Gaza: Qui se souvient des 500 victimes civiles serbes de l’OTAN? (Who remembers the 500 civilian Serbs killed by NATO?)

Double standard (Latuff)
Personne ne souffre davantage de tout ça  que le peuple palestinien. Barack Hussein Obama (Iowa, 27 avril 2007)
Cette plaie constante infecte effectivement notre politique étrangère. Barack Obama (le 12 mai dernier)
Gaza est une plaie au sujet de laquelle on ne peut pas voter présent, désarmer les terroristes par son seul charme, débiter des platitudes sur l’espoir et le changement ou continuer simplement à accuser George Bush pour son manque d’engagement. Victor Davis Hanson
Une fois prise la décision d’attaquer la Yougoslavie, l’OTAN aurait dû en faire davantage pour protéger les civils. Trop souvent, les cibles choisies par l’OTAN ont placé les populations civiles face à des risques inacceptables. Kenneth Roth (directeur exécutif de Human Rights Watch, février 2000)
Un tiers des incidents et plus de la moitié des morts ont été le résultat d’attaques visant des cibles illégitimes ou à la légitimité douteuse. Neuf incidents ont été le résultat d’attaques visant des cibles que l’organisation juge non-militaires, telles que le bâtiment de la radiotélévision serbe à Belgrade, l’usine thermique de New Belgrade et sept ponts qui n’étaient pas situés sur des axes de transport majeurs et n’avaient pas d’autre fonction militaire spécifique. (…) Dans sept incidents confirmés et cinq autres possibles, des bombes à fragmentation ont été utilisées, provoquant des pertes civiles. Dans sept autres cas, ce sont des convois qui ont été pris pour cible. Enfin, plusieurs attaques ont été menées sur des cibles mal identifiées ou erronées, telles que le sanatorium de Surdulica et la station météorologique de Palic. (…) environ un tiers des incidents ayant provoqué des pertes civiles ont eu lieu au Kosovo. Trente-trois incidents ayant provoqué de pertes civiles ont été le résultat d’attaques visant des cibles situées dans des zones urbaines fortement peuplées (dont six à Belgrade). Rapport Human Rights Watch (février 2000)
Le placement cynique, par les Serbes, d’armes et de véhicules dans des habitations et des bâtiments civils, la présence de véhicules militaires dans des convois civils et, parfois, le recours à des boucliers humains, a compliqué les frappes aériennes. Les Serbes ont ainsi pu exploiter le souci qu’avait l’OTAN d’éviter de faire des victimes civiles.
On ne connaitra jamais le bilan précis des pertes en vies humaines, mais le groupe indépendant, Human Rights Watch, a estimé à 90 le nombre d’incidents au cours desquels entre 488 et 527 civils auraient été tués 87 auraient pris Korisa, où les forces serbes ont contraint des civils à occuper un objectif militaire connu. Ces chiffres sont nettement inférieurs aux 1.200 à 5.700 civils tués avancés par les Yougoslaves.
L’OTAN regrette profondément les pertes civiles dont elle est responsable, mais elles doivent être considérées dans le contexte de la situation que l’OTAN cherchait à empêcher et des actions du régime de Belgrade. Rétrospectivement, il apparait que les équipages de l‘Alliance s’étaient fixés et avaient atteint des normes de très haut niveau. Il est irréaliste de penser que l’on peut éliminer tous les risques. Ce fait avait été bien compris et ouvertement admis de nombreuses reprises par des Albanais du Kosovo eux-mêmes.
En dépit du cynisme des Serbes qui ont tenté d’exploiter les images de civils, victimes accidentelles de frappes aériennes de l’OTAN, l’Alliance a tenu bon. Rapport de l’OTAN (Guerre du Kosovo, octobre 2000)
Depuis le lancement de l’offensive aérienne le 27 décembre, près de 600 Palestiniens ont été tués dans des raids et tirs d’artillerie israéliens, dont près de la moitié sont des victimes civiles, selon l’ONU et des responsables palestiniens. Dépêche AP (06.01.2009)
Le Hamas utilise cyniquement des civils comme protections humaines. Communiqué de l’Armée israélienne (janvier 2009)
Gaza: Israël poursuit son offensive malgré les victimes civiles. Titre du Nouvel observateur (janvier 2009)

Qui se souvient des 500 victimes civiles des bombardements de l’OTAN contre la Yougoslavie il y a neuf ans?

