons-nous de situer son histoire dans l’histoire humaine une et indivisible? Ne pas le faire, c’est quelque part mépriser sa propre histoire, c’est privatiser quelque chose qui appartient à l’humanité, pour en faire, par glissement naturel ou par calcul, au mieux une épopée que chacun peut agrémenter selon ses besoins, au pire un manuel de lavage de cerveau. En Algérie, au demeurant, on a réussi à faire les deux: une merveilleuse épopée en mouvement perpétuel et un abominable manuel de décérébration massive. Je me demande comment nous pourrions un jour sortir de ce double sortilège.

N.O. – Pour reprendre le titre d’un livre paru en 1990, votre roman propose en somme une nouvelle vision, extrêmement sombre, des rapports entre «le croissant et la croix gammée» (1). D’autant qu’à l’arrière-plan se profile le rôle des services secrets égyptiens de Nasser… Ce passé-là en tout cas, volontiers méconnu – sinon occulté, nous entraîne très loin des visions manichéennes de la décolonisation qui ont souvent cours. N’est-ce pas une nouvelle façon pour vous de déconstruire l’histoire de la libération nationale en Algérie (dont vous avez déjà dénoncé les mythes, notamment dans «Poste restante: Alger» [2])?

Boualem Sansal. – Quand j’ai décidé de faire de l’histoire de cet Allemand la trame d’un roman, je me suis retrouvé avec beaucoup de questions sans réponses. Je n’ai hélas pas pu me rendre dans ce village pour mener enquête. Tant de choses ont changé en Algérie depuis le début des années 1980 qu’il m’est vite apparu inutile de m’y rendre. Durant la «décennie noire», tout déplacement était suicidaire, le pays était sous contrôle des GIA. Et plus tard, alors que la sécurité sur les routes s’était améliorée, j’y ai renoncé, je me suis dit que le village était au mieux sous la coupe d’un notable issu de l’Alliance présidentielle, donc livré à la gabegie et à la corruption, au pire sous la férule d’un émir «résiduel» du GIA et que toute trace de cet Allemand avait dû être effacée. J’ai recueilli quelques dires ici et là, et puisé dans les livres pour reconstituer la possible trajectoire de cet homme, et d’une manière générale de ces criminels de guerre nazis qui se sont réfugiés dans les pays arabes.

[3] En avançant dans mes recherches sur l’Allemagne nazie et la Shoah, j’avais de plus en plus le sentiment d’une similitude entre le nazisme et l’ordre qui prévaut en Algérie et dans beaucoup de pays musulmans et arabes. On retrouve les mêmes ingrédients et on sait combien ils sont puissants. En Allemagne ils ont réussi à faire d’un peuple cultivé une secte bornée au service de l’Extermination; en Algérie, ils ont conduit à une guerre civile qui a atteint les sommets de l’horreur, et encore nous ne savons pas tout. Les ingrédients sont les mêmes ici et là: parti unique, militarisation du pays, lavage de cerveau, falsification de l’histoire, exaltation de la race, vision manichéenne du monde, tendance à la victimisation, affirmation constante de l’existence d’un complot contre la nation (Israël, l’Amérique et la France sont tour à tour sollicités par le pouvoir algérien quand il est aux abois, et parfois, le voisin marocain), xénophobie, racisme et antisémitisme érigés en dogmes, culte du héros et du martyre, glorification du Guide suprême, omniprésence de la police et de ses indics, discours enflammés, organisations de masses disciplinées, grands rassemblements, matraquage religieux, propagande incessante, généralisation d’une langue de bois mortelle pour la pensée, projets pharaoniques qui exaltent le sentiment de puissance (ex: la 3ème plus grande mosquée du monde que Bouteflika va construire à Alger alors que le pays compte déjà plus de minarets que d’écoles), agression verbale contre les autres pays à propos de tout et de rien, vieux mythes remis à la mode du jour…. Fortes de cela, les dictatures des pays arabes et musulmans se tiennent bien et ne font que forcir. Plus que mille discours, cinq petits jours de Kadhafi à Paris ont suffi pour édifier les Français sur la nature de nos raïs. Ah, quelle morgue, ce Kadhafi! Maintenant, ils peuvent comprendre ce que nous subissons tous les jours qu’Allah nous donne à vivre sous leurs bottes.

N.O. – Mais ce que raconte votre roman, c’est surtout la découverte du nazisme lui-même, aujourd’hui, par les deux fils de l’Allemand devenu Algérien. Pour eux, qui vivent dans une cité de la banlieue parisienne, cette découverte est un traumatisme. La question de la transmission de cet insupportable héritage est ainsi au cœur du livre – notamment à travers le texte de Primo Levi qui s’y trouve cité. Est-ce une question qui vous hante directement? S’agit-il de lutter contre une forme de négationnisme ambiant?

Boualem Sansal. – Je me pose souvent la question: comment réagiront nos jeunes le jour où ils ouvriront les yeux et que tomberont les certitudes débilitantes qui ont été leur pain, leur lait et leur miel quotidiens depuis la prime enfance. On imagine le chaos. Ils devront repenser tout ce qui leur a été inculqué: religion, identité, histoire, société, Etat, monde. Je me dis avec tristesse qu’ils ne pourront pas mener ce travail de reconstruction et que probablement ils ne trouveront personne pour les aider. Les vieux auront aussi à se refaire. C’est parce que leurs yeux se sont quelque peu décillés au début des années 1980 sur l’impasse dans laquelle le FLN avait mis le pays, que les jeunes Algériens ont massivement rejoint le FIS et les groupes armés. Ils avaient besoin d’autres certitudes, c’était urgent. Vers quoi iront-ils maintenant qu’ils ont compris que l’islamisme ne payait que par la mort et que la voie de l’émigration leur était fermée? J’ai voulu m’engager dans cette problématique, le choc de la vérité, et j’ai choisi de le faire d’une manière à la fois positive, façon de ne pas insulter l’avenir et croire que nos jeunes sauront trouver une issue (comme Malrich, l’enfant des banlieues) et dramatique comme pour Rachel que la révélation de ce que fut le passé de son père a mené au suicide. Je ne sais pas si l’Allemand de Aïn Deb avait des enfants. Je lui en ai donné deux, Rachel et Malrich, et je les ai brutalement mis devant le passé de leur père. Ils ne sont pas réels mais je m’en suis voulu pour la douleur que je leur ai infligé.

