Manifestations: A Clichy-sous-bois comme à Gaza, l’intifada vaincra! (The Left’s strange love affair with islamofascism)

Pro-Palestine demo (Paris)C’est la gauche israélienne et votre camp de la paix qui nous ont finalement encouragés à continuer nos attaques-suicide. Responsable du Hamas (décembre 2004)
Blocus ?! S’il y a blocus, c’est celui de l’honnêteté et du respect des gens, sciemment désinformés pour une bien vilaine besogne, par le PCF et ses alliés du Collectif. (…) La paix, ce n’est pas les mensonges pour tromper les peuples et les dresser les uns contre les autres comme des chiens sauvages ou enragés. La paix est un processus bilatéral ; il ne sera possible qu’autant que la majorité des Palestiniens sera capable de mettre à la raison les hommes et les organisations pour lesquels la « libération de la Palestine » n’est qu’un prétexte, s’articulant dans un cadre plus vaste, celui du djihad mondial comme l’enseigne Hamas aux enfants et aux adolescents de Gaza invité à aller se faire exploser au milieu des « yahoud » impies. Alain Rubin
Faut-il rappeler, d’autre part, que les milliers de Palestiniens tués, lors de l’opération « Septembre noir », dans les années 1970, par les Jordaniens, les morts par milliers, chiites ou sunnites, en Irak et ailleurs, suite à des attentats suicides, prônés par ailleurs par le Hamas, la mort de plusieurs centaines de militants de l’autorité palestinienne, lynchés sans procès lors du putch du Hamas à Gaza, ne sont pas le fait de l’Etat sioniste ? Le drame du Darfour n’est pas le fait de l’impérialisme américain et de son allié israélien, mais celui des milices islamistes. (…) Nous constatons que ceux qui, aujourd’hui, accusent Israël de crime de guerre, et manifestent contre cela (sans se soucier de l’aubaine que cela représente pour les fous d’Allah), ne sont pas dans la rue quand des attentats suicides causent des milliers de morts, aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, en France, en Espagne, en Algérie, au Maroc, en Tunisie, en Egypte, en Irak, en Indonésie, et partout dans le monde où la culture de la mort sévit, au nom du prophète. Tant pis pour les musulmans et les populations arabes, premières victimes de ce fascisme religieux, il ne faut pas détourner les masses du seul vrai combat : celui contre l’impérialisme américain, et son allié sioniste. Riposte laïque
On voulait d’abord entendre les forces de la résistance libanaise. On cherchait à créer sur le long terme des contacts permanents pour pouvoir mettre la résistance libanaise en relation avec le mouvement social et altermondialiste (…) même si le projet de société à long terme n’est pas le même, il y a des points d’accord tactiques…. Nicolas Qalander (responsable de la délégation LCR auprès du Hezbollah, Rouge, 2/09/06)
A travers cette guerre, il s’agissait d’abord d’infliger une défaite politico-militaire à l’Iran et à la Syrie, qui soutiennent le Hezbollah et sont surtout les deux puissances régionales refusant la politique américaine… Christian Picquet (Rouge, 2/09/06)
Le Hezbollah n’est pas encore assez conscient qu’il est un mouvement de théologie de la libération. Mais c’est le seul mouvement islamiste qui vienne dans les forums sociaux mondiaux et européens. (…) Il y a une alliance pratique et politique entre le Hezbollah, le Parti communiste libanais et le Parti du peuple, qui est un parti nationaliste de gauche. Ils se voient régulièrement et ne dissimulent pas les points de divergence. Le PCL, par exemple, reproche au Hezbollah de n’avoir jamais participé à des manifestations de revendications sociales, alors que sa base est composée de pauvres, de paysans, d’ouvriers. (…) Le Hezbollah dit parfois : « Vous avez raison, on n’était pas assez conscients de cela. » Il faut comprendre le Hezbollah comme un phénomène jeune, qui évolue beaucoup. C’est très important. C’est aussi un mouvement qui est libéré des dogmes hérités. Nahia Chahal (ex-responsable de l’OACL, Organisation d’action communiste du Liban, Rouge, 15/09/06)

Chômage et pénuries chroniques, destruction d’installations maraîchères, attaques de centrale électrique et de convois humanitaires, bombardements quotidiens des kibboutz et localités israéliennes, utilisation revendiquée de sa population civile comme boucliers humains …

La lutte contre l’impérialisme a décidément bon dos et, sous prétexte de ne pas désespérer Clichy-sous-bois, le stalinisme français un cadavre décidément bien peu regardant.