Attaques de jour, bombes à fragmentation, cibles non-militaires (bureaux de la radiotélévision, usine thermique, ponts, convois, sanatorium, station météorologique), cibles situées dans des zones urbaines fortement peuplées, 1.200 à 5.000 civils tués …

Alors que de toutes parts nos belles âmes se déchainent contre un Etat qui, après le génocide de Jénine à 60 morts, a l’impudence de refuser de négocier sa propre disparition (plus de… 300 victimes civiles d’après les sources palestiniennes!) …

Pendant que le crooner politique Barack Hussein Obama semble brusquement beaucoup moins pressé de passer aux commandes …

Retour, avec l’expert militaire américain Victor Davis Hanson, sur ce curieux deux poids deux mesures qui, au nom d’une fallacieuse proportionalité et à l’aide d’une grossière instumentalisation de la victimisation (par des terroristes ayant infiltré jusqu’à l’UNRWA!) et d’images totalement décontextualisées, fait fi de toutes les règles de base de la guerre (intention, culpabilité) …

En une logique qui ferait des bombardements de Belgrade de 1999 par l’OTAN – visant à arrêter le génocidaire Milosevic – l’équivalent moral, du fait des dommages collatéraux (plus de 500 victimes civiles quand même suite aux stratégies délibérées de boucliers humains des Serbes!), du massacre planifié et systématique de Srebrenica de 1995 …

The Gaza Rules
Victor Davis Hanson
Tribune Media Services
January 5, 2009

The Israelis just struck back hard at Hamas in Gaza. In response, the United Nations, the European Union and the Arab world (at least publicly) expressed their anger at the killing of over 300 Palestinians, most of whom were terrorists and Hamas officials.

For several prior weeks, Hamas terrorists had been daily launching rockets into Israeli towns that border Gaza. The recent volleys of missiles had insidiously become more frequent — up to 80 a day — and the payloads larger. Iranian-backed Hezbollah terrorists were reportedly supplying their own training and expertise.

These terrorists point to the Lebanon war of 2006 as the proper template for provoking an Israeli counter-response that will bog down the Israeli Defense Forces in the streets of urban Gaza and ensure that Palestinian civilians are harmed on global television.

Watching both this week’s war and the world’s predictable reaction to it, we can recall the Gaza rules. Most are reflections of our postmodern age, and completely at odds with the past protocols of war.

First is the now-familiar Middle East doctrine of proportionality. Legitimate military action is strangely defined by the relative strength of the combatants. World opinion more vehemently condemns Israel’s countermeasures, apparently because its rockets are far more accurate and deadly than previous Hamas barrages that are poorly targeted and thus not so lethal.

If America had accepted such rules in, say, World War II, then by late 1944 we, not the Axis, would have been the culpable party, since by then once-aggressive German, Italian and Japanese forces were increasingly on the defensive and far less lethal than the Allies.

Second, intent in this war no longer matters. Every Hamas unguided rocket is launched in hopes of hitting an Israeli home and killing men, women and children. Every guided Israeli air-launched missile is targeted at Hamas operatives, who deliberately work in the closest vicinity to women and children.

Killing Palestinian civilians is incidental to Israeli military operations and proves counterproductive to its objectives. Blowing up Israeli non-combatants is the aim of Hamas’ barrages: the more children, aged and women who die, the more it expects political concessions from Tel Aviv.

By this logic, the 1999 American bombing of Belgrade — aimed at stopping the genocide of Slobodan Milosevic — was, because of collateral damage, the moral equivalent of the carefully planned Serbian massacres of Muslim civilians at Srebrenica in 1995.

Third, culpability is irrelevant. The « truce » between Israel and Hamas was broken once Hamas got its hands on new stockpiles of longer-range mobile rockets — weapons that are intended to go over Israel’s border walls.

Yet, according to the Gaza rules, both sides always deserve equal blame. Indeed, this weird war mimics the politically correct, zero-tolerance policies of our public schools, where both the bully and his victim are suspended once physical violence occurs.