Devant ces révélations, se pose la terrible question: sommes-nous comptables des crimes commis par nos parents, d’une manière générale par le peuple auquel nous appartenons? Oui, cette question me hante et je n’ai pas de réponse. Je me dis que nous ne sommes responsables de rien mais en tant qu’héritiers, le problème nous échoit, nous n’y pouvons rien. Je me dis que nous n’avons à faire ni repentance ni excuse mais en tant qu’héritiers le problème nous échoit. Il n’y a pas de réponse mais il y a peut-être une solution: que les enfants des victimes et ceux des coupables se rencontrent et se parlent, autour d’une histoire qu’ils écriront eux-mêmes. Ensemble, de cette façon, ils éviteront peut-être le manichéisme que naturellement les acteurs de la tragédie portent en eux. N’est-ce pas d’ailleurs ce que nous faisons depuis que le monde est monde?

N.O. – Votre Ministre des Anciens combattants a récemment déclaré que Nicolas Sarkozy devait son élection, en France, à l’appui d’un «lobby juif». Faut-il y voir une sorte de résurgence – ou de symptôme – du passé qu’évoque votre roman? Et que pensez-vous de la façon dont Sarkozy a réagi à cette provocation? De son attitude, en général, vis-à-vis des dirigeants algériens et sur les relations franco-algérienne?

Boualem Sansal. – N’était la réaction française qui a éveillé notre attention, les propos scandaleusement antisémites d’un de nos ministres, comme ceux du chef du gouvernement contre Enrico Macias, seraient passés inaperçus chez nous. Il faut le savoir, nos oreilles sont saturées, nous n’écoutons jamais les insanités de nos sinistres gouvernants. De Ben Bella à Bouteflika, c’est le même discours de haine, enseigné dans nos écoles et nos mosquées, relayé et amplifié par la télévision et les officines de la propagande.

Je trouve que Sarkozy a été pusillanime, il aurait dû différer sa venue, et demander officiellement à Bouteflika de désavouer publiquement son ministre. Il aurait dû maintenir Macias dans sa délégation. Sarko et sa délégation étaient les invités de l’Algérie, pas seulement de M. Bouteflika.

Sarko et Boutef qui se donnaient allègrement du «Mon ami Abdelaziz» par-ci, «Mon ami Nicolas» par-là, n’ont pas été au bout de leur soudaine amitié. Pour nous, la chose est sacrée: L’ami de mon ami est mon ami. En foi de quoi, Macias, l’ami de Sarko, aurait dû, obligatoirement, trouver sa place dans le cœur de Boutef. Je ne me souviens pas, soit dit en passant, que celui-ci ait été mis devant pareil et inutile affront lorsqu’il est allé en France, à l’invitation de Chirac. Au contraire, il eu droit au grand jeu, Parlement, Champs-Élysées, petits fours et tutti quanti. En se dérobant, Sarko lui a donné quitus de son insulte (car nul ne doute qu’il ne soit derrière les déclarations de son ministre), il l’a même encouragé à récidiver et pour nous qui espérions voir les relations algéro-françaises enfin se tourner vers l’avenir et nous apporter un peu d’air et de progrès, c’est décevant.

N.O. – Ce qui frappe de plein fouet à la lecture, ce qui est très violent dans votre roman, c’est évidemment le jeu de miroir entre le nazisme d’hier et l’islamisme d’aujourd’hui. Le journal de Rachel insiste sur la spécificité de l’Extermination. Mais son frère Malrich, qui perçoit l’imam de sa cité comme un SS, va jusqu’à écrire: «quand je vois ce que les islamistes font chez nous et ailleurs, je me dis qu’ils dépasseront les nazis si un jour ils ont le pouvoir». Dans quelle mesure partagez-vous ce point de vue?

Boualem Sansal. – Nous vivons sous un régime national-islamiste et dans un environnement marqué par le terrorisme, nous voyons bien que la frontière entre islamisme et nazisme est mince. L’Algérie est perçue par ses enfants eux-mêmes comme une «prison à ciel ouvert», disent les uns, et comme «un camp de concentration», disent les autres qui meurent à petit feu dans les cités. On ne se sent pas seulement prisonniers de murs et de frontières étanches, mais d’un ordre ténébreux et violent qui ne laisse pas même place au rêve. Nos jeunes ne pensent qu’à se jeter à la mer pour rejoindre des terres clémentes. Ils ont un slogan qu’ils répètent à longueur de journée en regardant la mer: «Mourir ailleurs plutôt que vivre ici». Les Harragas (les brûleurs de routes) avant d’être des émigrés clandestins sont des prisonniers évadés. Ils devraient être accueillis en tant que tels et non comme des hors-la-loi que l’on punit de la manière la plus cruelle: en les renvoyant au pays.

N.O. – En ce qui concerne la menace islamiste, plusieurs événements récents donnent hélas raison à l’inquiétude et à la noirceur qui imprègnent votre roman: les attentats qui viennent de se produire à Alger, par exemple. Des voix s’élèvent pour mettre en cause la responsabilité de la politique de «Réconciliation nationale» menée par le président Bouteflika. Est-ce aussi votre avis? Entre l’épisode sanglant des villageois égorgés par le GIA en 1994 – que l’on trouve dans votre livre – et ces attentats-suicides orchestrés par Al-Qaïda, quelle évolution voyez-vous se dessiner?

