Présidentielle iranienne: Le drapeau rouge flotte sur Téhéran (Red flag over Tehran)

Down with the USA (Tehran)Je ne m’attends pas à ce que quelqu’un qui se considère comme d’origine africaine et comme un membre de la race noire opprimée en Amérique réitère les propos de Bush. Nous ne voulons pas de conflit ou de guerre avec l’Amérique, nous voulons un accès à la technologie nucléaire. Nous ne voulons pas de vos encouragements et vos punitions ne pourront nous écarter de notre objectif. Nous voulons être un pays musulman indépendant, un exemple pour les autres. Nous savons que vous ne partagez pas notre idéal islamique révolutionnaire qui refuse votre ingérence, c’est pourquoi vous utilisez des prétextes comme le nucléaire ou le terrorisme pour nous arrêter. En fait nous défendons les droits des plus faibles ! Nous n’avons peut-être pas de force, mais nous avons une langue. Nous défendons les plus faibles par la langue. Rafsandjani (Sermon de la Fête du sacrifice, le 10 décembre 2008)
Dans la vraie vie, les vrais étudiants contestataires auraient dénoncé les vieux mollahs indécrottables qui via des institutions opaques se partagent toutes les richesses du régime alors que 85% des Iraniens vivent sous le seuil de pauvreté… Ils auraient dénoncé le taux de chômage des jeunes que le régime dissimule par des manipulations de statistiques… Ils auraient dénoncé les pendaisons publiques et télévisées ou le code pénal inspiré par la charia ou encore la situation au Baloutchistan… Iran-Resist

Après le drapeau rouge sur la Maison blanche, la déferlante Obama est-elle en train de gagner… l’Iran?

No war! No fascism! We want democracy! (en anglais, s’il vous plait!)

Ceux qui ont cru en tout cas à « un nouveau ‘complot des mercenaires’ à la solde du Grand Satan contre les universités qui produisent des scientifiques capables de donner la technologie nucléaire à l’Iran » en auront été pour leurs frais.

En fait, dûment annoncée par la radio officielle et munie, comme le rappelle le site Iran-resist, de magnifiques cartons A1 de la même couleur et d’une sono d’enfer sans parler des abondantes images Youtube, la manifestation de dimanche dernier au sein de l’université de Téhéran n’était apparemment… qu’une commémoration officielle!

Comme le rappelalt l’an dernier l’AP locale, le jour national des étudiants marque en effet l’anniversaire de la mort de trois étudiants lors d’une manifestation en 1953. Et le ministère des Renseignements avait, alors comme aujourd’hui, fort heureusement déjà arrêté les éléments perturbateurs qui voulaient perturber la manifestation légale.

Mais cette fois, pour ne pas gâcher le matériel, ladite commémoration était doublée, à la veille des présidentielles de juin prochain et comme le confirmera le lendemain le discours très Nasseriste et très gaucho (la défense des plus faibles) du patron du régime Rafsanjani, d’une manifestation électorale !

Plusieurs étudiants avaient apparemment été chargés d’entonner des slogans hostiles, non au régime mais à l’actuel gouvernement du président Ahmadinejad.

D’où les slogans pacifistes et l’absence ostensible de la police ou d’arrestations.

Mais aussi, petite touche créative des milices qui organisaient l’événement, le démontage (à la José Bové, s’il vous plait ! Ici, on ne casse rien, on démonte!) d’une grille d’entrée pour illustrer l’intérêt de la population pour l’université islamique puisque les démonteurs venaient de l’extérieur!

Iran: Les images terribles des « étudiants » en colère!
Iran-resist
09.12.2008

Hier, les « étudiants » iraniens, en fait des membres de la milice islamiste de BCU, ont manifesté aux cris de « Mort au dictateur ! » Fort heureusement, Siavash Ghazi, le correspondant de l’AFP à Téhéran, a écrit un texte pour expliquer que ces slogans hostiles concernaient bien uniquement le « gouvernement » et non le régime.

Le BCU a été créé en 1980 dans le cadre de la révolution culturelle ou l’islamisation des universités et des matières enseignées. Le projet avait aussi un volet de purge : l’université de Téhéran a été emmurée, et au final 60,000 étudiants et 12,000 enseignants ont été exclus, certains ont été tués. C’est le BCU ou Bureau de la Consolidation de l’Unité entre les séminaires théologiques et les universités qui était chargé des aspects sécuritaires de ce projet. Si l’idée de la révolution culturelle est de Khomeiny, sa réussite est due aux membres du comité de la révolution culturelle et au BCU. C’est le premier patron du comité de la révolution culturelle, l’Ayatollah Beheshti, qui a eu l’idée de créer le BCU. Après la mort de Beheshti, le projet a été confié à Khatami que l’on peut considérer comme son vrai artisan. Il est ainsi devenu le 1er patron exécutif de cette milice effrayante.

