C’est absolument inacceptable. La Chine exécute plus de prisonniers que tout autre pays. On ne sait jamais exactement combien. Harry Wu (Laogai Research Foundation)
Pour répondre aux besoins en greffons, les autorités sanitaires prélèvent les organes des condamnés à mort. China Daily, un quotidien officiel chinois, a rapporté mercredi que plus de 65 % des organes greffés dans le pays proviennent de prisonniers exécutés. D’après l’ONG Human Rights Watch, ces « dons » s’élèveraient même à 90%. Un chiffre considérable lorsque l’on sait que l’Empire du milieu exécute plus de condamnés qu’aucun autre pays au monde. Amnesty International estime ainsi qu’en 2008, 1.718 prisonniers chinois ont été tués, ce qui représente 72% des exécutions mondiales. La Chine avait déjà admis que des reins, foies, cornées et autres organes étaient parfois prélevés sur les prisonniers exécutés sans toutefois préciser l’ampleur du phénomène. Le vice-ministre de la Santé Huang Jiefu, interrogé par le quotidien, a reconnu que les détenus exécutés «ne sont absolument pas une source appropriée pour des greffes d’organes» mais a précisé que le consentement écrit des prisonniers condamnés étaient requis avant le prélèvement d’organes. Une information que dément Human Rights Watch. (…) Ces prélèvements sur les condamnés à mort sont pourtant interdits en Chine. Un décret de 2007 stipule, en effet, que les dons d’organes de personnes sans relations familiales ou affectives avec le greffé ne sont pas autorisés. Mais la Chine justifie ces prélèvements par le manque de dons d’organes dans le pays. D’après les chiffres officiels, seules 10.000 transplantations sont réalisées chaque année alors que 1,5 million de personnes ont besoin d’une greffe. Pour tenter de remédier à ce phénomène, la Société chinoise de la Croix-Rouge a lancé mardi un système national de dons d’organes qui devrait permettre à terme de mettre fin à ces prélèvements sur les prisonniers. Elle est également chargée de mettre fin au marché noir et au trafic d’organes qui ne cessent d’augmenter. Ainsi, au début du mois, plusieurs hôpitaux ont été condamnés pour transplantations illégales d’organes humains. Le Figaro
Le caractère colonial de l’exposition devrait n’échapper à personne : il s’agit d’un zoo humain cadavérique. Pétition
Une expo pédagogique ? C’est un argument publicitaire de la part de l’organisateur. C’est uniquement du voyeurisme. Cette mise en scène macabre a un côté spectaculaire qui ne correspond pas aux idéaux de notre enseignement. Si une demande de visite m’était présentée dans le cadre de mon établissement, j’emettrais un avis défavorable. (…) D’ailleurs, l’anatomie est très peu présente dans les programmes de secondaire, je ne pense pas que cette exposition soit d’un intérêt quelconque. Pierre-Louis Klein (proviseur et syndicaliste)
Des écorchés, tous les étudiants en médecine en voient dans leur formation. Et les tableaux de la Renaissance en représentaient déjà. De façon très générale, je ne peux que me féliciter de la diffusion des connaissances auprès du grand public. (…) Le fait que les gens puissent retrouver des cadavres dans une exposition me parait bénéfique. Ça permet de se faire l’idée d’un mort. Beaucoup de gens ne savent pas ce que c’est. Pour quelqu’un de 50 ans, dont les parents meurent, voir leurs corps peut être une source de grande angoisse… Alors que finalement, un cadavre n’a pas de raison d’être angoissant en soi. (…) Elle ne se déroule presque plus à domicile, alors qu’autrefois beaucoup d’enfants, d’adultes voyaient des gens mourir, ou allaient visiter des gens sur leur lit de mort. C’est quelque chose qui a totalement disparu. Denis Vital-Durand, (ancien doyen de la fac de médecine et président de la commission pédagogique nationale des études médicales)
Rien ne me fait peur, mais malgré tout, je ne sais pas honnêtement quel est l’intérêt de cette exposition. On peut très bien faire des reconstructions fantastiques avec des matériaux performants. Pourquoi exposer des cadavres ? Et dans un pays très marqué par ce qui s’est passé lors de la Seconde Guerre mondiale, je trouve ça choquant. Ça fait barbare… Pour ceux que ça intéresse, il y a d’excellents livres d’anatomie, ou les tableaux de la Renaissance. (…) Quand on aura fait le tour de tous les moyens de tuer quelqu’un, ça va devenir fade. Sur les 15-16 ans, il y a depuis ces séries un engouement pour les stages en médecine. Daniel Malicier (médecin légiste)
Cette exposition destinée au grand public n’est expressément interdite par aucun texte. Elle contredit certainement l’esprit du droit français, qui n’admet d’intervention sur le corps de la personne décédée que dans un but purement scientifique. En effet, selon la loi, si le cadavre n’est plus une personne, il reste protégé sur le fondement de la dignité de la personne qu’il a incarnée. L’article 16-1-1 du code civil prévoit ainsi que « le respect dû au corps humain ne cesse pas avec la mort. Valérie Sebag (juriste et maître de conférence à Paris XII)
Je crois qu’on ne peut pas la présenter sans contextualiser et prévenir le public à l’entrée. Elle a été présentée à Montréal l’année dernière. Le centre des sciences avaient demandé l’avis d’un comité d’éthique, qui a conseillé de la présenter, mais en incluant à l’entrée une salle explicative, pour poser le débat à l’intérieur de l’exposition. C’est la même chose lorsque l’on présente des momies égyptiennes, ou des têtes aborigènes, on ne peut pas le faire n’importe comment. En résumé, je pense que c’est jouable. Tout est question de présentation. Michel Côté (directeur de musée québecois)
Après le scandale du printemps dernier de l’exposition photo « Paris sous l’Occupation« , voici celui du « zoo humain cadavérique »!