Au lendemain d’une deuxième série de manifestations du PCF et ses alliés du « collectif pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens » (et en Irak la semaine dernière l’attentat-suicide d’un jihadiste en pleine manif) …

Retour, avec plusieurs tribunes des sites Riposte laïque et Respublica sur les dérives et les complaisances criminelles de toute une partie de la gauche fascinée par les modèles totalitaires …

Comme les faussaires politiques du PCF qui, après avoir tu les réalités des régimes staliniens pour ne pas désespérer Billancourt, taisent aujourd’hui celles de l’islamisme pour ne pas désespérer Clichy-sous-bois …

Ou leurs alliés du côté d’Olivier Besancenot et les curieuses alliances de sa LCR qui, après le soutien critique au champion de la lutte « anti-impérialiste » Saddam puis au théologien de la libération à la mode coranique Tariq Ramadan et au Hezbollah (envoi de pas moins de deux délégations suite à la Guerre du Liban il y a deux ans !), viennent de se découvrir un nouvel ami en la personne du Hamas …

La solidarité du stalinisme et du fascisme islamiste
Alain Rubin
lundi 5 janvier 2009
Riposte laïque
Le PCF appelle à manifester le 30 décembre pour une paix juste entre Palestiniens et Israéliens.

Il pose à la conscience humaine, le PCF. Il accuse Israël de crimes imaginaires, le PCF.

Lui qui accepta que les forces armées du Kremlin tirent à coups de pièces d’artillerie lourde contre les quartiers ouvriers de Budapest, lors de la révolution ouvrière de 1956 écrasée aux moyens de milliers de tués et de dizaines de milliers de déportations dans le goulag, il croit, le PCF, qu’il est en droit de continuer de mentir aussi grossièrement en 2008 qu’il le faisait en 1956, quand il justifiait cette immense répression militaire en accusant toute une classe ouvrière d’être des fascistes.

Le mensonge politique et la calomnie faits « parti », dans ce pays, ose titrer : « l’horreur, jusqu’ou ? ».

Le PCF dénonce une violence « jamais vue » de la part de l’armée israélienne.

Il dénonce un « blocus » contre le peuple palestinien ». Pour le PCF, Hamas qui se flatte ce jour d’envoyer ses femmes et ses enfants à la mort, Hamas qui n’a aucun complexe à reconnaître que les femmes et les enfants palestiniens sont utilisés en ce moment, délibérément, envoyés comme chair à canon face à Tsahal (Tsahal qui vise uniquement l’infrastructure militaire et terroriste de l’organisation politico religieuse armée qui lui fait la guerre depuis des mois), utilisés comme bouclier humain, Hamas est innocent.

Le PCF et ses alliés du Collectif font les sourds. Ils jouent les aveugles et bien sûr les muets concernant cette réalité qui montre que si morts d’innocents il y a, le meurtrier, c’est Hamas et personne d’autre !!!

Décidément les adorateurs des procès truqués du « génial Staline » n’ont finalement pas pu se débarrasser de leur nature profonde de faussaires politiques. Comme d’habitude, leurs satellites se retrouvent sur la même longueur d’onde.

Pour le PCF et ses alliés du « collectif pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens », Hamas est innocent.

Pour le PCF et ses comparses, Hamas n’a pas déclaré la guerre. Il n’a pas lancé des centaines d’opérations depuis des semaines. La réalité ne serait pas ce qu’elle est.

Parce que ce n’est pas faire la guerre, que d’envoyer chaque jour des obus de mortier sur les kibboutz et les localités proches de Gaza ? Parce qu’envoyer des Quassam et des fusées Grad, chaque jour, à n’importe quel moment, bombarder l’usine israélienne qui fabrique 70% de l’électricité de Gaza, ce n’est pas faire la guerre ?!

Non, pour le PCF et le ci-devant Collectif, tout cela, avec son cortège de milliers d’enfants et d’adultes israéliens traumatisés ce n’est pas faire la guerre, c’est « artisanal », comme dirait la petite fille de l’allié militaire et politique d’Hitler (Leila dite shahid/martyre). Et si elle est artisanale, cette guerre quotidienne de tout instant, menée par Hamas, doit être acceptée et supportée, jour après jour, par les citoyens d’Israël et leur gouvernement.

S’il y a chômage et manque de denrées dans la bande de Gaza, c’est encore la faute d’Israël.

C’est sûrement la faute d’Israël si Hamas a détruit les installations maraîchères israéliennes de Gaza. C’est encore de sa faute, si Hamas a tendu un guet-apens à un convoi humanitaire de ravitaillement il y a quelques jours.

Le cadavre français du stalinisme, cette école du mensonge (Léon Trotski), n’a jamais mis autant de véhémence lorsqu’il s’est agi de dénoncer et combattre le fascisme de la charia qui a pris le pouvoir et l’exerce encore au Soudan. Pourtant il y avait, et il y a toujours mille et une raisons pour cela.

En 1974, le général islamiste Nimeyri s’emparait du pouvoir. Il faisait fusiller les principaux dirigeant du puissant parti communiste du Soudan. Après avoir démantelé le mouvement ouvrier, le gouvernement militaire islamiste commençait une guerre contre les soudanais du sud, principalement chrétiens et animistes. Deux décennies de guerre « civile » coûteront environ deux millions de morts aux soudanais chrétiens et animistes.

Après la conclusion d’un compromis avec les Soudanais sudistes qui ont lutté les armes à la main pour refuser la dictature de la charia, l’islamisme politique au pouvoir à Khartoum (des cousins du Hamas/Hezbollah) s’en prenait aux ethnies négro africaine Four et Agawa du Darfour.