De ce fait, quand Siavash Ghazi, le correspondant de l’AFP, parle des étudiants du BCU comme de modérés qui seraient les partisans de Khatami le réformateur, il dissimule la réalité. Le BCU est le premier instrument de répression islamiste dans les universités ; Khatami est celui qui a détruit l’enseignement laïque, le seul bastion face à l’obscurantisme ; et il y a un lien de subordination entre une milice de surveillance avec son patron historique, véritable héros du régime. On est dans le carré des fidèles du régime.

C’est pour cela que ces « étudiants » ne critiqueront jamais les vieux mollahs, mais participeront toujours à des manifestations ultra médiatisées pour critiquer « le gouvernement ». Ces manifestations ont toujours lieu à un moment où le régime ressent le danger d’un renforcement des sanctions et espère s’en sortir en mimant une volonté venue d’en bas plébiscitant un retour des soi-disant modérés (Khatami pour les Occidentaux). A ce moment-là, le régime fait appel à ses manifestants professionnels des nombreuses milices dont la BCU.

Selon Siavash Ghazi de l’AFP, la manifestation d’hier a été le plus grand rassemblement estudiantin de ces deux dernières années. Des étudiants cagoulés pour ne pas être reconnus (tu parles, la manif a été couverte par l’agence ISNA), venus des différentes universités de la capitale, ont cassé les grilles de l’Université de Téhéran. Ils se sont rassemblés malgré une forte présence policière.

Ce n’est hélas pour Ghazi et ses amis du BCU pas la vérité : photos des agences Reuters, AFP et ISNA (l’organce du Jihad universitaire !) et vidéos Youtube made in BCU à l’appui !

Les portes de l’université de Téhéran n’ont pas été cassées et il n’y a pas de policiers devant ses portes, uniquement des passants et des hommes qui filment les soi-disant manifestants qui ne font rien pour se cacher.

Si la manifestation avait été réelle, on verrait des étudiants allant de l’extérieur vers l’intérieur de cette université au portail très reconnaissable. Ces photos n’existent pas et pire encore pour donner l’illusion que l’affaire a existé, quelques costauds de la milice ont déboulonné une porte de l’université polytechnique d’Amir Kabir, bastion du BCU, pour sortir dans la rue.

La photo (ci-dessus) prise pour immortaliser cet instant est édifiante : il n’y a pas de policiers dans la rue, mais une passante dont l’attitude ne laisse supposer un climat de tension. Les miliciens ont déboulonné leur porte pour faire du cinéma : ils ne sont d’ailleurs allés nulle part et ce parce que toute la manifestation s’est déroulée à l’université d’Amir Kabir avec près de 350 manifestants, aucun cagoulé (vidéo ci-dessous).

350 ce n’est rien par rapport à la ville de Téhéran qui compte 3 millions de jeunes en âge d’apprécier une manifestation qui serait vraiment contre le régime.

D’ailleurs pour attirer quelques foules à la prochaine manifestation, comme on le voit sur le Youtube made in régime, le BCU a fait diffuser l’hymne nationaliste (monarchiste) d’Ey Iran (vidéo ci-dessous), interdit depuis 1980.

Selon un organisateur des grandes manifestations anti-mollahs en France, le niveau sonore suppose une sono d’enfer. Ce n’est pas tout, d’autres photos montrent des filles portant des panneaux où l’on peut lire « We want démocracy ».

Les inscriptions en deux couleurs sont identiques d’une feuille à l’autre, ce qui suppose une sortie spéciale, en couleur en format A1 sur une machine spéciale. Ce sont des détails idiots, mais si les affichettes avaient été plus petites, les caméras n’auraient rien capté, il a donc fallu augmenter la taille des affiches, mais seulement voilà, dans la vraie vie, une manifestation spontanée ne dispose pas de ces moyens en imprimerie et en sono.

Dans la vraie vie, les vrais étudiants contestataires auraient dénoncé les vieux mollahs indécrottables qui via des institutions opaques se partagent toutes les richesses du régime alors que 85% des Iraniens vivent sous le seuil de pauvreté… Ils auraient dénoncé le taux de chômage des jeunes que le régime dissimule par des manipulations de statistiques… Ils auraient dénoncé les pendaisons publiques et télévisées ou le code pénal inspiré par la charia ou encore la situation au Baloutchistan…

Voir aussi:

Manifestation d’étudiants à Téhéran contre des arrestations d’opposants
Iran Focus
AP
10-12-2007

Plusieurs milliers d’étudiants ont protesté dimanche au sein de l’université de Téhéran contre une vague d’arrestation d’opposants iraniens, a-t-on appris auprès de témoins ainsi que de la radio officielle. Il s’agit de la seconde manifestation en moins d’une semaine.