According to such morally equivalent reasoning, World War II was only a tragedy, not a result of German aggression. Once the dead mounted up, it mattered little what were the catalysts of the outbreak of fighting.

Fourth, with instantaneous streaming video from the impact sites in Gaza, context becomes meaningless. Our attention is glued to the violence of the last hour, not that of the last month that incited the war.

Israel withdrew from Gaza in 2005 to great expectations that the Palestinians there would combine their new autonomy, some existing infrastructure left behind by the Israelis, Middle East oil money and American pressure for free and open elections to craft a peaceful, prosperous democracy.

The world hoped that Gaza might thrive first, and then later adjudicate its ongoing disputes with Israel through diplomacy. Instead, the withdrawal was seen not as a welcome Israeli concession, but as a sign of newfound Jewish weakness — and that the intifada tactics that had liberated Gaza could be amplified into a new war to end the Zionist entity itself.

Fifth and finally, victimization is crucial. Hamas daily sends barrages into Israel, as its hooded thugs thump their chests and brag of their radical Islamic militancy. But when the payback comes, suddenly warriors are transmogrified into weeping victims, posing teary-eyed for the news camera as they deplore « genocide » and « the Palestinian Holocaust. » At least the Japanese militarists did not cry out to the League of Nations for help once mean Marines landed on Iwo Jima.

By now, these Gaza asymmetrical rules are old hat. We know why they persist — worldwide fear of Islamic terrorism, easy anti-Westernism, the old anti-Semitism, and global strategic calculations about Middle East oil — but it still doesn’t make them right.

Voir également:

Gaza: Israël poursuit son offensive malgré les victimes civiles
AP
Le Nouvel observateur
06.01.2009

Au troisième jour de son offensive terrestre, l’armée israélienne a resserré mardi son étau autour des principaux centres urbains de la bande de Gaza et a multiplié les bombardements, dont l’un a causé la mort d’au moins 30 Palestiniens qui s’étaient réfugiés dans une école administrée par les Nations unies dans le nord du territoire, selon l’ONU.

Alors que la multiplication des victimes civiles suscite l’indignation de la communauté internationale, Israël s’est défendu de toute bavure dans cet incident, le plus meurtrier depuis le début de l’invasion.

L’armée israélienne a expliqué que ses soldats avaient répondu à des tirs de mortiers provenant de militants cachés à l’intérieur de cette école de Jebaliya (nord). « Le Hamas utilise cyniquement des civils comme protections humaines », a déclaré Tsahal dans un communiqué.

Deux habitants voisins de l’école ont confirmé la version israélienne, expliquant qu’un groupe d’activistes tiraient des mortiers depuis une rue proche de l’école, avant de fuir au milieu de la foule. L’armée a ensuite riposté, selon ces témoins.

Selon l’armée israélienne, deux activistes du Hamas, Imad Abou Askar et Hasan Abou Askar, comptent parmi les morts.

Cette version était contredite à la fois par l’ONU et des responsables palestiniens. John Ging, chef des opérations humanitaires de l’ONU dans la bande de Gaza, a précisé pour sa part que 30 Palestiniens avaient été tués et 55 autres blessés par trois tirs de l’artillerie israélienne en milieu d’après-midi dans le périmètre de cette école où quelque 350 personnes avaient trouvé refuge. La plupart des victimes se trouvaient à l’extérieur de l’école, mais plusieurs d’entre elles à l’intérieur de l’établissement.

Le Dr. Bassam Abou Warda, directeur de l’hôpital Kamal Adwan, a annoncé un bilan de 36 morts. Il s’agit de la deuxième attaque meurtrière israélienne contre une école gérée par l’ONU dans la bande de Gaza après celle qui a tué trois civils lundi soir dans la cour d’un établissement où s’étaient réfugiés des centaines de Palestiniens ayant fui un camp de réfugiés de la ville de Gaza. Selon M. Ging, le responsable de l’ONU sur place, « tout indique que ces attaques provenaient d’armes israéliennes ».

