Moyen-Orient: Et si le point de gravité de la région n’était pas là où on croit? (The Middle-East’s real center and Israel’s only hope)

Abraham's family tree
Jesus Unrolls the Book in the Synagogue (James Tissot (French, 1886-1894)Jésus (…) enseignait dans les synagogues, et il était glorifié par tous. Il se rendit à Nazareth, où il avait été élevé, et, selon sa coutume, il entra dans la synagogue le jour du sabbat. Luc 4: 14-16
Pendant ce temps, les disciples le pressaient de manger, disant: Rabbi, mange… Jean 4: 31
Souvenons-nous que les tribus d’Arabie étaient chrétiennes. Les meilleurs poètes et écrivains étaient chrétiens, tout comme nombre de guerriers et de philosophes (…) Ce sont eux qui portaient la bannière du panarabisme. La première université palestinienne a été créée par des chrétiens. Abd Al-Nasser Al-Najjar (Al-Ayyam)
La paix véritable, globale et durable viendra le jour où les voisins d’Israël reconnaîtront que le peuple juif se trouve sur cette terre de droit, et non de facto. (…) Tout lie Israël à cette région: la géographie, l’histoire, la culture mais aussi la religion et la langue. La religion juive est la référence théologique première et le fondement même de l’islam et de la chrétienté orientale. L’hébreu et l’arabe sont aussi proches que le sont en Europe deux langues d’origine latine. L’apport de la civilisation hébraïque sur les peuples de cette région est indéniable. Prétendre que ce pays est occidental équivaut à délégitimer son existence; le salut d’Israël ne peut venir de son déracinement. Le Moyen-Orient est le seul « club » régional auquel l’Etat hébreu est susceptible d’adhérer. Soutenir cette adhésion revient à se rapprocher des éléments les plus modérés parmi son voisinage arabe, et en premier lieu: des minorités. Rejeter cette option, c’est s’isoler et disparaître. Israël n’a pas le choix. Masri Feki

Et si le point de gravité du Moyen-Orient n’était pas là où on croit?

Alors que l’on annonce en ce 30e anniversaire de la révolution islamique que les champions de la solution finale devraient avoir accumulé assez de matériaux pour trois bombes nucléaires d’ici la fin 2009

Qu’un an après le bombardement israélien d’un site nucléaire militaire, l’AIEA vient de découvrir des traces d’uranium dans le désert syrien

Qu’en un Liban qui vient de signer un accord de fournitures militaires avec l’Iran et en flagrante violation des accords de l’ONU, le Hezbollah vient d’organiser des manœuvres militaires au sud du pays …

Pendant qu’à Gaza, le Hamas met à profit la trêve de juin signée en juin dernier pour réarmer comme jamais …

Et que malgré toutes les manoeuvres dilatoires iraniennes, le premier gouvernement irakien démocratiquement élu vient de signer un accord de coopération militaire historique et stratégique avec les Etats-Unis …

Chrétiens, Druzes, Turcs, Iraniens, Kurdes, Juifs …

Avec la déroute des idéologies du panarabisme et du panislamisme, y aurait-il la place pour un nouveau cadre régional où pourraient se retrouver les exclus actuellement si maltraités (diasporas comprises!) de l’un ou l’autre club, à savoir les minorités arabes non-musulmanes ou musulmanes non-arabes?

Et d’autres avenir et chance de paix durable pour la double minorité (à la fois non-arabe et non-musulmane) que constitue dans la région l’Etat juif?

Telle est l’intéressante thèse du chercheur d’origine égyptienne Masri Feki, qui rappelle que « loin d’y être un intrus », l’Etat hébreu se trouve être « la prolongation et le représentant d’une des civilisations les plus anciennes de cette partie du monde » …

Intégrer Israël au Moyen-Orient
Masri Feki
Turkish Daily News
10 mars 2008

Au cœur d’une région hostile et instable, Israël est aujourd’hui confronté à de nombreux défis dont celui de son intégration dans un environnement composite.

