Vive la crise: Tintin a ses soviets et Sarko son Le Pen de gauche! (Tintin gets his Soviets and Sarko his Le Pen of the left)

Surfing on the crisis (Besancenot)
Il est le rêve de Sarkozy, qui souhaite qu’il soit à la gauche ce que Le Pen est à la droite. Pierre Moscovici
J’en ai plein le dos des gens qui se mettent en carte pour se faire chaud ensemble au détriment des choix de société qu’ils sont censés poursuivre. (…) Je ne voulais pas, qu’une fois de plus, un vote sanction de la droite vienne conforter la bêtise de gauche capable d’y voir la validation de sa médiocrité de pensée. (…) Pour moi Sarkozy évitait Ségolène, et préparait possiblement un PS enfin capable d’ouvrir un débat de fond sur la continuité de ses échecs. Ça n’a donné que des congrès de Reims, même l’espoir que le PS puisse toucher le fond de l’eau pour pouvoir rebondir n’est plus crédible. A quand le moment où pouvoir crier « la gauche institutionnelle est morte, vive la gauche »? Henri Vacquin
Les banquiers américains viennent de subir une série de défaites qui les obligent à respecter (et pour longtemps) les règles prudentielles indispensables pour que la croissance du PIB reparte sur des fondamentaux sains, ce qui n’est pas le cas dans la Vieille Europe. (…) La plupart des Européens tombent dans l’opposition de la gauche plurielle, plus ou moins gauchiste et marxiste contre les abominables banquiers capitalistes … Jean-Pierre Chevallier
Il y a du grabuge en perspective parce que le capitalisme et les capitalistes français sont en train de craquer. Ce qu’il leur faudrait, c’est une bonne vieille révolution. Olivier Besancenot
Jeudi, on se dissout et vendredi on renaît, ce qui prouve qu’on ne meurt jamais.Alain Krivine
A vue de nez, il y a pas mal de jeunes, des syndicalistes, des associatifs. On n’est pas un parti « d’ex » et de déçus, plutôt des « sans-parti ». Besancenot

De quoi se plaint le peuple: Tintin a ses soviets et Sarko son Le Pen de la gauche!

Ouvriers, trotskistes, communistes, guévaristes, écologistes, féministes, tous les sans (papiers, logement, parti, you name it !), associatifs de quartiers, retraités du PCF, antilibéraux des comités Bové, anciens de Lutte ouvrière, écologistes décroissants, altermondialistes d’Attac …

A l’heure où, revenant sur une énième promesse de campagne, l’auteur du hold up du siècle et notoire foireur en série a commencé à remercier les lobbyistes qui l’ont porté au pouvoir (17 en 14 jours au dernier comptage ! – merci sérum de liberté) …

Où un ex-tigre celtique ruiné par ses banquiers se voit contraint et forcé de revenir au bercail de l’Europe (dont le traité honni il y a à peine sept mois à 53% se voit à présent béni à… 58 !) …

Et où, surfant sur la vague de la crise financière planétaire, les trotskos de la LCR nous refont le coup du phénix avec leur relookage NPA et leur ratissage triple L pour assurer leur OPA hostile sur l’extrême gauche et les débris du PC …

Retour sur un ancien stal, le sociologue du travail Henri Vacquin, qui, s’attaquant lui aussi à l’impasse de la gauche réformiste mais, à rebours de ces inconsolables de Mai 68 et du rave du Grand soir et autres lendemains qui chantent », pour n’avoir pas su pousser la réflexion assez loin sur son abandon du dogme marxiste …

A le mérite d’avoir non seulement voté Sarkozy mais, bravant l’opprobre de toute la presse et de tous les mecs de gauche, de le dire tout haut dans un récent livre …

Henri Vacquin: la gauche est morte, vive Sarkozy
David Servenay
01/24/2009

Ex-communiste, le sociologue du travail Henri Vacquin a voté Sarkozy à cause de l’impasse de la gauche réformiste.

