Gaza: Il est vrai que la victoire démocratique du Hamas lui a été volée (Hamas’ s stolen democratic victory)

Palestinian elections

Palestinian little girls
Suicide bombing mother with child
Les socialistes français des années 30 (…) ont voulu éviter un retour de la première guerre mondiale; ils ont refusé de croire que les millions de personnes en Allemagne avaient perdu la tête et avaient soutenu le mouvement nazi. Ils n’ont pas voulu croire qu’un mouvement pathologique de masse avait pris le pouvoir en Allemagne, ils ont voulu rester ouverts à ce que les Allemands disaient et aux revendiquations allemandes de la première guerre mondiale. Et les socialistes français, dans leur effort pour être ouverts et chaleureux afin d’éviter à tout prix le retour d’une guerre comme la première guerre mondiale, ont fait tout leur possible pour essayer de trouver ce qui était raisonnable et plausible dans les arguments d’Hitler. Ils ont vraiment fini par croire que le plus grand danger pour la paix du monde n’était pas posé par Hitler mais par les faucons de leur propre société, en France. Paul Berman
Dans le monde moderne, même les ennemis de la raison ne peuvent être ennemis de la raison. Même les plus déraisonnables doivent être, d’une façon ou d’une autre, raisonnables. (…) En cohérence avec cette idée, les socialistes regardaient ce qui se passait outre-Rhin et refusaient simplement de croire que ces millions d’Allemands avaient adhéré à un mouvement politique dont les principes conjuguaient théories paranoïaques du complot, haines à glacer le sang, superstitions moyenâgeuses et appel au meurtre. Les kamikazés étaient certes fous, mais la faute en incombait à leurs ennemis, pas à leurs dirigeants ni à leurs propres doctrines. (…) le nihilisme palestinien ne pouvait signifier qu’une chose: que leur souffrance était encore pire … Paul Berman
Lorsque quelqu’un doit gérer un tueur en série, ce n’est pas si important de découvrir pourquoi il est devenu un tueur en série. Ce qui est important, c’est d’emprisonner le meurtrier ou de l’exécuter. (…) En ce moment, cette société est dans l’état d’un tueur en série. C’est une société très malade. Elle devrait être traitée de la façon dont nous traitons les individus qui sont des tueurs en série. (…) Peut-être qu’au fil des années l’établissement d’un Etat palestinien aidera au processus de guérison. Mais en attendant, jusqu’à ce que le médicament soit trouvé, ils doivent être contenus afin qu’ils ne réussissent pas à nous tuer. (…) Il y a là un animal sauvage qui doit être enfermé d’une façon ou d’une autre. Benny Morris
Pour que sa réponse soit proportionnelle Israël aurait-il dû utiliser des fusées artisanales tirées sur les agglomérations civiles de Gaza? Et si ce pays ne dispose que de fusées perfectionnées, à quel nombre aurait-il eu droit? Martin Birnbaum

Il est vrai que la victoire démocratique du Hamas lui a été volée.

Peut-on imaginer plus bel exemple de logique de purification sémantique en une du quotidien de révérence?

Car, comme le démontre magistralement le chercheur Lucien SA Oulahbi, comment appeler un « parti démocratiquement élu » au niveau « local » qui commence, par un coup d’Etat sanglant, à se débarrasser sur son fief de l’autorité « nationale » elle aussi démocratiquement élue?

Comment appeler un parti démocratiquement élu au niveau « local »
qui, après avoir transformé avant son élection le début d’infrastructures portuaires et aéroportuaires que lui avait attribué des accords internationaux en lieux de passage de contrebande d’armes (mais aussi munitions, devises et conseillers militaires iraniens!), se voit fermer sa principale frontière internationale terrestre (avec l’Egypte) pour cause à nouveau, via des dizaines de tunnels, de trafic d’armes ?

Comment appeler un parti démocratiquement élu au niveau « local » qui, après avoir commandité des dizaines d’attentats-suicide et envoyé à l’aveugle des milliers de roquettes (plus de 10 500 depuis 2001) contre les civils de l’Etat voisin, continue, après le retrait de ce dernier de son territoire, à lui envoyer, barrière de sécurité et contrôles frontaliers obligent, des milliers de roquettes (plus de 6 500 en trois ans dont plus de 538 pendant les 6 mois de « trêve », soit plus de 2000 par an et juste avant l’intervention israélienne 80 par jour, rendant ainsi, avec un quadruplement des portées, toute vie normale impossible sur une zone contenant un million de civils)?