…
A l’heure où, après Lyon et Marseille mais aussi de nombreux pays (Etats-Unis, Australie, Canada), la polémique fait à nouveau rage dans certains milieux sur l’exposition de véritables corps humains écorchés et plastifiés « Our body/À corps ouvert » actuellement à Paris …
Et où nos scientifiques sont à nouveau montés sur leurs grands chevaux, concernant notamment les côtés mercantiles et l’origine des corps qui, elle, pose effectivement problème …
Témoignage d’un directeur de musée québécois qui, beaucoup plus nuancé, montre l’importance du contexte.
Qui, si l’on en croit la manière dont le public reçoit l’exposition (un silence et un recueillement presque religieux favorisés par la relative exiguité et pénombre des salles comme le certain bon goût esthétique des présentations), n’a rien du morbide spectacle de foire ou de zoo humain dénoncé par nos belles âmes.
Même si, et c’est probablement là que le bât blesse, nombre de visiteurs se retrouvent bien seuls en ces temps d’esthétisation de la mort dans l’art ou la littérature, devant le manque d’explications, non seulement sur l’origine des corps mais même sur les organisateurs.
Et ce n’est qu’en regardant un peu les articles en anglais sur la question que l’on comprend qu’il y a au moins trois groupes faisant circuler ces expositions dans le monde (souvent avec la collaboration de musées ou sous l’obligation de moraliser l’origine de leurs corps) et pour celle de France, qu’il s’agit vraisemblablement d’un groupe chinois, apparemment en concurrence et en rupture avec leur initiateur allemand, le fameux Gunther von Hagens .
D’où le contresens de nos belles âmes y dénonçant le caractère colonial mais effectivement aussi les doutes sur l’origine des corps quand on sait les normes chinoises et le fait que le fameux Hagens s’était déjà vu contraint de mettre un terme à ses activités dans d’autres pays comme la Russie ou le Kyrgistan pour les mêmes soupçons de trafic de cadavres et d’organes.
Où l’on se prend enfin à rêver d’une communauté scientifique qui, au lieu de se contenter de refuser dédaigneusement leurs sites et leur collaboration sans parler de leurs avis (musée de l’Homme, Villette), accepteraient de rendre accessible au grand public et dans le contexte et les conditions appropriés (corps obtenus après dues autorisation des personnes ou familles concernées, salle explicative pour poser, notamment, dès l’entrée le débat à l’intérieur de l’exposition comme cela avait été fait à Montréal ou après de longues polémiques pour celle de Paris sous l’occupation l’an dernier), ce qui est pour l’instant réservé, outre les quelques spécimens de la collection fragonard de l’Ecole vétérinaire de Maisons-Alfort, aux seuls privilégiés de nos écoles de médecine …
ENTRETIEN
Michel Côté : « Montréal a demandé l’avis d’un comité d’éthique »
Lyon Capitale
27/05/2008
Entretien. Directeur du futur musée des Confluences, qui sera un peu la Villette des sciences sociales, le québécois Michel Côté n’est pas choqué a priori par l’exposition Our Body, qu’il a déjà vue à Montréal. Mais il met en garde sur le “respect” dû aux morts.
Lyon Capitale : Auriez-vous accueilli cette exposition dans le futur Musée des Confluences ?
Michel Côté : C’est une belle question. Il ne peut pas y avoir de réponse tranchée. Je crois qu’on ne peut pas la présenter sans contextualiser et prévenir le public à l’entrée. Elle a été présentée à Montréal l’année dernière. Le centre des sciences avaient demandé l’avis d’un comité d’éthique, qui a conseillé de la présenter, mais en incluant à l’entrée une salle explicative, pour poser le débat à l’intérieur de l’exposition. C’est la même chose lorsque l’on présente des momies égyptiennes, ou des têtes aborigènes, on ne peut pas le faire n’importe comment. En résumé, je pense que c’est jouable. Tout est question de présentation.
Est-ce que cette exposition présente bien les corps ?
C’est bien de se poser la question. Les corps sont mis dans des mouvements sportifs… Ils deviennent des outils qu’on met en scène. Il y a un code d’éthique pour les muséologues, qui précise qu’on peut présenter des corps humains dans le respect des personnes. À quel moment cela devient irrespectueux ? À Montréal, d’après ce que j’en sais, l’exposition a été bien accueillie par le public. Les gens ont su garder le respect.
Comment garder ce respect ?
C’est difficile à définir. Dans le musées des Confluences, on présentera le tombeau Koban en faisant en sorte que le visiteur ait le sentiment d’entrer dans un lieu de recueillement. Le problème de la tête Maori par exemple est d’une autre nature : vous vous adressez à des contemporains qui veulent enterrer leurs morts. Je suis favorables à rendre aux Maoris les têtes qu’ils réclament, pour qu’on puisse les enterrer correctement.
L’exposition ne joue-t-elle pas sur le ressort de la fascination pour le morbide?
