Télévision: Pain, pétrole et corruption (Oil for food scandal: It’s the Yanks, stupid!)

https://i0.wp.com/markhumphrys.com/Bitmaps/bribed.cartoon.gifL’ONU est bien ce lieu béni de la rencontre du Père Ubu et de l’univers des ronds-de-cuir. Idi Amine Dada hier et Robert Mugabe aujourd’hui, les bureaucrates de la tromperie à la russe et les diplomates de la manipulation à la chinoise, le monde du mensonge illimité de la Ligue arabe, de l’Organisation islamique mondiale, font tous bon ménage dans ce zoo. Laurent Murawiec

Détournements de denrées vers les marchés noirs ou revente à l’extérieur, remplacement par des denrées avariées, contrebande massive de pétrole, pots-de-vin tous azimuts, rétrocommissions massives et généralisées, près de 2500 individus et sociétés internationales dans une trentaine de pays …

Véritable tour de force, sur Arte hier soir, que ce documentaire (« Pain, pétrole et corruption ») dont la chaine bobo a le secret …

90 minutes sur le scandale Pétrole-contre-nourriture qui, sous la direction du Machin (et notamment de la famille Annan), a vu le régime de Saddam et ses brigades internationales d’idiots utiles s’engraisser sur le dos de la bête (quelque 10 milliards de dollars siphonés sur un total de 64 en 12 ans) …

Sans jamais évoquer une seule fois les raisons pour lesquelles, mouillés dans l’affaire jusqu’au cou, les deux principaux soutiens extérieurs du régime, la Russie et la France (dont deux anciens diplomates, le courtier Patrick Maugein proche de Yacoub Ibn Shiraq mais aussi, de Pasqua à Le Pen, tout un gratin de personnalités des Amitiés franco-irakiennes) ont tout fait pour faire capoter l’Opération Liberté pour l’Irak.

Pour, amalgamant tout (remboursements de réparations de guerre au Koweit, détournements de fonds, chiffres délibérément et notoirement surévalués par Saddam lui-même des victimes de l’embargo), ne retenir au final (surprise!) que les milliards de dollars que le proconsul américain Paul Bremer aurait utilisés pour financer au départ une partie de ladite opération.

Sans oublier, en prime à la fin, un « dessous des cartes » sur le « bourbier irakien » …

Ps : Rediffusions

* 09:55 – Jeudi 12/03
Arte
* 03:00 – Samedi 14/03
Arte
* 03:00 – Mardi 24/03
Arte

Pain, pétrole et corruption
Durée : 1 heure 30 minutes

Le sujet

Une enquête sur l’une des plus scandaleuses affaires de corruption de ces dernières années, perpétrée aux dépens d’un programme humanitaire de l’ONU en Irak.

«Pétrole contre nourriture» : ce programme initié par l’ONU en 1996 visait à répondre aux besoins humanitaires de la population irakienne sous embargo. L’Irak devait vendre une quantité limitée de son pétrole, sous contrôle de l’ONU, et acheter en échange de la nourriture et des médicaments. En janvier 2004, un quotidien irakien publie une liste de personnalités et d’entreprises qui ont touché des pots-de-vin dans le cadre de cette opération humanitaire. L’ONU constitue discrètement une commission d’enquête indépendante, présidée par Paul Volcker, qui rend un rapport édifiant en 2005, accusant près de 2500 individus et sociétés internationales dans une trentaine de pays. Depuis, très peu de procès ont eu lieu et les mises en examen sont tout aussi rares.

La critique
Janvier 2004, le quotidien irakien «Al-Mada» lance une bombe : une liste de 270 personnes et entreprises qui ont bénéficié des largesses de Saddam Hussein grâce à la résolution 986 de l’ONU, de décembre 1996, «Pétrole contre nourriture». Parmi eux figurent 21 Français, dont Charles Pasqua. C’est une enquête très fouillée qu’ont menée, de Genève à Amman, en passant par Paris, Dubaï, Berlin et New York, Denis Poncet et Remy Burkel. De la belle ouvrage ! A l’aide d’archives et de témoignages, ils racontent le plus grand scandale ayant éclaboussé l’ONU depuis sa création.