Boualem Sansal. – La «Charte pour la Réconciliation nationale» de M. Bouteflika n’est pas un moyen de rétablir la paix et ce qui va avec, la justice, la vérité, la démocratie, la culture, la prospérité. Elle est un anneau de plus à la chaîne totalitaire que le régime du FLN a déroulée sur le pays depuis l’indépendance. Elle ne dit rien d’autre que cela: «Réconciliez-vous autour de moi, Bouteflika, que les islamistes cultivent leur champ et que les démocrates et les laïcs cultivent le leur, l’Algérie est riche pour tous». Nous avions une Algérie qui se battait pour la liberté, nous voilà avec deux Algérie séparées par un fossé plein de sang et d’amertume. En vérité, la Réconciliation avait un autre objectif: couvrir les chefs de l’Armée et des Services secrets coupables de crimes massifs durant la «décennie noire», redorer le blason du régime, apporter une pièce maîtresse au dossier de M. Bouteflika qui rêve d’être couronné Nobel de la Paix.

Le Dr. Saïd Saadi, chef du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) a récemment déclaré que l’Algérie était en voie d’«irakisation». Je partage ce point de vue. Tant que le régime sera là, le désordre ira croissant. Comme elle le fut dans les premières années de son indépendance, une terre d’expérimentation où tous les vendeurs d’utopies dans le monde venaient proposer leurs recettes-miracles, l’Algérie sera, comme l’Irak, un terrain où viendront s’affronter toutes les factions et toutes les mafias du monde. El-Qaïda l’a bien compris, elle y a installé une succursale. Hier, c’était les Frères Musulmans, puis les Afghans, aujourd’hui, c’est la nébuleuse El-Qaïda et demain, on rebattra les cartes et de nouveaux acteurs apparaîtront. Le système corrompu et nauséabond du FLN est ainsi, il attire les mouches. Le barrage à cela est une démocratie insérée dans l’ensemble maghrébin et l’Union méditerranéenne.

N.O. – Comment lutter contre cette menace terroriste? Votre livre pose à de nombreuses reprises la question, mais n’apporte guère de réponse… Quel rôle peuvent jouer les démocraties occidentales? La façon dont Sarkozy vient de recevoir Kadhafi est-elle, comme il le dit, une voie possible pour encourager la démocratie face à l’islamisme?

Boualem Sansal. – Avec des régimes comme ceux de Bouteflika et Kadhafi, les démocraties occidentales ne peuvent pas grand-chose. Tout ce qu’elles diront et feront sera retourné contres elles et contre nous. Nos leaders sont de redoutables tennismen. Ils connaissent tous les coups pour détruire les balles en vol. Comme d’habitude, ils se dresseront sur leurs ergots et crieront : ingérence, colonialisme, néocolonialisme, impérialisme, atteinte à nos valeurs islamiques, lobby juif, etc!

La menace terroriste ne les gêne pas plus que ça. En tout cas, ils veulent la gérer selon leurs vues et besoins tactiques, loin du regard étranger. «Le terrorisme reste à définir», disait Kadhafi en Espagne. Bouteflika avait dit une chose similaire. La menace terroriste est pour eux pain béni, elle leur permet de maintenir la société sous étroite surveillance et ridiculiser ses prétentions démocratiques, toujours présentées comme susurrées par l’Occident dans le but d’affaiblir nos valeurs nationales.

La méthode Sarkozy est peut-être une voie. En recevant les dictateurs, en travaillant avec eux, on les légitime, certes, mais peu à peu on les déshabille, on les montre sous leur vrai jour, on les implique dans des projets communs. Ne se sentant plus menacés par les discours de l’Occident sur les droits de l’homme, ils pourraient avancer sur la voie de la normalité (je le dis sans trop y croire). La méthode implique que dans nos pays, la société civile et les partis politiques se mobilisent pour accentuer la pression interne. Quoi qu’il en soit, il est trop tôt pour juger de l’efficacité de la méthode Sarko. J’aurais quand même préféré qu’il reçoive Kadhafi dans la discrétion, ce richissime bandit ne méritait pas tant d’égards.

N. O. – Qui peut agir alors?

Boualem Sansal. – La lutte contre l’islamisme, matrice du terrorisme, réclame un engagement des musulmans et de leurs théologiens. Il leur revient de sauver leur religion et de la réconcilier avec la modernité, faute de quoi l’islam finira par n’être plus que l’islamisme. Mais le danger dans les pays arabes et musulmans est tel qu’aucun théologien n’ose entreprendre ce nécessaire travail d’ijtihad. Et les intellectuels qui s’y emploient avec talent dans les démocraties occidentales (Soheib Bencheikh, Malek Chebel, Mohamed Arkoun, Abdelwahab Meddeb…) ne sont guère entendus dans nos pays. Mon humble avis est que l’islam a déjà trop pâti de l’islamisme et du nationalisme arabo-musulman, je ne vois pas comment il pourrait reprendre le chemin des Lumières qui jadis fut le sien.

N. O. – L’islamisation de certaines cités de banlieue, en France, est également au cœur du livre: non seulement on y «fabrique» des talibans, mais c’est un véritable état (totalitaire) dans l’état (républicain) qui se dessine. Un état avec ses lois et son impôt: «la cité sera bientôt une république islamique parfaitement constituée», prophétise Malrich. Pire, il la compare à un «camp de concentration», dont les habitants, en proie au désœuvrement, seraient sous l’autorité tyrannique de l’imam leurs propres «kapos». Là-encore, ce diagnostic extrêmement radical (du personnage) vous semble-t-il justifié? N’est-il pas quelque peu caricatural? Et si non, sur quels éléments vous fondez-vous?

Boualem Sansal. – Le diagnostic de Malrich n’est pas exagéré. C’est la triste réalité. Dans nos pays, les cités populaires abandonnées par l’Etat à la misère, au banditisme et à l’islamisme sont déjà des camps de concentration. Certaines banlieues françaises sont de la même manière sous la coupe des gangs mafieux et islamistes, en connexion avec les gangs d’Algérie et les réseaux salafistes d’El-Qaïda dans le monde. Le journaliste Mohamed Sifaoui, à travers ses enquêtes sur le terrain et ses documentaires, en a apporté la preuve. Moi-même, au cours de mes déplacements en France, j’ai eu l’occasion de le constater et de l’entendre de la bouche même des habitants de ces cités.

N.O. – Le seul remède indiqué par votre roman, ici encore dans la filiation de Primo Levi, c’est l’usage de la parole, le souci de dire la vérité contre l’oubli, le mensonge, le silence. Pensez-vous que l’écriture peut être une arme politique? Au moment du 11 septembre 2001, vous aviez été l’un des rares et tout premiers intellectuels de culture musulmane à dénoncer le fanatisme. Vous sentez-vous moins seul aujourd’hui.

Boualem Sansal. – Le Verbe est tout. Il peut tuer et ressusciter. Je ne me situe évidemment pas à ce niveau. J’écris pour parler, parler à des gens, des frères, des amis, des passants tranquilles, et même, s’ils le veulent bien, à ceux qui rêvent de détruire l’humanité et la planète.

Ce sont les lecteurs qui font des livres une arme politique. Plus ils sont nombreux et plus ils sont forts, ils peuvent s’associer, crier, brandir le poing et chasser ceux qui nous font du mal avec leur fanatisme, leurs mensonges, leurs rapines, leurs crimes.

Le 11 septembre a été pour nous tous un choc terrible. Ce jour, nous avons commencé à comprendre que l’islamisme était dans une démarche autrement plus radicale que celle que nous lui attribuions: lutter contre les tyrans en terres d’islam et instaurer la charia. Sa véritable démarche est l’extermination de l’autre, le croisé, le Juif, l’athée, le musulman laïc, la femme libre, le démocrate, l’homosexuel, etc (la liste ne cesse de s’allonger). Il n’est limité dans son projet que par l’absence entre ses mains d’armes de destruction massive. Devant une telle folie, la mobilisation a été bien timorée. Pire, ici et là, on a composé avec lui, on lui a fait des concessions (voile islamique, gestion des mosquées, éducation, prêches à la télé, fermeture des écoles enseignant en français…), on lui a abandonné des zones entières (des villes et des banlieues) et très peu aujourd’hui osent aborder frontalement la question de l’islamisme, encore moins celle de l’islam, otage de l’islamisme. En Algérie, en application de la «Réconciliation», ce mot, comme celui de terroriste et beaucoup d’autres, ont tout simplement disparu du vocabulaire des officiels. On parle «d’égarés manipulés par la main de l’étranger». On revient toujours au complot contre la nation algérienne.

N.O. – En exergue, le narrateur principal indique que le livre contient «des parallèles dangereux qui pourraient [lui] valoir des ennuis». Ne craignez-vous pas vous-même d’en avoir? Vous avez dû quitter vos fonctions dans l’administration en 2003. Et votre dernier livre [«Poste restante : Alger» [2]] a été interdit en Algérie en 2006. Pensez-vous que celui-ci sera autorisé? Et pourquoi, au fond, restez-vous en Algérie, là où beaucoup ont préféré l’exil?

Boualem Sansal. – Les censeurs sont légions dans nos pays et ils sont très vigilants. Ils traquent le mot, la virgule, l’attitude. «Poste restante Alger» a été interdit avant même d’arriver en Algérie. «Le Village de l’Allemand» le sera certainement. Comme il touche à plusieurs thèmes sensibles, je m’attends à un déluge de tirs croisés. Je le dis comme ça dans le but de provoquer une réaction inverse: un grand silence méprisant. C’est le mieux qui puisse arriver. Nos censeurs sont toujours très dangereux quand ils s’intéressent à quelqu’un.

Comme beaucoup d’Algériens, les jeunes et les moins jeunes, je suis constamment taraudé par l’envie de «m’évader» du camp. Et toujours, au moment de ramasser mon baluchon et de prendre la clé des champs, je me dis que, après tout il est plus intelligent de détruire le camp, une pièce rapportée, que de fuir le pays. L’Algérie est un beau et grand pays, il vient de loin, il a une longue et passionnante histoire, ayant fricoté de près avec tous les peuples de la Méditerranée, il n’est pas né avec le FLN, il n’a rien à voir avec sa culture, ses camps, ses apparatchiks et ses kapos, un jour il reprendra sa route sous le soleil et sa terre reverdira. J’aimerais être là pour le voir.

Propos recueillis par Grégoire Leménager

«Le Village de l’Allemand ou le journal des frères Schiller», par Boualem Sansal [5], Gallimard, 256 p., 20 euros.

(1) «Le Croissant et la croix gammée, ou les secrets de l’alliance de l’Islam et le nazisme d’Hitler à nos jours» [6], par Roger Faligot et Rémi Kauffer, Albin Michel, 1990.

Links:
[1] http://bibliobs.nouvelobs.com/le-village-de-lallemand
[2] http://bibliobs.nouvelobs.com/2006/06/15/sansal-censure
[3] http://bibliobs.nouvelobs.com/20080110/2521/en-video-boualem-sansal-lislamisme-se-rapproche-du-nazisme
[4] http://bibliobs.nouvelobs.com/1999/09/02/boualem-sansal-yasmina-khadra-slimane-benaissa-les-enfants-de-lamertume
[5] http://bibliobs.nouvelobs.com/boualem-sansal
[6] http://www.roger-faligot.com/livres/croissant_et_croix_gammee.html
[7] http://bibliobs.nouvelobs.com/2005/08/25/faut-il-partir
[8] http://bibliobs.nouvelobs.com/critiques_obs

Voir aussi:

Islamisme et Nazisme, une explication
Matthias Küntzel
Novembre 2003
.
Contrairement à une croyance répandue, le mouvement politico-religieux islamiste n’est pas né pendant les années 60 mais pendant les années 30.

Le succès de ce mouvement n’a pas été inspiré par l’échec de Nassérisme, mais par la montée du Nazisme.

Jusqu’à 1951, toutes les campagnes visant à mobiliser le peuple n’étaient pas dirigées contre des puissances coloniales, mais contre les Juifs.

C’est l’organisation des « Frères musulmans », fondée en 1928 [par le grand-père de Tariq Ramadan NDLR], qui a établi l’Islamisme comme un mouvement de masse. La signification de cette organisation pour l’Islamisme est comparable à celle du Parti bolchevique pour le communisme au 20ème siècle : jusqu’à présent, il est l’élément de référence en termes d’idéologie et représente le noyau dur de l’organisation, qui a inspiré de manière décisive toutes les tendances d’islamistes suivantes, y compris Al-Qaida, et qui les inspire encore à ce jour.

Il est vrai que la politique coloniale britannique a produit l’Islamisme en tant que mouvement de résistance contre la modernité culturelle et déclenché l’appel pour un nouvel ordre basé sur la Charia. Mais la confrérie n’a pas conduit sa guerre sainte principalement contre les Anglais ; elle ne l’a pas non plus conduite contre les Français ou contre l’élite égyptienne qui avait collaboré avec les Anglais. Au lieu de cela, le mouvement islamiste de la confrérie s’est focalisé presque exclusivement sur le Sionisme et les Juifs. En 1936, elle comptait seulement huit cent membres mais en 1938, le nombre de ses membres atteignit le chiffre stupéfiant de deux cent mille. Entre ces deux dates, une seule grande la campagne avait eu lieu en Égypte. Ses cibles étaient exclusivement le Sionisme et les Juifs…

Cette campagne fut déclenchée par une rébellion en Palestine, lancée dans les villes égyptiennes par le célèbre mufti de Jérusalem, Amin El-Husseini [oncle d’Arafat NDLR], aux cris de : « À bas les Juifs ! », « Les Juifs hors d’Égypte et de Palestine ! ».

Leurs tracts réclamaient le boycott des marchandises juives et des magasins juifs. Le journal Al-Nadhir commença alors à publier une colonne régulière appelée « Le danger des Juifs d’Égypte ». Il publiait les noms et les adresses des hommes d’affaires juifs et d’éditeurs de journaux prétendument juifs partout dans le monde, attribuant tous les maux, depuis le communisme jusqu’aux aux bordels, au « danger juif ». Beaucoup de modèles d’action aussi bien que des slogans avait été empruntés à l’Allemagne nazie. En outre, la confrérie fit appel à ses sympathisants afin de se mobiliser partout en Égypte en faveur de la « guerre de défense pour la mosquée Al-Aqsa ». Cet appel était inhabituel et complètement nouveau dans le monde musulman à ce moment-là.

Pour les Musulmans, la confrérie a été la première organisation à lancer l’idée d’un Islamisme guerrier et conquérant et à prendre le désir ardent de mourir pour modèle islamique des temps modernes. Dès 1938, Hassan Al-Banna, le fondateur charismatique de la confrérie, [et grand-père de Tariq Ramadan NDLR], présente son idée de « Jihad » au public par la publication d’un article intitulé « L’industrie de la mort ». Ce titre, cependant, ne se rapportait pas à l’horreur de la mort mais à la mort en tant qu’idéal, ardemment désirée. Hassan Al-Banna écrivait : « Dieu donne à une nation qui perfectionne l’industrie de la mort et qui sait mourir noblement, une vie fière en ce monde et la grâce éternelle dans la vie future ».

Ce slogan rencontra l’enthousiasme parmi les « Troupes de Dieu » comme la confrérie se nommait elle-même. À chaque fois que leurs bataillons descendaient les boulevards du Caire, en formation quasi-fasciste, ils entonnaient une chanson : « Nous ne craignons pas la mort, nous la désirons… Mourons dans la rédemption pour les Musulmans ». Cette idée de « Jihad » n’a pas été formulée dans les temps modernes jusque dans les années 30 ; elle a été entremêlée de pulsions antisémites dès le début.

L’antisémitisme de la confrérie était donc non seulement influencé par des idéologies européennes, mais également par des racines islamiques. Premièrement, les Islamistes considérèrent, et considèrent toujours, la Palestine comme étant un territoire islamique (Dar Al-Islam), où les Juifs ne pourront jamais contrôler un simple village et encore moins un Etat. Deuxièmement, cette nouvelle ligne de front entre les Musulmans et les Juifs évoque de vieux souvenirs de l’histoire des débuts de l’Islam. Par exemple, les Islamistes essaient de légitimer leur aspiration à tuer ou chasser les Juifs de la Palestine en se référant à l’exemple de Mohamed, dont la Légende dit qu’il réussit non seulement à expulser deux tribus juives de la Médina pendant le 7ème siècle, mais a tué la population masculine de la troisième tribu toute entière, et vendu toutes les femmes et les enfants comme esclaves.

Troisièmement, c’est exactement cette hostilité qui a apparemment conforté à leurs yeux la justesse du Coran, selon lequel les Juifs doivent être considérés comme le pire ennemi des croyants.

Ce ne fut toutefois que le 8 mai 1945, que le rapprochement entre l’idéologie des frères musulmans et les Nazis atteignit un sommet. Ceci devint évident dès novembre 1945. Pendant ce même mois, les Frères musulmans commirent le plus sanglant des pogroms anti-juifs dans l’histoire de l’Égypte : l’épicentre de l’antisémitisme avait commencé à se décaler de l’Allemagne vers le monde arabe. Les manifestants pénétrèrent dans les quartiers juifs du Caire lors de l’anniversaire de la déclaration Balfour. Ils pillèrent les maisons et les magasins, attaquèrent les non-Musulmans, dévastèrent les synagogues et y mirent le feu. Six personnes furent tuées, et environ une centaine furent blessées. Quelques semaines plus tard, les journaux islamistes appelèrent à une attaque frontale contre les Juifs égyptiens, les décrivant comme sionistes, communistes, capitalistes et suceurs de sang, comme souteneurs et fauteurs de guerre ou, en général, comme autant d’éléments subversifs dans tous les Etats et Sociétés, ainsi que Gudrun Krämer l’a mentionné dans son étude au sujet des Juifs d’Égypte entre 1914 et 1952.

Un an après, la confrérie s’assura que l’ami de Heinrich Himmler, Amin El-Husseini [l’oncle d’Arafat NDLR], qui était recherché comme criminel de guerre, soit été exilé et qu’un nouveau domaine d’activité politique lui soit accordé en Égypte. En sa qualité de mufti de Jérusalem et chef du Mouvement National palestinien, cette personne détestable était non seulement l’un des alliés les plus proches de la confrérie musulmane depuis le début des années 30, mais aussi le plus ardent défenseur et perpétrateur de l’annihilation des juifs européens dans le monde arabe. L’amnistie accordée à cette autorité islamique fut le symbole qui justifia ses actions pour une grande partie du monde arabe. Dès lors, les criminels nazis recherchés par la suite en Europe se déversèrent en masse dans le monde arabe.

D’innombrables versions des infâmes « Protocoles des Sages de Sion », faux antisémite notoire, furent publiés au cours des décennies suivantes par deux anciens membres bien connus de la confrérie musulmane : Gamal Abdel Nasser et Anouar El-Sadate. La solidarité inconditionnelle des frères musulmans avec le mufti et les émeutes antisémites contre des Juifs, quelques mois seulement après Auschwitz, montrent clairement que la confrérie niait, ou justifiait l’extermination des juifs européens par Hitler.

Les conséquences de cette attitude sont importantes et caractérisent le conflit Israélo-arabe jusqu’à ce jour. Comment les Islamistes expliquent-ils l’appui international en faveur d’Israel en 1947 ? Aussi longtemps qu’ils nient le destin des juifs pendant la deuxième guerre mondiale, ils doivent revenir à des théories de conspiration antisémites. Ils voient ainsi la création de l’Etat juif comme une attaque des États-Unis et l’Union soviétique contre le monde arabe, initiée par la malveillance des Juifs. En conséquence, la confrérie a interprété la décision des Nations Unies en 1947, au sujet de la partition de la Palestine, comme un complot international fomenté par les Américains, les Russes et les Anglais, sous l’influence du Sionisme. Cette interprétation peut sembler incroyable mais elle existe néanmoins réellement : peu de temps après la libération d’Auschwitz, les Islamistes tentèrent de stigmatiser des Juifs comme la véritable puissance dominant le monde. Cette folle notion d’une conspiration juive mondiale, abandonnée en Allemagne depuis le 8 mai 1945, a non seulement survécu mais fit l’objet d’une nouvelle impulsion en 1947 dans un monde arabe où la confrérie musulmane avait réussi à rassembler des millions de partisans entre-temps.

Ce nouvel impact s’inspirant des théories de conspiration nazies devient en particulier évident à la lecture de la charte de la confrérie musulmane palestinienne qu’est le Hamas. Cette charte, adoptée en 1988, représente un des programmes islamistes des plus importants à l’heure actuelle, dépassant de loin le conflit palestinien. Le Hamas s’y définit comme étant un « mouvement universel » dont la guerre doit être soutenue par Musulmans partout dans le monde. Leur ennemi est non seulement le Sionisme en Israël, mais dans le monde soit, comme les Nazis l’ont appelé la « Weltjudentum » [Juiverie mondiale NDLR]. Selon sa charte, le Hamas est le fer de lance et l’avant-garde dans la lutte contre Sionisme mondial.

On a l’impression que ses auteurs l’ont écrite en s’appuyant sur un exemplaire des « Protocoles des Sages de Sion », pour qui tous les maux de ce monde sont attribuables au Sionisme. Aux dires de cette charte, les Juifs étaient derrière la Révolution française aussi bien que les révolutions communistes. Ils étaient aussi à l’origine de la première guerre mondiale qui avait pour but d’éliminer le Califat islamique… et étaient également derrière la seconde guerre mondiale, à l’occasion de laquelle ils ont rassemblé d’immenses avantages commerciaux en négociant du matériel de guerre et préparé l’établissement de leur Etat. Ils furent les inspirateurs de la création des Nations Unies et du Conseil de Sécurité, afin de régner sur le monde par leur intermédiaire. Aucune guerre n’a éclaté où que ce soit dans le monde sans porter leur marque. Le caractère original de cette charte apparaît finalement dans l’article 32 : le plan des Sionistes a été prévu dans « Protocoles des Sages de Sion », et leur conduite actuelle en est la meilleure preuve. Elle fait apparaître le ridicule d’une telle folie, tout comme l’ineptie des théories d’Hitler fut démontrée par la suite. C’est, cependant, justement cette image inepte des Juifs comme les « mauvais » et les « bandits » du monde qui incite les meurtres de masse des civils en Israel ou aux États-Unis et qui motive l’enthousiasme des Islamistes à leur sujet. Le Hamas et Al-Qaida reprennent des thèses compatibles avec le nazisme, telles que le programme meurtrier qu’avait réalisé Amin El-Husseini, le mufti de Jérusalem, [oncle d’Arafat NDLR], sous un tonnerre d’applaudissements des Islamistes partout dans le monde.

Sur cette toile de fond, il est toujours surprenant de constater que les personnes qui connurent Mohamed Atta dans son groupe coranique lui attribuent une « Nazi Weltanschauung » [approche du monde nazie NDLR]. Est-il dès lors surprenant qu’Oussama BinLaden accuse les Juifs de prendre en otage l’Amérique et le monde occidental, compte tenu du fait que le fondateur de Hamas, le Palestinien Abdullah Azzam, était en même temps le principal professeur et le formateur du chef d’Al-Qaida?

Pourquoi n’y a-t-il pas eu de débat sérieux au sujet de la dimension antisémite du 11 septembre ? En Allemagne, même la révélation sans état d’âme par l’hebdomadaire « Der Spiegel » de la « Weltanschauung » d’Atta n’a provoqué aucune réaction. Jusqu’à présent il n’y a aucune traduction allemande de ce document important d’antisémitisme islamique qu’est la charte du Hamas, ou du pamphlet « Notre lutte contre les Juifs » par l’auteur le plus célèbre de la confrérie, Sayyid Qutb, publié en 1950.

Ceci, et le fait que la charte du Hamas ait été complètement ignorée par les journalistes et les politiciens qui ont vainement essayé de découvrir les motifs à l’origine des assassinats de masse suicidaires de civils innocents en Israel ou aux États-Unis, prouve clairement que les paroles de l’un des chercheurs les plus distingués sur l’antisémitisme, Leon Poliakov, ne seront jamais assez mises en valeur :

«Ceux qui ne dénoncent pas l’antisémitisme sous sa forme primitive et élémentaire, au seul motif qu’elle est si primitive, devront affronter la question de savoir s’ils ne donnent pas secrètement leur approbation aux antisémites partout dans le monde, justement pour cette raison».

Matthias KÜNTZEL

La deuxième édition du nouveau livre de Matthias Küntzel à ce sujet
«Djihad und Judenhass. Über den neuen antijüdischen Krieg» [Jihad et la haine des Juifs, ou la nouvelle guerre contre les Juifs] vient d’être publié

(«Ca ira»-publishing house, Freiburg,Germany, 180 pages, € 13.50)

(Source: http://www.primo-europe.org | http://www.revue-politique.com)

Voir enfin:

Standing fast
Avirama Golan
Haaretz
25/01/2008

It’s not easy making a phone call to Algeria. The connection is bad and you can be almost certain that the line is being tapped – if not by the government and the censors, then by Islamic fundamentalists. Boualem Sansal, one of Algeria’s most famous writers, lives on the outskirts of the capital Algiers. He is a warm and friendly man, candid and very much interested in all matters concerning Israel. Although Sansal’s new book, « Le village de l’Allemand ou le journal des freres Schiller » (which, like his other works, is not available in English translation), was published only a few weeks ago by the French publication house Gallimard, the storm is already raging. Not only because of this award-winning author’s lively and innovative prose, but because of the book’s topic: « Le village de l’Allemand » deals with the fine line between the destructive power wielded by Islamic fundamentalism today and the power of another movement that left an indelible mark on history: Nazism.

« Sometimes it is important to use exaggerated language to scare people and make them think, » Sansal explains. « If Islamic fundamentalists attain positions of power, which they have succeeded in doing over the past few years through democratic means – although a religious or ethnocentric government contradicts the principles of the Algerian constitution – the line between Algeria and the Nazi regime could prove to be very thin. »

Sansal’s latest book tells the story of two Algerian brothers who embark on a search for their roots after their father’s death. When they discover that their father was an SS officer who took refuge in Algeria, one reacts with horror, while the other, an Islamic extremist, easily accepts the news and its implications, and even falls in love with the idea.

In an interview with the French weekly Le Nouvel Observateur, Sansal says the plot is no mere figment of his imagination. A few years ago, he visited an attractive Algerian town that looked like a picture postcard of Old Europe. The town’s residents told him that the mayor was a German, a former Nazi officer. They were not bothered by his past. On the contrary – they were delighted about their town’s cleanliness, its cheesy bourgeois aesthetic and, above all, its orderliness.

Is this why so many Algerians joined the Islamic movement – out of a sense of nostalgia for this type of order and « parental authority »?

Sansal: « Absolutely. One of the reasons why people felt so sympathetic toward the Islamic movement was that they were sick and tired of 30 years of nationalist dictatorship. Today, many of them are saying that democracy, which allowed this to happen, is too weak a system for such a complicated place. The people of Algeria just aren’t ready for democracy. I’m not saying that democracy isn’t the preferable system of government, here and everywhere else, but some of the basic conditions to keep democracy viable are lacking here: You need a strong country with a strong economy that can provide people with jobs.

« Despite all its wealth, mostly oil-based, Algeria’s economy is sluggish and backward. The military regime is to blame for this state of affairs, but it’s also part of the 30-year legacy of Soviet socialism, which produced a bureaucratic, unwieldy industrial system. Before that, we suffered 20 years of war, which destroyed the entire infrastructure. Although oil brought in large sums of money, none of it was used to create jobs and move the country ahead. On the contrary, it only generated widespread corruption. »

Sansal, an engineer with a doctorate in economics, was a high-ranking government official until the age of 50. When he retired in the late 1990s, he mailed the manuscript of his first novel, « Le serment des barbares, » to Gallimard. He never expected a reply, but three weeks later, he received an enthusiastic letter of acceptance. Since then, he has won nearly every top literary award in France, and the book has even served as a script for a film.

« Le serment des barbares » and his next two books, which also enjoyed stunning success (especially « Dis-moi le paradis »), also sold well in Algeria up until a year ago. In 2006, Sansal published « Poste restante: Alger. Lettre de colere et d’espoir a mes compatriotes » – a kind of open letter to the citizens of his beloved country.

« Since then my status has changed, » he says, his voice deceptively calm. « In that little book, I spelled out my complaints against the nationalist-Islamist regime, which basically erased Algerian identity and rewrote it. Algeria has been around for over 2,000 years. The Arabs and the FLN [the National Liberation Front, which fought against the French occupation of Algeria] were not something Algeria was born with. The young people here are being taught an edited version of history. »

« Poste restante » was branded as a revisionist book and all of Sansal’s work has since been banned in Algeria. His relationship with the country and its Islamic extremists has turned into a dangerous game of survival. Sansal attends book fairs in Europe, especially in France, and criticizes the regime on radio and television. Algeria, he says, is undergoing a process of « Iraqization. » Religious fundamentalists and corruption are eroding Algerian society and weakening the state. Al-Qaida was among the first to grasp this change, and the terrorist group is busy establishing pockets of control in this strategically located part of the Maghreb. Every terror attack of recent years has strengthened the link between Algeria and Al-Qaida, Sansal explains.

The author refuses to bow to the trend sweeping Algeria and neighboring countries, embodied by a nostalgic embrace of Islam. « I am secular in every bone of my body, » he insists. « I have no ties whatsoever to religion. I grew up in a secular home, and have spoken both French and Algerian Arabic from the day I opened my mouth. I went to a French school and a French university, but I am an Algerian. French is still the dominant language in this country, and this is true for the school system and the government, too. Only the legal system has become Arabized.

« I know what’s happening here – because I live here and not in any other Arab country. But I read, and I meet people, and I see how similar the process is elsewhere, » he continues. « The religious movements have become so strong that you can’t hold a cultural or political discussion any more. Anything a person like me says is considered insulting to Islam and constitutes grounds for condemnation.

« The consequences are frightening: In the last 12 years, over 400,000 university graduates have left Algeria for France or Canada. Algeria is losing its doctors, jurists, authors, poets, artists, scientists and philosophers at a dizzying pace. This country’s intellectual and moral underpinnings are being pulled out from underneath us. The void is being filled by Islamic fundamentalists. »

Jewish conspiracy

While the French media have lavished the highest praise on his latest book, Sansal is aware that contemporary France, suffused with racism both old and new, may not take kindly to the provocative association he makes between Nazism and fanatic Islam.

« The Holocaust has been erased in the Arab world, » he says. « It doesn’t exist. It is not taught in the schools and gets no mention on television. Sometimes, if the subject does come up, they are quick to say that it’s an invention of the Jews: ‘Okay, a lot of people were killed, but it was war, and that’s what happens in a war. All the rest is a Jewish conspiracy.’

« There are complex reasons for this and each Arab country has its own. In Algeria, they promote a misguided analogy between the ultra-nationalism that characterized the period leading up to Algerian independence, during which the Jews were identified as allies of French colonialism, and the anti-Zionist sentiment generated by the Middle East conflict. After all, that’s what they see on television every day: killing, distress in the refugee camps, grinding poverty. That’s the reality most TV viewers in Algeria were born into. »

The French have also played a part in alienating Algerians from Israel and the Jews, he notes: « When France granted citizenship to the [Algerian] Jews, but not the [Algerian] Arabs, in the 1960s, it prompted a justified sense of victimization and discrimination. Since then, of course, things have improved immensely, but the wound remains. French society is always seething with racism, both concealed and unconcealed. What worries me now is that [President Nicolas] Sarkozy’s methods are institutionalizing this racism, all in the interest of national values. »

About a month and a half ago, when Sarkozy backpedaled on his intention to take Algerian-born Jewish singer Enrico Macias along on his trip to Algeria, Sansal was one of the only people who protested and blasted both the French and Algerian presidents for surrendering to the extremists.

At the 2007 International Festival of Literature in Berlin, Sansal was described as a writer « exiled in his own home. » He doesn’t like this description. He prefers to see himself as a man with a mission and regards emigration as a last resort.

« A person like me needs to remain in his country even if it seems futile, » he says. « But there are some serious threats being leveled against me and my family, so I need to plan my moves. Every day, I need to reassess the danger. It could come from anywhere – the government, the Islamists, even the general public. Today I decided again that I’m not leaving. I need to be here. When the day comes that I can’t take it anymore, I’ll go. In the meantime, I’m staying put. »

2 Responses to Livres: La frontière entre islamisme et nazisme est mince (It’s a fine line between Islamism and Nazism)

  1. jhverrnaud dit :

    thanks for all this informations! how can I send it to friends?

    J'aime

  2. CHRISTOPHE Pascal dit :

    enfin un homme éclairé qui sait de quoi il parle , et qui sait dénoncer ce danger plus qu’insidieux . si seulement le troupeaux de français tel des moutons prêts à se faire égorger pour l’Aïd El-Kebir , pouvait enfin ouvrir les yeux , arrêter de se voiler la face en se réfugiant dans leur petit confort « techno-commercial » merdique , et se fermer à la honteuse manipulation des médias . car beaucoup d’entre nous regrette la montée du fascisme en Europe : elle est malheureusement la conséquence facheuse de cette montée de l’islamisme , l’incompréhension de cette haine aveugle et destructrice envers les populations occidentales , et pour ceux qui ont déjà ouvert un livre d’histoire , on ne sait que trop bien où celà peut mener , d’autant que la barbarie primaire de la race humaine dans son ensemble n’a besoin que de peu de catalyseur .

    J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :