Gaza: Pleurez, pleurez, il en restera toujours quelque chose (A red-green-brown alliance where green stands both for islamism and environmentalism)

Dr.Mads Gilbert with de rigueur keffiehJosé Bové with de rigueur keffiehCheKeffieh
Fashion victims in de rigueur keffieh
Au printemps, le keffieh se portera en étendard : en version classique noir et blanc, en bleu indigo ou de toutes les couleurs… Magazine féminin  
Dans le Bassin méditerranéen, les larmes ont longtemps été appointées. Aujourd’hui encore, on y trouve des pleureuses dont le métier est de symboliser l’affliction (…) L’extrême gauche, également peu réputée pour manifester sa sensibilité, est devenue en quelques mois coutumière du genre. (…) En février de cette année, Olivier Besancenot, candidat de la LCR aux dernières élections, y va aussi de sa larme quand Roger Cukierman, le président du CRIF, l’accuse à demi-mot d’antisémitisme. Jean-Didier Vincent (neurobiologiste, Le Monde, 11.06.03)
‘Se peut-il que cette guerre soit le laboratoire des fabricants de mort ? Se peut-il qu’au XXIe siècle on puisse enfermer 1,5 million de personnes et en faire tout ce qu’on veut en les appelant terroristes ? (…) Le matin de notre départ, en arrivant aux urgences, j ai demandé comment s’était passé la nuit. Une infirmière a souri. Et puis a fondu en larmes.’ A ce moment de son récit, la voix du docteur Gilbert vacille. ‘Vous voyez, se reprend-il en souriant calmement, moi aussi…’ Mads Gilbert (Propos rapportés par Le Monde)
C’est une nouvelle génération d’explosifs très puissants sous un faible volume, qui détonnent avec une extrême puissance et dont la puissance se dissipe sur une zone de cinq à dix mètres (…) Je crois qu’il y a un très fort soupçon que Gaza est actuellement utilisé comme un laboratoire d’essais pour de nouvelles armes. Mads Gilbert (sur l’aéroport Gardermoen d’Oslo)
J’ai pensé: C’est à ça que l’enfer doit ressembler. Tous les cris, tout le désespoir, tout le sang, tous les membres arrachés. Mads Gilbert
Si le gouvernement des États-Unis a un droit légitime de bombarder et de tuer des civils en Irak, les opprimés ont de même un droit moral d’attaquer les États-Unis avec leurs armes à eux. Les morts civils sont les mêmes qu’ils soient américains, palestiniens ou irakiens. Dr. Mads Gilbert (sur les attentats du 11/9, le 30 septembre 2001)
L’Etat d’Israël est en train de mener une guerre de purification ethnique dans les territoires palestiniens. Nous avons passé 48 heures dans les camps d’internement de l’armée israélienne, où des centaines de Palestiniens, raflés en pleine nuit, sont emprisonnées, les yeux bandés. José Bové (Ramallah, avril 2002)
Il faut se demander à qui profite le crime. Je dénonce tous les actes visant des lieux de culte. Mais je crois que le gouvernement israélien et ses services secrets ont intérêt à créer une certaine psychose, à faire croire qu’un climat antisémite s’est installé en France, pour mieux détourner les regards. José Bové (de retour de Ramalah, Libération, avril 2002)
Vive le Hamas, le Hamas vaincra! Patrick Farbiaz (conseiller politique de Noël Mamère, 2003)
Cette alliance brun-vert-rouge donne le frisson. Elle guette les faux pas des démocrates. Roger Cukierman (janvier 2003)
L’antisionisme est le nouvel habit de l’antisémitisme. Demain, les universitaires qui boycottent Israël demanderont qu’on brûle les livres des Israéliens, puis les livres des sionistes, puis ceux des juifs. Roger Cukierman (président du CRIF, janvier 2003)
Je pense que, de la part de ces gens-là, c’est une espèce de fonctionnement réflexe qui date des années 70, ou encore de Sabra et Chatila, où, tout à coup, la cause palestinienne est devenue le nouveau Vietnam. C’est une cause qui a cristallisé l’imaginaire de la gauche. On ne réfléchit plus assez à la violence qu’il y a dans la deuxième Intifada, ce que cela veut dire pour les Israéliens dans leur vie quotidienne. Et cela doit remettre en question un certain discours, ce qui est difficile à faire pour la gauche. Aurélie Filippetti (Porte-parole des Verts, juin 2003)
Les larmes serviraient-elles, elles aussi, à faire la guerre?

« Camp de concentration » (cardinal du Vatican, Le Pen), « ghetto » (Le Pen), « enfer », « laboratoire de fabricants de la mort, crime de guerre, génocide »  (Mads Gilbert) …

Au lendemain du retour triomphal de l’enfer de Gaza (pavé, comme il se doit, de bonnes intentions) …

Des deux célèbres médecins du Comité norvégien d’aide (NORWAC, également associé au Liban-sud avec une association affiliée au Hezbollah) qui avaient déclaré, on s’en souvient, qu’ils « n’avaient jamais été confrontés à un tel niveau d’horreur ou de blessures aussi abominables même lors de leurs précédentes actions humanitaires au Liban, en Iraq et en Afghanistan ».

Et qui avaient également courageusement révélé au monde les nouvelles armes terribles qu’Israël testait dans le laboratoire à ciel ouvert qu’était devenu Gaza, des armes qui non seulement limitaient les dommages collatéraux mais en plus faisaient des blessés et… tuaient!

Comment ne pas reconnaitre, comme le rappelait récemment Pierre Lefebvre sur Primo-Europe, dans cette nouvelle race de pleureuses nostalgiques de la lutte anti-américaine (pardon: anti-impérialiste) des années Vietnam reconvertis dans l’antisémitisme (pardon: antisionisme) …

Ce même « courant d’extrême-gauche, anti-mondialiste, anti-capitaliste, anti-américain, anti-sioniste » qu’en France le président du CRIF Roger Cukierman avait justement désignés en janvier 2003 sous le terme d’alliance « brun, vert, rouge » où le vert désignerait non plus ou plus seulement l’islamisme mais les écologistes?

Comme notre José Bové national, « chef » d’un « syndicat paysan » qui « défie nos lois, et développe une agitation fébrile qui le conduit à défendre les paysans français de Durban à Porto Alegre, et de Gênes à Ramallah, en passant par Seattle », l’amenant aussi bien à accuser Israël de « purification ethnique » qu’à suggérer l’implication du Mossad dans les attaques de synagogues en France.

Ou un conseiller politique du député vert Noël Mamère et accessoirement ancien secrétaire général du Réseau Voltaire (de notre négationniste du 11/9 national Thierry Meyssan) et co-auteur avec son patron d’un magistral « Dangereuse Amérique », le Vert Patrick Farbiaz, qui, selon des témoins depuis condamnés en justice, aurait lancé lors du CNIR des Verts de janvier 2003, un retentissant « Vive le Hamas, le Hamas vaincra »!

Ou même notre Mamère national lui-même qui, (surprise !) comme un certain Mads Gilbert, avait évoqué, lors de l’émission littéraire de France 2 Campus ce même janvier 2003,  la « divine surprise », pour Bush bien sûr, des attentats du 11 septembre …

Mads Gilbert, l’homme providentiel
Pierre Lefebvre
Primo, 8 janvier 2009

La société civile de Norvège, ses médias, ses Eglises, ses syndicats ont donné un magnifique exemple de concertation larmoyeuse.

Et les médias arabes ne cessent de vanter les exploits d’une équipe médicale norvégienne menée par le docteur Mads Gilbert.

Selon les médias, les membres de cette équipe ont été envoyés par le Norwegian Aid Committee (NORWAC) et ont réussi à entrer dans la bande de Gaza, le 31 décembre dernier, à partir de l’Egypte, afin de renforcer les équipes médicales palestiniennes.

C’est du moins ce que disent les journalistes palestiniens sur place.

Que cette équipe soit utile sur place est absolument indubitable. Que les hôpitaux de Gaza aient un urgent besoin d’aide, de fournitures, l’est aussi.

Quel système de santé pourrait affronter seul le drame épouvantable qui frappe la population palestinienne ?

Si une telle opération avait lieu dans un pays européen, le pays victime aurait déjà reçu des propositions d’aide venues de toute le continent et même au delà.

Critiquant l’immobilisme de la communauté internationale, Mads Gilbert n’a pas de mots assez durs pour dénoncer les méfaits de l’armée israélienne à Gaza, allant jusqu’à parler de génocide et de crime contre l’humanité.

Le docteur fait la fierté de la Norvège, petit pays qui se mobilise pour lutter contre un pays plus petit que lui, Israël.

Il y a quelques jours, tous les trains et tramways de Norvège ont marqué un arrêt de deux minutes pour observer un silence, en solidarité avec les victimes du carnage de Gaza.

Les 6 principaux syndicats professionnels et de nombreuses associations se sont mobilisés pour demander à l’Etat norvégien d’arrêter tout projet d’investissement ou de coopération économique avec l’Etat d’Israël.

Le principal syndicat du secteur de la distribution, The Union of Trade and Office Workers, appelle tous ses membres à se mobiliser pour demander à leurs employeurs de boycotter les produits israéliens. Un autre syndicat, The Confederation of Norwegian Trade Unions condamne l’action d’Israël.