Le PCF et ses alliés du Collectif, qui parlent à Gaza de « violence jamais vue », n’ont rien vu de tout cela, qui continue encore aujourd’hui. Pour parler chiffres de pertes humaines, les milices islamiques (Jenjawid) oeuvrant au Darfour ont massacré 200000 à 400000 personnes non belligérantes et obligé à fuir, pour s’entasser dans des camps ou tout manque, plus de deux millions de personnes, surtout des femmes et d’enfants.

Le PCF et ses alliés, qui appellent à manifester le 30 décembre, font comme s’ils ne savaient rien de tout cela, ou plutôt comme s’ils considèrent que ce n’est pas politiquement un combat « central ». Alors, pourquoi en parler ? Cela affaiblirait le combat palestinien contre « l’horrible sionisme » qui a tué 318 candidats au suicide, des membres des groupes armés Hamas visés par Israël. Que reprocher à Israël ? D’avoir fait que ces 318 amants de la mort rejoignent les vierges d’Allah un peu plus tôt qu’il était prévu par les organisateurs de commandos suicide ?

Israël propose la paix au peuple palestinien, aux musulmans, aux druzes et aux chrétiens. La paix c’est le compromis territorial entre les deux nations.

Le PCF et ses alliés du Collectif accusent Israël d’organiser un « terrible blocus ». Quelle est la réalité que ces groupes politiques et leurs comparses des médias cachent au pays, qu’ils abreuvent quotidiennement de mensonges grossiers.

– entre juin et décembre 2007 : 9000 camions ont ravitaillé Gaza en gaz, denrées de premières nécessité, et médicaments

– durant la trêve rompue par Hamas : il est passé 17000 camions par le terminal de Keren Shalom, soit presque deux fois plus qu’en 2007 pendant la même durée.

C’est ce que le stalinisme et ses comparses appellent « un véritable siège ». Plus le mensonge est gros… Blocus ?! S’il y a blocus, c’est celui de l’honnêteté et du respect des gens, sciemment désinformés pour une bien vilaine besogne, par le PCF et ses alliés du Collectif.

La paix, c’est la cohabitation et le respect des uns et des autres. La paix ce n’est pas les mensonges pour tromper les peuples et les dresser les uns contre les autres comme des chiens sauvages ou enragés.

La paix est un processus bilatéral ; il ne sera possible qu’autant que la majorité des Palestiniens sera capable de mettre à la raison les hommes et les organisations pour lesquels la « libération de la Palestine » n’est qu’un prétexte, s’articulant dans un cadre plus vaste, celui du djihad mondial comme l’enseigne Hamas aux enfants et aux adolescents de Gaza invité à aller se faire exploser au milieu des « yahoud » impies.

Voir aussi:

Trotsky, réveille-toi, ils sont devenus fous!
Thierry Jonquet
Gauche républicaine
Mercredi 20 décembre 2006

J’ai fait un rêve. Le visage d’Olivier Besancenot apparaissait sur l’écran du téléviseur le soir du deuxième tour de la future présidentielle ! Il l’emportait à 52 % des votants, contre Arlette à 35 %, Marie-George Buffet à 8 %, les autres candidats étant réduits à des scores microscopiques. Peu après, Olivier remontait l’avenue des Champs-Elysées et prononçait son premier discours de président de la République… toute la presse était présente. Au volet international de son allocution d’investiture, il annonçait, à la stupéfaction générale, la visite officielle d’Hassan Nasrallah, le leader charismatique du Hezbollah, le « parti de Dieu », à Paris, avec tous les honneurs, garde républicaine, patrouille de France dans le ciel azuré, garden-party avec buffet hallal et tutti quanti… Je me suis réveillé en sueur, épouvanté, et pourtant… J’ai consulté mes archives.

On savait que la LCR s’était prononcée contre la loi proscrivant le port du foulard islamique à l’école. On savait que ses militants s’étaient retrouvés bras dessus bras dessous avec les imams devant l’Assemblée nationale pour protester contre ladite loi. On savait que lors de la préparation du Forum social européen à Saint-Denis, la LCR avait pris fait et cause pour la présence de Tariq Ramadan au dit forum, après que celui-ci eut épinglé quelques intellectuels, tous juifs, à l’exception de Taguieff, mais c’était une erreur de Tariq, qui avoua par la suite qu’il avait vérifié, et non, Taguieff n’était pas juif, mea culpa de sa part, ce qui était bien la preuve que sa démarche n’était absolument pas antisémite puisqu’il y avait au moins un goy dans la bande visée par sa diatribe. (Mais au fait, comment Ramadan s’y était-il pris pour vérifier que Taguieff n’était pas juif ?) On savait que Daniel Bensaid, dirigeant historique de la LCR, avait pris la défense de Ramadan dans l’émission de Mermet sur France Inter. On savait que la LCR avait intégré en son sein le groupe dit « Socialisme par en bas », issu du SWP britannique, qui a théorisé depuis belle lurette la fructueuse collaboration entre islamistes et trotskystes dans « la lutte contre l’impérialisme ». On savait que les militants de cette tendance avaient activement pris part à l’animation de la campagne « Une école pour tous/tes », destinée à combattre la loi qualifiée de « foulardière » par Bensaid. On savait qu’Olivier Besancenot, avant de se retirer des collectifs de la gauche de la gauche de la gauche, trinquait volontiers avec son ami José Bové, le même Bové qui avait réussi le tour de force d’expliquer que c’était le Mossad qui faisait exploser les synagogues pour amener les juifs de la diaspora à venir se réfugier à Tel-Aviv, le même Bové qui se répandait en imprécations sur le site Oumma.com contre la fameuse loi foulardière… On savait tout cela.