Pour moi ce n’est pas morbide, puisque c’est présenté de manière assez esthétique. Il n’y a donc pas de répulsion. La question qu’on doit se poser : est-ce que la fascination nous fait oublier que ce sont des corps, et non des objets ? Mais nous sommes aussi des corps. Si on met en valeur cette réalité, ce n’est pas forcément négatif. Je ne suis pas contre ce principe, tout est dans la manière de le faire.
Voir aussi:
POLEMIQUE
Our Body : Les opposants s’organisent
Lyon-Capitae
(10/06/2008 )
Polémique. Depuis la semaine dernière une pétition contre l’exposition Our body circule sur internet. Emmenés par François Rastier, linguiste reconnu, les universitaires signataires s’inquiètent de l’origine des corps.
Lyon Capitale : Vous êtes directeur de recherche au CNRS, en linguistique. Pourquoi avez-vous pris l’initiative d’une pétition demandant la suspension de l’exposition Our Body à Lyon ?
François Rastier : Tout citoyen est en droit de demander qui lui montre quoi. Comme la plupart des premiers signataires, j’enseigne : que transmet-on comme image de la science ? L’argument de vente de l’exposition est scientifique, enfants des écoles et éducation aux merveilles de notre corps, gratuité pour les moins de trois ans. L’organisateur déclare : “J’aime bien faire partager aux gens l’envie et l’excitation d’un spectacle vivant (sic) […]. Cette exposition vous apporte une énorme adrénaline, beaucoup d’émotion.” Si c’est ça la science, ça doit être sexy !
Lecteur des témoignages de l’extermination (il se trouve que j’ai écrit un livre sur Primo Levi*), je suis membre du conseil scientifique de la Fondation Auschwitz. Or actuellement, dans beaucoup d’ouvrages douteux, romans historiques et faux témoignages, on pratique une esthétisation à outrance de la mort. Ici il s’agit des cadavres eux-mêmes : et la fascination de masse va beaucoup plus loin que tout négationnisme. Elle en demande toujours plus : dans l’exposition de Berlin, on pouvait voir une femme enceinte écorchée. L’esthétisation kitsch est évidente ; pourquoi mettre les corps dans des poses athlétiques genre “dieux du stade” (cyclisme, basket, etc) ? Je serais ambassadeur de Chine, je protesterais contre cette allusion perfide aux jeux olympiques. La mise en scène “vivante” brouille les cartes, elle joue sur la souffrance et l’insensibilité. Une société qui ne respecte pas les morts ne respecte pas non plus les vivants. C’est une question anthropologique au fondement des cultures humaines.
Que souhaitez vous ?
On ne peut pas se contenter de dire que cette exposition est dérangeante, ce qui constitue un argument de vente pour ses promoteurs ! Si on laisse ce type d’industrie devenir un secteur économique, il y a des gens en bout de chaîne qui peuvent être tués pour ça, si ce n’est pas déjà le cas.
Souhaitez vous la fermeture de l’exposition ?
Nous demandons sa suspension, tant que les garanties légales propres à la loi française ne sont pas fournies. Un préfet peut tout à fait prononcer une suspension. Un maire a aussi des pouvoirs de police. On sait que le Comité National Consultatif d’Éthique a émis un avis défavorable et évoqué à ce propos des précédents nazis.
Ne craignez vous pas de passer pour des censeurs ?
L’argument qu’il faut faire sauter les tabous tourne à vide, il est lui-même devenu tabou. Nous nous adressons à la société civile. Est-ce que n’importe qui peut montrer n’importe quoi à qui voudra bien payer ? Après le procès de Nuremberg, en réponse aux pratiques nazies, on s’est posé la question du consentement pour tout acte médical. Pour toute utilisation d’un corps, la loi française exige un consentement écrit exprimé du vivant de la personne.
L’organisateur répond qu’il n’a pas de dossiers individuels: en devenant anonymes les corps sont encore mieux déshumanisés. Andrew Cuomo, le procureur de l’Etat de New York qui enquête sur l’exposition sœur aux USA, et demande attestation de l’origine des corps, a déclaré le 29 mai : “La sombre réalité est que (la société productrice) tire profit d’individus qui pourraient avoir été torturés et exécutés en Chine”. Un procureur français ne pourrait-il faire preuve de la même lucidité ?
* Ulysse à Auschwitz, 2005, Paris, coll. Passages.
Voir également:
POLEMIQUE
Our Body – L’avis du Comité d’éthique : “Une atteinte à la dignité humaine” (10/06/2008 )
Verbatim. Suite à la polémique, le comité national d’éthique a finalement rendu public son avis sur l’exposition Our body. Il est cinglant. Extraits.
“Les contradictions avec la loi française sont évidentes : la commercialisation du corps fait l’objet d’une interdiction majeure ; or cette mise en scène comporte un aspect commercial non équivoque. Le consentement antérieur des sujets ne paraît pas établi de façon irréfutable. Mais, si l’on s’en tient au plan strictement éthique, nous émettons clairement des réserves.
1. Tout d’abord des réserves de principe sur le corps humain “marchandise de spectacle” et sur le mélange des fonctions.
La première ambiguïté tient au fait que le “contrat” n’est pas très clair : s’agit-il d’une exposition artistique ? Scientifique ? Pédagogique ? Spectaculaire et visant au sensationnel ? Un peu comme dans les documentaires publicitaires, il y a un mélange de plusieurs fonctions qu’il faudrait au minimum expliciter ; le non dit majeur est la prime au voyeurisme sous couvert de science et de pédagogie qui permet le camouflage de la transgression.