Un témoin, Mehdi Arabshahi, a expliqué que la manifestation a duré deux heures et que plusieurs étudiants ont entonné des slogans hostiles au gouvernement du président Ahmadinejad. « Ils ont chanté des slogans contre les politiques du gouvernement, qui impose une pression contre les universités et qui arrête des militants. »

Un autre témoin, Abbas Kazemi, a ajouté que les manifestants, rejoints par des étudiants d’autres universités, ont repris des slogans pacifistes. Selon lui, il n’y a eu aucun affrontement avec la police ni aucune arrestation.

La radio publique a brièvement rendu compte de la manifestation, affirmant que les étudiants avaient lancé des slogans hostiles au pouvoir et qu’un groupe de personnes extérieures à l’université était entré après avoir cassé une grille d’entrée.

L’université et ses alentours étaient calmes après le rassemblement.

Ce rassemblement s’est déroulé le jour national des étudiants, qui marque l’anniversaire de la mort de trois étudiants lors d’une manifestation en 1953. Ce même jour, la télévision a annoncé que le ministère des Renseignements avait arrêté un groupe de militants décrits comme des éléments perturbateurs qui voulaient organiser une manifestation illégale au sein de l’université de Téhéran.

La semaine dernière, une organisation d’étudiants de gauche avait affirmé que 33 étudiants et militants avaient été arrêtés jeudi après une manifestation à l’université. AP

Voir enfin la version d’un site de prétendus opposants du régime:

IRAN – Les étudiants haussent le ton
Alborz Mahmoudi
Rooz
Traduit par Courrier international
9 déc. 2008

Selon plusieurs médias iraniens, de nombreux jeunes auraient manifesté, le 7 décembre, à l’université de Téhéran, pour protester contre la politique gouvernementale. Rooz, le quotidien des Iraniens en exil, tente de reconstituer le film de la journée.
Contrairement à ce qu’ont affirmé les autorités de la République islamique, il ne s’est rien produit de particulier à la date officielle de la Journée nationale des étudiants, le 6 décembre. Le guide suprême, Ali Khamenei, a annulé son discours à l’université de Téhéran [cette journée, le ’16 azar’ dans le calendrier iranien, commémore le soulèvement des étudiants contre le chah, en décembre 1953]. Au contraire, les étudiants ont décidé de se démarquer des autorités en se réunissant, le 7 décembre, à l’appel du Bureau de consolidation de l’unité (BCU) [association d’étudiants proches des réformateurs]. Plusieurs milliers d’étudiants se sont donc retrouvés à l’université de Téhéran [la plus grande du pays] pour manifester aux cris de « Mort à la dictature ! » [selon l’agence officielle Fars, seuls 150 étudiants étaient présents]. Les forces de l’ordre se concentraient en nombre autour de l’établissement. Les étudiants se sont retrouvés aux alentours de midi dans les avenues adjacentes à l’université avec des panneaux sur lesquels on pouvait lire : « Pour une université libre », »Démocratie et droits de l’homme en Iran, paix dans le monde », « Non à la discrimination des sexes, non à la lapidation, non à la pendaison »…

Malgré les menaces dont ils ont fait l’objet, 1 700 étudiants de l’université de Téhéran [sur 32 000] ont écrit des lettres de protestation au recteur de l’université contre la mise en place d’un service d’ordre chargé de filtrer les entrées à l’université. Les policiers empêchaient des étudiants de franchir l’enceinte de l’établissement, certains d’entre eux se sont mis à jeter des pierres sur le poste de sécurité de l’université. Mais d’autres étudiants se sont opposés à cette action, argumentant qu’il ne fallait pas donner de prétexte à la police pour procéder à des arrestations. Les étudiants se sont alors concentrés sur la grille de la faculté de médecine, une des entrées de l’université, et ont réussi à la briser, selon les informations et les photos diffusées par l’agence semi-officielle ISNA. Une fois rentrés dans la cour de la faculté de médecine, les étudiants se sont rassemblés pour écouter différents leaders. Mehdi Arabshahi, porte-parole du BCU, a affirmé : « Nous sommes ici pour que soit reconnue la valeur des étudiants de ce pays, et contre l’injustice. » Un autre leader étudiant, Morteza Simiari, a ajouté que « le mouvement étudiant montre aujourd’hui qu’il est bien vivant et qu’il ne tolère l’expulsion [de l’université] ou la mort d’aucun de ses membres ». Majid Tavakkoli, qui avait été arrêté en mai 2007 en même temps que deux autres étudiants, Ehsan Mansouri et Ahmad Qasabian, est venu raconter les conditions de sa détention [les trois étudiants ont été libérés le 13 août 2008]. Selon lui, la forte mobilisation en leur faveur a permis leur libération.

La manifestation s’est ensuite dispersée à l’appel des leaders étudiants. Aucune arrestation n’a été rapportée pour l’instant, mais cela pourrait se produire dans les prochains jours.

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