France/ONU: Attention un Abou Ghraib peut en cacher un autre (Will France and the UN ever acknowledge their own Abu Ghraib?)

https://i2.wp.com/img.timeinc.net/time/images/covers/europe/2004/20040517_400.jpghttps://offbeathistory.files.wordpress.com/2014/04/rumsfeldeconomist.jpg?w=438&h=578
https://i0.wp.com/www.capmag.com/images2y346y/comics/cf/ReportNoEvil-X.gif
Ah! être acclamé par la lie diplomatique du monde entier, le triomphe! L’ONU est bien ce lieu béni de la rencontre du Père Ubu et de l’univers des ronds-de-cuir. Idi Amine Dada hier et Robert Mugabe aujourd’hui, les bureaucrates de la tromperie à la russe et les diplomates de la manipulation à la chinoise, le monde du mensonge illimité de la Ligue arabe, de l’Organisation islamique mondiale, font tous bon ménage dans ce zoo. Laurent Murawiec
Ce que l’ONU redoutait est arrivé. Les photos pornographiques prises par un employé français de la mission de maintien de la paix en République démocratique du Congo (RDC) ont commencé à « sortir ». Vendredi 11 février, la chaîne de télévision ABC a révélé l’identité de ce cadre, ancien chef de l’unité de logistique à Goma. Il s’agit de Didier Bourguet, qui est âgé de 41 ans. La chaîne publie sa photo et affirme avoir pu prendre connaissance du disque dur de son ordinateur. Y figurent « des milliers de photographies de lui en train d’avoir des relations sexuelles », indique ABC. Des « centaines de jeunes Congolaises » sont impliquées. Les Nations unies avaient toujours refusé, jusqu’à présent, de détailler les faits qui sont reprochés à cet employé, arrêté le 31 octobre 2004 à Goma et livré aux autorités françaises à l’ambassade à Kinshasa. Mais des sources officieuses avaient fait état de photos digitales et de vidéos, faisant circuler dans les couloirs l’angoisse d’avoir à subir un « Abou Ghraib à l’ONU ». Corine Lesnes (Le Monde du 13.02.05)
Pourquoi Corine fait un papier dans Le Monde sur Didier Bourguet mais n’en parle pas dans son … blog sur l’Amérique ? jc durbant (Big picture, le 23 février 2005 à 12:09)
Le véritable scandale, c’est l’hypocrisie et la répétition de ce genre d’affaires. On envoie des jeunes gens dans un pays où la misère est absolue, sans assurer l’encadrement adéquat. Comme si cela faisait partie des risques du genre. Comme si on vivait à l’époque des bordels de campagne ambulants, sauf qu’au Congo, c’est le pays qui est traité comme un bordel. Et c’est d’autant plus choquant que les gens qu’on envoie sont censés protéger et rassurer des gens traumatisés par des années de guerre et de violences. Me Emmanuel Daoud

Attention: un Abou Ghraib peut en cacher un autre!

Viols en série d’au moins une vingtaine de fillettes sur 6 ans (1998-2004) et dans deux pays africains (Centrafrique, Congo), recel sur son ordinateur de centaines de clichés et de vidéos de jeunes Africaines dans des mises en scène pornos à destination d’un réseau de pédophiles international, immunité locale et exfiltration discrète en France d’un cadre de la Mission des Nations unies en RDC, centaine d’autres Casques bleus impliqués dans des abus sexuels sur des garçons et filles en RDC …

A l’heure où, dans sa grande tradition d’impartialité, l’ONU vient de décréter Jérusalem « Capitale de la culture arabe pour l’année 2009 » …

Où, derrière son nouveau Phénix de Neuilly, l’Europe vient courageusement d’imposer à la Russie de l’ex-kagébiste Poutine un mois supplémentaire pour terminer son nettoyage ethnique en Géorgie …

Et où, après nos Jean Baudrillard, Thierry Meyssan, Marion Cotillard et Christine Boutin, notre Bigard national crache, à a veille du 7e anniversaire, sur les victimes du 11/9 …

Qui se souvient, alors que les médias du monde entier étaient voracement braqués il y a trois ans sur les images de bizutage (pardon: « les terribles tortures ») d’Abou Ghraib (combien de viols réels au fait?), suite à un dossier d’ ABC (20/20) qui un an après les faits a eu beaucoup d’écho outre-Atlantique mais étrangement aucun dans le premier pays concerné, de « l’angoisse » de nos valeureux défenseurs de la paix dans le monde « d’avoir à subir un ‘Abou Ghraib à l’ONU’  » ?

