Rwanda: La question du génocide finit presque par être occultée (Painting itself into a corner: How France’s political and legal dirty tricks finally backfired)

la France au Rwanda (Patrick de St Exupéry)Paradoxalement, dans cette surenchère, la question du génocide finit presque par être occultée. Patrick de Saint-Exupéry
La situation est évidemment bloquée, puisque nous ne pouvons rien contre les mandats d’arrêt de la justice internationale. M. Kouchner
Ce que je savais moi -et que j’étais seul à savoir, je ne pouvais pas le dire aux autres délégations parce qu’il ne fallait pas que le secret sorte- c’est qu’il y avait aussi des officiers français… enfin, au moins un et peut-être un sous-officier, on ne sait pas très bien… A la fin de l’épisode de la grotte d’Ouvea, il y a eu des blessés kanaks et deux de ces blessés ont été achevés à coups de bottes par des militaires français, dont un officier. Michel Rocard
Mandats contre mandats, procès contre procès, rapports contre rapports, génocide contre génocide …

Quatorze ans après le génocide que François Mitterrand avait un moment qualifié de « sans importance » …

Trois mois après le rapport du gouvernement rwandais impliquant, suite à un mandat international contre le président Kagamé par le juge Bruguière pour complicité dans l’attentat contre l’avion des anciens présidents rwandais et burundais ayant servi de déclencheur au génocide, la France dans le génocide de 1994 et menaçant de poursuites internationales 33 personnalités françaises membres du gouvernement Mitterrand de l’époque (dont Balladur, Juppé, Védrine) …

Un mois après une infructueuse rencontre Sarkozy-Kagamé à l’ONU …

Et à la veille, au moment où les restes des génocidaires de 94 dont la France avait protégé la fuite font encore tristement parler d’eux au Congo, de la publication des résultats de l’enquête rwandaise sur ledit attentat …

La situation entre la France et le Rwanda est on ne peut plus trouble et on ne peut plus bloquée.

Et essentiellement apparemment du fait d’une France qui, derrière les accusations ridicules de double génocide de ses anciens responsables ou thuriféraires (de Védrine, alors secrétaire général de l’Elysée, à Péan, lui-même poursuivi à son tour en justice pour incitation au racisme pour des passages de son livre de commande défendant le gouvernement français), les contre-procès et les refus d’extraditions n’arrive toujours pas à admettre sa responsabilité indirecte dans le génocide des toutsis par les houtous.

A savoir, comme le rappelle l’ancien journaliste du Figaro Patrick de Saint-Exupéry qui a longuement enquêté sur place y compris durant les faits, par un indéfectible soutien, avant, pendant et après la tragédie, du gouvernement rwandais et des « milices qui ont été le fer de lance du génocide ».

Soutien qui, au nom de la défense de sa sphère d’influence en Afrique et dans le contexte d’une invasion militaire des toutsis venus d’Ouganda, inclura l’armement et la formation puis l’appui politique et diplomatique avant, sous couvert de l’opération humanitaire Turquoise, l’exfiltration des génocidaires.

Mais qui n’exclura pas, si l’on en croit les nombreux témoins cités par le rapport rwandais, les coups tordus que les récentes révélations d’un ancien-premier ministre sur des comportements de l’armée française particulièrement douteux et brutaux (comme l’achèvement de deux prisonniers kanaks « à coups de bottes », lors de l’attaque de la grotte d’Ouvéa en Nouvelle-Calédonie en 1988) ne rendent hélas pas totalement implausibles (contrôles d’identité, viols, largages par hélicoptères, pillages, représailles, menaces ?) …

France-Rwanda : oeil pour oeil
Patrick de Saint-Exupéry, rédacteur en chef de la revue XXI

Après le réquisitoire du juge Bruguière, qui fit porter la responsabilité du génocide des Tutsis du Rwanda en 1994 sur les actuelles autorités de Kigali, voici venu le temps de la réplique. Dans un rapport rendu public le 5 août, une commission rwandaise chargée, voici près de deux ans, de «rassembler les preuves montrant l’implication de l’Etat français dans le génocide» conclut à la «responsabilité» de la France dans «la préparation et l’exécution du génocide».

Les deux thèses sont aujourd’hui sur la table. Elles sont bien sûr inconciliables. Et témoignent de la profondeur d’un différend vieux de dix-huit ans qui ne cesse de se creuser pour atteindre des extrêmes. Que deux Etats s’affrontent en se portant mutuellement des accusations aussi graves – il est question de 800 000 morts – tient de l’inédit.

Paradoxalement, dans cette surenchère, la question du génocide finit presque par être occultée. Quoi qu’il en soit des possibles responsabilités connexes, ni la France, ni l’actuel régime de Kigali ne peuvent être soupçonnés d’avoir commis le génocide. Ses responsables, ceux qui l’ont directement mis en oeuvre, ont été ou sont en voie d’être jugés. Désigné par l’accusation comme «le cerveau du génocide», le colonel Théoneste Bagosora, dont le procès au tribunal international d’Arusha est clos, attend le prononcé du verdict. Tenu comme le «financier du génocide», Félicien Kabuga est en fuite et recherché. Des condamnations ont été prononcées visant d’autres responsables de premier rang du génocide.

Ce n’est donc pas du génocide en lui-même qu’il est question. Ce qui est aujourd’hui en débat, ce qui justifie un tel déballage, ressort de la responsabilité politique.

L’instruction menée par le juge Bruguière en est le symptôme éclatant. Loin de l’habituel travail d’enquête factuel, les attendus des conclusions du magistrat instructeur se lisent comme une charge politique lancée au canon contre le régime de Kigali. Accusées par le magistrat français d’avoir commandité l’attentat du 6 avril 1994 qui servit de déclencheur au génocide, les actuelles autorités rwandaises devraient endosser, selon le juge, la responsabilité de l’entière tragédie.

Simple et efficace, l’accusation a porté malgré ses nombreuses faiblesses, ses raccourcis et ses partis pris. Que le régime de Kigali ait pu mettre en oeuvre l’attentat du 6 avril 1994 fait partie du champ du possible, comme d’autres hypothèses. Mais réduire l’explication d’un génocide qui fit 800 000 morts en cent jours à un seul attentat paraît pour le moins léger et inconséquent.

La réaction de Kigali était donc prévisible et attendue. Tenues pour responsable du génocide par la justice française, les autorités ne pouvaient pas ne pas réagir : se taire aurait été avaliser.

Le rapport tout juste rendu public sur «l’implication de l’Etat français dans le génocide» intervient dans ce cadre. Il s’agit d’une réponse du berger à la bergère. Et cette réponse est redoutable. Elle se décompose en deux parties. La première est grave, la seconde insupportable.

Dans leur rapport, les sept membres de la commission rwandaise, juristes et historiens, reprennent d’abord l’historique de l’engagement de la France – politique militaire et diplomatique – au Rwanda tout au long des années 90. Cette remise en perspective mêle des témoignages à de nombreux documents. Le travail de la mission d’information parlementaire créée en 1998 à Paris est souvent cité. Tout comme les archives de François Mitterrand et nombre de télégrammes diplomatiques.

La politique française est globalement mise en cause pour avoir «contribué à la radicalisation ethnique du conflit». La France est accusée «d’avoir formé les milices interahamwé qui ont été le fer de lance du génocide». Dès 1992, Paris aurait engagé au Rwanda des programmes de «défense civile» alliant «l’apprentissage des différentes méthodes d’assassinat» et «un endoctrinement des miliciens à la haine ethnique». Des gendarmes français, poursuit le document, «ont contribué en toute connaissance de cause au fichage informatisé des suspects politiques et ethniques qui devaient être massacrés durant le génocide». Des soldats français auraient participé aux contrôles d’identité.

Loin de s’arrêter à ces points accablants, le rapport déroule tout au long de ses plus de trois cents pages les différentes étapes d’un inaltérable engagement français auprès de ceux qui réaliseront le génocide. En 1993, alors que de nombreux massacres se sont déjà produits comme en prélude au génocide, les «exactions des extrémistes hutus» sont qualifiées au plus haut niveau à Paris d’un adjectif : elles sont «malheureuses».

Durant le génocide, Paris persévère: livraisons d’armes, recommandations diplomatiques, soutien politique. L’engagement reste entier. L’opération Turquoise est lancée en juin 1994, après trois mois de tueries ininterrompues. Elle permet, assure péremptoirement la commission rwandaise, la «prise en charge du projet génocidaire par les décideurs français».

Le rapport bascule alors dans l’insoutenable. Des troupes ayant participé à Turquoise sont accusées d’avoir commis de nombreuses exactions: viols, largages par hélicoptères, pillages, représailles, menaces. Des dizaines de témoignages – de rescapés comme de repentis – se succèdent. Les mises en cause sont circonstanciées et précises, elles se recoupent parfois, ne peuvent être ignorées.

Dans l’ensemble, la charge est violente et nourrie. Plusieurs points peuvent porter à discussion, mais la lecture du rapport laisse un sentiment amer où l’effarement se mêle au dégoût.

