Médias: Un Canard décidément très enchainé

La Face cachée du CanardPour ceux qui doutaient encore du caractère décidément très enchainé du Canard du même nom …

« Courtisans bavards », « maîtres de l’intrigue », « balances occasionnelles », pigistes de luxe (Mitterrand, Sarkozy, Hortefeux, Hollande), écriture de chroniques par des communicants de l’Elysée ou de la Mairie de Paris, ménagement de certaines sources (leur ancien avocat Roland Dumas dans l’affaire Elf), révélations intéressées ou téléguidées (diamants de Giscard), vengeances différées et règlements de comptes par fuites interposées (affaire Papon contre « plombiers » et micros), fourvoiements historiques (sabotage du Rainbow Warrior attribué aux services secrets britanniques, prétendues responsabilités de deux ministres dans l’assassinat d’un préfet), pot rituel annuel pour récompenser les informateurs et relayeurs de ses infos, trésor de guerre dépassant les 90 millions d’euros, enveloppes en liquide, journalistes parmi les mieux payés du pays (de 7 500 euros mensuels à 200 000 euros net annuels), résultats sans aucune publicité en constante hausse …

A l’heure où un appel d’offres pour une prestation de veille d’opinion (en fait l’extension, comme dans tous les grands ministères, de la traditionnelle revue de presse aux nouveaux medias internet) se voit, pour soupçons de soi-disant fichage (le repérage des leaders d’opinion et des lanceurs d’alerte), salué par une levée de boucliers

Et en ces temps où, après les réseaux de défenseurs de clandestins, des enseignants se la jouent désobéissance civile et résistance sur leurs blogs

Retour, via les extraits du livre-enquête de deux journalistes que publie l’Express cette semaine, sur la feuille à ragots préférée de la République qui tient lieu au pays autoproclamé des droits de l’homme de presse d’investigation, à savoir le Canard enchainé …

La face cachée du Canard
Christophe Barbier, Jérôme Dupuis
L’Express
le 19/11/2008

Le Canard enchaîné n’est pas un journal; c’est un monument.

Créé en 1915, l' »hebdomadaire satirique paraissant le mercredi » apporte, depuis 4595 numéros, sa bouffée d’oxygène et sa giclée de vitriol démocratique dans le débat public. Attendu par ses lecteurs, redouté par ses cibles, disséqué par ses concurrents, Le Canard enchaîné occupe une place à part dans la presse française. Il vit sans recourir à la publicité, n’a presque jamais changé de maquette, ne comprend que huit pages, présente plus de 30 dessins pour une seule photo et ses journalistes fuient les plateaux de télévision…

Consacrer une enquête à cette institution médiatique était donc plus que légitime: nécessaire. « Nous critiquons les autres, donc nous sommes critiquables », reconnaissait Roger Fressoz, ancien patron du journal.

Le travail de Karl Laske et Laurent Valdiguié, Le Vrai Canard (Stock), est copieux et minutieux: il détaille le fonctionnement complexe de l’hebdomadaire, en retrace l’histoire et décrit les coulisses de ses scoops.

Car Le Canard lève des lièvres. Journal d’humeur et d’humour, il est devenu, sur le tard, un spécialiste de l’investigation. Certains dossiers, parce qu’ils ont mêlé enquête et action politique, ont changé l’Histoire, comme celui des diamants offerts à Giscard par Bokassa, celui des « plombiers » surpris en train de poser des micros au journal ou encore l’affaire Papon. Quant à d’autres « révélations », envoyées aux oubliettes du journal, elles sont autant de fourvoiements: le sabotage du Rainbow Warrior par les services secrets britanniques, la responsabilité de Jean-Claude Gaudin et de François Léotard dans l’assassinat de Yann Piat, le compte japonais de Jacques Chirac…

Le Canard, c’est aussi un petit monde et un gros tas de secrets. L’argent du journal, la lutte pour le pouvoir interne, le parcours politique de ses plumes d’hier et d’aujourd’hui, la misogynie ambiante… Le Vrai Canard, dont L’Express publie des extraits en exclusivité, lève le voile sur cette face cachée d’une institution qui se veut au-dessus de tout soupçon.

La face cachée du Canard
– Extraits
La page d’eux, ou le journal de Nicolas S.
Karl Laske et Laurent Valdiguié
L’Express
le 19/11/2008

Les journalistes Karl Laske et Laurent Valdiguié publient chez Stock Le vrai Canard, une enquête sur les coulisses du célèbre hebdomadaire satirique, sur son fonctionnement et ses scoops. L’Express vous en révèle cette semaine quelques extraits choisis: celui-ci évoque les relations qu’entretient le Canard Enchaîné avec Nicolas Sarkozy et sa femme.

Force est de constater qu’avec la présidence Sarkozy Le Canard est en dessous de la main. […] « Est-ce qu’il y a des gens séduits par Sarko? C’est possible », explique le journaliste Claude Roire. Selon ce dernier, Nicolas Brimo, administrateur délégué du journal, a eu de l’admiration pour Sarkozy. « Nicolas n’est pas sarkozyste, poursuit Roire. Mais il trouve que Sarko a du culot, de la présence d’esprit. Qu’il est assez énergique. » La page 2, que Brimo dirige avec Michel Gaillard, s’en ressent. « Lorsqu’on analyse La Mare aux canards, on s’aperçoit que ces brèves sont souvent à décharge de Nicolas Sarkozy », estime un pigiste politique. […]

Pâle copie de ces vieilles rubriques d’autrefois, Le Journal de Carla B. tient lieu de chronique de la vie à l’Elysée sous Sarkozy. La formule décline Le Journal de Xavière, qui avait été mis au point dans les derniers mois de la régence Tiberi à l’hôtel de ville de Paris. Un faux journal méchant. « C’est moi qui faisais les dialogues, nous révèle aujourd’hui Jean-François Probst, alors communicant des Tiberi à la mairie de Paris. J’avais quelqu’un du Canard tous les lundis au téléphone et je lui racontais la semaine des Tiberi, avec les textes qui allaient avec. J’en profitais pour glisser des vacheries sur nos ennemis du moment. Jean et Xavière en raffolaient […]. » Pour Le Journal de Carla B., Le Canard a repris la même recette. Pas très méchante. La vraie Carla adore. Pierre Charon, le plus vieux conseiller de Sarkozy, revenu en cour après le départ de Cécilia et attaché à la communication de la nouvelle première dame, se charge de certains dialogues. « Il m’arrive de faire passer des messages dans Le Journal de Carla B., admet-il volontiers. Quand le déjeuner [avec Carla] de Jean-Michel Thénard [journaliste du Canard] à l’Elysée a été révélé, Pierre Charon a même dû se faire petit. « On m’a fait comprendre qu’il fallait que je me mette en veilleuse, admet-il. Cela n’a duré que quelques semaines. » Déjeuner avec une première dame n’était déjà pas anodin, mais associer un communicant de l’Elysée à la rédaction d’une chronique, ça l’était encore moins.

[…] « C’est le vrai journal de Carla, assure François-David Cravenne, conseiller ministériel du premier cercle sarkozyste. Carla Sarkozy demande directement à Charon de faire passer ceci ou cela dans « son » journal. On raconte qu’elle le lit tous les mardis soir à Sarko. » […]

Brice Hortefeux est [également] une « source » de première importance pour Le Canard enchaîné. Le copain d’enfance du président, devenu ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale, s’est rapproché du journaliste Frédéric Haziza, l’un des pigistes de La Mare aux canards. « Une fois sur deux, quand mon portable sonne, c’est Haziza », a confié le ministre à un journaliste politique.

« Haziza passait voir Hortefeux tous les dimanches soir, à Beauvau », se souvient un membre du cabinet Sarkozy au ministère de l’Intérieur. C’est un secret de Polichinelle dans le cercle du président que le ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale fournissait de bons échos à la page 2 du Canard.

[…] « La page 2, Hollande et Sarkozy l’ont beaucoup utilisée, assure un pigiste. Il y a une réunion du PS tous les mardis, et Nicolas Brimo a les informations aussitôt après par François Hollande. Sarkozy s’est servi de la 2 tout au long de la campagne électorale pour motiver ses troupes et faire passer des messages. »
Tous les extraits du Vrai Canard (Stock) dans le numéro 2994 de L’Express, à paraître ce jeudi.

La face cachée du Canard
Bonnes feuilles d’un pot
Karl Laske et Laurent Valdiguié
L’Express
le 19/11/2008

Les journalistes Karl Laske et Laurent Valdiguié publient chez Stock Le vrai Canard, une enquête sur les coulisses du célèbre hebdomadaire satirique, sur son fonctionnement et ses scoops. L’Express vous en révèle cette semaine quelques extraits choisis: il s’agit ici d’une réunion inévitable.