Les citoyens norvégiens, du moins ceux qui ne manifestent pas, découvrent avec stupéfaction l’existence de ce médecin des pauvres, version moderne de saint Vincent de Paul et du docteur Schweitzer.

Tout cela est bel et bon.

Dans ce concert louangeur, il faut tout de même apporter quelques précisions et tant pis si elles sont autant de fausses notes.

En fait d’équipe médicale, il faut noter qu’elle est composée de deux médecins en tout et pour tout, Mads Gilbert et Erik Fosse. Un pays entier qui se mobilise, selon les sites Internet pro-palestiniens en Europe, pourrait faire mieux.

Il faut ensuite regarder d’un peu plus près la personnalité de Mads Gilbert. Si cet homme sauve des vies à Gaza, il est permis de mettre en doute son impartialité.

En Norvège, il est seulement connu dans un tout petit milieu extrêmement actif et tout à fait confidentiel. Et il y est connu pour ses opinions d’ultra gauche, ce qui n’est pas un défaut en soi.

Il s’avère que c’est un militant pro-palestinien résolument engagé dans la lutte des peuples arabes contre l’impérialisme américain, et ce, depuis les années 70.

Bien avant que ce conflit n’éclate, il a accusé Israël et les Etats-Unis de commettre des crimes de guerre au Moyen-Orient.

Mais voici le plus grave : Gilbert le fou, (Mads en anglais) à l’instar du Vert maire de Bègles, s’est réjoui des attentats du 11 septembre 2001.

Noël Mamère avait qualifié ces horreurs de « divine surprise ». « Divine surprise » pour l’administration Bush qui, selon Mamère, aurait considéré cette attaque comme l’aubaine tant attendue afin d’engager un conflit ouvert avec le monde islamique (1).

Mads Gilbert en a fait l’apologie, affirmant à la télévision que, bien que le terrorisme soit une mauvaise réponse, il était favorable à de telles actions et heureux que celle-ci ait pu avoir lieu.

Mads Gilbert, visiblement, éprouve de la compassion pour les victimes civiles, à condition que celles-ci n’aient pas d’attaché-case et ne participent pas à l’horrible expansion du capitalisme américain. Mads Gilbert a beau prendre une posture d’humaniste, il fait bel et bien une discrimination entre les victimes en fonction du groupe humain auquel elles appartiennent.

Encore une fois, il faut plaider auprès d’Israël pour que la situation, la santé des civils soit épargnée au maximum pendant ces opérations.

Si l’option des corridors humanitaires n’est pas techniquement réalisable, il faut demander à Israël d’assurer le ravitaillement des hôpitaux de Gaza afin que le personnel médical puisse travailler dans les meilleures conditions possibles.

D’ailleurs, il le fait. Les blessés de ce conflit sont également transportés dans des hôpitaux israéliens, comme toujours depuis plus de vingt ans. Mais les médias ne le disent pas.

Il faut, et de manière concomitante, relever et dénoncer l’attitude du Hamas, qui interdit à son peuple blessé tout accès aux soins pourtant proposé par l’Egypte.

Cela, le bon docteur oublie de le dénoncer. Il est trop occupé à répondre aux questions des journalistes d’Al Jazeera et de la télévision du Hamas. On notera sur les vidéos qu’il a le temps de changer de blouse avant d’être filmé, ce qui indique chez lui le souci du détail.

Une fois que l’opération « plomb durci » sera terminée, on peut prendre les paris que le docteur Gilbert sera célébré un peu partout en Europe, qu’il participera à des « talkshows » dans les principales télévisions.

Il sera l’invité des grands « colloques » internationaux en compagnie de Dieudonné, Thierry Meyssan, Stéphane Hessel et Tarik Ramadan.

Mads Gilbert était un glorieux inconnu dans son pays jusqu’à ce mois de Janvier 2009. Il sera accueilli en Norvège comme un héros national.

Il aura alors tout loisir de développer ses thèses sur le mal américain, sur l’impérialisme israélien.

Il pourra même improviser sur les nouvelles armes israéliennes à l’uranium appauvri et dénoncer leur utilisation par l’armée israélienne.

A cheval donné, regardons les dents.

Et celles de Gilbert sont longues. Il sait qu’il est désormais une des principales voix de la conscience internationale et il en abuse. Il a enfin sa tribune pour vomir sa haine d’Israël.

Et il se fait hardiment le complice de la propagande islamiste en ne dénonçant pas une seule fois l’horreur absolue qui est l’utilisation des femmes et des enfants comme boucliers humains

Si des dizaines d’habitants de Gaza ont pu être sauvé grâce aux interventions de cet homme, il faut s’en réjouir. Si des souffrances ont pu être évitées, si des plaies ont pu cicatriser, nul n’aurait assez de cruauté pour s’en plaindre.