Ce qu’on sait moins, par contre, c’est que la LCR a franchi un nouveau cap dans cette pitoyable dérive. Le 28 juillet dernier, une délégation de cette organisation s’est rendue à Beyrouth pour manifester son soutien à la « résistance libanaise », en l’occurrence le Hezbollah. On peut penser ce que l’on veut de la politique israélienne, de la brutalité extrême – et qui plus est stupide puisque militairement inefficace – dont a fait preuve l’Etat hébreu dans la dernière guerre. Mais de là à tendre la main à une organisation telle que le Hezbollah, il y a un gouffre ! Car il s’agit bien d’une proposition de collaboration en bonne et due forme ! D’une alliance destinée à durer ! Nicolas Qalander, responsable de la délégation, l’explique sans ambages dans le numéro de Rouge, l’hebdo de la LCR, daté du 2/09/06.

… On voulait d’abord entendre les forces de la résisance libanaise. On cherchait à créer sur le long terme des contacts permanents pour pouvoir mettre la résistance libanaise en relation avec le mouvement social et altermondialiste (…) même si le projet de société à long terme n’est pas le même, il y a des points d’accord tactiques….

Ce Qalander, reconnaissons-lui au moins cette qualité, bénéficie (mais pour combien de temps encore ?) d’un minimum de lucidité ! Le projet de société à long terme n’est pas le même ! Ah bon ? Hassan Nasrallah, reclus dans son bunker des sous-sols de l’ambassade d’Iran à Beyrouth, doit s’étrangler de rire. Et son mentor Amadinhedjad encore plus. Les deux compères ont trouvé là des « idiots utiles » que Staline lui-même n’eût pas reniés ! Des benêts d’un tel calibre ne se trouvent pas sous le sabot de n’importe quel âne.

La LCR a dont rencontré le Hezbollah. Peut-être le même jour que celui où Dieudonné, Alain Soral et l’ineffable Thierry Meyssan effectuaient la même démarche ? Peut-être se sont-ils croisés dans l’antichambre où les dignitaires enturbannés les ont fait patienter ? Ont-ils partagé un petit thé à la menthe et quelques dattes avant de passer aux choses sérieuses ?

La LCR n’a pas manqué d’enfoncer le clou. En esquissant d’autres alliances possibles, inéluctables si une telle logique devait perdurer. Sous la plume de Christian Picquet, on pouvait lire dans Rouge, toujours daté du 2/09 : … A travers cette guerre, il s’agissait d’abord d’infliger une défaite politico-militaire à l’Iran et à la Syrie, qui soutiennent le Hezbollah et sont surtout les deux puissances régionales refusant la politique américaine… Nous y voilà ! Quand on a mis le doigt dans l’engrenage, il est difficile de s’en sortir. Puisqu’il y a d’un côté les « méchants », à savoir les Américains et leur « allié sioniste », alors ceux d’en face deviennent petit à petit les « bons ». C’est une idée a priori choquante, mais qui, soyons-en certains, va lentement cheminer dans les esprits. Christian Picquet a-t-il proposé d’ajouter cette contribution à la plate-forme du rassemblement antilibéral ? Ce qui aurait fortement aidé, n’en doutons pas, à renforcer l’unité défaillante !

Et l’idée chemine. Le nouvel ami de la LCR, le Hezbollah, le « parti de Dieu », n’est guère reluisant, il part même avec un gros handicap, certes, alors il faut faire preuve de pédagogie pour convaincre les militants sceptiques, qui, dans un éclair de lucidité, se pinceraient le nez devant les nouvelles lubies de leurs dirigeants. La tâche est rude, mais la cause est entendue. C’est ainsi qu’on donne longuement la parole, toujours dans les colonnes de Rouge (15/09/06), à une certaine Nahia Chahal, ex-responsable de l’OACL, Organisation d’action communiste du Liban. Qui explique posément : (…) Je fais une différence entre les mouvements islamistes. Il n’y a aucun lien de parenté entre Ben Laden et le Hezbollah. C’est comme dans les mouvements de gauche. Quel rapport est-ce que nous avons avec les Khmers rouges ? Pour moi, ce sont des fascistes. Il y a des fascistes chez les islamistes comme chez des gens de gauche, mais il y a aussi des gens libérés, progressistes. (…)

Reprenez votre souffle avant de poursuivre la lecture, le pire est à venir ! Nahia sait manier une dialectique des plus fines.