« Il y a une réunion tous les mardis, et Nicolas Brimo a les informations aussitôt après par François Hollande ».

« Il faut parler du pot du Canard ! » C’est un journaliste qui le recommande. Un « ami du Canard ». Un travail sur l’hebdomadaire ne saurait ignorer le rituel qui fédère tous les ans la maison Canard. « C’est un concours des élégances. Y être, c’est bien ; ne pas y être, c’est un signe de disgrâce, parfois très mal vécu. » Dans la foule qui s’y presse, parmi les proches du journal et leurs familles, se faufilent les fameuses sources de l’hebdo. Petits et grands amis. Des stakhanovistes de la page 2, des courtisans bavards, quelques maîtres de l’intrigue. Et des balances occasionnelles. Des notables plus brillants, de l’édition ou du show-biz, attirent heureusement l’attention. « Un cahier circule quelques semaines avant, et on peut y inscrire ses invités. Et parfois rayer des noms. Certains se retrouvent blacklistés. » Michel Gaillard et ses rédacteurs en chef ont, seuls, cette faculté de rayer des noms. Dans Paris, certains sont discrètement avertis qu’ils figurent sur « la liste ». « La question devient: « Est-ce que je vais être barré ou pas? » » s’amuse un autre habitué, journaliste. Un investigateur parisien longtemps invité s’est vu soudain privé de carton parce qu’il n’avait pas relayé une enquête du palmipède. Il s’en amuse, lui aussi. Mais Le Canard est pointilleux à ce sujet.

C’est au 217, boulevard Saint-Germain, à la Maison de l’Amérique latine, que Le Canard régale ses invités. […] Pour faire bonne mesure, Le Canard a eu l’idée de poster, en haut de l’escalier d’honneur, un huissier à chaîne, ancien du Sénat. Un « aboyeur », comme on dit, mais qui, au Canard , se contente de rester au garde-à-vous. […] « C’est le plus beau buffet de la place de Paris ! s’enthousiasme un journaliste. [En 2008,] il y avait quatre saumons différents, quatre foies gras différents. Et des toasts de toutes les couleurs, de petites galettes indiennes, et toujours à volonté. » La dernière invitation a vu passer plus de people qu’à l’accoutumée. On y a aperçu Guy Bedos, Robert Charlebois, Vincent Lindon, Antoine de Caunes. Un des collaborateurs du Coin-coin des variétés, Albert Algoud, a coécrit des sketchs dans l’émission Nulle Part ailleurs.

Le dédale des salons, l’ouverture des jardins permettent à ceux qui le veulent de s’éviter. Mais pas toujours. Ainsi le directeur général des impôts (DGI) a-t-il rencontré le président du Syndicat national unifié des impôts (Snui) non loin de Nicolas Brimo, qui s’est vanté de contribuer ainsi à régler un conflit social dans l’administration « grâce au pot du Canard ». En 2006, certains repèrent au buffet un jeune homme un peu emprunté. Un fonctionnaire? Presque: c’est David Martinon, conseiller diplomatique du ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy, promis à une fonction de porte-parole de l’Elysée. On chouchoute les seconds couteaux. Lorsque l’ancien Premier ministre Pierre Mauroy était venu, sans invitation, mais en accompagnant son chef de cabinet, Jean-Michel Rosenfeld, les patrons du Canard, dit-on, n’avaient pas apprécié. Michel Charasse, en revanche, est venu souvent, avec son propre carton. Jean-Noël Tassez aussi, avec ou sans sa femme, Charlotte Rampling. « A priori, c’était le pot des copains et des informateurs ; ça devient le pot de ceux qu’on protège », rumine un journaliste.
Retrouvez d’autres extraits du Vrai Canard (Stock) dans le numéro 2994 de L’Express, en vente dès ce jeudi.

La face cachée du Canard
Que les gros salaires lèvent la palme

Karl Laske et Laurent Valdiguié
L’Express
le 19/11/2008

Les journalistes Karl Laske et Laurent Valdiguié publient chez Stock Le vrai Canard, une enquête sur les coulisses du célèbre hebdomadaire satirique, sur son fonctionnement et ses scoops. L’Express vous en révèle cette semaine quelques extraits choisis: dans celui-ci, les gros salaires lèvent le doigt.

