Escroquerie Madoff: Attention, une arnaque peut en cacher bien d’autres! (No sense being a grifter if it’s the same as bein’ a citizen)

Corporate con artists
A quoi bon faisander si les honnêtes gens en font autant? (Henry Gondorff, L’Arnaque, 1973)

Attention: une arnaque peut en cacher bien d’autres!

Au moment où tout le monde y va de son couplet sur la dernière arnaque de Wall Street, celle du financier marron Bernard Madoff

Petit retour sur une dimension étrangement oubliée de l’actuelle crise financière, à savoir, comme le rappelaient dans Le Figaro hier deux responsables de la police financière française, ses aspects criminels.

Notamment le crime organisé mais aussi la répétition d’opérations criminelles commises par les acteurs normaux des marchés financiers.

Et ce déjà dans les crises précédentes des années 1980-1990 comme la faillite des caisses d’épargne et de crédit immobilier (Savings and Loans) aux Etats-Unis (quelque 500 milliards de dollars avec les intérêts) ou l’éclatement, un peu plus tard au Japon, des bulles bancaires et immobilières (600 milliards).

Mais aussi avec la tristement fameuse “Ponzi finance” des subprimes des Fannie Mae et autres Freddie Mac qui nous vaut la crise actuelle où, sur fond de conflits d’intérêts (jusqu’aux alliances matrimoniales!) entre agences de notation, banques, assureurs et bien sûr responsables politiques (notamment les Démocrates jusqu’au nouvel élu actuel!) et sous prétexte de loger les plus démunis sous couvert d’une philanthropie ostentatoire (sans parler des jeux de bourse pour plomber les concurrents, des délits d’initié lors des recapitalisations ou des sorties à temps du navire à la Sandler), on a assisté, à la Enron, aux montages et aux falsifications de bilans les plus échevelés…

Ne pas occulter la dimension criminelle de la crise financière
Jean-François Gayraud et Noël Pons
Le Figaro
16/12/2008

TRIBUNE – Jean-François Gayraud, commissaire divisionnaire de la police nationale, et Noël Pons, conseiller au Service central de prévention de la corruption, établissent un lien entre criminalité et crise financière.

Personne ne conteste à la crise du subprime une dimension à la fois structurelle (l’orgie de crédit) et conjoncturelle (l’éclatement de la bulle immobilière aux États-Unis). Cependant, nul n’a semblé voir les aspects criminels de cette crise financière globalisée. Un oubli étonnant car l’histoire nous enseigne que toutes les crises financières «recèlent» une dimension criminelle. Soit par l’immixtion du crime organisé, soit par la répétition d’opérations criminelles commises par les acteurs normaux des marchés ; et parfois aussi par l’association de ces deux univers. Dans notre propos, nulle volonté de réduire une crise systémique à du gangstérisme ou de débusquer d’improbables boucs émissaires, mais le souci de rappeler que le crime – organisé ou non – s’infiltre partout où l’argent règne, y compris sur les marchés financiers.

Le crime accompagne, amplifie et parfois provoque les crises financières. D’ailleurs, comment ne pas être troublé par l’étrange alerte publique que lança, en mai 2008, le ministre de la Justice américain, Michael Mukasey, sur la menace grandissante pour la sécurité nationale représentée par la «pénétration des marchés par le crime organisé» ?

Tout le monde ou presque semble avoir occulté le fait que le monde occidental avait déjà vécu dans les années 1980-1990 deux grandes crises financières à forte «odeur criminelle», dans un contexte également de prêts immobiliers inconséquents et de dérégulation des marchés.

Il y eut d’abord la faillite des caisses d’épargne et de crédit immobilier (Savings and Loans) dans les années 1980, aux États-Unis, l’un des pires désastres financiers du XXe siècle. Son coût pour le contribuable américain fut estimé à près de 500 milliards de dollars, en incluant les intérêts. Si le gouvernement fédéral n’était pas intervenu, le cœur même de l’économie américaine aurait été mis en danger et, par contagion, une partie de l’économie mondiale.

L’épicentre du désastre avait pour origine des fraudes criminelles de grande ampleur, menées par des cadres de ces caisses d’épargne et des bénéficiaires extérieurs, parfois même des mafieux avérés. 70 % à 80 % des faillites de ces caisses d’épargne furent dues à une activité criminelle.

Au même moment, le Japon vit une crise comparable dont le pays n’est toujours pas guéri. Dans un contexte d’argent facile et de dérégulation, les banques prêtent de manière inconsidérée à des sociétés et à des entrepreneurs «en odeur de Yakuza», la mafia japonaise. Lorsque les bulles bancaires et immobilières éclatent, le système financier japonais se retrouve exsangue, piégé par des masses de prêts irrécouvrables, estimés en 1998 à 600 milliards de dollars. Dans 30 % à 40 % des cas, ces «créances douteuses» s’avèrent être en fait des «créances mafieuses», donc impossibles à recouvrer.

La crise du subprime s’amorce probablement avec la multiplication de prêts immobiliers à des bénéficiaires dans l’incapacité de rembourser. D’abord, des montages primaires affectant la qualité des prêts seront mis en évidence. La seconde période (titrisation et dérivés d’assurances) enfante des montages alambiqués, toujours causés par l’attrait des bonus et par la complexité même des opérations. Les fraudes changent de nature, les conflits d’intérêts entre agences de notation et banques, banques et assureurs, se multiplient au gré des évaluations et des contrats. Surtout, les créances gênantes quittent les bilans. De véritables «usines à gaz» dans lesquelles le fictif a été agrégé au réel sont montées. Au moment du décompte final, les pertes doivent être régularisées : les bilans manipulés et les annonces de situation falsifiées. Le spectre d’Enron ressurgit !