Et surtout, qui, après l’enterrement de première classe qu’avait à son tour subi dans le pays autoproclamé des droits de l’homme (qui avait – le monde en rêve encore – si éloquemment soutenu un notoire bienfaiteur de l’humanité du nom de Saddam contre l’Empire du mal américain et la maléfique Administration Bush) le scandale pétrole contre nourriture de la famille Anan et ses diplomates français, peut encore s’étonner de l’actuel silence radio (Le Monde, Le Figaro, France 2, TFI) ou service minimum (Libération) de nos médias de révérence que va subir dans notre pays cet énième scandale de « sexe contre nourriture » ?
Un «Casque bleu» violeur de jeunesse?
Accusé du viol d’au moins 22 fillettes, un Français de la Mission de l’ONU au Congo est jugé aujourd’hui à Paris.
Christophe Ayad
Libération
9 septembre 2008

Il n’y a pas que des miliciens ivres et des soldats perdus pour commettre des crimes sexuels en République démocratique du Congo (RDC). Certains Casques bleus, aussi. La cour d’assises de Paris va juger, d’aujourd’hui à jeudi, Didier Bourguet, un employé français de la Monuc accusé de multiples «viols sur mineurs de moins de 15 ans» et «détention d’images de mineurs à caractère pornographique». C’est la première fois qu’un Français est poursuivi pour des faits de cette nature et de cette ampleur, commis à l’étranger dans le cadre d’une mission de maintien de la paix.

Didier Bourguet, 44 ans, n’est pas un Casque bleu au sens strictement militaire du terme puisqu’il n’est pas un soldat, mais était chargé de l’entretien du parc de véhicules de la Monuc, la Mission des Nations unies en RDC, la plus importante à ce jour depuis que l’organisation internationale fait du maintien de la paix. Une mission à la taille du pays, grand comme l’Europe et déchiré, de 1996 à 2002, par une succession de guerres civiles et régionales qui l’ont laissé exsangue, tout comme la corruption et la gabegie de trois décennies de mobutisme. En tout, près de quatre millions de victimes directes et indirectes. La guerre est globalement finie depuis 2002 mais des bandes armées continuent d’écumer l’est du pays, pillant, tuant, violant à qui mieux mieux. C’est l’un des endroits au monde où le nombre de viols est le plus élevé. A tel point que les ONG de défense des droits de l’homme ou d’aide humanitaire y voient une «arme de guerre», une arme de destruction massive.

Disque dur.

Didier Bourguet, lui, est poursuivi pour le viol de 22 mineures. Ce sont du moins celles qui ont pu être recensées et identifiées par la juge d’instruction Martine Vezant. Celles aussi reconnues par Bourguet. A son domicile, la police congolaise avait saisi un ordinateur contenant des centaines de clichés et de vidéos de jeunes femmes, seules ou en sa compagnie, dans des poses érotiques ou des mises en scène pornos. Toutes ne sont pas identifiables. Il ne se souvient plus des noms, ni des corps, ni des dates. Tout se mélange dans ce charivari écœurant. L’ordinateur contenait 250 photos, dont des photomontages dans lesquels il a inclus la tête d’une jeune membre de sa famille, avec laquelle il assure n’avoir jamais eu de relation sexuelle. Le disque dur contenait aussi des clichés pédophiles téléchargés sur Internet.

