Société: Attention, un groupe de siffleurs peut en cacher un autre (We’re at war with this country)

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French riots map (Nov. 2005)

La seule chose que le pauvre blanc comprend, c’est la violence. « Shabazz » (membre du New Black Panther Party de Philadelphie)
C’est un moment génial de l’histoire de France. Toute la communauté issue de l’immigration adhère complètement à la position de la France. Tout d’un coup, il y a une espèce de ferment. Profitons de cet espace de francitude nouvelle. Jean-Louis Borloo (avril 2003)
On est en guerre contre ce pays (…) Ce pays, on le quittera quand il nous rendra ce qu’on nous doit. (…) On n’est pas là parce qu’on aime la Tour Eiffel. Tribu Ka
 Il y a trente ans, quand je jouais avec l’équipe de France, la Marseillaise était sifflée sur tous les terrains. Mais à l’époque, les politiques ne s’intéressaient pas au football et ça ne choquait personne. Aujourd’hui, c’est devenu une obligation pour un homme politique, en fonction de son étiquette, de se positionner. Une fois encore, le football est pris en otage par le monde politique car cette histoire de sifflets est devenue une affaire politique qui n’a rien à voir avec le sport. […] Je ne vois pas dans les sifflets qu’on a entendus au Stade de France un manque de respect ou une insulte à la France mais simplement des manifestations contre un adversaire d’un soir, en l’occurrence l’équipe de France, que l’on veut battre.  Michel Platini (Le Monde, 2008)
Tout le monde a en mémoire les sifflets qui ont ponctué le match France-Algérie […] Que pensent-ils de la France ? On a l’impression que l’identité imaginaire est algérienne et que la France c’est au mieux une compagnie d’assurance, au pire un objet d’exécration. Et c’est la raison pour laquelle […] la campagne pour l’identité française a un succès en France. Certains nous disent qu’une telle affirmation identitaire est excluante. Non ! On invite tous les citoyens français à partager cette identité et il y en a un certain nombre qui refusent fermement et agressivement. Alain Finkielkraut
Le football était une composante essentielle de ce qu’un sociologue, Nobert Elias, a appelé le ’’processus de civilisation’’. […] Là, nous le voyons depuis un certain temps, un processus de décivilisation est à l’œuvre, et le football, le sport, est l’un de ses théâtres, comme aussi l’école. Et il y a dans tous ces événements une sorte de grand dévoilement qui se produit. On ne peut plus se mentir : on voit l’esprit de la Cité se laisser dévorer par l’esprit des cités. Alain Finkielkraut
Il n’y a que dans notre pays que l’agressivité du discours islamique contre la laïcité est relayée par un discours haineux contre la France et la République, véhiculé par des franges gauchistes. C’est le mélange de ces deux genres, à savoir la fameuse alliance islamogauchiste, qui a créé les conditions des sifflets du Stade de France.
Il est désormais urgent d’en finir avec les propos lénifiants des compassionnels en tout genre, des sociologues bobos à la Mucchielli, des ethnologues ou autres anthropologues qui consacrent leur énergie à nier le réel par des discours fumeux, et de toute une extrême gauche qui continue à réclamer toujours plus d’immigration, qui se traduit, dans le contexte actuel, par plus d’islam. Riposte laïque
Attention: un groupe de siffleurs peut en cacher un autre!
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Embuscades et attaques de commissariats, agressions quasi-quotidiennes de représentants de l’Etat (pompiers, conducteurs de bus, médecins, facteurs, enseignants), émeutes régulières avec destructions de commerces et d’écoles, vandalisme systématique des lieux publics …
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Rappeurs qui appellent au meurtre des policiers et au viol des femmes blanches, discours ouvertement antisémite de groupuscules néo-tribalistes noirs, propos lénifiants des professionnels de la compassion et de la dénégation
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Après le 3e match de la honte en 7 ans (4 si l’on compte une certaine finale Lorient-Bastia de 2002) et alors qu’une France à nouveau unanime attend l’élection annoncée du messie Obama
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Retour sur le dernier édito du site Riposte laïque, qui a le mérite
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(en ces temps de démission collective politiquement correcte et au-delà de la dimension manifestement festive et ludique de nombre desdits sifflets comme d’ailleurs de nombre d’incendies de voiture ou des provocations verbales de nos petits Farrakhan et Jeremy Wright de banlieue qui, profitant de l’interminable repentance coloniale ambiante, se refusent à admettre que les premiers négriers, c’était les Africains eux-mêmes!),
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de bien repérer, comme Alain Finkielkraut avant lui, « la fameuse alliance islamogauchiste, qui a créé les conditions des sifflets du Stade de France ».

Sauf qu’emporté par son zèle laïciste, il oublie, très symptomatiquement, l’enfer presque quotidien qu’est devenu la vie de nombre de juifs de certains de nos quartiers comme dans le XIXe arrondissement de Paris.

Ou les tristement mémorables manifestations anti-guerre d’Irak d’il y a quelques années et qui, malgré leurs cris de « mort aux juifs », avaient alors tant réjoui nos responsables politiques.

Comme la démagogie et de la complaisance ouvertes de médias en mal d’audimat à l’instar de la chaine d’Etat qui tous les soirs attise la haine en direct contre Israël (avec notamment les reportages du faussaire Charles Enderlin) et qui s’empressait de récompenser nos siffleurs en accordant, dès le lendemain du match, leur quart d’heure de gloire à deux d’entre eux.

Mais aussi les régulières manifestations anti-CPE ou anti-réformes du système éducatif qui, plus ou moins téléguidées elles aussi par l’extrême-gauche (sous le prétexte de l’anti-libéralisme, comme on appelle aujourd’hui l’antiaméricanisme), font le lit du chômage chronique et enfoncent chaque fois un peu plus lesdits jeunes dans l’exclusion et le refus de leur pays (d’accueil).

Ou la longue tradition nationale, jusqu’au sommet de l’Etat, de valorisation romantique de la violence, comme vient de le confirmer le récent refus d’extradition d’une terroriste italienne notoire …

L’EDITO DE CYRANO
La France en a plus qu’assez qu’on lui crache au visage!
Riposte laïque
21 octobre 2008

Après le mémorable match de 2001 contre l’Algérie et celui de 2007 contre le Maroc, c’est sans surprise que l’on a constaté, lors du match amical de football contre la Tunisie, la haine que peuvent susciter la France et ses symboles aux yeux d’une partie de la jeunesse née dans ce pays. Indignée, notre collaboratrice Lucette Jeanpierre a réagi dès la fin de ce nouveau match de la honte (1), sur le site « Médias Libres ».

Il se trouve que, cette fois, le gouvernement a choisi de hausser le ton, et que les médias n’ont pas minimisé la gravité de l’événement. Même si certains ministres et responsables UMP ont versé dans la surenchère, nous préférons leur réaction au pitoyable silence gouvernemental de la gauche plurielle et des médias, qui avait ponctué, en 2001, le scandaleux France-Algérie.

Au-delà des indignations d’un jour, une question s’impose : comment a-t-on pu en arriver là ?

Pourquoi la France est-elle le seul pays au monde où l’on peut impunément railler l’hymne national dans certains stades ? (2)

Pourquoi la France fournit-elle l’exemple unique d’un pays dont l’équipe de football est régulièrement sifflée et brocardée pendant tout le match sitôt qu’elle joue contre un pays du Maghreb ?

Pourquoi n’y a-t-il que chez nous qu’on insulte les policiers, qu’on leur tende des embuscades, ou qu’on attaque des commissariats pour délivrer un « frère d’armes » ?

Pourquoi n’y a-t-il que chez nous que la mort d’un voyou au volant d’une voiture volée déclenche systématiquement plusieurs nuits d’émeute, avec leur lot inévitable de commerces et d’écoles incendiés ?

Pourquoi n’y a-t-il que chez nous qu’on brûle en moyenne 150 véhicules par jour ?

Pourquoi n’y a-t-il que chez nous que des pompiers se retrouvent caillassés, des conducteurs de bus attaqués, des médecins tabassés, des facteurs agressés ?

Pourquoi n’y a-t-il que chez nous qu’on puisse traiter les habitants de « sales Français », de « sales blancs », de « fils de pute », sans que jamais l’auteur de ces injures racistes – du moins pour les deux premières – ne soit traduit en justice ? (3)

Pourquoi n’y a-t-il qu’en France qu’on puisse, en toute tranquillité, et de surcroît sur un plateau de télévision, qualifier les blancs de « souchiens » ? (4)

Pourquoi n’y a-t-il qu’en France que des enseignants soient régulièrement injuriés, parfois frappés, voire poignardés par des élèves ?

Que ces questions, comme d’autres, qui reposent sur des faits indiscutables, soient clairement posées, et vous verrez tout ce que la gauche compte de curés et de bonnes sœurs tenir des discours compassionnels au terme desquels les bourreaux deviennent des victimes et les vraies victimes des coupables !

Disons-le sans ambages : quand on pose de telles questions, on se doit d’y répondre.

Il a fallu, au journaliste Christian Jelen, un courage hors du commun pour oser écrire, en 1998, dans son livre « La guerre des rues », que la majorité des coupables de violences urbaines étaient issus de l’immigration post-coloniale. Encore aujourd’hui, affirmer cela vous désigne à la vindicte de la bienpensance, qui vous qualifie aussitôt de raciste et de xénophobe.

Pourtant, la France peut s’honorer, par sa seule histoire, d’être un pays d’immigration : un Français sur trois a un grand-père non français. Le creuset républicain, la conception égalitaire de la Nation, le refus de toute conception basée sur l’ethnie ou l’origine, ont fait de ces citoyens-là des Français à part entière, à égalité de devoirs et de droits.

Ils étaient fiers de devenir français, ces Polonais, Italiens, Espagnols, Portugais, Algériens, Marocains, Tunisiens, Arméniens, etc. parce que nous étions fiers de notre pays, de notre histoire, fiers d’être des descendants des Lumières, de la Révolution française, de la loi de 1905, du Front Populaire et de tant d’événements qui ont forgé l’identité de notre pays.

Mais dans les années 1980 émergent de mauvais discours. On a voulu substituer à l’intégration républicaine le communautarisme, les particularismes, et le droit à la différence a commencé à devenir la différence des droits.

Des discours sur la repentance de la France, forcément coupable de colonialisme, forcément coupable d’esclavagisme, apparaissent (5) (pour contrer ces discours, il est bon de lire l’ouvrage remarquable de Tidiane N’Diaye, intitulé « Le Génocide voilé »). Toute une élite culturelle, symbolisée par les années « Libé », frustrée d’avoir raté sa révolution de mai 68, méprise le monde du travail, et crache sur la France. Les républicains sont ringardisés – voire lepénisés ! – par la puissance médiatique du journal « Le Monde ».

L’échec de la gauche au pouvoir engendre d’importantes frustrations sociales, qu’une politique irresponsable sur l’immigration ne fait qu’aggraver.

Les violences urbaines commencent à voir le jour, pendant que le Front national progresse à chaque élection. L’anti-fascisme d’une bonne partie de la gauche consiste alors à nier une réalité que chaque Français constate : une partie de la jeunesse des quartiers hait la France !

La victoire de l’équipe de France de football, en 1998, permet, pour la première fois depuis longtemps, de ressortir, sans rougir, le drapeau tricolore, alors que toute une partie de la gauche et de l’extrême gauche ont abandonné la Nation, son hymne et ce même drapeau au Front national.

La catastrophe du 21 avril 2002 ne suffit pourtant pas à alerter la gauche. Quant à la droite, elle surfe sur l’insécurité, pour apparaître plus déterminée – en paroles seulement ! – à combattre un fléau qui corrompt la vie des Français les plus démunis. Au-delà des mots, évidemment, les résultats ne suivent pas.

Les violences urbaines se succèdent ponctuellement, suivies de discours lénifiants et de « plans banlieue » à répétition, qui ne servent qu’à dilapider l’argent public, puisque la République se montre impuissante face au pouvoir des petits caïds de quartiers, dont les trafics souterrains fleurissent toujours davantage.

Et puis, soudain, 2005 nous offre, durant trois semaines, le spectacle invraisemblable d’écoles incendiées, d’entreprises dévastées, de policiers sur qui on tire à balles réelles alors qu’ils ont consigne de ne pas riposter, et de Français battus à mort, en plein jour, pour avoir été là au mauvais moment. Pourtant, les seules manifestations et les seules protestations seront pour la mort de deux jeunes qui se sont enfuis à la vue de la police, cette dernière étant, bien entendu, accusée d’avoir mis le feu aux poudres !

Quelques semaines auparavant, le 8 mars 2005, au cours d’une manifestation contre le projet de loi de François Fillon, on aura vu ce spectacle révoltant de jeunes lycéens agressés au faciès, dépouillés de leur portable, humiliés et roués de coups par des voyous de banlieue.

En 2006, lors des gigantesques manifestations contre le CPE, les services d’ordre syndicaux et la police devront collaborer pour protéger les manifestants des exactions de ces mêmes délinquants. Dans le métro, des bandes de cinquante à cent jeunes banlieusards, entre 13 à 15 ans, terroriseront les voyageurs, laissant derrière eux un profond sentiment de malaise et de peur.

Certains gauchistes en déficit d’intelligence politique croiront déceler dans ces exactions l’avant-garde d’une révolte sociale, alors que ces voyous rappelaient davantage, par leurs pratiques, les fascistes attaquant les cortèges ouvriers dans les années 30. Ayant bien compris les règles du capitalisme, ces « jeunes » veulent de l’argent facile, sans passer par la case travail, et ne connaissent, de ce fait, que la loi du plus fort.

Que l’on ajoute à cela l’offensive de l’islam contre la laïcité, et l’on détient tous les ingrédients de la catastrophe future.

Certes, il n’y a pas qu’en France que cette offensive se déroule : nous la constatons également dans nombre de pays européens.

Il n’y a pas qu’en France que des enclaves sous emprise musulmane se multiplient, et entendent substituer la charia aux lois de la République. Il n’y a pas qu’en France qu’on construit des mosquées, ouvrant ainsi l’espace public à cette nouvelle religion. Il n’y a pas qu’en France que le voile et la burqa agressent les hommes et les femmes attachés à l’égalité des sexes.

Il n’y a pas qu’en France que des prédicateurs islamistes prônent ouvertement la violence contre tout ce qui n’est pas musulman.

Il n’y a pas qu’en France que des jeunes de plus en plus jeunes apprennent l’arabe dans des écoles coraniques, ce qui ne facilite guère l’intégration !

Mais il n’y a que dans notre pays que l’agressivité du discours islamique contre la laïcité est relayée par un discours haineux contre la France et la République, véhiculé par des franges gauchistes. C’est le mélange de ces deux genres, à savoir la fameuse alliance islamogauchiste, qui a créé les conditions des sifflets du Stade de France.

Au-delà des gesticulations médiatiques d’une journée, qu’est prêt à faire notre gouvernement pour inverser la tendance ? Que peut valoir la fameuse « immigration choisie », qui tire les salaires vers le bas, alors que le chômage de masse progresse, que la crise va, à coup sûr, provoquer de terribles dégâts, et que 150.000 jeunes sortent annuellement sans diplôme de l’école publique ?

Quel est ce gouvernement osant accorder la nationalité française à des femmes qui viennent, voilées, chercher leur carte d’identité ?

Ce gouvernement s’est couché, sur ce sujet, suite à une injonction de la Halde ! Cette même officine, qui nous coûte quelque 11 millions d’euros par an, s’est une fois de plus distinguée en menaçant, à Montpellier, un responsable d’université parce qu’un enseignant a demandé à deux élèves de bien vouloir retirer leur voile en cours ? Quand envoie-t-on enfin des signaux forts pour réinstaller l’autorité de l’Etat ?

Quand dissout-on la Halde ? Quand cesse-t-on de financer le Mrap et la LDH, qui ne voient le racisme qu’à sens unique, se servant de nos deniers pour faire condamner des Fanny Truchelut et encourager les islamistes dans leurs provocations ?

Quand change-t-on du tout au tout pour faire face à la gravité de la situation ?

Quand interdit-on de territoire les frères Ramadan et tous les prêcheurs de haine ?

Quand interdit-on la burqa et le voile dans la rue ?

Faut-il vraiment continuer à couvrir la France de mosquées, sans un vrai débat national sur ce point ?

Pourquoi accepte-t-on l’UOIF qui, avec 400 associations européennes, a signé une charte encourageant les musulmans d’Europe à imposer la charia contre les lois du pays d’accueil (6) ?

Quand traduit-on devant les tribunaux ceux qui offensent notre pays en toute liberté depuis vingt ans ?

Quand met-on hors d’état de nuire certains rappeurs qui appellent au meurtre des policiers et au viol des femmes blanches ?

Quand en finit-on avec le discours antisémite de Kemi Seba, qui devrait rejoindre Dieudonné parmi les amis de Le Pen (7) ?

Quand trouve-t-on des solutions pour éloigner durablement de leur quartier ceux qui le rendent invivable, même s’ils sont nés en France ?

Quand exige-t-on l’assimilation pour ceux qui entendent s’installer définitivement chez nous, et renvoie-t-on chez eux ceux qui la refusent en nous imposant, dans les foyers ou ailleurs, leurs pratiques communautaristes ?

Ces questions sont aujourd’hui incontournables. Les laisser de côté, c’est contribuer à en faire de véritables bombes à retardement, qui ne préviendront pas quand elles exploseront !

Dans quel monde vivent donc nos dirigeants ? Sont-ils aveugles… ou peureux ? Ne savent-ils pas qu’à l’école, de plus en plus de jeunes, nés en France, exigent que la viande soit halal, autrement dit refusent la viande « impure », et contestent par ailleurs la mixité ? Ignorent-ils que dans certains quartiers les enseignants assurent leur service sous les insultes quotidiennes de gamins arrogants parce qu’impunis ? Ne voient-ils pas, dans les rues de certaines cités, des gamins d’à peine 10 ans livrés à eux-mêmes, et glissant, de ce fait, vers la délinquance ?

Ne leur a-t-on jamais dit qu’il est de plus en plus difficile, dans les écoles de la République, de ne pas faire le ramadan lorsqu’on s’appelle Rachida ou Mustapha ? A quoi a servi d’avoir souligné la progression du communautarisme et de la violence à l’école, comme l’a fait, en son temps, le rapport Obin ?

Nos responsables politiques ne sentent-ils pas monter, dans leur propre pays, les prémisses des affrontements ethniques que risquent de provoquer les replis communautaristes et l’envolée du religieux ? Dans un tel contexte, quid de la paix civile ?

C’est tout cela qu’il y a derrière les sifflets de La Marseillaise. C’est cela qu’on cherche à minimiser. C’est pourquoi cela scandalise autant les Français (80 %).

Il est désormais urgent d’en finir avec les propos lénifiants des compassionnels en tout genre, des sociologues bobos à la Mucchielli, des ethnologues ou autres anthropologues qui consacrent leur énergie à nier le réel par des discours fumeux, et de toute une extrême gauche qui continue à réclamer toujours plus d’immigration, qui se traduit, dans le contexte actuel, par plus d’islam.

Si l’on veut réussir l’intégration de tous les immigrés qui se disent attachés aux valeurs de la République (8), il faut être – comme le dit magnifiquement Fadela Amara – « sans pitié » pour ceux qui sifflent la Marseillaise et crachent au visage de la France, car c’est ainsi que l’on permettra le rayonnement d’une République respectable parce qu’enfin respectée

Faute de quoi, il y a vraiment de quoi être inquiet pour la France de demain, celle de nos enfants et petits-enfants.

(1) http://www.mediaslibres.com/tribune/index.php/2008/10/15/736-la-marseillaise-huee-par-les-cons

(2) http://fr.youtube.com/watch ?v=2gtBbtWn1To

(3) http://fr.youtube.com/watch ?v=iZw1uvq7k70

(4) http://fr.youtube.com/watch ?v=fkXXe6_qw0s

(5) http://luette.free.fr/spip/spip.php ?article206

(6) http://www.ripostelaique.com/Face-a-une-charte-islamique.html

(7) http://fr.youtube.com/watch ?v=XIy6B5NTvYU&feature=related

(8) http://fr.youtube.com/watch ?v=45vHaW3seUE&feature=related

Voir encore:

France – Tunisie. Vive polémique autour des sifflets

La Dépêche16/10/2008

France – Après les huées du Stade de France.

