Statistiques ethniques: Bienvenue au pays où on sait sans avoir besoin de compter! (Where ignorance is bliss, it’s folly to be wise)

What racism in France?En France, on ne devrait pas pouvoir à la fois se vanter d’avoir réussi à faire barrage aux statistiques ethnoraciales et espérer connaître la situation des Noirs. Pourtant, manifestement, dans ce pays, on sait sans avoir besoin de compter. Michèle Tribalat
Au lendemain du hold up du siècle du messie noir et rouge du Très Grand Capital … Et après le déni, par les pleureuses de service, de la surdélinquance des jeunes d’origine immigrée …
Retour, avec la démographe Michèle Tribalat, sur le contresens français qui y voit « une simple affaire de couleur ». Et surtout sur ces associations comme le Cran qui, pour pousser leurs pions, en profitent pour avancer les chiffres les plus fantaisistes sur le nombre de noirs en France (5 millions contre, selon les estimations des spécialistes, un maximum de 3,5 millions, soit quelque 6% de la population totale). Ou, après la Halde, un CSA qui nous sort de sa manche une prétendue sous-représentation des noirs à la télévision (8% pour les noirs, 11 % pour les non-blancs) … Alors qu’on sait que le Conseil constitutionnel vient de confirmer, au pays autoproclamé des droits de l’homme,… l’interdiction de toutes statistiques ethniques! Statistiques: la question des minorités en France Michèle Tribalat Le Figaro 18/11/2008 Alors que le Conseil représentatif des associations noires de France (Cran) revendique une plus grande place des candidats issus des minorités aux prochaines élections, l’auteur, démographe à l’Institut national d’études démographiques (Ined), prend part au débat. En France, l’élection de Barack Obama a conduit à des réactions préoccupantes. Alors qu’elle dénote un dépassement de la question noire aux États-Unis, comme y avait invité le candidat, elle est trop souvent interprétée en France comme une simple affaire de couleur. Le Cran a profité de l’aubaine pour mettre en avant ses revendications. Il avance un nombre de personnes dites noires hautement improbable, sans soulever l’once d’un désaccord. On a déjà connu cela du temps de Calixthe Beyala, qui chiffrait le peuple noir à 7 millions en 2000 ! La seule référence disponible est une enquête réalisée pour le Cran en 2007, qui évalue leur pourcentage dans l’Hexagone à 2,5 %. Aujourd’hui, le président du Cran, Patrick Lozès, nous assure qu’il y aurait 5 millions de Noirs en France, y compris ceux des DOM, et que ce nombre égale celui des personnes d’origine maghrébine. D’après mes estimations, le nombre de ces derniers vivant en métropole, sur trois générations, serait de 3,5 millions en 2005, soit près de 6 % de la population, ce qui rend le chiffre du Cran tout à fait irréaliste. L’incapacité à mettre en cause un chiffre avancé par un Noir sur le nombre de Noirs en France en dit long sur notre société et constitue un traitement discriminatoire à part entière. Mais elle tient aussi au parisianisme de la presse nationale. Cette dernière extrapole la situation française d’après ce qu’elle a sous les yeux. 60 % de l’immigration subsaharienne arrive en Ile-de-France. La migration des DOM a été elle aussi très francilienne. Le CSA vient de réaliser une enquête sur les émissions télévisées et la présence, sur nos écrans, des Noirs et des non-Blancs, mais oui des non-Blancs ! Un Arabe est ainsi classé parmi les non-Blancs par le CSA et parmi les Blancs aux États-Unis ! Les non-Blancs en général, et les Noirs en particulier, seraient sous-représentés à la télévision : 8 % de Noirs dans l’ensemble des programmes, ce n’est pas assez. Il faut revenir au b.a.-ba statistique : on ne peut établir une sous-représentation d’une catégorie particulière sans disposer d’une référence nationale. Pour savoir s’ils sont sous-représentés, il faut donc connaître le nombre de Noirs en France, ce qui n’est pas le cas, enquête du Cran en 2007 mise à part. Tout le reste n’est que divagations. Le plus drôle c’est que, même d’après les hypothèses les plus fantaisistes du Cran, les Noirs ne seraient pas sous-représentés à la télévision. Le CSA nous dit que les non-Blancs ne constituent que 11 % des personnages recensés dans la fiction française contre 19 % dans la fiction américaine. Faut-il préciser que le cinéma américain n’est pas destiné en priorité au public français ? En 2007, aux États-Unis, où l’on élabore des statistiques raciales, 14 % des Américains sont noirs. En France, on ne devrait pas pouvoir à la fois se vanter d’avoir réussi à faire barrage aux statistiques ethnoraciales et espérer connaître la situation des Noirs. Pourtant, manifestement, dans ce pays, on sait sans avoir besoin de compter. Or le Conseil constitutionnel a interdit les statistiques fondées sur une appréciation subjective. Mais c’est pour la bonne cause. Non ? La question étant sur la table, il vaudrait mieux avoir des statistiques bien faites plutôt que des évaluations approximatives élaborées par des groupes de pression, fort légitimes, mais directement intéressés par les résultats. L’abstention de la statistique publique n’a pas empêché le ressassement des questions ethnoraciales.

Un commentaire pour Statistiques ethniques: Bienvenue au pays où on sait sans avoir besoin de compter! (Where ignorance is bliss, it’s folly to be wise)

  1. jcdurbant dit :

    Dans la pratique, on essaye dans les maternités de cibler les personnes d’origine maghrébine ou africaine.

    Valérie Gauthereau (directrice de la fédération parisienne de dépistage)

    Drépanocytose, la maladie génétique qui excite l’extrême droite
    Alexandre Léchenet et Samuel Laurent
    Le Monde
    12.09.2014

    C’est la « preuve » de « l’invasion » des immigrés, brandie par l’extrême droite dans un nombre croissant de discours. On la retrouve citée sur des sites, des blogs, d’innombrables commentaires ou messages sur les réseaux sociaux : le dépistage de la drépanocytose, une maladie génétique qui touche particulièrement certaines populations issues de l’Outre-Mer, d’Afrique ou du Maghreb, est instrumentalisé par certains militants extrémistes.

    Cette maladie génétique, l’une des plus fréquentes en France et dans le monde, consiste en une anomalie de la structure de l’hémoglobine. Elle a des conséquences graves : anémies, infections bactériennes, accidents vasculaires occlusifs. On compte 12 000 malades en France, et on recense environ 400 cas parmi les nourrissons chaque année.

    Depuis plus d’une décennie, elle fait l’objet d’un dépistage chez les nouveaux-nés français. Mais la maladie se rencontrant plus fréquemment chez les populations originaires d’Afrique subsaharienne, du Maghreb, des Antilles, d’Inde ou du sud de l’Europe (Grèce et Italie), ce sont les nourrissons issus de familles originaires de ces zones qui sont testés.

    Comme pour nombre d’autres maladies, il existe toute une série de statistiques détaillées, notamment sur le nombre de nouveaux-nés testés par département français. Et, en l’absence de statistiques ethniques, les militants d’extrême droite se sont donc emparés de ces chiffres pour alimenter leur thèse centrale : le « grand remplacement » des populations autochtones par celles issues de l’immigration.

    Les militants identitaires publient donc régulièrement des cartes supposées montrer, avec les dépistages de nouveaux-nés à cette maladie, l’ampleur du « grand remplacement ». Mais, comme bien souvent, tout ceci est erroné.

    1. Un dépistage médical n’est pas un recensement ethnique
    2. Les ultramarins ne sont pas « issus de l’immigration »
    3. La grande manipulation des chiffres
    4. Environ 20 % de naissances « non françaises »
    5. Un racisme qui ne s’assume pas

    1. Un dépistage médical n’est pas un recensement ethnique

    La drépanocytose est une maladie à transmission autosomique récessive : on peut être porteur sain du gène, mais on ne la développe que si les deux parents sont porteurs, avec un risque de 1 sur 4 à chaque grossesse.

    Pour des raisons essentiellement économiques, en France, la maladie n’est pas détectée systématiquement, mais uniquement auprès des populations à risque. Pour être précis, la Haute Autorité de santé explique que :

    « Ce dépistage néonatal est institué depuis 2000 sur l’ensemble du territoire et réalisé en métropole de manière ciblée sur la population des nouveaux-nés issus de parents originaires de populations à risque. »

    La maladie n’a donc pas de facteurs « ethniques », mais bien géographiques.

    Selon l’Institut national de veille sanitaire (InVS), les tests sont pratiqués selon l’origine des parents des nourissons. Les régions « à risques » sont :
    Départements français d’outre-mer : Antilles, Guyane, la Réunion, Mayotte
    Tous les pays d’Afrique subsaharienne et le Cap-Vert
    Amérique du Sud (Brésil), Noirs d’Amérique du Nord
    Inde, océan Indien, Madagascar, île Maurice, Comores
    Afrique du Nord : Algérie, Tunisie, Maroc
    Italie du Sud, Sicile, Grèce, Turquie
    Moyen-Orient : Liban, Syrie, Arabie saoudite, Yémen, Oman

    Pour qu’un nourisson soit testé, il faut, toujours selon l’InVS, que:

    – Soit les deux parents proviennent d’une région à risque,
    – Soit qu’un seul des deux en proviennent si on ne connaît pas le second,
    – Soit qu’il existe des antécédents de syndrome drépanocytaire majeur dans la famille,
    – Soit qu’il existe un doute sur les trois critères précédents.

    UNE MALADIE MONDIALISÉE

    Qu’entend-on par « provenir d’une région à risque » et comment, concrètement, le dépistage est-il ou non effectué ? La pratique n’est pas des plus claires. Les rapports officiels ne la détaillent d’ailleurs pas. « Dans la pratique, explique Valérie Gauthereau, directrice de la fédération parisienne de dépistage, on essaye dans les maternités de cibler les personnes d’origine maghrébine ou africaine. »

    Un ciblage qui se fait sur des critères assez informels : faciès des parents, nom de famille… mais qui peut avoir des ratés. C’est d’ailleurs pourquoi, en Ile-de-France par exemple, « certaines maternités ciblent 100 % de la population, pour être certaines de ne pas rater un cas », précise encore Mme Gauthereau.

    Les associations de malades, mais également certains médecins, dénoncent aujourd’hui ce dépistage ciblé, avec un argument qui va à l’encontre de la thèse « identitaire » : la maladie n’est plus aujourd’hui l’apanage de certaines ethnies, mais s’est « mondialisée » : au fil des ans et des métissages, les gènes se sont disséminés.

    Comme l’écrivait ainsi, en 2012, Frédéric Galactéros, responsable de l’unité des maladies génétiques du globule rouge à l’hôpital Henri-Mondor, le ciblage de ces populations a des conséquences « désastreuses » :

    « La faisabilité du ciblage actuellement effectué repose sur la notion, totalement erronée, mais solidement installée dans les esprits, que la drépanocytose ne touche que les personnes à peau noire. Les conséquences en sont désastreuses. Tous les pays à situation comparable, et pour les mêmes raisons, ont opté pour un dépistage non sélectif. »

    2. Les Ultramarins ne sont pas « issus de l’immigration »

    Commençons par les chiffres : selon les données de l’Association française pour le dépistage et la prévention des handicaps de l’enfant, 309 858 nouveaux-nés ont été dépistés pour la drépanocytose en France en 2012, territoires d’outre-mer compris. Cette même année, selon l’Insee, la France comptait 821 047 naissances (vivantes). Soit un taux de dépistage de 37,7 % des nourrissons.

    Faut-il en conclure, comme le font les militants identitaires, que 37 % des nourrissons sont « d’origine étrangère » ? Non. Ou alors il faut s’entendre sur ce qu’on appelle « étranger ».

    12 % Premier point : le cas des communautés françaises d’outre-mer. Un dépistage est systématiquement organisé sur tous les nourrissons, quelle que soit leur « ethnie ». Soit un total de 37 971 nouveaux-nés en 2012, 12 % environ du total de nourrissons testés en France.

    Peut-on dire qu’Antillais, Réunionnais ou Guadeloupéens sont « d’origine étrangère » ? Non. Ils peuvent être français depuis des générations ou des siècles. La seule grille de lecture appliquée par les militants d’extrême droite est donc ici ethnique.

    Et encore font-ils ici un premier contresens : qu’ils soient blancs ou noirs, tous les enfants nés en outre-mer sont testés, car c’est la zone géographique, et non l’ethnie, qui induit un risque.
    3. La grande manipulation des chiffres

    Mais la manipulation ne s’arrête pas là : la médecine n’est pas un service d’immigration. Et lorsqu’on parle de « populations originaires » d’une zone géographique à risque, on ne regarde pas la carte d’identité des individus.

    On teste donc des populations dont l’origine « étrangère » est parfois lointaine : deux, trois, quatre générations, voire plus. Des familles originaires des Antilles, françaises depuis une dizaine de générations, seront ainsi testées, quand un couple d’étrangers venus d’Europe de l’Est ne le sera pas.

    Le taux de nourissons testés à la naissance ne peut donc pas être un indicateur de « l’immigration », comme il est présenté par les militants d’extrême droite. Au mieux, il peut indiquer la part de « métissage » dans des zones géographiques données.

    Et là encore, on peut relativiser : on teste aussi pour la drépanocytose les personnes originaires d’Italie du Sud ou de Grèce, toujours sur ces mêmes critères flous du nom de famille ou de l’apparence des parents. Et avec une pratique qui va plutôt dans le sens de tester dès lors qu’il y a un doute.
    4. Environ 20 % de naissances « non françaises »

    Si on veut évoquer des chiffres de naissances issues de l’immigration, les statistiques existent. Ainsi, selon l’Insee, en 2010, on comptait 832 799 naissances en France (DOM inclus). 110 000 étaient issues d’au moins un parent étranger (y compris de l’Union européenne) et 54 234 issues de deux parents étrangers. Soit un total de 19,8 % de nouveaux-nés ayant un ou deux parents étrangers, originaires ou non d’un pays de l’UE.

    79,3 % Plus précisément, toujours selon l’Insee, on comptait en 2012 79,3 % des naissances issues de deux parents français, contre 6,1 % issues de deux parents de nationalités hors UE, et 11,3 % dont l’un des deux parents était né hors de l’UE.

    Evidemment, certains départements concentrent une population d’origine étrangère plus forte. La Seine-Saint-Denis, par exemple, où plus des deux tiers des naissances sont issues d’un ou deux parents nés à l’étranger. Mais d’autres ne sont pas du tout dans ce cas. En Vendée, dans le Cantal, le Pas-de-Calais ou la Manche, on compte plus de 93 % de naissances en 2012 issues de deux parents nés en France.

    5 % Rappelons qu’on compte, en France, en 2012, selon l’Insee, 5,3 millions de personnes « nées étrangères dans un pays étranger », dont 3,3 millions non originaires de l’UE. Soit moins de 5 % de la population. Un chiffre qui ne connaît pas de variation importante sur les dernières années.

    Et même si l’on additionne la première et la deuxième génération d’immigration (les personnes nées en France d’un ou de deux parents étrangers et celles nées en France de parents ayant eux-mêmes un parent ou deux nés à l’étranger), toujours selon l’Insee, on décompte 26,6 % de la population, soit un chiffre proche de celui de la Suède, du Royaume-Uni ou de l’Autriche.
    5. Un racisme qui ne s’assume pas

    Principales vagues migratoires depuis le XIXe siècle

    1 sur 4 Selon l’Institut national d’études démographiques, on peut estimer qu’à l’heure actuelle environ un quart des Français sont issus de l’immigration, au sens où ils ont au moins un grand-parent immigré. Au cours du XXe siècle, la France a connu des vagues migratoires successives : Belges, Polonais, Russes, Italiens, Espagnols, Portugais, Maghrébins… Parler de « population autochtone » n’a donc pas grand sens : si l’on remonte sur plusieurs générations, on finit généralement par trouver des ascendants étrangers.

    « La France est certes un vieux pays d’immigration mais il y a déjà vingt-cinq ans qu’elle n’est plus un pays d’immigration massive. Elle est devenue au contraire le pays d’Europe où la croissance démographique dépend le moins de l’immigration », écrivait l’institut dans une étude de 2004.

    Ce que confirment les chiffres de l’Insee. Restent donc des populations issues de l’immigration, mais françaises de naissance, même si leur couleur de peau n’est pas aussi blanche que le souhaiteraient certains militants.

    L’hystérie entretenue par l’extrême droite autour de la drépanocytose ne fait en effet que masquer le racisme des tenants de ces théories : il ne s’agit pas ici de parler d’immigration, puisque des personnes non nées en France, mais originaires d’Europe de l’Est ou du continent américain, ne sont pas dépistées, alors que celles nées d’un couple dont les arrière-grands-parents sont originaires d’Afrique ou du Maghreb, bien que français depuis trois générations, le sont.

    En réalité, ce que cherchent à évoquer les militants identitaires ici, c’est bien la question de l’ethnie. Ce qui les préoccupe, ce sont les naissances non « blanches », qu’elles soient issues de personnes de nationalité française ou non, et que ces personnes soient intégrées ou non.

    Le cas des Antillais est ici emblématique : ces populations peuvent être « plus françaises » que des militants d’extrême droite issus, à la troisième ou à la quatrième génération, de l’immigration italienne, polonaise ou autre ; ils seront tout de même comptabilisés dans leur cartographie du « grand remplacement ». Signe s’il en est qu’il ne s’agit pas ici de parler d’intégration ou de flux migratoires, mais bien de « races ».

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