Au début de l’enquête, Bourguet a tenté d’expliquer qu’il ne connaissait pas l’âge des filles, que «là-bas, elles étaient tellement précoces que c’est difficile de savoir». Mais devant l’évidence, il a fini par reconnaître les faits, sauf en ce qui concerne la jeune S. C’est elle qui est à l’origine de son arrestation à Goma, où il était en poste, dans l’est du Congo en octobre 2004. Elle sera, pendant les trois jours du procès, la seule victime présente à l’audience, la seule aussi à s’être portée partie civile.

S. avait 12 ans, son âge de prédilection, lorsqu’elle a été amenée chez Bourguet par une «intermédiaire». Le Français payait ces intermédiaires, des Congolais de son entourage, voire des employés locaux de la Monuc (traducteurs, chauffeurs, secrétaires…), 10 à 20 dollars par proie. S. avait donc 12 ans, lorsqu’une femme louant un lopin de terre sur la parcelle de son père lui propose de faire un tour. C’est là que les versions divergent. Selon la fillette, elle a bu un thé au drôle de goût puis Bourguet lui a fait faire une fellation avant de la pénétrer. Lui crie au piège et au chantage, expliquant que la police a débarqué, comme par hasard, puis que le père et les policiers lui ont réclamé chacun 5000 dollars pour prix de leur silence.

Malgré son arrestation, Bourguet a été remis à la Monuc, dont les membres jouissent d’une immunité. Début 2005, la Monuc le mettait dans un avion et prévenait Paris, où des policiers de la brigade des mineurs l’attendaient. Depuis, Bourguet est incarcéré à Fleury-Mérogis.

«Hypocrisie».

La famille de S., quant à elle, a dû quitter le Congo-Kinshasa à cause de l’hostilité des villageois, qui accusent le père d’avoir voulu vendre sa fille. Après un séjour en Ouganda, la famille a obtenu l’asile politique au Canada, notamment grâce à un documentaire qui a eu beaucoup d’écho outre-Atlantique. S. et ses parents sont venus d’Ottawa pour le procès. Ils sont représentés par Me Emmanuel Daoud, avec qui ils sont entrés en contact, via une ONG congolaise, le Codo, à l’occasion d’une mission d’enquête de l’avocat français à Kinshasa pour la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH). «Le véritable scandale, c’est l’hypocrisie et la répétition de ce genre d’affaires, s’insurge l’avocat. On envoie des jeunes gens dans un pays où la misère est absolue, sans assurer l’encadrement adéquat. Comme si cela faisait partie des risques du genre. Comme si on vivait à l’époque des bordels de campagne ambulants, sauf qu’au Congo, c’est le pays qui est traité comme un bordel. Et c’est d’autant plus choquant que les gens qu’on envoie sont censés protéger et rassurer des gens traumatisés par des années de guerre et de violences.»

En dépit des neufs scandales sexuels qui ont déjà frappé la Monuc, dont le cas Bourguet, et du Livre blanc de Kofi Annan, les Nations unies ont révélé le 13 août qu’au moins 100 Casques bleus indiens pourraient être impliqués dans des abus sexuels sur des garçons et filles en RDC.

Voir aussi:

Un Français impliqué dans le scandale des abus sexuels commis par des employés de l’ONU au Congo
Corine Lesnes (avec Franck Johannès à Paris)
Le Monde
13.02.05

Didier Bourguet, 41 ans, a été incarcéré en France. Kofi Annan prend des mesures

Ce que l’ONU redoutait est arrivé. Les photos pornographiques prises par un employé français de la mission de maintien de la paix en République démocratique du Congo (RDC) ont commencé à « sortir ». Vendredi 11 février, la chaîne de télévision ABC a révélé l’identité de ce cadre, ancien chef de l’unité de logistique à Goma. Il s’agit de Didier Bourguet, qui est âgé de 41 ans. La chaîne publie sa photo et affirme avoir pu prendre connaissance du disque dur de son ordinateur. Y figurent « des milliers de photographies de lui en train d’avoir des relations sexuelles », indique ABC. Des « centaines de jeunes Congolaises » sont impliquées. Les Nations unies avaient toujours refusé, jusqu’à présent, de détailler les faits qui sont reprochés à cet employé, arrêté le 31 octobre 2004 à Goma et livré aux autorités françaises à l’ambassade à Kinshasa.

