Paradoxalement, dans cette surenchère, la question du génocide finit presque par être occultée. Patrick de Saint-Exupéry
La situation est évidemment bloquée, puisque nous ne pouvons rien contre les mandats d’arrêt de la justice internationale. M. Kouchner
Ce que je savais moi -et que j’étais seul à savoir, je ne pouvais pas le dire aux autres délégations parce qu’il ne fallait pas que le secret sorte- c’est qu’il y avait aussi des officiers français… enfin, au moins un et peut-être un sous-officier, on ne sait pas très bien… A la fin de l’épisode de la grotte d’Ouvea, il y a eu des blessés kanaks et deux de ces blessés ont été achevés à coups de bottes par des militaires français, dont un officier. Michel Rocard
Quatorze ans après le génocide que François Mitterrand avait un moment qualifié de « sans importance » …
Trois mois après le rapport du gouvernement rwandais impliquant, suite à un mandat international contre le président Kagamé par le juge Bruguière pour complicité dans l’attentat contre l’avion des anciens présidents rwandais et burundais ayant servi de déclencheur au génocide, la France dans le génocide de 1994 et menaçant de poursuites internationales 33 personnalités françaises membres du gouvernement Mitterrand de l’époque (dont Balladur, Juppé, Védrine) …
Un mois après une infructueuse rencontre Sarkozy-Kagamé à l’ONU …
Et à la veille, au moment où les restes des génocidaires de 94 dont la France avait protégé la fuite font encore tristement parler d’eux au Congo, de la publication des résultats de l’enquête rwandaise sur ledit attentat …
La situation entre la France et le Rwanda est on ne peut plus trouble et on ne peut plus bloquée.
Et essentiellement apparemment du fait d’une France qui, derrière les accusations ridicules de double génocide de ses anciens responsables ou thuriféraires (de Védrine, alors secrétaire général de l’Elysée, à Péan, lui-même poursuivi à son tour en justice pour incitation au racisme pour des passages de son livre de commande défendant le gouvernement français), les contre-procès et les refus d’extraditions n’arrive toujours pas à admettre sa responsabilité indirecte dans le génocide des toutsis par les houtous.
A savoir, comme le rappelle l’ancien journaliste du Figaro Patrick de Saint-Exupéry qui a longuement enquêté sur place y compris durant les faits, par un indéfectible soutien, avant, pendant et après la tragédie, du gouvernement rwandais et des « milices qui ont été le fer de lance du génocide ».
Soutien qui, au nom de la défense de sa sphère d’influence en Afrique et dans le contexte d’une invasion militaire des toutsis venus d’Ouganda, inclura l’armement et la formation puis l’appui politique et diplomatique avant, sous couvert de l’opération humanitaire Turquoise, l’exfiltration des génocidaires.
Mais qui n’exclura pas, si l’on en croit les nombreux témoins cités par le rapport rwandais, les coups tordus que les récentes révélations d’un ancien-premier ministre sur des comportements de l’armée française particulièrement douteux et brutaux (comme l’achèvement de deux prisonniers kanaks « à coups de bottes », lors de l’attaque de la grotte d’Ouvéa en Nouvelle-Calédonie en 1988) ne rendent hélas pas totalement implausibles (contrôles d’identité, viols, largages par hélicoptères, pillages, représailles, menaces ?) …
France-Rwanda : oeil pour oeil
Patrick de Saint-Exupéry, rédacteur en chef de la revue XXI
Après le réquisitoire du juge Bruguière, qui fit porter la responsabilité du génocide des Tutsis du Rwanda en 1994 sur les actuelles autorités de Kigali, voici venu le temps de la réplique. Dans un rapport rendu public le 5 août, une commission rwandaise chargée, voici près de deux ans, de «rassembler les preuves montrant l’implication de l’Etat français dans le génocide» conclut à la «responsabilité» de la France dans «la préparation et l’exécution du génocide».