Comment appeler un parti démocratiquement élu au niveau « local »
dont non seulement la charte prône explicitement la disparition de l’Etat voisin avec lequel il est censé être en négociation mais dont les conditions qu’il multiplie comme étapes desdites négociations prévoient, outre le retour aux frontières de 1967, puis à celles de…1947, reviennent, via « le fameux droit au retour de 4,5 millions de réfugiés » « sans oublier Jérusalem (en son entier), le Golan, évidemment, et tout un ensemble d’exigences en terme de démantèlement intégral d’implantations, de dédommagement financiers, de réparations etc… », à « demander purement et simplement non seulement sa capitulation, mais sa disparition, du moins comme Etat « ?

Comment appeler un parti démocratiquement élu au niveau « local » qui installe ses infrastructures militaires dans le centre des villes (écoles, mosquées et jardins privés compris !), truffe son sous-sol de tunnels de contrebande, explosifs, bombes commandées à distance, et de groupes de miliciens embusqués et est en train de faire voter, pour le bien-être de sa population, la flagellation, l’amputation de mains, la pendaison et la crucifixion?

Comment appeler enfin une presse et des médias occidentaux et notamment français qui continuent, contre toute évidence, à se faire les complices d’une telle désinformation et, via les images fournies exclusivement et sans jamais le dire, par le prétendu dit « parti », à réduire la situation à un défilé d’images de victimes présentées exclusivement civiles ou présentées comme telles entre l’entrée des urgences, les salles de soins intensifs et la morgue de la principale ville ?

Réfutation des trois arguments avancés par le Hamas et ses alliés en Occident

Lucien SA Oulahbib
le 05/01/08

Les trois argument principaux du Hamas pour justifier officiellement sa rupture unilatérale de la trêve consistent à avancer premièrement qu’Israël a continué le blocus de sa frontière, deuxièmement qu’il refuse de revenir aux frontières de 1967, enfin que le Hamas a gagné les dernières élections législatives palestiniennes et ne peut donc être considéré comme une organisation « terroriste » alors qu’il est catalogué ainsi par toutes les instances internationales.

Le premier argument, (semblable à celui qui accuse les USA d’avoir empêché le développement du régime castriste à Cuba à cause de leur embargo), est aisément réfutable parce que, d’une part, l’on ne voit pas pourquoi le Hamas aurait des relations normalisées avec un Etat qu’il ne reconnaît pas ; ce qui explique d’ailleurs pourquoi il a permis, y compris durant la trêve, que d’autres groupes comme le Djihad puissent lancer des roquettes sur Israël durant la trêve. D’autre part, le Hamas a une frontière avec l’Egypte par laquelle les flux multiformes auraient pu fortement s’intensifier si le Hamas avait choisi d’importer et d’exporter des marchandises au lieu de chercher à importer principalement des armes ; enfin, il suffisait que le Hamas décide d’avoir des relations normalisées avec Israël (dans le cadre d’une négociation plus globale sur l’ensemble du dossier comme c’est le cas avec l’Autorité palestinienne) pour que sa frontière maritime soit ouverte, comme ce fut quasiment le cas à la suite des accords d’Oslo où l’on vit même un aéroport international être construit à Gaza avec des capitaux libanais. Or, opter pour une logique de guerre, à savoir creuser des tunnels à la frontière égyptienne pour importer des armes financées par le régime khomeyniste et le djihadisme international, tout en permettant qu’une guérilla continue de fermenter à la frontière israélienne, ne pouvait qu’amener à la confrontation actuelle.
Le second argument, à savoir revenir aux frontières de 1967, a toujours été officiellement considéré par le Hamas comme étant une « première étape » (first step) pour une normalisation, (la seconde étape étant de revenir aux frontières de…1947… et il y a d’autres étapes…), tout en mettant dans le contenu du terme « revenir » des conditions telles qu’elles reviennent à demander purement et simplement non seulement la capitulation d’Israël, mais sa disparition, du moins comme Etat, du fait, entre autres, du fameux droit au retour de 4,5 millions de réfugiés désormais (alors qu’ils étaient entre 450 000 et 700 000 en 1948 et ce sous l’injonction des pays voisins désireux de dégager le terrain pour la guerre avec le jeune Etat Juif), sans oublier Jérusalem (en son entier), le Golan, évidemment, et tout un ensemble d’exigences en terme de démantèlement intégral d’implantations, de dédommagement financiers, de réparations etc… ; tandis que comme population les habitants d’Israël désireux de rester seraient considérés comme des « protégés » c’est-à-dire des non citoyens, au sens de devenir des personnes de statut inférieur au statut musulman, comme il est indiqué par le Coran qui est la seule Constitution possible et donc le seul socle du droit positif islamique adopté par le Hamas depuis sa création en tant que courant affilié aux Frères Musulmans.
Le dernier argument enfin consiste à s’appuyer sur la légitimité politique du Hamas qui aurait gagné les derniers élections législatives pour justifier son droit à la reconnaissance internationale et donc justifier sa participation aux négociations actuelles avec l’Autorité palestinienne. Sauf que sa victoire a été entachée par son coup d’Etat à Gaza, ce qui, déjà, rend d’office caduque sa légalité, par ailleurs le fait d’être élu n’entraîne pas son caractère démocratique à partir du moment où les droits fondamentaux dont la séparation des pouvoirs (à commencer entre le politique et le religieux) ne sont pas respectés, d’autant qu’une élection ne justifie pas l’attaque unilatérale et incessante contre un voisin frontalier. Voilà les faits au sens le plus strict de ce terme (fact). Ajoutons pour conclure qu’il est oublié que lorsque l’on choisit une logique de guerre, et envoyer des milliers de roquettes (9400 depuis 2003) s’inscrit dans ce cadre, il ne faut pas s’étonner qu’un Etat réplique de façon militaire. Aussi faut-il raisonner dans ce cadre là et non pas en soi comme s’il s’agissait d’un affrontement entre un Etat de droit, Israël, et « les »palestiniens en général, ce qui, très strictement, faux. Il s’agit, au sens strict, d’une confrontation ayant basculé en conflit armé depuis qu’une organisation (le Hamas) non reconnue par les instances internationales, et dont l’emprise sur Gaz a été déclarée illégale par… l’Autorité palestinienne, a plutôt choisi l’affrontement armé plutôt que la négociation.