Mais des sources officieuses avaient fait état de photos digitales et de vidéos, faisant circuler dans les couloirs l’angoisse d’avoir à subir un « Abou Ghraib à l’ONU ». L’existence des photos est donc confirmée. Selon ABC, Didier Bourguet aurait admis alimenter un réseau de pédophiles.

Pour l’instant, Didier Bourguet a été mis en examen, le 2 novembre, à Paris, pour le seul chef d’ « agression sexuelle sur mineure ». Compte tenu de l’immunité dont bénéficient l’ONU et ses installations, il faut une procédure spéciale pour que les autorités françaises puissent accéder à son ordinateur.

Après avoir été remis en liberté par le juge de la détention, il a été réincarcéré, le parquet ayant fait appel. Didier Bourguet a protesté contre sa mise en examen en estimant que rien dans le dossier ne prouvait que la victime présumée était mineure. Il conteste aussi que les faits puissent être jugés en France. La cour d’appel de Paris se prononcera, le 9 mars, sur la validité de la mise en examen. Le parquet général s’est prononcé pour la poursuite des investigations, estimant que la mise en examen était régulière.

Le réseau de pédophilie n’est qu’une des accusations portées contre les casques bleus de la Mission d’observation des Nations unies au Congo (Monuc), qui compte 11 000 hommes originaires de 47 pays. ABC cite aussi le cas d’un colonel sud-africain qui abusait de ses jeunes traducteurs, ainsi que des pratiques de « sexe contre nourriture », où les soldats échangeaient des relations sexuelles contre 2 ou 3 dollars, du pain ou des oeufs. Le bureau des enquêtes internes de l’ONU a retenu vingt cas seulement, les soldats mis en cause étant originaires du Malawi, du Maroc, d’Uruguay, de Tunisie, du Pakistan et du Népal. Parmi les civils, on compte un Australien. Seuls le Français et le Sud-africain font pour l’instant l’objet de poursuites.

CODE DE CONDUITE

Tourné il y a deux semaines, le reportage d’ABC montre enfin que rien n’a changé, malgré la « tolérance zéro » proclamée à plusieurs reprises par les responsables de l’ONU. On voit des prostituées monter dans le 4 x 4, marqué « UN » (United Nations), de responsables de la mission à Goma après le couvre-feu imposé aux casques bleus. Selon le code de conduite, les membres des missions n’ont pas le droit de se trouver dans des endroits fréquentés par des prostituées, d’autant qu’elles sont souvent mineures.

Interrogés le 7 janvier, le chef du département du maintien de la paix des Nations unies, Jean-Marie Guéhenno, et le représentant de l’ONU en RDC, William Lacy Swing, avaient estimé difficile d’interdire tout contact sexuel avec la population. M. Guéhenno jugeait préférable une approche « non confrontationnelle » avec les pays contributeurs de troupes, dont tous ne voient pas avec la même sévérité le cas de militaires prenant du bon temps avec la population locale.

Jeudi, à la veille de la diffusion de l’émission d’ABC, des mesures ont été subitement prises. Les contacts sexuels avec des prostituées ont été totalement interdits. Le secrétaire général, Kofi Annan, a écrit au Conseil de sécurité pour avertir les pays concernés. « Nous ne pouvons tolérer un seul cas de casque bleu de l’ONU abusant des personnes les plus vulnérables », a-t-il indiqué. Kofi Annan a aussi demandé un renfort d’enquêteurs parlant français pour mener les enquêtes sur place.

Un commentaire pour France/ONU: Attention un Abou Ghraib peut en cacher un autre (Will France and the UN ever acknowledge their own Abu Ghraib?)

  1. […] de la singulière mansuétude de nos médias pour le comportement de nos soldats, diplomates ou hauts fonctionnaires à l’étranger […]

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :