Présidentielle américaine: Qu’est-ce qui arrive à Time? (Why should we be penalised for being successful?)

17 octobre, 2008
Joe Plumber WurzelbacherPourquoi devrait-on être pénalisé pour notre réussite? Joseph Wurzelbacher (interview ABC)
Joe, non seulement, je vais vous aider à acheter cette affaire pour laquelle vous avez travaillé toute votre vie, mais je vais maintenir vos impôts à un niveau bas et vous fournir une assurance-maladie abordable pour vous et vos employés. Joe, vous êtes riche. Félicitations! John McCain

Sénateur Obama, je ne suis pas le président Bush. Si vous vouliez faire campagne contre lui, vous n’aviez qu’à vous présenter il y a quatre ans. John McCain

John McCain a poursuivi son offensive lors du dernier débat de mercredi sur les liens présumés entre Obama et l’Acorn (Association of Community Organizations for Reform Now). L’association, qui s’enorgueillit d’avoir enregistré à elle seule 1,3 million de nouveaux électeurs, est suspectée par le FBI de fraudes sur des milliers de cartes d’électeurs. Plusieurs de ses employés, des jeunes souvent issus de milieux défavorisés et aujourd’hui licenciés, ont été traduits en justice pour avoir gonflé les listes d’électeurs imaginaires. L’erreur de l’Acorn aurait été de rémunérer leur travail, les poussant ainsi à la tentation. L’Acorn soutient officiellement Obama, qui a récemment financé l’une de ses filiales et a, par le passé, défendu ses intérêts, lorsqu’il était avocat. Le Figaro

Obama

Pendant la première moitié du débat, le candidat démocrate a trop souvent montré ses plus mauvais traits – mesquin, distant, impérieux – et s’est comporté comme s’il aurait préféré être ailleurs, bien qu’il soit devenu plus chaleureux et plus engagé à mesure que la soirée progressait. Il ne semblait pas avoir de stratégie explicite, répondant aux questions au coup par coup, sans réussir à faire passer un message ou même un thème particuliers. Il a maintenu son constant flegme et a eu quelques bons moments. Si la stratégie était de gérer son avance, elle a effectivement fonctionné – mais peut-être au risque d’en perdre une partie. Note globale: B
McCain
Pendant la première moitié du débat, le candidat républicain a montré le meilleur de lui-même – convaincu, sincère, patriotique, enjoué, sérieux, plein d’autorité – tle out sans jamais sembler vieux ou impatient. Il a même marqué quelques points dans la rubrique « changement », contre le candidat qui en avait fait son fonds de commerce. Il était également clair, optimiste et totalement sur le message. À son détriment, cependant, il est devenu plus agressif et distrait pendant la deuxième moitié, et a peut-être perdu une chance de gagner l’événement véritablement dramatique dont il a besoin pour changer la donne. Pourtant,  si la majorité silencieuse des électeurs qui pouvaient encore être persuadés regardaient le débat, ils avaient largement de quoi comprendre pourquoi les conseillers de McCain croient en lui et pensent toujours qu’il peut gagner cette élection. Note globale : A-
Time

Mais qu’est-ce qui arrive à Time?

Alors qu’au lendemain d’un ultime débat (qui aura au moins fait découvrir Acorn au Figaro!), nos médias en pilotage automatique et leurs sondages ventriloques ont repris, comme un seul homme et après le coup du chantage au racisme, leur matraquage pro-Obama …

Voilà que, contre l’ensemble de sa corporation, le magazine aux deux photos noir et blanc de McCain et sept couvertures couleurs d’Obama pour la seule année 2008 décerne un A- au candidat républicain contre un petit B à son propre poulain démocrate !

Certes, il faut dire que malgré les sondages fantaisistes de sorties de débat à la representativité plus qu’approximative (les sympathisants démocrates y dépasseraient leurs homologues républicains de 10 points: 40 % contre 30 %), les sondages les plus sérieux commencent à montrer des choses un peu inquiétantes pour le candidat au bilan aussi vide que son expérience mais, comme son prédécesseur dans les poubelles de l’Histoire, aux caisses bien remplies …

En effet, comme le rappelle le maitre stratège (certes républicain) Karl Rove lui-même, il reste encore, à moins de trois semaines de l’élection, presque deux fois plus d’indécis qu’en 2004.

Mais surtout, selon le sondeur qui était le plus proche du résultat en 2004 (The Investor’s Business Daily… à 0.4% près !), l’avance du nouveau Robin des bois de nos valeureux journalistes est redescendu dans la marge d’erreur, soit un tout petit 3%.

Et, selon un autre sondage (The Washington Post/ABC), 45% des électeurs interrogés continueraient à penser que le sénateur le plus à gauche du pays (actuellement réduit à promettre des réductions d’impôts à tout va et à attaquer comme trop dépensier le plan d’assurance maladie de son concurrent républicain) n’est pas qualifié pour le poste, soit, quelques centaines de millions dépensés plus tard, à peu près le même nombre… qu’en mars dernier!

Obama Hasn’t Closed the Sale

Both candidates continue to tinker with their strategies.
Karl Rove
The WSJ
October 16, 2008

In the campaign’s final two weeks, voters will take a last serious look at both presidential candidates. The outcome of the race isn’t cast in stone yet.

Barack Obama holds a 7.3% lead in the Real Clear Politics average of all polls, but the latest Gallup tracking poll reveals that there are nearly twice as many undecided voters this year than there were in the last presidential election. The Investor’s Business Daily/TIPP poll (which was closest to the mark in predicting the 2004 outcome — 0.4% off the actual result) now says this is a three-point race.

This week also brought a reminder that Sen. Obama hasn’t closed the sale. The Washington Post/ABC poll found 45% of voters still don’t think he’s qualified to be president, about the same number who doubted his qualifications in March.

This is seven points more than George W. Bush’s highest reading in 2000 and the worst since Michael Dukakis’s 56% unqualified rating in 1988. It explains why Mr. Obama has ignored Democratic giddiness and done two things to keep victory from slipping away.

First, he is using his money to try to keep John McCain from gaining traction. The Obama campaign raised $67 million in September and may be on track to raise $100 million in October. Sen. McCain opted last month for roughly $85 million in public financing, giving him less than half of Mr. Obama’s funds for the campaign’s final two months. Even with robust Republican National Committee fund raising to augment his spending, Mr. McCain is at a severe financial disadvantage.

So Mr. Obama is spending $35 million on TV this week versus the McCain/RNC total of $17 million. Mr. Obama is outspending Mr. McCain on TV in Virginia by a ratio of 4 to 1, in Florida by 3 to 1, and in Missouri and Nevada by better than 2 to 1. The disparity is likely to grow in the campaign’s final weeks.

Money alone, however, won’t decide the contest. John Kerry and the Democrats outspent Mr. Bush and the GOP in 2004 by $121 million and still lost.

Mr. Obama’s other strategy is to do all he can to look presidential, including buying very expensive half-hour slots to address the country next week. He wants to give a serious, Oval-Office type address. This is smart. People appreciate Mr. Obama’s empathy on the economy, but as they take a long look at what he wants to do about it, they will be less impressed, especially if Mr. McCain draws sharp contrasts with clear policy proposals.

Mr. Obama is trying to make the case that his lack of experience or record should not disqualify him. But in doing so, he seems to recognize that the U.S. is still a center-right country. His TV ads promise tax cuts and his radio ads savage Mr. McCain’s health-care plan as a tax increase. It’s a startling campaign conversion for the most liberal member of the Senate. We’ll know on Election Day if he is able to get away with it.

About Karl Rove

Karl Rove served as Senior Advisor to President George W. Bush from 2000–2007 and Deputy Chief of Staff from 2004–2007. At the White House he oversaw the Offices of Strategic Initiatives, Political Affairs, Public Liaison, and Intergovernmental Affairs and was Deputy Chief of Staff for Policy, coordinating the White House policy making process.

Before Karl became known as « The Architect » of President Bush’s 2000 and 2004 campaigns, he was president of Karl Rove + Company, an Austin-based public affairs firm that worked for Republican candidates, nonpartisan causes, and nonprofit groups. His clients included over 75 Republican U.S. Senate, Congressional and gubernatorial candidates in 24 states, as well as the Moderate Party of Sweden.

Karl writes a weekly op-ed for The Wall Street Journal, is a Newsweek columnist and is now writing a book to be published by Simon & Schuster. Email the author at Karl@Rove.com or visit him on the web at Rove.com.

Similarly, Mr. McCain appears to be making three important course corrections. First, he and Gov. Sarah Palin are sharpening their stump speeches so their sound bites come off well on TV. Gone are offhand remarks and awkward comments read from notes perched on a podium. In are teleprompters and carefully crafted arguments. Mr. McCain is also more at ease than before and has an ebullient, come-from-behind underdog optimism that will serve him well in the final weeks.

Second, Mr. McCain is shaping a story line that draws on well-founded concerns about Mr. Obama’s lack of record or experience. Mr. McCain is also bowing to reality and devoting most of his time to the economy. His narrative is he’s the conservative reformer who’ll lead and work hard to get things done, while Mr. Obama is the tax-and-spend liberal who’s unprepared to lead and unwilling to act.

Mr. McCain is hitting Mr. Obama for wanting to raise taxes in difficult economic times, especially on small business and for the purpose of redistributing income, and for having lavish spending plans at a time when the economy is faltering. He’s criticizing Mr. Obama for lingering on the sidelines while Mr. McCain dove in to help pass a rescue plan, necessary no matter how distasteful. And he’s attacking Mr. Obama for not joining the fight in 2005 when reformers like Mr. McCain tried to rein in Fannie Mae and Freddie Mac.

Mr. McCain’s other adjustment is his schedule. His campaign understands the dire circumstances it faces and is narrowing his travels almost exclusively to Florida, North Carolina, Virginia, Ohio, Missouri, Colorado and Nevada. If he carries those states, while losing only Iowa and New Mexico from the GOP’s 2004 total, Mr. McCain will carry 274 Electoral College votes and the White House. It’s threading the needle, but it’s come to that.

This task, while not impossible, will be difficult. By mid-September, the McCain camp was slightly ahead in the polls. Then came the financial crisis. The past month has taken an enormous toll on the McCain campaign.

Whether it can find the right formula in the next 19 days to dig out is a question. If Mr. McCain succeeds, he will have engineered the most impressive and improbable political comeback since Harry Truman in 1948. But having to reach back more than a half-century for inspiration is not the place campaign managers want to be now.

Mr. Rove is a former senior adviser and deputy chief of staff to President George W. Bush.

Voir aussi:

John McCain comes out fighting and beats Barack Obama

Gerald Warner
The Telegraph
Oct 16, 2008

The final encounter between John McCain and Barack Obama was by far the best debate of the presidential campaign and this time there was a clear victor: John McCain. Commentators have grown so accustomed to lauding Barack Obama that they are now on automatic pilot and may even award the honours to him. If so, it will be ridiculous.

McCain came out fighting this time – but not the kind of mad-dog aggression in which his supporters had feared he might indulge. Nevertheless, he hit Obama hard, again and again. Starting with a reference to « Joe the plumber », whom Obama had recently met on the campaign trail and sentenced to higher taxation, McCain taunted his opponent for wanting to « spread the wealth around ». Obama went on the defensive and that was where he stayed for most of the debate, despite making repeated efforts to bite back.

McCain asked Obama when he had ever stood up to his own party. Then the moderator brought up the « nastiness » stuff about the campaign, which gave McCain the opportunity to challenge Obama on his association with former terrorist Bill Ayres, who bombed the Pentagon and said in 2001 he had not bombed enough, and the ACORN organisation which has enrolled Mickey Mouse among many thousands of newly registered voters on behalf of the Democrats. He did not expect Obama to crumple: he just wanted him to give transparently misleading answers to be deconstructed by the media and Obama obliged.

By now Obama was wearing a sneering, patronising smirk, like a protective mask, whenever McCain was speaking. It was wiped off his face momentarily when McCain, after denouncing him for wanting to fine small businesses if they did not provide the healthcare programmes for their employees that the authorities dictated, suddenly addressed Joe the plumber again: « Hey, Joe – you’re rich! Congratulations. » It was a good piece of debating theatre, mocking Obama’s defence of his proposals.

Finally came a spirited debate on abortion in which McCain pledged he would appoint justices to the Supreme Court on merit, with no litmus test. Obama initially took a similar line, then realised he dare not offend the harridan constituency of pro-abortion feminist Democrat groupies and came out defiantly for sustaining Roe v Wade. McCain then confronted him with his record in the Illinois Senate on opposing legislation to give life support to babies surviving abortion and supporting partial birth abortion. Obama caustically denied this which, again, will provide ammunition for the record checkers in the media.

The concluding statements from both candidates were strangely anticlimactic, presumably because they had been rehearsed. Otherwise, this encounter displayed more spirit than the whole of the rest of the tournament. Whether or not it will help him much is a moot point, but McCain won by several lengths.


Présidentielle américaine: Le politiquement correct a appris aux gens à mentir aux sondeurs (Political correctness, not racism, has taught people to lie to pollsters)

16 octobre, 2008
Sénateur Obama, je ne suis pas le président Bush. Si vous vouliez faire campagne contre lui, vous n’aviez qu’à vous présenter il y a quatre ans. (…) Et c’est un fait que le sénateur Obama a dépensé plus d’argent en spots négatifs que n’importe quelle campagne politique dans l’histoire. John McCain
L’explication tiendrait à la réticence des personnes interrogées à exprimer leur opposition à un candidat noir, de crainte de passer pour racistes. (…) Il y a un demi-siècle, 58 % des Américains avouaient leur refus de voter pour un candidat noir; en 2007, ils n’étaient plus que 5 %. Le Figaro
Pour la plupart des Américains, il n’y a rien de plus terrifiant que la perspective d’être qualifié de raciste. Cela est plus effrayant que l’inondation ou la famine, les attaques terroristes ou les bactéries mangeuses de chair. Pour certains, c’est encore plus effrayant que l’incertitude alimentaire. Le politiquement correct a appris aux gens à mentir aux sondeurs pour ne pas avoir à expliquer pourquoi ils ne voteront pas pour l’Afro-Américain. Ann Coulter

Au lendemain d’un ultime débat où John McCain a magistralement remis à sa place son adversaire au bilan quasi-inexistant (d’où la difficulté… de l’attaquer sur autre chose que sa personnalité!) mais aux moyens financiers quasi-illimités (qui peut ainsi se permettre de le noyer sous ses spots tant négatifs que positifs!) et que nos médias vont naturellement présenter comme une nouvelle victoire de leur poulain démocrate …

Et après le énième tour de passe-passe des Démocrates et de leur claque médiatique consistant à faire passer, comme pour l’origine de l’actuelle crise financière attribuée contre toute évidence à la déreglémentation, les doutes croissants des électeurs sur un candidat sans bilan et aux nombreuses parts d’ombre pour l’expression d’un prétendu racisme…

Il faut lire la dernière tribune d’Ann Coulter qui, dans une Amérique non pas plus mais moins raciste que jamais, rappelle que c’est le politiquement correct et non nécessairement « l’intolérance » ou le « racisme » qui empêche les électeurs (comme nos belles âmes des médias) de dire la vérité sur les multiples casseroles du candidat démocrate

Eighty-Four Percent Say They’d Never Lie To A Pollster
Ann Coulter
Human events

With an African-American running for president this year, there has been a lot of chatter about the « Bradley effect, » allowing the media to wail about institutional racism in America.

Named after Tom Bradley, who lost his election for California governor in 1982 despite a substantial lead in the polls, the Bradley effect says that black candidates will poll much stronger than the actual election results.

First of all, if true, this is the opposite of racism: It is fear of being accused of racism. For most Americans, there is nothing more terrifying than the prospect of being called a racist. It’s scarier than flood or famine, terrorist attacks or flesh-eating bacteria. To some, it’s even scarier than « food insecurity. »

Political correctness has taught people to lie to pollsters rather than be forced to explain why they’re not voting for the African-American.

This is how two typical voters might answer a pollster’s question: « Whom do you support for president? »

Average Obama voter: « Obama. » (Name of average Obama voter: « Mickey Mouse. »)

Average McCain voter: « I’m voting for McCain, but I swear it’s just about the issues. It’s not because Obama’s black. If Barack Obama were a little more moderate — hey, I’d vote for Colin Powell. But my convictions force me to vote for the candidate who just happens to be white. Say, do you know where I can get Patti LaBelle tickets? »

In addition to the social pressure to constantly prove you’re not a racist, apparently there is massive social pressure to prove you’re not a Republican. No one is lying about voting for McCain just to sound cool.

Reviewing the polls printed in The New York Times and The Washington Post in the last month of every presidential election since 1976, I found the polls were never wrong in a friendly way to Republicans. When the polls were wrong, which was often, they overestimated support for the Democrat, usually by about 6 to 10 points.

In 1976, Jimmy Carter narrowly beat Gerald Ford 50.1 percent to 48 percent. And yet, on Sept. 1, Carter led Ford by 15 points. Just weeks before the election, on Oct. 16, 1976, Carter led Ford in the Gallup Poll by 6 percentage points — down from his 33-point Gallup Poll lead in August.

Reading newspaper coverage of presidential elections in 1980 and 1984, I found myself paralyzed by the fear that Reagan was going to lose.

In 1980, Ronald Reagan beat Carter by nearly 10 points, 51 percent to 41 percent. In a Gallup Poll released days before the election on Oct. 27, it was Carter who led Reagan 45 percent to 42 percent.

In 1984, Reagan walloped Walter Mondale 58.8 percent to 40 percent, — the largest electoral landslide in U.S. history. But on Oct. 15, The New York Daily News published a poll showing Mondale with only a 4-point deficit to Reagan, 45 percent to 41 percent. A Harris Poll about the same time showed Reagan with only a 9-point lead. The Oct. 19 New York Times/CBS News Poll had Mr. Reagan ahead of Mondale by 13 points. All these polls underestimated Reagan’s actual margin of victory by 6 to 15 points.

In 1988, George H.W. Bush beat Michael Dukakis by a whopping 53.4 percent to 45.6 percent. A New York Times/CBS News Poll on Oct. 5 had Bush leading the Greek homunculus by a statistically insignificant 2 points — 45 percent to 43 percent. (For the kids out there: Before it became a clearinghouse for anti-Bush conspiracy theories, CBS News was considered a credible journalistic entity.)

A week later — or one tank ride later, depending on who’s telling the story — on Oct. 13, Bush was leading Dukakis in The New York Times Poll by a mere 5 points.

Admittedly, a 3- to 6-point error is not as crazily wrong as the 6- to 15-point error in 1984. But it’s striking that even small « margin of error » mistakes never seem to benefit Republicans.

In 1992, Bill Clinton beat the first President Bush 43 percent to 37.7 percent. (Ross Perot got 18.9 percent of Bush’s voters that year.) On Oct. 18, a Newsweek Poll had Clinton winning 46 percent to 31 percent, and a CBS News Poll showed Clinton winning 47 percent to 35 percent.

So in 1992, the polls had Clinton 12 to 15 points ahead, but he won by only 5.3 points.

In 1996, Bill Clinton beat Bob Dole 49 percent to 40 percent. And yet on Oct. 22, 1996, The New York Times/CBS News Poll showed Clinton leading by a massive 22 points, 55 percent to 33 percent.

In 2000, which I seem to recall as being fairly close, the October polls accurately described the election as a virtual tie, with either Bush or Al Gore 1 or 2 points ahead in various polls. But in one of the latest polls to give either candidate a clear advantage, The New York Times/CBS News Poll on Oct. 3, 2000, showed Gore winning by 45 percent to 39 percent.