Dans ce contexte de confusion des genres, il nous semble que la prétention pédagogique et scientifique de l’exposition ne correspond pas à sa réalité. (…)
2. Ensuite elle introduit un regard techniciste sur les corps.
Bien que l’origine des corps soit dite “certifiée”, ces corps sont volontairement désingularisés, anonymes, et le processus de plastination est présenté sous un jour technique et industriel. On est dans une approche qui n’est pas sans rappeler le traitement des cadavres dans les camps d’extermination lors de la dernière guerre. Il nous semblerait important de rappeler que chacun de ces corps a été une vie singulière, qu’il faudrait pouvoir sinon raconter du moins nommer – et que la donation du corps ne saurait effacer. (…)
3. Enfin la représentation de la mort (…)
“L’idée que l’on peut approcher la mort de l’autre sans risque suppose que cet autre soit tellement anonymisé qu’il n’y ait plus de référence à quelque dignité humaine que ce soit. Or, bien qu’anonymes, les corps représentés n’en ont pas moins été des individus ; leur exhibition (et leur réification) constituent une atteinte à leur identité, et donc à leur dignité. La plupart des civilisations ont cherché à éviter de telles formes de manque de respect pour une dépouille réelle. (…)”
POLEMIQUE
Antis Our Body : la pétition (10/06/2008)
“Un lucratif trafic de cadavres spectacularisé”
“Le caractère colonial de l’exposition devrait n’échapper à personne : il s’agit d’un zoo humain cadavérique. (…) Les corps exposés sont plastifiés selon la méthode d’un anatomiste allemand, Gunther von Hagens, dont l’entreprise vend dans le monde entier de tels spécimens humains. Fournis par une obscure fondation de Hongkong (Le Monde, 29 mai 2008), leur provenance reste toutefois indéterminée : on sait simplement qu’ils viennent de Chine. (…) La société de Hagens a un siège à Dalian qui emploie 250 personnes (selon son site officiel). Dalian est situé entre trois camps de travail forcé.
Le fait qu’il s’agisse de dépouilles d’hommes dans la force de l’âge suscite d’autant plus d’interrogations sur la cause des décès que Hagens a admis que certains des corps qu’il avait exposés en Allemagne avaient une balle dans la tête.
On dispose de nombreux témoignages sur le trafic d’organes de détenus chinois. Des corps de détenus du Falungong ont été rendus à leur famille partiellement voire complètement éviscérés (cas de Ren Pengwu, 33 ans, arrêté le 16 février 2001, mort sans motif officiel cinq jours après). Un trafic de corps est d’autant moins exclu qu’en janvier 2007, Hagens a reconnu que des corps de condamnés chinois avaient pu lui avoir été fournis, sans qu’il s’en rende compte… (…)
Un consultant scientifique de l’exposition, Walter I. Hofman, déclare n’avoir relevé “aucune trace de torture”. Un autre, Hervé Laurent, déclare : “Il n’y a aucun problème éthique”. Ces dénégations multiples ne font qu’ajouter aux doutes sur ce lucratif trafic de cadavres spectacularisés. (…)
Nous demandons la fermeture de cette exposition jusqu’à ce que les garanties élémentaires soient publiées et contrôlées.”
Voir de plus:
D’où viennent les corps humains de l’exposition « Our body » ?
Sophie Verney-Caillat
Rue89
20/02/2009
Des scientifiques demandent la suspension de l’exposition en cours à Paris, dénonçant une opération plus lucrative que pédagogique.
Dans l’exposition ‘Our body A corps ouvert’, dans l’Espace Madeleine à Paris (Sophie Verney-Caillat/Rue89)
L’expo avait fait grand bruit lors de son arrivée à Lyon, comme l’avait relevé notre partenaire Lyon Capitale. Et puis la polémique s’est tassée.
Pourtant, « Our body A corps ouvert, l’expo anatomique » qui se vante de présenter « de vrais corps humains », n’a toujours pas précisé leur provenance, et le doute éthique demeure.
A l’Espace Madeleine où elle est présentée, pas un mot sur l’origine des « vrais corps » présentés et transformés selon la méthode de la mise au point par l’Allemand Gunther von Hagens.
« On dirait des Mongols », murmurent quelques visiteurs. Renseignement pris auprès de l’importateur en France de l’événement, Pascal Bernardin, ce sont bien des corps asiatiques, chinois plus précisément. Le dossier de presse n’en dit pas plus, l’exposition non plus. Mais les visiteurs, fascinés, ne se posent pas plus de questions que ça sur le sujet. (Voir la vidéo)
Producteur de spectacles (des concerts de rock principalement), Pascal Bernardin ne cache pas ses intentions lucratives:
« Cette expo a coûté 2 millions d’euros à ma société, Encore Productions, il faudra beaucoup de monde avant de dégager des bénéfices. A Lyon, elle a fait 110 000 entrées, à Marseille 35 000, et à Paris nous atteignons 10 000 visiteurs la première semaine.
Nous visons 300 000 visiteurs minimum sur les deux lieux (elle ira au Parc floral après la Madeleine fin août). Mais nous comptons bien ne pas en rester là si nous voulons être rentables. »
L’homme reste en revanche très flou sur la manière dont il s’est procuré les corps:
« J’avais vu la même exposition à Orlando aux Etats-Unis, et je me suis dit, c’est fantastique! J’ai alors pris contact avec l’Anatomical Sciences and Technologies Fundation basée Hongkong qui fournit les corps.
Ils m’ont montré comment ils obtiennent leurs corps, ce sont les même conditions en Chine qu’en France, des gens qui ont donné leur corps à la science. Bien sûr, le lien est coupé entre le donneur et le corps exposé, par respect pour celui qui a fait ce geste. »
Pour le comité d’éthique, la visée scientifique de l’exposition n’est pas suffisante
Contraire à l' »esprit du droit français »
Valérie Sebag, juriste et maître de conférence à Paris XII, estime que « cette exposition destinée au grand public n’est expressément interdite par aucun texte »:
« Elle contredit certainement l’esprit du droit français, qui n’admet d’intervention sur le corps de la personne décédée que dans un but purement scientifique. »
En effet, selon la loi, si le cadavre n’est plus une personne, il reste protégé sur le fondement de la dignité de la personne qu’il a incarnée. L’article 16-1-1 du code civil prévoit ainsi que « le respect dû au corps humain ne cesse pas avec la mort ».
Des justifications bien insuffisantes pour certains scientifiques.
D’abord au sein du Comité consultatif national d’éthique, qui a émis un avis défavorable sur l’exposition, que son initiateur aurait aimé installé à la Cité des sciences de la Villette ou au musée de l’Homme.
Pierre Le Coz, vice-président du Comité consultatif national d’éthique, explique:
« Sur 39 membres du comité d’éthique, seuls deux ont estimé qu’il n’y avait rien de répréhensible, les autres ont jugé que la visée scientifique de l’exposition n’était pas suffisante, qu’il n’y avait pas d’autre sens que de flatter le voyeurisme.
C’est abject! Un corps peut être utilisé après sa mort seulement à des visées scientifiques, même si les personnes sont consentantes. Qu’est-ce que ça veut dire le consentement d’un Chinois quand on connaît le respect des droits de l’homme dans ce pays? On n’aurait jamais fait cela avec des Français. »
« Je déconseille cette expo aux enfants »
Aujourd’hui, ce prof de philosophie à la faculté de Marseille appelle au boycott de cette exposition. Il ajoute:
« En tous cas, je la déconseille aux enfants, chez qui elle peut générer des troubles du sommeil. On accepte de faire à des cadavres chinois ce qu’on accepterait pas de faire pour des animaux domestiques. »
François Rastier, directeur de recherche au CNRS en linguistique, a ravivé la pétition collective qu’il avait lancé il y a quelques mois à Lyon et qui a rassemblé 785 signatures selon lui, dont le directeur de la fondation Auschwitz, le président de Paris IV, et Marie Darrieussecq.
Ce texte appelle à la suspension de l’expositon dans l’attente de garanties légales sur l’origine des corps.
Le scientifique invoque « le doute méthodique »:
« On ne sait pas si ces gens ont consenti de donner leur corps à la science et rien ne prouve qu’ils n’ont pas été tués pour ça. On utilise des cadavres pour faire du spectacle, à quand cadavres sans frontière?
On peut entrer dans le jeu de la fascination morbide, c’est une spectacularisation de la mort à des fins commerciales, d’ailleurs le fait que ce soient de vrais cadavres est mis en avant pour attirer les visiteurs. »
« Ce n’est pas parce que ça vient de Chine qu’il devrait y avoir des doutes »
Les pétitionnaires sont d’autant plus suspicieux que la « plastination » a été inventée par Gunther von Hagens, un personnage plus que douteux. Son institut, situé à Heidelberg en Allemagne, est à l’origine de plusieurs expositions dans le monde, en Europe et en Amérique du Nord:
« Le fait qu’il s’agisse de dépouilles d’hommes dans la force de l’âge suscite d’autant plus d’interrogations que von Hagens a admis que certains des corps qu’il avait exposés en Allemagne avaient une balle dans la tête. »
Pascal Bernardin s’estime victime d’une confusion avec von Hagens:
« Ce n’est pas parce que ça vient de Chine qu’il devrait y avoir des doutes, tout est correct là-bas. D’ailleurs le musée Fragonard de Maison-Alfort expose des corps écorchés transformés avec une technique similaire et ce depuis 250 ans. »
Et pour défendre la portée pédagogique de son projet, il met en avant la présentation en libre accès sur un comptoir en fin d’exposition d’ouvrages d’anatomie, ainsi que le soutien de Marie Berry, qui fait la promotion du don d’organe depuis qu’elle a elle-même été sauvée par la greffe d’un rein.
Voir encore:
Health & Science
Origins of Exhibited Cadavers Questioned
Neda Ulaby
NPR
August 10, 2006
I attended the Body Worlds show at Philadelphia’s Franklin Institute last February on the advice of a doctor friend. « They’re the most incredible dissections I’ve ever seen, » she said. Body Worlds is one example of a new exhibition phenomenon: shows of actual human corpses preserved through a process called « plastination » with tickets selling for around $25. The shows — and the process — were originally created by Dr. Gunther von Hagens, a German anatomist, who caused a sensation with the exhibitions in Europe and Asia before bringing them to the United States.
What amazed me were not the plastinates alone, incredible though they were. I was astonished that a good four months after the opening, I was unable to buy tickets. The show was sold out for nearly the entire weekend. I had to stay until late Sunday to attend the show. And although the museum made a point of staggering visitors’ entries, putatively to ensure a quiet atmosphere, I found myself in a mob scene. I couldn’t even get close to many of the plastic cases displaying human organs. Some of the plastinates were impossible to see, thanks to the tight knots of grown-ups, kids and baby carriages around them.
I emerged from the exhibition, ears ringing from the noise of the crowd. Signs at the exhibition’s entrance stated that the bodies had been voluntarily donated under the auspices of the Institute for Plastination. Well, what was that? Looking into the shows, I learned the IFP was another arm of Dr. von Hagens’ buisness empire. In other words, Dr. von Hagens was basically tasked with ensuring that Dr. von Hagens’ exhibition was ethical and legitimate.
That’s how this NPR series began. I learned that the Franklin Institute and similar science centers around North America that have hosted Body Worlds relied on research commissioned by the California Science Center when it first brought the show to the United States in 2004. (This was done by Hans-Martin Sass, who appears in my story.) That research verified that there is a pool of some two hundred death certificates that matched donor forms. But as I looked into the story, I found that no independent observer has matched those documents to the bodies on display. That means there is no clear paper trail from a deceased donor to a finished plastinate.
Dr. von Hagens also plastinates and sells many hundreds of unclaimed bodies obtained from Chinese medical schools for educational purposes. He says that he obtains them all only through trusted sources, but no outsider has verified that they might not be, in a worst-case scenario, dissidents killed in a Chinese prison, then sold through a body broker to a medical school, and then displayed to the public. Nor has an independent observer ensured that the unclaimed Chinese bodies von Hagens uses in his medical-school-supply business are not turning up on display in the Body Worlds shows. Again, von Hagens categorically declares that he obtains his cadavers ethically; the point here is that the U.S. science centers who have put the bodies on display have conveyed the impression that an independent verification of this has been made.
Besides the original ethical review, the science centers involved have also reassured patrons that they’ve turned to « ethics panels » or « advisory boards » of local clerics and academics to ensure that the bodies displayed have spotless ethical pedigrees. But after I interviewed scores of people at various science musuems, it became clear those boards hadn’t been asked to seriously engage with the shows’ ethical pitfalls. Instead, the board members were more or less charged with marketing the shows to their respective communities.
Body Worlds has been shown at science centers in Chicago, Cleveland, Los Angeles and Denver — and it’s showing now in Boston, St. Paul and Houston. Science museums are not research institutions, so in general they aren’t accountable to what are known as Institutional Review Boards, which govern ethics at universities and hospitals. Mostly, science centers serve to educate and entertain. I interviewed about 25 people who work at science museums or who served on the advisory boards. (Certain museums, like Chicago’s Museum of Science and Industry, refused to tell me who served on those boards.)
There’s a lot of interesting information about Dr. von Hagens I wasn’t able to put in the piece. For example, he’d been a political prisoner himself in the former East Germany. Or that there’s a German horror movie, Anatomie, inspired by his plastinates. Or that von Hagens once danced while costumed as a plastinate in Berlin’s famous Love Parade. In Europe some of von Hagens’ publicity stunts reveled in sexuality, but his strategy in the United States. has been considerably more subdued.
There’s a second major company that competes with von Hagens. Its shows, called BODIES… The Exhibition, are open now in New York, Tampa Bay, Atlanta, and Las Vegas. The corpses this operation displays in the U.S. all come from unclaimed Chinese bodies. Critics say that at best those bodies probably belonged to people too poor to have been buried properly. Most science museums have shied away from these exhibitions, as have other venues. The mayor of Ft. Lauderdale recently rejected the show for the city’s War Memorial Auditorium, citing serious ethical concerns.
BODIES… The Exhibition has a fascinating story. Its bodies are plastinated by a Dr. Sui Hongjin, once a protege of Dr. von Hagens. After splitting from his mentor, Sui struck out on his own and partnered with Premier Exhibitions, best known for its traveling exhibitions of HMS Titanic artifacts. Sui and von Hagens are now bitter rivals, and Body Worlds and BODIES… The Exhibition have been involved in multiple lawsuits.
Dr. Todd R. Olson, who chairs the Anatomical Committee of the Associated Medical Schools of New York, told me that it’s easier to get a cadaver in and out of the United States than a head of lettuce. Regulations differ on a state-by-state, even municipal, basis. (Officials in San Francisco began contemplating banning body exhibitions from the city after the cadavers in a show called The Universe Within started to leak fluids.) Shows of dead human beings are something few governmental bodies have gotten around to regulating. But given their continuing popularity — upcoming shows are planned for Arizona, Baltimore and Vancouver — it’s something that more and more state and municipal officials will have to consider.
In the meantime, the shows continue to spark fierce debate. Some argue that even if the bodies were obtained improperly, they’re now serving a noble function — it’s better to educate than to rot. Others see them as a sort of gruesome Brechtian parody of capitalist excess. Thinking about attending? Dr. Howard Markel of the University of Michigan, whose voice you’ll hear in the first piece, says every person has an internal Geiger counter of ethics as good as anyone else’s. « If you feel in the pit of your stomach that gurgling noise, or if you feel goosebumps on the back of your neck, you probably ought to listen to it. And you ought to think about it. »
Body Worlds » has spawned sequels and copy-cat exhibits, such as « Our Body: The Universe Within, » which is currently at science centers in Detroit, Orlando, Fla., and Rochester, N.Y., and « The Amazing Human Body, » now on display in Melbourne, Australia.
Voir encore:
‘Bodies’: Education exhibit or just a freak show?
Brad Hundt,
Observer
PITTSBURGH – A brain can seem surprisingly small and unexceptional when it’s cut loose from the cranium and you can hold it in your hands.
All of the folds and creases that we see in illustrations and models are all there. But there’s no way of knowing what thoughts once bounced around in that collection of gray and white matter, just as there’s no way of knowing if the cadaver nearby that’s been bent and twisted so it looks like a soccer player ever kicked a soccer ball when blood was coursing through its legs.
Both the preserved brain and the athlete-in-the-after-life are part of « Bodies … The Exhibition, » the traveling exhibit that’s brought hordes of people through the turnstiles and generated contentious debate and controversy. Proponents of the exhibit, which uses chemically-treated and dissected corpses to show how bodily systems function, say it’s a unique opportunity to peer into the human body and see how the wheels turn in it; detractors contend it’s a vulgar freak show that exploits the dead and quite possibly profits from Chinese human rights abuses.
In recent days, both sides have been sharpening their talking points and preparing for battle as « Bodies…The Exhibition » begins a seven-month run at the Carnegie Science Center. Fifteen preserved bodies and an array of organs, fetuses and body parts will be displayed in a specially-designed section of the Science Center’s SportsWorks complex. Today and Saturday, the exhibit is open exclusively to members of the Carnegie Museums of Pittsburgh and opens to the general public on Monday.
A separate, timed-ticket is required to see the exhibit, which will be open from 10 a.m. to 9 p.m. daily. They went on sale Sept. 6 and Science Center spokesman Mike Marcus said last week that tickets were still available for the exhibit’s opening days.
At a press launch for « Bodies » last month, Science Center director Joanna Haas insisted it will « intellectually and emotionally engage » audiences about the human body and spark interest in anatomy and biotechnology. Haas also said the exhibit stirred up what she described as « hyperbole and speculation » and « emotional and exaggerated responses to its content. » She noted that the Science Center had been working with an advisory committee which included medical professionals, regional science instructors and ethicists to explore the moral, legal and ethical issues surrounding « Bodies, » and they gave it a passing grade.
Roy Glover, chief medical advisor for « Bodies » and an emeritus professor of anatomy and cell biology at the University of Michigan, described « Bodies » as « an educationally rich, museum-quality exhibit » and it provides « a look at yourself that you never thought imaginable. »
« You’ll be amazed at how you look beneath your skin, » he added.
The bodies – or « specimens » as they are called by the exhibit’s creators — have been preserved through a process called plastination developed in Germany in the 1970s by Dr. Gunther von Hagens. Initially, von Hagens devised the process so medical schools could preserve bodies indefinitely for research.
Through plastination, all the water is drained from the body and replaced with the chemical acetone, which is used in nail polish removers and automotive fuel additives. The body is then bathed in a liquid silicone mixture and placed in a vacuum chamber. Under these conditions, acetone becomes gas. The gas is replaced by a polymer mix and is hardened. Decomposition stops and each body should last indefinitely.
Von Hagens, who has carried out televised autopsies and is always seen publicly wearing a black fedora, patented plastination and decided to use it to develop the « Body Worlds » exhibit in 1995. At first, it was billed as an art show and featured bodies in an assortment of lifelike poses – one cadaver was praying, with his heart in his hands, and another was « riding » the plastinated remains of a horse. An erotic version staged in Hamburg, Germany in 2003 contained a cadaver with an erection.
« Body Worlds » has spawned sequels and copy-cat exhibits, such as « Our Body: The Universe Within, » which is currently at science centers in Detroit, Orlando, Fla., and Rochester, N.Y., and « The Amazing Human Body, » now on display in Melbourne, Australia.
The cadavers in « Bodies … The Exhibition » were prepared by Dr. Sui Hongjin, a former associate of von Hagens, and is being presented by Premier Exhibitions, an Atlanta-based, publicly-traded company that also has staged a blockbuster traveling exhibit of Titanic artifacts which stopped at the Science Center in 2004 and 2005.
Premier has launched several touring versions of « Bodies, » and also handles another cadaver exhibit, « Bodies Revealed. » All of them, along with the Titanic exhibit, could accurately be described as « edutainment, » which combines learning with showmanship. Glover has stressed that seeing « Bodies » will help people make healthy lifestyle choices, once they get an up-close look at, say, a cancer-scarred lung or a liver damaged by excessive alcohol use.
« People are undereducated when it comes to their own bodies, » Glover said. « Explain to me why people continue to put cigarette smoke in their lungs? Why do they eat the diet they do? You’ll be amazed at how complex and beautiful your body really is. »
The Carnegie Science Center is only the second science center in the nation to host « Bodies … The Exhibition »; the Museum of Science and Industry in Tampa, Fla., put on the exhibit from August 2005 to September 2006. Elaine Catz, who was education coordinator at the Carnegie Science Center for 11 years, resigned in protest in June over the « Bodies » exhibit.
She objected to the exhibit on religious grounds – Catz is Jewish, and, she explained, Jewish custom forbids the display or embalming of corpses, or making a profit from them.
Beyond that, however, Catz believes there is not enough documentation about the origin of the cadavers, and they could be political prisoners executed by the Chinese government.
