Anciens présidents: La France s’invente son Carter (Chirac gets his foundation and France its very own Carter)

Carter's gangQu’il y ait des passerelles pour discuter, après tout, moi je ne me permets pas de juger ce que font les uns et les autres, peut-être que ça sera utile un jour. Nicolas Sarkozy (suite à la récente rencontre de Jimmy Carter avec le chef du bureau politique du Hamas)

Après sa « CNN à la française« , l’ancien président Chirac va-t-il enfin offrir à la patrie reconnaissante et en sa propre personne son Carter français?

Alors que le nouveau locataire de l’Elysée multiplie les chiraqueries (condamnation, d’un côté, du Hamas – qui fait former ses cadres en Iran – avec envoi de l’autre d’émissaires discrets à la veille de sa visite en Israël) …

Et qu’entre deux bidonnages, le « quotidien de révérence » se lâche sur le « fiasco » du mandat finissant du président Bush …

Voici le délinquent multirécidiviste et ancien squatter de la rue du faubourg Saint-Honoré, alias Tyrannophilus Rex, qui, entre deux coups de main à ses anciens potes du camp de la paix Poutine ou Schroeder, lance sa fondation avec notamment un autre grand tryrannophile devant l’Eternel et célèbre maitre d’oeuvre du fiasco onusien au Rwanda comme de celui du programme pétrole contre pourriture, un certain Koffi Annan …

Jacques Chirac invente une vie après l’Élysée
Philippe Goulliaud
16/05/2008

L’ancien chef de l’Etat s’est fait une règle d’or de ne pas gêner l’action de son successeur.

Dans les bureaux parisiens de Jacques Chirac, rue de Lille, à deux pas de l’Assemblée nationale et de l’ancien siège du RPR, quelques personnes s’affairent dans la cuisine. Ces proches de l’ancien président glissent dans des enveloppes des cartons d’invitation à la journée de lancement de la Fondation Chirac, qui se déroulera le 9 juin au Musée du quai Branly.

Un événement qui marquera le retour de Jacques Chirac. Depuis qu’il a quitté l’Élysée, le 16 mai 2007, au terme de douze années de mandat, transmettant ses pouvoirs à Nicolas Sarkozy, grand triomphateur d’une élection présidentielle que le chef de l’État sortant a regardée en spectateur plus qu’en acteur. Ce jour-là, après un bref tête-à-tête dans le bureau présidentiel, le nouvel hôte des lieux prend congé de son prédécesseur. Dans un geste rappelant sa fameuse traversée de Paris au soir de sa victoire, le 7 mai 1995, Chirac adresse un salut de la main par la fenêtre de sa voiture. Sous les applaudissements, souvent émus, de ses conseillers et des personnels de l’Élysée, il part vers une vie nouvelle. Il part vers l’inconnu.

Depuis ce 16 mai 2007, cet homme d’action qui, pendant quarante ans, a occupé le devant de la scène, bataillé sur tous les fronts et exercé tous les pouvoirs, a tourné la page. Il a dû inventer sa place dans la République, celle d’un ancien président qui a quitté définitivement la politique. Une situation sans précédent, alors qu’à son départ de l’Élysée, en 1981, Valéry Giscard d’Estaing rêvait de reconquête.

Retiré de la politique, Jacques Chirac, âgé aujourd’hui de 75 ans, s’est fait une règle d’or de ne gêner en rien son successeur. «Quand vous avez exercé des fonctions qui sont aujourd’hui exercées par d’autres, appartenant à votre camp, vous n’avez pas à les critiquer. D’ailleurs, je ne critique ni mes prédécesseurs ni mes successeurs. C’est une règle à laquelle je me plie tout à fait spontanément», déclare au Figaro l’ancien président, qui interdit aux membres de son cabinet toute déclaration sur Nicolas Sarkozy.
«Servir autrement»

Lui-même se refuse à commenter les récentes critiques du président de la République et le procès en immobilisme fait dans les rangs de l’UMP. «Il est au-dessus de tout ça. Il a été l’objet de tellement d’attaques qu’il a appris à y attacher le moins d’importance possible», fait valoir le très chiraquien Henri Cuq. «Mais on sait ce qu’il pense. Son sourire est significatif», ajoute l’ancien ministre. Jean-Pierre Raffarin, lui, est «mal à l’aise en entendant les piques qui sont adressées sur l’action passée». «Une majorité de la majorité souhaite qu’on se mobilise dans l’union sur les projets d’avenir plutôt qu’entretenir les tensions du passé», assure l’ancien premier ministre.

Muet sur la situation politique, Jacques Chirac répète qu’il entend «servir autrement», avec toujours la même détermination et le même enthousiasme. De l’avis de ses proches, il n’a jamais été homme «à pleurer sur le lait renversé». «Je ne regrette rien, confie-t-il lui-même au Figaro. C’est mon côté Piaf.» «Jacques Chirac n’est pas emprisonné par son passé. Il a son projet, ses perspectives. Il est tourné vers l’avenir», affirme Jean-Pierre Raffarin, qui lui a téléphoné cette semaine encore.

L’avenir, pour Jacques Chirac, dont beaucoup soulignent qu’il a mal vécu ses premiers mois de retraité, c’est sa Fondation. Il en a rappelé les objectifs mardi soir, à ses anciens collaborateurs élyséens, qu’il avait invités à une réception au Centre Pompidou : «J’ai souhaité, à la place qui est désormais la mienne, poursuivre les combats de toute ma vie, en créant une Fondation. Ces combats, ce sont ceux de la justice et de la paix, de la solidarité et de la dignité, du développement durable et du dialogue des cultures.»
Comité d’honneur

Après l’inévitable parcours du combattant devant le Conseil d’État, la Fondation Chirac, dont l’association de préfiguration est présidée par Michel Camdessus, ancien directeur général du FMI, a été reconnue d’utilité publique en mars. Elle est dotée d’un comité d’honneur prestigieux où siègent notamment Kofi Annan, ancien secrétaire général de l’ONU, les Prix Nobel de la paix Rajendra Pachauri, Mohammad Yunus et Rigoberta Menchu, le Polonais Bronislaw Geremek, le secrétaire général de la francophonie Abdou Diouf ou le chanteur Youssou N’Dour.

Le 20 mai, se tiendra le premier conseil d’administration qui élira le bureau de la Fondation. Très bientôt, elle s’installera dans des locaux près de la rue de Lille, dans le VIIe ou le VIIIe. L’idée est de créer une structure légère : «Ce sera plutôt une équipe de chevaux-légers qu’une panzer division. On privilégie les projets sur la structure», explique Valérie Terranova, secrétaire général de l’association de préfiguration.

La Fondation travaillera en réseau avec des ONG, d’autres fondations, des entreprises, des institutions internationales. Elle agira en Afrique, bien sûr en raison des situations d’urgence et des fidélités de Jacques Chirac, «mais pas exclusivement», ajoute Valérie Terranova.

Devant ses anciens collaborateurs, Chirac a précisé mardi soir quelles seront ses priorités d’action : «la lutte contre la déforestation, la lutte contre la mort des langues et l’accès à l’eau et aux médicaments». Des domaines qui «déterminent aujourd’hui les conditions d’une paix durable pour demain», a-t-il dit . Et qui correspondent à ses engagements de toujours. «Sur tous ces sujets, comme sur le dialogue des cultures, l’appellation d’origine contrôlée Chirac, ça veut dire quelque chose dans le monde», fait valoir Valérie Terranova.

Un ancien collaborateur se réjouit que la Fondation soit désormais sur les rails : «Chirac va reprendre plus d’activité. Il a besoin d’action. Ce n’est pas un contemplatif.»

Coïncidant avec le lancement de la Fondation, une autre structure chiraquienne va s’installer la semaine prochaine dans ses meubles, avenue de La Motte-Picquet : l’association «avec le président Chirac ses amis rassemblés autour de ses valeurs». Elle est présidée par Henri Cuq, avec comme vice-présidents, l’ancien ministre Nelly Olin et Henri Lachmann, président du conseil de surveillance de Schneider. Jacques Toubon a largement contribué à la mise en place de cette association qui prétend être un lieu de rencontre pour les fidèles de l’ancien chef de l’État et de recherche sur son action et les valeurs qu’il a défendues tout au long de sa carrière. À la manière de la Fondation François Mitterrand qui continue à entretenir la flamme. Mais ce ne sera en aucun cas «un outil politique», affirme Henri Cuq.

Jean-Pierre Raffarin, qui a récemment remis au président chinois Hu Jintao une lettre de Ja cques Chirac qui avait dû annuler sa visite en Chine, souligne que l’ancien président suit avec toujours la même «acuité» la situation internationale. Préoccupé par les émeutes de la faim, il est aussi très attentif au drame du Liban. Il estime que la France et la communauté internationale doivent mettre fermement en garde la Syrie et l’Iran contre toute atteinte à l’intégrité physique des responsables libanais, notamment Fouad Siniora, Saad Hariri et Walid Joumblatt. Il s’agit à ses yeux d’«une ligne rouge» que Damas et Téhéran ne doivent en aucun cas franchir.

Au Centre Pompidou, mardi soir, tout le monde était très attentif à l’état de santé de l’ancien patron, qui a subi en avril la pose d’un pacemaker. Ses ex-collaborateurs sont repartis confiants. Chirac a fait la fermeture ou presque, quittant la réception parmi les derniers.

Après son triomphe au Salon de l’agriculture, fin février, le carré des fidèles a vu un signe encourageant dans la dernière livraison du baromètre Ifop-Paris Match : l’ancien président se hisse à la troisième place du classement, à 68 %, gagnant quatre points en un mois.

Autre bonne nouvelle pour les chiraquiens, c’est en qualité de simple témoin que Jacques Chirac a été entendu le 2 mai par le juge d’instruction Jean-Marie d’Huy dans l’affaire de la Sempap, société d’économie mixte, chargée entre 1986 et 1996 des travaux d’imprimerie de la mairie de Paris. Une éclaircie dans le marathon judiciaire dans lequel il est entré.

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