In the last presidential election the polls were surprisingly accurate — not including the massively inaccurate Election Day exit poll. In the end, Bush beat John Kerry 50.7 percent to 48.3 percent in 2004. Most of the October polls showed the candidates in a dead-heat, with Bush 1 to 3 points ahead. So either pollsters got a whole lot better starting in 2004, or Democrats stole more votes in that election than we even realized.

Ann Coulter is Legal Affairs Correspondent for HUMAN EVENTS and author of « High Crimes and Misdemeanors, » « Slander, » «  »How to Talk to a Liberal (If You Must), » « Godless, » and most recently, « If Democrats Had Any Brains, They’d Be Republicans. »


Election américaine: Mais d’où vient ce type? (The least racist white-majority society in the world)

15 octobre, 2008
L’augmentation des cas de conflits raciaux (…) est en fait un signe d’amélioration et non d’aggravation des choses comme semblent le croire les commentateurs, puisqu’ils sont les reflets du nombre considérablement plus grand de contacts entre les noirs et les blancs (…) dans des situations de haut niveau concurrentielles. Orlando Patterson
Moi non plus je ne suis pas fier d’être Français. François Bégaudeau
Pour la première fois dans ma vie d’adulte, je suis vraiment fière de mon pays. Michelle Obama
Quand Obama a émergé, les leaders noirs traditionnels ont réagi sur le mode : « Mais d’où vient ce type? Il ne nous représente pas. » Les descendants d’esclaves sont une communauté avec une volonté de différentiation très marquée. Un peu comme les juifs, ils se reconnaissent d’un clin d’oeil, rient ou ne rient pas des mêmes choses. Ces gens-là veulent souvent vivre entre eux. Moi, je suis d’origine jamaïcaine. Comme Colin Powell, je ne fais pas « partie de la bande ».

Lorsque Obama évoque le comportement déplorable de tant de pères noirs qui abandonnent femme et enfants, c’est insupportable pour les dirigeants noirs traditionnels. Pas parce que c’est faux, mais parce qu’il en parle publiquement. Pour eux, critiquer les siens constitue un acte de déloyauté inadmissible. C’est pour ça qu’au début, le révérend Jesse Jackson dit, sans savoir qu’un micro est branché : « On va lui couper les c… »

Culturellement, ces dirigeants sont dominés par l’ethnicisme : la déloyauté envers le groupe de référence est le crime le plus grave. (…) Aujourd’hui, les dirigeants noirs sont tellement enthousiastes à la seule idée qu’un Noir soit élu président qu’ils en oublient leurs griefs. Orlando Patterson

Après la récente sortie d’un film français sur l’école dument primé à Cannes où le professeur avouait sa honte de la France …

Et la suspension, suite à l’incendie volontaire d’une dizaine de voitures, du tournage d’un film de Luc Besson avec John Travolta à Montfermeuil …

Au lendemain d’un troisième Marseillaise sifflée en sept ans par des supporters d’origine maghrébine lors d’un match de l’équipe nationale de football …

Et à la veille de l’ultime débat d’une élection susceptible de mener pour la première fois un candidat noir à la Maison Blanche qui de plus a, avec ses soutiens médiatiques et pour masquer l’inquiétante minceur de son bilan, largement utilisé la carte raciale et le chantage au racisme …

Intéressante remise des pendules à l’heure dans l’entretien, aujourd’hui dans le Monde, du sociologue de Harvard Orlando Patterson.

Qui a le mérite de rappeler, à ceux qui ont le racisme à la bouche à chaque fois que l’on parle des Etats-Unis, qu’il s’agit très probablement de la société occidentale la moins raciste.

Et aussi de bien faire percevoir le positionnement particulièrement calculé de la candidature d’un Barack Obama, issu de cette bonne moitié de la communauté qui n’est plus constituée de « descendants d’esclaves » mais « de Latino-Américains, d’Africains et de Caribéens » et « résultat de l’entrée massive de Noirs sur le territoire américain depuis cinquante ans », et qui, à l’instar d’un Colin Powell d’origine jamaicaine, « réussissent socialement souvent mieux ».

Mais aussi que le racisme n’est pas toujours où on le croit comme en témoigne le ressentiment, illustré tout récemment par le pasteur Jesse Jackson, de la communauté des « Africains-Américains historiques » qui défendent bec et ongles un certain ethnicisme, y compris au niveau résidentiel, mais qui est aujourd’hui obligée de le ravaler devant la chance historique d’avoir un premier président noir …

Orlando Patterson, professeur de sociologie à l’université Harvard, à Cambridge (Massachusetts), spécialiste de la « question raciale ».
Orlando Patterson : la force d’Obama ? Etablir un pont entre vote blanc et vote noir
Propos recueillis par Sylvain Cypel
LE MONDE
14.10.08

Une récente enquête au Michigan montrait que nombre d’ouvriers blancs ne voteront pas pour Barack Obama parce qu’il est noir. Quel est le poids de la « question raciale » aujourd’hui aux Etats-Unis ?

De nombreuses études, depuis dix ans, se résument à un chiffre rond : 20 %. Ainsi, le General Social Survey de l’université de Chicago repose les mêmes questions tous les deux ans. Il en ressort que pour 20 % d’électeurs blancs l’identité raciale des candidats est un élément-clé de leur vote. Dans les sondages, 20 % répondent qu’ils ne voteront pour Barack Obama « en aucune circonstance ». Tel est donc son « handicap » spécifique. Il peut le compenser en mobilisant les deux catégories qui votent historiquement le moins : les jeunes et les Noirs. Il suffirait que 5 % des 18-30 ans et 10 % de Noirs votent plus que d’habitude pour compenser le poids du facteur raciste.

Comment analysez-vous l’évolution de la « question raciale » aux Etats-Unis ?

Le changement est inouï. Il y a encore trente ans, un candidat noir aurait suscité une hostilité explicite. Aujourd’hui, l’Amérique est peut-être la nation la moins raciste des pays développés. Non seulement la ségrégation a été institutionnellement abolie, mais la contribution des Noirs en tant qu’Américains est reconnue. Les deux femmes les plus puissantes sont Condoleezza Rice (secrétaire d’Etat de l’administration Bush) en politique et, sur le plan sociétal, Oprah Winfrey (présentatrice vedette de la télévision). Il y a de plus en plus de maires et de PDG noirs.

Le changement majeur, c’est la formation d’une élite et d’une classe moyenne noire qui, en termes d’influence sociale et d’accès aux pouvoirs, possède un poids parfois disproportionné par rapport à sa réalité numérique. Des Noirs contrôlent des pans entiers de la structure de production de la culture, de la mode, du langage.

Pendant que les ouvriers blancs du Michigan étaient interrogés, leurs femmes regardaient Oprah Winfrey à la télé. Et leurs enfants, sur un autre écran, un match de basket, où 80 % des joueurs sont des Noirs. Quand les Boston Celtics ont gagné le championnat avec une équipe entièrement noire dans une ville WASP (blanche anglo-saxonne) par excellence, les jeunes se bousculaient pour toucher leurs héros.

Qu’est-ce qui n’a pas changé ?

C’est simple : la sphère publique a été bouleversée, mais, dans la sphère privée, l’Amérique est, sous certains aspects – l’école, l’habitat -, plus divisée qu’en 1960 ! Avant, tous les Noirs vivaient dans des ghettos. Aujourd’hui, les pauvres vivent dans des ghettos pauvres et les classes moyennes dans des zones résidentielles noires pour classes moyennes. Là est le paradoxe : la même femme blanche, qui regarde Oprah Winfrey et lit ses magazines, verra d’un très mauvais oeil un couple noir acheter la maison d’à côté. Bref, un Noir présentateur de télé, c’est parfait, un Noir comme voisin, non. Cela étant, cette attitude aussi est en recul. On le voit bien dans le rapport des jeunes Blancs à la culture noire.

Il y a cinquante ans, des parents blancs dénonçaient déjà le rock and roll que leurs enfants adoraient comme une « musique de Nègres »…

Oui, avec une différence : à l’époque, il fallait Elvis Presley. Seul un Blanc pouvait faire la médiation avec la « musique de Nègres ». Les jeunes Blancs n’ont plus besoin de cette médiation. Cette évolution est fondamentale.

Avez-vous une explication à ce paradoxe entre sphère privée et sphère publique ?

La plupart des analystes y voient la persistance du racisme. Mais la ségrégation dans l’habitat n’est pas due qu’aux Blancs. On assiste à une montée en puissance très importante de la « politique identitaire » aux Etats-Unis. Je comprends d’où vient ce phénomène chez les Noirs. Mais il reste que l’identité raciale y est très puissante. Eux aussi ont un « problème » avec les Blancs ; eux aussi veulent rester « entre eux ». Dans la ghettoïsation de l’habitat, je ne néglige pas les facteurs sociaux, la pauvreté. Mais le phénomène identitaire est très important.

Aujourd’hui, si un Noir des classes moyennes veut s’installer dans un quartier blanc, ce n’est pas simple, mais parfaitement possible. Et si les mariages interraciaux progressent à un rythme lent, là encore la pression sociale pour ne pas épouser quelqu’un de l' »autre » race n’existe pas que chez les Blancs.

Pourquoi Barack Obama se définit-il comme « candidat noir », pas comme métis ?

Au départ, en Amérique, quiconque est sang mêlé est « noir » : tel était le système raciste d’exclusion. Aujourd’hui, les plus favorables à s’identifier comme « noirs » sont les métis eux-mêmes. Or ils ne devraient pas avoir à choisir entre leur père et leur mère. Mais le leadership communautaire noir fait pression pour qu’ils s’enregistrent comme « Noirs seulement ». Il faut le dire crûment : ainsi, ils préservent leur influence sur la communauté. Obama, en se définissant comme « Noir », s’insère dans cette quasi-obligation. L’ironie est qu’il le fait d’une manière qui met en péril le fonctionnement des institutions noires identitaires, car en réalité il pousse à l’abandon de la politique identitaire. Mais il doit le faire de façon très précautionneuse. Car, dans leur majorité, les Noirs sont suspicieux à l’égard des métis. De plus, Obama n’est pas un descendant d’esclaves. Mais il a géré le problème brillamment.

Après Harvard, il a opté pour devenir organisateur communautaire plutôt que de gagner tout de suite 500 000 dollars par an. De Barry, il a choisi de redevenir Barack et n’a pas eu honte de son second prénom, Hussein. Mais sa principale force a été sa femme. S’il s’était marié à une Blanche, pour la communauté noire, ce n’était pas même la peine d’essayer de quémander ses voix. Epouser une jeune femme très « racines », issue d’un milieu de cols bleus noirs, ça, c’est le gage absolu. Michelle a vraiment le black woman affect (la sensibilité de la femme noire). Bien sûr, elle sort d’Harvard. Mais elle est dure. Les Noirs reconnaissent en elle une sister. Elle est la part essentielle de son lien avec la communauté africaine-américaine.

Barack Obama n’est donc pas un candidat « post-racial » ?

Non : il a gardé deux liens séparés et établi un pont, c’est différent. Son succès est dû à sa capacité à ne pas s’aliéner le vote noir, dont il a besoin, tout en n’étant pas un « candidat noir » dans le sens habituel. Sa force est d’être capable de communiquer aussi facilement avec les Blancs qu’avec les Noirs. Quelque chose dans sa personnalité le lui permet. N’oubliez pas que culturellement, il est « blanc », élevé par des grands-parents blancs dans un milieu blanc au Kansas.

La plupart des Blancs ne se sentent pas menacés par lui. Même des racistes « moyens » – pas les forcenés, bien sûr – peuvent dire « j’aime bien ce type ». Pour la première fois, ils sont à l’aise avec un Noir : il leur donne le sentiment de ne pas être racistes ! Quand, pour devenir sénateur de l’Illinois, il a remporté des circonscriptions du sud de l’Etat, au conservatisme puissant, racisme inclus, je me suis dit : ce gars-là ira très loin.

Aujourd’hui, une moitié de cette communauté n’est plus constituée des « descendants d’esclaves » mais de Latino-Américains, d’Africains et de Caribéens…

Obama est le résultat de l’entrée massive de Noirs sur le territoire américain depuis cinquante ans. Or, ceux qui ne sont pas des Africains-Américains historiques réussissent socialement souvent mieux. A l’embauche, beaucoup d’employeurs font plus confiance à un Antillais. On a oublié que Colin Powell, de parents jamaïcains, aurait pu être le premier candidat noir à l’élection présidentielle.

Quand Obama a émergé, les leaders noirs traditionnels ont réagi sur le mode : « Mais d’où vient ce type ? Il ne nous représente pas. » Les descendants d’esclaves sont une communauté avec une volonté de différentiation très marquée. Un peu comme les juifs, ils se reconnaissent d’un clin d’oeil, rient ou ne rient pas des mêmes choses. Ces gens-là veulent souvent vivre entre eux. Moi, je suis d’origine jamaïcaine. Comme Colin Powell, je ne fais pas « partie de la bande ».

Quelles sont les conséquences de cette diversité noire sur la campagne ?

Lorsque Obama évoque le comportement déplorable de tant de pères noirs qui abandonnent femme et enfants, c’est insupportable pour les dirigeants noirs traditionnels. Pas parce que c’est faux, mais parce qu’il en parle publiquement. Pour eux, critiquer les siens constitue un acte de déloyauté inadmissible. C’est pour ça qu’au début, le révérend Jesse Jackson dit, sans savoir qu’un micro est branché : « On va lui couper les c… »

Culturellement, ces dirigeants sont dominés par l’ethnicisme : la déloyauté envers le groupe de référence est le crime le plus grave. Là encore, je suis admiratif de la manière dont Obama a contourné l’obstacle. Aujourd’hui, les dirigeants noirs sont tellement enthousiastes à la seule idée qu’un Noir soit élu président qu’ils en oublient leurs griefs.

De tous points de vue, nous assistons à une campagne incroyable. Un affrontement entre deux candidats si profondément différents, dans une situation internationale, politique et financière, très tendue, avec une crise intérieure américaine, économique et culturelle, très profonde, tout tend à rendre cette élection l’une des plus exceptionnelles de l’histoire américaine. Les bouleversements qu’une victoire d’Obama générerait dans la communauté noire américaine n’en sont qu’un élément.


Bilan Chirac: La vie des autres en VF (How Chirac used the country’s intelligence service to smear his opponents)

15 octobre, 2008
Yves BertrandUne repoussante histoire de coups fourrés, de complots et de salisssures. The Times
Bienvenue au pays où, avec leur version locale de la Stasi, les dirigeants surveillent les chambres à coucher de leurs administrés et la justice refourgue tranquillement les infos à la presse!
.
Coucheries, vies sentimentales, séparations, adultères, achats d’appartements, valises de billets, renseignements divers et variés, distributions d’argent secret, manipulations, coups tordus, renseignements d’alcôve, tuyaux percés, maraboutages, bisexualité, consommation de cocaïne, problèmes fiscaux, ardoises de grands hôtels, étouffement ou amplification d’affaires, liftings présidentiels, fouilles dans les dossiers fiscaux …

A l’heure où on l’apprend la confirmation que le célèbre animateur de télévision des années 80 Philippe de Dieuleveult assassiné au Zaïre il y a 23 ans était probablement bien un honorable correspondant des services français

Et après les carnets noirs du général Rondot saisis par la justice il y a deux ans, voici, énième vestige des années Chirac,… les carnets de coucheries!

Sortis, cette fois dans Le Point et à l’heure où l’ancien premier ministre Dominique de Villepin vient d’être rattrapé par la justice, et de la main même de la 2e pièce du cabinet noir du tandem Chirac-Villepin, Yves Bertrand , patron des tristement fameux RG.

Qui, avec l’aide d’une poignée de fonctionnaires et de journalistes affidés parfois rémunérés, a, sous huit ministres de l’Intérieur et deux cohabitations (soit douze longues années : 1992-2004), assuré les basses besognes de la Chiraquie et notamment la déstabilisation des présidentiables tels qu’un Pasqua, un Jospin ou un Sarkozy …

Les carnets noirs de la République
Jean-Michel Décugis, Christophe Labbé et Olivia Recasens
Le Point
le 09/10/2008

Yves Bertrand, l’homme qui a dirigé les Renseignements généraux pendant douze ans, notait tout dans ses carnets. Le Point a eu entre les mains les 23 cahiers à spirale qui courent de 1998 à 2003. Coups tordus, déstabilisation politique, indiscrétions sur le tout-Paris… Un voyage sous les jupes de la République.Lundi 27 janvier 2003, d’une écriture ronde et en soulignant certains noms propres, le patron des Renseignements généraux, Yves Bertrand, relate en détail dans un carnet à spirale qui ne le lâche jamais les conditions de la séparation de Nicolas Sarkozy de sa première femme, sur fond d’adultère. Le tout complété de renseignements sur Cécilia, ses parents et son ex-mari, Jacques Martin. A cette époque, Bertrand collectionne toutes les informations, même anciennes, susceptibles de pouvoir déstabiliser son ministre de l’Intérieur, futur candidat à la présidentielle.

Le Point a pu consulter dans leur intégralité le contenu de ce carnet et des vingt-deux autres, saisis le 16 janvier 2008, au domicile de celui qui a dirigé près de douze ans les RG. La justice n’en a extrait que ce qui concernait l’affaire Clearstream. Depuis, des centaines de pages noircies à la main par Yves Bertrand dorment sous scellés au palais de justice de Paris.

On y trouve, pêle-mêle, le nom de ses informateurs, le compte rendu de ses conversations, ses rendez-vous, les enquêtes secrètes qu’on lui commande, avec l’identité des donneurs d’ordre, les promotions ou les renvois d’ascenseur à tel syndicaliste. Bertrand prend également soin d’amasser du « biscuit » sur ses concurrents place Beauvau. Tel directeur général de la police se retrouve ainsi dans les carnets, impliqué dans un achat d’or au Liban. Au fil des pages apparaît une certaine Henriette, la fonctionnaire qui distribuait l’argent secret du ministère de l’Intérieur. Et au milieu les rendez-vous d’Yves Bertrand chez le dentiste, le relevé de ses comptes bancaires, la liste des courses ou la litière du chat à changer. Les carnets, qui courent de mai 1998 à novembre 2003, dévoilent aussi le travail de basse police orchestré par « YB ». Manipulations, coups tordus, renseignements d’alcôve, tuyaux percés. Avec quelques bouffées délirantes, lorsque le patron des RG consigne que tel chef d’Etat africain est « marabouté ». Tout ce qui a récemment nourri la polémique sur Edvige, le fichier de police qui prévoyait d’indiquer l’orientation philosophique, religieuse, les préférences sexuelles ou les informations sur la santé des personnalités publiques, se trouvait déjà dans les carnets d’Yves Bertrand. La bisexualité de tel ministre, la consommation de cocaïne ou les problèmes fiscaux de tel autre, l’ardoise laissée par un ancien Premier ministre dans un grand hôtel parisien… tout y est. C’est pour avoir tenté de dénoncer ces dérives, avec trois autres policiers, en 1995, que l’ancien commissaire des RG Patrick Rougelet s’est fait révoquer. « J’ai vu des gens craquer parce qu’on leur demandait de faire des choses inavouables », raconte l’auteur de « RG, la machine à scandales » (1).