Voir aussi:

Point de vue
Logique de purification ethnique à Gaza
Dominique Eddé
Le Monde
05.01.09

Quel est le bénéfice attendu par Israël, au terme de cette énième entreprise de bombardement, « Plomb durci » ? Sécuriser les citoyens israéliens. Anéantir le Hamas. Connaît-on un cas de figure ayant prouvé, par le passé, que la méthode pouvait marcher ?

L’opération « Raisins de la colère », accompagnée du massacre de Cana, au Liban, en 1996 ? Elle a renforcé le Hezbollah et s’est soldée par le retrait des troupes israéliennes du Liban sud en 2000. L’opération « Rempart à Jénine », au printemps 2002 ? « Voie ferme », deux mois plus tard ? 2002 et 2003 ont été des années sanglantes pour les populations civiles en Israël : 293 morts. « Arc-en-ciel », en mai 2004 ? « Jour de pénitence », quatre mois plus tard, au nord de la bande de Gaza, avec les mêmes sinistres bilans ? Les assassinats de dirigeants politiques du Hamas exécutés et revendiqués sans complexe par le pouvoir israélien ? Les attentats-suicides ont culminé en 2005. Et, au début de l’année suivante, le Hamas obtenait la majorité absolue aux élections législatives.

La guerre au Liban, en 2006, avec, à la clé, un pays dévasté et plus de 1 000 morts civils dont 30 % d’enfants ? Là encore, Israël a détruit pour rien. Son butin ? L’échange, en juillet 2008, de deux dépouilles mortelles de soldats israéliens d’un côté, contre cinq détenus et des dizaines de dépouilles mortelles libanaises et palestiniennes de l’autre.

Que gagnent les dirigeants du Hamas en poursuivant leurs tirs de roquettes sur Israël ? Pourquoi cet acharnement à donner des coups qu’ils encaissent au centuple, en retour ? Qu’un mouvement de résistance, face à une force d’occupation, se tienne prêt à perdre des hommes pour gagner du terrain, soit. Mais quand le rapport de forces est ce qu’il est ? Quand chaque tir de roquettes est suivi d’un déluge de feu, quand l’action est aussi coûteuse en vies humaines, aussi improductive sur le plan politique, aussi impopulaire sur le plan international ? Quelle est la logique d’une telle obstination ?

Il est vrai que la victoire démocratique du Hamas lui a été volée. Vrai, que la négation quasi unanime de son droit au pouvoir l’a dangereusement isolé. Si bien que nous ne saurons jamais ce qu’il aurait fait s’il avait été pris pour interlocuteur. Il n’empêche : un combat politique réclame d’autant plus de vigilance et d’inventivité que l’adversité est grande, les moyens limités. Les deux ont cruellement manqué.

Pourquoi les membres du Hamas se croient-ils obligés de surenchérir sans cesse, au prix de leur crédibilité et de la survie des leurs ? Pourquoi cette application à ne rien entendre de la peur israélienne de l’avenir, à rester incompris plutôt qu’à se faire comprendre ? Que gagnent-ils à l’ajournement de la reconnaissance d’Israël ? Une carte à jouer dans de futures négociations ? N’est-ce pas plutôt en posant cette carte sur la table qu’ils pourraient commencer à en gagner d’autres, à remettre le droit au centre du débat ?