Je ne fais pas l’éloge du Hezbollah. Je connais les points faibles. Le Hezbollah n’est pas encore assez conscient qu’il est un mouvement de théologie de la libération. Mais c’est le seul mouvement islamiste qui vienne dans les forums sociaux mondiaux et européens. (…) Il y a une alliance pratique et politique entre le Hezbollah, le Parti communiste libanais et le Parti du peuple, qui est un parti nationaliste de gauche. Ils se voient régulièrement et ne dissimulent pas les points de divergence. Le PCL, par exemple, reproche au Hezbollah de n’avoir jamais participé à des manifestations de revendications sociales, alors que sa base est composée de pauvres, de paysans, d’ouvriers. (…) Le Hezbollah dit parfois : « Vous avez raison, on n’était pas assez conscients de cela. » Il faut comprendre le Hezbollah comme un phénomène jeune, qui évolue beaucoup. C’est très important. Et enfin, la cerise sur le gâteau : C’est aussi un mouvement qui est libéré des dogmes hérités. Dans ce galimatias, le lecteur de Rouge est amené à se convaincre, doucement, tout doucement, que oui, Nasrallah est peut-être un camarade ! Le bougre ne fait-il pas des progrès, puisqu’il écoute ses alliés, sait apprendre d’eux ? C’est décidément un charmant compagnon !

Un compagnon si fréquentable que, banco ! La LCR, vampée, totalement sous le charme, envoie une nouvelle délégation à Beyrouth, du 16 au 19 novembre 2006 (Rouge du 1/12/06). Cette fois, il s’agit de passer aux choses sérieuses. 30 pays représentés ! Pour soutenir la résistance. Sans R majuscule. La résistance, c’est la résistance ! Et Nasrallah, par la voix de son second, le cheik Naïm Qassem, démontre qu’il a bien saisi quelle carotte manier quand il s’agit de séduire les idiots utiles. Le représentant de la LCR (Laurent Carasso) est en revenu bluffé. Plus à gauche, plus lutte-de-classe que le cheik Naïm Qassem, alors là, tu meurs ! Il a annoncé que la victoire de la résistance libanaise était une victoire pour les opprimés, les pauvres et les hommes libres, qu’il appelait à s’unir à l’échelle planétaire ! En clair, la Cinquième Internationale ? A quand une conférence à Téhéran ?

Voilà où en est arrivée la LCR… Mieux vaut sans doute en rire. De telles dérives ne surviennent pas du jour au lendemain, ce ne sont nullement des tocades. Elles sont le fruit d’une lente, très lente maturation. Durant la guerre du Golfe, la LCR avait lentement glissé vers une position de soutien critique à Saddam Hussein, sous le même prétexte qu’il apparaissait aux yeux des « masses arabes » comme le champion de la lutte « anti-impérialiste ». Et puis, des années durant, cette organisation a de plus en plus cédé aux pressions islamistes, que ce soit sous le prétexte de la « loi foulardière » ou dans la défense de Ramadan, soudain promu comme une sorte de théologien de la libération à la mode coranique avec lequel il convenait de débattre. Un Ramadan qui souhaite que l’islam devienne la conscience du Sud et des démunis et salue la République islamique d’Iran comme le pays le plus avancé vers l’institutionnalisation démocratique  » ![1]

Dans la campagne électorale qui s’annonce, on peut souhaiter qu’Olivier Besancenot soit amené à s’expliquer sur les curieuses alliances que noue son organisation… et que les journalistes ne lui permettent pas de s’en tirer par une pirouette !

Notes

[1] Lire à ce propos Daniel Bensaid, Fragments mécréants, éd. Lignes.

Voir encore:

L’EDITO DE CYRANO
Faut-il fermer les yeux sur la nature du Hamas pour ne pas désespérer Billancourt ?
Riposte laïque
lundi 5 janvier 2009

Il y a plusieurs années, j’avais été intéressé par une réunion publique organisée, en banlieue parisienne, par la Ligue des Droits de l’Homme. Le thème était : Paix au Proche-Orient, quelles solutions ? Espérant apprendre des choses, j’étais dans le public, au milieu de 500 personnes. A la tribune, entre autres, siégeaient l’animateur de ce débat, Daniel Mermet, le président de l’époque de la LDH, Michel Tubiana, Leila Shahid, représentante de l’autorité palestinienne en France, Bernard Ravenel, représentant des Comités Palestine, et un représentant de l’Union Juive Française pour la Paix (UJFP), qui s’exprimait avec un fort accent anglais.

La tribune eut la parole pendant deux heures et demie. Je fus stupéfait de l’unicité de tous les discours. Israël était le méchant agresseur, et les Palestiniens les innocentes victimes. Daniel Mermet en rajoutait, à chaque transition, dans cette vision manichéenne. Il s’excusa, après la dernière intervention, auprès de la salle, et expliqua qu’il restait très peu de temps pour le débat, donc demanda aux éventuels intervenants de faire très bref. Je bondis sur le micro, et demandai cinq minutes.