« Théorie du complot. »

Beaucoup, à gauche comme à droite, soupçonnent Yves Bertrand d’avoir été la pièce maîtresse d’un cabinet noir piloté par Dominique de Villepin au service de Jacques Chirac. En essayant d’étouffer certaines affaires ou au contraire en soufflant sur les braises, YB aurait protégé l’ancien président de la République et déstabilisé ses ennemis ou concurrents. Des accusations réfutées en bloc par les intéressés, qui parlent d’une « théorie du complot ». « On ne peut pas rester douze ans à la tête des RG et servir sous autant de gouvernements sans susciter d’inévitables jalousies et laisser derrière soi un parfum de mystère… » ironise Yves Bertrand dans son livre « Je ne sais rien… mais je dirai (presque) tout » (2). Une confession dans laquelle il se donne le beau rôle, très loin de ce qu’on lit dans les carnets. L’ombre de ce cabinet noir plane sur ces écrits. Les initiales « DV », pour Dominique de Villepin, tour à tour secrétaire général de l’Elysée puis ministre des Affaires étrangères, apparaissent régulièrement au fil des pages. Souvent soulignées, ce qui dans les habitudes de Bertrand signifie que la personne lui donne des informations ou lui fait une demande. Dans les deux éphémérides saisies avec les cahiers, on compte plus d’une trentaine de rendez-vous avec « DV » souvent en début de soirée, en 2001 et 2002. Autres courroies de transmission entre l’Elysée et Yves Bertrand : Philippe Massoni, successivement préfet de police de Paris et chargé de mission pour les questions de sécurité auprès de Chirac à l’Elysée. Interrogé par Le Point , Philippe Massoni a indiqué que ses contacts avec Yves Bertrand entraient strictement dans le cadre de sa mission, « essentiellement orientée vers la lutte contre le terrorisme » . Dans les carnets secrets, on découvre l’ampleur des moyens déployés pour mettre hors jeu Charles Pasqua et Lionel Jospin dans la course à la présidentielle de 2002. Dès janvier 2000, le Premier ministre et son entourage (jusqu’à sa cousine germaine) font l’objet d’un véritable acharnement. La vie privée de chacun est passée à la loupe. Ainsi, en janvier 2000, YB note à propos d’un proche collaborateur de Lionel Jospin qu’il « a une maîtresse polonaise ».

Vie privée

Nicolas Sarkozy n’a pas été épargné. Y compris lorsqu’il était ministre de l’Intérieur. Dès qu’il le pourra, Sarkozy se débarrassera d’ailleurs de l’inoxydable Bertrand-qui avait résisté à huit ministres de l’Intérieur et deux cohabitations-en l’exilant, en janvier 2004, à l’Inspection générale de l’administration. Atteint par la limite d’âge, YB est relégué dans un petit bureau au fond d’un couloir. Devenu président de la République, Nicolas Sarkozy confie à un proche, Bernard Squarcini, l’ex-rival de Bertrand, le soin de reprendre en main les Renseignements généraux. Squarcini démembre la machine RG entre la Sécurité publique et la DST, pour prendre la tête de la nouvelle Direction centrale du renseignement intérieur. Des milliers de notes blanches datant de la période Bertrand sont alors exhumées des archives pour être officiellement détruites. Un fatras dont les carnets de l’ex-patron des RG conservent l’empreinte.

Yves Bertrand est un pur produit de la vieille école RG. Celle d’une police politique qui n’hésitait pas à regarder par les trous de serrure. Cheveux poivre et sel tirant sur le blanc, à 64 ans, l’homme qui ressemble plus à un habitué des thés dansants qu’à un James Bond a commencé sa carrière sous le ministre de l’Intérieur Raymond Marcellin en faisant la chasse aux gauchistes. Ce qui ne l’empêchera pas d’être nommé à la tête des RG en 1992 par les socialistes. Même en roulant pour Chirac, YB n’a pas résisté à la tentation de consigner quelques commérages sur son mentor. En octobre 2003, on peut lire : « Chirac s’est fait faire un lifting au Canada. »

Intouchable

Bertrand a su devancer les demandes inavouables des politiques de droite comme de gauche tout en leur faisant comprendre qu’il pouvait devenir leur pire fléau. Anecdote révélatrice, lorsque Charles Pasqua s’en va, après son deuxième passage au ministère de l’Intérieur, il donne ses dernières recommandations à Philippe Barret, qui vient d’arriver comme conseiller police dans les bagages de Jean-Pierre Chevènement : « Bertrand est la seule personne dont il m’a conseillé de me séparer : « Il est là depuis trop longtemps » », se souvient Barret. Chevènement, alors en conflit avec les conseillers de Jospin à Matignon, a préféré le garder. « Pasqua avait compris à quel point il pouvait lui être néfaste et Jospin a commis l’erreur de céder. » Bertrand ne se montrera pas ingrat. Pendant les quatre mois d’absence du ministre, victime d’un accident d’anesthésie, YB consignera avec soin les rumeurs que les uns et les autres font courir sur sa santé. Des notes qu’il s’empressera de porter à Chevènement dès son retour, comme YB le raconte : « A peine revenu Place Beauvau, Chevènement savoure les notes circonstanciées […] : « Ah ! il a dit ça, celui-là, et lui aussi, en qui j’avais placé toute ma confiance !  » »

Intouchable, Yves Bertrand ? Il est vrai que Jacques Chirac, tant qu’il est resté à l’Elysée, a soutenu le patron des RG contre vents et marées. Dans son livre, Bertrand s’amuse à raconter cette scène. En 2001, Daniel Vaillant, qui occupe le fauteuil place Beauvau, le convoque et exige sa lettre de démission. YB botte en touche : « Demandez au président de la République de mettre fin à mes fonctions ! […] Vaillant se tasse sur lui-même et me répond : « Vous savez bien que pour cela il faut un décret pris en conseil des ministres ! Et ce décret, voilà des semaines que je le présente au président de la République et qu’il refuse de le signer… Convenez qu’à la fin, cela devient très humiliant pour moi ! » » Finalement, Bertrand restera en poste.

Pour faire la sale besogne, le patron des RG pouvait compter sur une poignée de fonctionnaires dévoués dont les noms apparaissent régulièrement dans ses carnets. On y croise aussi des barbouzes et quelques journalistes affidés, qui sont parfois rémunérés, comme le montrent les sommes d’argent en regard de certains noms. La presse, Yves Bertrand la fréquente assidûment. Chaque jour, il déjeune avec un journaliste ou en reçoit un dans son bureau. Certains le voient entre une et trois fois par mois.

Les carnets secrets sont un effarant voyage sous les jupes de la République. On pourrait en sourire si ce travail de basse police n’avait parfois brisé des carrières, faussé le jeu démocratique et même détruit des vies.

La réaction d’Yves Bertrand

Ce n’est pas parce que j’écris sur untel ou unetelle que c’est parole d’Evangile. Ces carnets qui ont un caractère privé sont à considérer comme des brouillons. Il s’agit d’un outil de travail, on ne peut pas en interpréter le contenu. Il est normal que le patron des RG soit informé très en amont des affaires. Cela veut dire que j’étais bon. Les destinataires de mes notes étaient le cabinet du ministre de l’Intérieur, Matignon et l’Elysée. Quant à la vie privée, je n’ai pas dû écrire beaucoup de choses et si je l’ai fait, c’était certainement pour protéger les membres du gouvernement. »

Voir aussi:

« Carnets noirs », « confidences » : Yves Bertrand ou l’art de la manipulation
Le Monde
Isabelle Mandraud
14.10.08

Rumeurs, ragots, et « tuyaux » en tout genre, l’ancien patron des Renseignements généraux (RG), Yves Bertrand, ne se contentait pas de les récolter, et de les écrire. Il savait aussi les distiller. C’est lui qui a ainsi inspiré quelques-uns des chapitres d’un livre intitulé Histoire secrète de la droite – 50 ans d’intrigues et de coups tordus, à paraître le 16 octobre, d’Eric Branca et Arnaud Floch (Plon). Où l’on découvre une scabreuse tentative de déstabilisation de la famille Oussekine.

Après la mort, le 6 décembre 1986, de Malik Oussekine, victime d’une bavure policière lors d’une manifestation d’étudiants, les auteurs affirment que le cabinet de Robert Pandraud, ministre délégué à la sécurité, « avait réclamé aux Renseignements généraux un dossier complet sur le défunt et sa famille » puis « fourni clé en main », quelques-uns des éléments dudit dossier à des représentants de l’hebdomadaire d’extrême droite Minute. Y figuraient, notamment, des renseignements sur un frère qui aurait eu des démêlés avec la justice et sur l’une des soeurs prétendument prostituée. Ce que les envoyés spéciaux de Minute iront vérifier… L’affaire, nauséabonde, a tourné court car rien de tout cela, bien sûr, n’était vrai. Yves Bertrand était alors directeur adjoint des RG. Des années plus tard, « c’est lui qui m’a mis sur la piste de cette histoire, affirme Eric Branca. Il m’a confirmé qu’il s’agissait bien de discréditer la famille ».

PETITS SECRETS ET RUMEURS

Autre exemple des « infos » distillées par le responsable policier : l’imputation à un actuel ministre d’une « tentation » de s’allier aux élections européennes de 1999 avec l’extrême-droite. Yves Bertrand, assure Eric Branca, « avait eu des choses là-dessus ». Les deux hommes se connaissent bien. Eric Branca, journaliste à Valeurs actuelles, reconnaît qu’il faisait partie des visiteurs du soir réguliers d’Yves Bertrand. Ce dernier fera d’ailleurs appel à lui pour rédiger son livre Je ne sais rien… mais je dirai (presque) tout (Plon, 2007) dans lequel celui qui dirigea pendant douze ans les RG avait trié quelques « informations » du passé. Mais sur ses carnets, pas un mot.

Dans son édition du 9 octobre, Le Point a cependant consulté les « carnets noirs de la République », ces 23 cahiers à spirale rédigés entre 1998 et 2003 par Yves Bertrand et saisis par la justice dans le cadre de l’enquête sur l’affaire Clearstream. L’hebdomadaire rapporte qu’entre la liste de ses courses, et de ses rendez-vous chez le dentiste, l’homme le mieux informé de France notait les petits secrets et rumeurs dont il était détenteur. Bisexualité de tel ministre, problèmes fiscaux d’un autre ou addiction à la cocaïne d’un troisième… Une visite sordide dans les coulisses de la République. Et même des « bouffées délirantes », souligne Le Point, lorsqu’Yves Bertrand consigne que tel chef d’Etat est « marabouté ». Exactement ce qu’Eric Branca dépeint sous les traits de Valéry Giscard d’Estaing dans l’avant-propos de son livre…

Soupçonné d’avoir été la pièce maîtresse d’un cabinet noir piloté par Dominique de Villepin et d’avoir contribué à alimenter les fameux listings de Clearstream, le nom d’Yves Bertrand apparaît aussi dans un autre scandale, l’Angolagate. Dans le but de déstabiliser alors Charles Pasqua, et de nuire à un opposant de Jacques Chirac, il aurait « nourri » quelques-unes des pistes qui ont permis de remonter les filières de ce trafic d’armes.

Yves Bertrand ou l’art de la manipulation. L’ancien patron des RG a travaillé de 1992 à 2004 sous l’autorité de huit ministres de l’intérieur successifs. Et encore aujourd’hui, pas une voix ne s’élève pour s’indigner de ces méthodes que l’on dit révolues…

Voir aussi:

Les carnets noirs de la République – Haro sur Lionel Jospin

Jean-Michel Décugis, Christophe Labbé et Olivia Recasens
Le Point
le 09/10/2008

« Marin Karmitz, propriétaire de MK2, a payé à Noëlle Châtelet, soeur de Jospin, un scénario bidon (50 000 francs), ni réalisé, ni même rédigé. » Nous sommes le 15 décembre 2000, le patron des Renseignements généraux consigne dans son carnet les informations qu’il a obtenues sur la soeur de son Premier ministre. A un an et demi de la présidentielle, Yves Bertrand passe au peigne fin tout l’entourage du candidat de la gauche.

Quand Marin Karmitz, producteur et propriétaire des cinémas MK2, a pris connaissance des pages le concernant, il est tombé de sa chaise. « L’histoire remonte à 1986. Noëlle venait de perdre son mari, le philosophe François Châtelet, dont j’étais très proche. Je lui ai commandé ce scénario pour l’aider. Elle l’a écrit, ce n’était absolument pas bidon, même s’il n’a jamais donné lieu à un film, comme cela arrive souvent », explique Karmitz. Et d’ajouter : « Je n’en ai jamais parlé à personne. Ce genre d’info ne peut-être récupérée qu’en allant fouiller dans les dossiers fiscaux. »

Sur sa lancée, Bertrand s’intéresse aussi à l’écrivain Caroline Eliacheff, la compagne du producteur. Puis il évoque des « anomalies » en 1993, sur des comptes de MK2 dans une banque suisse. « A l’époque, je tournais en Suisse le dernier volet de la trilogie Kieslowski. A partir d’un mélange de vrai et de faux, on crée une rumeur qui peut ruiner une carrière », s’indigne Marin Karmitz, qui a fait partie du comité de soutien à Lionel Jospin en 1995.

Des renseignements qui sont précédés des initiales « B. H. » pour Brigitte Henri. Interrogé par Le Point , l’ex-commissaire des RG confirme avoir travaillé sur Karmitz. « C’était un dossier financier qui a donné lieu à des notes blanches. Je ne l’ai pas fait dans un cadre politique. » Sous la plume d’Yves Bertrand, la famille Jospin prend des allures de « Famille Adams ». En octobre 2000, YB s’intéresse à la cousine germaine de Jospin, dont il passe aux rayons X les activités professionnelles. En janvier 2001, c’est la première épouse qui se retrouve épinglée dans les carnets avec la mention « emploi fictif chez EDF ». « Une pure invention qui ferait rire chez EDF, où j’ai bel et bien été chargée de mission. On est dans la basse police », déclare la psychosociologue Elisabeth Dannenmüller. Et quand il s’agit de salir le père du Premier ministre, on verse dans le nauséabond. En mai 2001, Bertrand commande une enquête sur le passé de Robert Jospin, en indiquant les initiales du policier chargé de la mission. Quelques pages plus loin, sous les initiales du même enquêteur, il consigne le résultat des recherches. Deux mois après paraît un livre qui évoque, entre autres, le passé de Robert Jospin pendant la guerre.

Si le patron des RG a pu travailler en toute impunité sur son Premier ministre, c’est parce que Jacques Chirac a toujours refusé de signer le décret qui aurait permis de le démettre de ses fonctions, comme le demandait Jospin. Mais Bertrand a aussi profité de la guerre entre le Premier ministre et son ministre de l’Intérieur, Jean-Pierre Chevènement, futur candidat à la présidentielle de 2002. Dans les carnets, on le voit renseigner le cabinet de Chevènement sur le rapprochement que tente Matignon avec les nationalistes corses. Des tractations que Bertrand réprouve autant que son ministre de l’Intérieur. Bertrand a une autre raison de torpiller Jospin. Le Premier ministre veut faire une croix sur les RG. Il l’a d’ailleurs déclaré devant les députés : « Dans la république, il n’y a pas de place pour une police politique. » Un démantèlement auquel s’oppose Jean-Pierre Chevènement, qui se sert des RG pour exister face à Matignon. « On savait pertinemment que Bertrand jouait un double jeu », explique au Point Clotilde Valter, l’ancienne conseillère pour les affaires de sécurité de Lionel Jospin, dont le nom est cité plusieurs fois dans les carnets.

Yves Bertrand veille comme le lait sur le feu sur les affaires financières susceptibles de mouiller Jospin. A l’automne 2000, alors qu’une ancienne conseillère de Jospin au ministère de l’Education a été mise en examen quelques mois plus tôt pour un présumé emploi fictif dans le scandale de la MNEF, la principale mutuelle étudiante, Bertrand marque dans son carnet « liens de Jospin avec la MNEF ». Cherche-t-il du « biscuit » pour impliquer Jospin, contre lequel aucune charge n’a jamais été retenue ? De même, lorsque YB écrit le 13 janvier 2000 : « Moatti en prolongation de garde à vue depuis hier après-midi. Prolongation justifiée par des raisons techniques. On s’oriente vers une remise en liberté. » Ce financier est présenté comme un pourvoyeur de fonds occultes pour le Parti socialiste, ce qu’il a toujours démenti. Richard Moatti est surtout un proche de Jospin. Il l’aurait souvent reçu dans sa villa des Bouches-du-Rhône, voisine de celle du comédien Jean-Marc Thibault, dont Lionel Jospin a épousé la belle-soeur, Sylviane Agacinski. Quand le couple Jospin est victime d’une dénonciation calomnieuse à propos de leur résidence secondaire sur l’île de Ré, prétendument achetée avec une partie des fonds secrets de Matignon, Yves Bertrand suit avec gourmandise l’évolution de l’affaire.

Joint par Le Point pour réagir à ces documents qui prouvent toute l’attention que le patron des RG lui a portée, Lionel Jospin a fait répondre par son secrétariat privé qu’il n’avait pas « l’intention de lire ces « dossiers » », « ni de [s] ’exprimer » dans l’article. « Trambert » comme on l’appelle (Bertrand à l’envers) est soupçonné par les conseillers de Lionel Jospin à Matignon d’être à l’origine des tuiles qui tombent en cascade sur la tête du Premier ministre. Des collaborateurs, dont le patron des RG, rapportent les faits et gestes dans ses carnets. Comme pour ce membre éminent du cabinet que Bertrand affuble d’ « une maîtresse polonaise ».

En 2001, le passé trotskiste de Jospin fait la une de la presse et le succès de deux livres biographiques dont YB note scrupuleusement pour l’un d’entre eux les chiffres de vente. Yves Bertrand jure n’y être pour rien : « Ce sont ses anciens copains qui l’ont balancé. Je n’ai pas organisé de fuite pour le compte de l’Elysée. » Pourtant, dès septembre 2000, Bertrand noircit dans ses carnets une dizaine de pages sur le passé politique du Premier ministre.

Autre élément troublant, dans les cahiers secrets apparaît régulièrement le nom du journaliste free-lance qui a rédigé en 2000 un projet de livre sur le passé trotskiste de Jospin. Ce manuscrit, dont Le Point a eu copie, est annoté par un proche collaborateur de Bertrand qui dirige alors ce que l’on appelle les « enquêtes réservées » à la DCRG. Et c’est un ex-commissaire des RG qui aurait été chargé par Bertrand en mars 2001 de démarcher les éditeurs pour tenter de faire publier l’ouvrage. En vain.

Jusqu’à la veille de la présidentielle, Bertrand met de la poudre dans le canon. Il écrit dans ses cahiers : « Hôtel Warwick (8e), rencontre entre Jospin et Le Pen dans une suite. » Le genre de rumeur qui ne vous aide pas à quelques jours des élections.

Voir enfin:

Sarkozy’s women ‘used in smear plot’
Matthew Campbell
The Sunday Times
October 12, 2008

A TALE of skulduggery and intrigue has emerged in France, where the former intelligence chief is suspected of spying on President Nicolas Sarkozy’s wives and lovers as part of an effort to smear him.

Evidence that the telephone of Marie-Dominique Culioli, Sarkozy’s first wife, had been bugged even after their separation was one of the secrets leaked last week from the private notebooks of Yves Bertrand, head of the Renseignements Généraux, or secret police, for 12 years until 2004.

The revelations have cast an unusual light on the grubby underbelly of French politics and the extent to which the intelligence service has been used as a tool for settling personal vendettas instead of defending state interests.

In January 2003, Bertrand filled two pages of his notebook with an account of how “Sarko”, as he called the then interior minister, had left Culioli in the late 1980s for Cécilia, who became his second wife in 1996.

The diary entry made liberal use of a transcript of a telephone conversation between Culioli and her best friend in which they discussed Sarkozy’s adultery with Cécilia. The transcript was presumed to have come from a phone tap.

Filled with explosive claims about the drug habits and sexual exploits of various top politicians, the diaries were seized from Bertrand’s home last January as part of an investigation into dirty tricks against Sarkozy. They were leaked last week to Le Point magazine, which called them “an alarming journey under the skirts of the republic”.

The large round handwriting covers at least 23 notebooks that were found in Bertrand’s cellar. References to the secret lives of the leaders are interspersed with shopping lists, Bertrand’s bank balance and memos to himself such as “change cat litter”.

Bertrand, 64, who is described as representing the “old school” of French intelligence, last week denied any attempt to discredit Sarkozy, who had moved him to another post in 2004 after accusing him of “plotting”.

“It is pure fantasy,” he said, defending his interest in the personal lives of other politicians on the grounds that “it is normal that I be kept informed at an early stage . . . When a politician takes cocaine, that can have an impact on the life of the country”. He added, however, that “rarely did these rough drafts [of reports] ever become a subject for official exploitation”.

Even so, the diary shows him to be somewhat obsessed with Sarkozy. In one entry, in 2002, he writes: “Sarkozy building a villa near Sartrouville. Using construction companies from Neuilly. All on the black [using illegal labour].”

Another entry noted that Guillaume Sarkozy, a textile entrepreneur, vice-president of the French union of employers and brother of the president, was the victim of a “blackmail” attempt.

In the view of Le Point, the diaries offered the first credible evidence that the intelligence services had played an active role in the efforts of Jacques Chirac, the former president, to stop Sarkozy succeeding him last year. It called Bertrand the “key player in a black cabinet . . . in the service of Chirac”.

“One could smile,” said the magazine, “if this below-the-belt police work had not sometimes shattered careers and undermined democracy.”

French leaders have often used – or abused, say critics – the intelligence services to further their goals.

François Mitterrand, the former Socialist president, liked to keep tabs on friends and foes alike by eavesdropping on their telephone conversations.

Chirac had his reasons for keeping an eye on Sarkozy. Once a mentor to the younger man, he had never forgiven him his treachery in backing a rival for the presidency in 1995. Sarkozy had compounded this betrayal by dating and dumping Claude, Chirac’s daughter. Chirac apparently wanted to get even.

He left no stone unturned in trying to thwart the man he might once have regarded as the perfect son-in-law. He was even rumoured to have ordered the intelligence service to inform Cécilia about her husband’s affairs in the hope that this would weaken Sarkozy: in one of his diary entries, Bertrand claimed Sarkozy was having an affair four years ago with the wife of an MP who is now in his cabinet.

Whether or not the information was passed on to Cécilia – she was said by one source to have received photographs in an unmarked brown envelope – Sarkozy’s alleged infidelities, say friends, were a factor in driving her into the arms of Richard Attias, the Moroccan-born events organiser, just as Sarkozy was preparing his assault on the presidency.

Sarkozy was devastated by the loss of Cécilia but consoled himself in the arms of a journalist with whom he conducted an affair over several months.

A guilt-stricken – and apparently jealous – Cécilia returned to Sarkozy in time for the election but left again after only a few months in the role of first lady. Sarkozy quickly filled the vacancy by marrying Carla Bruni, the former model and singer, in February.

Several pages were found to have been ripped out of Bertrand’s notebooks when judges examined them. Even so, they contained extraordinary hints of how the intelligence service was at the beck and call of Chirac.

An attempt to spare Bernadette, the first lady, from embarrassment, was made with a plot to implicate Bruno Gaccio, the creator of a satirical television puppet show, in drug trafficking. Les Guignols had relentlessly targeted Bernadette as a frumpy matronly figure obsessed with her handbags.

Bertrand notes that Gaccio was placed under surveillance by the drug squad but nothing incriminating was found in his behaviour.

The diaries offer evidence that it was also Bertrand who tipped off judges about the so-called “Angola-gate” arms trafficking affair. This was simply in the hope of discrediting Charles Pasqua, another former interior minister who Chirac had feared might run against him – and win – in the presidential election of 2002.

The trial, with 42 defendants including Pasqua and Jean-Christophe Mitterrand, son of the Socialist leader, began last week amid calls from their army of lawyers for Bertrand’s diaries to be included as evidence.

However, the diaries were seized by a judge in a different case – the “Clearstream” affair – in which Dominique de Villepin, Chirac’s former prime minister, faces a possible prison sentence for trying to paint Sarkozy as a beneficiary of bribes on a sale of warships to Taiwan.

Bertrand’s diaries show that he held 33 meetings between 2001 and 2002 with de Villepin, the poet and politician who went on to become foreign minister in time for the war in Iraq.

De Villepin insisted that they had discussed only national security matters. Bertrand said they talked about things “that could threaten the head of state”.

Sarkozy, who has pledged “rupture” with the bad old ways of the past, has sought to reorganise intelligence undera new agency called the Central Directorate of Interior Intelligence. High time, say critics of French espionage.

Notes on a scandal

Bertrand’s notebooks also disclose:

A former minister had sex with “little boys” in the Mamounia hotel in Marrakesh, Morocco

Another minister was addicted to cocaine A third minister was investigated by the tax authorities

A French police chief got involved in a big gold purchase in Lebanon

Chirac had a facelift in Canada

2.5m – The number of citizens on whom French intelligence keeps files


Election américaine: Pourquoi Obama n’a pas besoin de spots télé négatifs (Why Obama needs no negative TV ads)

15 octobre, 2008
Obama awash in cash
Qu’on se souvienne des présidentielles de 2000 – Bush avait été un étudiant pas très assidu, quoique diplômé de la prestigieuse université de Yale; mais il avait été bambocheur et buveur – la grande presse faisait florès du moindre verre de whisky jamais avalé. Aujourd’hui, elle passe au microscope le moindre pas de la famille Palin, et s’acharne à trouver tous les poux du monde dans la tête du gouverneur de l’Alaska. Les media se sont transformées en une machine à faire élire Obama, qui est donc à la fois le candidat du Parti démocrate et du Parti de la presse. Laurent Murawiec
McCain attaque Obama avec violence, et généralement de manière biaisée ou injustifiée. Obama risposte en citant les critiques de la presse sur le nouveau ton purement négatif de McCain. Gilles Klein (« La campagne de McCain devient agressive et négative », le 01/08/2008)
On n’évalue pas la véracité des campagnes. Si je suis McCain, par exemple, ça ne change rien si je compare des politiques économiques ou accuse Obama de mensonge – tant que je mentionne son nom, cela compte comme un spot négatif. Il n’y avait aucun moyen pratique de mesurer objectivement la virulence des messages. Sarah Niebler (sous-directrice du Wisconsin Advertising Project, citée par The Nation)
Obama produit autant de pubs négatives que McCain et utilise ses fonds supplémentaires pour faire des pubs positives. Il réussit ainsi à jouer à la fois le bon et le mauvais flic.
Le pouvoir d’achat d’Obama lui permet de faire passer un mélange de messages positifs et négatifs et de les diffuser sur une plus grande étendue. Il peut également jouer sur tous les marchés médiatiques, chers ou pas. C’est un luxe que McCain ne peut pas se payer, comme le montre sa quasi-disparition médiatique en Virginie du nord.
Obama dépense $3.5 millions par jour en messages télé. S’il continue à ce rythme jusqu’au jour de l’élection, ce sera plus que ce que McCain a obtenu du gouvernement pour l’ensemble de sa campagne d’élection depuis le début. Evan Tracey (Directeur des Opérations de CMAG)
Un sondage indique que les attaques personnelles se retournent contre McCain Le New York Times (commentant ce matin l’un de ses propres sondages – avec CBS)

Vous avez dit sondages ventriloques?

A lire sur le site Politico à la veille du dernier débat de la campagne présidentielle américaine dont on peut déjà deviner les futurs commentaires dans la presse …

Une intéressante confirmation, tirée des recherches de l’Université du Wisconsin, du notoire différentiel de moyens financiers en faveur du candidat démocrate (jusqu’à huit fois plus dans certains endroits!).

Mais surtout de la remarquable capacité de l’équipe Obama à littéralement « noyer » son adversaire sous les spots télé, lui permettant non seulement de produire sensiblement le même nombre de spots négatifs mais en plus de surenchérir sur les positifs.

D’où, sans compter le fait que la simple mention du nom de l’adversaire peut valoir à un spot télé d’être considéré comme négatif, la difficulté particulière, pour une équipe McCain qui tente, en cette période de fin de campagne (et donc d’amoindrissement de moyens financiers) et contre des médias ouvertement partisans, de ramener les projecteurs sur les nombreuses parts d’ombre de son adversaire.

Et l’impression, que mesurent alors les sondages (et surtout que commentent ensuite, abondamment et dans le sens que l’on peut imaginer, les journaux qui les commanditent), d’une surnégativité du sénateur arizonien.

Le tour étant ainsi joué qui voit des médias si prompts à revendiquer leur propre objectivité finir par enregistrer, sans parler des profits non négligeables de la vente des espaces pour lesdit spots télé, les résultats, pour une bonne part,… de leurs propres actions!

Obama drowning out McCain in TV ads
Jeanne Cummings
Politico
October 14, 2008

In the first three weeks of September, Barack Obama ran 1,342 television commercials in the Washington media market that reaches heavily populated and contested Northern Virginia.

According to The Nielsen Company, in the same period and market, John McCain aired just eight commercials on broadcast stations.

Similar disparities are playing out across the country as the Illinois Democrat flexes his financial muscle to outspend McCain and the Republican National Committee on television advertisements, in some cases by ratios of as much as 8-to-1.

As of close of business last week, Obama had spent approximately $195 million on primary and general election ads compared with $99 million by the Arizona Republican and the Republican National Committee, according to the Competitive Media Analysis Group.

And the gap is widening in the final weeks. As McCain constricted his Virginia ad campaign to cable stations and smaller, downstate media markets, Obama doubled down on Northern Virginia.

The Democrat’s average weekly broadcast buy of about $700,000 in Washington jumped last week by nearly threefold to about $2 million, according to station public records.

The spending figures are significant because they demonstrate how Obama’s fundraising advantage has helped him drown out his opponent and maintain a longer — and more positive — presence in the living rooms of voters in critical swing states.

“Obama is spending $3.5 million a day on television ads,” said Evan Tracey, CMAG’s chief operating officer. “If he does that through Election Day, it will be more than McCain got from the government for his entire general election campaign.”

Republicans are using every wrinkle and loophole in — ironically — the McCain-Feingold campaign finance law to try to keep pace and stretch their spending power.

See Also

* Bailout moving at quick pace
* Moderator Schieffer steps up to plate
* Boehner wants answers about Mahoney

The RNC is feverishly raising cash to augment McCain’s $85 million allotment from the taxpayer-backed presidential campaign financing account.

The party headquarters is expected to spend $19 million in coordinated campaign activities with McCain and another $45 million in hybrid ads that promote McCain and other Republican candidates.

The tactic, which was introduced by the Bush-Cheney reelection committee in 2004, allows a 50-50 split on ad costs for the RNC and McCain. But the results can be messy since the candidate isn’t in full control of his own message.

McCain’s much-anticipated first ad attacking Obama’s ties to former domestic terrorist Bill Ayers was widely panned because it also included an attack on congressional Democrats over federal spending, a muddling of messages deemed necessary to justify the RNC’s portion of the costs.

Even if the messaging went smoothly, though, the financial maneuvering would still only boost McCain’s spending to about $150 million for the general election.

The remaining spending gaps will have to be filled by the RNC with independent expenditures and transfers of cash to state party operations for swing-state voter turnout operations. According to Federal Election Commission disclosure forms, about $11 million has already been doled out by the RNC to seven states, most of which are in presidential battlegrounds.

But Obama’s recent purchase of two 30-minute blocks of time on two national networks — which could cost about $1 million apiece and negotiations are continuing with two other networks — has many Republicans worrying that they are up against an even bigger machine than they’d imagined.

The staggered release of fundraising disclosure reports isn’t helping their plight. Obama’s September donations totals will be released next week. Republicans won’t know how much he collects in this final month until after Election Day.

Meanwhile, Obama is urging backers to pony up for the final push and to grow his already record-breaking 2 million donors by at least 100,000 by this Friday.

The consequences of such a significant financial mismatch are already becoming evident on the Electoral College playing field.

Again, look at Virginia, a state that hasn’t backed a Democratic candidate since 1964 and is now considered a tossup.

During the heated primary with Hillary Rodham Clinton, Obama spent $1.5 million in the Old Dominion. McCain, who was cruising to the nomination and had little money at that point in the GOP primary, spent just $330,000 on ads.

Since the Democratic primary ended in June, Obama has spent another $13 million in Virginia, compared with McCain’s $5.5 million, CMAG found.

Obama’s buying power allows him to run a mix of positive and negative ads and to spread them over a wider swath of turf. He is also able to play in all media markets, expensive or not. That’s a luxury McCain can’t afford, as evidenced by his near-blackout in Northern Virginia.

« McCain is virtually invisible in the commercial breaks,” said Bill Lord, vice president of news for WJLA-TV, the Washington ABC affiliate that is owned by Politico parent company Allbritton Communications Co.

To stay competitive in Virginia and elsewhere, McCain has made a series of ad buys in smaller markets or those that can provide a two-fer by bleeding into more than one state.

Nebraska is one of just two states that distributes its Electoral College votes based on the outcome in each of its three congressional districts, an unusual allocation that enticed the Obama campaign to fight for the Omaha-based district vote while all but conceding the rest of the traditionally Republican state to McCain.

While Obama is significantly outspending McCain in the Omaha television market, McCain has been making major buys in less expensive, nearby Sioux City, Iowa, which reaches both Omaha and Hawkeye State voters.

In the first three weeks of September, McCain ran more than 1,000 ads on those smaller stations while Obama didn’t run any.

Though Iowa voted for President Bush in 2004, it is another state that Democrats are confident they can flip from red to blue come November.

Dissatisfaction with the war and the economy are helping their effort. But Obama’s early work in the primary is also paying dividends and may have put the state out of Republican reach before the general election even began.

Since June, McCain and the RNC have spent about $4 million in Iowa, airing mostly negative ads aimed at raising doubts about his opponent.

But they appear to have had little effect on Obama, who spent $10 million on television commercials introducing himself to voters before the winter caucuses.

Since June, he’s invested another $2 million on ads in in Iowa — a paltry sum by Obama’s standards but one that may reflect confidence that a roughly 12-point lead in state polls will hold up until Election Day.

A study recently released by the Wisconsin Advertising Project, an arm of the University of Wisconsin-Madison, documented similar imbalances in other key states.

The report zeroed in on one week of spending, Sept. 28 to Oct. 4. It found that Obama was outspending McCain and the RNC by more than 3-to-1 in Florida, 2-to-1 in New Hampshire and 8-to-1 in North Carolina.

“Because of Obama’s fundraising advantage, his campaign is able to spend more in more states than we’ve seen in recent memory,” said Ken Goldstein, the project’s director.

McCain and the RNC are still trying to play a little offense: Pennsylvania is a rare state they hope will flip from blue to red.

Both campaigns have spent about $16.5 million on advertisements in the Keystone State since June.

But, as in Iowa, McCain’s messages are being delivered to an audience that has already had plenty of exposure to Obama.

When his primary television budget is added to the general election spending, Obama’s overall advertising in Pennsylvania — so far — comes to $27 million, compared to McCain’s $17 million.

« Obama is matching McCain’s negative ads and using the excess spending to do positive spots. He’s able to be both the good cop and the bad cop,” said Tracey.

Voir aussi:

Poll says personal attacks backfire on McCain
Michael Cooper and Megan Thee
International Herald Tribune
October 15, 2008

The McCain campaign’s recent angry tone and sharply personal attacks on Senator Barack Obama appear to have backfired and tarnished Senator John McCain more than their intended target, the latest New York Times/CBS News poll has found.

After several weeks in which the McCain campaign unleashed a series of strong political attacks on Obama, trying to tie him to a former 1960s radical, among other things, the poll found that more voters see McCain as waging a negative campaign than Obama. Six in 10 voters surveyed said that McCain had spent more time attacking Obama than explaining what he would do as president; by about the same number, voters said Obama was spending more of his time explaining than attacking.

Over all, the poll found that if the election were held today, 53 percent of those determined to be probable voters said they would vote for Obama and 39 percent said they would vote for McCain.

The findings come as the race enters its final three weeks, with the two candidates scheduled to hold their third and last debate on Wednesday night, and as separate polls in critical swing states that could decide the election giving Obama a growing edge. But wide gaps in polls have historically tended to narrow in the closing weeks of the race as the election nears.

Voters who said that their opinions of Obama had changed recently were twice as likely to say that they had gotten better as to say they had gotten worse. And voters who said that their views of McCain had changed were three times more likely to say that they had gotten worse than to say they had improved.

The top reasons cited by those who said they thought less of McCain were his recent attacks and his choice of Governor Sarah Palin of Alaska as his running mate. (The vast majority said their opinions of Obama of Illinois, the Democratic nominee, and McCain of Arizona, the Republican nominee, had remained unchanged in recent weeks.) But in recent days, McCain and Palin have scaled back their attacks on Obama, although McCain suggested he might aggressively take on Obama in Wednesday’s debate.

With the election unfolding against the backdrop of an extraordinary economic crisis, a lack of confidence in government, and two wars, the survey described a very inhospitable environment for any Republican to run for office. More than 8 in 10 Americans do not trust the government to do what is right, the highest ever recorded in a Times/CBS News poll. And McCain is trying to keep the White House in Republican hands at a time when President George W. Bush’s job approval rating is at 24 percent, hovering near its historic low.

While the poll showed Obama with a 14 percentage-point lead among likely voters in a head-to-head matchup with McCain, when Ralph Nader and Bob Barr, the Libertarian candidate, were included in the question, the race narrowed slightly, with 51 percent of those surveyed saying that they were supporting Obama and 39 percent supporting McCain, with Nader getting the support of 3 percent and Barr 1 percent. Other national polls have shown Obama ahead by a smaller margin.

The poll suggested that the overwhelming anxiety about the economy and distrust of government have created a potentially poisonous atmosphere for members of Congress. Only 43 percent of those surveyed said that they approved of their own representative’s job performance, which is considerably lower than approval ratings have been at other times of historic discontent. By way of comparison, just before the Democrats lost control of Congress in 1994, 56 percent of those polled said that they approved of the job their representative was doing.

And after nearly eight years of increasingly unpopular Republican rule in the White House, 52 percent of those polled said that they held a favorable view of the Democratic Party, compared with 37 percent who said they held a favorable view of the Republican Party. Voters said they preferred Democrats to Republicans when it came to questions about who would better handle the issues that are of the greatest concern to voters °X including the economy, health care and the war in Iraq.

The nationwide telephone poll was conducted Friday through Monday with 1,070 adults, of whom 972 were registered voters, and it has a margin of sampling error of plus or minus three percentage points for both groups.

After several weeks in which the McCain campaign sought to tie Obama to William Ayers, a founder of the Weather Underground terrorism group, 64 percent of voters said that they had either read or heard something about the subject. But a majority said they were not bothered by Obama’s background or past associations. Several people said in follow-up interviews that they felt that McCain’s attacks on Obama were too rooted in the past, or too unconnected to the nation’s major problems.

« What bothers me is that McCain initially talked about running a campaign on issues and I want to hear him talk about the issues, » said Flavio Lorenzoni, a 59-year-old independent from Manalapan, New Jersey. « But we’re being constantly bombarded with attacks that aren’t relevant to making a decision about what direction McCain would take the country. McCain hasn’t addressed the real issues. He’s only touched on them very narrowly. This is a time when we need to address issues much more clearly than they ever have been in the past. »

The poll found that Obama is now supported by majorities of men and independents, two groups that he has been fighting to win over. And the poll found, for the first time, that white voters are just about evenly divided between McCain and Obama, who, if elected, would be the first black president. The poll found that Obama is supported by 45 percent of white voters °X a greater percentage than has voted for Democrats in recent presidential elections, according to exit polls.

McCain was viewed unfavorably by 41 percent of voters, and favorably by 36 percent. Palin’s favorability rating is now 32 percent, down 8 points from last month, and her unfavorable rating climbed nine percentage points to 41 percent. Obama’s favorability rating, by contrast, is now at 50 percent, the highest recorded for him thus far by The Times and CBS News.

There were still some strong findings for McCain. Sixty-four percent of voters polled said McCain, 72, was well-prepared for the presidency, which has been a central theme of his campaign. Fifty-one percent said Obama, 47, was.

But roughly 7 in 10 voters said Obama had the right kind of temperament and personality to be president; just over half said the same of McCain.

Obama’s supporters continued to be more enthusiastic about him than McCain’s supporters, the poll found, and more of those surveyed said they had confidence in Obama than in McCain to make the right decisions about the economy and health care. And while more than 6 in 10 said Obama understood the needs and problems of people like them, more than half said McCain did not.

Voir enfin:

Extraits:

Les squelettes qui encombrent tous les placards d’Obama n’ont jamais été dérangés ni examinés par la presse dite Mainstream, c’est-à-dire la presse « honorable ». Alors qu’un comportement systématique et permanent de coopération avec l’extrême-gauche raciste, violente et fraudeuse, avec les plus extrêmes représentants du Black Power, apôtres d’un fascisme noir, a été démontré par des enquêtes répétées, la grande presse, les networks de télévision sont restés d’un silence de plomb.

Sa carrière politique a-t-elle été lancée par le terroriste non repenti Bill Ayers, du Weather Underground, équivalent américain d’Action directe ? Obama ment sans vergogne. A propos d’Ayers : « c’est un type qui habite dans ma rue », alors que l’autre l’a fait entrer au conseil d’une fondation où il siège, et qui finance toutes sortes d’organisations louches mais situées à l’extrême-gauche, dont ACORN, aujourd’hui inculpée de fraude électorale dans dix Etats de l’Union.

La presse ne pipe mot. Alors que sa carrière politique a été couvée et promue par la sordide organisation démocrate de Chicago, machine à tricher et à voler, qui fait pâlir la Corse, Marseille et Naples réunies, qu’il y a été financé par l’escroc syrien Antoine Rezko, actuellement pensionnaire des prisons fédérales, on n’en trouve pas un mot dans les media. (…)

Les media truquent les sondages, comme la chaîne d’info télévisée en continu MSNBC, qui organise un vote, en guise de sondage, dont 80 pourcent des « électeurs » sont domiciliés à l’étranger. Ce qui a permis à la MSNBC de donner Obama grand vainqueur.

Le Washington Post et ABC-TV procèdent à un sondage où 38 pourcent des sondés sont Démocrates et 28% Républicains, et où la majorité des « indépendants » sont pro-Démocrates ; surprise, surprise, Obama en sont vainqueur.

De même, les networks de télévision procèdent par montage pour présenter un Obama clair, clairvoyant, décidé, alors qu’il bafouille et hésite quand le téléprompteur lui manque, ou qu’il n’est pas en situation de réciter les talking points (les paragraphes pondus par son équipe). Ce qui donne des discours et des réponses pleins de « mots codes » et vides de contenu ; comme il a remarquablement assimilé l’art tout washingtonien de réciter les dossiers, un peu à la façon énarque, il peut prétendre savoir de quoi il parle, alors qu’en matière de politique étrangère, il a l’ignorance crasse du novice.

On me dira : vous exagérez ! Il est brillant diplômé de Harvard ! A quoi je ferai remarquer qu’un universitaire décrit comme de grande classe devrait avoir écrit quelques articles de grande revue de droit qui auront fait date. Ici, rien, le désert.

Qu’on se souvienne des présidentielles de 2000 – Bush avait été un étudiant pas très assidu, quoique diplômé de la prestigieuse université de Yale ; mais il avait été bambocheur et buveur – la grande presse faisait florès du moindre verre de whisky jamais avalé. Aujourd’hui, elle passe au microscope le moindre pas de la famille Palin, et s’acharne à trouver tous les poux du monde dans la tête du gouverneur de l’Alaska. Les media se sont transformées en une machine à faire élire Obama, qui est donc à la fois le candidat du Parti Démocrate et du Parti de la presse.

Votez donc pour l’homme qui n’existe pas!
Laurent Murawiec
Metula News Agency
Le 15 octobre 2008

A part Bill Clinton, politicien d’exception, dont l’ambition lui servit d’idéologie, avec une habileté exceptionnelle de permis de séjour en politique, les Démocrates américains ont perdu toutes les élections présidentielles depuis 1968 ; à l’exception de Jimmy Carter, en 1976, qui s’avéra le pire président de l’histoire du pays.

Faisons les comptes : Hubert Humphrey fut battu par Richard Nixon en 1968 ; le gauchiste McGovern fut balayé comme un fétu de paille dans la tempête en 1972 par le président sortant ; Carter fut éjecté par l’électorat au profit de Ronald Reagan, en 1980, et Walter Mondale, battu à plates coutures en 1984 ; même le piteux candidat George Bush (senior) l’emporta en 1988 sur Michael Dukakis ; en 2000, George Bush Junior, qui n’était pas la crème des candidats, battit sur le fil le vice-président sortant Al Gore, et en 2004, John Kerry.

En quarante ans, les Démocrates ont occupé la Maison Blanche pendant douze ans, et les Républicains pendant vingt-huit, même quand les candidats présentés par le Grand Old Party (Républicain) ne brillaient guère. Voilà qui trace un portrait sans équivoque d’une Amérique contemporaine libérale et conservatrice.

Mais voici aussi que le Démocrate Barack Obama semble être en mesure de l’emporter. Certes, le deuxième mandat de George Bush, président à la parole dyslexique, aura été calamiteux. Même la victoire remportée en Irak par le général Petraeus n’aura pas suffi à redresser sa cote en dégringolade désastreuse.

Absent, quand les ravages de « Katrina » dévastaient le Sud-est. Mécontentant la base Républicaine en pratiquant une politique molle envers les pays de l’ « Axe du Mal » (Iran, Corée du Nord, Syrie) en politique étrangère. Et une politique incohérente en matière de déficit budgétaire et de dépenses de l’Etat, Bush léguait une planche savonneuse à tout candidat Républicain à sa succession.

La crise financière a mis un point final à tout cela. Même si l’histoire devait, à terme, se montrer plus clémente à son égard (comme elle l’est envers Harry Truman, président de 1945 à 1952, qui termina son mandat dans l’impopularité, notamment à cause d’une guerre rejetée par l’électorat en Corée), l’histoire immédiate ne l’est pas, qui se traduit par une montée réactive des Démocrates, comme le montra l’élection intermédiaire de 2006.

John McCain n’a, jusqu’à présent, pas fait une campagne très impressionnante, à l’exception de son choix du gouverneur de l’Alaska, Sarah Palin, comme colistière. Il était légèrement en tête quand la crise financière le frappa de plein fouet.

Passons outre les balivernes médiatiques : Palin est une décideuse, pourvue de cet art suprême du soldat et du politique que Clausewitz appelle l’Entschlossenheit, l’esprit de décision. Ce qu’elle ne sait pas, notamment en politique étrangère, elle peut l’apprendre ; la vertu de décision ne s’apprend pas. Truman l’avait, Carter pas. Palin la possède, et c’est ce qui fera d’elle, demain ou après-demain, une présidente.

Après leurs défaites répétées, les déroutes des candidats du sérail à chaque élection successive, les Démocrates avaient perdu l’espoir. Cette méprisable Amérique, incapable d’apprécier les merveilles de l’ONU, la beauté de l’Etat-nounou, la grandeur du fonctionnariat et de l’étatisme, l’éclat du pacifisme et du multilatéralisme, les rejetait. Il fallait faire autrement et trouver autre chose. Foin des losers genre Kerry ou Gore, il fallait trouver l’homme miracle. Et, Hosanna ! il se présentait, c’était Obama, sénateur de l’Illinois, novice ignorant, mais rock star providentielle. Le parti se donnait à lui comme une adolescente en pâmoison.

A y regarder de plus près, l’ami Barack n’est pas exactement ce qu’il paraît. Obama est le candidat cousu sur mesure, produit manufacturé, tissu d’apparences, de faussetés et de mensonges, un homme-caméléon à la biographie fabriquée, dont tous les tours et détours sont ajustés au millimètre, mais faux de fond en comble.

C’est ce qu’on appelle ici, au music-hall et au cabaret, un impersonator, un imitateur, un faux-semblant. C’est un complet veston parfait qui masque un homme contrefait. Bien entendu, pour mettre en-avant un candidat factice, encore fallait-il que ses apparences fussent respectées et que les couches de maquillage et de déguisement ne fussent jamais grattées. C’est à cela que sert la presse, parbleu ! à forcer le monde réel à ressembler à l’univers fictif de la gent médiatique, hollywoodienne, fonctionnariale et intellectuelle.

Les squelettes qui encombrent tous les placards d’Obama n’ont jamais été dérangés ni examinés par la presse dite Mainstream, c’est-à-dire la presse « honorable ». Alors qu’un comportement systématique et permanent de coopération avec l’extrême-gauche raciste, violente et fraudeuse, avec les plus extrêmes représentants du Black Power, apôtres d’un fascisme noir, a été démontré par des enquêtes répétées, la grande presse, les networks de télévision sont restés d’un silence de plomb.

Sa carrière politique a-t-elle été lancée par le terroriste non repenti Bill Ayers, du Weather Underground, équivalent américain d’Action directe ? Obama ment sans vergogne. A propos d’Ayers : « c’est un type qui habite dans ma rue », alors que l’autre l’a fait entrer au conseil d’une fondation où il siège, et qui finance toutes sortes d’organisations louches mais situées à l’extrême-gauche, dont ACORN, aujourd’hui inculpée de fraude électorale dans dix Etats de l’Union.

La presse ne pipe mot. Alors que sa carrière politique a été couvée et promue par la sordide organisation Démocrate de Chicago, machine à tricher et à voler, qui fait pâlir la Corse, Marseille et Naples réunies, qu’il y a été financé par l’escroc syrien Antoine Rezko, actuellement pensionnaire des prisons fédérales, on n’en trouve pas un mot dans les media.

« Oh ! j’ai fait une bêtise » rétorque-t-il, et d’être pris au mot par la presse débonnaire à son égard. Son aptitude étonnante à la grimpette politique, assaisonnée d’une arrogance mégalomaniaque, d’un opportunisme dénué du moindre scrupule, n’est ni remarquée ni analysée : Obama est un saint, un sauveur, il ne saurait mal faire. C’est ce qui lui permet de critiquer, avec hauteur, quiconque le critique : « C’est une diversion ! » s’exclame, méprisant, sainte Nitouche, que nul ne saurait contredire. La question ne sera pas posée, et surtout, ne trouvera aucune réponse. Bravo l’artiste, mais avec la complicité des media, nécessaire pour créer une telle immunité sans précédent dans les annales électorales.

Les media truquent les sondages, comme la chaîne d’info télévisée en continu MSNBC, qui organise un vote, en guise de sondage, dont 80 pourcent des « électeurs » sont domiciliés à l’étranger. Ce qui a permis à la MSNBC de donner Obama grand vainqueur.

Le Washington Post et ABC-TV procèdent à un sondage où 38 pourcent des sondés sont Démocrates et 28% Républicains, et où la majorité des « indépendants » sont pro-Démocrates ; surprise, surprise, Obama en sont vainqueur.

De même, les networks de télévision procèdent par montage pour présenter un Obama clair, clairvoyant, décidé, alors qu’il bafouille et hésite quand le téléprompteur lui manque, ou qu’il n’est pas en situation de réciter les talking points (les paragraphes pondus par son équipe). Ce qui donne des discours et des réponses pleins de « mots codes » et vides de contenu ; comme il a remarquablement assimilé l’art tout washingtonien de réciter les dossiers, un peu à la façon énarque, il peut prétendre savoir de quoi il parle, alors qu’en matière de politique étrangère, il a l’ignorance crasse du novice.

On me dira : vous exagérez ! Il est brillant diplômé de Harvard ! A quoi je ferai remarquer qu’un universitaire décrit comme de grande classe devrait avoir écrit quelques articles de grande revue de droit qui auront fait date. Ici, rien, le désert.

Il y a plutôt jactance et magouille. Mais on lui a tissé une pseudo-biographie dont toute aspérité gênante a été lissée. C’est l’homme qui n’existe pas qui demande leurs suffrages aux Américains. Qu’on se souvienne des présidentielles de 2000 – Bush avait été un étudiant pas très assidu, quoique diplômé de la prestigieuse université de Yale ; mais il avait été bambocheur et buveur – la grande presse faisait florès du moindre verre de whisky jamais avalé. Aujourd’hui, elle passe au microscope le moindre pas de la famille Palin, et s’acharne à trouver tous les poux du monde dans la tête du gouverneur de l’Alaska. Les media se sont transformées en une machine à faire élire Obama, qui est donc à la fois le candidat du Parti Démocrate et du Parti de la presse [1].

Le déchaînement effréné de ce monde médiatique à l’égard des candidats Républicains fait partie de la stratégie qui doit assurer la victoire du candidat factice. La moindre attaque portée contre lui est dénoncée comme « raciste » – on ne peut critiquer le candidat noir, n’est-ce pas ? Toute référence à son passé fétide est instantanément récusée – « les Républicains détournent l’attention en se livrant à des attaques personnelles », ce qui permet, avec une presse complice, d’évacuer les questions contrariantes.

Obama est une image, plagiée, de John Kennedy, mais dénuée de contenu. On dépeint un homme qui n’existe pas afin que tous puissent projeter leurs désirs en lui. Obama ! Obama ! L’air chaud parfumé à l’euphorisant qui émane de lui a un parfum de poudre de perlimpinpin. Il propose « des réductions d’impôts pour 95% des Américains ». On s’extasie – sans savoir ni se rappeler que 40% desdits Américains ne paient pas d’impôts ! Certes, tous les candidats appuient trop, exagèrent, mentent un peu ou même plus. Mais le candidat de la réalité virtuelle bat tous les records, puisque cet avatar n’est comptable de rien, pas même de son passé.

Ce qu’il y a de contenu réel chez lui est inscrit dans les fréquentations qui ont fait sa carrière : le pasteur raciste et ségrégationniste noir Jeremiah Wright (qui accuse le gouvernement américain d’avoir inventé le SIDA pour exterminer les Noirs), le terroriste Ayers, les tricheurs de Chicago, les fraudeurs d’ACORN. Dis-moi qui sont tes amis, je te dirai qui tu es. S’il l’emporte, Obama fera regretter Jimmy Carter. C’est bien lui qui a annoncé son intention de rencontrer « sans conditions préalables » Ahmadinejad, Kim Jong-Il et Hugo Chavez…

A l’intérieur, ce serait le grand retour de l’Etat-nounou, au grand dam de l’entreprise ; de l’Etat fédéral, qui met son nez partout, usurpe les prérogatives des Etats et des collectivités locales, et taxe, taxe, taxe.

Mais face au caméléon, McCain, avec toute son épaisseur humaine, n’aurait-il pas dû l’emporter ?

Sa campagne a été sérieuse mais terne ; il a fait une embardée désastreuse quand la crise financière a éclaté, n’a jamais volé dans les plumes du petit concurrent, au cours des débats télévisés. Notamment, McCain n’a pas fait des squelettes d’Obama une affaire d’Etat, au nom d’un sens de l’honneur et de la retenue, qui sont louables quoique mal placés.

Il a eu peur d’être traité de « raciste » – ce qui n’a pas empêché les proches d’Obama de l’abreuver d’insultes mensongères en ce sens -.

McCain, quand il était le Républicain rebelle, jouissait des faveurs de la grande presse, puisqu’il s’opposait souvent à son propre parti. Depuis qu’il manifeste avec éclat son soutien à la guerre d’Irak, et surtout, depuis qu’il est le candidat Républicain, la presse s’est découverte McCainophobe… mais il ne semble pas se résigner à la perte de cette audience privilégiée.

C’est de là que provient la timidité de certaines de ses positions. Son électorat est furieux, il lui sert des platitudes. L’électorat conservateur attend de l’offensive, il reçoit de l’eau tiède. Voilà qui n’est pas mobilisateur. Pour être élu, McCain a besoin de se démarquer – ce qui lui est loisible, vu son parcours d’électron libre – des erreurs Républicaines et de celles de Bush, de se signaler par l’audace dans la proposition, ce qu’il n’a pas fait, et de frapper fort, ce qu’il a soigneusement évité.

Les jeux ne sont pas faits – trois semaines, c’est long, surtout dans cette longue campagne caractérisée par d’incessants retournements. Mais l’Amérique n’est pas loin de ce qui serait une catastrophe pire que l’avènement de Jimmy Carter. Je reviendrai bientôt sur ce que serait la politique obamienne.

Note :

[1] Notons que quand le colistier d’Obama, le sénateur Joseph Biden, tout président de la Commission des affaires étrangères du Sénat qu’il soit, fait, au cours de son débat télévisé avec Sarah Palin, les gaffes les plus monumentales. Comme d’affirmer tout de go « quand avec les Français nous avons éjecté le Hezbollah du Liban » (en 2006)…

Ou, parlant de la crise financière, il affirme sans crier gare : « En 1929 le président Roosevelt a fait une intervention télévisée… », confondant le krach de Wall Street de 1929 et l’élection de Roosevelt en Novembre 1931, et oubliant, au même moment, que la télévision, en 1929, n’existait pas.

Eh ! bien, au lieu de se gausser de lui, comme ils l’auraient fait à la moindre incartade de Pali, les journalistes n’en disent rien !


Election américaine: Désolé, votre requête ne correspond à aucun document (What Obama’s ACORN connections?)

14 octobre, 2008
Obama Soros
Je suis moi-même issu des mouvements de militants de base. C’est ce que j’ai fait pendant trois et demi avant mes études de droit. C’est la raison pour laquelle je me suis installé à Chicago, pour militer. C’est donc quelque chose que je connais personnellement, le travail que vous faites, son importance. J’ai travaillé aux côtés d’ACORN sur des questions qui vous tiennent à cœur ma carrière entière. Même avant de devenir élu, quand je me suis occupé de la campagne d’inscription électorale Project Vote en Illinois, ACORN était aussi en plein dedans, et nous apprécions votre travail. Barack Obama (novembre 2007)
Barack Obama n’a jamais milité avec ACORN. Site de la campagne Obama (octobre 2008)
Désolé, votre requête initiale ne correspond à aucun document. Le Figaro
Aucun élément publié « depuis un mois » avec le(s) mot(s) ou expression(s) « ACORN » dans « tout l’élément » et classé par « pertinence ». Le Monde
Comme avec le Rev. Jeremy Wright et William Ayers, M. Obama était heureux de s’associer à l’association Acorn quand ça pouvait lui servir. Mais maintenant qu’il est sur le point d’être élu à la présidence, il renie tous liens avec eux. The WSJ

A l’heure où après leur OPA hostile réussie sur le Parti démocrate la bande des milliardaires de Soros sont, avec leur homme de paille Barack Obama, sur le point de réussir le hold up du siècle sur la Maison blanche …

Inscription record de nouveaux électeurs (1,3 million dans 21 Etats), milliers de faux formulaires (personnes décédées, fausses adresses, même écriture sur de nombreux formulaires, noms fantaisistes de vedettes ou de personnages de Walt Disney!), électeurs inscrits jusqu’à 72 fois dans des localités différentes, utilisation de fausses cartes électorales, utilisation de la main d’œuvre presque gratuite de prisonniers, démission de son président en juin dernier suite à la découverte de détournements de fonds de son frère …

Retour sur une association américaine de gauche spécialisée dans l’inscription électorale des plus démunis aux méthodes apparemment peu regardantes et aux liens avérés avec le candidat démocrate lui-même ex-militant associatif… qui pourtant intéresse bien peu nos quotidiens de révérence.

Au point qu’on est obligé, pour retrouver des informations non purement hagiographiques en français à son sujet, de faire les fonds de tiroirs de sites plus ou moins respectables comme ceux de Larouche ou Cheminade …

ACORN, Soros et les méthodes troubles des militants d’Obama
Solidarités et progrès
14 octobre 2008

14 octobre 2008 (LPAC) — L’Association of Community Organizations for Reform Now (ACORN), qui a officiellement soutenu Barack Obama comme candidat présidentiel en février dernier, se présente comme la plus grande organisation d’aide aux familles à faibles revenus aux Etats-Unis.

En réalité, son action s’insère dans le réseau mis sur pied par le méga spéculateur George Soros et sa Democracy Alliance, un « club des milliardaires » incluant la Fondation Tides et le Syndicat international des employés de services dont le but c’est d’opérer une « OPA hostile sur le Parti démocrate ». C’est aussi la raison pour laquelle Soros s’est pleinement mobilisé contre la campagne de Hillary Clinton pendant les primaires.

Si l’on peut se réjouir que ACORN mène des campagnes visant à inscrire des Américains de condition modeste sur les listes électorales, un certain nombre d’irrégularités jètent le discrédit sur cette démarche.

En 2008, son Project Vote a fait inscrire, avant la date buttoir du 6 octobre, un nombre record de nouveaux électeurs : 1,3 million vivant dans 21 Etats. Cependant, les méthodes employées par ACORN pour y arriver ont fini par provoquer des enquêtes dans plusieurs d’Etats.

Quelques exemples :

· Dans le comté de Lake, dans l’Indiana, 5000 formulaires ont été déposés à la dernière minute, dont près de la moitié se sont révélés faux, selon CNN. Les irrégularités les plus courantes sont l’inscription de personnes décédées, de fausses adresses et la même écriture sur de nombreux formulaires. Le Parti républicain a saisi la justice.

· A Las Vegas, des enquêteurs ont fait une descente dans les bureaux de ACORN. Selon le Las Vegas Sun du 9 octobre, les autorités pénitentiaires du Nevada ont appris en juillet que l’une des prisons de l’Etat avait fait travailler des prisonniers pour une entreprise qui a fait à cette main d’œuvre presque gratuite pour inscrire des nouveaux électeurs.

· Dans l’Ohio, des électeurs convoqués par la Commission électorale du comté Cuyahoga (dont la ville de Cleveland) ont avoué que les militants d’ACORN les avaient inscrits jusqu’à 72 fois dans des localités différentes ! (New York Post).

· Selon un communiqué d’Associated Press, les autorités du Missouri contestent la validité de centaines de formulaires, soumis par l’Association, et le FBI envisage d’ouvrir des enquêtes. En avril dernier, huit militants ont plaidé coupable pour utilisation de fausses cartes électorales en 2006.

Selon certaines sources, le procureur Patrick Fitzgerald, en charge du dossier Tony Rezko qui risque d’éclabousser Barack Obama, s’intéresserait lui aussi à ACORN.

Et pour couronner le tout, celle-ci a été éclaboussée en juin 2008 par un autre scandale, celui de la démission de son président Wade Rathke, lorsque l’on découvrit qu’en 1999 et 2000 son frère Dale Rothke avait puisé pour son propre compte quelques 950000 dollars dans la caisse de l’association. Ce détournement de fonds a été étouffé pendant huit ans, sous l’œil bienveillant des bailleurs de fonds milliardaires de ce mouvement qui se proclame « l’organisation des pauvres ». Lorsque l’affaire éclata, un certain Drummond Pike se proposa de retourner l’argent volé. Rien de bien étonnant puisque Pike est justement le trésorier de Democracy Alliance, le groupe financé par des milliardaires, dont George Soros, pour contrôler le Parti démocrate.

Voir aussi:

Obama and Acorn
Community organizers, phony voters, and your tax dollars.
The WSJ
October 14, 2008

At the recent Emmy Awards, historian Laura Linney averred that America’s Founders had been « community organizers » — like Barack Obama. Too bad they aren’t like that any more. Mr. Obama’s kind of organizers work at Acorn, the militant advocacy group that is turning up in reports about voter fraud across the country.

Acorn — the Association of Community Organizations for Reform Now — has been around since 1970 and boasts 350,000 members. We’ve written about them for years, but Acorn is now getting more attention as John McCain’s campaign makes an issue of the fraud reports and Acorn’s ties to Mr. Obama. It’s about time someone exposed this shady outfit that uses government dollars to lobby for larger government.

Acorn uses various affiliated groups to agitate for « a living wage, » for « affordable housing, » for « tax justice » and union and environmental goals, as well as against school choice and welfare reform. It was a major contributor to the subprime meltdown by pushing lenders to make home loans on easy terms, conducting « strikes » against banks so they’d lower credit standards.

But the organization’s real genius is getting American taxpayers to foot the bill. According to a 2006 report from the Employment Policies Institute (EPI), Acorn has been on the federal take since 1977. For instance, Acorn’s American Institute for Social Justice claimed $240,000 in tax money between fiscal years 2002 and 2003. Its American Environmental Justice Project received 100% of its revenue from government grants in the same years. EPI estimates the Acorn Housing Corporation alone received some $16 million in federal dollars from 1997-2007. Only recently, Democrats tried and failed to stuff an « affordable housing » provision into the $700 billion bank rescue package that would have let politicians give even more to Acorn.

All this money gives Acorn the ability to pursue its other great hobby: electing liberals. Acorn is spending $16 million this year to register new Democrats and is already boasting it has put 1.3 million new voters on the rolls. The big question is how many of these registrations are real.

The Michigan Secretary of State told the press in September that Acorn had submitted « a sizeable number of duplicate and fraudulent applications. » Earlier this month, Nevada’s Democratic Secretary of State Ross Miller requested a raid on Acorn’s offices, following complaints of false names and fictional addresses (including the starting lineup of the Dallas Cowboys). Nevada’s Clark County Registrar of Voters Larry Lomax said he saw rampant fraud in 2,000 to 3,000 applications Acorn submitted weekly.

Officials in Ohio are investigating voter fraud connected with Acorn, and Florida’s Seminole County is withholding Acorn registrations that appear fraudulent. New Mexico, North Carolina and Missouri are looking into hundreds of dubious Acorn registrations. Wisconsin is investigating Acorn employees for, according to an election official, « making people up or registering people that were still in prison. »

Then there’s Lake County, Indiana, which has already found more than 2,100 bogus applications among the 5,000 Acorn dumped right before the deadline. « All the signatures looked exactly the same, » said Ruthann Hoagland, of the county election board. Bridgeport, Connecticut estimates about 20% of Acorn’s registrations were faulty. As of July, the city of Houston had rejected or put on hold about 40% of the 27,000 registration cards submitted by Acorn.

That’s just this year. In 2004, four Acorn employees were indicted in Ohio for submitting false voter registrations. In 2005, two Colorado Acorn workers were found to have submitted false registrations. Four Acorn Missouri employees were indicted in 2006; five were found guilty in Washington state in 2007 for filling out registration forms with names from a phone book.

Which brings us to Mr. Obama, who got his start as a Chicago « community organizer » at Acorn’s side. In 1992 he led voter registration efforts as the director of Project Vote, which included Acorn. This past November, he lauded Acorn’s leaders for being « smack dab in the middle » of that effort. Mr. Obama also served as a lawyer for Acorn in 1995, in a case against Illinois to increase access to the polls.

During his tenure on the board of Chicago’s Woods Fund, that body funneled more than $200,000 to Acorn. More recently, the Obama campaign paid $832,000 to an Acorn affiliate. The campaign initially told the Federal Election Commission this money was for « staging, sound, lighting. » It later admitted the cash was to get out the vote.

The Obama campaign is now distancing itself from Acorn, claiming Mr. Obama never organized with it and has nothing to do with illegal voter registration. Yet it’s disingenuous to channel cash into an operation with a history of fraud and then claim you’re shocked to discover reports of fraud. As with Rev. Jeremiah Wright and William Ayers, Mr. Obama was happy to associate with Acorn when it suited his purposes. But now that he’s on the brink of the Presidency, he wants to disavow his ties.

The Justice Department needs to treat these fraud reports as something larger than a few local violators. The question is whether Acorn is systematically subverting U.S. election law — on the taxpayer’s dime.


Médias: Journée ordinaire dans les journaux français (Just another typical leftist US-bashing day in the French media)

13 octobre, 2008
US-bashers of the world, unite!
Je refuse de considérer a priori comme terroristes actifs et dangereux des hommes qui sont venus, particulièrement d’Italie, longtemps avant que j’exerce les responsabilités qui sont miennes, et qui venaient de s’agréger ici et là, dans la banlieue parisienne, repentis… à moitié, tout à fait,… je n’en sais rien, mais hors du jeu. Doctrine Mitterrand (février 1985)
En publiant un article de Vanity Fair, rédigé par William Langewiesche, reporter hors pair, qui a passé 15 ans à couvrir le Moyen-orient, et cinq années de sa vie, en Irak, Allia réalise, à quelques semaines de l’élection présidentielle américaine, un coup de maître. (…) Le gouvernement américain façonne-t-il des soldats, « nés pour tuer » ? Métro
La guerre n’aurait jamais eu lieu sans l’effondrement du World Trade Center. William Langewiesche (interview de Metro ce matin)
Savez-vous qui n’est pas invitée à mon show? Cette conne de Sarah Palin… Madonna (Metro de ce matin)
J’ai voté pour Bush, père et fils, mais là je vais voter Obama. Dennis Hopper (à la Cinémathèque française ce matin)
Il n’est tout simplement pas vrai que le capitalisme en tant que système historique ait représenté le progrès par rapport aux divers systèmes historiques précédents qu’il a détruits ou transformés. Immanuel Wallerstein (Le Monde d’hier)

Après le dénigrement, dans un entretien à l’AFP, des écrivains américains par un membre de l’Académie suédoise qui décerne les prix Nobel …

Et à l’heure où un président soi-disant de droite et prétendument opposé au droit de grâce présidentiel prive, sur les conseils de sa chanteuse de femme (Cécilia Bruni-Sarkozy, dixit Le Monde) et son actrice de belle-sœur comme de l’ensemble de la gauche et de l’extrême-gauche françaises, les Italiens de leur droit à la justice contre la membre d’un groupe terroriste qui a tué nombre de leurs compatriotes …

« Coup de fouet de McCain qui passe mal » pour le Figaro (ou, pour le blog d’un correspondant de Libération, « McCain qui promet de fouetter Obama ») …

Obama qui assoit encore sa domination dans les sondages (Le Figaro), coup de pouce à Barack Obama avec le prix Nobel pour l’économiste du NYT Paul Krugman (blog de Rousselin) ou prix Nobel anti-Bush (Libération) …

Portait du « jeune prodige » (dixit Le Figaro) et jeune plume d’Obama Jon Favreau, Sarah Palin rattrapée par le « Troopergate » (Libération) …

« Capitalisme qui touche à sa fin » pour le sociologue américain signataire du manifeste de Porto Alegre du Forum social mondial et éminence grise du mouvement altermondialiste Immanuel Wallerstein, longuement interrogé par le Monde ….

Petite revue de presse d’une journée ordinaire de la presse française qui, se gardant bien d’expliquer que l’expression « whip his you know what » n’a a priori aucune connotation raciale (sans parler du jeu de mots entre l’expression populaire « whip his ass » et la formule favorite de son adversaire « You know what ») ou de rappeler, sinon pour les dénier à l’instar de son homologue d’outre-Atlantique, aucune des nombreuses casseroles que traine leur protégé, brille à nouveau par son objectivité et son impartialité …

Immanuel Wallerstein, chercheur au département de sociologie de l’université de Yale, ex-président de l’Association internationale de sociologie
« Le capitalisme touche à sa fin »
Propos recueillis par Antoine Reverchon
Le Monde
11.10.08

Signataire du manifeste du Forum social de Porto Alegre (« Douze propositions pour un autre monde possible »), en 2005, vous êtes considéré comme l’un des inspirateurs du mouvement altermondialiste. Vous avez fondé et dirigé le Centre Fernand-Braudel pour l’étude de l’économie des systèmes historiques et des civilisations de l’université de l’Etat de New York, à Binghamton. Comment replacez-vous la crise économique et financière actuelle dans le « temps long » de l’histoire du capitalisme ?

Immanuel Wallerstein : Fernand Braudel (1902-1985) distinguait le temps de la « longue durée », qui voit se succéder dans l’histoire humaine des systèmes régissant les rapports de l’homme à son environnement matériel, et, à l’intérieur de ces phases, le temps des cycles longs conjoncturels, décrits par des économistes comme Nicolas Kondratieff (1982-1930) ou Joseph Schumpeter (1883-1950). Nous sommes aujourd’hui clairement dans une phase B d’un cycle de Kondratieff qui a commencé il y a trente à trente-cinq ans, après une phase A qui a été la plus longue (de 1945 à 1975) des cinq cents ans d’histoire du système capitaliste.

Dans une phase A, le profit est généré par la production matérielle, industrielle ou autre ; dans une phase B, le capitalisme doit, pour continuer à générer du profit, se financiariser et se réfugier dans la spéculation. Depuis plus de trente ans, les entreprises, les Etats et les ménages s’endettent, massivement. Nous sommes aujourd’hui dans la dernière partie d’une phase B de Kondratieff, lorsque le déclin virtuel devient réel, et que les bulles explosent les unes après les autres : les faillites se multiplient, la concentration du capital augmente, le chômage progresse, et l’économie connaît une situation de déflation réelle.

Mais, aujourd’hui, ce moment du cycle conjoncturel coïncide avec, et par conséquent aggrave, une période de transition entre deux systèmes de longue durée. Je pense en effet que nous sommes entrés depuis trente ans dans la phase terminale du système capitaliste. Ce qui différencie fondamentalement cette phase de la succession ininterrompue des cycles conjoncturels antérieurs, c’est que le capitalisme ne parvient plus à « faire système », au sens où l’entend le physicien et chimiste Ilya Prigogine (1917-2003) : quand un système, biologique, chimique ou social, dévie trop et trop souvent de sa situation de stabilité, il ne parvient plus à retrouver l’équilibre, et l’on assiste alors à une bifurcation.

La situation devient chaotique, incontrôlable pour les forces qui la dominaient jusqu’alors, et l’on voit émerger une lutte, non plus entre les tenants et les adversaires du système, mais entre tous les acteurs pour déterminer ce qui va le remplacer. Je réserve l’usage du mot « crise » à ce type de période. Eh bien, nous sommes en crise. Le capitalisme touche à sa fin.

Pourquoi ne s’agirait-il pas plutôt d’une nouvelle mutation du capitalisme, qui a déjà connu, après tout, le passage du capitalisme marchand au capitalisme industriel, puis du capitalisme industriel au capitalisme financier ?

Le capitalisme est omnivore, il capte le profit là où il est le plus important à un moment donné ; il ne se contente pas de petits profits marginaux ; au contraire, il les maximise en constituant des monopoles – il a encore essayé de le faire dernièrement dans les biotechnologies et les technologies de l’information. Mais je pense que les possibilités d’accumulation réelle du système ont atteint leurs limites. Le capitalisme, depuis sa naissance dans la seconde moitié du XVIe siècle, se nourrit du différentiel de richesse entre un centre, où convergent les profits, et des périphéries (pas forcément géographiques) de plus en plus appauvries.

A cet égard, le rattrapage économique de l’Asie de l’Est, de l’Inde, de l’Amérique latine, constitue un défi insurmontable pour « l’économie-monde » créée par l’Occident, qui ne parvient plus à contrôler les coûts de l’accumulation. Les trois courbes mondiales des prix de la main-d’oeuvre, des matières premières et des impôts sont partout en forte hausse depuis des décennies. La courte période néolibérale qui est en train de s’achever n’a inversé que provisoirement la tendance : à la fin des années 1990, ces coûts étaient certes moins élevés qu’en 1970, mais ils étaient bien plus importants qu’en 1945. En fait, la dernière période d’accumulation réelle – les « trente glorieuses » – n’a été possible que parce que les Etats keynésiens ont mis leurs forces au service du capital. Mais, là encore, la limite a été atteinte !

Y a-t-il des précédents à la phase actuelle, telle que vous la décrivez ?
Il y en a eu beaucoup dans l’histoire de l’humanité, contrairement à ce que renvoie la représentation, forgée au milieu du XIXe siècle, d’un progrès continu et inévitable, y compris dans sa version marxiste. Je préfère me cantonner à la thèse de la possibilité du progrès, et non à son inéluctabilité. Certes, le capitalisme est le système qui a su produire, de façon extraordinaire et remarquable, le plus de biens et de richesses. Mais il faut aussi regarder la somme des pertes – pour l’environnement, pour les sociétés – qu’il a engendrées. Le seul bien, c’est celui qui permet d’obtenir pour le plus grand nombre une vie rationnelle et intelligente.

Cela dit, la crise la plus récente similaire à celle d’aujourd’hui est l’effondrement du système féodal en Europe, entre les milieux du XVe et du XVIe siècle, et son remplacement par le système capitaliste. Cette période, qui culmine avec les guerres de religion, voit s’effondrer l’emprise des autorités royales, seigneuriales et religieuses sur les plus riches communautés paysannes et sur les villes. C’est là que se construisent, par tâtonnements successifs et de façon inconsciente, des solutions inattendues dont le succès finira par « faire système » en s’étendant peu à peu, sous la forme du capitalisme.

Combien de temps la transition actuelle devrait-elle durer, et sur quoi pourrait-elle déboucher ?
La période de destruction de valeur qui clôt la phase B d’un cycle Kondratieff dure généralement de deux à cinq ans avant que les conditions d’entrée dans une phase A, lorsqu’un profit réel peut de nouveau être tiré de nouvelles productions matérielles décrites par Schumpeter, sont réunies. Mais le fait que cette phase corresponde actuellement à une crise de système nous a fait entrer dans une période de chaos politique durant laquelle les acteurs dominants, à la tête des entreprises et des Etats occidentaux, vont faire tout ce qu’il est techniquement possible pour retrouver l’équilibre, mais il est fort probable qu’ils n’y parviendront pas.

Les plus intelligents, eux, ont déjà compris qu’il fallait mettre en place quelque chose d’entièrement nouveau. Mais de multiples acteurs agissent déjà, de façon désordonnée et inconsciente, pour faire émerger de nouvelles solutions, sans que l’on sache encore quel système sortira de ces tâtonnements.

Nous sommes dans une période, assez rare, où la crise et l’impuissance des puissants laissent une place au libre arbitre de chacun : il existe aujourd’hui un laps de temps pendant lequel nous avons chacun la possibilité d’influencer l’avenir par notre action individuelle. Mais comme cet avenir sera la somme du nombre incalculable de ces actions, il est absolument impossible de prévoir quel modèle s’imposera finalement. Dans dix ans, on y verra peut-être plus clair ; dans trente ou quarante ans, un nouveau système aura émergé. Je crois qu’il est tout aussi possible de voir s’installer un système d’exploitation hélas encore plus violent que le capitalisme, que de voir au contraire se mettre en place un modèle plus égalitaire et redistributif.

Les mutations antérieures du capitalisme ont souvent débouché sur un déplacement du centre de « l’économie-monde », par exemple depuis le Bassin méditerranéen vers la côte Atlantique de l’Europe, puis vers celle des Etats-Unis ? Le système à venir sera-t-il centré sur la Chine ?
La crise que nous vivons correspond aussi à la fin d’un cycle politique, celui de l’hégémonie américaine, entamée également dans les années 1970. Les Etats-Unis resteront un acteur important, mais ils ne pourront plus jamais reconquérir leur position dominante face à la multiplication des centres de pouvoir, avec l’Europe occidentale, la Chine, le Brésil, l’Inde. Un nouveau pouvoir hégémonique, si l’on s’en réfère au temps long braudélien, peut mettre encore cinquante ans pour s’imposer. Mais j’ignore lequel.

En attendant, les conséquences politiques de la crise actuelle seront énormes, dans la mesure où les maîtres du système vont tenter de trouver des boucs émissaires à l’effondrement de leur hégémonie. Je pense que la moitié du peuple américain n’acceptera pas ce qui est en train de se passer. Les conflits internes vont donc s’exacerber aux Etats-Unis, qui sont en passe de devenir le pays du monde le plus instable politiquement. Et n’oubliez pas que nous, les Américains, nous sommes tous armés…


Crise financière: Bienvenue au pays où les enfants des élèves payent les salaires des enseignants! (How many French Fannies and Freddies waiting to happen?)

13 octobre, 2008
People in glass houses shouldn't throw stonesC’est un moment génial de l’histoire de France. Toute la communauté issue de l’immigration adhère complètement à la position de la France. Tout d’un coup, il y a une espèce de ferment. Profitons de cet espace de francitude nouvelle. Jean-Louis Borloo (avril 2003)
Les critères de Maastricht ne sont pas de mise par temps de crise. Henri Guaino (parolier du président Sarkozy)
Qu’une Ségolène propose le changement du système (?!), soit. Que des journalistes ignares mettent en exergue l’avantage fantastique de notre système de retraite par répartition (non soumis aux aléas de la bourse) sans observer que le système porte en lui les causes de son explosion future et nous fait vivre à crédit (contribuant à la dette faramineuse du pays), soit encore. Que d’autres se gaussent de «l’explosion en 2008 du système capitaliste comme en 1998 l’implosion du système socialiste», quoi de plus normal dans une France où la vulgate de gauche est prédominante. Mais que nos gouvernants, chantres de l’économie libérale pendant la dernière campagne présidentielle, parlent en utilisant un discours de «gauche»… on aura tout vu.
La crise fait peur ? Pourquoi ne dit-on pas qu’il s’agit en réalité d’une « purge » ? Depuis des années une partie du monde (la France y compris) vit au-dessus de ses moyens. La crise des «sub-primes» aux Etats Unis n’est que la conséquence du souhait de gens aux moyens limités d’obtenir des conditions d’habitation au-delà de leurs possibilités matérielles. Et qui a encouragé ce souhait « humain » ? Demandez-le à Monsieur Clinton qui pendant huit ans, a promu, encouragé et facilité la vie de Fanny Mae… Lui aussi voulait donner « tout, tout de suite, à tout le monde ».
Pourquoi ne dit-on pas que cette crise financière trouve une partie de ses origines dans le transfert de trillions de dollars du monde occidental vers les sables du Proche et Moyen-Orient ou vers les steppes de la Sibérie dont on extrait le pétrole et le gaz avec lesquels la Russie, pays où on ne fabrique plus rien (ou alors des armes…) mais qui affiche des taux de croissance de 5 à 10% l’an et où les profits sont, pour l’essentiel, contrôlés (partagés?) par l’entourage de Monsieur Poutine, tient prisonnière l’Europe entière. Martin Birnbaum

Bienvenue au pays où les enfants des élèves payent les salaires des enseignants!

Dette publique de 1.260 milliards d’euros, dette « hors bilan » (retraites des fonctionnaires, de quelque 900 milliards, dette totale de plus de 2.150 milliards (3 000 dollars), engagement de l’Etat à garantir tous les dépôts bancaires des personnes physiques (1.800 milliards)…

83 enseignants pour 1 000 habitants (Allemagne : 66, Royaume-Uni : 60), 2,2 agents des impôts sur 1 000 (Royaume-Uni : 1,3, Suède et Canada: 1,2), 1 987 fonctionnaires pour soutenir les exportations (Allemagne deux fois plus exportatrice: 1 046)…

Record européen (à 27 !) des dépenses publiques en proportion du PIB (France: 100, Allemagne et Royaume-Uni : 83, Espagne : 74, Estonie : 64) …

A l’heure où notre classe politico-médiatique à nouveau unanime n’a pas de mots assez durs pour fustiger le libéralisme et se réjouir de la resocialisation et dhimmisation annoncées de l’économie comme de la présidence américaines …

Petit retour, avec Martin Birnbaum et Libertyvox, sur la « Ponzi finance » à la française, au pays où « lorsqu’on se trouve dans un trou, on se dépêche de creuser pour en sortir » …

Des lendemains qui pleurent
Suite au texte d’André Dufour, « Vers la fin de l’Occident », Martin Birnbaum aborde la destruction éthique et ethnique de notre pays sous un angle économique.

Pendant le temps nécessaire à la lecture de ce texte, la dette publique de la France augmentera de 1.900 € par seconde : elle était de 1.150 milliards € fin 2006, ce qui fit dire à François Fillon «Je suis à la tête d’un Etat en situation de faillite sur le plan financier … /… C’est une situation qui n’est plus supportable». Nous étions nombreux à croire qu’une fois le constat fait, on allait enfin, conduire le pays vers l’assainissement économique dont il avait besoin. Les déclarations passent comme passent les roses… et la dette publique est aujourd’hui de 1.260 milliards €. En moins de 18 mois la France a augmenté sa dette d’encore 100 milliards €, ridiculisant les propos de Monsieur Fillon et montrant qu’en réalité, le pays ne se trouve pas sur la voie de son assainissement économique, au contraire. De plus, on laisse de côté la dette «hors bilan» (selon les normes internationales) constituée par les engagements de l’Etat au titre des retraites des fonctionnaires, ce qui ajoute environ 900 milliards €, soit un total de plus de 2.150 milliards €. Deux grandes explications sont avancées pour justifier cette situation: l’absence de croissance et le différé dans le temps des effets des réformes entreprises.

Pourtant, il suffit de regarder deux graphiques (évolution de la dette publique et taux de croissance) pour comprendre qu’en France, il n’y a aucune relation entre les deux.

On observe que sur les 25 dernières années (à partir de l’élection de François Mitterrand et nonobstant la couleur de la coalition au pouvoir ensuite) la croissance moyenne du PIB de la France a été d’environ 2%. Les hauts et les bas n’ont eu aucune influence sur l’évolution de la dette qui est passée de 20 % du PIB en 1981 à 64 % du PIB en 2006. Les années de forte croissance (1990 ou 2000-2002) ont seulement ralenti, un peu, le rythme d’augmentation, sans plus.

Sur ce, voilà la crise. Par delà les critiques (plus ou moins fondées) émises à l’adresse du système financier américain (dont l’essentiel a été repris par le monde entier), voilà la France en première ligne pour défendre le capitalisme «à visage humain» qui ne serait pas celui responsable de nos malheurs.

Qu’une Ségolène propose le changement du système (?!), soit. Que des journalistes ignares mettent en exergue l’avantage fantastique de notre système de retraite par répartition (non soumis aux aléas de la bourse) sans observer que le système porte en lui les causes de son explosion future et nous fait vivre à crédit (contribuant à la dette faramineuse du pays), soit encore. Que d’autres se gaussent de «l’explosion en 2008 du système capitaliste comme en 1998 l’implosion du système socialiste», quoi de plus normal dans une France où la vulgate de gauche est prédominante. Mais que nos gouvernants, chantres de l’économie libérale pendant la dernière campagne présidentielle, parlent en utilisant un discours de «gauche»… on aura tout vu.

La crise, réelle, bien entendu, a bon dos quand il s’agit de notre pays. Sans nier ses conséquences probables sur l’activité économique ou sur l’emploi, il faut tordre le cou à la vulgate dominante selon laquelle si nous n’arrivons pas à mettre de l’ordre dans les affaires du pays «c’est la faute à la croissance». Les causes de la destruction de notre pays, qui est en marche, sont structurelles et tiennent au système sociopolitique que les élites de gauche et de droite ont mis en place et défendent bec et ongles. Ce qui veut dire en clair que sans des changements structurels, rien ne sera possible. Mais ce n’est pas ce qui pourrait arrêter nos gouvernants, devenus la risée de l’Europe, d’être pour tout ce qui est contre et contre tout ce qui est pour. En clair, montrer que le roi est nu mais, puisqu’il est roi … accepter qu’il donne des leçons de conduite au monde entier.

Ce qui détruit notre pays c’est l’obésité de l’état, l’immigration subie et l’exacerbation de l’Etat Providence.

L’obésité de l’état ? «Faut-il rappeler que la France compte 83 enseignants dans le secondaire pour 1 000 habitants, là où l’Allemagne en compte 66 et le Royaume-Uni 60 ? 2,2 agents des impôts sur 1 000 habitants là où le Royaume-Uni en compte 1,3, la Suède et le Canada 1,2 ? Faut-il rappeler que la France dispose de 1 987 fonctionnaires pour soutenir les exportations alors que l’Allemagne, qui pèse le double de la France en pourcentage du commerce mondial, en compte 1 046, presque un sur deux en moins ?» (source Le Point).

En 2007, la France (statistiques de la Commission européenne) a détenu le record des dépenses publiques en proportion du produit intérieur brut, non seulement au sein de la zone euro mais au sein de l’Union européenne à vingt-sept. Quand la France dépense pour l’état 100, l’Allemagne dépense 83 (comme le Royaume-Uni), l’Espagne 74 et le «meilleur de la classe» l’Estonie 64 (source Eurostat). Actuellement nous «battons» les Suédois, les Finlandais et les Danois qui en 2000 étaient tous devant nous, mais qui ont fait de très grands efforts pour faire maigrir leur état. Notre pays est le premier en Europe pour les dépenses de l’état, et «c’est les enfants des élèves qui payent les salaires des enseignants». (J. Attali).

Le remède ? Le discours de Toulon de notre président qui, la main sur le cœur, annonce que l’année prochaine on ne remplacera qu’un fonctionnaire (partant à la retraite) sur deux faisant ainsi l’économie de 30.000 postes. Voire. La même chose nous avait été promise pour 2008, mais l’année ne verra que 5.000 postes non remplacés par rapport aux 70.000 fonctionnaires partis à la retraite ! Et si quelqu’un veut faire un calcul simple, un fonctionnaire moyen coûtant 40.000 €/an, on fera une économie de 1,2 milliards € : comparer avec le déficit annuel prévu de 59 milliards € et avec la dette de l’état de 1.250 milliards €.

Le coût de l’immigration ? Deux rapports d’experts «Essai d’évaluation pour la France des coûts de l’immigration» (Prof. J. Bichot, Lyon III-Jean Moulin) et «Le coût réel de l’immigration en France» (J-P Gourévitch, expert international) l’évaluent à 36 milliards € par an. Autant dire que ceux qui nous assènent comme parole d’Evangile «l’immigration est une chance pour notre pays» devraient peut-être consulter les statistiques pour vérifier si ce qu’ils disent correspond à la réalité. Non, ce qu’ils disent ne correspond pas à la réalité. Par ailleurs, la croissance beaucoup plus rapide de la catégorie des moins de 18 ans dans cette population (elle compte aujourd’hui 15 % de la population métropolitaine correspondante, soit 45 % de plus que leur poids dans la population totale du pays) ne fait et ne fera qu’accentuer les écarts, avec comme conséquence une augmentation continue du coût de l’immigration d’origine non européenne. De plus, tandis que le taux de chômage des immigrés européens est comparable à celui de la population autochtone (7,5%), celui des immigrés des pays tiers est de 21,5 %. Cette population ne contribue qu’à hauteur de 4 % des revenus de la France car leur revenu initial individuel se limite à 5 800 € contre 14 400 € de moyenne nationale. En revanche, ils perçoivent 22 % des prestations sociales.

Bien que politiquement incorrect, il faut avoir le courage de dire que 3/4 du déficit chronique des finances publiques de la France est induit par les immigrés d’origine non européenne. Naturellement, les bien pensants rendent la société française responsable de la non intégration des cette population et, tout aussi naturellement, expliquent qu’il faut dépenser de plus en plus d’argent (plans ville, associations, lieux de culte, etc.) pour alléger ce poids. On oublie que lorsqu’on se trouve dans un trou il est vain de creuser pour en sortir…

Et l’Etat Providence ? Résultat de la transformation de la social-démocratie allemande, de sa rupture avec Marx et de son adhésion à l’économie de marché (Bad-Godesberg, 1959) l’Etat Providence s’installe pratiquement dans tous les pays de l’Union Européenne. Et peu importe la couleur des coalitions au pouvoir, à l’exception de l’Angleterre. Partout, le «plus jamais de guerres» d’après 1945 se traduit au plan économique et social par «plus de guerres de classe» et l’apaisement du conflit fondamental du capitalisme tel qu’évoqué par Marx, «caractère collectif de la force de travail, possession ou appropriation individuelle des moyens de production». Systèmes de retraite par répartition, réduction de la durée du travail (annuelle et totale avant la retraite), assurances maladie obligatoires à double financement, éducation gratuite, indemnisation (généreuse) du chômage, développement de l’état et de ses fonctions etc. ont tous été mis en place pendant les «trente glorieuses» (pour certains dans les années 50-80 pour d’autres 60-90).

La France, qui n’a pas vraiment assimilé l’économie de marché, a vécu sans soucis pendant les trente dernières années comme si ses dépenses inconsidérées allaient pouvoir se maintenir éternellement. Elle a accueilli des masses d’immigrés sans ressources et sans capacités prouvées de pouvoir trouver un travail, créé essentiellement pour eux la CMU (couverture maladie universelle), nouvel attrait pour ceux qui veulent vivre en France. Pour les autochtones, elle a réduit la durée du travail au-delà de tout ce que l’on pouvait imaginer (sauf par ceux qui n’ont jamais travaillé dans une activité marchande pour se rendre compte que l’on ne partage pas le travail…). Elle a mis en place des modalités de départ à la retraite, pour certains à partir de 50 ans, pour d’autres, encore aujourd’hui, à partir de 55 ans…), inventé de nouveaux mécanismes pour financer ses dépenses afférentes: CSG, RDS et dernièrement la taxe pour le financement du RSA. Bref, pendant que ses partenaires européens commençaient à se serrer la ceinture, à rogner sur les largesses de l’état providence et à trouver des moyens pour relancer leur croissance économique et la réduction de leurs dettes, la France, insouciante, continuait sur sa lancée. Pour comprendre l’absurdité actuelle du système de retraite par répartition il suffit de donner deux exemples : au début des années 60 il y avait quatre personnes au travail pour une à la retraite, aujourd’hui il y a 1,8 personnes pour un retraité. Qui peut croire que les «mesures» prises (rallongement partiel du nombre d’années de travail ou les changements à la SNCF) sont autre chose que des cataplasmes sur une jambe de bois ?

Pendant 25 ans, d’alternance socialiste en pouvoir de droite, avec une constance permise uniquement par l’incapacité de ses partenaires européens de lui faire entendre raison, la France n’a en rien modifié les fondements de son état qui, individualisme exacerbé oblige, a démissionné devant les oppositions catégorielles aussi multiples que ses propres incapacités. Mais, comme la France est la France, c’est elle qui a imposé Maastricht et les deux critères principaux pour maintenir l’euro : un déficit annuel inférieur à 3% du PIB et une dette totale inférieure à 60 % du PIB. Les années ont passé et les promesses de la France de respecter les critères mentionnés, aussi. On a promis aux partenaires européens de tout faire pour 2006 et ensuite pour 2008 et ensuite pour 2010 et ensuite, croix de bois croix de fer… pour 2012. Et le principal conseiller du prince, Henri Guaino, vient de déclarer «les critères de Maastricht ne sont pas de mise par temps de crise». La France n’a que la Grèce derrière elle pour l’ampleur de son déficit !

Et voilà la crise. Elle fait peur mais notre président monte sur ses talonnettes (pour ne pas dire sur ses ergots…) pour rassurer le bas peuple : Il s’engage à garantir tous les dépôts bancaires des personnes physiques. Quelle tartufferie… Quand on sait que lesdits dépôts représentent quelques 1.800 milliards €, on reste pantois devant l’engagement de Nicolas Sarkozy de les garantir alors que la dette française est de 1.250 milliards €…

La crise fait peur ? Pourquoi ne dit-on pas qu’il s’agit en réalité d’une «purge» ? Depuis des années une partie du monde (la France y compris) vit au-dessus de ses moyens. La crise des «sub-primes» aux Etats Unis n’est que la conséquence du souhait de gens aux moyens limités d’obtenir des conditions d’habitation au-delà de leurs possibilités matérielles. Et qui a encouragé ce souhait «humain» ? Demandez-le à Monsieur Clinton qui pendant huit ans, a promu, encouragé et facilité la vie de Fanny Mae… Lui aussi voulait donner «tout, tout de suite, à tout le monde».

Pourquoi ne dit-on pas que cette crise financière trouve une partie de ses origines dans le transfert de trillions de dollars du monde occidental vers les sables du Proche et Moyen-Orient ou vers les steppes de la Sibérie dont on extrait le pétrole et le gaz avec lesquels la Russie, pays où on ne fabrique plus rien (ou alors des armes…) mais qui affiche des taux de croissance de 5 à 10% l’an et où les profits sont, pour l’essentiel, contrôlés (partagés ?) par l’entourage de Monsieur Poutine, tient prisonnière l’Europe entière.

Pourquoi ne dit-on pas que l’incapacité d’un pays comme la France d’arrêter de vivre à crédit conduit à dégrader la qualité de sa dette, ce qui, par des effets pervers, entraine l’augmentation du loyer de l’argent ou la contraction des liquidités internationales ?

La crise financière passera, certes, comme toute purge le fait. L’organisme qui lui a été soumis maigrira… Mais tant que notre système économique, politique et social ne changera pas, tout ce que nos gouvernants nous disent ne sera que des paroles en l’air. Malheureusement, le pays s’affaiblira et sa conquête «par les ventres» des femmes de ceux qui nous guettent ou par l’invasion organisée, ne sera que plus facile. André Dufour a raison.

Gentil lecteur, vous avez mis 10 minutes pour lire ce texte ? Crise ou pas crise, la dette de la France a augmenté de 1.140.000 €!


Election américaine: Vers le retour aux années Carter? (Can we really afford another Carter term?)

12 octobre, 2008

Obama-Carter Les démocrates, voici trois décennies, ont réussi à faire élire Jimmy Carter après avoir organisé une débâcle au Vietnam. On pourrait voir survenir, je n’ai pas été le seul à le dire, le second mandat de Jimmy Carter – voire pire encore, car Obama est nettement plus à gauche que Carter : la débâcle que souhaitaient ardemment les démocrates cette année pour parvenir à leurs fins n’a pas eu lieu en Irak, mais au New York Stock Exchange. La brève ère Carter avait apporté la stagflation, les files d’attente devant les stations services, la plus grande avancée soviétique sur la planète depuis 1945, et l’arrivée au pouvoir de Khomeyni. Que réserveraient de nouvelles années Carter ? Je préfère n’y pas songer…Guy Milliere
Nous assistons à une agonie du système libéral. Benoît Hamon (candidat à la direction du PS)
Ce qui s’effondre, c’est le libéralisme économique. François Hollande
Après Jeremy Wright, Louis Farrakhan, le Hamas, Castro, Joseph Stiglitz, Paul Kennedy, Fukuyama, Roubini
.
Besancenot et son Nouveau Parti anticapitaliste, François Hollande, Nicolas Hulot, Marine Le Pen, l’École de management de Strasbourg qui ouvre un diplôme pour gérer des fonds musulmans, Nicolas Sarkozy, Jean Ziegler, Angela Merkel, Benoît XVI?
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A l’heure où, à la veille peut-être du hold up du siècle, nos médias et tout ce que la planète peut compter d’antidémocrate, d’antilibéral ou d’antiaméricain se réjouissent déjà bruyamment du début de resocialisation de l’économie américaine et de la victoire annoncée du candidat probablement le plus à gauche que l’Amérique ait connu depuis la débâcle des années 30 …

Retour sur une tribune quelque peu désabusée mais toujours aussi lucide de Guy Millière la semaine dernière sur le site Les 4 vérités.

Où il montre comment l’instrumentalisation démocrate d’une crise à laquelle ils ont largement contribué et l’entretien médiatique d’une atmosphère de panique comme « l’inaptitude des Républicains à développer une réponse audible et claire » semble avoir tétanisé « l’attachement aux valeurs fondatrices » de l’Amérique d’en bas qu’incarne la candidature de John McCain.

Mais aussi, entre les mesures protectionnistes et redistributrices qui pourraient retarder le retour à la croissance et (comme en 1929?) prolonger la crise, les désastreuses conséquences économiques que pourrait avoir une telle victoire.

Ou, au niveau de la politique étrangère, le retour à l’apaisement cartérien des régimes néo-autoritaires ou totalitaires (des Poutine, Ahmadinejad et autres Chavez) comme l’éventuel lâchage, de l’Amérique latine à l’Irak, l’Afghanistan ou Israël, mais aussi de la Géorgie à l’Ukraine, des derniers pays qui tentent de leur résister …

Et si Obama était élu?
Guy Milliere
Les 4 vérités
06 octobre 2008

Le temps se couvre sur la planète. Rien d’étonnant, hélas, concernant l’Europe. Entre vieillissement des populations, islamisation diffuse, confiscation de la démocratie, asthénie économique découlant du poids des systèmes socialistes et socialisants d’État-Providence, l’Europe est épuisée. On y vit au jour le jour. On y attend la mort qui vient. Il peut s’y dessiner des crispations parfois, mais elles peuvent vite prendre des colorations saumâtres de type fasciste ou national-socialiste, ainsi en Autriche voici peu.

Après avoir dit que la crise financière ne toucherait pas l’Europe, on pratique des réponses dirigistes avec une énergie qui laisse penser que seules des réponses susceptibles de mener vers la sclérose terminale suscitent encore quelques élans.

Il n’y a malheureusement pas que l’Europe qui soit concernée, et ce qui se passe aux États-Unis ne pousse guère à l’enthousiasme. J’ai passé dans le pays plusieurs mois cette année, je l’ai parcouru en de multiples directions, d’Est en Ouest, du Nord au Sud, de villes en villages aux fins d’en faire un livre qui serait un portrait détaillé de l’Amérique à la fin des années Bush, et j’y ai discerné des tensions, des lassitudes, des inquiétudes concernant l’avenir, des volontés de tourner une page ouverte dans les douleurs du onze septembre, mais aussi, dès qu’on sort des grands centres urbains tenus par la gauche bobo, un attachement maintenu aux valeurs fondatrices, celles datant des années George Washington-Thomas Jefferson. Je pensais que cet attachement aux valeurs fondatrices l’emporterait en fin de compte, et permettrait une élection de John McCain. J’évoquais aussi la possibilité inverse, et j’en viens à considérer que c’est cette possibilité inverse qui pourrait se concrétiser avec l’élection de Barack Obama.

Ce qui aura joué ? L’atmosphère de panique qui a résulté de ce qui vient de se passer à Wall Street. L’entretien de la panique par les grands médias et par le parti démocrate. L’inaptitude des républicains à développer une réponse audible et claire. Si Barack Obama est élu, cela ne signifiera pas la fin des valeurs fondatrices, ni celle des institutions ou du capitalisme américain : il est même vraisemblable que l’éventuelle élection d’Obama ne soit qu’un épisode, un intermède au cours duquel celui-ci montrera qu’il n’a pas l’étoffe d’un Président.

Cela signifiera néanmoins la victoire temporaire aux États-Unis d’une narration socialisante concernant l’économie et le monde, et cette victoire aura des conséquences. On peut penser que des mesures protectionnistes et redistributrices seront prises qui retarderont le retour à une croissance robuste et ne seront pas sans effets sur l’économie planétaire : du côté de la Chine et de l’Inde, entre autres, mais aussi de celui de diverses contrées européennes. Quand l’économie américaine est détraquée, c’est le reste du monde qui en souffre.
La politique étrangère américaine prendra les couleurs de l’apaisement et le message sera pleinement reçu par les régimes néo-autoritaires qui, déjà, placent leurs pions sur l’échiquier : Poutine, Ahmadinejad et Chavez ne seront pas les derniers à féliciter chaleureusement le nouvel élu s’il se prénomme Barack Hussein.
Après le temps des félicitations, viendra celui de l’action. Les victimes déjà désignées d’un éventuel affaiblissement américain se situent dans les pays d’Amérique latine pas encore touchés par le caudillisme chaviste, en Irak et en Afghanistan, mais aussi en Israël où il faudrait, pour résister, des dirigeants de la trempe d’un Menahem Begin. Elles se situent, au-delà de la Géorgie, en Ukraine aussi.

Les démocrates, voici trois décennies, ont réussi à faire élire Jimmy Carter après avoir organisé une débâcle au Vietnam. On pourrait voir survenir, je n’ai pas été le seul à le dire, le second mandat de Jimmy Carter – voire pire encore, car Obama est nettement plus à gauche que Carter : la débâcle que souhaitaient ardemment les démocrates cette année pour parvenir à leurs fins n’a pas eu lieu en Irak, mais au New York Stock Exchange. La brève ère Carter avait apporté la stagflation, les files d’attente devant les stations services, la plus grande avancée soviétique sur la planète depuis 1945, et l’arrivée au pouvoir de Khomeyni. Que réserveraient de nouvelles années Carter ? Je préfère n’y pas songer…

 

 

 


Election américaine: Et si les médias en faisaient trop pour Obama? (Could the media’s Obama love affair backfire?)

11 octobre, 2008
Media's Obama love affair
Et si les Américains n’étaient pas prêts à entrer dans l’Histoire, en élisant leur premier président noir? Le Monde
L’Amérique est toujours le tueur numéro 1 dans le monde. . . Nous sommes profondément impliqués dans l’importation de la drogue, l’exportation d’armes et la formation de tueurs professionnels. . . Nous avons bombardé le Cambodge, l’Irak et le Nicaragua, tuant les femmes et les enfants tout en essayant de monter l’opinion publique contre Castro et Khaddafi. . . Nous avons mis Mandela en prison et soutenu la ségrégation pendant 27 ans. Nous croyons en la suprématie blanche et l’infériorité noire et y croyons davantage qu’en Dieu. … Nous avons soutenu le sionisme sans scrupule tout en ignorant les Palestiniens et stigmatisé quiconque le dénonçait comme anti-sémite. . . Nous ne nous inquiétons en rien de la vie humaine si la fin justifie les moyens. . . Nous avons lancé le virus du SIDA. . . Nous ne pouvons maintenir notre niveau de vie qu’en nous assurant que les personnes du tiers monde vivent dans la pauvreté la plus abjecte. Rev. Jeremiah Wright (le 15 janvier 2006)
Pour la première fois dans ma vie d’adulte, je suis vraiment fière de mon pays. Michelle Obama
Après Jeremy Wright et Louis Farakhan… les médias?
.
A l’heure où, à trois semaines de l’élection présidentielle américaine, le battage médiatique pro-Obama se fait plus pressant et quasiment irrésistible …

Petit décryptage, avec l’éditorialiste du WSJ Dorothy Rabinowitz et à travers l’analyse du discours de l’une des représentantes les plus vociférantes de l’establishment médiatique, la journaliste-vedette de CNN Christiane Amanpour, de l’ordre du jour de moins en moins caché dudit battage.

A savoir, sans parler du constant chantage à « l’Histoire » et au racisme, le thème, étrangement proche (pour un groupe qui a tant moqué le fondamentalisme supposé du président Bush) tant de la figure messianique appelée par le fondateur de la Nation de l’Islam que des images quasi-christiques de la campagne d’Obama lui-même, d’une Amérique déchue accablée par son besoin de rachat et de rédemption face à un monde qu’elle est censée avoir offensé.

D’où du coup l’accueil logiquement positif d’un tel message pour le reste du monde.

Mais aussi la circonspection d’une Amérique qui y reconnait surtout le langage de ses ennemis et dont l’attachement quasi-viscéral à sa singularité et à son honneur national… va peut-être bien au-delà de l’électorat du Républicain McCain?

Extraits:

Puis elle a soulevé le thème si central à la campagne d’Obama, et tenu, comme vérité révélée par les politiquement progressistes du monde – que les États-Unis, déchus aux yeux du monde, ont à présent terriblement besoin de salut moral. Partout où elle est allée en Amérique, déclara Mme Amanpour, elle a trouvé les Américains » désespérés ; – désespérés, c’est-à-dire, de la basse estime dans laquelle le pays était tenu, désespérée d’avoir un président qui relèverait l’Amérique.

M. Obama ne pouvait pas le dire mieux lui-même. Il est le principal exposant de l’idée que notre nation perdue exige sa réhabilitation aux yeux du monde – et telle est la différence la plus évidente entre elle et M. McCain. A la question, lors d’un des premiers débats des primaires, de savoir ce que serait sa première priorité s’il était élu président, sa réponse a été claire. Il irait immédiatement à l’étranger faire des dédommagements, et assurer les alliés et les autres pays dans le monde que l’Amérique avait aliénés, que nous étions disposés à faire tout le nécessaire pour retrouver leur respect. Il est impossible d’imaginer ces paroles venant de M. McCain. M. Obama les a répétées à de multiples reprises sous une forme ou une autre et il n’y a là rien d’étonnant.

Elles sont dans ses tripes, dans cette croyance impossible à cacher que nous avons perdu la face devant les nations du monde – nos supérieurs moraux sans doute. Il est ici pour réformer l’Amérique déchue et pour nous rendre à nouveau dignes de respect. Il n’a pas été donné, à cet universitaire posé et civilisé, de saisir l’identification avec le pays que M. McCain a lui dans ses tripes – sa connaissance que nous sommes loin de la perfection, mais pas prêts, jamais prêts, à reprendre à notre compte la vision de nous avancée par nos ennemis. Cette identification, la compréhension de son importance et des dangers de son absence – est ce qui attire le plus les électeurs à M. McCain

The Media Back Obama
Its activist role has been the single constant in this eternal election.
Dorothy Rabinowitz
The WSJ
October 9, 2008

Both time and events have dimmed those defining moments that early on revealed the difference between the two presidential aspirants. Not only did the financial crisis arrive but so, in her uproarious way, did Sarah Palin. Tuesday’s debate between two candidates paralyzed by caution altered nothing. It was a relief, of course, not to hear about Sen. McCain’s record as a « maverick » — a word that would, in a merciful world, be banned from public discourse for the next decade. It was too much to expect Barack Obama to spare us further recitals of the McCain-Bush connection.

The single constant in the eternal election remains the media, whose activist role no one will seriously dispute. To point out the prevailing (with honorable exceptions) double standard of reporting so favorable to Mr. Obama by now feels superfluous — much like talking about the weather. The same holds true for all those reports pointing to Mr. Obama’s heroic status outside the United States — not to mention the cascade of press analyses warning that if he fails to win election, the cause will surely be racism.

None of this means that the media’s role will go unremembered — who will forget MSNBC news, voice of the Obama campaign? Never has a presidential election produced more fodder for the making and breaking — or tainting — of reputations.

The same is true of news sources making far greater claims to fairness. So it was only slightly startling to read a New York Times forecast (Sept. 22) about the presidential debate to come in which reporter Katharine Q. Seelye declared,  » . . . Mr. Obama should expect Mr. McCain to question his credentials for the job at every turn — and to distort his views, as Mr. Romney insisted he did. »

That first debate brought the usual legions of commentators — among them CNN foreign correspondent Christiane Amanpour. John McCain, she pointed out, had stumbled over Ahmadinejad’s name, and as he was supposed to be the expert on foreign policy, it made her giggle.

« That’s not fair — people make mistakes all the time, » Anderson Cooper shot back. But Ms. Amanpour, whose capacity for sustained levels of bombast is one of the wonders of the world, was having none of it.

She would go on to raise the theme so central to the Obama campaign, and held, as revealed truth, by the politically progressive everywhere — that the U.S., fallen low in the eyes of the world, is now in dire need of moral salvation. Everywhere she went in America, Ms. Amanpour declared, she found « desperate Americans » — desperate, that is, about the low esteem in which the country was held, desperate to have a president who would lift America up.

Mr. Obama could not have said it better himself. He is the leading exponent of the idea that our lost nation requires rehabilitation in the eyes of the world — and it is the most telling difference between him and Mr. McCain. When asked, in one of the earliest debates of the primary, his first priority should he become president, his answer was clear. He would go abroad immediately to make amends, and assure allies and others in the world America had alienated, that we were prepared to do all necessary to gain back their respect.

It is impossible to imagine those words coming from Mr. McCain. Mr. Obama has uttered them repeatedly one way or another and no wonder. They are in his bones, this impossible-to-conceal belief that we’ve lost face among the nations of the world — presumably our moral superiors. He is here to reform the fallen America and make us worthy again of respect. It is not in him, this thoughtful, civilized academic, to grasp the identification with country that Mr. McCain has in his bones — his knowledge that we are far from perfect, but not ready, never ready, to take up the vision of us advanced by our enemies. That identification, the understanding of its importance and of the dangers in its absence — is the magnet that has above all else drawn voters to Mr. McCain.

Sen. Obama is not responsible for the political culture, but he is in good part its product. Which is perhaps how it happened that in his 20 years in the church of Rev. Jeremiah Wright — passionate proponent of the view of America as the world’s leading agent of evil and injustice — he found nothing strange or alienating. To the contrary, when Rev. Wright’s screeds began rolling out on televisions all over the country, Mr. Obama’s first response was to mount a militant defense and charge that Rev. Wright had been taken out of context, « cut into snippets. » This he continued to do until it became untenable. Then came the subject-changing speech on race. Such defining moments tell more than all the talk of Sen. Obama’s association with the bomb-planting humanist, William Ayers.

These sharp differences between the candidates as to who we are as a nation may not seem, now, as potent an issue for voters as the economy, but they should not be underestimated. This clash — not the ones on abortion or gay marriage — is the root of the real culture war to play out in November.

Ms. Rabinowitz is a member of The Wall Street Journal’s editorial board

Voir aussi:

What happened to the media?
Karyn Gaidos
American thinker
October 11, 2008

I am not trying to sound trite, but honestly I don’t know whether to laugh or to cry.

What happened to our jaded media who looked for the fire when they even had a glimpse of smoke?  What happened to the media who wanted every single detail of a blue dress and a naughty cigar?

As much as I thought all of the insidious coverage of that Presidential misstep was a bit much, I would take that any day over this overly-apathetic, take-any-answer-at-face-value media we are dealing with now.

Come on media.  A sitting president enjoying a peaceful and prosperous eight years has a little fun with an intern, and you went after every last, salacious detail of each and every phone call and encounter.

Now in a time of war and financial meltdown, we have a relatively unknown candidate for the highest office in the land, who keeps fluffing off reports of radical associations as if he is swatting a mosquito away, and you just accept his nonsensical answers at face value.

Never would I have thought that the American media would let an unknown politician running for President get away with having « Community Organizer » as a main feature of his short resume and the seemingly endless radical connections that keep emerging.

Let’s recap some of what Barrack Obama seems to have skated passed the American media — and by default — much of the American public.

First comes the twenty-year association with a very racist, radical and politically-incorrect Reverend Wright, who is on tape ranting and raving about the American government, white people, Hillary Clinton and many American ideals. His extreme, radical bias against the American government, the American Dream and white people are clearly depicted.

Even though Obama clearly spent 20 years sitting in the pews of Reverend Wright’s church and has mentioned him as his spiritual guide on several occasions, the media allowed him to escape relatively unscathed with the announcement that he is leaving his church.  This appeased the media and seemed to appease the masses.

Who cares about what it says about his judgment and philosophy to have sat in his pews for 20 years and have used him as his spiritual guide?  They said, « Let’s get back to the issues. »

And so they did.

Then the alternative media started wondering, « What exactly is a Community Organizer, and how does that prepare someone for presidency »?  That is a great question, but the mainstream media ignored that question entirely and made it sound like he was some do-gooder who was providing community service.

Anyone at all who bothered to look into what exactly Barrack Obama did as a Community Organizer would have found that he was involved with radical organizations, such as ACORN.  Once it came out that ACORN is in frequent trouble for voter fraud and has been caught shaking down mortgage executives to offer bad loans to risky home buyers, his campaign manager says that he didn’t work for ACORN.  He worked for Project Vote.

The media just left it at that.  They didn’t bother to report that Project Vote has always been an ACORN affiliate project, and that Barrack Obama did, in fact, serve as ACORN’s attorney at least in one Motor Voter Law case.  They would also have discovered that he acted as a trainer, who trained young people to be radicals.

Instead, the media ignored that he addressed ACORN’s Convention recently and all of the other facts mentioned above, and let the story end with the bogus explanation about Project Vote having been his employer, not ACORN.

Early in his bid for President, it came out that Barrack Obama bought property next door to his good pal, Tony Rezko, who got it for him at $300,000 under market value.  Did I mention Rezko is a felon who is most likely on his way to prison for shaking down vendors who wanted to do business with the State of Illinois?  I wonder where he learned that tactic? I am sure it wasn’t Harvard Business School.  I would bet he learned that in some Marxist textbook.
So after that connection gets swept under the rug and dismissed as John McCain’s attempt to avoid the real issues, yet another radical association emerges – Bill Ayers.

This guy started a radical, anti-American, terrorist group called the Weather Underground and bombed the Capitol, the Pentagon, the New York City Police Headquarters, and the home of a Judge presiding over a trial of another radical group, the Black Panthers.

It comes out that Barrack Obama launched his political career in this despicable terrorist’s living room, sat on some boards with him, collaborated on education projects with him and who knows what else.  I wish the media would find out what else.  Since when would they let a story like this go?

I’ll tell you when – since they decided they were in the bag for Barrack Obama.

Even though Obama and his advisors keep changing their stories about his connection with Ayers, which would indicate to anyone that there is a lie hidden within the spin, the media has not challenged one single statement that has come from Obama’s camp.

There is a chance that a man with a history of radical, Anti-American connections will be our next President, and we are going to treat these reports of his connections as a McCain campaign ploy to distract the public from the real issues.

I cannot think of an issue more pressing than the political agenda and theoretical basis of our next President and Commander-in-Chief.   Can you?  Radicalism and Socialism have defined him and might soon define our country if the media doesn’t wake up and report the facts so that the American people can see things as they really are – not as they are packaged.

Barrack Obama has packaged himself as a Patriotic American looking to serve the people and help the « middle class. »  Frighteningly, what he might really be is an Anti-American, Socialist, who is looking to own the « middle class. »

You think I am exaggerating?  Thanks to the mainstream media, you might not know that Barrack Obama sought after and won the New Party’s endorsement in 1996.

The New Party is a Socialist, Left-Wing faction of the Democratic Party who disdained Clinton’s middle-of-the-road policies.  Barrack Obama is now running as a Centrist, despite all of the evidence, including his voting record, that shows that he is as Left-Wing as they come.

Like I said, let’s unwrap the packaging and get to the heart of this man before he takes the helm of a country in middle of two wars and a devastating economic crisis.


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