Bien que son capital ne soit pas cessible, ni rétribué, Le Canard « nourrit bien son monde ». Ainsi, tous les ans, les journalistes et les patrons reçoivent, dans un esprit de partage, des « chocolats ». Ce moment est généralement très apprécié, même par les réfractaires. La « coopérative » n’offre pas de vrais chocolats, mais de généreuses gratifications, distribuées au personnel, devant un buffet bien garni.

« Le rituel est immuable, raconte un journaliste. La remise des chocolats a lieu dans la foulée de l’assemblée générale, dans la salle du troisième étage, la salle des dessinateurs. Autrefois, la maison offrait vraiment une boîte de chocolats à ses employés. Les boîtes ont été remplacées par une enveloppe. Le restaurateur du coin livre des bouteilles de grands crus classés et des pâtés, des saucissons et de la charcutaille en pagaille. La comptable, une dame un peu forte, a préparé des enveloppes nominatives. Ça commence à 18 heures. Ce n’est pas une distribution à proprement parler. La comptable passe discuter avec chacun et lui remet son enveloppe. Dans le temps, il paraît qu’il y avait du liquide à l’intérieur. Aujourd’hui, c’est un chèque. »

Les journalistes du Canard sont parmi « les mieux payés » de la place de Paris, et ils le savent bien. « Les rédacteurs ont un salaire fixe – le salaire moyen se situant aux alentours de 3 750 euros – trois mois de salaire double et une prime versée en deux fois. » Leur salaire est généralement doublé. Et 7 500 euros n’est encore qu’un salaire mensuel moyen d’un journaliste confirmé. Selon nos informations, les dirigeants du Canard, quant à eux, émergent à hauteur de 200 000 euros net annuels. Ce qui les place dans la fourchette des meilleures rémunérations de la « grande presse ». […] L’entreprise affiche aujourd’hui 81 salariés, que Le Canard dispense d’un comité d’entreprise. « Le PDG – en l’occurrence, moi – signe tous les ans un constat de carence, explique Michel Gaillard. Ce document, adressé à l’administration, constate qu’aucun salarié ne s’est porté candidat à l’élection d’un comité d’entreprise. Il faut croire que les salariés du Canard, qui en sont aussi les actionnaires et élisent chaque année les membres du conseil d’administration, n’éprouvent pas le besoin d’être représentés dans d’autres organes. »

Canard enchaîné
Un Canard laqué or

Karl Laske et Laurent Valdiguié
L’Express
le 19/11/2008

Les journalistes Karl Laske et Laurent Valdiguié publient chez Stock Le vrai Canard, une enquête sur les coulisses du célèbre hebdomadaire satirique, sur son fonctionnement et ses scoops. L’Express vous en révèle cette semaine quelques extraits choisis: celui-ci parle d’argent. De beaucoup d’argent.

Le Canard est riche. Vraiment riche. De plus en plus riche. En 2008, il dispose de 91,7 millions d’euros de réserves. La presse qui reprend, parfois chaque semaine, les informations de l’hebdomadaire s’intéresse très rarement à l’entreprise qui l’édite, à sa gestion, à son argent. Comme à sa situation sociale, d’ailleurs. On admire ses résultats: 6,2 millions d’euros de bénéfice net en 2007 ; 7,7 millions en 2006 ; 5,9 millions en 2005 ; 4,9 millions en 2004 ; 4,7 en 2003… […] En 2006, Le Canard a enregistré une plus-value exceptionnelle en vendant des bons du Trésor arrivés à échéance. […]

En mai 2006, un journaliste de Libération invité à la soirée annuelle du Canard ose approcher Nicolas Brimo, l’administrateur du journal, pour lui demander si Le Canard ne pourrait pas entrer dans le capital du quotidien en crise. Nicolas Brimo clôt aussitôt la conversation. « On n’a pas envie de crever avec vous », lance-t-il, fanfaron.