La troisième période, celle du passage par les hedges funds et les banques d’affaires, voit la crise du subprime s’amplifier et éclater lorsque les produits toxiques sont diffusés mondialement.

Une spéculation effrénée génère d’autres types de montage : le blanchiment, du fait de l’omniprésence de structures installées dans des paradis fiscaux, et de la totale absence de transparence qui y règne ; la manipulation d’informations afin de créer un appel d’investisseurs nouveaux qui nourriront la machine alors que la situation est dégradée. Ensuite, la spéculation boursière de type «bouilloire» (prises de position rampantes, late-trading, écrêtage et tant d’autres montages). Enfin, les délits d’initié qui peuvent survenir lors des recapitalisations des institutions bancaires, parabancaires ou d’assurances en utilisant les ventes à découvert. Et, pour terminer, les jeux destinés à «aider» la chute de concurrents en faisant baisser artificiellement les cours, ce qui crée des problèmes graves à la collectivité. Pour conclure, rappelons une réplique célèbre du film L’Arnaque : «À quoi bon faisander si les honnêtes gens en font autant ?»

6 Responses to Escroquerie Madoff: Attention, une arnaque peut en cacher bien d’autres! (No sense being a grifter if it’s the same as bein’ a citizen)

  1. jcdurbant dit :

    Le blanchiment, bien sûr!

    Très intéressant, mais étant donné le nombre et la « qualité » des personnalités impliquées, vous croyez que les choses vont vraiment sortir? …

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  2. jcdurbant dit :

    Maintenant ils se réveillent!

    « the $50 billion headline figure (…) is likely to turn out to be not the amount lost but the amount people wrongly thought they had. (…) The financial system as a whole has had the characteristics of a Ponzi scheme if we look at it fundamentally. (…) we should think about the true value of assets as being derived from the future flow of goods and services that the assets can lay claim to or produce. If market prices of financial and real estate assets rise a lot but there is no increase in the ability of the economy to provide goods and services in the future, then the apparent increase in wealth is illusory. »

    Tim Lee (pi Economics consultantcy, Stamford, Connecticut)

    « That implies that (…) much of the money never existed, other than on the attractive and no-doubt glossy statements sent by Madoff. And it is in this way that we are all Ponzi limited partners: We too thought our retirement funds and houses were growing miraculously, though ours was an illusion fueled by debt rather than fraud, and we too made plans based on those asset values that now stand in ruins. »

    James Saft (« Was whole economy a Ponzi scheme? », IHT)

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  3. Stop Arnaque dit :

    On estime à prés d’une centaine de français et près d’un millier d’anglophone travaillant actuellement dans ces sociétés de finance véreuses nommées communément ‘ Boiler Room ‘. Leur quartier général se situe à Bangkok. Ils existent aussi des ramifications en Malaisie et au Philippine..

    Apres avoir dévalisé l’Australie de plusieurs milliards de $ australiens, l’Angleterre évalue à plus 500 millions de $ de fraude par an. La France depuis plus un an recense une augmentation constante de plainte.

    La plupart de ces sociétés utilisent principalement des comptes bancaires a Hongkong, Taiwan et Chypre. Le compte bancaire est rarement en rapport avec le nom de la société. Pour faire durer la longévité d’une société, ils utiliseront successivement différents comptes bancaires.

    Téléphone et fax sont loués et les appels sont transférés sur des mobiles. Il existe rarement plus d’une ou deux lignes téléphoniques. Les mails sont envoyés grâce à des ‘proxy’ qui cachent leur réel IP.

    La démarche se divise en trois étapes : un telemarketeur démarche les clients en premier lieu et cible le prospect. Ensuite une deuxième personne rappelle le client et se charge d’ouvrir un compte pour le client. Enfin, une troisième personne se chargera de faire réinvestir le client après avoir gagner sa confiance.

    Plusieurs arrestations grâce à l’appuis d’Interpol ont eu lieu ce mois de septembre a Bangkok. Une myriade de micro-société se situerait dans des appartements du centre bangkokien entre Sukhumvit et Lumpini et sont actuellement sous investigations. Ces voyous anglophones et français connus de la communauté bangkokiene ne se cachent nullement grâce à une protection rapprochée de détectives et de garde du corps thaïlandais.
    http://www.nationmultimedia.com/breakingnews/30112593/6-foreigners-arrested-in-online-investment-scam

    Quelques recommandations pour reconnaître ces sites frauduleux:

    – Leur site Internet a rarement plus de six mois d’existence. Il suffit de chercher dans whois.is pour obtenir la date de création du site internet.
    – Le compte bancaire est toujours à l’étranger à Hongkong, Taiwan ou Chypre.
    – Il y a souvent souvent un unique numéro de téléphone.
    – Ces sociétés ne sont pas dans les pages jaunes internationales.
    – Leur numéro est caché lors d’appel.
    – Le numéro de téléphone et fax loués ne sont jamais à leur nom.
    – La société n’est généralement pas immatriculée au registre du commerce. Elle utilise un faux numéro ou bien l’adresse est différente dans le cas d’une copie d’une société existante.

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  4. Boiler room Scam dit :

    Theses scammers are all in Bangkok I agree. For almost 15 years. It has never change and rumors was only bullshit!

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  5. jcdurbant dit :

    Merci pour ces utiles avertissements …

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