Mais il faut aujourd’hui prendre date et dénoncer, par anticipation, le sulfureux mélange de l’idéologie et de la médecine. On ne peut pas sauver des vies à Gaza et se réjouir de la mort de milliers d’américains. Un certain Hippocrate avait déjà prévu le coup :

Je respecterai toutes les personnes, leur autonomie et leur volonté, sans aucune discrimination selon leur état ou leurs convictions… Même sous la contrainte, je ne ferai pas usage de mes connaissances contre les lois de l’humanité… Je n’exploiterai pas le pouvoir hérité des circonstances pour forcer les consciences… Je ne me laisserai pas influencer par la soif du gain ou la recherche de la gloire (serment d’Hippocrate).

On ne saurait mieux dire.

Voir aussi:

Des médecins évoquent l’usage « d’un nouveau type d’arme » à Gaza
Sophie Shihab
Al-Arish (Egypte), envoyée spéciale
Le Monde
12.01.09

Des blessés d’un type nouveau – adultes et enfants dont les jambes ne sont plus que des trognons brûlés et sanguinolents – ont été montrés ces derniers jours par les télévisions arabes émettant de Gaza. Dimanche 11 janvier, ce sont deux médecins norvégiens, seuls occidentaux présents dans l’hôpital de la ville, qui en ont témoigné.

Les docteurs Mads Gilbert et Erik Fosse, qui interviennent dans la région depuis une vingtaine d’années avec l’organisation non gouvernementale (ONG) norvégienne Norwac, ont pu sortir du territoire la veille, avec quinze blessés graves, par la frontière avec l’Egypte. Non sans ultimes obstacles : « Il y a trois jours, notre convoi, pourtant mené par le Comité international de la Croix-Rouge, a dû rebrousser chemin avant d’arriver à Khan Younès, où des chars ont tiré pour nous stopper », ont-ils dit aux journalistes présents à Al-Arish.

Deux jours plus tard, le convoi est passé, mais les médecins, et l’ambassadeur de Norvège venu les accueillir, furent bloqués toute la nuit « pour des raisons bureaucratiques » à l’intérieur du terminal frontalier égyptien de Rafah, entrouvert pour des missions sanitaires seulement. Cette nuit-là, des vitres et un plafond du terminal furent cassés par le souffle d’une des bombes lâchées à proximité.

« A 2 MÈTRES, LE CORPS EST COUPÉ EN DEUX; À 8 MÈTRES, LES JAMBES SONT COUPÉES, BRÛLÉES »

« A l’hôpital Al-Chifa, de Gaza, nous n’avons pas vu de brûlures au phosphore, ni de blessés par bombes à sous-munitions. Mais nous avons vu des victimes de ce que nous avons toutes les raisons de penser être le nouveau type d’armes, expérimenté par les militaires américains, connu sous l’acronyme DIME – pour Dense Inert Metal Explosive », ont déclaré les médecins.

Petites boules de carbone contenant un alliage de tungstène, cobalt, nickel ou fer, elles ont un énorme pouvoir d’explosion, mais qui se dissipe à 10 mètres. « A 2 mètres, le corps est coupé en deux; à 8 mètres, les jambes sont coupées, brûlées comme par des milliers de piqûres d’aiguilles. Nous n’avons pas vu les corps disséqués, mais nous avons vu beaucoup d’amputés. Il y a eu des cas semblables au Liban sud en 2006 et nous en avons vu à Gaza la même année, durant l’opération israélienne Pluie d’été. Des expériences sur des rats ont montré que ces particules qui restent dans le corps sont cancérigènes », ont-ils expliqué.

Un médecin palestinien interrogé, dimanche, par Al-Jazira, a parlé de son impuissance dans ces cas : « Ils n’ont aucune trace de métal dans le corps, mais des hémorragies internes étranges. Une matière brûle leurs vaisseaux et provoque la mort, nous ne pouvons rien faire. » Selon la première équipe de médecins arabes autorisée à entrer dans le territoire, arrivée vendredi par le sud à l’hôpital de Khan Younès, celui-ci a accueilli « des dizaines » de cas de ce type.

Les médecins norvégiens, eux, se sont trouvés obligés, ont-ils dit, de témoigner de ce qu’ils ont vu, en l’absence à Gaza de tout autre représentant du « monde occidental » – médecin ou journaliste : « Se peut-il que cette guerre soit le laboratoire des fabricants de mort ? Se peut-il qu’au XXIe siècle on puisse enfermer 1,5 million de personnes et en faire tout ce qu’on veut en les appelant terroristes ? »

Arrivés au quatrième jour de la guerre à l’hôpital Al-Chifa qu’ils ont connu avant et après le blocus, ils ont trouvé un bâtiment et de l’équipement « au bout du rouleau », un personnel déjà épuisé, des mourants partout. Le matériel qu’ils avaient préparé est resté bloqué au passage d’Erez.