Au premier tour, il a voté Bayrou. Au second, Sarkozy. Il faut attendre le dernier chapitre du livre d’Henri Vacquin pour y lire son aveu et comprendre la véritable raison d’écrire « Mes acquis sociaux ». Mélange d’autobiographie et de réflexions décapantes sur l’état de la gauche, des syndicats et du patronat « le plus con d’Europe ». Tout cela valait bien un entretien pour Eco89.

L’homme aux médailles de gauche qui vote Sarkozy

Il le dit en riant, comme pour s’absoudre d’une faute. Ex-militant de l’UEC (Union des étudiants communistes), ex-manifestant de Mai 68 devenu sociologue du travail, Henri Vacquin s’amuse du paradoxe:

« Un mec qui a plein de médailles à gauche, qui fait un parcours de quarante ans dans le monde de l’entreprise, avec les patrons, les syndicats, le champ politique à côté de lui et qui, à la fin, en vient à ça… c’était pour moi une manière de donner à penser. En fait, ça été l’opprobre de toute la presse de gauche et de tous les mecs de gauche: “Pas toi Henri… pour voter Sarkozy!” »

On est ici à l’opposé de l’évolution d’un Alain Badiou, fustigeant la « barbarie sarkozienne » [1].

La gauche est morte, faute d’inventaire

Sous la forme d’une adresse à son père décédé, militant CGTiste, Henri Vacquin veut faire toucher du doigt l’impasse intellectuelle dans laquelle s’est fourvoyée la gauche réformiste. Une impasse pour n’avoir pas su pousser la réflexion assez loin sur son abandon du dogme marxiste.

Derrière la pirouette, l’homme en profite aussi, à 70 ans, pour régler quelques comptes. D’abord avec sa propre famille politique: la gauche de « Bernard » (Kouchner), « Serge » (July)… et les autres. Une gauche qui est « morte », faute d’avoir su effectuer un « inventaire ».

A l’appui de sa démonstration, le sociologue s’aventure aussi sur le terrain des mentalités. Le jugement est sévère: notre génération, dit-il en substance, n’a pas su transmettre les valeurs de nos parents. Là encore, rupture:

« Notre génération de soixante-huitards dans son ensemble, à droite comme à gauche, n’a jamais surmonté cette carence de transmission des valeurs. Nous ne sommes pas pour rien responsables de leur débandade actuelle qui a fabriqué entre autres, et pour ne s’en tenir qu’à cela, le chômage des jeunes et des vieux: un même vœu de mort sociétale, non dit mais très réel, adressé aux uns comme aux autres. »

La démonstration n’épargne personne, pas même les (nombreux) patrons pour lesquels il a travaillé. Citant l’exemple d’Antoine Riboud, avant-gardiste dans les années 70 lorsqu’il a mis en place un « management participatif », l’observateur écorne ce « patronat le plus con d’Europe », selon un représentant du patronat allemand. Le CNPF, précise Vacquin, mettra plus de dix ans à reconnaître l’intérêt des recettes de Riboud.

Un appel au rapprochement CFDT-CGT

Au-delà des désillusions, l’ancien des Vaillants (les jeunesses communistes) garde un attachement viscéral au dialogue social. Consultant spécialisé dans les analyses post conflits sociaux (il a d’ailleurs été mandaté par la direction de la SNCF pour décrypter le conflit de la gare Saint-Lazare [2]), il dresse un panorama pessimiste du paysage syndical.

Mais, résolu à interpeller ses ex-camarades, il propose un pari aux leaders des deux grandes confédérations, CFDT et CGT. L’idée est d’élargir leur champs de réflexion à l’Europe et à la mondialisation, afin de rapprocher leurs mouvements. Objectif: mêler les vertus du syndicalisme de proposition à la force de la contestation. En commençant par défendre le droit de grève, souvent remis en cause ces derniers temps.

Devinez quoi? Les syndicalistes ont lu l’ouvrage. François Chérèque (CFDT) a répondu « oui, mais sous conditions… » à cette proposition. Bernard Thibault (CGT) n’a pas encore pris sa plume et ça l’agace un peu, Henri Vacquin, le silence de ces « tas de vous autres » comme les appelait sa mère.

Mes acquis sociaux d’Henri Vacquin – Seuil, 2008 – 217p. – 15€.

Voir aussi:

La lettre d’Henri Vacquin, « vieux con » de la gauche, aux riverains
Henri Vacquin
Rue 89
01/30/2009

Après l’article consacré à son livre Mes acquis sociaux [1] et au vu des très nombreuses réactions des riverains, Henri Vacquin nous adresse cette réponse, à la fois chaleureuse et argumentée et, ne boudons pas notre plaisir, sympathique à notre égard.

Merci Rue89 d’avoir sorti Mes acquis sociaux de l’omerta que lui a réservé la presse de gauche traditionnelle. De quoi peuvent en effet avoir peur ces tartuffes de la gauche en carte pour faire silence sur ce bouquin consacré a trente ans de relations sociales dans l’entreprise et les fonctions publiques?

Il est clair que cela tient aux 20 dernières pages où j’explique mon vote Sarkozy, comme si ce n’était pas là, comme l’ont révélé les sondages de sortie des urnes, un symptôme qui a concerné une part de l’électorat traditionnel de gauche. Un électorat fatigué d’une gauche dans laquelle il ne se reconnaît plus. Un symptôme sur lequel il est hélas naturel à nos partis de gauche de fermer les yeux plutôt que de s’interroger sur ce qu’il révèle de leurs carences.

Ce vote d’une partie de l’électorat de gauche pour Sarkozy s’est fait discret, l’appartenance classique aux chapelles ne se dépasse pas facilement. J’ai, quant à moi, assumé ce vote en le criant sur les toits. J’en ai plein le dos des gens qui se mettent en carte pour se faire chaud ensemble au détriment des choix de société qu’ils sont censés poursuivre.

Je ne voulais pas d’un vote sanction de la droite qui conforte la bêtise de gauche

Les « envoûtés d’appareils » sont des nuisances pour la pensée à gauche comme à droite, et très vite haineux à ce qui dérange leurs certitudes. L’insulte tient dès lors facilement lieu d’argument, ce qui me navre d’autant plus quand cela émane de ceux qui font parti de la fratrie de gauche.

Force est de constater que les internautes de Rue89 s’y sont laissé aller. Je pense aux arguments du type « vieux con », « sénile » comme s’il n’y avait pas autant de jeunes cons que de vieux cons. Ou encore, le cadrage, un peu étroit, du type qui en vieillissant vire normalement à droite comme si naturellement la maturité était forcément un handicap.

Mais basta, après tout, en m’adressant à mon père pour lui expliquer mon vote Sarkozy, à lui le militant « du » parti, c’était pour moi, à la manière de Pagnol, de faire le coup de la chatte du boulanger à tous les attardés d’aujourd’hui. Lesquels n’ont pas les circonstances atténuantes d’être nés en 1893 et de pouvoir encore croire aux « lendemains qui chantent » conduit par Lénine et Staline.

Pour être clair, j’ai voté Sarko parce qu’en politique le choix du moindre mal est hélas depuis trop longtemps le seul qui reste pour éviter le pire.

Sarkozy évitait Ségolène, et préparait un PS capable d’ouvrir un débat de fond

Je ne voulais pas, qu’une fois de plus, un vote sanction de la droite vienne conforter la bêtise de gauche capable d’y voir la validation de sa médiocrité de pensée.

Le postulat du capitalisme ultra libéral initié par Thatcher et Reagan n’est pas qu’une affaire de droite, c’est tout autant le fruit d’une énorme incurie de la social démocratie comme des gauchismes.

L’écroulement de l’ultra libéralisme aujourd’hui n’est dû qu’à la propension de tous les totalitarismes de finir par être suicidaire, en rien à un quelconque contrepouvoir politique de gauche ou syndical.

Pour moi Sarkozy évitait Ségolène, et préparait possiblement un PS enfin capable d’ouvrir un débat de fond sur la continuité de ses échecs. Ça n’a donné que des congrès de Reims, même l’espoir que le PS puisse toucher le fond de l’eau pour pouvoir rebondir n’est plus crédible. A quand le moment où pouvoir crier « la gauche institutionnelle est morte, vive la gauche »?

