Afghanistan: L’armée française découvre à son tour les journalistes-combattants (French army gets a taste of its own media’s disloyalty)

Cox & ForkumNous savons maintenant que les Talibans peuvent gagner la guerre d’Afghanistan. Non pas parce qu’ils ont tué dix de nos soldats, ou qu’ils remporteront une victoire décisive sur le terrain. Mais parce que leurs succès militaires seront relayés par un triomphe médiatique. (…) les guerres contemporaines ne se gagnent pas sans basculement de l’opinion. Et celle-ci est mise en condition par cette «parade» offerte à l’ennemi. Max Gallo
Après l’embuscade militaire dans laquelle sont tombés nos parachutistes, voici l’embuscade médiatique. Celle qui s’attaque en direct à notre opinion publique et veut faire chanter nos responsables politiques pour obtenir leur capitulation. François d’Orcival
L’Iran prend un risque majeur à continuer le processus d’obtention du nucléaire militaire (…) parce qu’un jour, quel que soit le gouvernement israélien, on peut se retrouver un matin avec Israël qui a frappé. Nicolas Sarkozy (Damas)
Osons une comparaison hardie mais pertinente. Si au milieu des années 1960, soit deux décennies environ après la défaite du nazisme, l’Allemagne avait été dirigée par des nostalgiques de Hitler, plus grave encore par les héritiers spirituels des SS et de la Gestapo (ce que fut à la fois l’ancien KGB dont sont issus Poutine et son entourage). Imaginons encore que cette Allemagne décide, par exemple, de récupérer les Sudètes. Parlerions-nous avec autant de désinvolture de « frontières naturelles » ? Thierry Wolton

Combattants sans uniformes qui ne respectent aucune loi de la guerre et voudraient qu’on leur fasse la guerre avec les règles de la paix…

Guerre qui ne dit pas son nom et tue en proportion plus de soldats que celle d’Irak

Journalistes-combattants qui, se gaussant notamment de leur refus de montrer leur morts, mettent systématiquement en cause les troupes de leur propre camp et, quand ils n’en assurent pas les relations publiques et la propagande, prennent tout aussi systématiquement fait et cause pour l’ennemi…

Chiffres régulièrement bidonnés et appels systématiques au défaitisme quand ce n’est pas au meurtre de nos soldats

A l’heure où, en plus d’une promesse de 5 milliards de dollars de réparations pour “torts de colonisation” et oubliant les siècles de pillages et de traites des barbaresques, le président italien engage son pays en violation grave du traité de l’OTAN dont il est membre à « ne pas mettre ses bases à sa disposition pour une éventuelle attaque vers la Libye » …

Où, après avoir s’être vanté, comme on le sait, d’avoir puni l’agression russe contre l’état indépendant de la Géorgie… en privant Moscou de réunions avec l’Europe, notre Sarkozy national s’en va draguer un nouvel autocrate arabe et en profite pour présenter Israël comme l’agresseur des rayeurs de cartes de Téhéran

La France découvrirait-elle enfin, avec la guerre longtemps cachée de l’Afghanistan, le traitement que subissent depuis des années les troupes américaines ou israéliennes?

Comme l’importance de la guerre médiatique que deviennent de plus en plus les conflits asymétriques actuels?

C’est en tout cas l’impression que l’on a à la lecture du salutaire coup de gueule de l’historien Max Gallo contre l’ignominie des journalistes-combattants de Paris match qui publient cette semaine un publi-reportage pour les talibans tueurs-dépouilleurs de nos soldats …

Cette exhibition est-elle indispensable à la vérité?
Max Gallo
Le Figaro
05/09/2008

L’académicien s’insurge contre la publication d’un reportage (dans l’hebdomadaire Paris Match) donnant la parole aux talibans et les montrant en train d’exhiber du matériel pris aux soldats français tués en Afghanistan.

Nous savons maintenant que les Talibans peuvent gagner la guerre d’Afghanistan. Non pas parce qu’ils ont tué dix de nos soldats, ou qu’ils remporteront une victoire décisive sur le terrain. Mais parce que leurs succès militaires seront relayés par un triomphe médiatique. La preuve vient de nous en être fournie. Paris-Match titre son reportage exceptionnel sur le commando taliban : «La parade des talibans avec leurs trophées français». En effet les «ennemis» «paradent» avec casque, gilet pare-balles, armes françaises. «Tant que vous resterez chez nous, dit leur chef, nous vous tueront tous». Il ajoute «Ces hommes sont morts à cause de Bush et de votre Président».

Les photos légitiment, authentifient ce discours classique de propagande.

Or les guerres contemporaines ne se gagnent pas sans basculement de l’opinion. Et celle-ci est mise en condition par cette «parade» offerte à l’ennemi. Mais au-delà de cette victoire médiatique flagrante – par capitulation – la publication de ce reportage pose bien des questions.

La liberté de la presse dans le cadre des lois doit être totale. Certes. Mais cela renvoie à la sensibilité, aux valeurs, à la responsabilité de chacun. A une évaluation de ce qu’apporte le choix de la publication et de ce qu’il saccage.

Après avoir vu ces photos, lu cette interview du chef taliban, la connaissance de la vérité a-t-elle progressé ? Point essentiel. Car nos soldats morts exigent la vérité. Rien ne doit être laissé dans l’ombre, ni les buts de guerre, ni les carences et les erreurs éventuelles. Et il faudra sur la guerre, un débat parlementaire et un vote.

Mais est-il indispensable à la vérité qu’on arrache le linceul de nos soldats morts ?

Or les photos de vêtements, d’une montre permettent à ceux qui sont dans la folle souffrance du deuil de tout imaginer et d’abord le pire.

Il ne s’agit pas ici de liberté de la presse mais de morale et de respect. Il y a plus encore. Connaître l’ennemi, comprendre ses mobiles, le combattre en le respectant ce sont les règles qu’applique une armée républicaine, enracinée dans les droits de l’homme. Mais l’ennemi est un ennemi. On ne lui sert pas la soupe qu’il désire. Et est-ce trop demander qu’on respecte les fils de la nation morts en exécutant les missions qu’elle a donné. Autrefois quand la nation était en guerre, on disait en pensant aux soldats en danger, aux soldats morts : «Ce sont les nôtres». Les nôtres ? Ce mot s’est-il perdu ?

Voir aussi l’excellent édito de Valeurs actuelles:

L’embuscade médiatique
François d’Orcival
Valeurs actuelles
Le 03/09/08

Grâce à deux journalistes français, les talibans viennent de réussir cette semaine un formidable coup médiatique: ils paradent dans un magazine à grand tirage, présentent leurs armes et leurs trophées. Or ce ne sont pas n’importe quels talibans, non, ce sont ceux qui, le 18 août dernier, ont tué dix de nos soldats et en ont blessé vingt et un autres. Pour prouver leurs exploits, ils montrent un de nos fusils d’assaut, un appareil de radio, une tenue de combat, une montre prise au poignet de l’un des soldats tués. Et que nous disent ces valeureux guerriers ? Que les soldats français et occidentaux doivent quitter d’urgence l’Afghanistan avant la fin du ramadan, ou bien ils seront tués comme les autres…

Voilà ce que l’on imprime dans un hebdomadaire français. Qui se soucie des familles des soldats tombés sur le champ de bataille, de leurs camarades qui chaque jour poursuivent leur mission au nom de leur pays, de ceux qui s’entraînent et se préparent à les relever bientôt ? Après l’embuscade militaire dans laquelle sont tombés nos parachutistes, voici l’embuscade médiatique. Celle qui s’attaque en direct à notre opinion publique et veut faire chanter nos responsables politiques pour obtenir leur capitulation.

Comment nos démocraties pourraient-elles affronter ceux que le chef de l’Etat appelle les barbares et les terroristes en s’offrant à eux, en servant de support à leur propagande ? Elles s’avancent, désarmées, une main liée dans le dos, dans le défilé où les attendent leurs adversaires les plus implacables.

2 Responses to Afghanistan: L’armée française découvre à son tour les journalistes-combattants (French army gets a taste of its own media’s disloyalty)

  1. […] compter qu’elle nécessite, pour avoir la moindre chance de réussite, la coopération sans faille d’un véritable petite armée de faussaires de l’information à la Charles […]

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  2. […] alpins d’Annecy pour “punir la France de son implication en Afghanistan” ou, avant le sauve qui peut général, du refus de soldats français d’origine musulmane d’intervenir en Afghanistan […]

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