Les deux thèses sont aujourd’hui sur la table. Elles sont bien sûr inconciliables. Et témoignent de la profondeur d’un différend vieux de dix-huit ans qui ne cesse de se creuser pour atteindre des extrêmes. Que deux Etats s’affrontent en se portant mutuellement des accusations aussi graves – il est question de 800 000 morts – tient de l’inédit.
Paradoxalement, dans cette surenchère, la question du génocide finit presque par être occultée. Quoi qu’il en soit des possibles responsabilités connexes, ni la France, ni l’actuel régime de Kigali ne peuvent être soupçonnés d’avoir commis le génocide. Ses responsables, ceux qui l’ont directement mis en oeuvre, ont été ou sont en voie d’être jugés. Désigné par l’accusation comme «le cerveau du génocide», le colonel Théoneste Bagosora, dont le procès au tribunal international d’Arusha est clos, attend le prononcé du verdict. Tenu comme le «financier du génocide», Félicien Kabuga est en fuite et recherché. Des condamnations ont été prononcées visant d’autres responsables de premier rang du génocide.
Ce n’est donc pas du génocide en lui-même qu’il est question. Ce qui est aujourd’hui en débat, ce qui justifie un tel déballage, ressort de la responsabilité politique.
L’instruction menée par le juge Bruguière en est le symptôme éclatant. Loin de l’habituel travail d’enquête factuel, les attendus des conclusions du magistrat instructeur se lisent comme une charge politique lancée au canon contre le régime de Kigali. Accusées par le magistrat français d’avoir commandité l’attentat du 6 avril 1994 qui servit de déclencheur au génocide, les actuelles autorités rwandaises devraient endosser, selon le juge, la responsabilité de l’entière tragédie.
Simple et efficace, l’accusation a porté malgré ses nombreuses faiblesses, ses raccourcis et ses partis pris. Que le régime de Kigali ait pu mettre en oeuvre l’attentat du 6 avril 1994 fait partie du champ du possible, comme d’autres hypothèses. Mais réduire l’explication d’un génocide qui fit 800 000 morts en cent jours à un seul attentat paraît pour le moins léger et inconséquent.
La réaction de Kigali était donc prévisible et attendue. Tenues pour responsable du génocide par la justice française, les autorités ne pouvaient pas ne pas réagir : se taire aurait été avaliser.
Le rapport tout juste rendu public sur «l’implication de l’Etat français dans le génocide» intervient dans ce cadre. Il s’agit d’une réponse du berger à la bergère. Et cette réponse est redoutable. Elle se décompose en deux parties. La première est grave, la seconde insupportable.
Dans leur rapport, les sept membres de la commission rwandaise, juristes et historiens, reprennent d’abord l’historique de l’engagement de la France – politique militaire et diplomatique – au Rwanda tout au long des années 90. Cette remise en perspective mêle des témoignages à de nombreux documents. Le travail de la mission d’information parlementaire créée en 1998 à Paris est souvent cité. Tout comme les archives de François Mitterrand et nombre de télégrammes diplomatiques.
La politique française est globalement mise en cause pour avoir «contribué à la radicalisation ethnique du conflit». La France est accusée «d’avoir formé les milices interahamwé qui ont été le fer de lance du génocide». Dès 1992, Paris aurait engagé au Rwanda des programmes de «défense civile» alliant «l’apprentissage des différentes méthodes d’assassinat» et «un endoctrinement des miliciens à la haine ethnique». Des gendarmes français, poursuit le document, «ont contribué en toute connaissance de cause au fichage informatisé des suspects politiques et ethniques qui devaient être massacrés durant le génocide». Des soldats français auraient participé aux contrôles d’identité.
Loin de s’arrêter à ces points accablants, le rapport déroule tout au long de ses plus de trois cents pages les différentes étapes d’un inaltérable engagement français auprès de ceux qui réaliseront le génocide. En 1993, alors que de nombreux massacres se sont déjà produits comme en prélude au génocide, les «exactions des extrémistes hutus» sont qualifiées au plus haut niveau à Paris d’un adjectif : elles sont «malheureuses».
Durant le génocide, Paris persévère: livraisons d’armes, recommandations diplomatiques, soutien politique. L’engagement reste entier. L’opération Turquoise est lancée en juin 1994, après trois mois de tueries ininterrompues. Elle permet, assure péremptoirement la commission rwandaise, la «prise en charge du projet génocidaire par les décideurs français».
Le rapport bascule alors dans l’insoutenable. Des troupes ayant participé à Turquoise sont accusées d’avoir commis de nombreuses exactions: viols, largages par hélicoptères, pillages, représailles, menaces. Des dizaines de témoignages – de rescapés comme de repentis – se succèdent. Les mises en cause sont circonstanciées et précises, elles se recoupent parfois, ne peuvent être ignorées.
Dans l’ensemble, la charge est violente et nourrie. Plusieurs points peuvent porter à discussion, mais la lecture du rapport laisse un sentiment amer où l’effarement se mêle au dégoût.
Réplique au réquisitoire du juge Bruguière, le travail de la commission rwandaise place Paris au pied du mur. Le simple démenti – tant les éléments sont nombreux à défaut d’être avérés – ne peut suffire. Quant à ne pas répondre, comme cela fut le cas pour Kigali mis en cause par le rapport Bruguière, ce serait courir le risque d’avaliser.
Quatorze ans après le génocide, l’épreuve de force politique est portée à son paroxysme. Ce génocide, que François Mitterrand avait un jour qualifié de «sans importance», n’a pas fini de tarauder les consciences.
Dernier ouvrage paru : l’Inavouable, la France au Rwanda (Les arènes), 2004.
Voir aussi:
Pierre Péan en flagrant délit
Racisme . Le procès du livre du journaliste « pour incitation à la discrimination » contre les Tutsi du Rwanda paraît bien loin de tourner en sa faveur. Jugement en délibéré.
L’Humanité
le 29 septembre 2008
À la fin de la semaine dernière s’est tenu devant le tribunal correctionnel de Paris le procès faisant suite à la plainte « pour diffamation raciale et incitation à la discrimination raciale » déposée en octobre 2006 par SOS Racisme – en liaison avec Ibuka (Souviens-toi, association fondée par des rescapés du génocide rwandais de 1994) – à l’encontre du livre de Pierre Péan, Noires fureurs, blancs menteurs.
Lancé à grands sons de trompe, fin 2005, cet ouvrage se voulait le point d’orgue dans la campagne négationniste relancée par Paris après que Kigali eut annoncé la création d’une commission d’enquête sur les agissements des militaires français de l’opération Turquoise (juin-juillet 1994). Pour faire contre-feu, tous les arguments furent et restent de mise. Y compris ceux issus du vieux langage sur l’inégalité des races au temps de la colonisation triomphante, de Gobineau à Jules Ferry. En témoignent les quelques citations sélectionnées dans la plainte. Vous y apprenez que la « culture du mensonge et de la dissimulation » caractérise les Tutsi, faisant de « cette race l’une des plus menteuses qui soit sous le soleil ». Changez le mot Tutsi par le terme juif et vous reconnaîtrez facilement le style de la littérature antisémite diffusée avant-guerre comme sous Pétain par l’extrême droite française. Quitte, au passage, à reprendre la propagande « ethniste » véhiculée par les pires organes du Hutu Power, idéologie qui faisait florès début des années quatre-vingt-dix sous le régime Habyarimana. Le plus célèbre, Kangura, définissait les femmes tutsi comme des prostituées espionnes de vocation et multipliait les dessins obscènes montrant le général des Casques bleus, Roméo Dallaire, en compagnie d’un nombre variable de ces dernières. Pierre Péan ne recule pas devant le procédé, assurant à son tour que l’officier canadien n’était pas insensible à leurs charmes, ce qui lui permet le rejet en bloc d’un témoignage pourtant de première main…
« Cette plainte revêt pour nous une portée symbolique importante, déclarait en octobre 2006 le président d’Ibuka, François Ngarambe. Nous savons à quel point l’idéologie peut tuer et disons que le racisme ayant inspiré le livre de Péan est celui-là même qui a conduit au génocide. » Comme dans le cas de la Shoah ou des Tsiganes exterminés par le nazisme et son relais pétainiste, la négation du génocide des Tutsi « est un moment du génocide lui-même ».
« J’ai perdu toute ma famille, comme résultat de fantasmes pareils », témoigne Esther Mujawayo devant le tribunal. Si tous les Tutsi sont des menteurs, « cela veut dire que je suis là occupée à vous mentir », ajoute-t-elle, contestant au prévenu le « droit de juger un peuple ». Péan « joue avec des mots qui tuent. Et les mots nous ont déjà tués assez ». Tout un chacun peut écrire sur tout sujet qu’il souhaite, conclut la procureure, Anne de Fontette, mais « on ne peut pas dire n’importe quoi n’importe comment »… Jugement mis en délibéré.
Jean Chatain
Voir également:
Discrète rencontre Sarkozy-Kagamé à New York
Laurent d’Ersu
La Croix
le 26-9-08
Alors que les relations diplomatiques sont rompues entre les deux pays depuis bientôt un an, Kigali menace de poursuivre de hauts responsables français si la France ne lève pas ses propres mandats d’arrêt visant l’entourage du président rwandais
Nicolas Sarkozy a rencontré son homologue rwandais Paul Kagamé en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, a appris La Croix. Au cours de cette rencontre à laquelle participaient aussi Bernard Kouchner et le secrétaire d’Etat à la coopération Alain Joyandet, les deux présidents se sont expliqués sur le contentieux politico-judiciaire qui oppose les deux pays. Selon une source proche du dossier, l’échange a été «franc», ce qui est généralement synonyme d’«orageux» en langue diplomatique.
À l’Elysée, on confirme que les deux chefs d’Etat ont fait « un point de la situation ». « Le président a dit à son homologue qu’il n’acceptait pas la qualification de « génocide » s’agissant du rôle de la France au Rwanda, a déclaré à La Croix un porte-parole de la présidence. La France considère que de mauvaises relations entre les deux pays ne sont dans l’intérêt de personne. »
Le Rwanda a rompu ses relations diplomatiques avec la France le 24 novembre 2006, après que le magistrat antiterroriste Jean-Louis Bruguière a lancé des mandats d’arrêt contre neuf proches du président Paul Kagamé, dont le chef d’état-major et le chef de l’armée de terre. Dans son ordonnance, le juge exprimait aussi le souhait que le Tribunal pénal international pour le Rwanda poursuive Paul Kagamé, protégé en France par l’immunité présidentielle.
Jean-Louis Bruguière accusait les dix hommes d’avoir planifié l’attentat contre l’avion du président Juvénal Habyarimana le 6 avril 1994, qui marqua le déclenchement du génocide des Tutsis. Les poursuites par la justice française tiennent au fait qu’outre Juvénal Habyarimana, son homologue burundais, Cyprien Ntaryamira, et leurs suites, les trois membres d’équipage français de l’appareil mis à la disposition par la France avaient trouvé la mort.
Les Rwandais évoquaient des mandats d’arrêt internationaux
Le contentieux s’est envenimé avec la création par le gouvernement rwandais d’une commission « chargée de rassembler les preuves montrant l’implication de l’État français » dans le génocide, selon son intitulé officiel. Longtemps brandi comme une épée de Damoclès, finalement rendu public en août dernier, ce rapport accumule les accusations contre les militaires et les responsables politiques français pour leur rôle présumé dans la préparation et la mise en oeuvre du génocide.