« Quand cinquante blessés arrivent d’un coup aux urgences, le meilleur hôpital d’Oslo serait à la peine, racontent-ils. Ici, les bombes pouvaient tomber dix par minutes. Des vitres de l’hôpital ont été soufflées par la destruction de la mosquée voisine. Lors de certaines alertes, le personnel doit se réfugier dans les corridors. Leur courage est incroyable. Ils peuvent dormir deux à trois heures par jour. La plupart ont des victimes parmi leurs proches, ils entendent à la radio interne la litanie des nouveaux lieux attaqués, parfois là où se trouve leur famille, mais doivent rester travailler… Le matin de notre départ, en arrivant aux urgences, j ai demandé comment s’était passé la nuit. Une infirmière a souri. Et puis a fondu en larmes. »

A ce moment de son récit, la voix du docteur Gilbert vacille. « Vous voyez, se reprend-il en souriant calmement, moi aussi… »

Voir de plus:

Le président du CRIF met en garde l’extrême gauche contre une « alliance brun-vert-rouge »
Xavier Ternisien et Nicolas Weill
Le Monde
28.01.03

Roger Cukierman a dénoncé l’« antisionisme » qui, selon lui, règnerait au sein des partis trotskistes et du mouvement antimondialisation. Jean-Pierre Raffarin a stigmatisé les « actes antijuifs »

ROGER CUKIERMAN, président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), a fait sensation, samedi 25 janvier, lors de son traditionnel dîner annuel, en dénonçant, « à côté de l’extrême droite nostalgique », « l’antisionisme » règnant, selon lui, dans des « partis révolutionnaires tels Lutte ouvrière et la LCR », ainsi que dans le courant anti-mondialisation, faisant allusion, sans le nommer à José Bové.

Devant une douzaine de ministres (Nicolas Sarkozy, Dominique Perben, Michèle Alliot-Marie, Xavier Darcos, Patrick Devedjian…), le président du Sénat, Christian Poncelet, et celui de l’Assemblée, Jean-Louis Debré, ainsi que Laurent Fabius et le maire de Paris, Bertrand Delanoë, il a souligné que les juifs se sentaient « privés de l’amitié de trop de ces compagnons d’autrefois et de ces organisations censées défendre les droits de l’homme qui, sous couvert d’humanisme, se fondent dans les extrémismes ». Avant de résumer son analyse dans une formule choc : « Cette alliance brun-vert-rouge donne le frisson. Elle guette les faux pas des démocrates. »

C’en était trop pour le nouveau secrétaire national des Verts, Gilles Lemaire, qui a quitté la salle. Cette sortie intervient après d’une autre polémique. Un article paru sur le site internet Proche-Orient. info affirmait en effet que Patrick Farbiaz, assistant parlementaire de Noël Mamère (et auteur avec lui d’une Dangereuse Amérique, Ramsay), se serait écrié, en marge du Conseil national des Verts, samedi 11 janvier : « Vive le Hamas, Hamas vaincra ». M. Farbiaz a démenti avoir tenu ces propos et porté plainte.

Se solidarisant avec M. Lemaire, la LCR a déclaré, dimanche, que les propos du président du CRIF constituaient « une insulte à l’égard de tous les antifascistes ». Patrick Gaubert, président de la Ligue contre le racisme et l’antisémitisme (Licra), il estime, dans un entretien à Libération du 27 janvier, qu’ « on ne peut accuser ni les Verts, ni la LCR d’antisémitisme », tout en notant que certaines manifestations anti-israéliennes avaient donné lieu à des dérives. Quant à Michel Tubiana, président de la Ligue des droits de l’homme, il a qualifié ces propos d’ « inadmissible » et « irresponsables ». Dimanche, le CRIF cherchait l’apaisement en affirmant sa volonté de poursuivre le dialogue, « y compris avec les Verts et leurs dirigeants ».

M. Cukierman s’est surtout inquiété de la persistance d’actes antijuifs, même s’il sont en diminution depuis mai 2002. Ils continuent à être la première préoccupation de la communauté juive organisée, éclipsant des sujets comme la mémoire de la Shoah ou les spoliations. A écouter son discours, il semble avoir trouvé une écoute plus attentive qu’auprès du précédent gouvernement. Le premier ministre a constaté que « l’antisémitisme et les actes antijuifs, dont on aurait voulu se croire définitivement débarrassés, sont réapparus ». Jean-Pierre Raffarin a toutefois relevé comme une « bonne nouvelle » le rejet par l’opinion et les intellectuels des appels à boycotter les scientifiques israéliens.

Il s’est particulièrement inquiété de l’émergence d’un climat d’antisémitisme au sein des établissements scolaires – mis récemment en lumière dans l’ouvrage d’un collectif d’enseignants sous la direction d’Emmanuel Brenner ( Territoires perdus de la République, Fayard), qui était distribué aux participants du dîner du CRIF. « Dans certains établissements, il devient difficile pour les professeurs d’aborder la Shoah ou de prononcer même le nom d’Israël, a insisté M. Raffarin. L’objectif prioritaire est de mieux aider les établissements et les enseignants à lutter contre ces phénomènes inacceptables ».

Au sujet des rumeurs circulant sur une possible mise en scène dans l’agression du rabbin Gabriel Farhi ( Le Monde du 24 janvier), le président du CRIF s’est contenté d’affirmer : « Nous voulons, non pas des rumeurs dévastatrices, mais la vérité, toute la vérité. » M. Cukierman a souligné que son institution s’efforçait « de maintenir des contacts avec des responsables musulmans modérés ». S’adressant aux musulmans français, il a poursuivi : « Concentrons-nous sur ce qui, dans nos cultures, nous unit et qui est considérable, retrouvons toutes les voies du dialogue, pour mieux vivre ensemble, mieux nous estimer, mieux nous respecter. Ce pays ne doit pas importer la violence du Proche-Orient. » Seul représentant du culte musulman présent, le recteur de la Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, a été chaleureusement applaudi en tant que « futur président du Conseil français du culte musulman ».

Roger Cukierman a défendu l’école laïque et la laïcité, « une ardente obligation » selon lui. Comme en écho, M. Raffarin a fait un éloge vibrant de la laïcité, qui est « notre cadre commun » et « permet à la France d’être une terre de tolérance, […] de ne pas être une juxtaposition de communauté. » Semblant se démarquer de certains ministres, comme Pierre Bédier ou Jean-François Copé, qui souhaitent une révision de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat ( Le Monde du 18 janvier), il a souligné que cette loi demeure « d’une actualité majeure. Je suis très attentif à ce que l’équilibre subtil qu’elle a institué et qui régit depuis un siècle les relations entre les Eglises et l’Etat demeure préservé. »

Voir également:

Manifestation contre « l’appel au boycott » des universités d’Israël
Luc Bronner et Xavier Ternisien
Le Monde
08.01.03

Plusieurs centaines de personnes ont protesté devant la faculté de Jussieu

Plusieurs centaines de personnes – 2 500 selon la police – ont manifesté, lundi 6 janvier, devant le campus de Jussieu, à Paris, pour dénoncer une motion de l’université Paris-VI appelant à la remise en cause des accords de coopération entre l’Union européenne et Israël ( Le Monde du 7 janvier). Rassemblés à l’appel de l’Union des étudiants juifs de France (UEJF), Bernard-Henri Lévy, Alain Finkielkraut et Alexandre Adler, des responsables politiques comme le député (UMP) de Paris Pierre Lellouche, des responsables associatifs comme Yassir Fichtali, président de l’Union nationale des étudiants de France (UNEF), et l’avocat Arno Klarsfeld ont fustigé ce qu’ils considèrent comme un « appel au boycott ». Le philosophe Alain Finkielkraut s’en est pris aux universitaires inspirés par « l’esprit de Durban » – référence à une conférence où le sionisme avait été assimilé au racisme, fin 2001. « L’antisionisme est le nouvel habit de l’antisémitisme, a lancé Roger Cukierman, président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF). Demain, les universitaires qui boycottent Israël demanderont qu’on brûle les livres des Israéliens, puis les livres des sionistes, puis ceux des juifs. »

Dans la foule, on remarquait la présence du député (PS) du Val-d’Oise et ancien ministre, Dominique Strauss-Kahn, accompagné d’Anne Sinclair, de Serge Blisko, député (PS) de Paris. Très unitaire, la manifestation rassemblait des représentants des Fils et filles des déportés juifs de France, du B’nai B’rith, de Shalom Archav, et de la Ligue contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Licra). Plusieurs drapeaux français flottaient, mais aussi, sans que personne ne semble s’en inquiéter, quelques fanions jaunes de la Ligue de défense juive, organisation extrémiste interdite en Israël. Un représentant du mouvement pacifiste Shalom Archav, qui a pris la parole à l’issue de la manifestation, s’est fait huer quand il a déclaré que « la colonisation ne mène nulle part ».

Face-à-face tendu

Protégés par un cordon de CRS et retranchés derrière la grille de l’université, une cinquantaine de militants pro-palestiniens ont scandé des slogans hostiles à la politique d’Israël, qualifiant Ariel Sharon d’ « assassin » et appelant au démantèlement des colonies. Le face-à-face entre manifestants anti-boycott et militants pro-palestiniens est resté très tendu pendant le rassemblement. Des projectiles, notamment des oeufs, ont été lancés sur les défenseurs de la motion. A l’issue du rassemblement, une trentaine de jeunes pro-palestiniens, poursuivis par des militants pro-israéliens, ont dû être protégés par la police pour quitter le quartier.

Peu avant la manifestation, Gilbert Béréziat, président de l’université Paris-VI, avait tenté d’apaiser les tensions. Dans un communiqué, il a souligné que le conseil d’administration « a repoussé toute idée de boycott ou de moratoire dans les relations entre l’université Pierre et Marie Curie et les universités israéliennes ». Il s’est prononcé en faveur d’une coopération avec les universités palestiniennes et israéliennes. Le conseil d’administration de Paris-VII (Denis-Diderot), également sur le campus de Jussieu, devait à son tour voter, mardi 7 janvier, sur l’éventualité d’un « moratoire sur les échanges scientifiques et techniques avec les institutions israéliennes ».

Le vote de la motion a continué à susciter des réactions notamment dans le milieu politique. « La proposition de boycott des universités israéliennes est un acte qui encourage le fanatisme et l’obscurantisme », a estimé l’ancien ministre de l’éducation, Jack Lang. Bertrand Delanoë, maire de Paris, a qualifié le vote d’ « acte choquant » et de « tragique erreur ».

Jean-Paul Huchon, président (PS) du conseil régional d’Ile-de-France, s’est dit « profondément choqué ». Roger Karoutchi, président du groupe UMP au conseil régional d’Ile-de-France, s’est déclaré inquiet et a demandé au ministre de l’éducation, Luc Ferry, de « prendre des initiatives pour garantir le bon déroulement du travail universitaire ».

Voir enfin:

Au coeur du sentiment
La source des larmes : culturelle… et politique
Virginie Malingre
Le Monde
11.06.03

Biologiquement parlant, les larmes sont d’abord la manifestation physique de la libération de l’hypertonus provoqué par un débordement d’émotions, tristes ou joyeuses. Comme tout ce qui relève du système nerveux parasympathique, elles ont, de plus, une valeur protectrice : en lubrifiant les yeux, elles leur évitent inflammations et conjonctivites diverses. Mais les pleurs s’inscrivent aussi dans l’histoire des sociétés humaines. Et leur usage varie au gré des cultures, des pays et des époques.

« Dans le Bassin méditerranéen, les larmes ont longtemps été appointées. Aujourd’hui encore, on y trouve des pleureuses dont le métier est de symboliser l’affliction », souligne le neurobiologiste Jean-Didier Vincent, auteur de La Biologie des passions (Ed. Odile Jacob 1986). En Corse, on trouve encore des femmes qui s’adonnent au Vocero pour accompagner une mort, comme celles qui pleuraient la fin d’Hector dans l’ Iliade.

De manière générale, les sociétés très christianisées sont adeptes des larmes, qui symbolisent tantôt l’accablement lié au sentiment du péché, tantôt la componction, voire la joie. Il y a les larmes du Christ, et son sermon sur la montagne : « Bienheureux ceux qui pleurent parce qu’ils seront consolés. » Et celles de Pascal lorsqu’il trouve la foi, la nuit du Mémorial.

« Au Moyen Age, dans les prières, on demandait, comme Saint-Louis, le don des larmes, rappelle Jean-Didier Vincent. Puis vint le XVe siècle, qui voulait des hommes forts et guerriers et méprisait les pleurs. » Ceux-ci, dès lors, furent réservés aux femmes et aux enfants, ces êtres faibles. Au XVIIIe siècle, on pleure à tout bout de champ, comme en témoignent les romans d’amour de l’époque.

Devenues à la mode

Et aujourd’hui ? Toute honte bue, les larmes sont franchement devenues à la mode. La télé-réalité en est friande, et tout animateur qui se respecte cherche son pleureur. Le gros plan sur des yeux mouillés assure l’empathie, la compassion du public. Les médias adorent. Et ils sont servis par les politiques, qui ne cachent plus leurs pleurs.