Cette fois-ci ça ne passera pas ! Nicolas Sarkozy a tapé du poing sur la table hier pour réagir au sifflement de la Marseillaise à l’occasion du match France-Tunisie de mardi soir au Stade de France. L’incident qualifié de « scandaleux » par le Président de la République a provoqué une véritable tempête politique. Et c’est une mesure choc que l’élysée a annoncée à l’issue de la convocation du président de la Fédération Française de football (FFF), Jean-Pierre Escalettes.

Désormais, en cas de sifflet contre l’hymne national tricolore, le match sera immédiatement arrêté, les spectateurs évacués, les matches amicaux suspendus. Bernard Laporte, le secrétaire d’état aux Sports, est même allé plus loin en réclamant de ne plus jouer de matches avec les ex-colonies ou protectorats français du Maghreb au Stade de France, mais « chez eux, ou alors en province ».

Difficile à appliquer

Spectaculaire, la mesure n’en demeure pas moins difficile à appliquer. Le patron de la FFF a relevé qu’annuler des matches avec des dizaines de milliers de spectateurs poserait des questions de sécurité. Ce à quoi Nicolas Sarkozy a répondu que « l’état assumera ».

Dans la foulée, Michèle Alliot-Marie, ministre de l’Intérieur, a demandé au Préfet de saisir la Justice pour identifier, grâce aux vidéos, tout ceux qui se sont rendus coupables d’outrage à l’hymne national. Le Parquet de Bobigny a ouvert dès hier une enquête. In fine, le but est de mettre un terme à une série noire d’atteintes à la Marseillaise. Elle avait en effet déjà été sifflée en 2001 lors d’un match France-Algérie (lire ci-dessous) et en 2007 contre le Maroc. De la gauche à la droite, ces débordements ont été unanimement condamnés par la classe politique.

[QFORUM] Avez-vous été choqué par les sifflets durant la Marseillaise mardi soir ?


Quelle solution ?

Il est à souhaiter que les mesures préconisées par le gouvernement, mesures prises dans l’urgence, sous le coup d’une émotion unanime, soient avant tout dissuasives… Car leur mise en application sera bien compliquée et très risquée. A commencer par l’arrêt des matches et l’évacuation des stades. La frustration peut là déboucher sur de véritables scènes de violence, entre spectateurs qui se rejetteraient la responsabilité des incidents, entre forces de l’ordre et supporters…

Et à partir de combien de décibels va-t-on décider de l’arrêt d’une rencontre, questionne opportunément William Gaillard, directeur de la communication de l’UEFA.

La solution la plus sage est peut-être finalement celle préconisée par le député PS, Claude Bartolone, qui propose tout simplement de ne plus jouer les hymnes nationaux… Ce serait en effet moins compliqué et éviterait de susciter les provocations, de cristalliser les excitations.


« Des réactions de souffrance »

Michel Fize, sociologue au CNRS est l’auteur du « Livre noir de la jeunesse » (éditions de la Renaissance, 2007). Il a conseillé Marie-George Buffet au ministère de la Jeunesse et des Sports.

« J’étais au Stade de France. Je m’attendais aux sifflets, mais leur ampleur m’a surpris. Dans le contexte actuel, il n’était pas opportun d’organiser un match contre un pays du Maghreb. Certes, il est inacceptable de siffler les hymnes nationaux et je suis de ceux qui préconisent d’apprendre la Marseillaise à l’école.

Ne pas jouer le match n’était pas la solution. Mais le reporter et le disputer à huis clos, pourquoi pas ? Mardi, j’étais dans une tribune populaire, justement avec des familles d’origine tunisienne. Une jeune fille disait qu’elle comprenait mais qu’elle était partagée ; par contre sa petite sœur était très excitée et fanatiquement pro-tunisienne.

Cette violence traduit une souffrance de plus en plus insupportable dans un contexte social de plus en plus chargé. Ces jeunes s’interrogent dramatiquement sur leur avenir. Il y a beaucoup d’exaltation mais ce n’est pas une exaltation méchante. Ce ne sont pas des monstres : la société se montre incapable de leur donner une identité sociale, ils se sentent abandonnés. Il y a derrière ces réactions le problème de l’avenir de ces jeunes dans les banlieues. Face à ce mépris éprouvé, ils cherchent une identité de substitution qui s’appuie sur les origines. C’est une manière pour eux de dire qu’ils ne sont pas rien du tout. C’est cela que traduit la pratique du Ramadan qui se développe chez les jeunes. ça ne veut pas dire qu’ils ne se sentent pas Français : il y a le pays où l’on vit et le pays des racines. Attention aux analyses au premier degré. »

Recueilli par Jean Savaric

Michel Fize présentera son dernier livre, «Père et fils», à la Fnac-Toulouse, jeudi 23 octobre, à 17h30.


Les précédents algérien et corse

Le 6 octobre 2001, soit moins d’un mois après les attentats du World Trade Center, le France-Algérie qui se joue en amical au Stade de France tourne au fiasco : « La Marseillaise » est jouée sous de terribles huées et le match est interrompu après 75 minutes de jeu, alors que la France mène 4-1, quand une proche du président Bouteflika traverse tout le terrain en brandissant un drapeau algérien.

La tribune présidentielle est alors bombardée, plusieurs ministres du gouvernement Jospin sont touchés par des projectiles, dont Marie-George Buffet et Elisabeth Guigou. Le match ne reprendra jamais, le stade est évacué mais une rame de RER est bientôt saccagée. Quelques mois plus tard, le 5 mai 2002, Jean-Marie Le Pen est au deuxième tour de l’élection présidentielle.

Puis, le 11 mai, le président Jacques Chirac, présent au Stade de France, exige des excuses de la FFF quand les supporters corses de Bastia, en finale de la coupe de France, sifflent à leur tour « La Marseillaise »…


Réactions. Du côté des joueurs

Jamel El Khallouki : « Deux poids, deux mesures »

Capitaine des Fontaines (CFA2), issu d’une famille d’origine marocaine de grands sportifs toulousains, Jamel El Khallouki n’a pas la langue dans sa poche.

« Encore une fois, il y a deux poids, deux mesures. Quel que soit l’hymne sifflé, c’est navrant. Et je ne comprends pas les jeunes d’ici qui ne comprennent pas que la France est notre pays et que c’est une vraie richesse que d’avoir deux cultures. Mais je n’apprécie pas que, quand c’est un public espagnol, sur le tennis, italien ou irlandais sur le football comme ça s’est déjà passé, on n’en parle pratiquement pas. Ce qui s’est passé, ce n’est pas une bonne chose, c’est souvent des jeunes de 16-17 ans, des idiots, qui veulent se rendre intéressants, qui n’ont pas de cerveau ».


Fahid Ben Khalfallah : « C’est honteux »

Fahid Ben Khalfallah, le milieu international tunisien, qui connaît bien la Ligue 1 puisqu’il évolue avec le Stade Malherbe de Caen, jouait mercredi soir au Stade de France contre les Bleus. Il n’a pas mâché ses mots à l’évocation des incidents qui ont flétri cette soirée de fête

« C’est honteux de siffler la Marseillaise ! Les gens qui ont fait cela vivent en France et ils doivent respecter ce pays. Ils n’avaient qu’à pas venir. C’est chiant et ridicule, ces trois minutes gâchent tout ».

De son côté, Hatem Ben Arfa, d’origine tunisienne s’est demandé « si ces sifflets signifiaient réellement quelque chose », ajoutant « mais je ne leur en veux pas, on s’y attendait ».


Anouar Ayed : « Un manque de respect »

L’international tunisien, capitaine du Toulouse Handball (D1), se dit « déçu des sifflets du public. Il ne faut pas faire ça, c’est un manque de respect, c’est honteux. » Et d’ajouter : « C’est vrai que chez nous, en Tunisie, il y a une certaine mauvaise habitude de se siffler entre nous. Mais je vous promets que si l’équipe de France venait jouer à Tunis, elle ne serait pas sifflée, ni La Marseillaise d’ailleurs. » Anouar Ayed qui estime « qu’arrêter le match n’aurait rien changé » souhaite que cette affaire « ne prenne pas des proportions trop grandes. Il ne faut pas en faire une affaire politique. Il faut faire évoluer les mentalités. »

Platini:  » le football est pris en otage par le monde politique « 

Michel Platini, président de l’Union européenne de football (UEFA) et ancien capitaine de l’équipe de France, estime dans un entretien au Monde que les sifflets qui ont accompagné La Marseillaise avant le match France-Tunisie ne sont « pas une insulte à la France ».

Le Monde

17 octobre 2008

Que pensez-vous du tollé politique qui a suivi les sifflets de La Marseillaise, mardi 14 octobre, au Stade de France ?

Il y a trente ans, quand je jouais avec l’équipe de France, La Marseillaise était sifflée sur tous les terrains. Mais à l’époque, les politiques ne s’intéressaient pas au football et ça ne choquait personne. Aujourd’hui, c’est devenu une obligation pour un homme politique, en fonction de son étiquette, de se positionner. Une fois encore, le football est pris en otage par le monde politique car cette histoire de sifflets est devenue une affaire politique qui n’a rien à voir avec le sport.

Je ne vois pas dans les sifflets qu’on a entendus au Stade de France un manque de respect ou une insulte à la France mais simplement des manifestations contre un adversaire d’un soir, en l’occurrence l’équipe de France, que l’on veut battre. Dans d’autres occasions, je suis certain que les mêmes jeunes qui ont sifflé La Marseillaise, mardi soir, chantent l’hymne national quand l’équipe de France dispute un match de l’Euro ou de la Coupe du monde.

Le président de la République, Nicolas Sarkozy, a annoncé que les matches seraient arrêtés en cas de sifflets pendant les hymnes nationaux. Cette initiative vous semble-t-elle judicieuse ?

La France perdra 3-0 sur tapis vert! Cela veut dire que si l’équipe de France joue en Azerbaïdjan et que La Marseillaise est sifflée, le président fait arrêter le match? Lors du Mondial 1982, en Espagne, le Cheikh Fahd [président de la fédération du Koweït] était rentré sur le terrain pour faire annuler un but : l’arbitre qui avait accédé à sa demande a été suspendu à vie. Il y a des règles qui régissent le football et elles sont édictées par la FIFA [Fédération internationale de football] et l’UEFA. Le règlement prévoit qu’un match peut être arrêté, et j’y suis favorable, en cas d’acte de racisme par exemple. Mais ce n’est pas à une autorité politique de décider : la responsabilité incombe à l’arbitre et au délégué du match.

Ce n’est pas ce que semble entendre le gouvernement français…

Si on commence à arrêter un match parce qu’il y a des sifflets, dans ce cas-là on arrête aussi dès qu’un joueur se fait siffler ou quand le gardien se fait conspuer après un dégagement. C’est absurde. Et pourquoi pas aussi un policier derrière chaque spectateur. Il faudrait plutôt éduquer les supporters car dans certains pays, les hymnes ne sont jamais sifflés. A l’Euro, on avait fait de la pédagogie avant les matches et les hymnes n’ont pas été sifflés.

Ne pensez-vous pas, comme certains députés, qu’il serait plus simple de ne plus jouer les hymnes nationaux avant les matches pour éviter ce type de débordement ?

Je ne crois pas. Si on suit ce raisonnement, il faudrait aussi jouer sans arbitre pour éviter qu’ils se fassent siffler. L’hymne national, c’est l’histoire d’un pays. Lorsqu’on joue en équipe nationale, on joue pour son pays. Moi, quand l’hymne était sifflé, cela me donnait plus de caractère, plus d’orgueil vis-à-vis de mon pays. Ça n’a jamais vexé ni fait peur aux joueurs d’entendre leur hymne sifflé. Au contraire, ça nous galvanisait, c’était une motivation supplémentaire.

Mais quand vous jouiez, il y a 30 ans, l’hymne n’était pas sifflé par des spectateurs français ?

Il y a 10 ans, quand la France a gagné la Coupe du monde et que tout le monde chantait La Marseillaise et brandissait le drapeau bleu-blanc-rouge dans les rues, on célébrait la France « Black-Blanc-Beur ». Aujourd’hui, on explique le contraire. A mon époque, déjà, il y avait des immigrés italiens et polonais. La différence, c’est que maintenant, il y a une récupération politique.

La Fédération française de football (FFF) a décidé d’apprendre aux joueurs les paroles de La Marseillaise depuis qu’une enquête d’opinion a mis en avant que les supporters de l’équipe de France reprochaient aux Bleus de ne pas chanter leur hymne national. Quand vous étiez joueur, le chantiez-vous avant les rencontres ?

Non, je n’ai jamais chanté La Marseillaise. Même si je trouvais que c’était le plus bel hymne du monde, et que je le fredonnais de temps en temps, je n’ai jamais pu me résoudre à le chanter avant un match car c’est un chant guerrier et que pour moi, un match de foot, c’est un jeu et pas la guerre. « Aux armes, citoyens! » : je n’arrivais pas à chanter ces paroles avant une rencontre. Mais ça ne veut pas dire pour autant que je n’étais pas fier d’entendre La Marseillaise. Ce n’est pas parce qu’un joueur ne chante pas l’hymne national qu’il n’aime pas son pays. Mais aujourd’hui, nous sommes dans un monde du tout-communication : si un joueur a le malheur de ne pas chanter La Marseillaise, il est aussitôt stigmatisé comme quelqu’un qui n’aime pas la patrie française.