Après un temps de pause, le pouvoir rwandais a fait savoir au début du mois qu’il comptait demander à la France la mise en place d’une commission rogatoire visant à enquêter sur treize personnalités françaises citées dans le rapport, parmi lesquelles Edouard Balladur, Alain Juppé, Hubert Védrine et plusieurs officiers supérieurs.
Doutant de la possibilité d’une coopération judiciaire, les responsables rwandais évoquaient déjà l’idée d’émettre des mandats d’arrêt internationaux, en demandant la collaboration d’Interpol. «Sur le plan judiciaire, les Français ont établi un précédent, notait Paul Kagamé. Si eux l’ont fait, – lancer des mandats d’arrêt contre des dirigeants rwandais – nous pouvons le faire aussi à leur égard.» Entre la France et le Rwanda, «les choses sont allées trop loin, ajoutait le président rwandais. En fait, ce sont les Français eux-mêmes, par leur attitude, qui ont rendu tout cela beaucoup plus difficile.»
Nicolas Sarkozy serait resté «ferme»
Sous l’impulsion notamment de Bernard Kouchner, qui s’est rendu à Kigali le 26 janvier, Paris s’est pourtant efforcé de désamorcer les tensions, notamment en relançant les poursuites contre des génocidaires présumés réfugiés en France.
En marge du sommet Europe-Afrique de décembre 2007, Nicolas Sarkozy avait évoqué le Rwanda et « son génocide qui nous oblige à réfléchir, France comprise, à nos faiblesses ou nos erreurs ». Cette première reconnaissance d’une possible responsabilité française n’était pas allée jusqu’à la « repentance » et ne s’était pas assortie d’une levée des mandats d’arrêt, ce qui avait déçu Kigali.
Lors de l’entretien tenu mardi à New York, Nicolas Sarkozy serait resté «ferme» sur l’impossibilité d’une intervention politique dans le dossier bouclé par le juge Bruguière. Et l’on réfléchit déjà dans les milieux diplomatiques aux moyens légaux de contrer l’émission par le Rwanda de mandats d’arrêt internationaux contre plusieurs anciens premiers ministres français.
Voir de même:
Quand les bourreaux réclament justice
5 novembre 2008, palais de Justice de Paris, 24ème chambre
PLAIGNANT : HUBERT VEDRINE, COMPLICE DANS LE GENOCIDE DES TUTSI AU RWANDA
DANS LE BOX DES ACCUSES : LE COLLECTIF GENOCIDE MADE IN FRANCE
Xavier Renou et Mariama Keïta sont jugés et risquent tous deux une peine de 5 ans de prison et 75 000 € d’amende.
Génocide Made in France diffuse à cette occasion un documentaire citoyen qui résume le rôle de la France au Rwanda, et appelle chacun à le faire connaître le plus largement possible.
Vidéo Rwanda, un génocide made in France (en flash)
Les faits
Le 28 novembre 2007, Hubert Védrine est recouvert d’un colorant alimentaire rouge. La presse, avertie, ne relaie pas l’information. Les images filmées par une équipe de M6 ce jour-là sont détruites, et le reportage annulé par la chaîne. Hubert Védrine porte plainte pour « agression avec violence », « dégradation » et « diffamation ». Estimant les tâches, pourtant délébiles, faites sur son « costume Lanvin, et son manteau en cachemire, d’une valeur de 2900 Euros » plus essentielles que les accusations publiques de complicité de génocide portées contre lui, il abandonne la diffamation au profit d’une simple « atteinte à l’honneur », moins susceptible d’entraîner un débat fâcheux sur son rôle dans le génocide.
La chasse aux images
Le même jour, les images de l’action sont diffusées sur Internet. Les conseils d’Hubert Védrine invoquent alors la législation happy slapping, adoptée pour réprimer des violences juvéniles, réelles et gratuites, pour faire censurer ces images et donc les informations qui s’y rapportent ! C’est logique : la défense des réputations mal assises a toujours nécessité beaucoup de contorsions. Toutefois, le collectif a produit depuis un documentaire de 15 minutes sur le rôle de la France au Rwanda qui reprend ces images et explique pourquoi le collectif a voulu sensibiliser ses concitoyens, Hubert Védrine compris. Génocide made in France invite donc tous ceux qui n’acceptent pas l’impunité à regarder le film, à le diffuser très largement et à le mettre en lien sur le plus de sites Internet et blogs possible avant son éventuelle interdiction. « En abandonnant sa plainte pour diffamation, Hubert Védrine cherche à éviter que la Justice ne se penche sur son rôle dans le génocide des Tutsi au Rwanda, relève Xavier Renou porte-parole du collectif Génocide Made in France. Mais nous n’avons pas l’intention de cesser notre combat contre l’impunité tant que les complices français du génocide n’auront pas tous été jugés ! »
Contacts :
Yvette, porte-parole, au 01 40 35 03 03 puis tapez 4
Xavier Renou, porte-parole, 06 64 18 34 21.
contact@genocidemadeinfrance.com
http://www.genocidemadeinfrance.com
Génocide Made in France dénonce l’impunité dont bénéficient les complices français – politiques, militaires de haut rang, ambassadeurs – du génocide des Tutsi de 1994. Après une première action au Louvre, dont les bassins avaient été teintés de faux sang, des actions furent menées au Trocadéro où fut reconstitué un charnier symbolisant ceux du Rwanda, à la Cité de l’immigration avec l’inauguration en grande pompe d’une aile dédiée aux crimes de la « Françafrique », ou encore à la vente des effets personnels de François Mitterrand pendant laquelle furent proposés aux admirateurs de l’ancien président de la république des machettes, crânes et autres souvenirs de la politique qu’il mena au Rwanda.
Voir enfin:
Rwanda: Quilès (PS) veut une nouvelle commission pour des conclusions « incontestables »
AFP
12 sept. 2008
PARIS (AFP) — Paul Quilès, ancien président (PS) de la mission parlementaire d’information sur le génocide du Rwanda, demande la création « d’une commission de personnalités indépendantes » pour établir « de manière incontestable » les responsabilités dans le génocide au Rwanda en 1994.
L’ex-député et ministre de la Défense a rendu publique vendredi une lettre en ce sens, adressée la veille au secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon.
Selon M. Quilès, « la multiplicité des travaux publiés » sur le sujet « risque de donner une image éclatée, peu cohérente des évènements et ce d’autant plus que leurs conclusions sont souvent dissemblables, voire contradictoires ».
Il cite, outre le rapport de 1998 de la mission qu’il présida, ceux de la commission d’enquête du Sénat de Belgique (1997), de la commission d’enquête indépendante instituée par Kofi Annan (1999), de la commission nationale indépendante rwandaise (2007), ainsi que « des travaux conduits souvent avec beaucoup de rigueur par des organisations non gouvernementales et des chercheurs ».
M. Quilès fait aussi valoir que « des faits mis au jour dans le cadre des procédures judiciaires consécutives au génocide sont susceptibles de remettre en cause certaines conclusions des enquêtes menées jusqu’à présent ».
« Je vous propose donc de soumettre l’ensemble des travaux conduits jusqu’à présent sur les causes, le déroulement et les conséquences du génocide du Rwanda à l’examen d’une commission constituée de personnalités indépendantes à l’expertise reconnue », écrit-il à M. Ban.
« Ainsi pourrait être établie, à l’intention des gouvernements et des opinions, une analyse impartiale et incontestable, qui apporterait, à mon sens, une contribution essentielle aux efforts de réconciliation et de reconstruction dans la région des Grands Lacs », ajoute M. Quilès.
Le génocide au Rwanda a fait selon l’ONU 800.000 morts parmi la minorité tutsie et les Hutus modérés.