Réplique au réquisitoire du juge Bruguière, le travail de la commission rwandaise place Paris au pied du mur. Le simple démenti – tant les éléments sont nombreux à défaut d’être avérés – ne peut suffire. Quant à ne pas répondre, comme cela fut le cas pour Kigali mis en cause par le rapport Bruguière, ce serait courir le risque d’avaliser.

Quatorze ans après le génocide, l’épreuve de force politique est portée à son paroxysme. Ce génocide, que François Mitterrand avait un jour qualifié de «sans importance», n’a pas fini de tarauder les consciences.

Dernier ouvrage paru : l’Inavouable, la France au Rwanda (Les arènes), 2004.

Voir aussi:

Pierre Péan en flagrant délit

Racisme . Le procès du livre du journaliste « pour incitation à la discrimination » contre les Tutsi du Rwanda paraît bien loin de tourner en sa faveur. Jugement en délibéré.
L’Humanité
le 29 septembre 2008

À la fin de la semaine dernière s’est tenu devant le tribunal correctionnel de Paris le procès faisant suite à la plainte « pour diffamation raciale et incitation à la discrimination raciale » déposée en octobre 2006 par SOS Racisme – en liaison avec Ibuka (Souviens-toi, association fondée par des rescapés du génocide rwandais de 1994) – à l’encontre du livre de Pierre Péan, Noires fureurs, blancs menteurs.

Lancé à grands sons de trompe, fin 2005, cet ouvrage se voulait le point d’orgue dans la campagne négationniste relancée par Paris après que Kigali eut annoncé la création d’une commission d’enquête sur les agissements des militaires français de l’opération Turquoise (juin-juillet 1994). Pour faire contre-feu, tous les arguments furent et restent de mise. Y compris ceux issus du vieux langage sur l’inégalité des races au temps de la colonisation triomphante, de Gobineau à Jules Ferry. En témoignent les quelques citations sélectionnées dans la plainte. Vous y apprenez que la « culture du mensonge et de la dissimulation » caractérise les Tutsi, faisant de « cette race l’une des plus menteuses qui soit sous le soleil ». Changez le mot Tutsi par le terme juif et vous reconnaîtrez facilement le style de la littérature antisémite diffusée avant-guerre comme sous Pétain par l’extrême droite française. Quitte, au passage, à reprendre la propagande « ethniste » véhiculée par les pires organes du Hutu Power, idéologie qui faisait florès début des années quatre-vingt-dix sous le régime Habyarimana. Le plus célèbre, Kangura, définissait les femmes tutsi comme des prostituées espionnes de vocation et multipliait les dessins obscènes montrant le général des Casques bleus, Roméo Dallaire, en compagnie d’un nombre variable de ces dernières. Pierre Péan ne recule pas devant le procédé, assurant à son tour que l’officier canadien n’était pas insensible à leurs charmes, ce qui lui permet le rejet en bloc d’un témoignage pourtant de première main…

« Cette plainte revêt pour nous une portée symbolique importante, déclarait en octobre 2006 le président d’Ibuka, François Ngarambe. Nous savons à quel point l’idéologie peut tuer et disons que le racisme ayant inspiré le livre de Péan est celui-là même qui a conduit au génocide. » Comme dans le cas de la Shoah ou des Tsiganes exterminés par le nazisme et son relais pétainiste, la négation du génocide des Tutsi « est un moment du génocide lui-même ».

« J’ai perdu toute ma famille, comme résultat de fantasmes pareils », témoigne Esther Mujawayo devant le tribunal. Si tous les Tutsi sont des menteurs, « cela veut dire que je suis là occupée à vous mentir », ajoute-t-elle, contestant au prévenu le « droit de juger un peuple ». Péan « joue avec des mots qui tuent. Et les mots nous ont déjà tués assez ». Tout un chacun peut écrire sur tout sujet qu’il souhaite, conclut la procureure, Anne de Fontette, mais « on ne peut pas dire n’importe quoi n’importe comment »… Jugement mis en délibéré.

Jean Chatain

Voir également:

Discrète rencontre Sarkozy-Kagamé à New York
Laurent d’Ersu
La Croix
le 26-9-08

Alors que les relations diplomatiques sont rompues entre les deux pays depuis bientôt un an, Kigali menace de poursuivre de hauts responsables français si la France ne lève pas ses propres mandats d’arrêt visant l’entourage du président rwandais

Nicolas Sarkozy a rencontré son homologue rwandais Paul Kagamé en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, a appris La Croix. Au cours de cette rencontre à laquelle participaient aussi Bernard Kouchner et le secrétaire d’Etat à la coopération Alain Joyandet, les deux présidents se sont expliqués sur le contentieux politico-judiciaire qui oppose les deux pays. Selon une source proche du dossier, l’échange a été «franc», ce qui est généralement synonyme d’«orageux» en langue diplomatique.