COMPLEMENT:

Coupe du Monde : Alain Finkielkraut moralise le football

Ugo Palheta
Acrimed
24 juin 2010

On reconnaît les intellectuels médiatiques à leur capacité, ou plutôt à leur disposition, à distiller leurs lumières sur presque tous les sujets qui saturent – momentanément – l’espace journalistique, y compris lorsque leurs compétences en la matière sont à peu près inexistantes. Alain Finkielkraut est de ces intellectuels qui prodiguent leurs lumières avec une générosité défiant les lois du genre et, dès que l’occasion se présente, c’est le football qui est l’objet de ses prédications.

Un scoop médiatique, une affaire d’État

Après le coup de tête de Zidane en finale de la Coupe du monde (2006), la Marseillaise sifflée lors d’un France-Algérie [1], la main de Thierry Henry qualifiant l’équipe de France pour la Coupe du monde (2010), la dernière tempête médiatique dans un verre d’eau footballistique a pour objet les propos d’Anelka à la mi-temps du récent match contre le Mexique.

Ces propos dont on ne discutera pas l’élégance auraient été tenus dans le huis clos d’un vestiaire. Mais, scoop sensationnel oblige, ils ont été complaisamment rapportés, sans que les grands moralistes des médias s’en offusquent, en « une » de L’Équipe. On sait que le quotidien sportif choisit avec soin les scandales qu’il jette en pâture à ses lecteurs et à l’ « opinion publique », omettant par exemple les turpitudes de la FIFA [2].

Depuis, la sortie d’Anelka a donné lieu à une abondance d’articles et de commentaires politiques qui n’a d’égale que l’insignifiance des faits rapportés [3], mais lorsque les grands médias s’emparent d’un tel sujet, on voit poindre l’affaire d’État. La suite – exclusion d’Anelka, grève de l’entraînement par les joueurs, etc. – confirma, jusqu’à l’overdose médiatique, que tel était bien le cas et qu’on tenait là une grande cause nationale, une grave question de société et… de morale. La promptitude avec laquelle nombre des responsables politiques se sont jetés sur l’ « affaire » illustre le bénéfice que peuvent escompter les gardiens de l’ordre établi de cette circulation circulaire d’une indignation. Celle-ci serait seulement ridicule si elle ne dissimulait pas, en ces temps de réforme des retraites, des colères mieux fondées.

En ces circonstances dramatiques, Alain Finkielkraut ne s’est pas dérobé devant ses responsabilités.

Enfin Alain Finkiekraut vint…

Ce dernier fait partie de ces intellectuels qui savent faire preuve de mesure lorsqu’ils s’expriment dans les médias. Mais quand il s’agit de football, il est parfait. Pour ceux qui auraient perdu la mémoire nous avons recueilli en annexe ses précédentes prestations.

Toutes les occasions sont bonnes – y compris donc un match de football – pour asséner le « constat » qui fait son fond de commerce depuis une vingtaine d’années. Si c’est le cas, c’est que celui-ci cherche (et forcément trouve) partout les signes confirmant une lecture de la réalité sociale en termes communautaires, religieux ou ethniques. Cette obsession intellectuelle l’amène à interpréter des phénomènes aussi différents que les émeutes de novembre 2005, les sifflets contre la Marseillaise, les violences en milieu scolaire ou encore la récente défaite de l’équipe de France contre le Mexique, comme les évidents symptômes de « divisions ethniques ou religieuses » menaçant l’unité de la France. Et toutes les occasions sont bonnes pour que les médias accueillent comme un « bon client » un « penseur » si bien ajusté aux débats qui « font polémique ».

Le 20 juin 2010, le Journal du Dimanche publiait le premier les pensées de l’omniprésent. Dans une tribune intitulée « Des sales gosses boudeurs », il proclamait notamment que les joueurs de l’équipe de France « à la différence des autres équipes nationales, […] refusent, en sales gosses boudeurs et trop riches, d’incarner leur nation. […] Mais – car il y a un « mais » – si cette équipe ne représente pas la France, hélas, elle la reflète : avec ses clans, ses divisions ethniques, sa persécution du premier de la classe, Yoann Gourcuff. Elle nous tend un miroir terrible. Ce qui est arrivé à Domenech est le lot quotidien de nombreux éducateurs et de professeurs dans les cités dites sensibles. Cette équipe renvoie à la France le spectacle de sa désunion et de son implacable déliquescence. » Et de fournir aussitôt un contre-exemple : « Jean-Alain Boumsong, l’un des grands joueurs qui n’ont pas été retenus pour cette Coupe du monde, en appelle à l’humilité. Il s’exprimait dans une langue irréprochable. On a voulu confier l’équipe de France à des voyous opulents et pour certains inintelligents, il faudra maintenant sélectionner des gentlemen ». Voire des joueurs de golf, auditeurs de France Culture si possible [4].

Le même jour, l’incontournable recyclait sa prédication, presque mot à mot, sur l’antenne d’Europe 1 [5] : « On a le sentiment que la France est invitée à se regarder dans ce miroir, un miroir absolument terrible. Elle y contemple le spectacle de sa désunion, de sa possible, et non plus « implacable »…, déliquescence, et peut-être que tout cela va créer un sursaut et que ce sursaut sera salutaire. […] Il faut prendre acte des divisions qui minent cette équipe, des clans, de ces divisions ethniques, de ces divisions religieuses, de ce joueur exclu parce qu’il est le premier de la classe, des insultes envers un entraîneur au demeurant fort peu compétent, mais qui rappellent trop les agressions dont sont victimes les médiateurs et les professeurs dans les quartiers dits paradoxalement sensibles. Tout ça doit nous amener à une prise de conscience ».

Une défaite de l’équipe de France en Coupe du monde face au Mexique, une engueulade entre un joueur et son entraîneur, et voilà la France « invitée » par l’intellectuel médiatique à s’interroger sur sa « possible déliquescence », et même sur son « implacable déliquescence » (pour reprendre les mots employés dans le JDD) [6].

Évidemment, le « philosophe » prompt à « blaguer » en 2005 sur la couleur des joueurs de l’équipe de France (voir notre annexe) n’a pas de mots assez durs en 2010 à l’égard de ceux qu’ils nomment des « voyous » : « Nous avons la preuve effarante que l’équipe de France n’est pas une équipe, que c’est une bande de voyous qui ne connaît qu’une seule morale, celle de la mafia […] Il est temps de ne plus confier le destin de l’équipe à des voyous arrogants et inintelligents et de sélectionner des gentlemen ».

L’auteur d’Un cœur intelligent, lui, sélectionne courageusement ses indignations : non pas le président de la République et son délicieux « casse-toi pauvre con », ni même ces patrons qui licencient et laissent sur le carreau des milliers d’ouvriers (et leurs familles), mais Anelka et les joueurs de l’équipe de France. La boulimie des tenanciers des médias et la frénésie du penseur à grande vitesse sont si bien ajustées qu’elles contribuent ensemble à transformer une péripétie insignifiante en événement médiatique, à amener les auditeurs ou les téléspectateurs à prendre position sur cet événement plutôt qu’à s’interroger sur la nécessité de prendre position. Divertir et faire diversion, s’indigner et produire l’indignation.

Et Nicolas Demorand l’accueillit

BHL étant sans doute en vacances, Nicolas Demorand ne pouvait laisser passer cette occasion pour tendre un micro à ce grand spécialiste du football qu’est devenu en quelques semaines Alain Finkielkraut. Après le Journal du Dimanche et Europe 1 le dimanche 20 juin, c’est donc France Inter qui invitait dès le lendemain le prédicateur à exposer ses profondes pensées sur « la crise du football français » (titre de l’émission).

La nuit lui ayant permis d’affûter ses banderilles, le professeur de culture générale part à l’assaut avec l’entrain et la bravoure intellectuelle qu’on lui connaît : « J’hésite devant ce grand naufrage entre le rire et les larmes. Ces joueurs ne sont pas seulement odieux, ils sont parfaitement grotesques. […] Personnellement je ne ferai pas cadeau du beau mot de mutinerie pour qualifier le putsch débile de voyous milliardaires qui s’est déroulé hier sous nos yeux ébahis. […] Ils doivent être exclus, la France doit déclarer forfait. Une bande de 11 petites frappes ça ne fait pas une équipe et ça ne fait pas une équipe qui nous représente. […] On n’est plus dans l’univers mental du football ; on est dans l’univers mental des Soprano, de la mafia, de l’omerta ». Devant une telle ignominie, le penseur engagé en appelle courageusement aux pouvoirs publics : « s’ils doivent jouer, si les instances fédérales et le gouvernement français continuent à abdiquer devant ce genre d’attitudes, alors en tant que citoyen, que philosophe, que supporter, que patriote français, j’espère que l’Afrique du sud va leur infliger une leçon de football ».

Peut-être touché par la foudre, le journaliste Nicolas Demorand sert alors une question apparemment perfide au citoyen-philosophe-supporter-patriote français : « Est-ce un sujet si important tout ça, Alain Finkielkraut ? » Si la question se pose, et c’est bien la seule question que l’on devrait poser au « philosophe », pourquoi donc lui avoir consacré une émission sur France Inter ? Et pourquoi avoir invité Alain Finkielkraut ? S’il est « si important » pour Demorand d’adopter un ton critique tout au long de l’interview, c’est qu’il lui faut faire oublier qu’en donnant la parole sur ce sujet à Alain Finkielkraut, durant une bonne demi-heure et à une heure de grand écoute, il contribue activement à la production médiatique de l’ « événement » [7].

La réponse de l’intéressé fuse, évidemment bien préparée : « Oui, c’est un sujet très important ! Le football était une composante essentielle de ce qu’un sociologue, Nobert Elias, a appelé le ’’processus de civilisation’’. […] Là, nous le voyons depuis un certain temps, un processus de décivilisation est à l’œuvre, et le football, le sport, est l’un de ses théâtres, comme aussi l’école. Et il y a dans tous ces événements une sorte de grand dévoilement qui se produit. On ne peut plus se mentir : on voit l’esprit de la Cité se laisser dévorer par l’esprit des cités ». Comme tous les sophistes ou autres « doxosophes » dont parlait Bourdieu, Alain Finkielkraut procède toujours par identifications tape-à-l’œil (« comme aussi l’école »), allusions voilées et arguments d’autorité, plutôt que de tenter de démontrer ce qu’il avance. Ainsi invoque-t-il « un journal aussi impeccable, aussi moralement irréprochable que Le Monde » pour affirmer que le problème de cette équipe symbolise, révèle et dérive d’ « une division en clans, en ethnies, d’une division religieuse de l’équipe […] Donc ça a effectivement tout à voir avec l’esprit des cités. » Les quartiers populaires – les « cités » – sont ainsi renvoyés, sans autre forme de procès, non seulement au choc des civilisations mais à un « processus de décivilisation », c’est-à-dire en quelque sorte à la sauvagerie.

Malicieux ou affectant de l’être, Demorand tente alors de mettre l’intellectuel pour médias devant ses possibles contradictions : « Vous qui vous battez vigoureusement contre la tyrannie de la transparence, vous voulez savoir ce qui se passe dans les vestiaires ? ». La réponse est symptomatique des automatismes de la pensée-Finkielkraut :

– « Oui je veux aussi savoir ce qui se passe dans les écoles, absolument. C’est pareil !
– Ils n’ont pas le droit d’être seuls dans leur vestiaire ?
– Oui, c’est ce qu’ils ont osé dire dans leur communiqué totalement imbécile.
[…] Je veux savoir qu’aujourd’hui l’insulte au sélectionneur, l’agression verbale, est inhérente à une équipe de haut niveau. Je veux le savoir. Je pense qu’il est très important que nous le sachions, parce que c’est seulement si nous regardons la réalité en face qu’un sursaut est possible ».

La « réalité », mais laquelle ? Celle de joueurs frustrés se prenant le bec avec leur entraîneur dans un vestiaire ? Est-ce vraiment cela la « réalité » ? N’y a-t-il pas suffisamment de motifs d’indignation actuellement (réforme des retraites, agression israélienne contre une flottille humanitaire, répression des chemises rouges en Thaïlande, etc.) pour réserver son temps de parole médiatique et ses grands sentiments à d’autres causes que celle d’une déroute footballistique ? En faisant passer sa vertueuse colère pour une réaction naturelle face à la « réalité », Finkielkraut passe sous silence le fait que cette « réalité » est toujours le produit d’un travail de représentation. Or, c’est précisément un attribut des médias dominants que de parvenir à imposer, au moins partiellement, une certaine représentation de la « réalité » ou plutôt de ce qui – dans cette « réalité » – fait problème et doit être l’objet de discours, de polémiques et d’indignations. Chez eux, Alain Finkielkraut est bien chez lui [8].

Mais c’est surtout à la consécration médiatique de l’insignifiant que contribuent ses bavardages, prisés par ceux-là même qui l’interrogent (même lorsqu’ils paraissent les désavouer). Rehaussés de citations leur donnant un air vaguement « philosophique », ils métamorphosent en affaire d’État une vulgaire engueulade de vestiaire et les péripéties qui l’ont suivie. Bien entendu, Alain Finkielkraut n’y parvient pas par la seule grâce de son intellect mais avec tout l’appui et toute l’autorité que lui confèrent les grands médias. Ces derniers n’aiment en effet rien tant que ces polémiques de pacotille, oubliées presque instantanément après leur éclatement mais vouées à faire oublier – au moins pendant quelques jours ou le temps d’un été – les questions qui fâchent.

