Idiots utiles: Le coco Le Carré sort du placard (Commie Le Carre comes out of the closet)

Russia house (John le Carre)Je remercie John Le Carré de nous rafraîchir à tous la mémoire en nous montrant à quel point il peut être un imbécile pompeux. Salman Rushdie
Quand vous tuez cent civils innocents et un terroriste, est-ce que vous gagnez ou perdez la guerre contre le terrorisme ? (…) Israël a fait au Liban ce qu’il lui avait fait il y a vingt ans : il a saccagé son infrastructure et infligé une punition collective à une démocratie fragile, multiculturelle et résiliente qui s’efforçait de réconcilier ses différences confessionnelles et de vivre en bonne harmonie avec ses voisins. John Le Carré

Après Pete Seeger et Morton Sobell… John Le Carré!

« Pire que le McCarthyisme, pire que la Baie des cochons et à long terme potentiellement pire que la guerre du Vietnam », « la Junte de Bush et ses conspirateurs », « la junte néoconservatrice qui contrôle les Etats-Unis et qui a pratiquement fait d’Israël le prisme de toute politique » …

Pour ceux qui les avaient oubliées, ces analyses d’un gauchisme échevelé sur la guerre d’Irak, de l’un des plus grands romanciers d’espionnage de la guerre froide et ancien espion lui-même du célèbre MI6 …

S’éclairent d’un nouveau jour quand on apprend que le pourfendeur systématique d’Israël qui, au moment de sa fatwa iranienne, avait accusé Rushdie d’avoir volontairement provoqué les musulmans avec les Versets sataniques …

Avait lui-même, comme il vient de le révéler au Times, été tenté de passer à la Philby dans le camp soviétique dans les années 60…

Et qu’il n’avait apparemment été retenu que par les risques pour sa vie!

Ex-espion de Sa Majesté, John Le Carré a eu la tentation de passer à l’Est
LE MONDE
15.09.08

lI y a eu L’Espion qui venait du froid. Il y a maintenant « l’espion qui faillit trahir ». Le premier est le roman qui a rendu John Le Carré célèbre il y a quarante-cinq ans. Le second fait la « une » d’un supplément du Sunday Times dans son édition du dimanche 14 septembre… et n’est autre que l’auteur du premier.

A 76 ans, l’ancien espion du MI6, les services secrets britanniques, devenu écrivain à succès, a révélé à l’hebdomadaire dominical qu’il avait été tenté de passer de l’autre côté.

On savait David Cornwell, de son vrai nom, de gauche. Mais de là à l’imaginer suppôt du régime soviétique… « Je n’étais pas tenté pour des raisons idéologiques. Oh mon Dieu, non, non et non », s’empresse-t-il de rassurer son interlocuteur du Sunday Times. « Mais quand on espionne intensément et qu’on se rapproche toujours plus (…), le pas à franchir semble si petit », poursuit le romancier, dont le dernier livre, A Most Wanted Man (« Un homme très recherché »), sort actuellement en Angleterre. A passer son temps sur un sujet, on finirait donc par avoir envie de le rejoindre, pour l’étudier d’encore plus près, pour valider ses théories et ses croyances.

C’était au tout début des années 1960, quand David Cornwell travaillait encore pour les services secrets de Sa Majesté. Il n’a pas sauté le pas. Et n’a plus eu à se poser la question par la suite.

La trahison, effective celle-ci, d’un autre agent britannique, Kim Philby, passé à l’Est en 1963, l’a contraint à changer de vie. L’agent double Philby avait livré à Moscou l’identité de nombreux collègues du MI6, dont beaucoup ont ensuite été assassinés. Sans doute cette expérience a-t-elle définitivement ôté à David Cornwell toute envie de travailler pour l’ennemi communiste, quand bien même cela aurait été à titre expérimental et ethnologique.

OCCASION UNIQUE

D’ailleurs quand, en 1987, un intermédiaire russe a contacté John Le Carré pour lui proposer de rencontrer Kim Philby, qui devait mourir un an plus tard, il a refusé catégoriquement. Que rêver de mieux, pourtant, pour un expert du roman d’espionnage ? Une occasion unique, historique même. « C’était juste inenvisageable », explique John Le Carré au Sunday Times, avant d’ajouter que Philby « a toujours été tenté par la corruption. Et il a envoyé nombre d’agents britanniques à la mort, plus de 40 en Albanie… »

Voir aussi:

John Le Carré et le crocodile islamiste

Quand un maître du roman d’espionnage se mêle de juger Israël à l’aune de ses préjugés, il faut lui « remonter les bretelles ». C’est ce que font, avec modération mais sans complexes et avec brio, les quatre signataires du texte que voici. Bien envoyé ! (Menahem Macina).

Le Monde du 13/09/2006

Le Monde a publié dans son édition du 7 septembre un article de John Le Carré à propos de la récente guerre au Liban et de l’action menée par Israël. Le positionnement de ce texte, exceptionnellement en « une » du journal et non en page « Débats », lui confère un statut particulier. Est-ce un éditorial ? Exprime-t-il la position du journal ?

D’un écrivain dont l’oeuvre témoigne du souci porté aux demi-teintes, on attendrait une « interpellation » d’une autre teneur à propos d’un conflit complexe qui ne pâtit que trop des imprécateurs et des donneurs de leçons. Mais voilà. Habité par un venin qu’il peine à contrôler (la réunion de ces deux termes : « zélote égaré », pour désigner Israël mériterait de figurer dans un florilège des métaphores antijuives), John Le Carré est à mille lieues ici de l’éthique de l’écrivain comme de celle du politique.

Son article est une charge contre le seul coupable et le seul responsable, selon lui, des malheurs du Proche-Orient : Israël. Il nous présente une puissante armée de soudards, dirigée par des chefs incultes et barbares, qui ravage le Liban. Elle serait d’ailleurs coutumière du fait. A partir d’une comptabilité morbide des pertes, John Le Carré montre le déséquilibre des forces, ce qui lui permet, sans y toucher, de monter en épingle l’arrogante puissance de l’Etat juif.

Sous le prétexte du rapt de deux soldats, voilà une horde enivrée par le plaisir de la destruction du pays voisin sans que par ailleurs ces destructions n’aient une quelconque efficacité militaire contre un ennemi bien plus faible et potentiellement sympathique. Cet ennemi, le Hezbollah, n’est jamais présenté. Son mentor iranien est lui aussi absent de l' »interpellation ». Les méthodes de guerre du Hezbollah consistant à installer des sites de fusée Katioucha au coeur des populations civiles ne sont pas mentionnées par notre agent secret. Les déclarations du président iranien (« Israël doit être rayé de la carte »), de sa créature libanaise, leurs projets politiques, les bombardements répétés des localités du nord d’Israël, la volonté exterminatrice du chef du Hezbollah ou d’Ahmadinejad ne font pas partie des éléments culturels ou idéologiques pris en compte par notre expert en intelligence qu’est John Le Carré.

Pas un mot

Pas un mot non plus sur la complaisance ou la duplicité de cet Etat libanais, qui a laissé s’installer, contre sa propre souveraineté, le « Parti de Dieu » et son armée. Pas de renvoi non plus à la guerre libano-libanaise qui a ravagé ce pays pendant plus de dix ans. Pas un mot sur la mainmise de la Syrie sur le Liban, pas un mot sur l’assassinat de celles et ceux, journalistes libanais, qui avaient dénoncé cette colonisation. Pas un mot sur l’élimination des chrétiens d’Orient par les islamistes, sauf quand délibérément ils acceptent leur servitude. Pas un mot enfin sur les projets nucléaires de l’Iran.

Non, le seul fautif, c’est Israël. Le barbare, c’est Israël. Celui qui fabrique du terrorisme, c’est Israël. Israël a sûrement de grands torts, en premier lieu d’avoir sous-estimé les capacités militaires du Hezbollah. En Israël, l’heure est aujourd’hui à la recherche des causes internes qui ont mené à cette situation. Preuve, s’il en était besoin, de l’extraordinaire vitalité démocratique de ce pays. Mais quoi, la démocratie, autrement dit la liberté d’opinion, l’exercice de l’esprit critique, le statut des femmes, tout cela compte pour rien dans les options politiques de quelques grandes consciences européennes à la John Le Carré.

Pour ceux-là, triste tradition européenne, la liberté est un artefact. La vision de bataillons d’enfants armés et enrégimentés – ces membres de la Hitlerjugend à la sauce islamiste – hurlant à la destruction d’Israël ne les trouble pas le moins du monde. Et sans doute John Le Carré n’est-il pas loin de croire, pour paraphraser la formule célèbre de Churchill, que la disparition d’Israël calmera à tout jamais les appétits du crocodile islamiste, espérant, de ce fait – pauvre espérance -, que le crocodile négligera de s’attaquer à lui. En 1938, l’Europe, croyant pouvoir protéger son confort, a pactisé avec Hitler. Elle avait cru sans doute trouver dans le chancelier allemand un facteur de stabilité dans la région.

On connaît la formule de Churchill adressée à Neville Chamberlain après les accords de Munich : « Vous avez choisi le déshonneur pour éviter la guerre ; vous aurez la guerre avec le déshonneur. » Face à l’islamisme radical, Israël est en première ligne. Tout comme, en 1938, les juifs se voyaient être la première proie désignée par le nazisme. On sait ce qui s’en est ensuivi pour l’humanité entière.

Le jour où le monde occidental prendra conscience que la paix et la démocratie sont des valeurs suffisamment chères pour mériter d’être défendues au prix de lourds sacrifices, alors sa vision d’Israël changera peut-être, mais ce sera un peu tard pour tout le monde.

Signataires :

Philippe Gumplowicz, universitaire ;
Marc Lefèvre, physicien (tous deux membres fondateurs des Amis de La Paix maintenant) ;
Pierre-André Taguieff, sociologue et politologue ;
Jacques Tarnero, chercheur.

————————

Et voici le Point de vue exprimé par l’écrivain auquel les signataires du texte précédent ont « remonté les bretelles ».

Interpellation

John Le Carré

Le Monde du 06.09.06

Répondez un peu à cette question, je vous prie. Quand vous tuez cent civils innocents et un terroriste, est-ce que vous gagnez ou perdez la guerre contre le terrorisme ? « Ah, me rétorquerez-vous, mais ce terroriste aurait pu tuer deux cents personnes, mille personnes, plus encore ! » Se pose alors une autre question : si, en tuant cent personnes innocentes, vous provoquez l’émergence future de cinq nouveaux terroristes et leur procurez une base populaire qui jure de leur fournir aide et soutien, garantissez-vous un avantage aux prochaines générations de vos concitoyens, ou vous êtes-vous créé l’ennemi que vous méritez ?

Le 12 juillet, le chef d’état-major de l’armée israélienne nous a gratifiés d’un aperçu des subtilités de la pensée militaire de son pays. Les opérations militaires prévues au Liban, nous déclara-t-il, « allaient renvoyer ce pays vingt ans en arrière ». Eh bien, j’étais là-bas il y a vingt ans, et ce n’était pas joli, joli. Après sa déclaration, le général a tenu sa promesse. J’écris ceci vingt-huit jours exactement après que le Hezbollah a enlevé deux soldats israéliens, pratique militaire assez fort courante que les Israéliens eux-mêmes ne s’interdisent pas.

Au cours de ces vingt-huit jours, neuf cent trente-deux Libanais ont été tués et plus de trois mille blessés. Neuf cent treize mille sont devenus des réfugiés. Le nombre de victimes israéliennes s’élève à quatre-vingt-quatre morts et huit cent soixante-sept blessés. Au cours de la première semaine du conflit, le Hezbollah tirait environ quatre-vingt-dix roquettes par jour sur Israël. Un mois plus tard – en dépit de huit mille sept cents sorties effectuées par les forces aériennes israéliennes sans qu’elles rencontrent la moindre résistance, et qui provoquèrent la paralysie de l’aéroport international de Beyrouth et la destruction de centrales électriques, de dépôts de carburant, de flottilles de pêche, de cent quarante-sept ponts et de soixante-douze axes routiers -, le Hezbollah porta sa moyenne quotidienne de tirs de roquettes à cent soixante-neuf. Et les deux soldats israéliens qui étaient la raison affichée de toute cette agitation ne sont toujours pas rentrés chez eux.

Alors oui, comme nous en avions été avertis, Israël a fait au Liban ce qu’il lui avait fait il y a vingt ans : il a saccagé son infrastructure et infligé une punition collective à une démocratie fragile, multiculturelle et résiliente qui s’efforçait de réconcilier ses différences confessionnelles et de vivre en bonne harmonie avec ses voisins.

Il y a encore un mois à peine, les Etats-Unis faisaient du Liban le modèle de ce que les autres pays du Proche-Orient pourraient devenir. Le Hezbollah, pensait-on avec un optimisme peut-être excessif dans la communauté internationale, allait peu à peu couper ses liens avec la Syrie et l’Iran et se muer en une force politique et non plus purement militaire. Et voilà qu’aujourd’hui l’Arabie entière célèbre cette force armée, la réputation de suprématie militaire dont jouissait Israël est en miettes et l’image dissuasive à laquelle il tenait tant ne dissuade plus personne. Et les Libanais sont devenus les dernières victimes d’une catastrophe globale qui est l’oeuvre de zélotes égarés et ne paraît avoir aucune issue.

Traduit de l’anglais par Gilles Berton.

Voir également:

Published on Wednesday, January 15, 2003 by the Times/UK
The United States of America Has Gone Mad
by John le Carré

America has entered one of its periods of historical madness, but this is the worst I can remember: worse than McCarthyism, worse than the Bay of Pigs and in the long term potentially more disastrous than the Vietnam War.

The reaction to 9/11 is beyond anything Osama bin Laden could have hoped for in his nastiest dreams. As in McCarthy times, the freedoms that have made America the envy of the world are being systematically eroded. The combination of compliant US media and vested corporate interests is once more ensuring that a debate that should be ringing out in every town square is confined to the loftier columns of the East Coast press.

The imminent war was planned years before bin Laden struck, but it was he who made it possible. Without bin Laden, the Bush junta would still be trying to explain such tricky matters as how it came to be elected in the first place; Enron; its shameless favouring of the already-too-rich; its reckless disregard for the world’s poor, the ecology and a raft of unilaterally abrogated international treaties. They might also have to be telling us why they support Israel in its continuing disregard for UN resolutions.

But bin Laden conveniently swept all that under the carpet. The Bushies are riding high. Now 88 per cent of Americans want the war, we are told. The US defence budget has been raised by another $60 billion to around $360 billion. A splendid new generation of nuclear weapons is in the pipeline, so we can all breathe easy. Quite what war 88 per cent of Americans think they are supporting is a lot less clear. A war for how long, please? At what cost in American lives? At what cost to the American taxpayer’s pocket? At what cost — because most of those 88 per cent are thoroughly decent and humane people — in Iraqi lives?

How Bush and his junta succeeded in deflecting America’s anger from bin Laden to Saddam Hussein is one of the great public relations conjuring tricks of history. But they swung it. A recent poll tells us that one in two Americans now believe Saddam was responsible for the attack on the World Trade Centre. But the American public is not merely being misled. It is being browbeaten and kept in a state of ignorance and fear. The carefully orchestrated neurosis should carry Bush and his fellow conspirators nicely into the next election.

Those who are not with Mr Bush are against him. Worse, they are with the enemy. Which is odd, because I’m dead against Bush, but I would love to see Saddam’s downfall — just not on Bush’s terms and not by his methods. And not under the banner of such outrageous hypocrisy.

The religious cant that will send American troops into battle is perhaps the most sickening aspect of this surreal war-to-be. Bush has an arm-lock on God. And God has very particular political opinions. God appointed America to save the world in any way that suits America. God appointed Israel to be the nexus of America’s Middle Eastern policy, and anyone who wants to mess with that idea is a) anti-Semitic, b) anti-American, c) with the enemy, and d) a terrorist.

God also has pretty scary connections. In America, where all men are equal in His sight, if not in one another’s, the Bush family numbers one President, one ex-President, one ex-head of the CIA, the Governor of Florida and the ex-Governor of Texas.

Care for a few pointers? George W. Bush, 1978-84: senior executive, Arbusto Energy/Bush Exploration, an oil company; 1986-90: senior executive of the Harken oil company. Dick Cheney, 1995-2000: chief executive of the Halliburton oil company. Condoleezza Rice, 1991-2000: senior executive with the Chevron oil company, which named an oil tanker after her. And so on. But none of these trifling associations affects the integrity of God’s work.

In 1993, while ex-President George Bush was visiting the ever-democratic Kingdom of Kuwait to receive thanks for liberating them, somebody tried to kill him. The CIA believes that “somebody” was Saddam. Hence Bush Jr’s cry: “That man tried to kill my Daddy.” But it’s still not personal, this war. It’s still necessary. It’s still God’s work. It’s still about bringing freedom and democracy to oppressed Iraqi people.

To be a member of the team you must also believe in Absolute Good and Absolute Evil, and Bush, with a lot of help from his friends, family and God, is there to tell us which is which. What Bush won’t tell us is the truth about why we’re going to war. What is at stake is not an Axis of Evil — but oil, money and people’s lives. Saddam’s misfortune is to sit on the second biggest oilfield in the world. Bush wants it, and who helps him get it will receive a piece of the cake. And who doesn’t, won’t.

If Saddam didn’t have the oil, he could torture his citizens to his heart’s content. Other leaders do it every day — think Saudi Arabia, think Pakistan, think Turkey, think Syria, think Egypt.

Baghdad represents no clear and present danger to its neighbours, and none to the US or Britain. Saddam’s weapons of mass destruction, if he’s still got them, will be peanuts by comparison with the stuff Israel or America could hurl at him at five minutes’ notice. What is at stake is not an imminent military or terrorist threat, but the economic imperative of US growth. What is at stake is America’s need to demonstrate its military power to all of us — to Europe and Russia and China, and poor mad little North Korea, as well as the Middle East; to show who rules America at home, and who is to be ruled by America abroad.

The most charitable interpretation of Tony Blair’s part in all this is that he believed that, by riding the tiger, he could steer it. He can’t. Instead, he gave it a phoney legitimacy, and a smooth voice. Now I fear, the same tiger has him penned into a corner, and he can’t get out.

It is utterly laughable that, at a time when Blair has talked himself against the ropes, neither of Britain’s opposition leaders can lay a glove on him. But that’s Britain’s tragedy, as it is America’s: as our Governments spin, lie and lose their credibility, the electorate simply shrugs and looks the other way. Blair’s best chance of personal survival must be that, at the eleventh hour, world protest and an improbably emboldened UN will force Bush to put his gun back in his holster unfired. But what happens when the world’s greatest cowboy rides back into town without a tyrant’s head to wave at the boys?

Blair’s worst chance is that, with or without the UN, he will drag us into a war that, if the will to negotiate energetically had ever been there, could have been avoided; a war that has been no more democratically debated in Britain than it has in America or at the UN. By doing so, Blair will have set back our relations with Europe and the Middle East for decades to come. He will have helped to provoke unforeseeable retaliation, great domestic unrest, and regional chaos in the Middle East. Welcome to the party of the ethical foreign policy.

There is a middle way, but it’s a tough one: Bush dives in without UN approval and Blair stays on the bank. Goodbye to the special relationship.

I cringe when I hear my Prime Minister lend his head prefect’s sophistries to this colonialist adventure. His very real anxieties about terror are shared by all sane men. What he can’t explain is how he reconciles a global assault on al-Qaeda with a territorial assault on Iraq. We are in this war, if it takes place, to secure the fig leaf of our special relationship, to grab our share of the oil pot, and because, after all the public hand-holding in Washington and Camp David, Blair has to show up at the altar.