Depuis le lancement de l’offensive aérienne le 27 décembre, près de 600 Palestiniens ont été tués dans des raids et tirs d’artillerie israéliens, dont près de la moitié sont des victimes civiles, selon l’ONU et des responsables palestiniens. Pour la seule journée de mardi, au moins 70 Palestiniens ont été tués dans les combats, dont deux seulement ont été identifiés comme militants du Hamas, cible officielle de l’opération de Tsahal.

Parallèlement, une vingtaine de roquettes palestiniennes ont été tirées mardi en direction de l’Etat hébreu, blessant légèrement un nourrisson israélien. Depuis le début de l’opération, 10 Israéliens ont trouvé la mort, dont un soldat tué mardi.

Ignorant les appels de la communauté internationale à un cessez-le-feu, dont ceux du président français Nicolas Sarkozy en tournée dans la région, et contestant l’existence d’une crise humanitaire dans le territoire palestinien, l’armée israélienne s’est rapprochée des principaux bassins de population de la bande de Gaza. Toutefois, les blindés de Tsahal se trouvaient encore à plusieurs kilomètres des villes de Khan Younès (sud) et de Dir el-Balah (centre), selon des témoins. L’armée encercle déjà la ville de Gaza.

Au plan humanitaire, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à Genève parle d’une crise « à grande échelle ». L’ONU estime à 15.000 le nombre de Palestiniens s’étant réfugiés dans ses écoles. De nombreux Gazaouis sont privés d’électricité et d’eau potable.

« Ce n’est pas une crise, c’est une catastrophe », a affirmé Mounzir Chiblak, responsable d’une compagnie de distribution d’eau dans la bande de Gaza.

Les dirigeants israéliens affirment pour leur part qu’il n’y a pas de crise humanitaire et qu’ils autorisent l’acheminement de biens de première nécessité. AP

Voir aussi:

La conduite de la campagne aérienne
OTAN
30 octobre 2000

Le concept de l’opération Force alliée envisageait une campagne aérienne en plusieurs phases, qui devait permettre à l’OTAN d’atteindre ses objectifs politiques avec un recours minimal à la force. Ces phases allaient d’une dmonstration de force, aux premiers stades, jusqu’à des opérations menées contre les forces serbes au Kosovo. Au besoin, ces opérations seraient étendues à tout le territoire de la République fédérale de Yougoslavie et viseraient des objectifs appuyant le potentiel dont disposait le régime pour attaquer la population civile du Kosovo. On avait espéré, sans vraiment y compter, que le président Milosevic prendrait rapidement conscience de la détermination de l’OTAN et accepterait ses exigences. Au contraire, il a amplifié sa campagne de purification ethnique, et par conséquent les responsables de lOTAN ont accéléré et intensifié considrablement leur campagne aérienne.

Sélection des objectifs

Cette campagne aérienne a été lancée pour affaiblir le potentiel militaire serbe, à la fois au niveau stratégique et l’échelon tactique. Les frappes d’objectifs tactiques comme les positions d’artillerie et les quartiers généraux de campagne ont eu un effet plus immédiat, en entravant la purification ethnique au Kosovo. Quant à celles dirigées contre des cibles stratégiques, telles les ministres ou les raffineries, elles ont eu des répercussions à plus long terme et de plus grande envergure sur la machine militaire serbe. Les forces alliées ont effectué un peu plus de 38.000 sorties de combat, dont 10.484 sorties avec frappes, sans subir aucune perte un résultat remarquable.

Au départ, il était capital de neutraliser le réseau de défense arienne serbe. Cette tâche s’est révélée ardue, face à un système très structuré, doté de nombreux éléments mobiles. Or, sans la supriorité aérienne, l’OTAN n’aurait pas pu atteindre ses objectifs militaires tout en protégeant ses propres forces. De surcroit, la capacité des forces alliées de frapper avec précision des cibles militaires et de réduire les dommages collatéraux aurait été limitée. L’OTAN a certes réussi à tenir la menace en échec sans toutefois l’éliminer complètement, ce qui a imposé une vigilance continue durant toute la campagne aérienne.

En ce qui concerne les objectifs tactiques, l’OTAN a fait porter l’essentiel de ses efforts contre les installations militaires, et les troupes, les armes lourdes, les véhicules et les formations militaires déployés au Kosovo et dans le sud de la Serbie. Nombre de ces objectifs étaient extrêmement mobiles et difficiles à localiser, surtout au début de la campagne, en raison de mauvaises conditions météorologiques. Le placement cynique, par les Serbes, d’armes et de véhicules dans des habitations et des bâtiments civils, la présence de véhicules militaires dans des convois civils et, parfois, le recours à des boucliers humains, a compliqué les frappes aériennes. Les Serbes ont ainsi pu exploiter le souci qu’avait l’OTAN d’éviter de faire des victimes civiles. Cependant, la menace constante de l’aviation de l’OTAN a contrecarré l’action des Serbes, en les forçant à se dissimuler et en les exposant aux frappes lorsqu’ils s’aventuraient à découvert.

Parmi les objectifs stratégiques figuraient les moyens de défense aérienne, les installations de commandement et de conduite des opérations, les quartiers généraux des forces militaires (VJ) et de police (MUP) et les itinéraires de ravitaillement yougoslaves. Les critiques parfois adressées lOTAN concernant ces frappes faisaient valoir que de telles actions mettaient également en danger à la fois les civils et leurs biens. En réalité, l’Alliance avait soigneusement défini les objectifs en fonction de leur rôle dans l’effort de guerre serbe. Elle n’a frappé que les installations estimées comme contribuant effectivement à l’effort militaire yougoslave et dont la destruction offrirait un avantage certain au plan militaire. Tout a été fait pour limiter à un minimum l’incidence de la campagne aérienne sur la population civile serbe.

Réduire à un minimum les risques pour les civils

Les cibles choisies ont dû passer sous le scrutin des divers niveaux de commandement ainsi que des Alliés procédant aux frappes mêmes. De cette façon, celles-ci étaient menées dans le respect du droit international, se justifiaient militairement et entrainaient un minimum de risques pour les vies et les biens de civils.

En fait, le souci d’éviter des dommages involontaires a été, en permanence, un frein puissant. De nombreux objectifs ont été épargns parce que le risque pour les non-combattants était jugé trop élevé. Cependant, ces restrictions n’ont en rien modifié l’issue finale. Grâce à une technologie moderne, l’habileté de ses pilotes et la sélection rigoureuse des objectifs, l’Alliance a pu mener ses opérations bien en minimisant les pertes civiles.

On ne connaitra jamais le bilan précis des pertes en vies humaines, mais le groupe indépendant, Human Rights Watch, a estimé à 90 le nombre d’incidents au cours desquels entre 488 et 527 civils auraient été tués dont 87 à Korisa, où les forces serbes ont contraint des civils à occuper un objectif militaire connu. Ces chiffres sont nettement inférieurs aux 1.200 à 5.700 civils tués avancés par les Yougoslaves.

L’OTAN regrette profondément les pertes civiles dont elle est responsable, mais elles doivent être considérées dans le contexte de la situation que l’OTAN cherchait à empêcher et des actions du régime de Belgrade. Rétrospectivement, il apparait que les équipages de l »Alliance s’étaient fixés et avaient atteint des normes de très haut niveau. Il est irréaliste de penser que l’on peut éliminer tous les risques. Ce fait avait été bien compris et ouvertement admis de nombreuses reprises par des Albanais du Kosovo eux-mêmes.

En dépit du cynisme des Serbes qui ont tenté d’exploiter les images de civils, victimes accidentelles de frappes aériennes de l’OTAN, lAlliance a tenu bon. L’erreur du président Milosevic a été de croire que, s’il résistait suffisamment longtemps, l’Alliance s’affaiblirait. Quoique soumis à de rudes tensions par la dure de la campagne arienne, les Alliés ont surmonté cette épreuve grâce à l’unité et au maintient des objectifs qui sont le fondement même de l’OTAN. La monte en puissance régulière des moyens aériens et l’efficacité croissante de l’Alliance, ainsi que le fait de voir l’OTAN rester solidaire, expliquent très largement la reculade serbe.