Qu’a apporté à son peuple le président de l’Autorité palestinienne, en échange de sa totale soumission au pouvoir américain et israélien ? De concession en concession, de poignée de main en poignée de main, il n’a rien obtenu de plus que son maintien au pouvoir. Il a confondu l’ouverture et la capitulation. Il a mis en danger la cohésion de son peuple. Et, durant ce temps, la corruption qui avait causé l’échec électoral de son parti se poursuit impunément.

Porte-parole d’une cause en or, d’une cause imparable, Abbas et ses sbires n’ont pas mieux réussi que les membres du Hamas à tenir un discours un tant soit peu cohérent. Digne. Articulé. Un discours qui crée le mouvement, qui frappe l’imagination, qui traite la tête haute – à égalité – avec les Israéliens. Ils ont bradé les acquis de la première Intifada. Ils ont pris goût à la collaboration, aux pourparlers stériles, à ce qui signe, depuis près d’un siècle, la ruine politique du monde arabe.

Que gagne le pouvoir américain à soutenir inconditionnellement la politique israélienne ? Le maintien, certes, d’une relation ultraprivilégiée avec un partenaire stratégique qui est aussi le pays détenteur (avéré) de la bombe atomique au Moyen-Orient. Reste la question majeure : en quoi la moisson de la politique israélo-américaine des quarante dernières années est-elle de nature à conforter celle-ci dans ses choix ? Trois de ses axes fondamentaux n’ont cessé de s’avérer inopérants et dangereux :

1) La quête de la domination politique par le recours à la toute-puissance militaire. En Irak, comme en territoires occupés, cette équation n’a pas marché. Ni en 1991, lors de la première guerre du Golfe. Ni, un an après l’autre, en Cisjordanie et à Gaza. Ni en 2006, au Liban. Ni depuis cinq ans, avec la seconde guerre du Golfe.

2) Le choix de la maîtrise par la division communautaire. Outre sa politique systématique de morcellement, d’effritement des territoires occupés, tout indique que le pouvoir israélien nourrit le rêve d’expulser d’Israël ses populations non juives. De prôner partout la séparation. De démembrer la région, en autant de morceaux communautaires. Gaza étant le morceau du morceau du morceau.

En avalisant cette politique de fragmentation, foncièrement religieuse, avec ses risques de purification ethnique, les Etats-Unis s’exposent et exposent le monde au pire des scénarios qui voudrait que les populations se retrouvent, un peu partout, contraintes et forcées de rentrer dans les rangs. Chaque entité dans sa ville, son quartier, sa rue, son ghetto. Est-il besoin de fournir des exemples pour affirmer que cette fin de la différence et de la mixité, c’est l’organisation de la mort ?

3) La mise en place de toutes sortes de manipulations et stratagèmes en lieu et place du droit international. C’est ainsi, notamment, que les accords d’Oslo ont sapé la paix dont ils se réclamaient. Comment ? En maintenant toutes les colonies dans les territoires occupés.

A force de traiter les Palestiniens (les Arabes en général) par le mépris, à force de ne traiter qu’avec ceux d’entre eux qui sont à la botte, de leur extorquer concession sur concession, de jouer au plus fin, de préférer grignoter encore et toujours du territoire – un bout de Jérusalem par- ci, une colonie par-là -, que gagnent les plus forts ? La rage du plus faible ? Sa défaite ? Pas seulement. Ce à quoi nous assistons avec une ponctualité effrayante, c’est la transformation progressive d’une situation négociable en une situation explosive, ingérable.

Si Israël et les Etats-Unis persistent à nier l’humiliation innommable, le désespoir fou, dangereux pour tous, que génère leur politique, alors ce désespoir continuera de se répandre de pays en pays. Et, dans cette escalade, chaque jour sera un jour de trop. S’ils s’obstinent à ne pas s’interroger sur les raisons pour lesquelles un jeune lanceur de pierres, en 1987, s’est métamorphosé sept ans plus tard en bombe humaine, alors les jeunes oubliés de la vie seront de plus en plus nombreux à être candidats à la mort.

Pourquoi ne pas dire les choses simplement ? Si les Etats-Unis et Israël réunis n’ont pas réussi, à ce jour, à protéger l’avenir d’Israël, c’est que leur méthode n’est pas la bonne. S’ils n’en changent pas, Gaza, la prison infernale, sera le signe avant-coureur de nos lendemains et des leurs.

Dominique Eddé est écrivain franco-libanaise.

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