Agacé, Mermet m’en accorda trois. Un peu ému, je commencai en disant que ce conflit était attisé par deux extrémismes, l’extrême droite religieuse juive, et l’extrême droite religieuse islamiste. J’expliquai que les uns voulaient un grand Israël, débarrassé des Palestiniens, et que les autres voulaient rayer l’Etat d’Israël de la carte du monde. Je fis donc part de ma surprise devant le fait qu’on n’ait pas encore prononcé une seule fois le nom du Hamas. Je dis rapidement ce qu’était réellement le Hamas, et la ligne politique qu’il défendait. A la tribune, cela commençait à se trémousser nerveusement, et Mermet tenta de m’interrompre. Je lui arrachai une minute pour conclure.

J’ajoutai que j’avais apprécié qu’en France, juifs et arabes aient pu travailler ensemble contre le Front national, au sein de SOS Racisme, et que la solution, au Proche-Orient, ne pourrait voir le jour que si chaque camp isolait ses extrémistes religieux et défendait une société laïque. Je terminai en disant que je souhaitais des réunions plus équilibrées, de la part de la LDH, pour une plus grande crédibilité de l’objectif annoncé : la paix. Un grand silence accompagna toute mon intervention et lui succéda quelques longues secondes où on aurait pu entendre voler une mouche.

Visiblement irrité par mes propos, Mermet passa la parole à Tubiana. Celui-ci commença à dire que la montée de l’islamophobie et du racisme en France était grave. Je l’interrompis de la salle en lui disant que je n’avais pas prononcé le mot islamophobie, et que je le priais de répondre à ce que j’avais dit. Alors que Mermet avait annoncé que la réunion devait se terminer dans le quart d’heure qui suivait, les différents intervenants prirent encore la parole une heure pour me répondre, souvent laborieusement, et justifier leur silence sur le Hamas.

Pourquoi commencer ce premier édito de l’année par cette anecdote déjà ancienne ? Parce qu’elle illustre la dérive de toute une partie de la gauche, politique, associative et syndicale, sur la question palestinienne. Pour avoir publié, dans le numéro 69, la charte du Hamas (1), et l’avoir qualifiée de raciste, de sexiste et de totalitaire, et pour ne pas avoir épousé le discours compassionnel politiquement correct, notre journal (lire l’abondant courrier des lecteurs) a été l’objet de réactions extrêmement vives, et parfois d’injures, de la part de quelques contradicteurs.

Selon certains, nous serions des monstres indifférents devant la souffrance de la population de Gaza, et serions indulgents devant les massacres de l’Etat d’Israël, colonialiste, raciste, fasciste, qui veut exterminer les Palestiniens comme Hitler a voulu en finir avec les Juifs (pour faire court).

Comme ce serait confortable si le monde était aussi simple. On aimerait dire que ce sont les fascistes qui ont tué le plus de communistes. Hélas, les faits sont têtus, Staline a tué plus de communistes qu’Hitler et, par exemple, il est prouvé que 8.000 officiers polonais ont été exécutés, forêt de Katyn, d’une balle dans la tête, non par les nazis, comme l’a longtemps affirmé la version officielle, mais par l’armée rouge, ce qui n’ôte rien à l’horreur du régime nazi.

Comme il serait confortable, aujourd’hui, dans le même esprit, pour de nombreux militants, d’expliquer les malheurs des peuples arabes par la seule faute de l’état hébreu. Certes, des Palestiniens meurent sous les assauts israéliens qui visent, rappelons le, les cibles politico-militaires du Hamas. Toute victime civile, encore plus un enfant, est toujours une victime de trop. Mais peut-on occulter le fait que le Hamas revendique d’utiliser femmes et enfants comme boucliers humains ? A-t-il existé, historiquement, une guerre « propre », même pour des causes justes et progressistes ?

Faut-il rappeler, d’autre part, que les milliers de Palestiniens tués, lors de l’opération « Septembre noir », dans les années 1970, par les Jordaniens, les morts par milliers, chiites ou sunnites, en Irak et ailleurs, suite à des attentats suicides, prônés par ailleurs par le Hamas, la mort de plusieurs centaines de militants de l’autorité palestinienne, lynchés sans procès lors du putch du Hamas à Gaza, ne sont pas le fait de l’Etat sioniste ? Le drame du Darfour n’est pas le fait de l’impérialisme américain et de son allié israélien, mais celui des milices islamistes. Ecrire cela ne retire rien à la criminelle attitude des Etats-Unis contre l’Irak, mais oblige à une vision de l’histoire un peu moins partiale et compassionnelle.

Ajoutons qu’une lecture géo-politique du monde, telle que celle écrite en 2005 par le général Gallois, est également utile pour mieux comprendre le contexte mondial dans lequel se déroule ce conflit (2).

Bien sûr, les laïques ne peuvent se retrouver dans certaines positions de l’Etat d’Israël, et la pression qu’y exercent certains milieux religieux. Comment un pays démocratique peut-il accepter qu’il faille se marier à l’étranger pour voir un mariage civil reconnu ? Mais, si la laïcité c’est la liberté de conscience, il n’y a pas de comparaison possible entre le système démocratique en place en Israël, et la logique totalitaire du Hamas. Rappelon que pour lui, la seule solution en Palestine est la soumission à Allah, la destruction d’Israël, l’extermination des juifs et l’imposition de la charia, aux femmes notamment. Pour une femme, pour un homosexuel, pour un laïque, pour un progressiste, vaut-il mieux vivre selon les principes appliqués en Israël, ou selon les règles en vigueur aujourd’hui à Gaza ?

La fascination de toute une partie de la gauche pour les modèles totalitaires, hier le stalinisme, aujourd’hui l’islamisme, révoltera toujours ceux qui, comme nous, pensent que le combat social ne peut occulter une vision de la société où, outre la liberté de conscience et les droits démocratiques, l’égalité entre les hommes et les femmes est une valeur avec laquelle on ne peut pas transiger.

Or, au nom d’une vision qui se veut marxiste, entre les peuples colonisés et les peuples colonisateurs, ceux qui hier faisaient preuve d’une complaisance criminelle avec les bureaucrates staliniens, ou bien des trotskistes qui semblent orphelins du mur, reproduisent aujourd’hui cette erreur consternante, certains voyant même dans le Hamas aujourd’hui, dans le Hezbollah hier, les représentants des pauvres et des opprimés, comme le démontre le romancier Thierry Jonquet dans un texte magnifique paru il y a deux ans (3).

Il est d’ailleurs curieux de constater que cet aveuglement conduit cette frange de la gauche à avoir combattu, parfois avec virulence, la campagne pour une loi contre les signes religieux à l’école. Ce sont également les mêmes qui ferment les yeux, au quotidien, devant l’offensive de l’islam, en France et en Europe, contre la laïcité, la République et le droit des femmes. Que peuvent-ils répondre à Sarkozy quand il défend la laïcité positive, ils défendent cette thèse avec l’islam depuis 20 ans ! Avez-vous remarqué qu’on les entend fort peu sur les provocations de Dieudonné donnant la parole à Faurisson ?

Certains pensent que le clivage essentiel, dans une société démocratique, serait le social, et la répartition des richesses. Ils pensent que le fait de se réclamer de la religion des pauvres et des opprimés donne le droit de prendre toutes les libertés avec nos principes républicains. Eh bien non !

Nous ne pouvons avoir un projet de société commun avec des gens qui accompagnent l’offensive des fascistes islamistes, même si ces militants disent des choses justes sur la répartition des richesses et les scandaleuses inégalités sociales.

Nous n’avons pas envie de vivre dans un pays où des enclaves musulmanes sont de plus en plus nombreuses et développent sur notre territoire la propagande du Hamas, et son projet de société fasciste.

Nous n’avons pas envie de voir des mosquées envahir de plus en plus l’espace public, encore moins quand elles sont payées avec nos sous !

Nous n’avons pas davantage envie d’entendre des religieux juifs réclamer des dispositions particulières pour l’école du samedi, ni les autres Eglises réclamer des accommodements raisonnables avec les principes laïques et la loi de 1905.

Nous constatons que ceux qui, aujourd’hui, accusent Israël de crime de guerre, et manifestent contre cela (sans se soucier de l’aubaine que cela représente pour les fous d’Allah), ne sont pas dans la rue quand des attentats suicides causent des milliers de morts, aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, en France, en Espagne, en Algérie, au Maroc, en Tunisie, en Egypte, en Irak, en Indonésie, et partout dans le monde où la culture de la mort sévit, au nom du prophète. Tant pis pour les musulmans et les populations arabes, premières victimes de ce fascisme religieux, il ne faut pas détourner les masses du seul vrai combat : celui contre l’impérialisme américain, et son allié sioniste. D’où les manifestations où les drapeaux du Hamas côtoient ceux du PCF ou de la LCR !

Hier, il fallait taire les réalités des régimes staliniens, pour ne pas désespérer Billancourt, et ne pas détourner les masses laborieuses du combat contre l’Etat bourgeois. A une autre époque, au nom du défaitisme révolutionnaire, il ne fallait pas lutter contre l’Allemagne nazie, lorsqu’elle occupait la France, car cela aurait été favoriser son propre impérialisme !

A quand un peu de bon sens, et la reconnaissance que la défense des valeurs laïques, féministes, humanistes, démocratiques ont bien plus d’importance que des visions idéologiques du monde où on finit par défendre des fascistes religieux parce qu’ils représenteraient des opprimés (dont ils n’ont d’ailleurs rien à faire, leur seule perspective étant d’imposer le jihad dans le monde entier).

Comme l’écrivait récemment Henri Guaino, décidément, parfois, les étiquettes empêchent de penser.

(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/Charte_du_Hamas

(2) http://www.recherches-sur-le-terrorisme.com/Analysesterrorisme/terrorisme-occident.html

(3) http://www.gaucherepublicaine.org/2,article,702,,,,,_Trotsky-reveille-toi-ils-sont-devenus-fous.htm

Voir enfin:

Quand les « frères » musulmans tentent de ramener le calme
Le Monde
Luc Bronner et Piotr Smolar
02.11.2005

Bras levés, voix puissante, ils crient « Allah Akbar ! » au pied des barres de Clichy-sous-Bois, en invitant leurs « frères » à « rester tranquille ». A quelques mètres, les CRS se protègent avec leurs boucliers et apprécient l’intervention. Cette scène, constatée dans la soirée du lundi 31 octobre, confirme de façon spectaculaire le rôle de médiation, voire de maintien de l’ordre, que prennent et revendiquent les représentants de l’islam dans les quartiers sensibles, surtout à l’occasion de tels accès de violences.

Ces jeunes croyants, reconnaissables à leur tenue traditionnelle et à leur barbe, ont été mobilisés par Abderamane Bouhout, président de l’association cultuelle qui gère la mosquée Bilal, dans laquelle une grenade lacrymogène a été lancée dimanche 30 octobre.

Des volontaires ont également été recrutés par l’intermédiaire de la mosquée de la rue Maurice-Audin, où l’imam, Meskine Dhaou, a lancé un appel au calme dès le lendemain de la mort des deux mineurs par électrocution. Une soixantaine de volontaires au total se sont ainsi répartis dans Clichy pour dialoguer avec les jeunes et s’interposer devant les forces de l’ordre.

« Nous avons une fonction d’ordre public, qui signifie que nous devons dialoguer avec les jeunes » , insiste Mohamed Bellahcene, président d’une des huit associations musulmanes de Clichy.

Ces initiatives ont été bien accueillies par les autorités. Une réunion entre plusieurs organisateurs du service d’ordre et le préfet de Seine-Saint-Denis a ainsi eu lieu au Raincy, lundi soir, pour faciliter le travail des médiateurs. M. Bouhout s’est, lui, rendu au PC central des forces de l’ordre, installé dans la caserne des sapeurs-pompiers à Clichy, pour expliquer sa démarche. « Dans ces quartiers, les maires ne peuvent plus rien faire sans les représentants de la communauté musulmane », souligne un cadre des Renseignements généraux de Seine-Saint-Denis.

INQUIÉTUDE

Le rôle des organisations musulmanes a également été reconnu par la mairie de Clichy. Malgré ses efforts, celle-ci n’a pu déployer que cinq ou six « animateurs jeunesse » et quatre personnes des « clubs de prévention » dans les quartiers pour discuter avec les jeunes.

« Dans l’urgence, toutes les bonnes volontés sont importantes. de toute évidence leur présence a contribué à apaiser les choses » , note Olivier Klein, premier adjoint au maire, chargé de la jeunesse et de la politique de la ville. Dans l’équipe municipale, on commence toutefois à s’inquiéter ­ sans vouloir l’affirmer publiquement ­ à l’idée que des organisations musulmanes puissent chercher à profiter de cet épisode, une fois les incidents terminés. Et qu’elles cherchent à remplir une mission durable de « maintien de l’ordre » ou de pacification.

L’impact des incidents à Clichy, notamment le fait qu’une mosquée ait été atteinte par une grenade lacrymogène, a conduit le président du Conseil français du culte musulman (CFCM), Dalil Boubakeur, à se rendre mardi 1er novembre à la mosquée Bilal.

Ce déplacement n’a pas fait l’unanimité au sein du CFCM. A la tête d’une délégation, le recteur de la Mosquée de Paris souhaitait manifester sa « solidarité » et « participer à la prière du soir » . « Tout le monde était ému par ce qui s’était passé dimanche, en pleine période de ramadan. Presque à l’unanimité, il a été décidé qu’on ne pouvait rester silencieux » , explique Dalil Boubakeur.

Fouad Alaoui, secrétaire général de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF), a un autre avis. « Le départ de M. Boubakeur s’est fait dans une précipitation totale, dont il n’a pas fait preuve lorsque d’autres mosquées ont fait l’objet de dégradations, assure-t-il. On a voulu emmener le CFCM sur un terrain politique qui n’est pas le sien. M. Boubakeur n’arrive pas à assurer un équilibre entre toutes les composantes politiques françaises. » Il y a deux semaines, Fouad Alaoui avait déjà adressé ce reproche au recteur de la mosquée de Paris lorsque celui-ci avait pris position en faveur de Dominique de Villepin, contre Nicolas Sarkozy, dans le débat autour de la loi de 1905 sur la séparation entre l’Eglise et l’Etat (Le Monde du 27 octobre).

La visite de Dalil Boubakeur à Clichy-sous-Bois a été particulièrement brève, le temps de saluer les fidèles et rompre le jeûne. Selon des témoins, la voiture du recteur aurait même été visée par quelques projectiles. Le président du CFCM n’a fait aucune déclaration à sa sortie de la mosquée, conformément, selon lui, à un accord passé avec l’association cultuelle. « Nous avons découvert une atmosphère anormale, tendue, faite de méfiance », note-t-il. Les soupçons d’instrumentalisation ont rendu méfiants les acteurs locaux de l’islam.

L’UOIF, elle, avait préféré envoyer son délégué régional la veille, en toute discrétion. L’organisation sait le bénéfice qu’elle peut tirer du travail de terrain. « On ne peut exclure la religion du champ social, souligne Fouad Alaoui. Il peut être un facteur d’apaisement. Si toutes les lois et les réglementations. ne parviennent pas à cadrer les hommes, la religion peut jouer tout son rôle. »

Luc Bronner et Piotr Smolar

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