Lors de l’apparition du mouvement sioniste politique, le monde juif fut divisé entre ceux qui jugeaient bon de le soutenir et d’y adhérer et ceux qui décidèrent de s’y opposer et de le combattre. Pour les uns créer un pays permettant aux Juifs de vivre sans être considérés comme une minorité tout juste tolérée (dans le meilleur des cas) était un immense pas vers une libération nationale tant espérée. Pour les autres, ultra-minoritaires aujourd’hui, l’Etat juif de l’antiquité fut détruit par la volonté divine, et seul le Messie pouvait le rétablir. Toute tentative humaine de recréer un Etat juif avant la venue du Messie serait donc une contestation de la volonté divine. Il convient toutefois de souligner que ceux-là ne remettent pas en question la légitimité juive, mais ils croient que l’Etat juif tant attendu doit être l’œuvre du Messie. Il s’agit donc d’une question de « timing » et non pas de principe. Quoi qu’il en soit, Israël abrite aujourd’hui la communauté juive la plus nombreuse au monde, et selon tous les experts, la majorité du peuple juif se trouvera sur la terre de ses ancêtres d’ici 2030. Il s’agit là de la victoire la plus éclatante du projet sioniste.

Si ce dernier avait pour mission d’intégrer en Israël les Juifs dispersés partout dans le monde, le sionisme d’aujourd’hui, lui, doit faire face à un défi d’une toute autre nature : l’intégration de l’Etat hébreu, cette fois, dans son environnement régional. Le processus de paix, à lui-seul, ne mènera pas à cette intégration. Nous l’avons vu, certains pays arabes furent contraints à un moment de leur histoire, de reconnaître l’Etat hébreu, ce qu’ils ont fait, mais en l’accueillant comme un fait accompli et non comme une composante naturelle et légitime de la région. La paix véritable, globale et durable viendra le jour où les voisins d’Israël reconnaîtront que le peuple juif se trouve sur cette terre de droit, et non de facto. Dans le même temps, il ne faut pas perdre de vue le fait que les enjeux géopolitiques de l’Etat juif sont aussi ceux d’une région qui se cherche. Le Moyen-Orient est en quête d’identité.

Le panarabisme – idéologie en pleine déroute après la disparition du régime de Saddam Hussein et avec l’affaiblissement de la Syrie baasiste – n’a pas abouti à un projet de construction parce qu’il n’a pas pris en compte la diversité de cette région, les particularités identitaires, les préoccupations communautaires de ses minorités, la complexité du fait national qui ne se limite pas à l’usage d’une seule et même langue, mais qui repose aussi et nécessairement sur un ensemble de convergences politiques et d’intérêts communs. Sa conception arbitraire de la nation qui veut que l’on soit arabe malgré soi, pour la simple raison que l’on fait usage de la langue arabe a mis à l’écart de légitimes revendications nationales au sein d’un Moyen-Orient majoritairement, mais pas exclusivement, arabophone.

Comme le panarabisme, le panislamisme est une idéologie exclusiviste. En rejetant la conception moderne de la citoyenneté, il écarte l’hypothèse d’une participation civique non-musulmane. Sa constitution est immuable (droit divin), son programme ne peut être remis en cause puisqu’il émane du Créateur du monde. Absolutiste par nature, son discours exclut les incroyants et par conséquent les non-musulmans, ce qui explique que le flambeau du panarabisme ait souvent été porté par des Arabes chrétiens, angoissés par les desseins hégémoniques de l’islam politique. Enfin, le caractère transnational et militariste de son action l’a rapidement placé dans la clandestinité par rapport aux gouvernements en place. En dépit du chantage diplomatique dont font usage certains régimes arabes autoritaires en brandissant la menace islamiste (« Moi ou le déluge »), cette idéologie n’a pas d’avenir car elle n’a pas de projet réaliste et cohérent.

Un troisième et ultime cadre régional s’impose progressivement, au fur et à mesure que s’effondrent les deux premiers. Il s’agit du « moyen-orientalisme ». Israël qui constitue la seule minorité à la fois non-arabe et non-musulmane de cette région doit axer sa diplomatie aujourd’hui dans ce sens. Les Arabes non-musulmans (Arabes chrétiens, druzes…) exclus du club panislamique, ont toujours une place honorable au sein du panarabisme. Et les musulmans non-arabe (Turcs, Iraniens, Kurdes…), exclus du club panarabe, peuvent toujours rejoindre le panislamisme. Mais les Israéliens, eux, n’étant ni Arabes ni musulmans, sont doublement minoritaires !

L’Etat juif n’est pas un intrus au Moyen-Orient, il est la prolongation et le représentant d’une des civilisations les plus anciennes de cette partie du monde. Tout lie Israël à cette région : la géographie, l’histoire, la culture mais aussi la religion et la langue. La religion juive est la référence théologique première et le fondement même de l’islam et de la chrétienté orientale. L’hébreu et l’arabe sont aussi proches que le sont en Europe deux langues d’origine latine. L’apport de la civilisation hébraïque sur les peuples de cette région est indéniable. Prétendre que ce pays est occidental équivaut à délégitimer son existence ; le salut d’Israël ne peut venir de son déracinement. Le Moyen-Orient est le seul « club » régional auquel l’Etat hébreu est susceptible d’adhérer. Soutenir cette adhésion revient à se rapprocher des éléments les plus modérés parmi son voisinage arabe, et en premier lieu : des minorités. Rejeter cette option, c’est s’isoler et disparaître. Israël n’a pas le choix.

3 commentaires pour Moyen-Orient: Et si le point de gravité de la région n’était pas là où on croit? (The Middle-East’s real center and Israel’s only hope)

  1. […] La paix véritable, globale et durable viendra le jour où les voisins d’Israël reconnaîtront que le peuple juif se trouve sur cette terre de droit, et non de facto. (…) Tout lie Israël à cette région: la géographie, l’histoire, la culture mais aussi la religion et la langue. La religion juive est la référence théologique première et le fondement même de l’islam et de la chrétienté orientale. L’hébreu et l’arabe sont aussi proches que le sont en Europe deux langues d’origine latine. L’apport de la civilisation hébraïque sur les peuples de cette région est indéniable. Prétendre que ce pays est occidental équivaut à délégitimer son existence; le salut d’Israël ne peut venir de son déracinement. Le Moyen-Orient est le seul « club » régional auquel l’Etat hébreu est susceptible d’adhérer. Soutenir cette adhésion revient à se rapprocher des éléments les plus modérés parmi son voisinage arabe, et en premier lieu: des minorités. Rejeter cette option, c’est s’isoler et disparaître. Israël n’a pas le choix. Masri Feki […]

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  2. […] La paix véritable, globale et durable viendra le jour où les voisins d’Israël reconnaîtront que le peuple juif se trouve sur cette terre de droit, et non de facto. (…) Tout lie Israël à cette région: la géographie, l’histoire, la culture mais aussi la religion et la langue. La religion juive est la référence théologique première et le fondement même de l’islam et de la chrétienté orientale. L’hébreu et l’arabe sont aussi proches que le sont en Europe deux langues d’origine latine. L’apport de la civilisation hébraïque sur les peuples de cette région est indéniable. Prétendre que ce pays est occidental équivaut à délégitimer son existence; le salut d’Israël ne peut venir de son déracinement. Le Moyen-Orient est le seul « club » régional auquel l’Etat hébreu est susceptible d’adhérer. Soutenir cette adhésion revient à se rapprocher des éléments les plus modérés parmi son voisinage arabe, et en premier lieu: des minorités. Rejeter cette option, c’est s’isoler et disparaître. Israël n’a pas le choix. Masri Feki […]

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  3. jcdurbant dit :

    THE REAL COSTS OF ANTISEMITISM (The Arab world got rid of its Jews and paid the price in backwardness)

    Over the past 70 years the Arab world got rid of its Jews, some 900,000 people, while holding on to its hatred of them. Over time the result proved fatal: a combination of lost human capital, ruinously expensive wars, misdirected ideological obsessions, and an intellectual life perverted by conspiracy theory and the perpetual search for scapegoats. The Arab world’s problems are a problem of the Arab mind, and the name for that problem is anti-Semitism.

