Statistiques ethniques: Bienvenue au pays où on sait sans avoir besoin de compter! (Where ignorance is bliss, it’s folly to be wise)

18 novembre, 2008
En France, on ne devrait pas pouvoir à la fois se vanter d’avoir réussi à faire barrage aux statistiques ethnoraciales et espérer connaître la situation des Noirs. Pourtant, manifestement, dans ce pays, on sait sans avoir besoin de compter. Michèle Tribalat
Au lendemain du hold up du siècle du messie noir et rouge du Très Grand Capital
Et après le déni, par les pleureuses de service, de la surdélinquance des jeunes d’origine immigrée …
Retour, avec la démographe Michèle Tribalat, sur le contresens français qui y voit « une simple affaire de couleur ».
Et surtout sur ces associations comme le Cran qui, pour pousser leurs pions, en profitent pour avancer les chiffres les plus fantaisistes sur le nombre de noirs en France (5 millions contre, selon les estimations des spécialistes, un maximum de 3,5 millions, soit quelque 6% de la population totale).
Ou, après la Halde, un CSA qui nous sort de sa manche une prétendue sous-représentation des noirs à la télévision (8% pour les noirs, 11 % pour les non-blancs) …
Alors qu’on sait que le Conseil constitutionnel vient de confirmer, au pays autoproclamé des droits de l’homme,… l’interdiction de toutes statistiques ethniques!
Statistiques: la question des minorités en France
Michèle Tribalat
Le Figaro
18/11/2008
Alors que le Conseil représentatif des associations noires de France (Cran) revendique une plus grande place des candidats issus des minorités aux prochaines élections, l’auteur, démographe à l’Institut national d’études démographiques (Ined), prend part au débat.
En France, l’élection de Barack Obama a conduit à des réactions préoccupantes. Alors qu’elle dénote un dépassement de la question noire aux États-Unis, comme y avait invité le candidat, elle est trop souvent interprétée en France comme une simple affaire de couleur.
Le Cran a profité de l’aubaine pour mettre en avant ses revendications. Il avance un nombre de personnes dites noires hautement improbable, sans soulever l’once d’un désaccord. On a déjà connu cela du temps de Calixthe Beyala, qui chiffrait le peuple noir à 7 millions en 2000 ! La seule référence disponible est une enquête réalisée pour le Cran en 2007, qui évalue leur pourcentage dans l’Hexagone à 2,5 %.
Aujourd’hui, le président du Cran, Patrick Lozès, nous assure qu’il y aurait 5 millions de Noirs en France, y compris ceux des DOM, et que ce nombre égale celui des personnes d’origine maghrébine. D’après mes estimations, le nombre de ces derniers vivant en métropole, sur trois générations, serait de 3,5 millions en 2005, soit près de 6 % de la population, ce qui rend le chiffre du Cran tout à fait irréaliste.
L’incapacité à mettre en cause un chiffre avancé par un Noir sur le nombre de Noirs en France en dit long sur notre société et constitue un traitement discriminatoire à part entière. Mais elle tient aussi au parisianisme de la presse nationale. Cette dernière extrapole la situation française d’après ce qu’elle a sous les yeux. 60 % de l’immigration subsaharienne arrive en Ile-de-France. La migration des DOM a été elle aussi très francilienne.
Le CSA vient de réaliser une enquête sur les émissions télévisées et la présence, sur nos écrans, des Noirs et des non-Blancs, mais oui des non-Blancs ! Un Arabe est ainsi classé parmi les non-Blancs par le CSA et parmi les Blancs aux États-Unis ! Les non-Blancs en général, et les Noirs en particulier, seraient sous-représentés à la télévision : 8 % de Noirs dans l’ensemble des programmes, ce n’est pas assez.
Il faut revenir au b.a.-ba statistique : on ne peut établir une sous-représentation d’une catégorie particulière sans disposer d’une référence nationale. Pour savoir s’ils sont sous-représentés, il faut donc connaître le nombre de Noirs en France, ce qui n’est pas le cas, enquête du Cran en 2007 mise à part. Tout le reste n’est que divagations.
Le plus drôle c’est que, même d’après les hypothèses les plus fantaisistes du Cran, les Noirs ne seraient pas sous-représentés à la télévision. Le CSA nous dit que les non-Blancs ne constituent que 11 % des personnages recensés dans la fiction française contre 19 % dans la fiction américaine. Faut-il préciser que le cinéma américain n’est pas destiné en priorité au public français ?
En 2007, aux États-Unis, où l’on élabore des statistiques raciales, 14 % des Américains sont noirs. En France, on ne devrait pas pouvoir à la fois se vanter d’avoir réussi à faire barrage aux statistiques ethnoraciales et espérer connaître la situation des Noirs.
Pourtant, manifestement, dans ce pays, on sait sans avoir besoin de compter. Or le Conseil constitutionnel a interdit les statistiques fondées sur une appréciation subjective. Mais c’est pour la bonne cause. Non ? La question étant sur la table, il vaudrait mieux avoir des statistiques bien faites plutôt que des évaluations approximatives élaborées par des groupes de pression, fort légitimes, mais directement intéressés par les résultats. L’abstention de la statistique publique n’a pas empêché le ressassement des questions ethnoraciales.

Islam: Dieu est grand et Mahomet n’est pas son prophète (How can you reproduce the image of someone who probably never existed?)

17 novembre, 2008
Faceless Mohammed
Gardez-vous des faux prophètes. Ils viennent à vous en vêtements de brebis, mais au dedans ce sont des loups ravisseurs. (…) C’est donc à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. Jésus (Mat 7: 15-20)
La condition préalable à tout dialogue est que chacun soit honnête avec sa tradition. (…) les chrétiens ont repris tel quel le corpus de la Bible hébraïque. Saint Paul parle de ” greffe” du christianisme sur le judaïsme, ce qui est une façon de ne pas nier celui-ci . (…) Dans l’islam, le corpus biblique est, au contraire, totalement remanié pour lui faire dire tout autre chose que son sens initial (…) La récupération sous forme de torsion ne respecte pas le texte originel sur lequel, malgré tout, le Coran s’appuie. René Girard
Pour accepter l’islam, l’Europe a forgé le mythe de l’Andalousie tolérante qui aurait constitué un âge d’or pour les trois religions. Tout ce qui concerne les combats, le statut humiliant du non musulman a été soigneusement gommé. Il s’agit d’une véritable falsification de l’histoire réelle. Anne-Marie Delcambre
Rien ne prouve que Mahomet ait oui ou non vraiment existé» et faute de pouvoir donner une réponse définitive à cette question, j’estime plutôt qu’il n’a jamais existé. Mohammed Sven Kalisch
Il est utile de dissiper une opinion répandue, si souvent invoquée par les musulmans réformateurs comme par bon nombre d’intellectuels occidentaux: la Bible contiendrait encore plus de violence que le Coran, dans la mesure où elle contiendrait encore plus de passages où Dieu se montre cruel que le Livre saint de l’islam. C’est l’exemple type de l’incompréhension qui règne entre l’Occident et l’Orient, idée fixe que l’on retrouve tant dans le discours interreligieux que dans la doxa nihiliste. La Bible = le Coran est un faux-semblant qui suffit à illustrer l’impasse que constitue le « dialogue des civilisations ». Christian Makarian

Ultime confirmation de l’impossibilité de représenter l’image de Mahomet

Au lendemain, sur fond de persécutions et d’assassinats de chrétiens orientaux, d’un énième échange, par nos dignitaires religieux, d’énièmes banalités sur le prétendu « dialogue des cultures et des religions »

Enfin un spécialiste de l’islam qui ose dire tout haut la vérité sur la véritable captation d’héritage que constitue l’islam!

A savoir que, comme le confirme l’islamologue allemand Sven Kalisch, Mahomet n’a probablement pas existé et que, loin d’être la « parole incréée de Dieu » lui-même, le Coran est au mieux issu d’une hérésie chrétienne.

Et que, comme le rappelle le dernier livre du journaliste de l’Express Christian Makarian (« Le Choc Jésus-Mahomet »), l’expression « gens du Livre » que tout le monde répète complaisamment désigne en fait des peuples (juifs et chrétiens) dont l’islam s’est non seulement accaparé l’héritage mais qu’il accuse en plus d’avoir falsifié leurs Ecritures » ».

De même pour la « fausse symétrie » Bible-Coran qui avalise tous les contresens.

Comme le fait que, contrairement au Coran, la Bible n’est pas écrite directement par Dieu (du moins pour le christianisme actuel) mais par des hommes inspirés, « ce qui l’autorise à contenir des erreurs et, par conséquent, fait appel à l’esprit critique du croyant » (« la Bible ne se récite pas, elle demande une « lecture’ « ).

Que les scènes de massacre évoquées dans la Bible sont en fait le reflet des pratiques de l’époque et que « jamais il n’est dit: ‘Nous avons suscité la haine entre eux » à destination des siècles à venir’, comme nous pouvons le trouver dans le Coran ».

Et enfin que, par la multiplicité des textes qu’elle réunit sur quelque mille ans, la Bible « contient en elle-même la notion d’évolution comme celle d’interprétation » …

« Mahomet n’a jamais existé », affirme Sven Kalisch

Sven Kalisch, professeur d’islamologie à l’Université de Münster, craint pour sa sécurité. Le magazine d’actualités Der Spiegel déclare qu’il serait l’objet de menaces à peine voilées. Un certain nombre de musulmans ne le considèrent plus comme l’un des leurs. Les musulmans conservateurs ont vu dans l’apostasie un délit passible de la peine de mort. Le magazine du son « Focus » souhaite que l’année prochaine, Kalisch expose sa thèse controversée dans un livre en anglais. Selon le journal, l’auteur nierait l’existence du prophète Mahomet et plaiderait pour une réinterprétation historique et critique du Coran, arguant que ce dernier ne serait pas la parole directe de Dieu. Kalisch a réservé un accueil favorable à la théorie de l’école de Sarrebruck selon laquelle le Coran reposerait sur un texte chrétien. En raison de ces divergences d’ordre théologique, le Conseil des musulmans d’Allemagne a entre-temps suspendu toute collaboration avec lui. En outre, l’Université de Münster aurait décidé de confier la chaire de M. Kalisch à un autre professeur.

Traduit de l’allemand par Patrick H

Source: Die Welt

Voir aussi:

La Bible est loin du Coran
L’Express
le 29/10/2008

Les textes fondateurs du judaïsme, du christianisme et de l’islam ne sont pas comparables. C’est cette « fausse symétrie » que décrypte Christian Makarian dans Le Choc Jésus-Mahomet (Lattès). Extraits.

LA PATERNITÉ D’ABRAHAM

Le Coran rediscute l’histoire d’Israël, non pas à partir de l’avènement de Mahomet, mais dès l’origine, dans la nuée des siècles écoulés. C’est pourquoi la nature du lien qu’institue Mahomet avec les chrétiens est, hélas, conflictuelle par essence. On ne discute pas le Coran; or il contient des versets parfois accablants. Nous savons que Mahomet fait du patriarche Abraham le premier « soumis » au Dieu unique. Comme « soumis » se dit en arabe muslim (musulman en français), cela fait habilement d’Abraham le premier musulman de l’Histoire.

C’est ainsi que le Prophète opère une « captation à la source » de l’épopée biblique. Sur ce point, le christianisme est en contradiction parfaite avec l’islam par l’effet d’une parole cinglante de Jésus. « Ne vous avisez pas de dire en vous-même: Nous avons pour père Abraham; car je vous le dis, des pierres que voici, Dieu peut susciter des enfants à Abraham » (Matthieu 3, 8-9). Jésus dit ici le contraire de ce que soutiendra Mahomet: cette fracture-là est irréductible. Autrement dit, la paternité abrahamique n’est pas une garantie d’élection ou de salut, ni un avantage au ciel, ni encore une faveur divine accordée à certains élus au détriment des autres….

LES « RELIGIONS DU LIVRE »

L’expression « gens du Livre » (Ahl al-Kitab), c’est-à-dire les juifs et les chrétiens, revient une trentaine de fois dans le Coran : si l’islam n’occulte pas ces derniers, s’il accepte en grande partie leur héritage, s’il se situe dans leur lignage, que leur reproche-t-il donc au final ? En vérité, le Coran accuse les « gens du Livre » d’avoir falsifié (tahrîf) leurs Ecritures, ni plus ni moins, et d’avoir perverti la vérité qu’elles contenaient. « Ô gens du Livre! Pourquoi dissimulez-vous la Vérité sous le mensonge? Pourquoi cachez-vous la Vérité alors que vous la savez ? » (3, 71).

La preuve de leur mensonge est offerte par le fait que les juifs et les chrétiens se sont divisés, opposés, au lieu d’offrir à Dieu le spectacle de la paix et de l’unité. Le Coran est très clair sur ce point: « Certains juifs altèrent le sens des paroles révélées… Ils tordent leurs langues et ils attaquent la Religion » (4, 46). La sourate 5, qui pratique un curieux amalgame entre chrétiens et juifs, étant définitive : « Ils [les juifs] altèrent le sens des paroles révélées ; ils oublient une partie de ce qui leur a été rappelé. Tu ne cesseras pas de découvrir leur trahison » (v. 13)… Parmi ceux qui disent: « Nous sommes chrétiens, nous avons accepté l’alliance », certains ont oublié une partie de ce qui leur a été rappelé. Nous avons suscité entre eux [les juifs et les chrétiens] l’hostilité et la haine jusqu’au jour de la Résurrection (v. 14)… Ceux qui disent: « Dieu est, en vérité, le Messie, fils de Marie », sont impies. Dis: « Qui donc pourrait s’opposer à Dieu s’il voulait anéantir le Messie, fils de Marie, ainsi que sa mère, et tous ceux qui sont sur terre » (v. 17)… Les juifs et les chrétiens ont dit: « Nous sommes les fils de Dieu et ses préférés. » Dis : « Pourquoi, alors, vous punit-il pour vos péchés » (v. 18). La conclusion de cette sourate terrible se passe de commentaires: « Si les incrédules possédaient tout ce qui se trouve sur la terre, et même le double, et s’ils l’offraient en rançon pour éviter le châtiment au jour de la Résurrection, on ne l’accepterait pas de leur part : un douloureux châtiment leur est réservé. Ils voudront sortir du feu, mais ils n’en sortiront pas : un châtiment leur est réservé » (5, 36-37). Le mot châtiment est prononcé trois fois, bien que Dieu soit désigné, deux versets plus loin, comme « celui qui pardonne » et qu’il soit qualifié de « miséricordieux ».

L’exaltation du discours fait ressortir la nature extrêmement ambiguë, torturée, des rapports entre l’islam et les deux autres monothéismes. Le verset essentiel – « Nous avons suscité entre eux l’hostilité et la haine » – démontre au passage une conception très offensive de la bonté et de la miséricorde divines. Louis Massignon fera remarquer que « la tendance générale de la théologie islamique va à affirmer Dieu plutôt par la destruction que par la construction des êtres » (Passion, p. 631, n° 4). Le résultat en est une série de sourates particulièrement dérangeantes qui instaurent une tension permanente dans le rapport avec les juifs et les chrétiens.

A ce stade, il est utile de dissiper une opinion répandue, si souvent invoquée par les musulmans réformateurs comme par bon nombre d’intellectuels occidentaux : la Bible contiendrait encore plus de violence que le Coran, dans la mesure où elle contiendrait encore plus de passages où Dieu se montre cruel que le Livre saint de l’islam. C’est l’exemple type de l’incompréhension qui règne entre l’Occident et l’Orient, idée fixe que l’on retrouve tant dans le discours interreligieux que dans la doxa nihiliste. La Bible = le Coran est un faux-semblant qui suffit à illustrer l’impasse que constitue le « dialogue des civilisations ».

Mettre tous les textes dos à dos, quelle harmonie parfaite! Le chrétien sécularisé tend la main en effaçant sa propre personnalité; l’athée résout toutes les différences en démontrant l’inanité universelle du fait religieux. Une telle « symétrie » a tout pour plaire. Elle est pourtant contraire à la vérité et a pour principaux effets d’éviter à la religion musulmane d’entreprendre l’effort d’interprétation moderne dont elle a tant besoin et de détruire la communauté de valeurs des sociétés postchrétiennes, actionnant du même coup des extrémismes fondés sur le rejet de l’autre. Il faut sérieusement réviser cette opinion.

La Bible présente trois différences de taille avec le Livre saint de l’islam. D’abord, elle n’est pas directement dictée par Dieu, surtout pas « incréée », mais écrite par des hommes inspirés par Dieu, ce qui l’autorise à contenir des erreurs et, par conséquent, fait appel à l’esprit critique du croyant. Il y a, par exemple, des incohérences manifestes, donc assumées en matière de chronologie dans plusieurs passages de l’Ancien comme du Nouveau Testaments. On y trouve également un grand nombre d’approximations qui montrent que l’exactitude n’est pas le but du texte, au bénéfice de la morale qu’il faut tirer de l’épisode. Au contraire du Coran, la Bible ne se récite pas, elle demande une « lecture », c’est-à-dire un processus de distanciation, un effort de déchiffrage, une capacité à dépasser la lettre.

Ensuite, la Bible relate l’histoire du peuple hébreu, narration parfois fastidieuse de mille pérégrinations effectuées sous le regard de Dieu. Que le texte comporte des scènes de massacre collectif, des meurtres, des viols, des supplices et des bains de sang est choquant à l’aune de l’universalisme contemporain tout en étant rigoureusement conforme à la tristesse du champ historique concerné. Mais jamais il n’est dit: « Nous avons suscité la haine entre eux » à destination des siècles à venir, comme nous pouvons le trouver dans le Coran.

Enfin, la Bible contient en elle-même la notion d’évolution comme celle d’interprétation. Plus qu’un livre, c’est un ensemble de livres, une véritable bibliothèque dont la définition fait justement débat depuis des lustres entre juifs et chrétiens, entre catholiques et protestants. Au cours des mille ans qu’a duré sa rédaction, cette « centrale documentaire de Dieu » n’a cessé de s’enrichir de nouveaux textes qui comportent des réflexions sur les épisodes antérieurs, les commentent, y renvoient. La Bible est ouverte à la spéculation intellectuelle, l’esprit des hommes est incité à investiguer. Même Dieu y trouve sa science: la théologie, invention chrétienne qui n’aura pas d’équivalent exact dans l’islam.

Voir également:

Un prof de théologie viré pour avoir douté de l’existence de Mahomet
MARC SEMO
Libération
Monde 28 oct. 2008

Publiquement, il s’est interrogé sur la réelle existence du prophète Mahomet. Pour s’être posé cette question afin d’inciter ses étudiants à développer leur esprit critique, Muhammad Kalisch, 42 ans, professeur de théologie islamique à l’université de Münster (dans le nord-ouest de l’Allemagne) a été en partie relevé de ses fonctions et craint pour sa sécurité, déménageant son bureau dans des locaux plus faciles à protéger.

«Penser par eux-même».

«Il n’y a pas de menace concrète, mais certains m’accusent d’avoir renié ma foi et dans la conception traditionnelle de l’islam, l’apostasie est punie de mort. Il faut donc être prudent», explique à l’AFP cet universitaire qui s’était converti à l’âge de 15 ans, changeant son prénom de Sven en Muhammad. Il s’occupe de former les futurs enseignants de religion islamique dans les écoles allemandes. Il prônait un islam plutôt conservateur, voire rigoriste, et d’aucuns le critiquaient pour son dogmatisme dans des conférences où il martelait que la charia était la loi de Dieu. Puis, ces deux dernières années il a changé, devenant un libéral.

En juillet, il y eut ainsi une conférence à Bielefeld (Rhénanie du Nord-Westphalie) où il commença à mettre en doute la réalité historique du Prophète. Il revint à la charge à la radio, affirmant que «rien ne prouve que Mahomet ait oui ou non vraiment existé» et que «faute de pouvoir donner une réponse définitive à cette question, il estimait plutôt qu’il n’avait jamais existé». S’il qualifie lui-même ces thèses «d’extrêmes», il explique à l’hebdomadaire Die Zeit vouloir ainsi «inciter ses étudiants à penser par eux-mêmes» tout en affirmant que «même sans un Mahomet historique ce n’est pas la fin de l’islam».

Ces propos firent naturellement scandale. «Si le Prophète n’a pas existé, alors le Coran n’existe pas non plus ; et si le Coran n’existe pas qu’est ce qui reste ?» s’indigne Ali Kizilkaya, porte-parole du Conseil de coordination des musulmans (KRM) qui regroupe quatre associations réputées conservatrices et qui est régulièrement consulté par l’université de Münster. Embarrassée par la colère du KRM, l’université de Münster, en coordination avec les autorités régionales, a demandé à Muhammad Kalisch d’abandonner ses fonctions de formateur des futurs professeurs de religion tout en gardant son poste à l’université. «Il est important que les personnes qui effectuent cette formation puissent être acceptées par la communauté», explique Andre Zimmerman, du ministère régional de la Recherche. Une centaine d’universitaires et de dignitaires religieux ont pris fait et cause pour le professeur Kalisch, signant une pétition de solidarité.

Ecoles parallèles.

Cette polémique relance aussi la question de l’enseignement de la religion islamique dans les écoles publiques par des professeurs formés en Allemagne. Ce Land de Rhénanie-Nord Westphalie doit être l’un des premiers à se lancer dans l’expérience. L’enjeu est important alors que 800 000 enfants reçoivent des cours de religion dans des écoles coraniques parallèles, à l’initiative d’iman et de religieux des diverses communautés d’une immigration musulmane comptant plus de 3 millions de personnes.

Voir enfin:

Professor Hired for Outreach to Muslims Delivers a Jolt
Islamic Theologian’s Theory: It’s Likely the Prophet Muhammad Never Existed
ANDREW HIGGINS
The WSJ
November 15, 2008

MÜNSTER, Germany — Muhammad Sven Kalisch, a Muslim convert and Germany’s first professor of Islamic theology, fasts during the Muslim holy month, doesn’t like to shake hands with Muslim women and has spent years studying Islamic scripture. Islam, he says, guides his life.

So it came as something of a surprise when Prof. Kalisch announced the fruit of his theological research. His conclusion: The Prophet Muhammad probably never existed.
Theology Without Muhammad

Muslims, not surprisingly, are outraged. Even Danish cartoonists who triggered global protests a couple of years ago didn’t portray the Prophet as fictional. German police, worried about a violent backlash, told the professor to move his religious-studies center to more-secure premises.

« We had no idea he would have ideas like this, » says Thomas Bauer, a fellow academic at Münster University who sat on a committee that appointed Prof. Kalisch. « I’m a more orthodox Muslim than he is, and I’m not a Muslim. »

When Prof. Kalisch took up his theology chair four years ago, he was seen as proof that modern Western scholarship and Islamic ways can mingle — and counter the influence of radical preachers in Germany. He was put in charge of a new program at Münster, one of Germany’s oldest and most respected universities, to train teachers in state schools to teach Muslim pupils about their faith.

Muslim leaders cheered and joined an advisory board at his Center for Religious Studies. Politicians hailed the appointment as a sign of Germany’s readiness to absorb some three million Muslims into mainstream society. But, says Andreas Pinkwart, a minister responsible for higher education in this north German region, « the results are disappointing. »

Prof. Kalisch, who insists he’s still a Muslim, says he knew he would get in trouble but wanted to subject Islam to the same scrutiny as Christianity and Judaism. German scholars of the 19th century, he notes, were among the first to raise questions about the historical accuracy of the Bible.

Many scholars of Islam question the accuracy of ancient sources on Muhammad’s life. The earliest biography, of which no copies survive, dated from roughly a century after the generally accepted year of his death, 632, and is known only by references to it in much later texts. But only a few scholars have doubted Muhammad’s existence. Most say his life is better documented than that of Jesus.

« Of course Muhammad existed, » says Tilman Nagel, a scholar in Göttingen and author of a new book, « Muhammad: Life and Legend. » The Prophet differed from the flawless figure of Islamic tradition, Prof. Nagel says, but « it is quite astonishing to say that thousands and thousands of pages about him were all forged » and there was no such person.

All the same, Prof. Nagel has signed a petition in support of Prof. Kalisch, who has faced blistering criticism from Muslim groups and some secular German academics. « We are in Europe, » Prof. Nagel says. « Education is about thinking, not just learning by heart. »

Prof. Kalisch’s religious studies center recently removed a sign and erased its address from its Web site. The professor, a burly 42-year-old, says he has received no specific threats but has been denounced as apostate, a capital offense in some readings of Islam.

« Maybe people are speculating that some idiot will come and cut off my head, » he said during an interview in his study.

A few minutes later, an assistant arrived in a panic to say a suspicious-looking digital clock had been found lying in the hallway. Police, called to the scene, declared the clock harmless.

A convert to Islam at age 15, Prof. Kalisch says he was drawn to the faith because it seemed more rational than others. He embraced a branch of Shiite Islam noted for its skeptical bent. After working briefly as a lawyer, he began work in 2001 on a postdoctoral thesis in Islamic law in Hamburg, to go through the elaborate process required to become a professor in Germany.

The Sept. 11 attacks in the U.S. that year appalled Mr. Kalisch but didn’t dent his devotion. Indeed, after he arrived at Münster University in 2004, he struck some as too conservative. Sami Alrabaa, a scholar at a nearby college, recalls attending a lecture by Prof. Kalisch and being upset by his doctrinaire defense of Islamic law, known as Sharia.

In private, he was moving in a different direction. He devoured works questioning the existence of Abraham, Moses and Jesus. Then « I said to myself: You’ve dealt with Christianity and Judaism but what about your own religion? Can you take it for granted that Muhammad existed? »

He had no doubts at first, but slowly they emerged. He was struck, he says, by the fact that the first coins bearing Muhammad’s name did not appear until the late 7th century — six decades after the religion did.

He traded ideas with some scholars in Saarbrücken who in recent years have been pushing the idea of Muhammad’s nonexistence. They claim that « Muhammad » wasn’t the name of a person but a title, and that Islam began as a Christian heresy.

Prof. Kalisch didn’t buy all of this. Contributing last year to a book on Islam, he weighed the odds and called Muhammad’s existence « more probable than not. » By early this year, though, his thinking had shifted. « The more I read, the historical person at the root of the whole thing became more and more improbable, » he says.

He has doubts, too, about the Quran. « God doesn’t write books, » Prof. Kalisch says.

Some of his students voiced alarm at the direction of his teaching. « I began to wonder if he would one day say he doesn’t exist himself, » says one. A few boycotted his lectures. Others sang his praises.

Prof. Kalisch says he « never told students ‘just believe what Kalisch thinks’  » but seeks to teach them to think independently. Religions, he says, are « crutches » that help believers get to « the spiritual truth behind them. » To him, what matters isn’t whether Muhammad actually lived but the philosophy presented in his name.

This summer, the dispute hit the headlines. A Turkish-language German newspaper reported on it with gusto. Media in the Muslim world picked up on it.

Germany’s Muslim Coordinating Council withdrew from the advisory board of Prof. Kalisch’s center. Some Council members refused to address him by his adopted Muslim name, Muhammad, saying that he should now be known as Sven.

German academics split. Michael Marx, a Quran scholar at the Berlin-Brandenburg Academy of Sciences, warned that Prof. Kalisch’s views would discredit German scholarship and make it difficult for German scholars to work in Muslim lands. But Ursula Spuler-Stegemann, an Islamic studies scholar at the University of Marburg, set up a Web site called solidaritymuhammadkalisch.com and started an online petition of support.

Alarmed that a pioneering effort at Muslim outreach was only stoking antagonism, Münster University decided to douse the flames. Prof. Kalisch was told he could keep his professorship but must stop teaching Islam to future school teachers.

The professor says he’s more determined than ever to keep probing his faith. He is finishing a book to explain his thoughts. It’s in English instead of German because he wants to make a bigger impact. « I’m convinced that what I’m doing is necessary. There must be a free discussion of Islam, » he says.

—Almut Schoenfeld in Berlin contributed to this article.


Election américaine: Une obamanie unanimiste, nord-coréenne et quasi religieuse (Europe goes eyes wide shut for Obama)

16 novembre, 2008
Obamamania reaches ParisLes opinions européennes, droite et gauche confondues, s’abandonnent à une vision postmoderne de l’histoire et démissionnent, comme s’il appartenait aux Américains et désormais à Obama seul de régir à notre place la gouvernance planétaire. 84 % ! Nous fêtons une puissance qui nous délivre de nos responsabilités et libère de l’obligation d’agir. André Glucksmann
Parmi les rares voix à s’inquiéter, suite au hold up du siècle, de la dimension quasi-religieuse et inquiétante de la bobamanieambiante …André Glucksmann a le mérite de souligner l’incroyable décalage entre une approbation, du côté européen et notamment français, digne de la Corée du nord et, de l’autre, un plébiscite beaucoup plus mesuré où 47% d’Américains, totalement évacués par nos obalamâtres, la rejettent totalement.

Et surtout, au-delà de l’aveuglement et de l’ignorance volontaires de projets concrets que le disciple du Machiavel du pauvre s’est bien gardé de dévoiler, la large part de renoncement que dissimule une telle adulation …

Extraits:

L’électeur américain s’est offert une «obamania» politique et festive, sagement majoritaire en bonne démocratie, avec un score adulte de 53 %. Le spectateur européen a cultivé, bien avant les résultats, une «obamanie» unanimiste, nord-coréenne et quasi religieuse à 84 %. Le taux d’adulation atteint parfois 93 % ! Comme si le Messie était apparu, non à Washington, mais entre Paris et Rome, Berlin et Bruxelles, comme s’il étendait son aile conciliatrice sur l’ensemble de la planète. Nous, Européens, avons allègrement gommé toutes les aspérités du candidat. Il soutient la peine de mort que nous sommes si fiers d’abolir. Il n’interdit pas la vente libre des armes qui nous paraissaient jusqu’à hier le signe fatidique de la barbarie américaine et de cette mentalité de cow-boy que nous, gens de qualité et de raffinements multiséculaires, vomissons. Wall Street, le temple honni de la spéculation carnassière, l’a choisi et financé, ce qui n’inquiète manifestement plus nos gauches antilibérales. Les yeux fermés, nous sommes satisfaits de tout ignorer des projets concrets qu’il n’a du reste pas dévoilés en matière de crise économique et internationale.


Obamania et renoncement de l’opinion européenne

André Glucksmann, philosophe
Le Figaro
11/11/2008

En élisant Obama, les Américains – et le monde tout entier – semblent avoir succombé à une vision postmoderne de l’histoire, qui s’apparente à une démission.

Étonnons-nous. L’intronisation sur la planète de nouveaux dirigeants évidemment nous importe, que ce soit à Moscou ou à Pékin. Toutefois, en ce 4 novembre 2008, nous ne fûmes pas simplement concernés, mais remués, bouleversés, transportés.

L’élection de Barack Hussein Obama n’est pas seulement un événement objectif, c’est un avènement subjectif. Preuve que les États-Unis demeurent, malgré tous leurs détracteurs, capitale de la mondialisation. Entendons: non pas une hyperpuissance, mais un phare. Non pas le centre du monde, mais le pivot d’une communauté de destin qui nous lie pour le meilleur ou pour le pire. Les derniers mois, nous vécûmes bon gré mal gré à l’heure de Manhattan et nous avons frémi comme jamais lors d’une échéance électorale.

Le triomphe d’Obama fut homologué «historique» par ses adversaires – McCain, Bush, Condoleezza Rice – et salué par les mêmes avec les larmes d’une sincère émotion comme la victoire des États-Unis d’Amérique tout entiers. Elle prolonge la lutte contre l’esclavage et le combat pour les droits civiques.

Elle n’incarne pas une victoire communautariste des «Blacks», mais au contraire une transgression universaliste, une émancipation générale, où les Blancs, les grands et les petits, les «Wasp» et les sudistes échappent à leurs angoisses, leurs égoïsmes et leurs préjugés traditionnels, où les Africains-Américains dépassent leur enfermement et l’esprit de revanche, si magnifiquement décrits dans les films de Spike Lee. À son «Do the right thing», la réponse tombe : «Yes, we can !» Le «rêve américain», jamais totalement accompli, est une prise de risque sans cesse recommencée. Il instaure dès l’origine une société d’immigrés, un pays de dépaysés, une communauté de déracinés qui se reconnaissent une patrie dans l’avenir et qui petit à petit construisent une société de complet métissage, où hommes et femmes – noirs, blancs, métis, chocolat, café au lait, anciens et nouveaux venus aux religions multiples et à l’infinité des goûts – se projettent avec d’autant plus de patriotisme, égaux en droits et en devoirs.

Pareille pulvérisation prolongée des tabous, les plus intimes, douloureux et supposés indépassables, parle au monde : s’ils le peuvent, pourquoi pas nous ? Dans un pays qui connût il y a cinq générations l’esclavage, la ségrégation il y a trois décennies et qui vit une inégalité ethnico-sociale flagrante encore de nos jours, un «Noir à la Maison-Blanche» sidère et permet à la terre entière de percevoir une issue. Voilà qui explique notre adhésion lucide. Reste à scruter notre dévotion aveugle.

Étonnons-nous de nous. L’électeur américain s’est offert une «obamania» politique et festive, sagement majoritaire en bonne démocratie, avec un score adulte de 53 %. Le spectateur européen a cultivé, bien avant les résultats, une «obamanie» unanimiste, nord-coréenne et quasi religieuse à 84 %. Le taux d’adulation atteint parfois 93 % ! Comme si le Messie était apparu, non à Washington, mais entre Paris et Rome, Berlin et Bruxelles, comme s’il étendait son aile conciliatrice sur l’ensemble de la planète. Nous, Européens, avons allègrement gommé toutes les aspérités du candidat. Il soutient la peine de mort que nous sommes si fiers d’abolir. Il n’interdit pas la vente libre des armes qui nous paraissaient jusqu’à hier le signe fatidique de la barbarie américaine et de cette mentalité de cow-boy que nous, gens de qualité et de raffinements multiséculaires, vomissons. Wall Street, le temple honni de la spéculation carnassière, l’a choisi et financé, ce qui n’inquiète manifestement plus nos gauches antilibérales. Les yeux fermés, nous sommes satisfaits de tout ignorer des projets concrets qu’il n’a du reste pas dévoilés en matière de crise économique et internationale.

Notre rêve européen adoube un homme providentiel dont on attend tout sans rien exiger d’avance. Nos fantasmes couronnent un nouveau président innocent de nos péchés historiques, un leader blanc comme neige – simplement «bronzé» selon Berlusconi, qui l’intronise en alter ego de Poutine, ce fameux exterminateur de «culs noirs» caucasiens. À l’inverse, McCain, héros rescapé des geôles vietnamiennes, faisait tache ; son corps couturé par les blessures du tragique XXe siècle fut d’office ostracisé par la bien-pensante volonté d’oublier. Les opinions européennes, droite et gauche confondues, s’abandonnent à une vision postmoderne de l’histoire et démissionnent, comme s’il appartenait aux Américains et désormais à Obama seul de régir à notre place la gouvernance planétaire. 84 % ! Nous fêtons une puissance qui nous délivre de nos responsabilités et libère de l’obligation d’agir.

Telle est la composante malsaine de notre joie générale et consensuelle: déléguer à un autre immaculé le soin des malheurs du monde et des défis de l’avenir. Le rêve américain des Américains les engage à poursuivre le dur travail d’émancipation post-raciale et universelle de l’humanité. L’aboulique rêve américain du Vieux Continent s’installe, équivoque gardien de nos sommeils.


Election américaine: Obama et son Machiavel du pauvre (Machiavelli for Have-Nots)

15 novembre, 2008
Reveille for Radicals | badanimal
Amazon.fr - Rules for Radicals: A Practical Primer for Realistic ...
After Alinsky: Community Organizing in Illinois (1990-07-01 ...

 

« Le Prince » a été écrit par Machiavel pour les nantis sur la façon de tenir le pouvoir. Le « Manuel du gauchiste » est écrit pour les pauvres sur la façon de le leur prendre. Saul Alinsky
Lest we forget at least an over-the-shoulder acknowledgment to the very first radical: from all our legends, mythology, and history (and who is to know where mythology leaves off and history begins — or which is which), the first radical known to man who rebelled against the establishment and did it so effectively that he at least won his own kingdom — Lucifer. Saul Alinsky
Let’s say that if there is an afterlife, and I have anything to say about it, I will unreservedly choose to go to hell. (…) Hell would be heaven for me. All my life I’ve been with the have-nots. Over here, if you’re a have-not, you’re short of dough. If you’re a have-not in hell, you’re short of virtue. Once I get into hell, I’ll start organizing the have-nots over there. (…) They’re my kind of people. Saul Alinsky (…) In order to involve the Catholic priests in Back of the Yards, I didn’t give them any stuff about Christian ethics, I just appealed to their self-interest. I’d say, “Look, you’re telling your people to stay out of the Communist-dominated unions and action groups, right? . . . Your only hope is to move first, to beat the Communists at their own game, to show the people you’re more interested in their living conditions than the contents of your collection plate. And not only will you get them back again by supporting their struggle, but when they win they’ll be more prosperous and your donations will go up and the welfare of the Church will be enhanced. (…) Look, you don’t have to put up with all this shit. There’s something concrete you can do about it. But to accomplish anything you’ve got to have power and you’ll only get it through organization. Now, power comes in two forms — money and people. You haven’t got any money, but you do have people, and here’s what you can do with them. Saul Alinsky
The Have-Nots of the world seeking revolutionary writings, can find such literature only from the communists. . . . Here they can read about tactics, maneuvers, strategy, and principles of action in the making of revolutions. . . . We have permitted a suicidal situation to unfold wherein revolution and communism have become one. These pages are committed to splitting this political atom. Saul Alinsky
What I wanted to try to do was to apply the organizing skills I’d mastered in the CIO to the worst slums and ghettos, so that the most oppressed and exploited elements could take control of their own communities and their own destinies. Up until then, specific factories and industries had been organized for social change, but never whole communities. Saul Alinsky
The Radical believes that all peoples should have a high standard of food, housing, and health … The Radical places human rights far above property rights. He is for universal, free public education and recognizes this as fundamental to the democratic way of life … The Radical believes completely in real equality of opportunity for all peoples regardless of race, color, or creed. He insists on full employment for economic security but is just as insistent that man’s work should not only provide economic security but also be such as to satisfy the creative desires within all men. (…) Radicals … hope for a future where the means of economic production will be owned by all of the people instead of just a comparative handful. Saul Alinsky
Power is not only what you have but what the enemy thinks you have.
Never go outside the experience of your people.
Wherever possible go outside of the experience of the enemy.
Make the enemy live up to their own book of rules.
Ridicule is man’s most potent weapon.
A good tactic is one that your people enjoy.
A tactic that drags on too long becomes a drag.
Keep the pressure on.
The threat is usually more terrifying than the thing itself.
The major premise for tactics is the development of operations that will maintain a constant pressure upon the opposition.
If you push a negative hard and deep enough it will break through into its counterside.
The price of a successful attack is a constructive alternative.
Pick the target, freeze it, personalize it, and polarize it.
One’s concern with the ethics of means and ends varies inversely with one’s personal interest in the issue.
The judgment of the ethics of means is dependent upon the political position of those sitting in judgment.
In war, the end justifies almost any means.
Judgment must be made in the context of the times in which the action occurred and not from any other chronological vantage point.
Concern with ethics increases with the number of means available and vice versa.
The less important the end to be desired, the more one can afford to engage in ethical evaluations of means.
The ethics of means and ends is that generally success or failure is a mighty determinant of ethics.
The morality of a means depends upon whether the means is being employed at a time of imminent defeat or imminent victory.
Any effective means is automatically judged by the opposition as being unethical.
You do what you can with what you have and clothe it with moral garments.
Goals must be phrased in general terms like « Liberty, Equality, Fraternity, » « Of the Common Welfare, » « Pursuit of Happiness » or « Bread and Peace. » Saul Alinsky
Pour moi, la morale consiste à faire ce qui est le mieux pour le maximum de gens.
L’organisateur doit se faire schizophrène, politiquement parlant, afin de ne pas se laisser prendre totalement au jeu. (…) Seule une personne organisée peut à la fois se diviser et rester unifiée. (…) La trame de toutes ces qualités souhaitées chez un organisateur est un ego très fort, très solide. L’ego est la certitude absolue qu’a l’organisateur de pouvoir faire ce qu’il pense devoir faire et de réussir dans la tâche qu’il a entreprise. Un organisateur doit accepter sans crainte, ni anxiété, que les chances ne soient jamais de son bord.
Le moi de l’organizer est plus fort et plus monumental que le moi du leader. Le leader est poussé par un désir pour le pouvoir, tandis que l’organizer est poussé par un désir de créer. L’organizer essaie dans un sens profond d’atteindre le plus haut niveau qu’un homme puisse atteindre—créer, être ‘grand créateur,’ jouer à être Dieu. Saul Alinsky
Much of what Alinsky professes does not sound “radical.” . . . He does not advocate immediate change. He is too much in the world right now to allow himself the luxury of symbolic suicide. He realizes that radical goals have to be achieved often by non-radical, even “anti-radical” means. Hillary Clinton
For my thesis, I analyzed the work of a Chicago native and community organizer named Saul Alinsky, whom I had met the previous summer. Alinsky was a colorful and controversial figure who managed to offend almost everyone during his long career. His prescription for social change required grassroots organizing that taught people to help themselves by confronting government and corporations to obtain the resources and power to improve their lives. I agreed with some of Alinsky’s ideas, particularly the value of empowering people to help themselves. But we had a fundamental disagreement. He believed you could change the system only from the outside. I didn’t. Later, he offered me the chance to work with him when I graduated from college, and he was disappointed that I decided instead to go to law school. Alinsky said I would be wasting my time, but my decision was an expression of my belief that the system could be changed from within. Hillary Clinton
Organizing begins with the premise that (1) the problems facing inner-city communities do not result from a lack of effective solutions, but from a lack of power to implement these solutions; (2) that the only way for communities to build long-term power is by organizing people and the money [they raise] around a common vision; and (3) that a viable organization can only be achieved if a broadly based indigenous leadership—and not one or two charismatic leaders—can knit together the diverse interests of their local institutions [and « grassroots » people]. Barack Obama
The key to creating successful organizations was making sure people’s self-interest was met and not just basing it on pie-in-the-sky idealism. So there were some basic principles that remained powerful then, and in fact I still believe in. Barack Obama
L’action, le pouvoir, l’intérêt particulier. J’aimais ces concepts. Ils témoignaient d’un certain réalisme, d’un refus temporel pour le sentiment ; la politique, et non la religion. Barack Obama
It’s true that the notion of self-interest was critical. But Alinsky understated the degree to which people’s hopes and dreams and their ideals and their values were just as important in organizing as people’s self-interest. Sometimes the tendency in community organizing of the sort done by Alinsky was to downplay the power of words and of ideas when in fact ideas and words are pretty powerful. ‘We hold these truths to be self-evident, all men are created equal.’ Those are just words. ‘I have a dream.’ Just words. But they help move things. And I think it was partly that understanding that probably led me to try to do something similar in different arenas. Barack Obama
Il n’y aucune discussion de la théorie qui sous-tendait son travail et qui guida ses maîtres. Alinsky est la couche absente de ce récit. Ryan Lizza
Ces principes ne font que traduire, dans un langage théorique, les tactiques utilisées par Alinsky et ses disciples à Chicago et ailleurs. Puisque l’organizer cherche avant tout à faire prendre conscience aux laissés-pour-compte de leur propre pouvoir, sa première tâche, lorsqu’il arrive dans une communauté, est de repérer ceux qui sont susceptibles de la mobiliser, en faisant appel aux « leaders locaux ». Alinsky travaillait ainsi beaucoup aussi avec les églises, qui constituent souvent la colonne vertébrale des quartiers défavorisés aux Etats-Unis. (…) La « méthode Alinsky » exerça une influence considérable sur le militantisme et les formes de contestation sociale aux Etats-Unis, tant par son propre travail (notamment à travers l’Industrial Areas Foundation et la Woodlawn Organization) que par les « organizers » qu’il a formés et les associations qui ont suivi son exemple. Parmi ceux passés par son école figure en particulier César Chávez, le militant pour les droits civiques et le fondateur des United Farm Workers, le syndicat qui a organisé la célèbre « grève des raisins » en Californie en 1965. Michael C. Behrent

Pour ceux qui refusent toujours de voir, derrière les belles paroles, l’autre face de Saint Obama …

Ou ceux qui inversement s’étonneraient du cynisme et des côtés sans foi ni loi qui ont permis à l’ex-animateur de quartier de réussir, de Chicago à Washington, son hold up du siècle

Petit retour, avec un intéressant compte rendu de Michael C. Behrent, sur celui qui fut son maitre tacticien, le théoricien de toute une génération d’activistes américains des années 60 (du syndicaliste Cesar Chavez à… Hillary Clinton !), Saul Alinsky …

Saul Alinsky, la campagne présidentielle et l’histoire de la gauche américaine
Michael C. Behrent
La vie des idées
10-06-2008

Situé au croisement de la tradition du « self-made man » et de l’autogestion à l’américaine, Saul Alinsky est la figure de proue d’un mouvement qui a profondément marqué l’histoire du progressisme aux États-Unis. Michael C. Behrent dresse ici le portrait du père fondateur du community organizing, dont l’histoire a inspiré aussi bien Hillary Clinton que Barack Obama.

Les primaires démocrates viennent de se terminer aux États-Unis. Elles ont permis à l’opinion publique de mesurer la distance qui sépare les deux candidats, distance qui a tant mobilisé – au risque de la diviser – la gauche américaine. Mais au moment où cet affrontement-là cède la place à celui qui opposera Obama à McCain, revenons sur un héritage intellectuel et politique que les deux candidats démocrates partagent : l’enseignement de Saul Alinsky.

Si Alinsky est quasiment inconnu en France, c’est parce qu’il fut un militant et un penseur résolument américain – dans ses croyances, ses références et ses méthodes. Aux États-Unis, il est généralement reconnu comme le père fondateur du community organizing, terme que l’on pourrait traduire de manière approximative par « animation de quartier » [1], mais dont le sens est à la fois plus politique et plus radical : il se réfère aux activités par lesquelles un animateur aide les habitants d’un quartier défavorisé à faire valoir leurs droits, que ce soit en exigeant de l’administration des HLM de mettre les logements sociaux aux normes sanitaires en vigueur, ou en demandant aux banques implantées dans le quartier d’offrir des taux d’intérêts plus raisonnables.

Né lui-même dans un ghetto de Chicago en 1909, Alinsky est issu d’une famille juive originaire de la Russie. Après des études à l’université de Chicago, il s’intéresse à la criminologie et obtient une bourse lui permettant de suivre de près la vie des gangs urbains : il développera ainsi une grande estime pour celui d’Al Capone, qu’il considère comme un vaste service public informel. Mais surtout, à partir de 1938, il trouve sa vocation lorsqu’il décide d’« organiser » le quartier Back of the Yards, le fameux ghetto dont les conditions de vie atroces ont été portées au grand jour par le roman d’Upton Sinclair, La Jungle (1905). C’est là qu’Alinksy mettra pour la première fois en œuvre des méthodes dont il fera plus tard un système. Son idée fondamentale : pour s’attaquer aux problèmes sociaux, il faut bâtir des « organisations populaires » (« People’s Organizations ») permettant aux populations de se mobiliser. Ces méthodes s’avéreront fructueuses aussi lorsqu’il organisa – toujours à Chicago – aux débuts des années soixante « The Woodlawn Organization » (TWO), du nom d’un quartier noir menacé par les efforts dits de « rénovation urbaine » de l’université de Chicago. Il fonda aussi l’Industrial Areas Foundation (IAF), une association où de nombreux futurs organizers (« animateurs de quartier ») apprendront la « méthode Alinsky » pour l’appliquer un peu partout dans le pays.

La « méthode Alinsky »

Bien qu’il fût avant tout un homme d’action, Alinsky tenta, dans plusieurs textes, d’expliquer les principes qui guident sa démarche. Son radicalisme puise ses racines dans l’histoire américaine – une histoire traversée avant tout par l’idée de la démocratie, qui a animé les penseurs radicaux américains depuis toujours, des révolutionnaires de Boston en 1776 jusqu’aux fondateurs du mouvement syndical, en passant par les jeffersoniens et les militants œuvrant pour l’abolition de l’esclavage. Citons-en trois principes qui constituent, pour lui, autant de tabous à lever :

1) Le pouvoir. Alinsky est loin d’épouser une vision irénique de la démocratie. Le principe primordial de l’organizer est celui du pouvoir. Le pouvoir, soutient-il, est « l’essence même, la dynamo de la vie » (dans certains textes, il ira jusqu’à citer Nietzsche) [2]. « Aucun individu, aucune organisation ne peut négocier sans le pouvoir d’imposer la négociation ». Ou encore : « Vouloir agir sur la base de la bonne foi plutôt que du pouvoir, c’est de tenter quelque chose dont le monde n’a pas encore fait l’expérience—n’oubliez pas que pour être efficace, même la bonne foi doit être mobilisée en tant qu’élément de pouvoir ». Malheureusement, poursuit-il, la culture moderne tend à faire de « pouvoir » un gros mot ; dès qu’on l’évoque, « c’est comme si on ouvrait les portes de l’enfer. » [3] Surmontant ce moralisme gênant, l’organizer identifie le pouvoir dont une communauté dispose, pour ensuite lui montrer le plaisir à l’éprouver – pour ensuite, enfin, le manier à ses propres fins.

2) L’intérêt propre. Si le pouvoir est le but de l’organizer, son point d’appui est l’intérêt propre (self-interest), un autre terme considéré souvent comme tabou. Pour organiser une communauté, il doit faire appel à ses intérêts (et les convaincre qu’il n’y a pas de honte à agir sur cette base) tout en identifiant ceux des personnes qui y ont font obstacle. « Douter de la force de l’intérêt particulier, qui pénètre tous les domaines de la politique, insistera Alinsky, c’est refuser de voir l’homme tel qu’il est, de le voir seulement comme on souhaiterait qu’il soit ». [4]

3) Le conflit. Mais puisque celui qui essaie de faire valoir son intérêt particulier se heurte souvent aux intérêts de quelqu’un d’autre, l’organizer doit accepter le conflit non seulement comme inéluctable, mais même comme désirable – car rien ne mobilise autant que l’antagonisme. Sa tâche doit être « de mettre du sel dans les plaies des gens de la communauté ; d’attiser les hostilités latentes de beaucoup, jusqu’au point où ils les expriment ouvertement ; de fournir un canal dans lequel ils puissent verser leurs frustrations passées… ». [5] Loin d’être un mal nécessaire, le conflit est « le noyau essentiel d’une société libre et ouverte ». Si la démocratie était un morceau de musique, selon Alinsky, « son thème majeur serait l’harmonie de la dissonance ». [6]

Ces principes ne font que traduire, dans un langage théorique, les tactiques utilisées par Alinsky et ses disciples à Chicago et ailleurs. Puisque l’organizer cherche avant tout à faire prendre conscience aux laissés-pour-compte de leur propre pouvoir, sa première tâche, lorsqu’il arrive dans une communauté, est de repérer ceux qui sont susceptibles de la mobiliser, en faisant appel aux « leaders locaux ». Alinsky travaillait ainsi beaucoup aussi avec les églises, qui constituent souvent la colonne vertébrale des quartiers défavorisés aux Etats-Unis, et entretenait notamment d’excellentes relations avec l’Eglise catholique (dans une lettre à Jacques Maritain, Alinsky ira jusqu’à dire, avec son sens d’humour habituel, qu’il est le deuxième juif le plus influent dans l’histoire du christianisme…).

L’organizer doit, d’autre part, écouter patiemment les habitants pour pouvoir identifier leurs problèmes. Une fois une tâche identifiée, plusieurs méthodes peuvent s’imposer. Pour faire bouger une administration, les habitants peuvent rassembler des informations gênantes et menacer de les distribuer à la presse, ou inviter un responsable municipal à une réunion de quartier pour lui faire part de leur grief. Mais ils peuvent également opter pour des méthodes plus rudes. Pour dénoncer l’insuffisance de l’administration, par exemple, ils peuvent faire pression sur la municipalité en organisant une grève d’impôts, ou encore débarquer en masse dans les bureaux d’un fonctionnaire, refusant de partir avant que celui-ci ne leur accorde, sur-le-champ, la réunion tant de fois reportée (de préférence, sous le regard des caméras de télévision locale). Ou encore : faire un sit-in dans les locaux d’une banque fréquentée par un propriétaire malhonnête ou dans ceux d’une compagnie d’assurances qui pénalise les quartiers défavorisés ; déposer des sacs d’ordures devant une agence de santé dont on estime qu’elle ne remplit pas ses obligations ; manifester devant la maison du propriétaire des taudis de banlieue ; ou encore, se coucher devant les bulldozers lorsque la municipalité se lance dans la rénovation urbaine sans l’approbation des personnes concernées…

La « méthode Alinsky » exerça une influence considérable sur le militantisme et les formes de contestation sociale aux Etats-Unis, tant par son propre travail (notamment à travers l’Industrial Areas Foundation et la Woodlawn Organization) que par les « organizers » qu’il a formés et les associations qui ont suivi son exemple. Parmi ceux passés par son école figure en particulier César Chávez, le militant pour les droits civiques et le fondateur des United Farm Workers, le syndicat qui a organisé la célèbre « grève des raisins » en Californie en 1965.

Cependant, Alinsky a toujours été un personnage controversé dans l’histoire du mouvement social américain – réputation, d’ailleurs, qu’il entretenait lui-même avec enthousiasme. Certains le considéraient comme trop radical et trop diviseur, tandis que d’autres — surtout le mouvement étudiant des années soixante — étaient gênés par son réformisme et son apathie idéologique. De son côté, il ne cachait pas son mépris pour des organisations comme Students for a Democratic Society (SDS) ou le Student Nonviolent Coordinating Committee (SNCC) : de Jerry Rubin et Abbie Hoffman, les leaders des « Yippies » (Youth International Party). Il disait qu’ils n’étaient « pas fichus d’organiser un déjeuner, encore moins une révolution ». [7] Surtout, Alinsky reconnaissait que les valeurs dénoncées par cette jeunesse en colère étaient justement celles auxquelles les pauvres pour lesquels il a milité aspiraient : en 1967, il remarquera : « Les gosses du SDS me disent : ‘Alinsky, tu sais ce que tu fais ? Tu organises les pauvres au nom de valeurs décadentes, ruinées, bourgeoises, et matérialistes.’ Et je me trouve en train de répondre : ‘Vous savez ce qu’ils veulent, les pauvres, dans ce pays ? Ils veulent une part plus grande dans ces valeurs décadentes, ruinées, bourgeoises ». [8] Les associations d’inspiration alinskienne travaillaient en collaboration avec les pouvoirs publics voire les chefs d’entreprise (Marshall Field III, le millionnaire de Chicago, siégea par exemple dans le conseil de direction de l’IAF) plutôt que s’engager dans une lutte « gauchiste ». Son héritage, partagé entre ses tactiques de dissident et des instincts foncièrement réformiste, est donc complexe.

Alinsky, Clinton et la critique du welfare

A l’automne 1968, alors que l’Amérique ne s’est pas encore remise des assassinats de Marin Luther King et de Robert Kennedy, et qu’elle a encore en tête les images des émeutes qui ont éclatées lors de la convention démocrate de Chicago, portant ainsi au grand jour l’opposition à la guerre au Vietnam, une étudiante de Wellesley College, âgée de vingt-deux ans, férue de politique et de justice sociale, décide de consacrer son mémoire de fin d’études à Saul Alinksy. Elle s’appelle encore Hillary Rodham. Dans son mémoire, qu’elle intitule (en citant T. S. Eliot) There is only the fight : an analysis of the Alinsky model, la future candidate à l’investiture démocrate médite la pensée et la carrière d’Alinsky – et, en passant, égrène quelques brins de sa propre vision politique, à l’époque encore en gestation. Au moins laisse-t-elle entrevoir ses préoccupations.

Alinsky la fascine autant par sa soif insatiable de la justice que par sa critique acerbe de la morale chrétienne version middle class, dans laquelle la jeune Hillary a baigné pendant son enfance et qui fait peu de place aux notions comme le pouvoir, le conflit et l’intérêt particulier. D’autre part, Alinsky est à la fois radical et réformiste. Elle remarque que ce qu’il professe « ne sonne pas très ‘radical.’ Ses paroles sont les mêmes que l’on entend dans nos écoles, chez nos parents et leurs amis, chez nos pairs ». Mais elle souligne : « La différence, c’est qu’Alinsky y croit vraiment ». [9] La possibilité de fonder une contestation sur des principes globalement reconnus est sans doute attirant pour une jeune femme tentée par les grandes luttes des sixties, mais qui choisit de rester dans le « système ». Enfin, Hillary porte un intérêt manifeste pour la place centrale qu’Alinsky accorde à la notion de « communauté ». Le problème qui hante sa pensée est celle « de la quête d’une communauté viable ». [10] En particulier, il nous oblige à penser ce que signifie une « communauté » à l’âge de l’industrialisation et de la société de masse – si, dans ce contexte, une communauté peut encore exister. Alinsky, qu’Hillary rencontre en complétant son mémoire, est impressionné par la jeune étudiante : il lui propose de venir travailler pour son association. Elle refusera, décidant plutôt de poursuivre des études de droit à Yale (où elle fera la connaissance d’un certain Bill Clinton…).

Alinsky n’aura-t-il été qu’un intérêt passager d’une jeune étudiante passionnée par la politique ? Peut-être. On peut néanmoins considérer la carrière d’Hillary Clinton à la lumière de cet engouement estudiantin pour le community organizer. Son intérêt pour la notion de communauté et les valeurs de solidarité qu’elle véhicule se retrouveront, par exemple, dans son militantisme en faveur des droits de l’enfant [11] et de l’assurance sociale. D’autre part, le pragmatisme d’Alinksy, ainsi que son allergie aux idéologies, rejoignent curieusement les valeurs de la « troisième voie » clintonienne. Clinton remarque ainsi dans son mémoire qu’Alinsky s’intéresse à l’idée d’appliquer ses méthodes à la classe moyenne américaine qui, elle aussi, éprouve un sentiment d’impuissance (powerlessness) devant « ces guerres que l’on suit sur les écrans de télévision ». [12] Mobilier la classe moyenne – n’est-ce pas ce que tentent les époux Clinton dans les années 1990, lorsqu’ils repartent à la conquête des couches sociales que leur parti semble avoir abandonné ? D’autre part, tout en militant pour les plus pauvres, Alinsky ne cache pas sa suspicion à l’égard de l’Etat-providence, surtout à l’égard de la « guerre contre la pauvreté » menée par le Président Lyndon Johnson dans les années 1960, qu’il qualifiera de « pornographie politique ». Alinsky se vantait de n’avoir jamais rien fait pour les pauvres, comme voulaient le faire les bureaucrates bien-pensants de Washington : il n’a fait que travailler avec eux, les aidant à chercher eux-mêmes des solutions à leurs problèmes.

Situé au croisement de la tradition du « self-made man » et d’une sorte d’autogestion à l’américaine, Alinsky insiste toujours sur la nécessité des pauvres de pourvoir à leurs intérêts, mêmes « bourgeois » et « décadents », et nourrit un profond mépris pour les « libéraux » (au sens américain du terme, donc la gauche) qui, en prétendant connaître les intérêts profonds des couches sociales démunies, ne font que les infantiliser. Mais de là à rejoindre les critiques libérales (au sens européen) de l’Etat-providence ? Rappelons qu’en 1996, le président Clinton, appuyé par les Républicains, adopta la loi sur la « responsabilité personnelle » (Personal Responsibility and Work Opportunity Reconciliation Act, PRWORA), qui supprima de nombreuses allocations destinées aux plus démunis (en particulier celles destinées aux enfants), en les remplaçant, au niveau des Etats fédérés, par une politique dite de « workfare », qui lie le droit aux prestations sociales à l’obligation de travailler (même dans des conditions indignes). Clinton annonça à cette occasion que « l’ère du big government » est terminée aux Etats-Unis. En dépit de son engagement profond pour les pauvres, Alinsky et sa méthode ne constituent-ils pas, par le biais de leur critique des aides gouvernementales au nom du savoir-faire spontané de la communauté, la voie détournée vers le « workfare » ?

La principale leçon que les Clinton retiendront d’Alinsky est cependant sa vision du pouvoir. L’analyse qu’ils font de l’expérience des années 1960, de l’ère Nixon et du scandale de Watergate, mais aussi du déclin du Parti démocrate à l’époque de Reagan, est précisément celle d’Alinsky : la noblesse des principes ne vaut strictement rien sans le pouvoir. Alinsky s’en prend à ceux qu’il appelle les « liberals » (et qu’il oppose aux « radicals »), c’est-à-dire ceux pour qui tous les moyens ne peuvent pas être justifiés par la noblesse du but. Railleur, Alinsky cite La Rochefoucauld : « Nous avons tous assez de force pour supporter les maux d’autrui ». [13] Lorsque les Clinton se défendent contre ceux qui leur reprochent de vouloir accaparer le pouvoir à tout prix, on peut imaginer que ce proverbe est leur réplique secrète. Dans son mémoire, Hillary Clinton note avec intérêt que selon Alinsky, contrairement à l’idée reçue, rien n’est plus facile en politique que d’être moral : « Il y a deux voies qui mènent à tout : la voie basse et la voie haute. La voie haute est la plus facile. Il suffit à parler des principes et de se montrer angélique à l’égard des choses que l’on ne pratique point. La voie basse est plus la rude. C’est la tâche de faire ressortir une conduite morale de son intérêt personnel ». [14] Cela aurait pu être la devise de la campagne menée par Hillary Clinton contre Obama : il ne suffit pas d’inspirer les auditeurs par des belles phrases et par son éloquence ; la politique est l’art des résultats ; s’il faut être méchant et déshonnête pour faire un peu de bien, s’il faut être un peu démagogue pour mobiliser la rage des démunis, soit.

Alinsky dans le parcours d’Obama

Le paradoxe, pourtant, c’est que celui que Clinton accuse d’être trop idéaliste est passé par la même école qu’elle. En 1985, Barack Obama, ayant tout juste reçu son diplôme de Columbia, désirant participer au changement social dans le même esprit que les luttes pour les droits civiques des années 1960, mais ne sachant trop comment, répond à une publicité publiée dans le New York Times par le Calumet Community Religious Conference (CCRC). Cette association, qui cherche à faire des églises dans le South Side de Chicago, le célèbre ghetto noir, des forces militantes, est animée par plusieurs disciples d’Alinksy (Mike Kruglik, Gregory Galluzzo et Gerald Kellman) qui veulent recruter des jeunes noirs pour gagner la confiance d’une communauté qui les regarde (ils sont blancs et pour la plupart juifs) avec méfiance. [15] Agé tout juste de vingt-quatre ans, Obama arrive dans le South Side. Aussitôt, il reçoit son baptême du feu d’organizer, aidant une communauté à obtenir un bureau de placement pour les chômeurs, ou encore portant son soutien aux efforts des résidents d’un HLM pour obtenir le désamiantage de leurs logements.

Obama consacre presque deux cents pages à cet épisode dans ses mémoires, Dreams from my father. Certes, comme l’observe le journaliste Ryan Lizza, « il n’y a aucune discussion de la théorie qui sous-tendait son travail et qui guida ses maîtres. Alinsky est la couche absente de ce récit ». [16] Mais Obama évoque le pouvoir de séduction qu’exerça sur lui le langage alinskien au cours de sa formation comme organizer : « L’action, le pouvoir, l’intérêt particulier. J’aimais ces concepts. Ils témoignaient d’un certain réalisme, d’un refus temporel pour le sentiment ; la politique, et non la religion ». [17] A son tour, Obama enseignera à d’autres la méthode que la CCRC lui a apprise.

Toutefois, même si son nom n’est jamais mentionné, les mémoires d’Obama contiennent une critique implicite d’Alinsky – partielle, sans doute, et pourtant claire. D’abord, Obama, dans le South Side, suggère qu’il arrive parfois aux organizers de surestimer l’importance de l’intérêt particulier – ou, du moins, qu’ils le conçoivent de manière trop étroite. Les motivations des résidents du South Side qu’il mobilisa dépassaient le simple intérêt matériel ; ils étaient aussi animés par un intérêt spirituel, ou plutôt un désir de sens, une capacité d’offrir un récit significatif de leur identité. Il apprend que « l’intérêt particulier que j’étais sensé chercher s’étendait bien au-delà des problèmes immédiats, qu’au delà des banalités, des biographies sommaires, et des idées reçues, les gens portent dans leur for intérieur une explication essentielle d’eux-mêmes. Des histoires pleines de terreur et de merveilles, clouées d’événements qui les hantent ou les inspirent encore. Des histoires sacrées ». [18] Ce qui commence, pour Alinsky, en politique, finit chez Obama en mystique.

La méthode d’Alinsky est mise en question par Obama à un autre niveau encore. Alinsky, nous l’avons vu, assume sans regret le fait que la politique entraîne le conflit, et que la stigmatisation de l’autre peut être une puissante force de mobilisation. Mais quel sens cette idée peut-elle avoir pour une communauté qui vit quotidiennement la conséquence d’une telle stigmatisation – en l’occurrence, la communauté noire américaine ? Une réaction tout à fait logique, qu’Obama rencontre au South Side, est le nationalisme noir, qui assume la stigmatisation, mais en la projetant sur les blancs. Obama développera plus tard un certain respect pour cette attitude, surtout lorsqu’il se rendra compte à quel point les Noirs ont intégré le racisme dont ils sont victimes. La haine des Blancs constitue, pour les Noirs, un « contre-récit enfouit profondément à l’intérieur de chacun, au centre duquel se trouvent des Blancs : certains cruels, d’autres ignorants, parfois un seul visage, parfois l’image anonyme d’un système qui prétend contrôler nos vies. J’étais forcé de me demander si les liens de communauté pouvaient être restauré sans un exorcisme collectif de la figure spectrale qui hantait les rêves noirs ». [19] Mais surtout, il finira par conclure que la haine, même justifiée, est sans issue. Il acceptera, en quelque sorte, la psychologie d’Alinsky, mais pas sa politique.
*

Ce qu’enseigne, en fin de compte, l’école d’Alinsky, est un mélange de romantisme et de rudesse, d’une soif pour la justice atteinte par des moyens impitoyables. Hillary Clinton semble y avoir puisé pour formuler sa vision non-idéologique du progrès social, tout en tenant fortement compte de sa leçon sur la centralité du pouvoir et de sa conquête, nécessaires à toute politique digne de son nom. Barack Obama, en appliquant la méthode d’Alinsky à Chicago, cherche à donner aux impuissants une preuve de leur propre puissance—tout en critiquant l’intérêt conçu en dehors de toute visée spirituelle, en même temps qu’il se méfie des conséquences de la stigmatisation d’autrui dans la poursuite du pouvoir.

Mais que se passe-t-il lorsque les enfants d’Alinsky passent à la politique politicienne ? Citons le maître : « Le moi de l’organizer est plus fort et plus monumental que le moi du leader. Le leader est poussé par un désir pour le pouvoir, tandis que l’organizer est poussé par un désir de créer. L’organizer essaie dans un sens profond d’atteindre le plus haut niveau qu’un homme puisse atteindre—créer, être ‘grand créateur,’ jouer à être Dieu ». [20] Aux supporters d’Obama et d’Hillary de reconnaître leur candidat dans cette phrase…

– L’association de Saul Alinsky : http://www.industrialareasfoundation.org/

– Le mémoire d’Hillary Rodham (Clinton) sur Alinsky
http://www.gopublius.com/HCT/HillaryClintonThesis.html

– Elections américaines 2008 (dossier)
Documents joints

*
Saul Alinsky, la campagne présidentielle et l’histoire de la gauche américaine (PDF – 153.9 ko)
par Michael C. Behrent

Notes

[1] Ou « animateur social » : le seul livre d’Alinsky qui semble avoir été traduit en français s’intitule Manuel de l’animateur social : une action directe non violente (Seuil, 1976).

[2] Saul Alinksy, Rules for radicals : a practical primer for realistic radicals (Random House, 1971), 51, 50.

[3] Alinksy, Rules for radicals, 51.

[4] Idem, 54.

[5] Cité dans Hillary Rodham « There is only the fight » : an analysis of the Alinsky model, mémoire non-publiée (Wellesley College, 1969), 10. Disponible en ligne : http://www.gopublius.com/HCT/HillaryClintonThesis.html. 8-9

[6] Alinksy, Rules for radicals, 62.

[7] Donald C. Reitzes et Dietrich C. Reitzes, « Alinsky in the 1980s : two contemporary Chicago community organizations », The Sociological Quarterly, 28:2, 1986, 265.

[8] Cité dans Mike Miller, « The 60’s student movement & Saul Alinsky : an alliance that never happened », Social Policy 34 :2-3 (2003-2004), 107.

[9] Hillary Rodham, « There is only the fight », 10.

[10] Idem, 65-66.

[11] voir son livre Il faut tout un village pour élever un enfant, Denoël 1996

[12] Idem, 74.

[13] Alinksy, Rules for radicals, p. 26.

[14] Cité dans Rodham, There is only the fight, p. 14.

[15] Voir Ryan Lizza, « The agitator », The New Republic, March 19, 2007, http://www.pickensdemocrats.org/info/TheAgitator_070319.htm

[16] Idem.

[17] Barack Obama, Dreams from my father : a story of race and inheritance (Three Rivers Press, 1995, 2004), 155.

[18] Idem, 190.

[19] Idem, 195.

[20] Alinsky, Rules for radicals, 61.

Voir aussi :

http://209.85.135.104/search?q=cache:-oTA0SI7qcEJ:www.caracoleando.org/IMG/doc/Alinsky.doc+Manuel+de+l%27animateur+social&hl=fr&ct=clnk&cd=1&gl=fr&lr=lang_fr

Actions à la Alinsky

L’idée de base serait que dans leur façon de lutter, les acteurs soient eux mêmes dans des logiques coopératives, ludiques, non violentes… et arrêtent de mimer les logiques des autres….

Alinsky, lui même travailleur social aux USA, dans les années 50/60, a imaginé et développé des actions avec cette logique. Nous vous proposons ci-après une fiche de lecture de son livre « Manuel de l’animateur social » (merci aux auteurs de la fiche, et au site de la fédération des centres sociaux Rhône Alpes qui la met à disposition des internautes…. nous ne pouvons d’ailleurs que vous inciter à aller butiner sur ce site….).

Quelques grands principes

– cibler la lutte : trouver un cas précis, exemplaire, symbolique, de ce qu’on veut combattre

– enquete civique : repérer tous les points faibles de l’adversaire, mais toujours des points qui ne créent pas d’insécurité (perspective non violente)

– repérage d’une idée d’action, non violente, sur un de ces point de faiblesse. Action ludique, où l’on se fait plaisir et où on utilise l’arme du rire (qui rend difficile d’imaginer la riposte…. sous peine de ridicule)

– la menace est toujours supérieure à l’action : lorque l’action est imaginée et organisée, on peut aller prévenir de sa mise en œuvre, et ainsi déjà donner un espace de discussion et négociation.

– la radicalité imaginative de l’action est toujours au service de la tactique de la négociation (ne pas courir le risque de ne pas pouvoir répondre si l’adversaire propose de négocier…., tranformer l’ennemi en adversaire, et lui donner la possibilité de donner le meilleur de sa propre posture……)

Manuel de l’animateur social, Saul Alinsky

FICHE DE LECTURE

vendredi 25 juillet 2003, par François Vercoutère, par Fabrice Dupuis

Mise en forme des techniques de Saul Alinsky pour « organiser » des groupes pour l’action et la revendication. L’animateur social est un « organisateur ».

L’ouvrage aborde un certain nombre de problématiques :

1° le débat entre fins et moyens

La question « la fin justifie-t-elle les moyens ? » n’a pas de sens en soi. Les populations n’ont pas toujours le choix des moyens dans une lutte. La question de la moralité des moyens peut être un prétexte à ne pas agir. Le point de repère pouvant être alors de savoir si les moyens choisis servent le plus grand nombre et non pas seulement ma personne.

Série de règles se rapportant à l’éthique de la fin et des moyens :

1ère règle : l’importance que l’on attache à l’éthique de la fin et des moyens est inversement proportionnelle aux intérêts que nous avons dans l’affaire.

2ème règle : l’éthique de la fin et des moyens varie selon les positions politiques de ceux qui se posent en juges.

3ème règle : En temps de guerre la fin justifie n’importe quel moyen.
4ème règle : On ne doit jamais juger de l’éthique de la fin et des moyens en dehors du contexte dans lequel se passe l’action.

5ème règle : Le souci de la morale de la fin et des moyens augmente avec le nombre de moyens disponibles et vice versa. « Pour moi (Saul Alinsky) la morale consiste à faire ce qui est le mieux pour le maximum de gens ».

6ème règle : On aura d’autant plus tendance à évaluer les critères moraux des moyens que la fin est moins importante.

7ème règle : D’une façon générale, le succès ou l’échec constituent un facteur déterminant de la morale. C’est ce qui fait toute la différence entre le traître et le héros. Un traître qui réussit ça ne s’est jamais vu. S’il réussit ce n’est plus un traître mais un père fondateur.

8ème règle : les critères moraux des moyens varient selon que ces derniers sont utilisés à une époque de défaite ou de victoire imminente. « Le même moyen employé à un moment où la victoire semble assurée peut être considéré comme immoral, alors qu’utilisé dans des circonstances désespérées, afin d’éviter le pire, la défaite, la question de moralité ne serait pas soulevée. »

9ème règle : Tout moyen qui s’avère efficace est automatiquement jugé immoral par l’opposition.

10ème règle : Vous devez tirer le meilleur parti de ce que vous avez et habiller le tout d’un voile de moralité.

11ème règle : Les objectifs définis doivent prendre la forme de slogans très concis et généraux. L’histoire est faite d’actions qui permettent à un objectif d’en déclencher un autre.

2°. La formation de « l’organisateur  » :

Liste types de qualités pour un bon organisateur :

Curiosité : La vie pour un organisateur est la recherche d’un plan d’ensemble, la recherche de ressemblances dans les différences apparentes, de différences dans les ressemblances apparentes, la recherche d’un ordre dans le désordre, la recherche d’un sens autour de lui, la recherche d’une façon de se situer par rapport à lui même, une recherche incessante.

Irrévérence : La curiosité et l’irrévérence vont de pair. L’homme curieux en arrive vite à demander « est-ce que tout ceci est vrai ? ». Pour celui qui pose des questions rien n’est sacré. Il hait le dogme et rejette toute définition catégorique de la morale qui n’en admettrait aucune autre. Il provoque, il agite, dérange, désacralise, bouscule.

Imagination : L’imagination est inséparable de la curiosité et de l’irrévérence. Pour l’organisateur l’imagination c’est le dynamisme qui le lance et le soutient dans toute son action. L’imagination produit l’étincelle du démarrage et entretient la force qui le pousse à organiser en vue du changement. Mais ce n’est pas seulement l’énergie qui permet à l’organisateur d’organiser, c’est aussi la base de l’efficacité dans l’action et dans la tactique. Pour évaluer et anticiper de façon réaliste les réactions probables de l’ennemi, il doit être capable de se mettre dans sa peau et d’imaginer ce qu’il ferait à sa place.

Sens de l’humour : L’organisateur qui cherche avec un esprit libre et ouvert, qui ne connaît pas la certitude, qui hait le dogme, trouve dans le rire, non seulement une façon de garder l’esprit sain, mais également une clé qui lui permet de comprendre la vie. Pour un tacticien, l’humour est un élément essentiel de succès car les armes les plus puissantes du monde sont la satire et le ridicule. Le sens de l’humour permet de garder une juste perspective des choses et de prendre la réalité pour ce qu’elle est, une pincée de poussière qui brûle en l’espace d’une seconde.

Pressentiment d’un monde meilleur : Le travail d’un organisateur consiste essentiellement en menues tâches répétitives et ennuyeuses. Si on compare ce qu’il fait à l’ensemble de l’œuvre dans laquelle il est engagé, sa part est plutôt mince. Ce qui lui permet de continuer c’est qu’il entrevoit la grande « fresque » qu’avec d’autres il est en train de créer. Chaque morceau est essentiel.

Une personnalité organisée : L’organisateur doit être bien organisé lui-même pour se sentir à l’aise dans une situation désorganisée, et il doit être rationnel au milieu des irrationalités qui l’entourent. A de rares exceptions près, on s’appuie sur de mauvaises raisons pour faire le bien. C’est perdre son temps que d’exiger que l’on fasse le bien pour de bonnes raisons, c’est se battre contre des moulins à vent. Il lui faut donc chercher à utiliser les mauvaises raisons qu’on a d’agir, pour parvenir au bon résultat. Il doit pouvoir se servir de ce qui est irrationnel pour tâcher d’avancer vers un monde rationnel.

Une schizophrénie politique bien intégrée : L’organisateur doit se faire schizophrène, politiquement parlant, afin de ne pas se laisser prendre totalement au jeu. Avant de pouvoir passer à l’action, l’homme doit pouvoir se polariser sur une question. Il agira quand il sera convaincu que sa cause est à cent pour cent du côté des bons et que ses opposants sont à cent pour cent du côté des méchants. Il sait, l’organisateur, que l’on ne passera pas à l’action si les problèmes ne sont pas polarisés de cette façon. Ainsi l’organisateur doit se dédoubler. D’un côté, l’action où il s’engage prend tout son champ de vision, il a raison à cent pour cent, le reste égale zéro. Il jette toutes ses troupes dans la bataille. Mais il sait qu’au moment de négocier il lui faudra tenir compte à quatre vingt-dix pour cent du reste. Il a deux consciences en lui et elles doivent vivre en harmonie. Seule un personne organisée peut à la fois se diviser et rester unifiée.

Ego : La trame de toutes ces qualités souhaitées chez un organisateur est un ego très fort, très solide. L’ego est la certitude absolue qu’a l’organisateur de pouvoir faire ce qu’il pense devoir faire et de réussir dans la tâche qu’il a entreprise. Un organisateur doit accepter sans crainte, ni anxiété, que les chances ne soient jamais de son bord. Fort de cet ego il est un homme d’action qui agit. L’idée de se dérober ne fait jamais long feu chez lui. La vie est action.

Un esprit libre et ouvert, une relativité politique : Toutes les qualités citées auparavant donnent une souplesse. S’étant forgé une personnalité forte, l’organisateur peut se passer de la sécurité qu’apportent les idéologies ou les solutions miracles. Il sait que la vie est une quête perpétuelle d’incertitudes et la seule certitude est que la vie est incertitude. Il faut vivre avec cela. Il sait que toutes les valeurs sont relatives, dans un monde où tout est relatif, y compris la politique. Equipé de ces qualités, il a peu de chances de tourner au cynisme ou à la désillusion, car il n’a pas d’illusion. Enfin, l’organisateur est constamment en train de créer : il crée du nouveau à partir du vieux et sait que les nouvelles idées ne peuvent naître que d’un conflit. L’œuvre de création est à ses yeux ce qui donne le sens le plus profond de la vie. Sans cesse tendu vers la nouveauté, il se sent incapable de supporter ce qui se répète, ce qui est immuable. C’est la différence essentielle entre le chef et l’organisateur. Le chef aspire au pouvoir, l’organisateur cherche à créer du pouvoir pour permettre aux autres de s’en servir.

3°. Les tactiques de l’organisateur :

1° règle : le pouvoir n’est pas seulement ce que vous avez, mais également ce que l’ennemi croit que vous avez.

2° règle : ne sortez jamais du champ d’expérience de vos gens.

3° règle : sortez du champ d’expérience de l’ennemi chaque fois que c’est possible. Car chez lui c’est la crainte, la confusion, l’abandon que vous voulez provoquer.

4° règle : mettre l’ennemi au pied du mur de ses propres déclarations morales.

5° règle : le ridicule est l’arme la plus puissante dont l’homme dispose.

6° règle : une tactique est bonne si vos gens ont du plaisir à l’appliquer.

7° règle : une tactique qui traîne trop en longueur devient pesante

8° règle : maintenir la pression

9° règle : la menace effraie généralement davantage que l’action elle-même.

10° règle : le principe fondamental d’une tactique, c’est de faire en sorte que les événements évoluent de façon à maintenir, sur l’opposition, une pression permanente qui provoquera ses réactions.

11° règle : en poussant suffisamment loin un handicap on en fait finalement un atout

12° règle : une attaque ne peut réussir que si vous avez une solution de rechange toute prête et constructive. Vous ne pouvez vous laisser prendre au piège par l’ennemi qui brusquement virerait de bord et accepterait de satisfaire à vos revendications en vous disant : »nous ne savons pas comment régler ce problème dites-nous comment faire ».

13° règle : Il faut choisir sa cible, la figer, la personnaliser et polariser sur elle au maximum.

Eléments de conclusion :

La première tâche de l’organisateur c’est de raviver l’espoir c’est à dire communiquer les moyens et les tactiques qui donneront aux gens le sentiment qu’ils détiennent les instruments du pouvoir et qu’ils peuvent désormais faire quelque chose.

Les sociétés doivent désormais oublier toutes les inepties qu’elles ont pu dire sur le secteur privé. Non seulement parce que les contrats gouvernementaux et les affectations des fonds du gouvernement ont depuis longtemps franchi la ligne de démarcation entre le secteur privé et le secteur public mais également parce que tous les américains et toutes les sociétés américaines appartiennent aussi bien au secteur privé qu’au secteur public ; « public » , en ce sens que nous sommes américains et concernés par le bien-être national. Nous avons tous un double devoir, et les sociétés devraient bien le reconnaître dés maintenant si elles veulent survivre. La pauvreté, la discrimination, la maladie, la criminalité, doivent, tout autant que les profits, faire partie de leurs soucis.

Ed. Seuil Coll. Points. 247p.

Edité en 1976 en français (épuisé)

COMPLEMENT:

Saul Alinsky: A Complicated Rebel
Nicholas von Hoffman’s new book complicates a right-wing caricature.By Ronald Radosh

National Review

August 11, 2010

Radical: A Portrait of Saul Alinsky by Nicholas von Hoffman (Nation Books, 237 pp., $26.95)
Nicholas von Hoffman’s short, breezy, and informative sketch of Saul Alinsky — and of the decade he spent with him working as a community organizer — offers us a very different take on the legendary activist than the narrative we are accustomed to. This is especially the case for those conservatives who consider Alinsky close to the devil. Alinsky made the comparison himself, invoking Lucifer, along with Thomas Paine and Rabbi Hillel, in the epigraphs to his classic, bestselling 1971 guide, Rules for Radicals: A Pragmatic Primer for Realistic Radicals. As Alinsky put it, clearly facetiously, Lucifer was “the very first radical . . . who rebelled against the establishment,” and who was so effective “that he . . . won his own kingdom.” But the reality of Alinsky and his work was significantly different from what this tongue-in-cheek self-presentation — and, a fortiori, today’s conservative attacks on Alinsky — would have us believe. He was not a radical believer in Big Government, and he probably would have had serious problems with Barack Obama’s agenda.

Alinsky became famous by organizing ethnic workers in the old Chicago stockyards from 1939 to the end of the 1950s, where he created the Back of the Yards Neighborhood Council as the vehicle to organize them. Because of his work, von Hoffman notes, “what had been an area of ramshackle, near-slum housing tilting this way and that had been rebuilt into a model working-class community of neat bungalow homes.”

Candidly, von Hoffman adds that Alinsky did not challenge the neighborhood’s pattern of segregation, which had “become an impregnable fortification of whites-only exclusionism.” Back in 1919, these same workers played a part in the famous 1919 Chicago-area race riots, in which 500 people, most of them black, were wounded and 38 killed. Alinsky did manage to obtain permission for blacks to have unmolested passage through the Back of the Yards as they were on their way to other places — which seems little by today’s standards, but, as von Hoffman notes, was a major accomplishment then.

As for the Neighborhood Council’s funding, it came not from government largesse, but from — of all things — the illegal-gambling activities of Alinsky’s partner, Joe Meegan. This spoke to Alinsky’s longstanding friendly relations with gangsters, thugs, and the organized-crime syndicates. That source of funding meant that any pressure from government to end racial exclusion would come to naught. Moreover, Alinsky’s belief that the people had to determine their own destiny meant, for him, that if the people wanted an all-white community, they should not be challenged on the matter. Although he wanted integration, and hoped that he could select and induce a few middle-class black families to buy homes in the Back of the Yards neighborhood and then convince whites to accept them, his partner Meegan nixed the idea. “Even public discussion of a Negro family,” von Hoffman writes, “would have the same effect as news that the bubonic plague was loose.” Even fair-minded whites in the area believed that blacks’ moving in meant “slumification, crime, bad schools, and punishing drops in real-estate values,” and hence the simple idea of an interracial neighborhood “would destroy the community and the council.” Alinsky’s code of loyalty to the Back of the Yards Council came before his personal opposition to segregation. (As von Hoffman rationalizes it, “the leaders behind the whites-only policy were his friends.”) The people pursued a policy he abhorred; and he had no choice but to stand with the people.

An even more surprising revelation is that Alinsky admired Sen. Barry Goldwater, whose libertarian objections to the proposed 1964 civil-rights act he shared. Countervailing power from organizations, not decisions made by courts, Alinsky thought, was the only way to achieve permanent change. Thus, von Hoffman tells us, “he was less than enthusiastic about much civil-rights legislation,” and during Goldwater’s run for the presidency, he had at least one secret meeting with the conservative senator, during which they discussed Lyndon Johnson’s civil-rights proposal. “Saul,” von Hoffman writes, “shared the conservative misgivings about the mischief such laws could cause if abused,” but would not publicly oppose the bill, since he had no better idea to propose in its place.

Alinsky also opposed Martin Luther King Jr.’s attempted march in Chicago in 1965, criticizing King for not building a “stable, disciplined, mass-based power organization.” He saw King as a man without local roots, who did not know the community, and who did not have any idea about how to organize it. Von Hoffman writes that King led “a little army stranded inside a vast and hostile terrain,” whose efforts “accomplished nothing except to reinforce the perception” that King “was an outsider.”

But what did Alinsky think about the other major liberal ideas of the time — for example, Lyndon Johnson’s Great Society program, or Robert F. Kennedy’s program for the poor? According to David Horowitz, the conservative activist and author — in his very influential pamphlet “Barack Obama’s Rules for Revolution: The Alinsky Model” — Alinsky’s radical organizers had a responsibility to work “within the system.” They did not follow the path advocated by the New Left, who preferred to utter meaningless calls for “revolution.” Thus, Horowitz writes, they “infiltrated the War on Poverty, made alliances with the Kennedys and the Democratic Party, and secured funds from the federal government. Like termites, they set about to eat away at the foundations of the building in expectation that one day they could cause it to collapse.” While the New Left created riots like that at the Chicago Democratic convention in 1968, “Alinsky’s organizers were insinuating themselves into Johnson’s War on Poverty program and directing federal funds into their own organizations and causes.”

According to von Hoffman, though, Alinsky had nothing but contempt for activists who gladly took money from the government, and hence his own group did not work within or for the government’s War on Poverty programs. Writes von Hoffman:

Although Alinsky is described as some kind of liberal left-winger[,] in actuality big government worried him. He had no use for President Lyndon Johnson’s Great Society with its War on Poverty. He used to say that if Washington was going to spend that kind of dough the government might as well station people on the ghetto street corners and hand out hundred-dollar bills to the passing pedestrians. For him governmental action was the last resort, not the ideal one.
Moreover, according to von Hoffman, Alinsky also opposed putting community organizers on the government payroll, as Bobby Kennedy sought to do, since “it made an independent civil life next to impossible.” It also created the conditions by which any administration could use their work for “social and political control.” It would “stifle independent action,” and possibly turn paid organizers “into police spies.” As von Hoffman sees his mentor, Alinsky opposed not only big government, but also large corporations and big labor. What he wanted was not revolution — despite his radical rhetoric meant to appeal to the New Left — but “democratic organizations which could pose countervailing power against modern bureaucracies.” Thus, in von Hoffman’s view, Saul Alinsky was a radical, but a Tory radical or a radical conservative: a man with a libertarian sensibility who supported all the little men fighting against any large structure, whether it was the government, a corporation, or organized labor.

In today’s America, conservatives have paid a great deal of attention to what was — until its recent demise after a series of scandals — the largest and most successful community organization, ACORN (Association of Community Organizations for Reform Now). Critics have accused the group of electoral fraud, of shakedowns of large banking and manufacturing firms, and of helping to create the housing bubble by fighting to have community banks grant loans to those who had no way to pay them back. Many of the critics claim that the organization, formed in 1970, was inspired by Alinsky’s methods and concepts — but Alinsky had nothing to do with its founding.

This is an important issue, because the great interest Alinsky has for commentators today stems largely from his reputed influence on Barack Obama. One often hears critics of President Obama’s policies proclaim that he is acting “straight out of the Alinsky playbook.” Because Obama was a community organizer for a brief time before going to law school, many people have assumed that, as a disciple of Saul Alinsky, he was committed thereafter to apply Alinsky’s principles as a guide for whatever position he held in life. Many therefore assume that he is now acting on them as president.

It is true that Obama’s mentors were trained by Alinsky’s organization. In re­searching a piece for The New Republic in 2007, Ryan Lizza spoke to Gregory Galluzzo, one of the three men who instructed Obama when he became a community organizer. Galluzzo told Lizza that many organizers would start as idealists, and that he urged them to become realists and not be averse to Alinsky’s candid advocacy of gaining power, since “power is good” and “powerlessness is evil.” Galluzzo taught Obama that people have to be organized according to their self-interest, and not on the basis of what Obama himself has characterized as “pie-in-the-sky idealism.”

In 1992, Obama famously worked for a voter-registration group called Project Vote, which was an ACORN partner, and helped Carol Moseley Braun defeat an incumbent U.S. senator in the 1992 Democratic primary. A few years later, Lizza reported, Obama became ACORN’s attorney, and won a decision forcing Illinois to implement the Motor Voter Law, with what the Wall Street Journal’s John Fund called “loose voter-registration requirements that would later be exploited by ACORN employees in an effort to flood voter rolls with fake names.” Obama cited ACORN first on a list he composed in 1996 of key supporters for his campaign for the state senate.

So Obama’s association with ACORN was real, and close. This, combined with the fact that Obama taught Alinsky’s methods when he worked with community organizers, has led many to assume that Alinsky himself approved of ACORN. Von Hoffman, however, challenges this notion. He writes: “[ACORN’s] cheekiness, truculence, and imaginative tactical tropes have an Alinskyan touch but the organization’s handling of money, embezzlement, and nepotism would have drawn his scorn. Nor would he have been comfortable with the large amounts of government money flowing into the organization.” (Emphasis added.) This conclusion is essentially confirmed by the activist and writer John Atlas, whose new pro-ACORN book, Seeds of Change: The Story of ACORN, explains that the group broke with the Alinsky model in a number of ways — most importantly, by applying for and receiving government contracts.

According to von Hoffman, Alinsky had nothing but disdain for the New Left with which Obama was associated. He thought Bill Ayers was wedded to “petulant ego decision making,” as well as a “comic-book leftism whose principal feature was anger at a government which did not do as they bade it. Their foot-stamping anger and humiliation at their failures . . . made them believe they were justified in taking up violence.” He saw the Weather Underground as a group prone to tantrums and “Rumpelstiltskin politics.”

Alinsky’s own approach had some major successes. In Rochester, N.Y., he got Eastman Kodak to agree to hire more blacks. In 1965, he had been approached by ministers from Rochester after Martin Luther King Jr. had turned down an overture from them. This in itself provides an interesting contrast with some of the activism of later times: Alinsky took action after he was asked to intervene by community ministers. This was quite different from the kind of shakedown associated in more recent years with Rev. Jesse Jackson and Rev. Al Sharpton, the kind in which large corporations fill an organization’s coffers with money in exchange for a hands-off agreement.

Yet, even in the Rochester fight, Alinsky’s methods often appeared rather comical, and it is rather hard to believe that they were taken seriously. According to von Hoffman, what Alinsky proposed, and scared the city’s elite with, was a scheduled “fart-in” at the Kodak-sponsored Rochester Symphony. He planned to gather black activists — for whom concert tickets had been bought — for a pre-concert dinner made up exclusively of baked beans. This would be his substitute for sit-ins and picket lines. Alinsky called it a “flatulent blitzkrieg,” and the result of this threat (along with other tactics, including the use of proxies at stockholder meetings) evidently was a settlement in which the city fathers agreed to the demands. In Chicago, he threatened a “piss-in” at O’Hare Airport, which immediately led the city to the bargaining table. That such juvenile tactics worked perhaps says more about the fears of the politicians than the genius of Alinsky.

Alinsky had some impressive backers. Among them was the old giant of the mine workers’ union, John L. Lewis, who advised him and supported him. (Like Lewis, he used Communists as orga­nizers on his staff. He disdained the Communist Party and its Marxist and pro-Soviet positions, and regarded its members as “servants of an antidemo­cratic foreign power” — but because he valued the organizing skill of individual Communists, he hired them as staffers anyway.) He also bonded with key figures in the Catholic archdiocese of Chicago. The whites he sought to organize were mainly believing Catholics, and thus Alinsky became particularly close to Fr. John O’Grady, whom von Hoffman credits with doing away with clerically dominated local charities and replacing them with charities run by professionals from social-work schools in Catholic colleges and universities. Later, Alinsky became close to the Catholic philosopher Jacques Maritain, with whom he regularly corresponded. He also befriended Cardinal Stritch and Fr. Jack Egan, who got the archdiocese to give him the money to launch organizing drives in the 1950s. This constituency is hardly what one thinks of as a force for social revolution in America.

So what were Alinsky’s goals in the end? Von Hoffman does not really answer this question, perhaps because Alinsky never did. Before people decide whether Saul Alinsky was a man with an actual revolutionary plan, they owe it to themselves to take into consideration von Hoffman’s contrary assessment of the father of community organizing.

– Ronald Radosh, an adjunct fellow at the Hudson Institute and a blogger for PajamasMedia.com, is the author of Commies: A Journey through the Old Left, the New Left and the Leftover Left.

Voir enfin:

 

 


Terrorisme: La violence vient plutôt de la police

15 novembre, 2008
Obama liar
Je ne regrette pas d’avoir posé des bombes. Je pense qu’on n’en a pas fait assez. Bill Ayers (fondateur du groupe terroriste des Weathermen et ami de Barack Obama, le 11 septembre 2001)
Les autonomes ne sont pas nécessairement violents. Généralement, la violence vient plutôt de la police comme on l’a vu à Gênes avec la mort de Carlo Giuliani, ce manifestant tué par balle par la police italienne. La plupart des actions des autonomes sont aujourd’hui des actions non-violentes du type manifestation, occupation, ou piquets de grève. Sébastien Schifres (doctorant en science politique et militant du mouvement des « autonomes »)
A mort, l’Etat, les flics et les patrons! Slogan de manifestation (devant le Centre de rétention, de Vincennes le 11 novembre dernier)
Nous voulons plus de trains, pas moins de trains. Les cheminots et les usagers ont déjà assez à faire avec les saboteurs venus de la direction de la SNCF, du gouvernement et de l’Union européenne qui font reculer le service public ferroviaire. La force des cheminots, c’est leur nombre et leur détermination, pas les agissements isolés qui ne profitent ni aux usagers ni aux cheminots en lutte. C’est à se demander à qui profite le crime. Olivier Besancenot
Cet attentat odieux a voulu frapper les israélites qui se rendaient à la synagogue, il a frappé des Français innocents qui traversaient la rue Copernic. Raymond Barre (TF1, le 3 octobre 1980)
Alors que « le drapeau rouge flotte sur la Maison-Blanche »

Président-tout récemment élu aux Etats-Unis et adulé en France qui fraye avec un ancien terroriste regrettant de n’avoir pas fait plus d’attentats …

Président français qui refuse l’extradition d’une terroriste italienne des Brigades rouges qui a toujours du sang sur les mains …

Prétendu postier lui aussi de Neuilly et figure montante de l’opposition anticapitaliste qui recrute du côté des anciens membres du groupe terroriste Action directe dont le fondateur se vantait tout dernièrement dans l’Express de son assassinat du PDG de Renault Georges Besse …

Groupe de casseurs néo-anarchistes qui s’attaquent aux trains de voyageurs et qui dénoncent la violence de la police …

Sortie en France cette semaine d’un film allemand sur les « grands moments de la RAF » (dixit Le Monde!), la tristement célèbre bande à Baader

On le voit, la longue tradition de complaisance pour la violence dite « politique » a encore de beaux jours devant elle au pays autoproclamé des droits de l’homme.

Et aide peut-être à comprendre qu’il ait fallu 28 ans (mais 26 ans après les responsables de la fusillade de la rue des Rosiers courent toujours!) pour que la justice française se décide à demander l’extradition du chef du commando (arrêté aujourd’hui au Québec) de l’attentat contre la synagogue de la rue Copernic dans le 15e arrondissement de Paris (4 morts: trois Français et une Israélienne, 20 blessés) le 3 octobre 1980 …

Un certain Hassan Diab, membre du mouvement palestinien FPLP du docteur Habache, alors allié de l’OLP d’Arafat (et avec le mouvement Septembre noir duquel il perpétra d’ailleurs l’attaque de la bourse du diamant d’Anvers un an plus tard – le 20 octobre 1981: 3 morts et un blessé en face aussi d’une synagogue – attentat aussi revendiqué ar Action directe) qui coulait des jours tranquilles comme professeur de sociologie à l’université d’Ottawa…

Attentat qui nous avait d’ailleurs valu le défilé dans la rue d’un certain François Mitterrand, alors leader de l’opposition, pour dénoncer au coté de Simone Veil, le retour de l’extrême droite et de la menace fasciste (il y avait certes eu une revendication d’un groupe dit des Fascistes Européens Nationaux) …

Comme la tristement fameuse sortie du premier ministre Raymond Barre sur ces « Français innocents » victimes d’un attentat qui visait de présumés coupables « israélites » …

Terrorisme
Attentat de la rue Copernic: le poseur de bombe présumé interpellé au Canada
Christophe Dubois
L’Express
le 13/11/2008

Hassan Diab, d’origine palestinienne, a été arrêté vingt-huit ans après l’explosion d’une bombe devant une synagogue parisienne, qui avait fait 4 morts. L’enquête a été relancée en 2007. Elle passe par le Liban, l’Allemagne et les Etats-Unis. Récit.

Vingt-huit ans après les faits, l’auteur présumé de l’attentat de la rue Copernic à Paris (XVIe arrondissement), qui a fait quatre morts (trois Français et une Israélienne) et 20 blessés le 3 octobre 1980, a été interpellé à la mi-journée (heure canadienne) à Gatineau (province de Québec) par la gendarmerie royale canadienne.

Hassan Diab, d’origine palestinienne, âgé de 54 ans, a été arrêté dans le cadre d’un mandat d’arrêt international délivré, au début du mois de novembre, par le juge parisien Marc Trévidic. L’épilogue d’une longue traque menée par les services antiterroristes français. Des perquisitions ont été effectuées dans les domiciles et les bureaux de l’enseignant, qui donne des cours de sociologie à l’université d’Ottawa.

Les magistrats, les policiers de la Brigade criminelle et de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) se sont déplacés au Canada afin d’obtenir l’extradition du suspect, ce qui pourrait prendre plusieurs semaines. Ce professeur, qui possède la double nationalité libano-canadienne, est soupçonné d’avoir confectionné et posé la bombe, entreposée dans la sacoche d’une moto, stationnée devant la synagogue de la rue Copernic. L’explosion aurait pu faire de nombreuses autres victimes: l’engin a explosé quelques minutes avant la sortie de nombreux fidèles rassemblés le soir de la fête de Shabbat.

L’attentat n’a jamais été revendiqué. Cependant, les enquêteurs soupçonnent qu’il a été perpétré par le Front populaire de la libération de la Palestine- Opérations Spéciales (FPLP-OS), un groupuscule palestinien des années soixante-dix, opposé à Yasser Arafat. Des services « amis » de l’ex-DST avaient mis les policiers français sur la piste de ce groupe. L’Allemagne avait racheté le fichier des membres de ce groupe et mis à disposition ces informations auprès de divers pays européens. En France, elles sont longtemps restées enfouies dans le dossier d’instruction.

Expertises graphologiques, comparaison de photos, auditions de témoins

L’enquête a été relancée dans le courant de l’année 2007. Magistrats et policiers se sont déplacés à travers de multiples pays (Liban, Etats-Unis, Allemagne, Danemark…) pour reconstituer le puzzle de cet attentat. Ils ont entendu de nouveaux témoins et cherché les pièces à conviction. Ils ont notamment exploité une fiche d’hôtel parisien remplie par le suspect lors de son séjour à Paris au moment de l’attentat de la rue Copernic et effectué des comparaisons graphologiques avec des documents officiels remplis par Hassan Diab lors d’un séjour aux Etats-Unis : un premier expert a jugé « très probable » une correspondance entre les deux écritures et un second « à 100% » qu’il s’agissait du même auteur.

Les policiers ont également mis la main sur une photo d’Hassan Diab, datant de 1981, figurant sur un passeport saisi par la police italienne: elle correspond trait pour trait au portrait-robot qui avait été dressé par des témoins, qui ont aperçu l’homme qui a déposé la bombe devant la synagogue. Ils ont pu aussi établir que l’homme avait effectué de nombreux déplacements en Europe au moment de l’attentat.

L’exploitation de ces renseignements donne aujourd’hui un espoir aux victimes de l’attentat de voir un jour un procès se dérouler en France dans le cadre d’une procédure criminelle. Cependant, la procédure d’extradition peut prendre plusieurs semaines au Canada. Hassan Diab, qui vivait jusqu’alors paisiblement au Canada, est également soupçonné d’avoir participé à l’attentat qui a visé en octobre 1980 -soit un an avant la rue Copernic- la bourse du diamant d’Anvers, située, elle aussi, à quelques pas d’une synagogue. Il a toujours contesté les faits, évoquant une « homonymie ».

Vraies fausses pistes

Le 3 octobre 1980, une moto piégée explose devant la façade de la synagogue de la rue Copernic à Paris, dans le XVIe arrondissement. Quatre personnes trouvent la mort dans cet attentat, le premier de ce type en France, qui suscite une très grande émotion. Le Premier ministre, Raymond Barre, évoquera même extrêmement maladroitement des « victimes innocentes » pour dire qu’aucun membre de la communauté juive n’a été tué par la bombe…

Dans un premier temps, dans le climat politique de l’époque, cette opération sanglante est attribuée à l’extrême droite. On évoque une mystérieuse « piste espagnole » qui confirmerait cette hypothèse. A Paris, François Mitterrand, alors leader de l’opposition, défile dans la rue, au coté de Simone Veil, pour dénoncer le retour de l’extrême droite et la menace fasciste.

Pourtant, l’enquête menée par la section antiterroriste de la brigade criminelle de la Préfecture de police de Paris, s’oriente très vite vers une piste moyen-orientale. Les policiers retrouvent le magasin où la moto a été achetée, avenue de la Grande-Armée, à Paris. Le vendeur est formel : l’homme qui a payé en liquide est de type arabe. Les enquêteurs vont recueillir d’autres témoignages allant dans le même sens, dont celui d’une jeune femme qui a passé la nuit avec le terroriste. Ils retrouvent également sa trace dans plusieurs hôtels parisiens.

Ils obtiennent très rapidement la certitude que l’attentat a été commis par un membre du FPLP, le mouvement palestinien radical dirigé par le docteur Habache, opposé à l’OLP. Mais, à l’époque, il existait des liens étroits entre cette organisation et celle de Yasser Arafat. Une version qui s’imposera peu à peu, même si la justice ne parviendra pas alors à remonter la trace du tueur.

Jean-Marie Pontau


Education: Des manuels bien trop noirs (French antidiscrimination agency denounces… antiracism!)

14 novembre, 2008
saac Mkalia, 20 years old, a teacher by profession is checking his mobile phone.Il faut changer les représentations en allant même un peu au-delà de la réalité à un moment donné, afin de donner une image en ligne avec l’ambition qu’on a pour la société. M. Schweitzer
Ces recommandations vont dans le bon sens. Montrer des contre-stéréotypes et la société telle qu’on voudrait qu’elle soit, on va en tenir compte. Pascale Gélébart (Syndicat national de l’édition)
Les minorités visibles apparaissent davantage comme des personnages de débats portés par les manuels que des personnages de manuels au même titre que les autres. Enseignant d’anglais
Le stéréotype à l’égard des personnes noires le plus souvent mentionné par les élèves et les enseignants est la pauvreté. (…) La photo présente de profil un petit enfant noir, nu et rachitique, en train de s’alimenter. (…) Une photo page 75 montre en plan rapproché la main d’un enfant noir dans la paume de celle d’un adulte blanc. Ce dernier tient entre le pouce et l’index une main noire minuscule laissant apparaître un avant bras de la taille du pouce de l’adulte. Utilisée pour illustrer la solidarité nécessaire avec l’Afrique, cette image a été jugée choquante à plusieurs reprises, notamment dans le cadre du “focus group” avec les professionnels de l’intégration. Elle renforce le stéréotype du Noir non seulement pauvre, mais aussi malade. Elle contribue également à entretenir le stéréotype du rapport inégalitaire entre Noirs et Blancs en faisant appel à un registre émotionnellement inutile. Cette analyse critique ne signifie pas qu’il s’agit de taire la vérité sur les faits, qu’ils soient économiques ou historiques. Cependant, les contenus susceptibles de produire des identifications négatives par proximité de critères de catégorisation sociale doivent être absolument relativisés. Dans son étude des manuels de géographie consacrés à l’Afrique, Prévost (…) dresse le même constat en regrettant que « ces images ne sont pas souvent contrebalancées par des réussites de développement ». Dans ses réponses au questionnaire un enseignant fait le même type de proposition « Dans les manuels de géographie, les chapitres sur l’Afrique et le Maghreb montrent trop souvent la pauvreté avec des photos d’enfants de rue, ou de paysans traditionnels, mais on ne parle pas assez du dynamisme de ces pays, de la modernité que l’on trouve parfois. Rapport de la Halde

Attention: une noirceur peut en cacher une autre !

Après les manuels floutés et les manuels anti-américains,… les manuels antiracistes!

Surdénonciation des discriminations à l’égard des minorités visibles, oubli des femmes, handicapés, seniors (réduits à « l’image très négative » du « Mignonne, allons voir si la rose… » de Ronsard!) ou homosexuels, stéréotypes ou représentations exagérément choquantes de l’Africain pauvre et malade ou esclave (main famélique), choix systématique d’Africains ou immigrés en difficulté ou en échec scolaire, « exotisme » tout aussi systématique des représentations (mosquée située hors du territoire national, niqab illustrant le refus de l’Union européenne d’intégrer la Turquie) …

Au lendemain de l’élection du messie, noir comme il se doit, du multiculturalisme …

Dernière illustration de ces étranges temps que nous vivons: la Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité) obligée de monter au créneau, si l’on en croit le compte-rendu du Monde (au titre pour le moins surprenant: “Des manuels encore un peu trop blancs”?) pour dénoncer les manuels scolaires qui, après 40 ans de bien-pensance et de politiquement correct,… noircissent trop le tableau!

Et redonner enfin à tous les « bergers massaïs au milieu de leurs troupeaux, souriants et plutôt bien portants, téléphone portable à la main » la place qu’ils méritent.

Au risque de retomber du coup (chassez le naturel!) …

En prônant d’aller « au-delà de la réalité à un moment donné, afin de donner une image en ligne avec l’ambition qu’on a pour la société » (?)…

Dans d’autres (contre-)stéréotypes?

Des manuels encore un peu trop blancs
Laetitia van Eeckhout
Le Monde
06.11.08

Une femme voilée pour illustrer la Turquie, une main rachitique pour symboliser l’Afrique… Sans attendre que Barack Obama fasse son entrée dans les livres d’histoire des écoliers français, la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde) publie, jeudi 6 novembre, une grande enquête sur la place des stéréotypes et des discriminations dans les manuels scolaires.

Pas moins de 29 ouvrages et 3 097 illustrations ont été passés au crible par une équipe de chercheurs de l’université Paul-Verlaine de Metz. Le constat n’est pas accablant. Premier relatif satisfecit : les minorités visibles… sont visibles. 10% des illustrations représentent « un personnage principal de couleur », dont un peu plus de la moitié un personnage « pouvant être perçu comme étant originaire d’Afrique du Nord ou du Moyen-Orient ». Ensuite, parce que les clichés racistes hérités de la période coloniale ont disparu. Le discours antiraciste y est présent. Les discriminations à l’égard des minorités visibles sont davantage dénoncées que celles à l’encontre d’autres groupes tels que les femmes, les handicapés, les seniors ou les homosexuels, également étudiés par l’enquête.

Toutefois, certains stéréotypes ont encore la vie dure. D’abord, note la Halde, certaines minorités sont manifestement plus mises en valeur que d’autres. Ensuite, les manuels de géographie en particulier, dans les chapitres sur l’Afrique et le Maghreb, mettent l’accent sur la pauvreté sans que soient par ailleurs représentées des situations positives de modernité pourtant présentes dans les pays étudiés.

Les personnes noires sont particulièrement stigmatisées. Les illustrations où elles apparaissent, tant en géographie, en sciences de la vie et de la terre qu’en éducation civique, renforcent encore souvent le stéréotype de l’Africain non seulement pauvre, mais aussi malade. Dans les manuels d’histoire, la présence des personnes noires, fortement liée à la question de l’esclavage et à celle de la ségrégation raciale aux Etats-Unis, amène certains élèves à considérer que « pour les Français, Noir égale esclave ». Autant de représentations qui, selon les auteurs, contribuent à entretenir « une vision inégalitaire entre Noirs et Blancs en faisant appel à un registre émotionnellement inutile ». Bref, le « sanglot de l’homme blanc » n’est jamais bien loin.

Les auteurs ne préconisent évidemment pas de taire la vérité sur les faits, comme l’esclavage ou la famine. « Cependant, insistent-ils, les contenus susceptibles de produire des identifications négatives doivent être absolument relativisés. » A quand la photo d’un cybercafé en plein milieu d’un quartier populaire à Tunis ou à Bamako ou d’un agriculteur africain consultant les cours des matières premières sur son ordinateur? « Les minorités visibles apparaissent davantage comme des personnages de débats portés par les manuels que des personnages de manuels au même titre que les autres », résume un enseignant d’anglais.

Au-delà des illustrations, le choix des exemples, ou des prénoms dans les exercices, y compris de mathématiques, n’est pas anodin. Chez Hatier (manuel de 5e), une petite fille réussit-elle son exercice de géométrie? Normal, elle porte un prénom « bien français ». Sa camarade de classe se trompe? Pas de chance, elle s’appelle Samira. « Ce type d’exercice peut renforcer le stéréotype de l’élève maghrébin ou noir en situation d’échec scolaire ou éveiller un sentiment de discrimination », notent les auteurs de l’étude, alertés eux-mêmes par des élèves de 5e.

Le lien qui est fait avec les appartenances religieuses, et en particulier l’islam, tend aussi à entretenir une discrimination. Pourquoi Nathan (manuel d’histoire-géographie de terminale) illustre-t-il l’islam avec une mosquée située hors du territoire national, et le catholicisme avec la cathédrale de Chartres? Forcément, un tel choix ne peut que renforcer l’idée que l’islam est une religion étrangère à la France. Surtout que le texte évoque « la crise des vocations » mais jamais « l’évolution de la pratique religieuse ».

De même, recourir à la symbolique du voile, notamment du niqab, dans une illustration évoquant le refus de l’Union européenne d’intégrer la Turquie est pour le moins périlleux. Certes, ce choix peut avoir pour but de faire réagir les élèves et d’être discuté en classe mais, relèvent les auteurs de l’étude, « il risque surtout de renforcer le stéréotype selon lequel le port du voile justifie toutes les formes de rejet et d’exclusion ».

Il y a une autre façon d’exclure. Ne pas montrer. En sciences de la vie et de la terre, les corps noirs sont particulièrement peu représentés. Dans un autre registre, l’origine étrangère d’une célébrité, comme Picasso, n’est pas systématiquement évoquée.

Dans ses recommandations, la Halde reconnaît que « les stéréotypes sont peu fréquents mais ils existent, d’autant plus que la fréquence n’enlève rien à l’effet qu’ils peuvent produire chez celui ou celle qui en est victime ». Jugeant le bilan « mitigé », elle recommande surtout aux éditeurs de ne pas se contenter de « représenter correctement deux ou trois minorités visibles, en ignorant les autres ».

Ce premier principe établi, la Halde recommande d’éviter les stéréotypes véhiculés par des représentations exagérément choquantes, « sans pour autant dissimuler le rapport à la vérité des faits ». Comment? En procédant par contraste ou contre-stéréotype. Les auteurs délivrent un satisfecit à Magnard pour avoir illustré un de ses ouvrages d’histoire-géographie avec « un berger massaï au milieu de son troupeau, souriant et plutôt bien portant, téléphone portable à la main ». En revanche, c’est le même éditeur qui publie (dans un autre ouvrage) la main famélique. « Un même manuel peut contenir des contre-stéréotypes pertinents, mais également des stéréotypes que nous condamnons », déplorent les chercheurs.

Les manuels de français doivent aussi s’ouvrir davantage à la diversité culturelle. « L’identité française qu’ils véhiculent au travers de la littérature, et de l’intitulé de leur discipline, ne doit pas laisser de côté les minorités visibles qui constituent la société civile », relève la Halde.

Parallèlement à cette réflexion, la Halde estime qu’un débat et des recherches mériteraient d’être engagés sur l’enseignement de la religion en France, notamment sur la représentation de l’islam et des musulmans dans les manuels scolaires. Mais la Halde ne se fait guère d’illusions. « La meilleure volonté des éditeurs ne suffira pas à faire réellement évoluer certains manuels, si les programmes ne les aident pas à introduire davantage les minorités visibles dans le respect de l’évitement des stéréotypes. »

Voir aussi:

Discrimination: la Halde recommande de lutter via les programmes et manuels scolaires
Emmanuel DEFOULOY
Le Point/ AFP
le 06/11/2008

Discrimination: la Halde recommande de lutter via les programmes et manuels scolaires

La lutte contre les discriminations doit être au coeur de l’éducation des élèves, à la fois via les programmes et via les manuels scolaires qui devront corriger les stéréotypes discrimatoires qu’ils contiennent encore, selon les recommandations faites jeudi par la Halde.

La lutte contre les discriminations doit être au coeur de l’éducation des élèves, à la fois via les programmes et via les manuels scolaires qui devront corriger les stéréotypes discrimatoires qu’ils contiennent encore, selon les recommandations faites jeudi par la Halde.

« Les programmes ne mettent pas la lutte contre les discriminations au centre de l’éducation », a regretté lors d’un point de presse Louis Schweitzer, le président de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde), en rappelant que cette question n’était abordée en éducation civique qu’en classe de 5ème.

Quant aux manuels scolaires, ils ne sont « ni racistes, ni sexistes », « mais ils sont plutôt le reflet d’hier que le reflet de la société que nous voudrions voir » dans l’avenir, a-t-il ajouté.

Des stéréotypes dévalorisants pour les femmes et les personnes d’origine étrangère, le handicap « rarement évoqué », des « seniors » associés à la maladie et à la dégénérescence du corps, « l’impasse » faite sur le sujet de l’orientation sexuelle: tel est le constat fait par la Halde après analyse de 29 manuels allant de la 6ème à la terminale.

Les métiers ne sont pas encore assez féminisés, les hommes sont souvent présentés en position de supériorité, et il n’y a qu’une femme représentée au travail pour trois hommes, ce qui ne correspond plus à la société actuelle.

En résumé, les manuels montrent généralement l’homme en médecin et la femme en infirmière, des « représentations » qu’il faut « casser », a dit M. Schweitzer.

Les handicapés ne sont « jamais représentés dans une situation ordinaire » et les personnes d’origine étrangère fréquemment montrées « en situation de pauvreté et de difficultés », a-t-il regretté.

En histoire et géographie, « le stéréotype du Noir pauvre et malade » entretient « une vision inégalitaire entre Noirs et Blancs », selon l’étude.

Enfin, sur les 3.097 photos des manuels étudiés, une seule est consacrée à l’orientation sexuelle, prise lors d’une Gay Pride à Paris.

« Il faut changer les représentations », en allant même « un peu au-delà de la réalité à un moment donné », afin de « donner une image en ligne avec l’ambition qu’on a pour la société », a affirmé M. Schweitzer.

Pour cela, la Halde demande à l’Education nationale que la prévention des discriminations soit présente dans tous les programmes de la 6ème à la terminale et que les enseignants aient une « formation spécifique » à ce sujet.

Aux éditeurs de manuels, elle recommande notamment que les personnes « qui souffrent d’une représentation le plus souvent négative soient illustrées dans des situations ordinaires et non systématiquement négatives ».

« Ces recommandations vont dans le bon sens. Montrer des contre-stéréotypes et la société telle qu’on voudrait qu’elle soit, on va en tenir compte », a réagi auprès de l’AFP Pascale Gélébart, du Syndicat national de l’édition.

Les changements se feront « au fur et à mesure de la refonte des manuels liée aux nouveaux programmes », a-t-elle ajouté.

Elle assure toutefois que « par rapport à il y a 20 ans, il y a des différences énormes sur les stéréotypes hommes/femmes dans les manuels ».

Elle se félicite que la Halde se soit adressée « à tous les interlocuteurs de la chaîne », y compris au ministère de l’Education sur les programmes.

La Halde examinera à l’avenir la réédition des manuels étudiés et élargira son étude à ceux du primaire, a promis M. Schweitzer.

Voir également:

La Halde dénonce la discrimination dans les manuels scolaires
L’Express
le 07/11/2008

A l’occasion de la publication d’un rapport qui met en évidence l’existence de nombreux stéréotypes de discrimination dans les manuels scolaires, la HALDE appelle l’école ce jeudi à plus de lutte pour l’égalité.

Le constat est frappant: l’analyse d’une trentaine de manuels scolaires révèle la présence d’une multitude de clichés qui discriminent les femmes, les origines étrangères, les handicapés, les vieux et les homosexuels. Auteur de l’étude, la Haute autorité de lutte contre les discriminations et l’égalité (HALDE) souhaite que l’école relaye davantage la lutte pour l’égalité.

Les manuels scolaires, « le reflet d’hier »

« Les programmes ne mettent pas la lutte contre les discriminations au centre de l’éducation », a regretté vendredi, lors d’un point de presse, Louis Schweitzer, le président de la Halde.

Quant aux manuels scolaires, ils ne sont « ni racistes, ni sexistes », « mais ils sont plutôt le reflet d’hier que le reflet de la société que nous voudrions voir » dans l’avenir, a-t-il ajouté.

Des stéréotypes dévalorisants pour les femmes et les personnes d’origine étrangère. Le handicap est « rarement évoqué » et les « seniors » associés à la maladie et à la dégénérescence du corps.

Enfin est évoquée, « l’impasse » faite sur le sujet de l’orientation sexuelle.

L’analyse a porté sur 29 manuels allant de la 6e à la terminale. Les métiers n’y sont pas encore assez féminisés, les hommes sont souvent présentés en position de supériorité, ce qui ne correspond plus à la société actuelle.

Les handicapés ne sont « jamais représentés dans une situation ordinaire ». Et les personnes d’origine étrangère fréquemment montrées « en situation de pauvreté et de difficultés », a-t-il regretté.

En histoire et géographie, « le stéréotype du Noir pauvre et malade » entretient « une vision inégalitaire entre Noirs et Blancs », selon l’étude.

« Il faut changer les représentations » a affirmé M. Schweitzer.

L’Ecole, relais de la prévention des discriminations

La Halde demande à l’Education nationale que la prévention des discriminations soit présente dans tous les programmes de la 6ème à la terminale et que les enseignants aient une « formation spécifique » à ce sujet.

Aux éditeurs de manuels, elle recommande notamment que les personnes « qui souffrent d’une représentation le plus souvent négative soient illustrées dans des situations ordinaires et non systématiquement négatives ».

« Ces recommandations vont dans le bon sens. (…) On va en tenir compte », a réagi Pascale Gélébart, du Syndicat national de l’édition.

Les changements se feront « au fur et à mesure de la refonte des manuels liée aux nouveaux programmes », a-t-elle ajouté.

Elle assure toutefois que « par rapport à il y a 20 ans, il y a des différences énormes sur les stéréotypes hommes/femmes dans les manuels ».

Elle se félicite que la Halde se soit adressée « à tous les interlocuteurs de la chaîne », y compris au ministère de l’Education sur les programmes.

La Halde examinera à l’avenir la réédition des manuels étudiés et élargira son étude à ceux du primaire, a promis son président.

Les stéréotypes

Sous-valorisation des femmes:

« L’homme en médecin et la femme en infirmière ». « Une femme représentée au travail pour trois hommes. » « Les femmes « icônes ou emblèmes » (Marianne, déesses grecques ou romaines. « Filles de », « femme de » ou « mère de » (Letizia, mère de Napoléon). Les femmes en tant qu' »objet de désir des hommes »

Discrimination ethnique:
-3 prénoms à consonance étrangère sur 71 prénoms dans les manuels de mathématiques.

Le handicap à la trappe:
-Sur 3097 illustrations, 25 évoquent le handicap.

Le tabou de l’orientation sexuelle:
-Sur les 3 097 photos des manuels étudiés, une seule est consacrée à l’orientation sexuelle, prise lors d’une Gay Pride à Paris.

Extraits:

Stéréotypes dans la représentation des personnes noires

Le stéréotype à l’égard des personnes noires le plus souvent mentionné par les élèves et les enseignants est la pauvreté. Ce constat rejoint celui de Nicolas Prévost (2001, op. cit.) dans son étude sur les images et l’enseignement de l’Afrique. Deux manuels de SVT sont révélateurs de ces stéréotypes. Le premier, chez Bordas en classe de 3ème, page 163, propose une photo (la seule de la page) en appui d’une illustration d’un des trois encadrés. Il décrit “le kwashiorkor, comme une maladie fréquente dans les pays en voie de développement atteignant les enfants”. La photo présente de profil un petit enfant noir, nu et rachitique, en train de s’alimenter. Le second, est extrait du manuel d’ECJS en Terminale chez Magnard (2002). Une photo page 75 montre en plan rapproché la main d’un enfant noir dans la paume de celle d’un adulte blanc. Ce dernier tient entre le pouce et l’index une main noire minuscule laissant apparaître un avant bras de la taille du pouce de l’adulte. Utilisée pour illustrer la solidarité nécessaire avec l’Afrique, cette image a été jugée choquante à plusieurs reprises, notamment dans le cadre du “focus group” avec les professionnels de l’intégration. Elle renforce le stéréotype du Noir non seulement pauvre, mais aussi malade. Elle contribue également à entretenir le stéréotype du rapport inégalitaire entre Noirs et Blancs en faisant appel à un registre émotionnellement inutile. Cette analyse critique ne signifie pas qu’il s’agit de taire la vérité sur les faits, qu’ils soient économiques ou historiques. Cependant, les contenus susceptibles de produire des identifications négatives par proximité de critères de catégorisation sociale doivent être absolument relativisés. Dans son étude des manuels de géographie consacrés à l’Afrique, Prévost (2001, p.119) 174 dresse le même constat en regrettant que « ces images ne sont pas souvent contrebalancées par des réussites de développement ». Dans ses réponses au questionnaire un enseignant fait le même type de proposition « Dans les manuels de géographie, les chapitres sur l’Afrique et le Maghreb montrent trop souvent la pauvreté avec des photos d’enfants de rue, ou de paysans traditionnels, mais on ne parle pas assez du dynamisme de ces pays, de la modernité que l’on trouve parfois. Exemple : en géographie, en ce qui concerne le Maghreb, on pourrait mettre dans un livre une photo d’un cybercafé en plein milieu d’un quartier populaire à Tunis ». Cette perspective commence à être envisagée par des éditeurs qui utilisent ce type de contre stéréotype à propos des personnes noires dans le contexte de la mondialisation et du développement des technologies. Les deux exemples rapportés ci-dessus ont retenus à ce propos notre attention. Ils figurent tous les deux en couverture d’un ouvrage de terminale. Le premier en histoire – géographie, chez Magnard (2007), pour les classes de Terminale STG, présente un berger Massaï au milieu de son troupeau, souriant et plutôt bien portant, téléphone portable à l’oreille. La couverture propose un montage photos avec en bas de page une image de ville moderne inscrivant le berger d’une tribu africaine et la personne noire dans la modernité. Le second, en sciences économiques et sociales, chez Bordas (2007) met côte à côte trois visions de la modernité, dans un contexte asiatique une femme marchant dans une ville, un portait de femme noire, téléphone portable à l’oreille, sur fond de ville et un homme en costume se déplaçant à vélo. La mondialisation et le développement technologique apparaissent ici comme un vecteur d’ouverture à la diversité culturelle et de rapprochement entre les différentes catégories sociales qu’on a tendance à opposer par ailleurs. Présentées dans le cadre des “focus group”, ces images ont été évaluées très favorablement par les professionnels de l’intégration et de la lutte contre les discriminations de l’ACSE. Nous présentons ici ces exemples de bonnes pratiques au même titre que les précédents qui rendaient compte de pratiques à proscrire. Comme nous l’avons constaté dans plusieurs ouvrages, un même manuel peut contenir des contre stéréotypes pertinents mais également des stéréotypes que nous condamnons. C’est pourquoi, en termes de recommandations aux éditeurs, nous les invitons à développer des dispositifs qui les aideront à tenir une ligne éditoriale où les minorités visibles seront numériquement et qualitativement représentées de façon pertinente, de la couverture de l’ouvrage à la dernière ligne du manuel, et ceci pour toutes les classes et dans toutes les matières. En effet, les éditeurs ne doivent pas se contenter de la pertinence d’une image qui pourrait les autoriser à être moins attentif à d’autres endroits du manuel.

(…)

Recommandations faites aux éditeurs

Recommandations de principe: Les recommandations ci-dessous proposent aux éditeurs (et aux équipes d’auteurs   dont ils ont la responsabilité) de suivre deux principes de base lors de la conception  d’un manuel scolaire: 1) principe de représentativité Les éditeurs doivent lutter contre l’exclusion des catégories sociales souffrant d’un  problème de représentativité dans leurs manuels, en s’efforçant de les introduire dans  des situations où ils pourront les faire apparaître quelle que soit la discipline. Des  propositions concrètes ont été faîtes à ce sujet. Ce principe peut être expliqué, voire  rédigé très clairement, aux  équipes d’auteurs, en  leur demandant de  penser aux  femmes  ou  encore  aux  minorités  visibles dans  les illustrations  ou  le  choix  des  prénoms, comme certains le font déjà; ils doivent également aller plus loin, aussi  bien sur le nombre de critères pris en compte, que sur les contextes d’apparition, par  exemple  en  s’efforçant  de  trouver  des  personnages  célèbres  de  la  discipline  répondant à ces critères. 2) principe de diversification des représentations Les éditeurs doivent lutter contre le renforcement des stéréotypes que leurs manuels  peuvent  induire  en  évitant  les  représentations  inutilement  dévalorisantes  ou  stigmatisantes, tout en veillant à la véracité des faits rapportés. L’utilisation de contre  stéréotypes est à encourager dans des proportions qui doivent rester raisonnables. Ils  doivent aussi et surtout s’efforcer de représenter les membres de ces catégories dans  des situations diversifiées. Pour les cinq  critères étudiés, toutes les analyses ont  révélé le besoin de faire apparaître davantage les membres de ces catégories sociales  en tant qu’individu, notamment en les mettant en scène dans des situations de la vie  quotidienne.  La  diversification  des  situations  peut  aussi  s’opérer  à  partir  du  relativisme culturel ou géographique, comme l’ont révélé des exemples pertinents, qui présentaient un cas en montrant la diversité des façons dont il était abordé dans  plusieurs pays européens.


Election américaine: Les Bobamanes contre l’Amérique qui fait peur (Red flag over the White house)

13 novembre, 2008
ObamamaniacsCela fait longtemps que, vous l’avez compris, sous l’autorité des oulémas de l’Onu, ne sont racistes que les Blancs. Un Noir qui dit voter pour un Noir parce qu’il est Noir n’est pas raciste. C’est un homme qui résiste à l’oppression de General Motors et de Kellogs Corn Flakes. Maurice G. Dantec

Pour les rescapés du « couple qui fait peur »

A l’heure où, suite au hold up du siècle par le « candidat du Gros Pognon », « le monde entier fait la ‘teuf’, de San Francisco à Tombouctou, de Montréal à Garges-les-Gonesses, du Londonistan à l’Algérie, de la Seine-Saint-Denis à la Seine-Saint-Denis » …

Et où, après les Russes qui viennent de voir leurs revenus prix du pétrole et du gaz divisés par deux, l’Iran des mollahs joue à nouveau à menacer son monde

Retour sur le commentaire d’un des rares Français à ne pas avoir succombé à la bobomanie ambiante et à avoir gardé intacte sa flamme pour « l’Amérique des Founding Fathers », l’écrivain Maurice Dantec.

Et qui surtout, même si on ne partage pas tous ses enthousiasmes pour le « nationalisme Grand-Russe » de Poutine et « ses méthodes viriles pour régler le problème tchétchène » ou sa fascination pour « toute la pyrotechnie dont sont capables les arsenaux modernes », a le mérite de remettre bien des pendules à l’heure …

Extraits:

La baudruche Obama est portée par cette « dissociété » de post-soixantuitards qui ne veulent pas voir dérangée leur vision du monde, telle qu’ils l’ont reçue lors d’un trip à l’acide à Big Sur, ou durant un spectacle au Festival d’Avignon.

Pour ces masses de collabos du régime onuzi qui s’installe sur le globe et dans les têtes, sans les États-Unis, le monde va enfin reprendre sa route tranquille-pépère, encore plus de droits aux droits, comme aurait dit Philippe Muray, plus de droits à la fête, plus de droits au confort, plus de droits pour moi-je.

Mais au risque de déplaire – je plaisante – il est intéressant de noter qu’un des rares pays à ne pas avoir succomber à la Bobamania est précisément le contre-pôle historique des USA: la RUSSIE.

Et il est plus intéressant encore de noter que cela survient alors que les tensions entre ce pays et ses voisins les plus directs, comme l’Ukraine, ne cessent de s’intensifier. Ah la belle guerre européenne que Barack Hussein Obama va se taper dans les mois, au mieux dans les courtes années qui viennent.

Un constat préliminaire doit être établi : non seulement Obama a trahi la parole donnée deux années durant aux membres de son propre parti, concernant le mode de financement de sa campagne, mais il a délibérément induit McCain en erreur, s’offrant ainsi le luxe d’avoir en sa possession des fonds privés qui équivalaient à dix fois la somme dont le candidat Républicain disposait par l’entremise du système fédéral, sévèrement plafonné grâce aux lois que Mc Cain avait justement fait voter il y a quelques années. Le jour même de l’élection, il restait à Barack Hussein Obama plus de six cent millions de dollars en caisse, dont il n’avait su trouver comment les dépenser !

L’évidence s’impose d’elle-même : quel que soit le point de vue adopté, le Démocrate gauchiste n’est pas seulement le premier candidat ouvertement « racial » de l’histoire américaine, il est surtout le candidat du Gros Pognon, celui des milliardaires californiens, de Seattle, du Massachusetts ou de Floride.

Si l’on excepte le secteur des Grands Lacs, traditionnellement ouvrier, doté d’une forte population afro-américaine, et démocrate, les États qui ont donné leur collège électoral à Obama sont les États les plus riches et les plus post-urbanisés des USA. Californie, Oregon, Washington State, Nevada, nord-est libéral, voici comme par hasard le territoire des fortunes siliconées, du silicium fortuné, des villes-casinos, des « banlieues » de la classe moyenne supérieure, des grandes écoles, des cabinets d’avocats, de l’industrie de la communication, du design, de la mode, et du « commerce équitable ». Et la Floride des baby boomers retraités-millionnaires a parfaitement choisi son camp, cette fois ci, et sans le moindre doute possible.

Si l’on analyse les résultats États par États on constate que dans bien des cas Mc Cain a vaincu avec des écarts plus importants que ceux des joutes gagnées par son rival. La bataille a donc été nettement plus serrée que ce que les experts sous hypnose sont tout juste parvenus à ânonner.

Sur le plan des « votes populaires », McCain ne se tient pas très loin d’Obama, (une marge correspondant à un peu plus de 7 millions d’électeurs, sur 152 millions, soit environ 5 %), en termes clairs : Obama a été élu sur la base d’un schisme fondamental, deux Amériques inconciliables et qui ne sont pas prêtes d’être réconciliées :

D’une part, l’Amérique qui entend se soumettre aux ordres de la « communauté internationale », perdre sa singularité historique, brader sa souveraineté politique pour l’oligarchie des Commissaires du Peuple Humain, ni élus, ni mandatés par personne, cooptés, placés, missionnés pour enrégimenter les nations dans leur « Global Ethics » néo-totalitaire, l’Amérique de Bobama et de ses fidèles.

En face, l’Amérique des Founding Fathers, et même de ses origines indo-européennes plus lointaines encore, cette monarchie constitutionnelle dont la Constitution est le Monarque, cette superpuissance politique, scientifique, militaire et religieuse qui succède, à l’échelle orbitale, au Saint Empire Romain Germanique, l’Amérique second Israël, l’Amérique qui envoie des hommes sur la Lune et ruine dans le même temps le système soviétique, l’Amérique qui ose punir de mort les tueurs d’enfants et les terroristes génocidaires, l’Amérique qui fait peur aux bobos du Grand Club Med internationaliste, l’Amérique qui, lorsqu’elle se réveillera pour de bon, fera regretter le XXe siècle à tous les gauchonazis du monde entier, qui se sont unis. Pour leur malheur.

Les Bobamanes
Le drapeau rouge flotte sur la Maison-Blanche.
Maurice G. Dantec
Le 10/11/2008

Depuis le 4 novembre au soir, heure américaine, of course, le monde entier exulte, la communauté internationale se réjouit, des foules font la « teuf », des journalistes tombent en pâmoison, des hommes politiques s’agenouillent devant le miracle, des « artistes » généreusement subventionnés se trouvent des vocations subites d’égéries illuminées par la grâce ou de chauffagistes pour dithyrambes, on voit même certains abrutis « conservateurs » européens se mettre de la partie, cotillons et confettis, en route vers un nouveau monde, en route vers The Change We Need, en route vers la destruction des États-Unis.

On peut comprendre le joyeux consensus qui saisit le reste la planète : il était temps ! – la bureaucratie onuzie aura enfin eu raison de la dernière souveraineté impériale qui menaçait son projet de gouvernement socialiste supranational. Et le plus drôle, pour elle, c’est que cela est venu du coeur même de cette entité qu’il faut absolument détruire pour imposer aux hommes de cette planète l’eugénisme totalitaire et l’anéantissement des singularités politiques.

Dans les Territoires Occupés de Zéropa-Land, de l’extrême droite à l’extrême gauche, disons tout simplement de l’extrême-nul à l’extrême-rien, on constate le même engouement satisfait, il est probable que la défaite de McCain, « représentant de l’impérialisme et du colonialisme US », entraîne quelques accointances festives entre les intellectuels mononeuronaux du gauchisme altermondialiste et, par exemple, les « penseurs » lobotomisés de la Droite Socialiste, cet oxymore fondamental des nihilistes instruits. Peu importe, ils sont à leur place, tous ensemble, ils sont à leur place avec les représentants des « minorités ethniques» qui n’ont pas peur d’avouer qu’ils ont voté, ou l’auraient fait, pour Barack Hussein Obama parce qu’il deviendrait ainsi le première président noir des USA. Au delà du fait qu’on ne voit guère en quoi son taux de mélanine va l’aider en quoi que ce soit à résoudre les problèmes de la 1ere puissance du globe, on constatera avec délices que promouvoir un homme politique par la couleur de sa peau n’est absolument pas discriminatoire, ni le moins du monde « raciste ». Serait « raciste », évidemment, une déclaration, celle d’un écrivain éminemment réactionnaire par exemple, qui oserait affirmer que tel ou tel candidat à la présidence doit parvenir au poste suprême parce qu’il appartient à la race blanche. Cela fait longtemps que, vous l’avez compris, sous l’autorité des oulémas de l’Onu, ne sont racistes que les Blancs. Un Noir qui dit voter pour un Noir parce qu’il est Noir n’est pas raciste. C’est un homme qui résiste à l’oppression de General Motors et de Kellogs Corn Flakes.

Chez les Blancs qui auront suivi la pente savonneuse de cet « humanisme multiracial », un certain nombre ont su dépasser ces simples critères chromatiques, admettons qu’ils en sont à peu près à l’ABC de la Politique-pour-les-Nuls. Noir, c’est bien, ils en conviennent aisément, la culpabilité masochiste du bobo occidental n’est plus à prouver, c’est désormais sa condition ontologique de base. Mais mieux encore, ce « noir » est en fait un « rouge ». Il incarne la preuve vivante que les idéologies démocratiques camouflent toujours une version ou une autre du matérialisme collectiviste. Rien ne pouvait mieux les contenter.

Le IVe Reich internationaliste.

Alors ainsi le monde entier fait la « teuf », de San Francisco à Tombouctou, de Montréal à Garges-les-Gonesses, du Londonistan à l’Algérie, de la Seine-Saint-Denis à la Seine-Saint-Denis.

Il croit, ce monde peuplé d’esclaves, que Barack Hussein Obama va pouvoir agir comme il le pense et comme il l’a promis au peuple américain. C’est le problème des petits gauchistes libéraux éduqués à Harvard. Ils connaissent encore quelques éléments de rhétorique – certes il aurait pu devenir un avocat hors pair – sauf qu’on ne forme pas les politiciens du 21e siècle avec des codes civils et des procédures pénales, mais avec Machiavel, Hobbes, Carl Schmitt et Clausewitz. La politique, c’est à dire le RÉEL, autant dire la GUERRE mondiale en cours, qui est une guerre globale, actualisée sur tous les champs de l’activité humaine, oui, cette guerre comme unique forme pensable du monde va très vite se rappeler à son bon souvenir.

Première ironie du sort : c’est grâce à la crise économique qui sévit depuis un an que le gauchiste sauce californienne a pu l’emporter. C’est à cet instant, peut-être, que les réjouissances vont s’arrêter, à tout le moins baisser d’un ton, pour laisser place à une sourde anxiété. Les crises financières, qui ne cesseront de s’amplifier, ou de rebondir, auxquelles s’adjoindront les crises énergétiques et alimentaires, sans parler des conflits géopolitiques, c’est à lui qu’il reviendra de les gérer, et il sera irrésistiblement conduit à appliquer les mêmes méthodes aux mêmes problèmes, c’est à dire celles qui marchent, y compris au prix du sacrifice. Les fêtards bobamanes se mettront alors probablement à rire jaune, quant à moi, c’est le moment où je déboucherai enfin ce Pomerol qui attend une telle occasion depuis des années.

En faisant tout pour détruire les États-Unis, la communauté internationale, en pleine promotion de son idéologie humaniste mortifère, ne s’est pas encore rendue compte qu’elle était en train de se détruire elle-même. Ce sera sans doute un effet inattendu, et fort plaisant, de la Très Sainte Réversibilité.

Il n’y aura plus de ces connards de soldats américains pour aller jouer le rôle de tampon sanitaire entre les enturbannés sectaires ou les fanatiques génocidaires. Vous verrez qu’au bout d’un moment, dans les 4 ans de son mandat, les loges maçonniques onuzies, quelles qu’elles soient, viendront demander au gouvernement d’Obama d’intervenir pour stopper telle ou telle extermination de masse, de toute urgence, ici ou là, la France et le Lichtenstein n’étant pas vraiment disponibles. Barack Hussein Obama aura alors le choix : déplaire à l’ONU et aux défenseurs des Tibétains, incapables de tenir un lance-pierre, ou trahir les promesses faites à son électorat.

Et la même chose se répétera sur tous les segments stratégiques de cette élection : crise financière générale, économie en récession, problèmes énergétiques, dislocation sociale internationale (migrations de masse incontrôlées, piraterie maritime généralisée, microterrorisme).

La baudruche Obama est portée par cette « dissociété » de post-soixantuitards qui ne veulent pas voir dérangée leur vision du monde, telle qu’ils l’ont reçue lors d’un trip à l’acide à Big Sur, ou durant un spectacle au Festival d’Avignon.

Pour ces masses de collabos du régime onuzi qui s’installe sur le globe et dans les têtes, sans les États-Unis, le monde va enfin reprendre sa route tranquille-pépère, encore plus de droits aux droits, comme aurait dit Philippe Muray, plus de droits à la fête, plus de droits au confort, plus de droits pour moi-je.

Mais au risque de déplaire – je plaisante – il est intéressant de noter qu’un des rares pays à ne pas avoir succomber à la Bobamania est précisément le contre-pôle historique des USA : la RUSSIE.

Et il est plus intéressant encore de noter que cela survient alors que les tensions entre ce pays et ses voisins les plus directs, comme l’Ukraine, ne cessent de s’intensifier. Ah la belle guerre européenne que Barack Hussein Obama va se taper dans les mois, au mieux dans les courtes années qui viennent.

Les Russes étaient opposés à Bush, et à McCain, sur le terrain encore rationnel des débris de la guerre froide. Mais les Russes se sont toujours mieux entendus avec les Républicains qu’avec les Démocrates. Au delà de la confrontation idéologique, et désormais purement géostratégique, ce sont deux conceptions impériales de la souveraineté politique qui se respectent l’une l’autre.

Même les communistes les plus endurcis qui subsistent encore n’éprouvent que mépris pour les adolescents attardés du démocratisme post-soixantuitard, ces avortons du « gauchisme, maladie infantile du communisme », comme le disait Lénine, nourris aux « films » de Michael Moore et aux « livres » de Noam Chomsky, et qui ont formé le creuset multigroupusculaire d’où est issu Barack Hussein Obama.

La chute du communisme aura été l’occasion historique ratée entre toutes. Plutôt que de vouloir implanter des sites de missiles en Pologne ou en Tchéquie sans aucune contrepartie, de faire entrer ses anciens pays satellites dans l’OTAN, structure militaire née de la lutte contre l’idéologie soviétique, plutôt que de pousser la Georgie dans un conflit qu’elle ne pouvait gagner, l’Occident du tournant du siècle aurait pu constituer une nouvelle organisation militaire transocéanique dans laquelle la Russie aurait disposé, enfin, de toute la place qu’elle mérite. D’une simple alliance « atlantique », on serait passé à une organisation boréale et même pan-hémisphérique (Australasie) où la domination s’exercerait sans partage sur tous les océans et les espaces aériens stratégiques du monde. Cette transmutation était non seulement nécessaire, mais elle était possible. Il aurait simplement suffi que les « Européens » aient encore la moindre ébauche de sens historique, en se plaçant au centre de cette nouvelle triple alliance. Mais il est clair que ces « Européens », et leur Commission omnipotente, sont bien trop petits pour l’Europe.

D’autre part, il faut savoir que dans ce registre, ce sont les Démocrates américains, et en particulier leur aile gauche, celle d’où provient précisément Obama, qui se sont le plus arqués contre tout projet de transformation stratégique de l’Alliance : Poutine et son « nationalisme » Grand-Russe, son attachement viscéral au concept de souveraineté politique, ses méthodes viriles pour régler le problème tchétchène, son mépris de l’ONU, rien de tout cela ne pouvait correspondre aux « valeurs » des gauchistes surfeurs et des hédonistes philosophes de boudoir qui ne veulent de l’OTAN que pour « maintenir la paix » au service de la bureaucratie onuzie. À l’heure où j’écris ces lignes Barack Hussein Obama fait déjà preuve de son « réalisme » : il milite désormais pour l’abandon du bouclier anti-missile, la pression de l’ours russe aura eu rapidement raison de son « patriotisme » de tinettes et de sa carrure d’athlète.

En conséquence de quoi, la Russie post-communiste n’a d’autre choix, désormais, avec l’élection du « Noir-Rouge » de l’Illinois, que de reconfigurer d’elle-même, et pour elle-même, les grandes alliances géopolitiques. Les Occidentaux socialistes vont vite comprendre de quoi il s’agit : une union turco-slave sous l’égide de la Russie viendra disloquer l’Organisation Atlantique et déstabilisera profondément toute cette « Europe méditerranéenne » que les dhimmis de Bruxelles promeuvent à grand renfort de propagande antiraciste. Rien que pour cela, moi zossi, j’aurais voté pour le gauchiste de l’Illinois.

Big Money versus Great America

Un constat préliminaire doit être établi : non seulement Obama a trahi la parole donnée deux années durant aux membres de son propre parti, concernant le mode de financement de sa campagne, mais il a délibérément induit McCain en erreur, s’offrant ainsi le luxe d’avoir en sa possession des fonds privés qui équivalaient à dix fois la somme dont le candidat Républicain disposait par l’entremise du système fédéral, sévèrement plafonné grâce aux lois que Mc Cain avait justement fait voter il y a quelques années. Le jour même de l’élection, il restait à Barack Hussein Obama plus de six cent millions de dollars en caisse, dont il n’avait su trouver comment les dépenser !

L’évidence s’impose d’elle-même : quel que soit le point de vue adopté, le Démocrate gauchiste n’est pas seulement le premier candidat ouvertement « racial » de l’histoire américaine, il est surtout le candidat du Gros Pognon, celui des milliardaires californiens, de Seattle, du Massachusetts ou de Floride.

Un tel sens du fair-play restera je pense dans l’histoire, qu’Obama le veuille ou non, il aura commencé sa présidence sur une trahison, et un mensonge de petit joueur. De la part d’un gauchiste libéral, c’est bien le moins qu’on pouvait attendre.

Mais si l’on observe attentivement la configuration des deux électorats en lice on constate un certain nombre de faits troublants, et tout à fait enthousiasmants :

– Si l’on excepte le secteur des Grands Lacs, traditionnellement ouvrier, doté d’une forte population afro-américaine, et démocrate, les États qui ont donné leur collège électoral à Obama sont les États les plus riches et les plus post-urbanisés des USA. Californie, Oregon, Washington State, Nevada, nord-est libéral, voici comme par hasard le territoire des fortunes siliconées, du silicium fortuné, des villes-casinos, des « banlieues » de la classe moyenne supérieure, des grandes écoles, des cabinets d’avocats, de l’industrie de la communication, du design, de la mode, et du « commerce équitable ». Et la Floride des baby boomers retraités-millionnaires a parfaitement choisi son camp, cette fois ci, et sans le moindre doute possible.

– Si l’on analyse les résultats États par États on constate que dans bien des cas Mc Cain a vaincu avec des écarts plus importants que ceux des joutes gagnées par son rival. La bataille a donc été nettement plus serrée que ce que les experts sous hypnose sont tout juste parvenus à ânonner.

– Sur le plan des « votes populaires », McCain ne se tient pas très loin d’Obama, (une marge correspondant à un peu plus de 7 millions d’électeurs, sur 152 millions, soit environ 5 %), en termes clairs : Obama a été élu sur la base d’un schisme fondamental, deux Amériques inconciliables et qui ne sont pas prêtes d’être réconciliées :

D’une part, l’Amérique qui entend se soumettre aux ordres de la « communauté internationale », perdre sa singularité historique, brader sa souveraineté politique pour l’oligarchie des Commissaires du Peuple Humain, ni élus, ni mandatés par personne, cooptés, placés, missionnés pour enrégimenter les nations dans leur « Global Ethics » néo-totalitaire , l’Amérique de Bobama et de ses fidèles.

En face, l’Amérique des Founding Fathers, et même de ses origines indo-européennes plus lointaines encore, cette monarchie constitutionnelle dont la Constitution est le Monarque, cette superpuissance politique, scientifique, militaire et religieuse qui succède, à l’échelle orbitale, au Saint Empire Romain Germanique, l’Amérique second Israël, l’Amérique qui envoie des hommes sur la Lune et ruine dans le même temps le système soviétique, l’Amérique qui ose punir de mort les tueurs d’enfants et les terroristes génocidaires, l’Amérique qui fait peur aux bobos du Grand Club Med internationaliste, l’Amérique qui, lorsqu’elle se réveillera pour de bon, fera regretter le XXe siècle à tous les gauchonazis du monde entier, qui se sont unis. Pour leur malheur.

Vers une nouvelle Guerre de Sécession Américaine.

La faille qui divise aujourd’hui l’Amérique en deux camps totalement opposés ne peut en aucun cas être résorbée. Car elle agit à double sens : elle s’exporte dans le monde entier, et elle importe en elle tous les autres conflits idéologiques, religieux, ethniques, en activité ailleurs.

Obama va certes entrer dans l’histoire. Je conseille à tous les jean-françois-kahn du pigisme professionnel de relire au plus vite De la Démocratie en Amérique de Tocqueville. S’ils possèdent encore quelques circonvolutions corticales en état de marche, ils se rendront compte que la comparaison n’est pas à faire sur le plan du problème racial, les années 1830/40 n’ont pas grand chose à voir avec l’époque où nous vivons, en dépit des délires comiques de la propagande afrocentriste, mais que, en revanche, les analogies pointent toutes vers le caractère insolvable du problème, par la ligne destinale, et tragique, qui devait conduire les États-Unis à la guerre civile. Cette ligne qui, aujourd’hui, les aimante irrésistiblement vers cette épreuve seule capable de les réunir pour de bon. Cette ligne qui, à la différence de celle des années 1860, aura des répercussions terribles sur l’ensemble du monde.

Il faudrait que les petits Français, et autres Zéropéens, qui s’agitent comme de pathétiques bourgeoises hystériques pour une élection qui n’est pas la leur, s’attendent au pire, le retour de flammes ne sera rien moins que la destruction de toutes leurs sociétés merdiques. Ce qui subsistera de l’Armageddon qui naîtra en Amérique, personne ne le sait, mais ça ne pourra jamais être pire que ce simulacre dans lequel l’onuzisme international veut à tout prix nous faire vivre.

Ainsi le schisme intra-américain produira-t-il aussitôt l’implosion générale du reste du monde, mais cette implosion viendra en retour détoner sur les lignes de fracture en cours à l’intérieur des États Divisés d’Amérique. Ce feed-back historique est le visage du futur, disons même du présent proche, il est le visage de notre siècle. Cette guerre civile mondiale ne se cristallisera pas sur une seule problématique, comme la Guerre de Sécession nationale du 19e siècle. Au contraire, c’est dans la plus joyeuse diversité multiculturelle que les massacres et les coups d’États, les rebellions et les génocides vont se suivre, mieux : se superposer et s’influencer les uns les autres. Le Grand Mix Planétaire est prêt, il va falloir trouver un DJ à la hauteur.

Bien sûr, la variable « raciale » fera partie de l’équation, puisqu’elle s’est trouvée au centre de cette élection fatidique. Mais on pourra constater avec quelle facilité elle peut être introduite dans des computations sociales de plus en plus complexes, où l’ethnicité, l’idéologie, la religion, les modes de vie, les degrés d’urbanisation, les conceptions politiques, éthiques et économiques, voire esthétiques seront mises à contribution, au service de la mort.

Cette mort par laquelle seule toute renaissance est envisageable. Si l’on observe la carte issue de cette élection on constate un fait patent : Depuis l’an 2000, et même avant, le schisme intra-américain passe aussi par une « ligne de front » territoriale : les États républicains, soit le « Heartland » des USA, contre les littoraux néo-bourgeois du Parti Démocrate. Cette ligne de front géographique ne doit cependant pas faire illusion, la fissure traversera évidemment tous les territoires constitutifs des USA et elle produira, par son emboîtement avec l’ensemble des autres forces implosives, une véritable atomisation socio-politique où milices civiles et factions gouvernementales ennemies s’entretueront, avec toute la pyrotechnie dont sont capables les arsenaux modernes.

Pour une guerre civile mondiale

Cette guerre civile globale, dont l’épicentre américain disloquera toutes les sociétés « unies » sous la houlette de l’ONU, passera par toutes les failles fondamentales qui sont nées avec les États Unis eux-mêmes. Par exemple, la méfiance de ces « États » unis, et de nombreux pouvoirs locaux, envers le gouvernement fédéral. Sans parler de la réciproque. Les divisions ethnico-religieuses au sein des forces de police, tout comme l’infiltration planifiée des agences de sécurité ne sont pas à négliger non plus dans ce type de situation. La guerre de front bipolaire du 19e et même du 20e siècle, est un très joli artefact de musée. La guerre sera présente partout, à toutes les échelles, sur tous les territoires, en des centaines et des centaines de factions opposées, en des milliers et des milliers de micro-guerres et de méga-massacres plus ou moins assemblés les uns aux autres.

Il est fort possible, lorsque surviendra l’occurrence de cette guerre de 3e type, que nous entendions résonner à nos oreilles les rires gras de quelques NegrOnazis de service, marionnettes dieudonnesques ou tribukakistes, voire celui, non moins dégoulinants de crasse servile, des kapos appartenant aux sectes juives anti-israéliennes. Ils s’interrompront aussi vite qu’ils seront apparus, lorsque l’Europe « Unie » se verra face à une catastrophe nettement plus terminale que celle que traversera l’Amérique du Nord. Lorsque la mort, sans renaissance aucune, sera alors à leurs trousses.

L’Union européenne présente un mérite incomparable : plus elle se fait, plus elle se défait. Après avoir laissé se dérouler sans réagir d’un iota la guerre yougoslave, donnant un blanc-seing aux troupiers communistes de Milosevic, elle n’a rien trouvé de mieux à faire, une fois la Serbie sortie du sous-développement socialiste, que de lui arracher un morceau entier de son territoire national, au mépris de toutes les lois de l’Organisation du Néant Universel elle-même ! À ce rythme, il y aura constamment une dizaine de « nouvelles nations » en attente d’entrer dans ce machin déjà submergé par les flux migratoires incontrôlés en provenance d’Afrique et du Moyen-Orient.

La désintégration de cette pseudo-Europe sera bien plus explosive, du coup, que la dislocation civile nord-américaine, car les États-Unis (et le Canada) sont des entités politiques qui existent depuis des siècles, alors que l’Europe Unie n’est jamais qu’un paquet de dossiers qui tournent dans les mains des Commissaires de Bruxelles depuis le Traité de Maastricht.

Alors cette fois, nul doute pour que la Russie anticommuniste sache en profiter, une bonne fois pour toutes, afin d’unifier ce continent, par le fer et par le feu, tel qu’il le mérite. Le contre-pôle russe unifiera l’Europe, contre son gré, et c’est une perspective des plus réjouissantes. Ce que le communisme, évidemment, ne pouvait parvenir à accomplir, le nationalisme chrétien grand-russe en sera sans doute capable.

Dans le même temps, après avoir été anéanties par la destruction de leur pire ennemi, les Nations Désunies n’auront d’autre choix que de faire allégeance à la nouvelle trinité américano-euro-russe – et son extension australe, Amérique latine, Australasie – dont la naissance tient en deux conditions nécessitant d’être réunies : la re-Constitution politique des États-Unis ne pourra parvenir à l’existence sans s’intégrer à ce condominium qui effrayait tant de Gaulle, alors qu’il n’était encore qu’un embryon dans le placenta de l’Histoire. De façon identique, la Russie ne pourra unifier l’Eurasie sans prendre parti dans la guerre entre les USA et l’ONU, c’est à dire entre un potentiel rival souverain, mais plus probablement un allié dominateur, et le programme d’annihilation de toutes les souverainetés, rivales ou non, dominatrices ou pas.

Ainsi, il se pourrait bien que, de deux manières fort différentes, pour ne pas dire inverses, mais telles deux images placées face à face, ce soit bien la Russie et les USA qui tiennent à jamais les destinées du monde entier entre leurs mains. Et jamais, probablement, leurs superpuissances respectives ne seront aussi souveraines que lorsque ces deux nations seront complètement isolées du reste du globe, et de son IVe Reich internationaliste, lorsqu’elles subsisteront comme dernières représentantes de la liberté ET du pouvoir politique qui vont de pair.

Je ne saurais dire pourquoi, mais je pressens que le monde va de moins en moins rigoler dans les années qui viennent.

Maurice G. Dantec
Le 10 novembre deux mil huit.


Election américaine: L’Amérique que nous aimons est de retour (Vive la Obama différence!)

12 novembre, 2008
Now look who's the war monger!

Apporter le modernisme à ceux qui le veulent mais en même temps s’insurgent contre lui, représenter et incarner tant de choses que le monde désire et craint – tel est le fardeau américain. (…) Tant de peuples ont les Etats-Unis dans la peau. Leur fureur est curieusement dérivée de cette même attraction. Le destin d’une civilisation à l’ombre portée tellement immense est d’être à la fois imitée et mal aimée. Les Etats-Unis sont voués à figurer dans la politique – et dans l’imagination – des étrangers même quand les Américains croient (à juste titre) ne pas être impliqués dans les affaires d’autres pays. Fouad Ajami

L’Amérique que nous aimons est de retour. Jack Lang
Obama va nous rendre l’Amérique (…) L’Amérique, la vraie, celle qu’aiment et admirent les démocrates du monde entier, sera de retour. Bernard-Henri Levy
Après huit ans d’égarement, l’Amérique respire enfin, et le monde avec elle ! Obama, la figure fédératrice de tous les peuples, la victoire des opprimés et des idéalistes, si Dieu existe et qu’il vote, quel meilleur prophète pouvait-il trouver? Najat Jellab (La lueur à l’Ouest : l’Amérique comme nous l’aimons, Respublica nova)
L’Europe l’a dit, l’Amérique le fait. Obama, c’est un peu le président que nous aurions aimé avoir. Il est plus grand, plus élégant, plus intelligent que notre Sarkozy national. F Dany
Obama? C’est mon copain! Nicolas Sarkozy
La victoire de Barack Obama n’est plus seulement souhaitable. Elle est désormais un impératif catégorique car les États-Unis ne pourront pas contribuer à la stabilisation mondiale sans avoir retrouvé un peu de prestige international, en ayant démontré qu’il y avait toujours quelque chose de vrai dans le « rêve américain » et la force de la démocratie. Bernard Guetta (Libération)
Dans la catégorie « L’Américain que vous adorerez aimer », Barack Obama a toutes les caractéristiques d’un bon produit, et même d’un produit de grand luxe: jeune, métis, apparemment plus cultivé que son adversaire républicain. Il n’en faut pas plus pour que la machine à faire l’opinion en France se mette en branle, et martèle : « Ecce homo ! » Luc Rosenzweig

Suite au hold up du siècle par le candidat de Sonia Rykiel et BHL

Retour, avec l’ancien journaliste du Monde Luc Rosenzweig, sur cette incroyable fortune de la marque Obama (93% , face au « couple qui fait peur » de l’Express) dans le pays qui se flatte d’être l’arbitre, pour la planète entière, du bon goût tant politique que culturel.

Mais fortune qui se comprend finalement assez aisément quand on y reconnaît cette longue tradition d’amour-haine et d’ambivalence, cette « confrontation de deux impérialismes de l’universel » qui, derrière nos propres élites politiques et médiatiques, oppose systématiquement une « bonne » Amérique, celle de Michael Moore et de ses élites cultivées, à une « mauvaise » Amérique, celle de Bush et des néo-conservateurs et néo-libéraux ainsi que « des masses racistes, évangélistes, créationnistes, timbrées de la gâchette et fan de la chaise électrique » …

Obama 1er, roi de France
Luc Rosenzweig
spécialiste de politique internationale
Mondes francophones

Un sondage réalisé par l’institut CSA, auquel la presse fait largement écho, indique que 93 % des Français voteraient en faveur de Barack Obama si on leur demandait leur avis sur l’élection du prochain président des États-Unis.

On peut tout d’abord s’interroger sur l’intérêt, sinon la pertinence de dépenser de l’argent dans une étude relative aux intentions de vote de personnes dont les suffrages resteront virtuels : même si les Français votaient à 150 % pour Obama, cela ne changerait strictement rien aux résultats du 4 novembre prochain.

Mais puisqu’on fait des sondages sur tout et n’importe quoi, du moment que leur publication revêt une valeur récréative pour le public, il n’y a pas de raison pour que l’on se prive de l’avis des Français sur l’élection américaine.

Les Britanniques ont leurs « bookies », les officines de paris qui vous invitent à risquer vos sous sur la couleur de la robe de Carla Bruni en visite à Buckingham ou le nom du père de l’enfant d’une ministre française. Nous, en France, avons nos CSA, TNS et Opinionways qui tendent un miroir où le peuple fait des grimaces comme des gosses. « On dirait qu’on serait des électeurs de l’Ohio, de Floride ou de Californie » ; « Oh ouais ! oh ouais ! super ! »

Et ça marche! Enfin, je serais curieux de savoir le pourcentage d’individus contactés qui ont renvoyé le ou la pauvre enquêteur (trice) à son écran d’ordinateur en leur faisant valoir que cette question avait autant de sens que celle relative à mes sentiments envers ma tante dans l’hypothèse où celle-ci se trouverait dotée des attributs réservés à mon oncle.

Mais ne chipotons pas et intéressons-nous aux résultats de cette enquête réalisée avec tout le sérieux méthodologique requis. Très fort, Obama ! Jamais, dans aucune élection présidentielle, une telle majorité n’a été atteinte par un candidat. Les 82 % de Chirac en mai 2002 sont généralement considérés comme une anomalie intervenue en raison d’un concours de circonstances exceptionnel (élimination de la gauche au second tour, mobilisation anti-Le Pen), dont la répétition est hautement improbable. Un candidat élu à 93 % dès le premier tour dans une démocratie doit donc être soit un saint, soit un surhomme, un oint du Seigneur, bref une personnalité tellement exceptionnelle qu’elle transcende les clivages politiques traditionnels.

Comme il n’en est rien, et que le candidat démocrate à la Maison Blanche sort du moule traditionnel qui produit la classe politique outre-Atlantique, il faut bien chercher ailleurs les causes de cet engouement obamaniaque dans l’opinion française.

Elles se résument, en fait, au sentiment d’amour-haine des Français à l’égard des États-Unis, phénomène abondamment étudié par les historiens, les philosophes, les politologues qui s’intéressent aux relations franco-américaines. Cette ambivalence a besoin de se manifester de manière concrète : pour les citoyens non spécialistes : la « bonne » Amérique s’incarnera dans les artistes, hommes politiques, écrivains et autres « people » qui lui seront désignés comme tels par les élites politiques et médiatiques françaises censées connaître le sujet. La « mauvaise » Amérique, depuis une décennie, est incarnée par George W. Bush, et la nébuleuse « néo-conservatrice » et « néo-libérale » responsables, pour nos maîtres à penser hexagonaux, de l’état lamentable du monde où nous vivons. Derrière eux se rangent les masses racistes, évangélistes, créationnistes, timbrées de la gâchette et fan de la chaise électrique. Les lunettes de Michael Moore sont les seules, ou presque que les faiseurs d’opinion français daignent chausser pour regarder par dessus l’Atlantique. Il fut une époque où, en plus, on se gaussait à Paris de cette propension des électeurs américains à confier des mandats politiques importants à des acteurs supposés posséder davantage de muscle que de cervelle : les ricanements bouffis de suffisance qui saluèrent l’élection de Ronald Reagan à la Maison Blanche et celle d’Arnold Schwarzenegger au poste de gouverneur de Californie n’ont pas empêché le premier de sortir en vainqueur de la guerre froide, et le second de remettre dans le bon chemin économique et écologique un État laissé à l’abandon par ses prédécesseurs démocrates. On ne ricane plus à Paris, mais on ne s’excuse pas non plus d’avoir ricané à tort…

Dans la catégorie « L’Américain que vous adorerez aimer », Barack Obama a toutes les caractéristiques d’un bon produit, et même d’un produit de grand luxe : jeune, métis, apparemment plus cultivé que son adversaire républicain. Il n’en faut pas plus pour que la machine à faire l’opinion en France se mette en branle, et martèle : « Ecce homo ! » C’est lui, et pas l’autre, que vous devez adorer car il incarne cette « bonne Amérique », celle qui nous ressemble, et pas cette bande de Rambos stupides et violents qui tiennent depuis trop longtemps les manettes de la plus grande puissance mondiale. « Obama ? C’est mon copain ! » tranche Nicolas Sarkozy qui ne voit pas pourquoi il se mettrait en porte à faux avec l’opinion sur une affaire secondaire : il aura tout le temps de recoller les morceaux avec McCain si ce dernier, par malheur, parvenait à ridiculiser les augures gaulois.

Les derniers événements de la planète financière sont utilisés pour enfoncer le clou : « La victoire de Barack Obama n’est plus seulement souhaitable. Elle est désormais un impératif catégorique car les États-Unis ne pourront pas contribuer à la stabilisation mondiale sans avoir retrouvé un peu de prestige international, en ayant démontré qu’il y avait toujours quelque chose de vrai dans le « rêve américain » et la force de la démocratie. » écrit ainsi, dans « Libération », Bernard Guetta, l’un des plus influents et des plus péremptoires commentateurs français de la politique internationale. Ainsi, avec Obama, les épargnants pourront se refaire une pelote sérieusement amochée par les gnomes de Wall Street et de la Maison Blanche…

Comment voulez-vous, après cela, faire valoir, ne serait-ce timidement, que les administrations démocrates, dans le passé n’ont pas été, loin de là, moins unilatérales et utilisatrices de leur position dominante que les Républicains ? Que la ligne d’appeasement prônée par Obama dans le dossier nucléaire iranien risque de laisser Israël et l’Europe seuls face à une menace qui ne peut atteindre le territoire américain ? Broutilles que tout cela ! Et quelle jouissance, Mesdames et Messieurs, que de se battre la coulpe si Barack Obama est élu : comment se fait-il que la France, patrie des droits de l’homme n’ai pas été capable de porter un noir à la magistrature suprême ? Vive Obama 1er, roi de France et du monde!

Voir aussi:

We French have the confused feeling that he is the living resurrection of the two greatest heroes, in our eyes, of modern America: Martin Luther King and John Kennedy. Yes, the reembodiment, in a single person, of King and JFK, that’s how we perceive Obama. Bernard-Henri Levy

They also see in him some of the aspects of their color-blind myths. The French esteem themselves as a color-blind society. They are, constitutionally, which is daily contradicted in racism and discrimination in France. But, regardless, they see him [Obama] as someone who wants to overcome communitaurisme » — which basically refers to identity politics, the mobilization of minorities, and the fracturing of society along group lines — « and to build bridges between groups and move beyond ethnic divisions. They like this. (…) He’s someone who they alternately refer to as a black or métis [mixed-raced] politician, but they don’t know what to do with their own minorities. Crystal Fleming

More than perhaps any other country, France likes its politicians to be smart. Not just street-smart but book-smart. You can’t get to high office here without having written a few books. And not just earnest tomes on public policy. French politicians crank out biographies, histories and books of poetry. A French literary magazine the other day asked me what I thought of a French presidential candidate’s comments about a recent historical novel. Only in France do presidential candidates consider themselves literary critics. I think that’s why the French love Obama. He comes across as somebody who has written a few good books and, more than McCain and certainly more than Bush, isn’t afraid to be thought of as somebody who reads … This is a country that takes culture seriously. [Obama] appears to the French to be somebody who values intelligence, education and culture. That makes him one of those idealized Americans that the French have always treasured, the ones who share the Enlightenment values that France did much to invent. Don Morrison


Vive la Obama différence!

Why the French love Barack Obama — even if he’d rather not be seen with them in public.
Beth Arnold
Salon
Jul. 25, 2008

The building is not far from the Place Vendôme and the Opéra Garnier and is closer still to the Bibliothèque Nationale. For those in the know, this area, the 2nd arrondissement, is where Napoleon Bonaparte once lived, where the Americans Robert Livingston and James Monroe signed the Louisiana Purchase into being, and where Wolfgang Amadeus Mozart debuted his « Magic Flute. » This quartier is where the « Jewish question » was decided during the German occupation, and where Alexandre Dumas’ three musketeers rode and fought their way into myth and history. This is the very heart of Paris.

On Wednesday, a good-looking young man wearing jeans and a Barack Obama/France T-shirt waves his visitor into a chic, but not fussy, light-filled conference room. With its sofas, its simple black chairs filed around an elegantly rustic table, the room could double as a gracious salon in someone’s home — someone who’s a hard-core Barack Obama supporter, that is. Obama posters are tacked to the wall, and others lie on the big table. An Obama banner is unfurled around one of the fireplaces, and two flags are draped on a chair — one American, the other French.

Twenty-two-year-old Samuel Solvit is the kind of guy you’d like your daughter to date — smart, ambitious and clean-cut. He studies economics at ESCE (Ecole Supérieure de Commerce Extérieur), but his vocation these days is Barack Obama. While Obama’s candidacy has engaged the imagination and hopes of the French in general, Solvit started the Comité français de soutien à Barack Obama (French Support Committee for Barack Obama) in January 2008. His growing organization has 3,500 members so far, and its glittering honorary committee includes such celebrities as Axel Poniatowski, a member of Parliament; Bertrand Delanoë, the mayor of Paris; fashion designer Sonia Rykiel; Pierre Bergé, the co-founder of Yves Saint-Laurent; the journalist and filmmaker Frédéric Mitterrand; former Prime Minister Edith Cresson; and the writer and philosopher Bernard-Henri Lévy.

« I’m not an American … It’s your election first, » Solvit says. « But I am a world citizen, and what you do will affect us … If we see that the U.S. is changing, it’s good for all of us. » Solvit also believes it’s a Republican thing to say that foreign support is bad. « Everything is moving. He [Obama] is a symbol of this new evolution. »

Obama’s Thursday speech in Berlin could be counted as a triumph. In a city chosen because Germany is Europe’s economic heavyweight, and because Berlin is a living symbol of once-divided nation coming together, 200,000 turned out for Obama’s evocation of JFK. But it is also interesting that Obama will not visit that other European capital, Paris, until Friday, at the end of the weekly news cycle, and then only for a brief meeting with French President Nicolas Sarkozy. A massive throng of cheering French people might have been an image more useful to McCain than the Obama campaign, given the way being « too French » was wielded as a cudgel against the previous Democrat to run for president. Because if anything, the crowds in Paris might have been larger than those in Berlin. In the July 23 Gallup Poll, Obama beat McCain as the preferred U.S. presidential candidate in Britain, France and Germany by lopsided margins. The highest numbers were in France — a stunning 64 to 4 percent.

What is it about Obama that turns French heads? Some of the answers are idealistic. « People now feel that in America it’s remarkable because of this ability to change, » Solvit says. « From the time years ago that a black man could be lynched and now a black man could be president. »

Obama backer Bernard-Henri Levy is effusive. « We French have the confused feeling that he is the living resurrection of the two greatest heroes, in our eyes, of modern America: Martin Luther King and John Kennedy. Yes, the reembodiment, in a single person, of King and JFK, that’s how we perceive Obama.

From their culture-straddling perspective, Americans in Paris have a slightly different view of the French crush on Obama. Crystal Fleming, a 26-year-old Ph.D. candidate in sociology at Harvard University who is currently a traveling scholar at L’Institut d’Etudes Politiques at Paris, is often called upon to speak to the French media about Obama. « The French love him, » she says, « for the same reasons that people around the world love him. There’s such a level of disappointment and disgust with American policies and political arrogance. It didn’t begin with the last administration, but it skyrocketed then. »

But Fleming, an African-American who is studying how the history of the transatlantic slave trade is commemorated in France and the United States, has also noticed that the French affection for Obama helps them feel good about their own society. « They also see in him some of the aspects of their color-blind myths. The French esteem themselves as a color-blind society. They are, constitutionally, which is daily contradicted in racism and discrimination in France. But, regardless, they see him [Obama] as someone who wants to overcome communitaurisme » — which basically refers to identity politics, the mobilization of minorities, and the fracturing of society along group lines — « and to build bridges between groups and move beyond ethnic divisions. They like this. »

Fleming finds it ironic that Western Europe tends to love Obama. « He’s someone who they alternately refer to as a black or métis [mixed-raced] politician, but they don’t know what to do with their own minorities. »

Other instances of French projection onto Obama are less problematic. Retired Time journalist Don Morrison, who has lived in Paris the past few years, and in 2007 penned a controversial cover story for Time’s European edition called « The Death of French Culture, » thinks that for the French, comparisons between Kennedy and Obama go deeper than mere style. « More than perhaps any other country, France likes its politicians to be smart. Not just street-smart but book-smart. You can’t get to high office here without having written a few books. And not just earnest tomes on public policy. French politicians crank out biographies, histories and books of poetry. A French literary magazine the other day asked me what I thought of a French presidential candidate’s comments about a recent historical novel. Only in France do presidential candidates consider themselves literary critics. »

« I think, » Morrison says, « that’s why the French love Obama. He comes across as somebody who has written a few good books and, more than McCain and certainly more than Bush, isn’t afraid to be thought of as somebody who reads … This is a country that takes culture seriously. [Obama] appears to the French to be somebody who values intelligence, education and culture. That makes him one of those idealized Americans that the French have always treasured, the ones who share the Enlightenment values that France did much to invent. »

Americans in Paris recognize, however, that their countrymen back home may not share the attitudes of their French neighbors. American Parisian John Morris, 91, was the photo editor for Life magazine and Robert Capa’s editor on D-Day. Morris has lived in Paris for 25 years. For the past year and a half, he’s been actively involved in the Obama campaign. An Obama MeetUp group that now numbers almost 400 people — mostly Americans, but also French and other nationalities — meets monthly in Morris’ apartment. « If the election were held here, » Morris said, « Obama would win hands down. [But] the average Frenchman is more knowledgeable about the world than the average American. It’s sad. »

The irony is that in these days of intense globalization, when the world is becoming a smaller and smaller place, Americans are in some ways becoming more insulated. Foreign news is becoming less interesting to them. As Richard Pérez-Peña reported earlier this week in the New York Times, a study by the Pew Research Center shows that almost two-thirds of American newspapers publish less foreign news than they did just three years ago, nearly as many print less national news, and despite new demands on newsrooms like blogs and video, most of them have smaller news staffs.

Yet at least one very important impression from the outside world is getting through. According to another Pew Research Center report, more Americans now say that the United States is less respected in the world than it has been in the past, and a growing proportion views this as a major problem for the country. More than 7 in 10 Americans (71 percent) say that the United States is less respected by other countries these days, up from 65 percent in August 2006.

For the first time since Pew began asking this question in 2004, a majority of Americans now see the loss of international respect for the United States as a major problem. The percentage of Americans saying the loss of international respect is a major problem has risen from 43 percent in 2005 to 48 percent in 2006 and 56 percent currently.

Perhaps that will partially relieve any trepidation in the Obama campaign about too many Paris photo ops, or of Obama being « too popular » in Europe. It is certainly good news for Americans who live abroad and who long to see America’s reputation restored.

And whether or not Obama reaches the White House, his very candidacy is good news for those who want to improve America’s image in Europe. As Obama’s brief stopover in Paris approached, Solvit was feeling excited that he would be one of the privileged few to see his hero in the flesh. He had received an invitation to attend Obama’s Friday evening joint press conference with President Sarkozy. « In France, everyone, of all ages, are for Obama, » Solvit says. « Elite or non-elite, black or white, politically interested or not, people of all different backgrounds. For young people, it’s a new way of speaking of world involvement and politics. It’s a new American dream. »

« You American people, it’s your future, » he says. « But it’s also our future. »


Election américaine: La couverture à laquelle vous avez échappé (French magazine reveals how close the world was to Armageddon)

11 novembre, 2008

Express McCain-Palin alternative coverExpress Obama cover

Nous n’avons aucune obligation d’objectivité, mais d’honnêteté (évidemment) et d’équilibre. (…) Oui, nous pensons que le couple McCain-Palin était va-t-en guerre et, en poursuivant la politique internationale calamiteuse menée par Bush, aurait constitué une menace pour les valeurs que nous défendons depuis toujours; oui, nous avons le droit, sinon le devoir, de l’écrire. Eric Mettout
Je pense que c’est à cause de l’unanimité, tout le monde était contre la guerre, les gens étaient contents de lire dans les journaux combien la guerre était mauvaise, comme le président français l’avait prédit. Alain Hertoghe

Pour ceux qui doutaient encore de l’objectivité de la presse française …

Ou n’avaient peut-être pas réalisé à quel point le monde était passé près d’Armageddon …

Et surtout à quel point était providentielle l’élection de « l’homme qui peut changer le monde », le Messie Obama …

Le couple qui fait peur …

Leur conservatisme …

Leurs lacunes …

Leur militarisme …

Exemplaire confirmation de l’Express qui sur le blog d’un de ses journalistes présente la couverture qu’ils avaient prévue en cas de victoire du couple diabolique McCain-Palin, sorte de Dr. Folamour au carré.

Mais le plus intéressant, c’est, sans compter au passage la magistrale leçon au journalisme américain pour leur couverture de l’Irak, l’explication dudit journaliste (merci drzz et james):

Obamaniaques, obamaphobe
Eric Mettout
L’Express-Nouvelle formule
le 5 novembre 2008

(…)

une petite réponse globale sur « l’objectivité », vieille lune et cliché tout aussi poussiéreux qui colle aux basques des journalistes: nous n’avons aucune obligation d’objectivité, mais d’honnêteté (évidemment) et d’équilibre. L’Express s’est engagé plusieurs fois dans son histoire (contre la guerre d’Algérie notamment, pour ceux qui se souviennent), continue et continuera à le faire. Oui, nous pensons qu’Obama est un bien meilleur président pour les Etats-Unis, pour le monde et pour la France que l’aurait été McCain; oui, nous pensons que le couple McCain-Palin était va-t-en guerre et, en poursuivant la politique internationale calamiteuse menée par Bush, aurait constitué une menace pour les valeurs que nous défendons depuis toujours; oui, nous avons le droit, sinon le devoir, de l’écrire – en argumentant, naturellement, en expliquant, en avançant des faits, des déclarations, des programmes. Quand les Etats-Unis sont entrés en guerre en Irak en mentant sur les raisons de cette guerre, nous l’avons dit, que c’était une mauvaise guerre pour de mauvaises raisons, nous avons démonté la manipulation, dénoncé les mensonges, etc. Ce que vous appelez l’objectivité, en l’occurrence, c’était de dire ça (et de le démontrer bien sûr, mais ça c’était pas dur) – et pas de soutenir l’administration Bush comme l’a fait en masse, dans un premier temps, la presse américaine.


Islam: Touche pas à mon esclave! (What African slavery?)

11 novembre, 2008
Hadijatou Mani with slavemaster (Niger, Oct. 2008)Bienheureux sont certes les croyants, (…) qui préservent leurs sexes [de tout rapport], si ce n’est qu’avec leurs épouses ou les esclaves qu’ils possèdent, car là vraiment, on ne peut les blâmer. (Coran, 23:1-6)

Comme si l’esclavage ne faisait pas partie intégrante de l’islam et si les premiers négriers n’étaient pas les Africains eux-mêmes!

Pour ceux qui nous bassinent avec leur repentance et leurs demandes de réparations pour la seule traite atlantique …

Ce jugement historique rendu (sous la pression à nouveau d’asssociations anti-esclavagistes britanniques) à la fin du mois dernier par un tribunal ouest-africain …

Rappelant, comme le souligne un intéressant commentaire du site  fr.soc.politique, que l’esclavage est toujours bien vivant dans les parties islamisées de l’Afrique …

Et pas seulement au Soudan ou en Mauritanie, mais aussi aux Niger, Mali, Burkina Faso …

Jugement historique: l’Etat du Niger jugé responsable d’esclavage
da lussou
fr.soc.politique
28 oct. 08

L’islam et l’esclavage, un long roman de 1400 ans qui s’écrit en lettres de sang de nos jours encore.

Vendue 366 euros à l’âge de 12 ans à un adorateur du prophète, Hadijatou Mani fera office de 5e femme à son maître. C’est que si l’islam limite un homme à 4 épouses, il lui permet de dépasser ce nombre en se satisfaisant de ses esclaves. C’est d’ailleurs pourquoi en bon musulman, cet homme aura 7 esclaves (source : The Guardian).

http://www.guardian.co.uk/world/2008/oct/26/human-rights-niger-verdict

Sachez par ailleurs que Hadijatou fut violée dès l’âge de 13 ans par son
maître, qui en comptait quant à lui 63 (source : The Guardian). Rappelons que Mahomet, le « beau » modèle des musulmans, déflora son Aïcha d’épouse lorsqu’elle avait 9 ans et lui. 52 ans. Ceci justifie cela.

http://www.guardian.co.uk/world/2008/oct/26/human-rights-niger-verdict

Il faut bien comprendre que, si tout ceci est parfaitement sordide pour un esprit occidental, ça n’en est pas moins parfaitement halal (permis) au regard de la « belle » loi islamique, que l’on nous impose insidieusement de plus en plus chez nous.

On ne peut évidemment que se féliciter du jugement du tribunal de la Cédéao. Sera-t-il suivi d’effets concrets pour les centaines de milliers d’Africains (dont 870 000 au Niger et 600 000 en Mauritanie) toujours maintenus en esclavage par leurs pairs, rien n’est moins sûr.

L’Etat du Niger jugé responsable d’esclavage
Le Nouvel observateur
27.10.2008

Un tribunal ouest-africain a estimé que l’Etat nigérien était responsable de n’avoir pas su protéger une jeune fille, vendue à l’âge de 12 ans. Selon une enquête, le pays compterait encore quelque 870.000 esclaves.

Un tribunal ouest-africain a estimé lundi 27 octobre que l’Etat du Niger était « responsable » dans une affaire d’esclavage, n’ayant pas été en mesure de protéger une jeune femme contre cette pratique qui perdure dans le pays malgré son interdiction.

Mission de protection

La cour de justice de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), saisie par la victime, a tenu la République du Niger pour « responsable de l’inaction » de ses services administratifs et judiciaires, selon l’arrêt lu par Aminata Malle-Sanogo, la présidente de ce tribunal mobile qui se déplace en fonction des affaires à traiter.
Saisie pour la première fois pour une affaire d’esclavage, cette instance a estimé que les juges nigériens n’avaient pas rempli leur mission de protection de la victime.
« C’est absolument historique car c’est le tout premier verdict rendu sur le phénomène de l’esclavage par la cour de la Cédéao », a estimé Ilguilas Weila, président de l’ONG nigérienne de lutte contre l’esclavage Timidria. Il a souhaité que cette décision « fasse jurisprudence pour les autres Etats de la Communauté, notamment le Mali et le Burkina Faso où la pratique esclavagiste persiste toujours ». Hors Cédéao, il a également cité la Mauritanie et le Tchad.

Vendue pour 366 euros

La plaignante, Adidjatou Mani Koraou, aujourd’hui âgée de 24 ans, a été vendue à l’âge de 12 ans pour 240.000 francs CFA (366 euros) par un esclavagiste touareg et était devenue la cinquième épouse d’un habitant de la région de Birni N’Konni (centre-sud nigérien), pendant neuf ans.
Elle réclamait 50 millions de Francs CFA de « réparations » à l’Etat. Le tribunal lui a accordé 10 millions.
« Je remercie Allah d’être libre comme vous tous. Avec les 10 millions, je vais m’occuper de moi-même, me faire plaisir et je vais essayer aussi de monter un petit commerce », a-t-elle déclaré à l’AFP à la sortie du tribunal, esquissant un sourire, un bébé dans les bras.
L’un de ses avocats, Abdourahame Chaïbou, souligne qu' »avec cette décision les choses vont désormais changer au Niger, car on ne peut pas permettre qu’une telle pratique survive ».
Dans une enquête réalisée en 2003, Timidria a recensé plus de 870.000 esclaves dans ce pays de 12 millions d’habitants. Ces chiffres sont fortement contestés par les autorités qui ont lancé en novembre 2007 leur propre enquête, dont les résultats n’ont toujours pas été publiés.

« Soumission totale »

Depuis une décennie, une polémique oppose les autorités et les anti-esclavagistes au Niger. L’esclavage, officiellement aboli en 1960, est théoriquement passible de 10 à 30 ans de prison ferme dans ce pays.
Soutenue par Timidria et l’ONG Anti-Slavery International, Adidjatou Mani Koraou avait d’abord saisi les tribunaux locaux. Après avoir gagné en première instance, elle avait été déboutée en appel.

Elle avait alors demandé à la cour de la Cédéao de condamner l’Etat du Niger pour n’avoir pas été en mesure de la protéger contre l’esclavage.
Selon Anti-Slavery International, la jeune femme a vécu dans un état de « soumission totale », forcée à travailler au foyer et dans les champs de son maître, subissant également des violences sexuelles. Elle a donné naissance à trois enfants, dont deux ont survécu.
L’Etat Nigérien n’a pas été jugé responsable des discriminations qu’elle a subies pendant neuf ans, estimant que ces faits étaient imputables à son ancien maître.

Le tribunal ouest-africain ne prononce pas de peines d’emprisonnement. Ses verdicts donnent généralement lieu à des « rappels à l’ordre contre les Etats », afin qu’ils respectent leurs engagements vis-à-vis de la communauté internationale. Il peut aussi réclamer des dommages et intérêts pour les victimes. (Avec AFP)


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