« I couldn’t stay quiet about that, » Catz said. « There are many, many questionable things going on. »
Premier Exhibitions reportedly paid $25 million to the Dalian Medical University in Dalian, China, for use of the bodies, and they maintain the bodies will be returned to China when the exhibits end and be cremated. An investigation by The New York Times in 2006 found there was little documentation regarding the origin of the cadavers used by exhibitors, and the suppliers were operating with little government oversight.
Catz went on to decry the « carnival atmosphere » that surrounds « Bodies, » and is skeptical about its educational value.
« Roadkill is educational too, » she said. « (Premier Exhibitions’) goal is not helping people make healthy lifestyle choices. Their goal is to make as much profit as possible. »
And it’s the provenance of the bodies that raises the most troubling ethical questions about « Bodies » according to Alan Meisel, a professor of bioethics and law at the University of Pittsburgh.
« I think the burden is on the Science Center to establish that those requirements have been met, » he said. « And I don’t think they’ve been met. I think they’ve been a little glib about it. »
Glover has stressed that all the bodies were unclaimed, they died of natural causes and « we have taken every possible precaution to make sure the bodies are exhibited in a dignified and respectful way. »
« It would be wonderful if we had documents for all of these bodies indicating that they gave their permission for an exhibition like this … We wanted to be very, very thorough that we obeyed all of the laws that govern how the bodies were obtained. »
The exhibit also has received the blessing of the Catholic Diocese of Pittsburgh, who said in a statement that it’s « an extraordinary visual presentation of the dignity and miracle of human creation, » and Bruce Dixon, the director of the Allegheny County Health Department. He called it « a learning laboratory for healthy living » and « a must for everyone. »
Peter Frischmann, a Peters Township resident and science teacher at Winchester Thurston School in Shadyside, was on the « Bodies » advisory committee and saw the exhibit in Tampa in May 2006. « The more you see of it, the more amazing it becomes, » he explained.
« It’s an amazing educational opportunity. »
As for the origin of the bodies, Frischmann pointed out that « you can’t check everything out personally. »
« They came from a university, and it is a World Health Organization facility. »
An exhibit like « Bodies » is not without historical precedent – most 19th century medical schools would operate anatomical museums and, in the years after the Civil War, popular anatomical museums flourished in the entertainment districts of most major U.S. cities, mixing the educational and the sensational. Brains would float in formaldehyde jars, displays focused on venereal disease and other maladies, and, sometimes, a preserved body would be shown.
« Bodies » is expected to attract 300,000 visitors to the Science Center during its run, Marcus said. An assortment of related events and lectures also will be happening in conjunction with « Bodies. »
« When we leave the city, » Glover explained, « We want it to be a healthier place than when we arrived. »
COMPLEMENT:
Chine : les condamnés à mort fournissent 65% des greffons
Pour faire face à la pénurie d’organes, les hôpitaux chinois utilisent régulièrement des organes provenant des personnes exécutées.
La Chine pense avoir trouvé une parade pour faire face au déficit du don d’organes. Une parade bien moins chère qu’une campagne de sensibilisation, mais qui suscite plus de polémiques. Pour répondre aux besoins en greffons, les autorités sanitaires prélèvent les organes des condamnés à mort. China Daily, un quotidien officiel chinois, a rapporté mercredi que plus de 65 % des organes greffés dans le pays proviennent de prisonniers exécutés. D’après l’ONG Human Rights Watch, ces « dons » s’élèveraient même à 90%. Un chiffre considérable lorsque l’on sait que l’Empire du milieu exécute plus de condamnés qu’aucun autre pays au monde. Amnesty International estime ainsi qu’en 2008, 1.718 prisonniers chinois ont été tués, ce qui représente 72% des exécutions mondiales.
La Chine avait déjà admis que des reins, foies, cornées et autres organes étaient parfois prélevés sur les prisonniers exécutés sans toutefois préciser l’ampleur du phénomène. Le vice-ministre de la Santé Huang Jiefu, interrogé par le quotidien, a reconnu que les détenus exécutés «ne sont absolument pas une source appropriée pour des greffes d’organes» mais a précisé que le consentement écrit des prisonniers condamnés étaient requis avant le prélèvement d’organes. Une information que dément Human Rights Watch. D’après Nicolas Bequelin, chercheur dans le bureau Asie de l’organisation, « le principe fondamental d’un choix libre et informé de la part du donneur » n’est pas respecté.
Des prélèvements officiellement interdits
Ces prélèvements sur les condamnés à mort sont pourtant interdits en Chine. Un décret de 2007 stipule, en effet, que les dons d’organes de personnes sans relations familiales ou affectives avec le greffé ne sont pas autorisés. Mais la Chine justifie ces prélèvements par le manque de dons d’organes dans le pays. D’après les chiffres officiels, seules 10.000 transplantations sont réalisées chaque année alors que 1,5 million de personnes ont besoin d’une greffe.
Pour tenter de remédier à ce phénomène, la Société chinoise de la Croix-Rouge a lancé mardi un système national de dons d’organes qui devrait permettre à terme de mettre fin à ces prélèvements sur les prisonniers. Elle est également chargée de mettre fin au marché noir et au trafic d’organes qui ne cessent d’augmenter. Ainsi, au début du mois, plusieurs hôpitaux ont été condamnés pour transplantations illégales d’organes humains.