    As a historical phenomenon, this is not unique. In a 2005 essay in Commentary, historian Paul Johnson noted that wherever anti-Semitism took hold, social and political decline almost inevitably followed.

    Spain expelled its Jews with the Alhambra Decree of 1492. The effect, Mr. Johnson noted, “was to deprive Spain (and its colonies) of a class already notable for the astute handling of finance.” In czarist Russia, anti-Semitic laws led to mass Jewish emigration as well as an “immense increase in administrative corruption produced by the system of restrictions.” Germany might well have won the race for an atomic bomb if Hitler hadn’t sent Albert Einstein, Leo Szilard, Enrico Fermi and Edward Teller into exile in the U.S.

    These patterns were replicated in the Arab world. Contrary to myth, the cause was not the creation of the state of Israel. There were bloody anti-Jewish pogroms in Palestine in 1929, Iraq in 1941, and Lebanon in 1945. Nor is it accurate to blame Jerusalem for fueling anti-Semitism by refusing to trade land for peace. Among Egyptians, hatred of Israel barely abated after Menachem Begin relinquished the Sinai to Anwar Sadat. Among Palestinians, anti-Semitism became markedly worse during the years of the Oslo peace process.

    In his essay, Mr. Johnson called anti-Semitism a “highly infectious” disease capable of becoming “endemic in certain localities and societies,” and “by no means confined to weak, feeble or commonplace intellects.” Anti-Semitism may be irrational, but its potency, he noted, lies in transforming a personal and instinctive irrationalism into a political and systematic one. For the Jew-hater, every crime has the same culprit and every problem has the same solution.

    Anti-Semitism makes the world seem easy. In doing so, it condemns the anti-Semite to a permanent darkness.

    Today there is no great university in the Arab world, no serious indigenous scientific base, a stunted literary culture. In 2015 the U.S. Patent Office reported 3,804 patents from Israel, as compared with 364 from Saudi Arabia, 56 from the United Arab Emirates, and 30 from Egypt. The mistreatment and expulsion of Jews has served as a template for the persecution and displacement of other religious minorities: Christians, Yazidis, the Baha’ i.

    Hatred of Israel and Jews has also deprived the Arab world of both the resources and the example of its neighbor. Israel quietly supplies water to Jordan, helping to ease the burden of Syrian refugees, and quietly provides surveillance and reconnaissance capabilities to Egypt to fight ISIS in the Sinai. But this is largely unknown among Arabs, for whom the only permissible image of Israel is an Israeli soldier in riot gear, abusing a Palestinian.

    Successful nations make a point of trying to learn from their neighbors. The Arab world has been taught over generations only to hate theirs.

    This may be starting to change. In the past five years the Arab world has been forced to face up to its own failings in ways it cannot easily blame on Israel. The change can be seen in the budding rapprochement between Jerusalem and Cairo, Riyadh and Abu Dhabi, which might yet yield tactical and strategic advantages on both sides, particularly against common enemies such as ISIS and Iran.

    That’s not enough. So long as an Arab athlete can’t pay his Israeli opposite the courtesy of a handshake, the disease of the Arab mind and the misfortunes of its world will continue. For Israel, this is a pity. For the Arabs, it’s a calamity. The hater always suffers more than the object of his hatred …

    http://www.wsj.com/articles/the-meaning-of-an-olympic-snub-1471303698

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