[…] « Depuis la fin des années 1960, Le Canard a toujours gagné de l’argent, sauf en 1982, où l’on a trop tardé à augmenter le prix, explique Nicolas Brimo à l’historien Laurent Martin en 1995. On a un gros matelas financier. Il se monte à peu près à une année de chiffre d’affaires. On ne possède pas d’actions pour des raisons déontologiques. Pas de sicav placées à l’étranger… Ce sont des dépôts à terme dans de grands établissements bancaires (dans les années 1950, des bons du Trésor). Nos réserves n’ont jamais été entamées pour des investissements. Le journal doit être rentable en exploitation. »

[…] « Vous ne saurez pas qui détient les actions du Canard », avertit un ancien. Difficile à croire. Et pourtant, en sortant du greffe du tribunal du commerce de Paris avec la copie du dossier 58B9332 des Editions Maréchal-Le Canard enchaîné, on doit convenir que le sujet est difficile. D’abord, il n’est précisé nulle part que le capital est détenu par ses rédacteurs, ses journalistes ou, plus largement, son équipe. Ce qui contredit bien des légendes. Le 21 juin 2000, la société a porté son capital à 100 000 euros. Ce capital est divisé en 1 000 actions de 100 euros chacune. […] Les actions sont incessibles et reviennent aux administrateurs du Canard.

Une seconde société, la société civile LCE, qui n’apparaît pas dans les statuts de la SA, complète le dispositif. Sans la nommer, Nicolas Brimo en a justifié l’existence devant Laurent Martin: « La structure du journal est la suivante: une société anonyme, dont la majeure partie du personnel est actionnaire: c’est la société d’exploitation qui fait la totalité du chiffre d’affaires. La société civile [qui] possède le titre, et dans laquelle figurent les responsables du journal. Ils possèdent les parts de la société, qui ne rapportent aucun dividende. » Selon Brimo, cette structure est le « moyen de protéger le capital et l’indépendance » […]. La société civile propriétaire du titre a été sécurisée par une association. En décembre 1987, Roger Fressoz, le directeur, dépose les statuts d’une association loi 1901, qu’il préside. […] Le Canard est donc triplement verrouillé. La société anonyme au sein de laquelle on est éventuellement coopté est verrouillée par la société civile propriétaire du titre, elle-même verrouillée par l’association.

[…] Selon de nombreux témoignages, jusqu’au début des années 1980, lorsque la direction délivre ses actions, elle demande à son nouvel actionnaire salarié de signer un blanc-seing. « C’est un document que l’on vous fait signer selon lequel vous acceptez la cession de tant d’actions du Canard. Il y a un blanc pour y indiquer le cas échéant le nom d’un futur bénéficiaire. De cette façon, si vous ne marchez pas droit ou si vous quittez l’entreprise, que vous vouliez ou non vous défaire de vos actions, l’administrateur prend votre lettre, remplit le blanc par le nom d’un autre. Et l’on vous oppose que vous avez accepté la cession. »

3 Responses to Médias: Un Canard décidément très enchainé

  1. trop_reveur dit :

    La vie des bêtes.
    Les « intermédiaires » sont bien des maquereaux
    -canards sur le modèle de « La vie des autres » !

    voir le lien :

    http://fr.answers.yahoo.com/question/index;_ylt=AmoIKRn.w5N7Xg1v8B9ChK04Agx.;_ylv=3?qid=20090401054448AAOIJwu

    .

    J'aime

  2. jcdurbant dit :

    LYNCHEZ, LYNCHEZ, IL EN RESTERA BIEN QUELQUE CHOSE

    Cet hebdomadaire, dont on aimerait qu’il s’attachât avec tant d’obstination et de malignité à d’autres responsables politiques de haut niveau, n’a jamais cessé de s’en prendre à François Fillon et ce depuis longtemps. Mediapart s’est associé à cette entreprise qui ressemblait plus à de la démolition qu’à de l’investigation.

    Il y a eu, cette campagne lancée contre lui, un flot inouï d’attaques, d’insinuations, d’absurdités, de partialités et de trahisons qui avaient tous pour objectifs de présumer François Fillon coupable, de désespérer la droite qui avait enfin trouvé un candidat à la fois intègre, courageux et digne et de laisser croire à certains ambitieux qu’ils avaient leurs chances à sa place. Il faudra retenir leur nom si la campagne présidentielle confirme le prélude de la primaire.

    Comment n’y aurait-il pas eu de la part de François Fillon plus qu’un flottement, comme un bouleversement, des variations, des tentatives presque désespérées pour faire admettre sa bonne foi et l’ignoble du procès médiatique intenté à la famille Fillon?

    Qui aurait pu résister à ce terrifiant cumul d’une autorité judiciaire se saisissant dans l’urgence après un simple article, de quelques médias acharnés à sa perte, de la honte et de l’indignité déversées sur un couple et ses enfants, du lynchage voluptueux d’une personnalité à laquelle il fallait faire payer le fait qu’elle avait eu le droit de donner des leçons de morale, de prétendus soutiens se plaisant à distiller le doute et le soupçon à son encontre, d’un pouvoir qui à l’évidence n’était pas resté indifférent à ce qui se déroulait et qui aurait pu aboutir à rien de moins qu’à l’élimination du candidat de la droite honorable et heureusement radicale du second tour de l’élection présidentielle? Qui aurait pu affronter sans faiblesse ni approximations ce maelstrom de quelques jours?

    D’autant plus que le moins qu’on puisse dire est que la cellule de communication auprès de François Fillon a connu des ratés qu’un amateur aurait su prévenir, notamment dans la distinction trop lentement appréhendée entre le légal et le décent, au cœur de l’affaire Fillon.

    François Fillon a eu le courage de l’avouer lors de la conférence de presse qui a marqué son retour. Il a été assommé, il a pris un coup dans l’estomac et a perdu un temps sa réactivité et sa lucidité. Encore troublé, ému, affecté, mais sa maîtrise recouvrée, il a offert non seulement une défense mais une justification de qualité. Non seulement il n’a transgressé aucune loi mais il a toujours favorisé, par son action politique, l’élévation de la morale publique.

    Lors de cette rencontre avec les journalistes qui n’a duré que 45 minutes, il a été si convaincant, si clair, si net, si vigoureux dans certaines de ses répliques, si lucide dans l’analyse politique de cette machine de guerre lancée contre lui, son programme et donc le peuple de droite auquel on prétendait voler son enthousiasme d’avoir enfin une personnalité à soutenir par adhésion et non plus par défaut que les professionnels du questionnement sont vite demeurés cois.

    Rien sur La Revue des Deux Mondes, des interrogations répétées sur un éventuel remboursement. S’ils n’ont pas été à la hauteur, cela tenait d’abord au fait qu’une baudruche enflée jusqu’à la démesure avait éclaté et surtout à ce constat qu’ayant enfin décidé de s’expliquer et de tout dire, François Fillon avait réduit à néant tout un dispositif qui se plaisait, sans véritable contradiction, à l’accabler alors que l’honnêteté, la sincérité et peut-être une certaine maladresse étaient de l’autre côté.

    Pour ma part, j’ai apprécié que François Fillon ait maintenu sa phrase sur la mise en examen, qu’un remboursement serait injuste pour ses proches et qu’en définitive il soit parvenu à faire réapparaître celui qu’il avait été lors de la primaire.

    Je ne me fais aucune illusion. On ne le laissera quitte de rien. Les officines du pouvoir et les médias ne désirant l’impartialité que pour leurs amis continueront à le harceler.

    Mais quelque chose a changé.

    Enfin il a compris. Il ne s’agissait pas seulement de Français troublés mais de bien plus. Il a présenté ses regrets, des excuses. Il l’a affirmé avec force: ce qui est légal peut être perçu comme peu moral.

    Il a vigoureusement posé les termes du débat et de l’affrontement. D’un côté le tribunal médiatique – il a affirmé sa confiance pour l’issue judiciaire -, de l’autre le peuple français.

    François Fillon de retour n’a été animé par rien d’autre que le souci de rendre à une part importante de celui-ci une victoire qu’on croyait déjà lui avoir volée.

    Philippe Bilger

    http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2017/02/06/31001-20170206ARTFIG00263-philippe-bilger-francois-fillon-est-de-retour.php

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  3. jcdurbant dit :

    CHERCHEZ L’ERREUR ! (Quand Le Canard enchainé dénonce le « dessoudement » – qualifié de crime de guerre ! – d’un gentil « haut dignitaire » iranien – général de son état qui venait d’organiser en territoire étranger le « dessoudement » d’un civil américain – par – surprise ! – le méchant « Dr. Folamour » Trump)

    « D’ordinaire, l’exécution d’un haut dignitaire (sic) d’un régime ennemi, crime puni par le droit international, est affaire de services secrets , et jamais un Etat n’avoue. Avec Donald Trump, finie l’hypocrisie » …

    Le Canard enchainé

    https://www.lecanardenchaine.fr/la-une-du-8-janvier-2020/

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