Enfin, un dernier souhait aux copains internautes, lisez les 200 premières pages de « Mes acquis sociaux » sur la mutation du travail, de l’emploi et des relations sociales, depuis la restructuration de la sidérurgie des années 70. Nous devrions pouvoir nous y reconnaître malgré le vote Sarko.

Tchao, très cordialement à tous sans distinction.

Voir enfin:

La LCR se dissout aujourd’hui, le NPA naît demain

La «dissolution politique» de la LCR doit être votée aujourd’hui au Congrès qui s’ouvre à la Plaine Saint-Denis. En devenant le Nouveau parti anticapitaliste, la formation devrait passer de 3 200 à 9 000 militants, selon Besancenot.
MATTHIEU ECOIFFIER
Libération
5 fév. 2008

«Jeudi, on se dissout et vendredi on renaît, ce qui prouve qu’on ne meurt jamais», plaisante Alain Krivine, qui fut en 1969 le premier candidat à la présidentielle de la LCR, créée dans la foulée de mai 1968 pour préparer le Grand Soir. Quarante ans après, pour surfer sur la popularité d’Olivier Besancenot (4 % à la présidentielle de 2007, 60 % d’opinion favorables dans les sondages) et occuper l’espace laissé par «la dérive social-libérale» du PS et la satellisation du PCF, la direction de la LCR lance un appel pour «un pôle anticapitaliste».

Objectif : lancer une OPA sur l’extrême gauche et la gauche de gauche en rassemblant «le meilleur de la tradition du mouvement ouvrier, trotskiste, communiste, guévariste, écologiste et féministe». Après plus d’un an de processus constituant, «qualitativement et quantitativement, l’objectif est rempli. On était 3 200 à la LCR, on est plus de 9 000 au NPA», note Besancenot. D’autres assurent que «le nombre de votants au congrès, c’est-à-dire de vrais militants engagés, tournerait plutôt entre 5 000 et 6 000».

Noyau dur et nébuleuse

«À vue de nez, il y a pas mal de jeunes, des syndicalistes, des associatifs. On n’est pas un parti « d’ex » et de déçus, plutôt des « sans-parti »», assure Besancenot. Dans les 467 comités locaux, se côtoient sous la houlette des militants de la LCR des associatifs de quartiers, des retraités du PCF, des antilibéraux des comités Bové, des anciens de Lutte ouvrière, des écologistes décroissants et des altermondialistes d’Attac. Au sein de cette nébuleuse, «les apports des nouveaux militants sont éparpillés. La LCR, seul courant national au sein du NPA, et la fraction de LO tirent les ficelles», explique un membre de la Ligue. À preuve : «La liste des 21 propositions pour rebaptiser le NPA témoigne d’une surenchère gauchiste la plus folle», dénonce Christian Picquet, du courant unitaire de la LCR.

Anticapitaliste, éco-socialiste et révolutionnaire

Officiellement, le NPA n’est plus affilié à la IVe Internationale fondée par Léon Trotski. Sa déclaration de principe prône «un socialisme du XXIe siècle». Et les préoccupations environnementales et sociétales sont plus marquées. Mais la ligne ne bouge pas : «Anticapitaliste et 100 % indépendante de la direction du PS». «Entre le NPA et la LCR, rien ne change. On attend toujours un nouveau Mai 68. Des luttes pour que ça déborde. On traîne le vieux rêve anar de la grève générale prolongée. C’est la même ligne imbécile qui ne marche pas», fustige Gilles Suze, cégétiste et historique de la Ligue. «Même à 10 000, vouloir révolutionner la société, c’est un peu mégalo», explique Picquet, qui compte défendre l’alliance avec Mélenchon et le PCF aux européennes face à une majorité du NPA plus encline «à rester sur son Aventin» pour faire la fête anticapitaliste entre soi.

One Response to Vive la crise: Tintin a ses soviets et Sarko son Le Pen de gauche! (Tintin gets his Soviets and Sarko his Le Pen of the left)

  1. […] le facteur rouge de Neuilly, la stratégie gagnante de la famille Le Pen ferait-elle d’autres émules à l’autre […]

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