Géorgie: Chronique d’une invasion longuement annoncée (Russia will go as far as the West lets it go)

Russian missilesTout dépendra de la fermeté de l’Ouest. La Russie teste. Elle ira aussi loin que le permettra l’Occident. Pavel Felgengauer
Les Russes ont monté de toutes pièces des « séparatistes » ossètes, et abkhazes, pour casser la Géorgie, coupable de lèse-Russie. Moscou préparait depuis des mois l’assaut qui vient de se produire. La 58ème armée, qui s’est ruée sur la Géorgie, avait été préparée de longue main. (…) Poutine a préparé l’action (…) dès le mois d’avril, nous dit le spécialiste russe des affaires militaires Pavel Felgenhauer. On ne lance pas à l’improviste une opération combinée des commandos, des unités de blindés, de la marine et de l’armée de l’air, sans oublier une vaste cyber-attaque commencée une ou deux semaine avant l’assaut. Vu l’état général des forces russes, où les officiers vendent les pneus, les munitions, les carburants et les équipements, il a fallu préparer spécialement l’invasion pendant des mois. Laurent Murawiec

Mouvements et opérations militaires russes dans la région depuis des mois, menaces d’intervention armée des responsables politiques russes après la déclaration d’indépendance du Kosovo et la demande d’adhésion à l’Otan de Tbilissi, provocations incessantes des Ossètes et des Abkhazes, déploiement officiel dès le 30 mai des « troupes des chemins de fer » russes en Abkhazie, pilonnages des villages géorgiens …

Pour ceux qui en doutaient encore ou nous bassinaient dans les médias avec les accusations imbéciles contre la prétendue responsabilité du président géorgien …

Confirmation, par l’analyste moscovite des questions de défense Pavel Felgengauer dans Le Figaro d’aujourd’hui, d’une invasion russe préparée depuis des mois et de la course de vitesse que se sont livrée le petit Poucet géorgien et l’ogre russe.

Avec l’objectif d’empêcher coûte que coûte son adhésion à l’OTAN et de provoquer, en détruisant ses capacités militaires (et en y prépositionnant des missiles), le changement de régime contre le président géorgien honni.

Et, pour nos munichois de service qui nous répètent à l’envi qu’on ne peut rien faire

La preuve, avec l’effondrement de la Bourse et le début (certes tardif – c’est bien la peine d’avoir tous ces satellites pointés sur le moindre cm2 de la planète!) de réaction de l’Occident, que les amis oligarques mafieux de l’ex-kagébiste du Kremlin n’ont apparemment guère envie de « mourir pour Tibilssi.

Et encore moins, sans parler de leurs vacances et pied-à-terre à St Trop ou Courchevel, les virées shopping de leurs compagnes place Vendôme ou avenue Montaigne, ou les études de leurs rejetons à Harvard ou Oxbrige,… d’y « perdre des millions »!

« Cette opération a été planifiée de longue date »
Propos recueillis par Laure Mandeville
Le Figaro
18/08/2008

INTERVIEW – Pavel Felgengauer, l’analyste moscovite des questions de défense, avait annoncé dès le début juillet le scénario de l’entrée des chars russes en Géorgie.

LE FIGARO. Dans un article en juillet, vous aviez annoncé que la Russie se préparait à entrer en Ossétie du Sud et en Abkhazie. Disposiez-vous d’informations opérationnelles de l’état-major ?

Pavel FELGENGAUER. Non. J’ai fait ce diagnostic en observant les mouvements et opérations militaires russes dans la région depuis des mois, de même que les déclarations de nos responsables politiques et les provocations incessantes des Ossètes et des Abkhazes contre les Géorgiens. Il faut savoir que le 30 mai, les «troupes des chemins de fer» russes ont été officiellement déployées en Abkhazie. Contrairement aux armées occidentales, l’armée russe transporte ses chars sur des plates-formes de train. L’arrivée de ces troupes, pour réparer la ligne de chemin de fer, annonçait en réalité l’arrivée des forces russes. Les déclarations des officiels après la déclaration d’indépendance du Kosovo et la demande d’adhésion à l’Otan de Tbilissi ont aussi éveillé mon attention. Le général Balouïevski, ancien chef d’état-major des armées russes a affirmé que la Russie se réserverait le droit d’utiliser ses forces armées si les anciens satellites de l’URSS entraient dans l’Otan. Puis ont commencé les provocations des Ossètes, les pilonnages des villages géorgiens. Saakachvili ne pouvait pas ne pas réagir.

Saakachvili est tombé dans un piège ?
Il n’avait pas le choix. De toute façon les Russes seraient entrés tôt ou tard, exactement comme cela s’est passé en août en 1999 en Tchétchénie. À l’époque, les préparatifs de guerre étaient en cours depuis le mois d’avril. Saakachvili savait tout cela. Il a pensé qu’en menant une attaque rapide sur Tskhinvali et en allant bloquer le tunnel de Roki, il pourrait prévenir l’entrée des chars russes déjà massés de l’autre côté de la frontière. Les Géorgiens ont rapidement écrasé les Ossètes. Mais ils n’ont pas eu le temps d’aller jusqu’au tunnel. Les nôtres avaient commencé leur mouvement avant même l’entrée des Géorgiens dans la ville. Les deux armées se sont heurtées à Tskhinvali, pendant deux jours. L’armée russe a été prise de cours par la grande résistance des Géorgiens. Elle a fait entrer l’aviation dans le jeu pour en venir à bout. Les Géorgiens se sont retirés sur ordre de Saakachvili. Contrairement à ce qui est dit, ils ont pu sauver l’essentiel de leurs hommes et de leur matériel.

Quel est le but de l’armée russe, qui s’installe malgré le cessez-le-feu signé par Medvedev ?
Le but de l’invasion n’est pas atteint. Il s’agissait d’empêcher définitivement la Géorgie d’entrer dans l’Otan. Les autorités russes voulaient détruire l’armée géorgienne et le régime actuel, avec son président pour lequel Vladimir Poutine nourrit une haine aussi tenace que pour l’oligarque Mikhaïl Khodorkovski. Ce que les Russes semblaient envisager, à en juger par les travaux des experts, c’est un État fédéral aux pouvoirs très limités, dont la sécurité serait assurée par l’armée russe. Le chef adjoint de l’état-major, le général Nogovitsyne dit ouvertement vouloir instaurer «des limitations sur l’armée géorgienne».

Excluez-vous une attaque des Russes sur Tbilissi ?

Non. Comme l’a admis Gleb Pavlovski, un proche du pouvoir, une grande empoignade est en cours au Kremlin entre ceux qui veulent «terminer le travail» et le groupe des bureaucrates milliardaires qui n’ont aucun intérêt à tout ça. La Bourse s’effondre, leur faisant perdre des millions. Ce groupe-là n’a pas envie de se quereller avec l’Occident, avec lequel son économie est étroitement imbriquée. L’Occident a donc de vrais leviers de pression. Il peut signifier au pouvoir russe qu’il va mettre en œuvre des sanctions financières. Mais s’il ne fait rien, juste de la rhétorique, la Russie sera tentée d’aller au bout. Toute l’élite politique est d’accord pour aller détruire le régime de Saakachvili et la Géorgie. Mais pas d’accord pour perdre de l’argent. Selon les informations des gens de Mémorial, qui ont été à Tskhinvali par le tunnel, des missiles Totchka Y se trouvent sur place. Ils pourraient viser la capitale si nécessaire. Tout dépendra de la fermeté de l’Ouest. La Russie teste. Elle ira aussi loin que le permettra l’Occident.

2 commentaires pour Géorgie: Chronique d’une invasion longuement annoncée (Russia will go as far as the West lets it go)

  1. ” Yalta II “ sera la première épreuve du nouveau président américain. Les verres de vodka sont servis mais pour qui ? Le Russe, l’Américain, l’Européen… Le Chinois ? Les enjeux énergétiques, la mise au pas des empêcheurs de tourner en rond et l’écologie mafieuse représentent des rentrées d’argent significatives pour satisfaire les nouvelles bourgeoisies émergeantes qui ont un urgent besoin de liquidité, de stabilité et de nouveauté. YMS

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  2. […] Tout dépendra de la fermeté de l’Ouest. La Russie teste. Elle ira aussi loin que le permettra l’Occident. Pavel Felgengauer […]

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