Voir de plus:

Human Rights Watch
Human Rights Watch Publie le Bilan des Victimes Civiles Dans la Guerre du Kosovo

Une fois prise la décision d’attaquer la Yougoslavie, l’OTAN aurait dû en faire davantage pour protéger les civils. Trop souvent, les cibles choisies par l’OTAN ont placé les populations civiles face à des risques inacceptables.
Kenneth Roth directeur exécutif de Human Rights Watch

Révélations sur la stratégie de l’OTAN
February 6, 2000

Les bombardements de l’OTAN en ex-Yougoslavie ont provoqué la mort d’environ 500 civils, lors de 90 incidents différents, révèle Human Rights Watch dans un nouveau rapport.

Cette estimation est largement supérieure au nombre d’incidents avancé par le Département américain de la Défense et par les gouvernements des pays membres de l’OTAN. Elle est cependant très inférieure aux chiffres invoqués par le gouvernement yougoslave.

« Une fois prise la décision d’attaquer la Yougoslavie, l’OTAN aurait dû en faire davantage pour protéger les civils, » affirme Kenneth Roth, directeur exécutif de Human Rights Watch, une organisation internationale de défense des droits de l’homme basée à New York. « Trop souvent, les cibles choisies par l’OTAN ont placé les populations civiles face à des risques inacceptables. » M. Roth a demandé avec insistance aux gouvernement des pays membres de l’OTAN de procéder à une évaluation sérieuse des conséquences de la guerre sur les civils.

Human Rights Watch a réalisé une enquête détaillée sur les pertes civiles lors de la guerre en Yougoslavie. Son équipe a visité 91 villes et villages en ex-Yougoslavie sur une période de trois semaines en août 1999 et a inspecté 42 des sites où des civils ont été tués.

Cette enquête est arrivé à la conclusion que l’OTAN avait violé le droit humanitaire international. Human Rights Watch a appelé les gouvernements des pays-membres de l’OTAN à mettre sur pied une commission indépendante et impartiale qui serait chargée d’enquêter sur ces violations et de rendre publiques ses conclusions. Selon l’organisation, les pays membres de l’Alliance doivent également modifier leur doctrine en matière de bombardement et de choix des cibles pour que celle-ci soit conforme avec les dispositions du droit humanitaire international.

Le rapport de 79 pages révèle que le haut commandement américain a émis en mai 1999 un ordre exécutif secret interdisant aux forces américaines l’utilisation des bombes à fragmentation, une arme qui tue sans discrimination et dont l’usage avait été dénoncé par Human Rights Watch dans un rapport daté du 11 mai. Selon les informations recueillies, ces bombes à fragmentation avaient, au 13 mai, provoqué la mort de plus de 150 civils, lors de différents incidents. Les forces britanniques ont, elles, continué à utiliser les bombes à fragmentation après que l’armée américaine ait pris la décision de ne plus y recourir.

« Pour une guerre que l’on a si souvent qualifiée de guerre la plus smart de l’histoire, il est déplorable de constater que l’OTAN n’a pas retiré beaucoup de leçons importantes des précédents conflits, » a remarqué William M. Arkin, consultant militaire auprès de Human Rights Watch et le responsable de l’équipe chargée d’évaluer les dégâts des bombardements en Yougoslavie. Selon M. Arkin, des mesures telles que la limitation des attaques de jour, l’interdiction des bombes à fragmentation, une plus grande prudence lors des attaques sur des cibles mobiles et une meilleure identification des cibles militaires auraient toutes permis de réduire le nombre de victimes civiles lors de l’Opération Force Alliée (nom donné à la campagne de bombardement de l’OTAN).

Le rapport de Human Rights Watch conclut qu’un tiers des incidents et que plus de la moitié des morts ont été le résultat d’attaques visant des cibles illégitimes ou à la légitimité douteuse. Neuf incidents ont été le résultat d’attaques visant des cibles que l’organisation juge non-militaires, telles que le bâtiment de la radiotélévision serbe à Belgrade, l’usine thermique de New Belgrade et sept ponts qui n’étaient pas situés sur des axes de transport majeurs et n’avaient pas d’autre fonction militaire spécifique.

D’autres cibles illégitimes ont été identifiées. Dans sept incidents confirmés et cinq autres possibles, des bombes à fragmentation ont été utilisées, provoquant des pertes civiles. Dans sept autres cas, ce sont des convois qui ont été pris pour cible. Enfin, plusieurs attaques ont été menées sur des cibles mal identifiées ou erronées, telles que le sanatorium de Surdulica et la station météorologique de Palic. Le rapport révèle également qu’après que des attaques de jour visant des ponts situés en ville aient provoqué des pertes civiles, l’état-major américain a donné l’ordre de n’organiser ce type d’attaques qu’à certaines périodes jugées moins risquées pour les civils.

Human Rights Watch conclut également qu’environ un tiers des incidents ayant provoqué des pertes civiles ont eu lieu au Kosovo. Il s’agissait la plupart du temps d’attaques sur des cibles mobiles ou des forces militaires sur le terrain. Les attaques de convois comptèrent parmi les incidents les plus meurtriers de la guerre, ce qui poussa d’ailleurs l’OTAN à instaurer des règles d’engagement plus strictes obligeant notamment les pilotes à identifier visuellement les véhicules militaires avant de les attaquer.

Trente-trois incidents ayant provoqué de pertes civiles ont été le résultat d’attaques visant des cibles situées dans des zones urbaines fortement peuplées (dont six à Belgrade). Malgré l’utilisation exclusive d’armes équipées de système de guidage de précision lors des attaques sur Belgrade, le nombre d’incidents au cours desquels des civils furent tués fut aussi élevé dans cette ville que dans les autres villes visées. Selon le Pentagone, le nombre d’incidents meurtriers recensé au cours de l’Opération Force Alliée oscillerait entre vingt et trente. Pour sa part, le gouvernement yougoslave cite des chiffres allant d’au moins 1.200 à 5.000 civils.

Human Rights Watch prépare plusieurs autres études sur la conduite de l’OTAN pendant la guerre en ex-Yougoslavie, notamment un document d’évaluation des bombardements de l’infrastructure civile.

Voir enfin:

A Lose-Lose World

by Victor Davis Hanson
NRO’s The Corner
January 6, 2009

Creepy times

There is something especially nauseating about the latest Middle East war — scenes of worldwide Islamic protests with photos of Jews as apes, protesters (in Ft. Lauderdale, Florida of all places!) screaming about nuking Israel and putting Jews in ovens, parades of children dressed up with suicide vests and fake rockets, near constant anti-Semitic vicious sloganeering, Gaza mosques stuffed with rockets to be used against civilians — all to be collated with creepy Hamas rhetoric about the annihilation of Israel. This is the world in which we now live.

Almost no other issue in recent memory has illustrated the moral bankruptcy of much of the international community. Hamas has no pretensions, like the PA, of being a governing authority; it used violence to rout the PA and then bragged that its charter pledging the destruction of Israel remained unchanged. Israel evacuated Gaza; Gazans in response looted their own infrastructure, alienated both the PA and Egypt, and then sent off more than 6,000 rockets against Israeli civilians, while eagerly becoming a terrorist puppet of theocratic Iran.

Nothing could be more clear: either the fact that a constitutional republic was trying to avoid civilian casualties while a terrorist organization was intent on killing Jewish civilians as it used its own citizens as shields to protect mostly young male terrorists; or the world’s craven reaction to all this.

Again all very creepy — the stuff of Tolkien’s Mordor. It is now clear that the so-called and much praised « international community, » the hallowed U.N., the revered E.U., all pretty much are indifferent to the survival of a democratic Israel, or are actively supportive of its terrorist Hamas enemy. Only the U.S. (for now) stands by a constitutional state in its war against a murderous terrorist clique, with annihilation its aim and religious fascism its creed.

Gazitis

If Israel continues to decimate Hamas, gets its message out to the global public by circumventing and counter-acting AP, Reuters, the NY Times, the Guardian, etc., and makes the case that there is a terrible, but moral connection between sending rockets into Jewish kindergartens and not sleeping well in fortified compounds in Gaza City, then it may recapture much of its deterrence lost in the 2006 war where the opposite formula of talking loudly and carrying a small stick was the Israeli norm.

Note not just the relative silence of Fatah and the Arab community in general at the news of the settling up with Hamas, but the quiet from Hezbollah in Lebanon. One would think Hezbollah would now pile on by launching missiles in solidarity with their brothers in Hamas. For now almost everyone in the Middle East seems to be willing to forfeit their patronage of Hamas to Iran while hoping it is as costly for the cash-strapped mullahs as it is embarrassing.

When should Israel stop? When they think there is a good chance the rockets will stop — and not until then. That will happen only when the message seems to be getting through to Gazans that they might better jeer rather than cheer rockets launched from their empty lots and rooftops, given the retribution that will inevitably follow, despite the promulgation of phony doctrines like proportionality and the tired old game of « hood on — I’m a scary rocket launcher »/ « hood off — I’m a scared civilian victim of Israeli aggression ».

Note likewise the growing silence from the incoming Obama administration and its supporters, who now have dropped much of the talk about the tragedy of not having an early ascension in November rather than January 20th. Gaza is a sore about which you cannot vote present, charm terrorists into disarmament, talk in platitudes of hoping and changing it, or simply keep blaming George Bush for not being « engaged. » Instead, Obama must face the hard choices of either alienating traditional liberal pro-Israel supporters, or the powerful anti-Israeli fringe groups that have galvanized much of the Obama candidacy, here and abroad. UNing an asymmetrical war with terrorists with ostensible blame for both sides as equally culpable won’t do either. The Middle East almost by definition requires an American President to be disliked as much as he is deemed necessary.

In such a context, it will be difficult for Obama, as many expected, to open no-preconditions negotiations with Iran, or start pressuring for surrendering Golan to Iranian-backed Syria. Instead, there are some atrocious scenarios on the horizon: Iran’s bomb, Arab counter-nuclear proliferation, a real Pakistan-India war at the outbreak of the next Mumbai, and Hezbollah’s next gambit to destroy constitutional Lebanon.

Voir enfin:

Surreal Gaza
Victor Davis Hanson
Pajamas Media
January 2, 2008

The world reacts

I spent today reading accounts of Gaza —NY Times, AP, Reuters, etc. There are no terrorists, just militants. Not much about past rocket attacks on Israel — most everything on the crowded conditions of Gaza. Iranian aid is rarely elaborated on; stories about quiet Arab support for defanging Hamas are likewise rare; common is the buzz about protests in Europe. In reaction, I jotted down the following random thoughts.

Gaza as Monte Carlo, perhaps Hong Kong, or is it to be Switzerland of the Mediterranean?

Gaza is a sort of lab experiment in the Middle East. Recall for a minute: the Israelis withdrew en masse, a so-called “retreat” that reverberated all over the Middle East. The West supported free and open elections that gave Hamas their legitimacy, such as it was. Gaza is strategically placed on the Mediterranean with a prime shoreline. It borders Egypt the traditional center of the Arab world. Hundreds of millions of dollars of Middle-East oil money, and Western relief donations have poured into the tiny state. Israeli clearly wants no more of it, and would love to let Gaza alone to be Dubai.

The result?

Hamas with its serial rocket attacks on Israel interprets all of the above not as an opportunity for prosperity, but as a stage one for the great accomplishment of its generation — the absolute destruction of the Jewish state. Its agenda is clear and unambiguous, and apparently shared by millions of elites in the West itself, without whose support Hamas could not exist. The common theme of Western press coverage is the misery of Gaza, never the misery of Gaza as a product of the garrison-state mentality of Hamas’s radical Islamic vows to wage perennial war against Israel.

The enablers

Hamas counts on the fact that its own losses will be characterized as a “holocaust” and appear comparable in the Western media to something like Darfur or the slaughtering in Zimbabwe, or the usual carnage that we wake up to on the news. Take away Western press attention from Gaza, and Hamas is just another violent, illiberal regime that impoverishes its own people while seeking victim status in the West.

Is that too harsh? I don’t think so. Again, if it were to call a one-year truce with Israel, seek normal relations with Egypt, and swear off Iranian-Hezbollah terrorist aid while it sought to rebuild infrastructure, ensure security, and recruit foreign capital, then there would be no more world attention, and its cadres of hooded youth would lack the pizzazz of “militants.”

Un commentaire pour Gaza: Qui se souvient des 500 victimes civiles serbes de l’OTAN? (Who remembers the 500 civilian Serbs killed by NATO?)

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