En 1991, après la première la guerre du Golfe, les produits destinés à l’Irak sont soumis à un «comité de sanctions» des Nations unies. Des centaines de milliers d’Irakiens meurent alors de faim, ou faute de soins. Une déclaration de Madeleine Albright, le 12 mai 1996, sur CBS News, va choquer l’opinion publique internationale. La secrétaire d’Etat de Clinton répond à une question sur l’embargo qui a déjà fait 500 000 morts : «Je pense que c’est un choix difficile, mais cela en vaut la peine.» Six mois plus tard, la résolution «Pétrole contre nourriture», dont l’intention est louable, est votée.

Entre 1996 et 2003, ce programme permet à Saddam Hussein de détourner des centaines de millions de dollars, avec la complicité des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne, de la Russie, de la France et de hauts fonctionnaires de l’ONU. BNP Paribas gère l’argent, sous contrôle onusien. Pour le pétrole, des contrats préférentiels sont accordés à des firmes étrangères contre des commissions concédées à l’Irak, qui impose des pots-de-vin sur la nourriture (environ 10%). Des tankers jordaniens font ainsi le plein de pétrole qui sera revendu au marché noir, escortés par l’US Navy ! Pis, l’expert russe à l’ONU, Alexandre Kramar, chargé des opérations pétrolières, est un agent du FSB, l’ex-KGB. Devant fixer les cours du baril, il détourne de l’argent au profit de son pays et de… Poutine.

Fin 2005, est publié le rapport de la Commission d’Enquête indépendante (CEI), présidée par Paul Volcker. Sur les 2 200 entreprises identifiées, on trouve plus de 40 noms de sociétés domiciliées en Suisse et impliquées dans cette affaire, dont des laboratoires pharmaceutiques (ABB, Novartis, Roche) et des entreprises de négoce en matières premières.

Voir aussi:

Pain, pétrole et corruption
Documentaire de Denis Poncet et Rémy Burkel (France, 2009). 90 mn. Inédit.

Marc Belpois
Télérama
7 mars 2009

En 1996, pour soulager le peuple irakien des effets dramatiques de l’embargo appliqué contre leur pays depuis la guerre du Golfe, l’ONU met en place le programme humanitaire « Pétrole contre nourriture ». Il s’agit, si l’on simplifie, de permettre à l’Irak d’échanger des barils d’or noir contre des produits de première nécessité. Une opération lourde et complexe, qui suppose un gigantesque maillage d’entreprises de toutes nationalités. Pendant sept ans, ce programme aurait brassé près de cent milliards de dollars. Et généré une corruption abyssale…

Détournements de denrées vers les marchés noirs, contrebande massive de pétrole, pots-de-vin versés par Saddam Husayn à des entreprises et des personnalités du monde entier… Denis Poncet et Rémy Burkel passent en revue et décortiquent toute la gamme des combines, manipulations et autres manoeuvres frauduleuses. Sur la forme, on regrette ce parti pris consistant à mettre en scène Denis Poncet, journaliste-investigateur enquêtant sur les arcanes de l’imbroglio planétaire. Ce récit dans le récit instille parfois l’idée que Poncet démêle lui-même un écheveau qui, pour l’essentiel, l’a été par la commission Volcker, mandatée par l’ONU pour mettre en lumière toute l’affaire. Quant au fond, on ne saurait valider l’exactitude des chiffres de la corruption, assenés tout au long du film avec une assurance déconcertante. Pour autant, ce film dense (accrochez-vous, ça vaut le coup !) a le grand mérite d’étaler dans ses grandes largeurs un scandale mondial qui n’occupe guère les médias. Et encore moins la justice.

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