Ugo Palheta

Annexe : Alain Finkielkraut, supporter impénitent

Pour mémoire, rappelons qu’Alain Finkielkraut avait déclaré en 2005 dans une interview au journal israélien Haaretz : « Les gens disent que l’équipe nationale française est admirée par tous parce qu’elle est black-blanc-beur. En fait, l’équipe de France est aujourd’hui black-black-black, ce qui provoque des ricanements dans toute l’Europe ». Faisant face aux critiques (polies) proférées dans l’espace médiatique, l’auteur de la Défaite de la pensée s’était défendu en assimilant ses propos à une « blague » qui n’aurait pas dû être rapportée par le journaliste. Blague ou non, cela n’avait guère terni l’aura médiatique d’un penseur qui – comme l’affirmait Nicolas Sarkozy il y a quelques années – « fait honneur à l’intelligence française » et a été promu en 2009 au rang d’officier de la Légion d’honneur. Alain Finkielkraut, par ailleurs animateur de l’émission « Répliques » sur France Culture, continue d’être invité sur tous les plateaux de télévision ou de radio pour donner son avis, évidemment éclairé et éclairant, sur les sujets que les grands médias désignent à son « intelligence française ».

En bon professionnel de l’indignation sur commande, Alain Finkielkraut sait qu’il ne faut pas ménager ses mots pour convaincre l’auditeur de l’importance de son propos (car c’est là tout l’enjeu de tels discours) ; aussi recourt-il frénétiquement ou à des locutions latines, ou à des citations ou, à défaut, à des expressions hyperboliques. Lorsque Thierry Henry a offert la qualification à la France en contrôlant la balle avec sa main, voici comment le « philosophe » a réagi dès le lendemain (19 novembre 2009) sur l’antenne d’Europe 1 [9] : « comme tout le monde, j’avais échafaudé deux scénarios : je me préparais à chanter victoire ou à pleurer ’’cum grano salis’’ en cas de défaite. […] Et me voici embarrassé par une victoire déplorable. […] Le jeu c’est les règles, il y a eu triche, une main visible, une main volontaire. Fort heureusement aucun joueur français n’a pu parler comme Maradona de la ’’main de dieu’’. La France ne s’est pas tiers-mondisé à la faveur de cet événement mais, effectivement, on est là devant un véritable cas de conscience. Est-ce qu’il y a une morale dans le sport, puisque je suis un spécialiste de la morale ? ». On ne peut que se réjouir d’avoir échappé à un tel risque de tiers-mondisation.

Mais Alain Finkielkraut n’en était pas resté là. Après son interview du matin sur Europe 1, il était invité (une nouvelle fois) dans l’émission de Frédéric Taddéi le soir même [10]. Voyant dans cette main de Henry le signe et l’effet d’une inexorable perte « du respect des normes, des règles et des formes », il pontifiait à propos du « débat capital » que constituerait l’introduction de la vidéo dans l’arbitrage des matchs de football. Cette introduction permettrait de « résorber l’inégalité, qui est en train de se creuser entre l’homme au sifflet et le public », et même cette « dissymétrie terrifiante » qui « enseigne le mépris des médiateurs ». De la part d’un « penseur » qui n’a jamais dépensé sa salive pour dénoncer les inégalités économiques et sociales ou la « dissymétrie terrifiante » entre actionnaires et salariés, on se demande s’il faut rire ou pleurer, d’autant plus quand on entend la conclusion de ce bavardage : « Ce n’est pas une question sportive, c’est une question de salut public ».

Au passage, l’interview sur l’antenne d’Europe 1 avait été l’occasion pour notre « spécialiste de la morale » de revenir doctement sur sa hantise du communautarisme triomphant. Ainsi, à propos de la qualification de l’Algérie pour la Coupe du monde (la troisième de son histoire) et du déferlement dans les rues de milliers de supporters réjouis, Alain Finkielkraut se montrait catégorique : « Des manifestations en France qui doivent encore aggraver notre malaise. Marc Bloch disait ’’c’est un pauvre cœur que celui auquel il est interdit de renfermer plus d’une tendresse’’. Alors pourquoi pas deux amours ? Le problème c’est que, pour de très nombreux supporters de l’Algérie, il n’y en a pas deux il n’y en a qu’un. Tout le monde a en mémoire les sifflets qui ont ponctué le match France-Algérie […] Que pensent-ils de la France ? On a l’impression que l’identité imaginaire est algérienne et que la France c’est au mieux une compagnie d’assurance, au pire un objet d’exécration. Et c’est la raison pour laquelle […] la campagne pour l’identité française a un succès en France. Certains nous disent qu’une telle affirmation identitaire est excluante. Non ! On invite tous les citoyens français à partager cette identité et il y en a un certain nombre qui refusent fermement et agressivement ». La citation de Marc Bloch n’a évidemment ici qu’une fonction d’intimidation intellectuelle, visant à faire oublier que ces affirmations ne reposent sur aucun argument empirique. Une dure leçon pour les journalistes qui l’accueillent en se montrant si attachés aux faits ! Sans doute conscient qu’une sottise plusieurs fois répétée dans les médias devient une demi-vérité, Finkielkraut resservit le soir même dans l’émission de France 3 exactement la même argumentation, appuyée sur la même citation de M. Bloch et procédant aux mêmes amalgames sans fondement. Malheureusement pour lui, l’animateur de l’émission avait préparé un extrait du journal télévisé durant lequel un supporter de l’Algérie affirmait : « Comme on a fait la fête en 98 pour la France, hé ben là on fait la fête pour l’Algérie ».

5 commentaires pour Société: Attention, un groupe de siffleurs peut en cacher un autre (We’re at war with this country)

  1. […] Tout d’un coup, il y a une espèce de ferment. Profitons de cet espace de francitude nouvelle. Jean-Louis Borloo (avril […]

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  2. sdfsfsfdf dit :

    tin mais apprend à écrire avant de faire des billets ! depuis qd lyon prend un « s »

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  3. jcdurbant dit :

    Depuis que les Anglais l’écrivent comme ça, mais j’aurais pu effectivement préciser que c’était une carte d’une chaine américaine …

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  4. […] aussi il y a 7 ans de bricoler en catastrophe son propre code patriotique, nos cheres tetes blondes sifflent copieusement l’hymne au sang impur ou arrachent son drapeau du fronton de nos mairies quand […]

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  5. […] On est en guerre contre ce pays (…) Ce pays, on le quittera quand il nous rendra ce qu’on nous doit. (…) On n’est pas là parce qu’on aime la Tour Eiffel. Tribu Ka […]

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