“But will we win, Daddy?”

“Of course, child. It will all be over while you’re still in bed.”

“Why?”

“Because otherwise Mr Bush’s voters will get terribly impatient and may decide not to vote for him.”

“But will people be killed, Daddy?”

“Nobody you know, darling. Just foreign people.”

“Can I watch it on television?”

“Only if Mr Bush says you can.”

“And afterwards, will everything be normal again? Nobody will do anything horrid any more?”

“Hush child, and go to sleep.”

Last Friday a friend of mine in California drove to his local supermarket with a sticker on his car saying: “Peace is also Patriotic”. It was gone by the time he’d finished shopping.

Voir enfin:

If Le Carre Could Vote

By John Le Carre
October 20, 2004
Maybe there’s one good reason – just one – for reelecting George W. Bush, and that’s to force him to live with the consequences of his appalling actions and answer for his own lies, rather than wish the job on a Democrat who would then get blamed for his predecessor’s follies.

Probably no American president in history has been so universally hated abroad as Bush: for his bullying unilateralism, his dismissal of international treaties, his reckless indifference to the aspirations of other nations and cultures, his contempt for institutions of world government, and above all for misusing the cause of anti-terrorism in order to unleash an illegal war – and now anarchy – upon a country that like too many others around the world was suffering under a hideous dictatorship but had no hand in the events of 9/11, no weapons of mass destruction and no record of terrorism except as an ally of the United States in a dirty war against Iran.

Is your president a great war leader because he allowed himself to be manipulated by a handful of deluded ideologues? Is Tony Blair, my prime minister, a great war leader because he committed Britain’s troops, foreign policy and domestic security to the same harebrained adventure?

You are voting in November. We will vote next year. Yet the outcome in both countries will in large part depend on the same question: How long can the lies last now that the truth has finally been told? The Iraq war was planned long before 9/11. Osama bin Laden provided the excuse. Iraq paid the price. American kids paid the price. British kids paid the price. Our politicians lied to us.

While Bush was waging his father’s war at your expense, he was also ruining your country. He made your rich richer and your poor and unemployed more numerous. He robbed your war veterans of their due and reduced your children’s access to education. And he deprived more Americans than ever before of healthcare.

Now he’s busy cooking the books, burying deficits and calling in contingency funds to fight a war that his advisors promised him he could light and put out like a candle.

Meanwhile, your Patriot Act has swept aside constitutional and civil liberties that took brave Americans 200 years to secure and were once the envy of a world that now looks on in horror, not just at Guantanamo and Abu Ghraib but at what you are doing to yourselves.

But please don’t feel isolated from the Europe you twice saved. Give us back the America we loved, and your friends will be waiting for you. Here in Britain, for as long as we have Tony Blair singing the same lies as George W. Bush, your nightmares will be ours.

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3 Responses to Idiots utiles: Le coco Le Carré sort du placard (Commie Le Carre comes out of the closet)

  1. Erik S dit :

    Par rapport à la désactivation de ton blog, peut-être faudrait-il en parler dans un courrier (ou courriel avec hyperliens à l’appui) à la médiatrice du Monde ? On ne sait pas, peut-être que ça peut marcher…

    J'aime

  2. jcdurbant dit :

    Merci mais je crois pas qu’elle pourra faire grand’ chose à ce papier de Murawiec que je vois pas pourquoi je devrais enlever:

    Morceaux choisi:

    « Enderlin (Charles) : Scénariste et producteur de fictions. Capable de transformer le vivant en mort ; de faire apparaître et disparaître les cicatrices ; d’empêcher les blessures par balles de guerre de saigner. Journaliste à l’objectivité sans faille. Modèle professionnel de Jacques Chirac et des journalistes français. Détenteur de rushes invisibles, mais néanmoins accablants. Les montrera le jour suivant la Saint-GlinGlin 2019, à cause d’une clause signée avec les acteurs, MM. Al-Dura père et fils. »

    « Le Monde : journal clérical pratiquant de confession laïco-islamique. Bêtisier permanent de la génuflexion islamophile. »

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