À l’Elysée, on confirme que les deux chefs d’Etat ont fait « un point de la situation ». « Le président a dit à son homologue qu’il n’acceptait pas la qualification de « génocide » s’agissant du rôle de la France au Rwanda, a déclaré à La Croix un porte-parole de la présidence. La France considère que de mauvaises relations entre les deux pays ne sont dans l’intérêt de personne. »

Le Rwanda a rompu ses relations diplomatiques avec la France le 24 novembre 2006, après que le magistrat antiterroriste Jean-Louis Bruguière a lancé des mandats d’arrêt contre neuf proches du président Paul Kagamé, dont le chef d’état-major et le chef de l’armée de terre. Dans son ordonnance, le juge exprimait aussi le souhait que le Tribunal pénal international pour le Rwanda poursuive Paul Kagamé, protégé en France par l’immunité présidentielle.

Jean-Louis Bruguière accusait les dix hommes d’avoir planifié l’attentat contre l’avion du président Juvénal Habyarimana le 6 avril 1994, qui marqua le déclenchement du génocide des Tutsis. Les poursuites par la justice française tiennent au fait qu’outre Juvénal Habyarimana, son homologue burundais, Cyprien Ntaryamira, et leurs suites, les trois membres d’équipage français de l’appareil mis à la disposition par la France avaient trouvé la mort.

Les Rwandais évoquaient des mandats d’arrêt internationaux
Le contentieux s’est envenimé avec la création par le gouvernement rwandais d’une commission « chargée de rassembler les preuves montrant l’implication de l’État français » dans le génocide, selon son intitulé officiel. Longtemps brandi comme une épée de Damoclès, finalement rendu public en août dernier, ce rapport accumule les accusations contre les militaires et les responsables politiques français pour leur rôle présumé dans la préparation et la mise en oeuvre du génocide.

Après un temps de pause, le pouvoir rwandais a fait savoir au début du mois qu’il comptait demander à la France la mise en place d’une commission rogatoire visant à enquêter sur treize personnalités françaises citées dans le rapport, parmi lesquelles Edouard Balladur, Alain Juppé, Hubert Védrine et plusieurs officiers supérieurs.

Doutant de la possibilité d’une coopération judiciaire, les responsables rwandais évoquaient déjà l’idée d’émettre des mandats d’arrêt internationaux, en demandant la collaboration d’Interpol. «Sur le plan judiciaire, les Français ont établi un précédent, notait Paul Kagamé. Si eux l’ont fait, – lancer des mandats d’arrêt contre des dirigeants rwandais – nous pouvons le faire aussi à leur égard.» Entre la France et le Rwanda, «les choses sont allées trop loin, ajoutait le président rwandais. En fait, ce sont les Français eux-mêmes, par leur attitude, qui ont rendu tout cela beaucoup plus difficile.»

Nicolas Sarkozy serait resté «ferme»
Sous l’impulsion notamment de Bernard Kouchner, qui s’est rendu à Kigali le 26 janvier, Paris s’est pourtant efforcé de désamorcer les tensions, notamment en relançant les poursuites contre des génocidaires présumés réfugiés en France.

En marge du sommet Europe-Afrique de décembre 2007, Nicolas Sarkozy avait évoqué le Rwanda et « son génocide qui nous oblige à réfléchir, France comprise, à nos faiblesses ou nos erreurs ». Cette première reconnaissance d’une possible responsabilité française n’était pas allée jusqu’à la « repentance » et ne s’était pas assortie d’une levée des mandats d’arrêt, ce qui avait déçu Kigali.

Lors de l’entretien tenu mardi à New York, Nicolas Sarkozy serait resté «ferme» sur l’impossibilité d’une intervention politique dans le dossier bouclé par le juge Bruguière. Et l’on réfléchit déjà dans les milieux diplomatiques aux moyens légaux de contrer l’émission par le Rwanda de mandats d’arrêt internationaux contre plusieurs anciens premiers ministres français.

Voir de même:

Quand les bourreaux réclament justice
5 novembre 2008, palais de Justice de Paris, 24ème chambre

PLAIGNANT : HUBERT VEDRINE, COMPLICE DANS LE GENOCIDE DES TUTSI AU RWANDA
DANS LE BOX DES ACCUSES : LE COLLECTIF GENOCIDE MADE IN FRANCE

Xavier Renou et Mariama Keïta sont jugés et risquent tous deux une peine de 5 ans de prison et 75 000 € d’amende.

Génocide Made in France diffuse à cette occasion un documentaire citoyen qui résume le rôle de la France au Rwanda, et appelle chacun à le faire connaître le plus largement possible.

Vidéo Rwanda, un génocide made in France (en flash)

Les faits

Le 28 novembre 2007, Hubert Védrine est recouvert d’un colorant alimentaire rouge. La presse, avertie, ne relaie pas l’information. Les images filmées par une équipe de M6 ce jour-là sont détruites, et le reportage annulé par la chaîne. Hubert Védrine porte plainte pour « agression avec violence », « dégradation » et « diffamation ». Estimant les tâches, pourtant délébiles, faites sur son « costume Lanvin, et son manteau en cachemire, d’une valeur de 2900 Euros » plus essentielles que les accusations publiques de complicité de génocide portées contre lui, il abandonne la diffamation au profit d’une simple « atteinte à l’honneur », moins susceptible d’entraîner un débat fâcheux sur son rôle dans le génocide.

La chasse aux images

Le même jour, les images de l’action sont diffusées sur Internet. Les conseils d’Hubert Védrine invoquent alors la législation happy slapping, adoptée pour réprimer des violences juvéniles, réelles et gratuites, pour faire censurer ces images et donc les informations qui s’y rapportent ! C’est logique : la défense des réputations mal assises a toujours nécessité beaucoup de contorsions. Toutefois, le collectif a produit depuis un documentaire de 15 minutes sur le rôle de la France au Rwanda qui reprend ces images et explique pourquoi le collectif a voulu sensibiliser ses concitoyens, Hubert Védrine compris. Génocide made in France invite donc tous ceux qui n’acceptent pas l’impunité à regarder le film, à le diffuser très largement et à le mettre en lien sur le plus de sites Internet et blogs possible avant son éventuelle interdiction. « En abandonnant sa plainte pour diffamation, Hubert Védrine cherche à éviter que la Justice ne se penche sur son rôle dans le génocide des Tutsi au Rwanda, relève Xavier Renou porte-parole du collectif Génocide Made in France. Mais nous n’avons pas l’intention de cesser notre combat contre l’impunité tant que les complices français du génocide n’auront pas tous été jugés ! »

Contacts :
Yvette, porte-parole, au 01 40 35 03 03 puis tapez 4
Xavier Renou, porte-parole, 06 64 18 34 21.
contact@genocidemadeinfrance.com
http://www.genocidemadeinfrance.com

Génocide Made in France dénonce l’impunité dont bénéficient les complices français – politiques, militaires de haut rang, ambassadeurs – du génocide des Tutsi de 1994. Après une première action au Louvre, dont les bassins avaient été teintés de faux sang, des actions furent menées au Trocadéro où fut reconstitué un charnier symbolisant ceux du Rwanda, à la Cité de l’immigration avec l’inauguration en grande pompe d’une aile dédiée aux crimes de la « Françafrique », ou encore à la vente des effets personnels de François Mitterrand pendant laquelle furent proposés aux admirateurs de l’ancien président de la république des machettes, crânes et autres souvenirs de la politique qu’il mena au Rwanda.

Voir enfin:

Rwanda: Quilès (PS) veut une nouvelle commission pour des conclusions « incontestables »
AFP
12 sept. 2008

PARIS (AFP) — Paul Quilès, ancien président (PS) de la mission parlementaire d’information sur le génocide du Rwanda, demande la création « d’une commission de personnalités indépendantes » pour établir « de manière incontestable » les responsabilités dans le génocide au Rwanda en 1994.

L’ex-député et ministre de la Défense a rendu publique vendredi une lettre en ce sens, adressée la veille au secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon.

Selon M. Quilès, « la multiplicité des travaux publiés » sur le sujet « risque de donner une image éclatée, peu cohérente des évènements et ce d’autant plus que leurs conclusions sont souvent dissemblables, voire contradictoires ».

Il cite, outre le rapport de 1998 de la mission qu’il présida, ceux de la commission d’enquête du Sénat de Belgique (1997), de la commission d’enquête indépendante instituée par Kofi Annan (1999), de la commission nationale indépendante rwandaise (2007), ainsi que « des travaux conduits souvent avec beaucoup de rigueur par des organisations non gouvernementales et des chercheurs ».

M. Quilès fait aussi valoir que « des faits mis au jour dans le cadre des procédures judiciaires consécutives au génocide sont susceptibles de remettre en cause certaines conclusions des enquêtes menées jusqu’à présent ».

« Je vous propose donc de soumettre l’ensemble des travaux conduits jusqu’à présent sur les causes, le déroulement et les conséquences du génocide du Rwanda à l’examen d’une commission constituée de personnalités indépendantes à l’expertise reconnue », écrit-il à M. Ban.

« Ainsi pourrait être établie, à l’intention des gouvernements et des opinions, une analyse impartiale et incontestable, qui apporterait, à mon sens, une contribution essentielle aux efforts de réconciliation et de reconstruction dans la région des Grands Lacs », ajoute M. Quilès.

Le génocide au Rwanda a fait selon l’ONU 800.000 morts parmi la minorité tutsie et les Hutus modérés.

6 Responses to Rwanda: La question du génocide finit presque par être occultée (Painting itself into a corner: How France’s political and legal dirty tricks finally backfired)

  1. BIGIRA dit :

    Parler en vrac ne permet pas aux publics de se faire une opinion sur les causes et les auteurs des crimes qui ont été commis au Rwanda.

    Dans toutes les guerre entre deux parties, il y a nécessairement une qui commence et l’autre qui réplique.

    Concernant la guerre au Rwanda à compter du 01/10/1990,
    – c’est bel et bien les tutsi qui, les premiers, ont pris les armes contre les Hutu pour prendre le pouvoir; la véracité de ce fait n’est pas à démontrer;
    – ce sont eux qui, les premiers, ont massacré les hutu;
    – ces ont eux qui, le 06/04/1994, ont violé l’Accord de Paix d’Arusha qu’ils venaient pourtant de signer et déclenché la guerre sur l’ensemble du Rwanda pour prendre le pouvoir, objectif visé.
    Pour prendre le pouvoir, il fallait qu’ils assassinent nécessairement le président Habyarimana ( syllogisme basique qui n’exige une quelconque connaissance).
    C’est ce qu’ils ont fait le 6 avril 1994.

    Cette chronologie des faits est sciemment occultée par des groupiscules de gens qui prétendent soutenir l’insoutenable c’est-à-dire mettre à pied d’égalité une organisation criminelle qu’était le FPR, venu d’Ouganda et issue de l’armée ougandaise et l’Etat Rwandais,Etat souverain, reconnu comme tel par la communauté internationale; soutenir que les relations diplomatiques et économiques entre le Rwanda et la France sont constitutifs de génocide des tutsi et corrélativement, en raison des rerations entre le Rwanda et la France ou entre 2 Etats souverains, la France a commis le génocide contre les tutsi; soutenir que ce sont les hutu qui, les premeirs, ont pris les armes contre les tutsi en vue de commettre le génocide à leur encontre et la réaction des tutsi contre les hutu constitue une légitime défense, le tout contre l’évidence absolue.

    En niant sciemment l’évidence, en faisant l’apologie des criminels notoires, en occultant sciemment les faits véridiques insusceptibles de contestations, en se livrant à la diffusion des fausses informations voire même des calomnies à l’égard de la France, que veulent ces gens?

    Ce qui est surprenant, en matière criminelle, la France est une fiction. Les actes criminelles imputés à la France par ces individus ont nécessairement été commis par les citoyens français, personnes physiquesà savoir les dirigeants et certians hauts fonctionnaires français à l’époque du « génocide des tutsi ».

    Le Rapport Kagame contre les 33 génocidaires précise que le génocide des tutsi date de 1994.

    En 1994, les français aux commandes de leur pays étaient entre autres Edouard Balladur, premier ministre, Nicolas Sarkozy, porte-parole du gouvernement.

    Or, force est de constater que, dans le » génocide des tutsi », ces individus parlent de la France, de Mitterrand, mais ne parle jamais de Nikolas Sarkozy. porte-parole du gouvernement Balladur.

    Ils ont diffusé la liste des 33 génocidaires français dont le représentant permanent français à l’ONU, Monsieur Mérimé.
    Ils ne n’expliquent pourtant pas comment le diplomate français est impliqué dans le génocide des tutsi sans que le porte-parole du gouvernement qu’il représente ne soit pas lui-même directement impliqué.

    S’ils sont conséquents avec eux-mêmes, qu’ils osent parler de Nicolas Sarkozy: le désigner nommément dans ce génocide au lieu de parler de France, une fiction.

    Une précision s’impose quant à la chronologie sommaire des faits

    Le FPR qui incarne les tutsi a pris les armes, à partir de l’Ouganda, pour prendre le pouvoir au Rwanda ( Voir Rapport Kagame contre la France; partie 13.1, contexte de la guerre , paragraphe 3, rendu public le 05/08/2008; Journal The Monitor -Ouganda, du 03/02/1993 interview de Kagame).

    Des milliers de jeunes tutsi rwandais de l’intérieur ont quitté les universités et lycées pour s’enrôler volontairement dans l’armée du FPR( voir Rapport de l’OUA en date du 29 mai 2000, chapitres 6 et 7).

    Le FPR a commis les crimes de génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité( voir Rapport OUA ci-dessus indiqué et le Rapport René Dégni Ségui octobre 1994).

    Les tutsi de l’intérieur ont pris les armes contre les hutu pour prendre le pouvoir.
    Ils ont commis le génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre( Rapport OUA) contre les Hutu.

    Le 06/04/1994, ils ont assassiné le président rwandais en focntion pour s’emparer du pouvoir par la force.

    Contrairement aux affirmations de certains pseudos experts et apologistes du régime rwandais actuel, du 16 avril 1992 au 4 juillet 1994, le Rwanda était dirigé par l’opposition.

    Du 16 avril 1992 au 06 avril 1994, tous les pouvoirs exécutifs étaient entre les mains du premier ministre rwandais issu de l’opposition. alliée du FPR de Kagame.
    Le président rwandais ne disposait que du pouvoir afférent au contreseing des actes du gouvernement.
    A compter du 16 avril 1992, le président Habyarimana n’avait donc plus de pouvoir.

    Le 3 juin 1992, l’opposition et le FPR ont signé à Bruxelles, Belgique, un pacte d’alliance contre président Habyarimana.
    Ce pacte a été achevé quant à son montage, le 8 juin 1992 à Paris avec l’appui de la France.

    Les services secrets étaient entre les mains du premier ministre , issu de l’opposition.
    Son directeur Général, Iyamuremye Augustin est actuellement sénateur du FPR.

    Les experts dans la diffusion des fauses informations n’expliquent pas comment le génocide des tutsi a été planifié dans un pays comme le Rwanda dans lequel tout le monde connaît qui est qui et qui fait quoi, sans que le premier ministre et le directeur général des services secrets ne soient au courant ou est-il possible de planifier le génocide dans n’importe quel pays sans que les services secrets ne soient au courant? Si planification du génocide il y a eu, le FPR et les tutsi rwandais pouvaient-ils l’ignorer ou ne pas le savoir?

    Selon les mêmes experts, les 33 personnalités françaises désignées par Kagame ont commis sûrement le génocide contre les tutsi.

    Ils n’expliquent curieusement pas comment les français ont commis ce génocide sans que le premier ministre rwandais Nsengiyaremye Dismas( et nullement le président Habyarimana dépourvou de tout pouvoir exécutif) qu’ils soutenaient ne soit pas lui-même impliqué dans ce génocide.

    Dans leurs jérémiades contre la France, ils ne parlent nulle part du premier ministre Nsegiyaremye Dismas et d’Agathe Uwilingiyimana( les militaires français auyant définitivement quitté le Rwanda le 15/12/1993) et du ministre rwandais de la défense.

    Ils n’expliquent pas comment le représentant permanent français aux Nations Unies est impliqué dans le génocide des tutsi rwandais sans que le représentant de l’Etat Rwandais dirigé par des hutu ne soit pas impliqué dans ce génocide.

    Au lieu de se cacher derrière les pseudonymes, qu’ils aient le courage de se dévoiler et d’accepter un débat public à la télévision.
    Les français pourront alors connaître la vérité ou apprécier le degré de la prétendue responsabilité dans leur pays dans le génocide des tutsi rwandais.

    L’Etat Rwandaiq qu’a soutenu la France était un Etat souverain avec des lois et institutions régies par celles-ci quant à leur organisation et fonctionnement.
    Il n’était donc pas un Etat sauvage contrairement à ce que soutiennent les experts susmentionnés.
    Soutenir un Etat agressé, le tout conformément au droit international n’a jamais et ne sera jamais constitutif d’un crime, peu importe sa nature.

    Tout crime injuste doit être dénoncé, peu importe son auteur.

    Un homme est jugé et condamné pour ce qu’il a fait et nullement pour cequ’il est.
    Dans le cas contaire, il y aurait des criminels riches et des criminels pauvres; des criminels dirigeants et des criminels paysans etc.

    Il n’y a donc pas de criminels tutsi et de criminels hutu.
    Dans les massacres contre les rwandais, il n’y a pas de victimes exclusivement tutsi et des victimes exclusivement hutu. Il y a simplement des victimes rwandaises.
    Dès lors, toute hiérarchisation des victimes rwandaises doit être condamnée avec force.
    Par ailleurs les rédacteurs de la résolution onusienne du 08/11/1994 sur le drame rwandais, ont pris soin de ne pas hiérarchiser les victimes rwandaises.

    Enfin dans sa lettre adressée au Conseil de Sécurité de l’ONU, quant à la création d’un tribunal pénal international, le gouvernement Kagame s’est bien gardé de parler de génocide des tutsi, car celà aurait signifié qu’il n’y a jamais eu des victimes hutu.

    Les rédacteurs de la demande de l’Etat rwandais sont des juristes encore en activité.
    Quiconque ne peut remettre en cause leurs compétences en matière juridique ou leur faire dire ce qu’ils n’ont pas voulu dire.
    Et le droit ne retient pas des suppositions ou des spéculations.

    Toute affirmation selon laquelle il y a eu génocide exclusivement des tutsi ou double génocide constitue une spéculation caractérisée.

    Le TPIR a reçu une mission précise: rechercher et juger les auteurs du génocide commis au Rwanda contre des rwandais, indistinctement de leur rang social, de leurs fonctions ou de leur appartenance ethnique ou politique.
    Le statut institutif du TPIR est limpide sur ce point même si ce tribunal l’a publiquement bafoué et fait dire au Conseil de Sécurité et à l’Etat Rwandais ce qu’ils n’ont pas dit.

    Ils soutiennent que les rapports entre la France et le Rwanda sous le régime habyarimana et celui de l’opposition dès le 16 avril 1994 et le soutien français à l’Etat rwandais dans la guerre déclenché epar une organisation militaire issue de l’armée ougandaise

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  2. jcdurbant dit :

    Rwanda, un massacre français

    Rwanda, 13 mai 1994. Un massacre français ?

    Un livre de Serge Farnel

    Le degré d’implication des autorités civiles et militaires françaises dans le soutien au Gouvernement intérimaire rwandais pendant qu’il procédait au génocide, est controversé.

    Divers travaux révèlent – entre autres méfaits – que, sur le terrain, dans le cadre des opérations ‘‘Amaryllis’’ (du 8 au 14 avril 1994) et ‘‘Turquoise’’ (du 22 juin au 22 août 1994), des militaires, agissant conformément aux ordres reçus, ont abandonné, sinon livré, des civils à leurs assassins dont ils avaient auparavant formé les cadres.

    Par ailleurs, une dizaine de procédures introduites par des victimes de viols et de sévices graves qu’auraient commis ces soldats, sont actuellement pendantes devant le Tribunal aux armées de Paris.

    Toutefois, jamais encore on n’avait sérieusement prétendu, encore moins démontré, que des commandos de l’Armée française avaient directement participé à certains massacres. C’est chose faite aujourd’hui. »

    Le présent ouvrage expose les multiples aspects d’une enquête menée en deux temps, d’abord fin avril 2009, puis en février 2010, dans la région de Kibuye et les collines de Bisesero.

    Préface

    Le présent ouvrage expose les multiples aspects d’une enquête menée en deux temps, d’abord fin avril 2009, puis en février 2010, dans la région de Kibuye et les collines de Bisesero, à partir d’une information recueillie par hasard.

    Quelques lignes suffisent pour caractériser l’apport essentiel de cette enquête.

    En mai 1994, une quinzaine de militaires français en uniformes auraient occupé une salle de réunion dite « CCDFP », dépendant de la municipalité de Gishyita. Ils s’y seraient encore trouvés, le 24 juin, pour accueillir un contingent de ‘‘Turquoise’’ qui s’est logé au même endroit.

    Le 12 mai, ces militaires auraient participé à l’expédition montée par le bourgmestre et consistant à rassembler la population pour l’emmener vers les collines de Bisesero où s’étaient réfugiés, en très grand nombre, des Tutsi qui avaient jusqu’alors efficacement résisté aux génocidaires.

    Il s’agissait de rassurer ces réfugiés en promettant de leur procurer vivres et protection – promesses appuyées par une parodie de maîtrise d’une foule hostile.

    Un tout autre programme fut exécuté, dans ces mêmes lieux, dès le lendemain, 13 mai : ce jour-là, plusieurs dizaines de milliers de Tutsi furent massacrés.

    La chose est de notoriété publique. En revanche, jusqu’à présent, il n’avait pas été question d’une présence, encore moins d’une participation française à ces horreurs. C’est pourtant ce qui résulte de l’enquête menée par Serge Farnel.

    Extraits de la préface de Géraud de Geouffre de la Pradelle, professeur émérite de l’Université de Paris-X Nanterre. Juriste international, il a présidé, en 2004, la Commission d’enquête citoyenne sur l’implication de la France au Rwanda. Il est l’auteur de « Imprescriptible. L’implication française dans le génocide tutsi portée devant les tribunaux. » publié en 2005 aux éditions des Arènes.

    Pour vous procurer le livre, http://www.rwanda13mai1994.net/

    Imprimer la page | Poster un commentaire Serge Farnel
    © Primo, 26-10-2012

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  3. […] après bientôt deux décennies d’enfumage dont notamment la fausse attribution aux Toutsis de l’attentat contre l’avion du […]

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