Ceux de Simone Veil, en 1975, alors qu’elle doit affronter les insultes des députés pour vouloir légaliser l’avortement, ont longtemps fait figure d’exception. C’est à Christine Boutin, à l’hiver 1998, que revient de lancer la nouvelle tendance. La députée UMP, en pasionaria de la tradition familiale, éclate en sanglots dans l’hémicycle alors que le débat sur le pacs fait rage. Elle saura exploiter l’épisode, en déclarant le lendemain qu’une personne « haut placée » lui a envoyé un bouquet de fleurs consolateur. En novembre 1999, elle publie, chez Plon, Les Larmes de la République…

Depuis, elles ont fait florès, ces larmes de la République. Martine Aubry, pourtant habituée aux duretés de la vie politique, n’a pas résisté à sa défaite aux élections législatives de Lille, en juin 2002. L’extrême gauche, également peu réputée pour manifester sa sensibilité, est devenue en quelques mois coutumière du genre. En mars 2002, Arlette Laguiller craque alors qu’elle doit répondre à une question posée au « Grand jury RTL – Le Monde – LCI » sur l’enterrement de Pierre Bois, autre figure historique de LO.

En février de cette année, Olivier Besancenot, candidat de la LCR aux dernières élections, y va aussi de sa larme quand Roger Cukierman, le président du CRIF, l’accuse à demi-mot d’antisémitisme. Thierry Ardisson aurait pu couper ces images au montage. Gageant que cela plaît, il choisit de les exploiter… Même un Jean-Marie Messier ne cache pas ses larmes quand il fait ses adieux aux salariés du siège de Vivendi, en juillet 2002, et évoque son « déchirement personnel ».

Là, sans doute, est la nouveauté : le sexe masculin s’autorise aujourd’hui les pleurs auxquels il lui était hier interdit de succomber. Bientôt, affirme le psychiatre Patrick Lemoine dans Le sexe des larmes. Pourquoi les femmes pleurent plus et mieux que les hommes ? (Ed. Robert Laffont, 2002), il pleurera sans retenue…

6 commentaires pour Gaza: Pleurez, pleurez, il en restera toujours quelque chose (A red-green-brown alliance where green stands both for islamism and environmentalism)

  1. […] l’heure, où après l’avoir exigé d’Israël à Gaza, c’est maintenant aux forces de l’ordre qu’on demande des comptes pour les incroyables […]

    J'aime

  2. […] Au printemps, le keffieh se portera en étendard : en version classique noir et blanc, en bleu indigo ou de toutes les couleurs… Magazine féminin […]

    J'aime

  3. Welding jobs can also introduce the patrons to robotics and construction professions.
    whenever they finish their training they usually have not just acquired classroom skill, they have acquired some certificates and also hundreds of hours as part of hands on encounter.

    is actually the work that these pipe welding jobs give out to you, worthwhile in the long run.
    This particular might be a good place to find extreme firm that has the capacity to handle a extended range
    extreme dimensions welding work. When the foundation is strong than the coming future is actually actually better.

    J'aime

  4. […] à eux. Les morts civils sont les mêmes qu’ils soient américains, palestiniens ou irakiens. Dr. Mads Gilbert (sur les attentats du 11/9, le 30 septembre […]

    J'aime

  5. jcdurbant dit :

    H&M FINDS ULTIMATE WEAPON AGAINST SEXISM (Twenty-three year old Mariah Idrissi looks kickass in the H&M ad)

    « There are no rules. »

    H&M slogan

    “Hijab includes the way a person walks, talks, looks and thinks. All of it should be done modestly and applies to both men and women. »

    Mariah Idrissi

    http://www.thenewsteller.com/showbiz/fashion/hm-introduces-its-first-hijab-wearing-model-mariah-idrissi/25091/

    ‘They asked how much in terms of neck I could show, but to be honest they were very respectful.’ If the cameramen noticed something not quite right, they would call a woman over to fix me, it was sweet.’

    Mariah Idrissi

    She also said the brand were totally accommodating and provided a private dressing area and limited male interaction.

    Mariah is the first Muslim woman wearing a hijab to be featured in an advert for H&M, the world’s second largest fashion retailer.

    Ms Idrissi is a Londoner of Pakistani and Moroccan heritage who began wearing a hijab at 17.

    http://metro.co.uk/2015/09/27/hm-features-its-first-muslim-model-wearing-a-hijab-and-she-looks-completely-awesome-5409478/

    http://fusion.net/story/203380/mariah-idrissi-hm-hijabi-fashion-model/

    The hijab helps women be treated for their minds, not their looks.

    Aziza Al-Yousef (Saudi professor)

    Interest is spreading beyond the Islamic world, too. London and Paris recently started their own events, and this year saw America’s first Islamic Fashion Week. Mainstream styles are being influenced, too. John Galliano’s couture collections and H&M, a high-street giant, have featured turbans and Middle East-inspired designs

    http://www.economist.com/news/international/21601249-designers-are-profiting-muslim-womens-desire-look-good-hijab-couture

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :