Education: Un système éducatif français éternellement condamné au syndrome du lemming? (Are France’s students like lemmings striking over the right to a steeper cliff?)

Lemming syndromeLa plupart des décideurs politiques et économiques ne sont pas passés par l’université et n’y envoient pas leurs enfants, qui fréquentent comme eux les classes préparatoires et les grandes écoles, alors que le lycée concerne tout le monde. Ils ne sont pas intéressés par l’université, même si l’on prend conscience maintenant des inconvénients d’un vivier trop restreint des élites. Jean-Richard Cytermann (Inspecteur général de l’administration de l’Éducation nationale et de la Recherche)
1. Pays-Bas 2. Finlande 3. Royaume-Uni 4. Etats-Unis 5. Canada 6. Australie 7. Irlande 8. France 9. Suède 10. Italie 11. Allemagne 12. Belgique 13. Autriche. Global Higher Education rankings 2005 (Classement d’accessibilité aux études supérieures, 2005)
Un aspect important du débat sur la démocratisation de l’enseignement porte sur l’évolution temporelle – réduction, maintien ou accentuation – des écarts d’accès aux diplômes entre individus originaires des différents groupes sociaux. Les deux conclusions suivantes sont valides. D’une part, évaluées sur toute la population, les inégalités d’accès aux diplômes selon l’origine sociale ont diminué entre des générations espacées d’une cinquantaine d’années. D’autre part, en raisonnant sur les seuls diplômés du baccalauréat (ou équivalent), les inégalités d’obtention d’un diplôme de l’enseignement supérieur, en fonction de l’origine sociale, ont augmenté entre les mêmes générations. Le paradoxe n’est qu’apparent. Marion Selz, Louis-André Vallet
Il n’est pas possible de se désintéresser de ce que coûte l’éducation à la nation et de ce qu’elle obtient en contrepartie des dépenses auxquelles elle consent. Or le problème de la dette concerne avant tout les lycéens, ceux qui sont aujourd’hui dans la rue. Personne ne peut affirmer que le système n’est pas généreux, puisque le budget de l’Education nationale a doublé en vingt ans! Xavier Darcos

Véritables rituels contestataires (une manifestation tous les 13 mois depuis une vingtaine d’années), y compris d’ailleurs sur des sujets contradictoires (contre les travaux pratiques encadrés d’Allègre puis contre leur suppression par Fillon quelques années plus tard), « cycle infernal décision-manifestation-abandon » …

A l’instar d’improbables lemmings en grève pour des falaises toujours plus hautes, les élèves et étudiants français seraient-il éternellement condamnés à ces poussées régulières de comportements suicidaires?

Ainsi, c’est au moment-même où la paupérisation de leurs universités était la plus éclatante (notamment dans les classements internationaux) et où un nouveau gouvernement avait l’air décidé à les revaloriser, que nos étudiants ont repris à la rentrée dernière leurs refus de toute sélection ou augmentation des droits d’entrée, seules à même d’éviter la sélection autrement sauvage et cachée qui conduit à l’abandon ou à l’échec de quasiment un étudiant sur deux pendant les deux premières années.

De même, comme le rappelle Xavier Darcos, c’est quand la logique des moyens (qui depuis une vingtaine d’années a fait de nos lycées – écoles préparatoires et grandes écoles exceptées – la partie la plus « favorisée » de notre système scolaire) vient de démontrer sa totale inefficacité puisqu’elle n’a modifié en rien la relative médiocrité de nos résultats dans les comparaisons internationales que nos lycéens choisissent de descendre dans la rue.

Contestant ainsi non seulement des aménagements d’effectifs déjà bien insuffisants (à peine 0,7% de réductions de postes de professeurs – eux-mêmes largement sous-payés, notamment en début de carrière) mais condamnant à terme toute réforme du système là où, on l’a vu, il en a le plus besoin, à savoir les universités et donc leurs propres chances futures d’en sortir dans les meilleures conditions.

Résultats des courses: pendant que des lycéens toujours plus coûteux ploient, au nom du principe sacro-saint du maintien à tout prix des postes de leurs enseignants (mais aussi la multiplication de personnels de soutien spécialisé non enseignants: documentation, surveillance, orientation), sous des volumes d’heures – dès 3 ans en primaire contre 7 ans ailleurs ! – et un nombre de matières et d’options toujours plus élevé (jusqu’à 59 langues vivantes et régionales dont le bambara, le tamoul ou le malgache, le persan, l’arménien, le laotien ou le peule mais aussi surf, escalade, rugby, planche à voile, danse contemporaine ou « arts du cirque » pour des effectifs de plus en plus restreints!), la réelle démocratisation de l’éducation de ces 50 dernières années aux niveaux inférieurs du système (primaire et secondaire) se voit maintenant menacée, au nom du refus de toute sélection, à un niveau supérieur toujours plus inégal.

Permettant notamment à 4% des effectifs (prépas et grandes écoles) de truster 30% des ressources (pour un coût par élève 10 fois plus élevé… jusqu’à la rémunération des élèves, pourtant non majoritairement défavorisés, pour les plus prestigieuses: ENS, ENA, Polytechnique!) alors que des universités toujours plus surchargées et paupérisées (et refusant de plus aussi bien les parrainages privés que la tradition anglo-saxonne des dons et du mécénat des anciens élèves) relâchent dans la nature des étudiants sans diplômes ou aux diplômes dévalués.

Au point qu’en tenant compte de l’ensemble des facteurs (redistributivité des dispositifs fiscaux et sociaux: taux des bourses et prêts d’honneur, possibilité de travail sur place, etc.), une étude internationae attribuait ainsi à notre pays en 2005 la 9e place pour l’accessibilité des études supérieures, derrière (tenez-vous bien !) aux 3e et 4e places… les Etats-Unis et la Grande-Bretagne!

Xavier Darcos : « Il est interdit d’interdire la réforme »
Propos recueillis par Jean-François Coulomb des Arts et Thomas de Rochechouart
France Soir
Le 18 avril 2008

Xavier Darcos explique à France-Soir son projet pour les lycées alors que le mouvement de contestation s’installe et que le 40e anniversaire de Mai 68 approche…
FRANCE-SOIR. Manifestations cette semaine, grandes manifestations prévues les prochaines semaines : se dirige-t-on vers le mois de mai de tous les dangers ?
XAVIER DARCOS. Je ne veux pas spéculer sur le niveau des manifestations d’autant que la mobilisation est avant tout parisienne, ou plutôt francilienne. Je fais une distinction très nette entre les contestations, les slogans, les formules parfois approximatives et le fond du problème : les lycées français marchent-ils ? La question de savoir s’il faut plus ou moins d’enseignants pour faire un bon système éducatif a déjà été tranchée, puisque, au cours des dernières années, nous avons eu de moins en moins d’élèves, de plus en plus d’enseignants et des résultats en baisse. Nous avons aujourd’hui 1 professeur pour 11,9 élèves, ce qui est l’un des meilleurs taux du monde et un lycéen coûte 22 % de plus que la moyenne des pays européens. Or dans le même temps, nous sommes très mal classés au niveau des résultats avec beaucoup d’échecs de nos lycéens lorsqu’ils arrivent dans l’enseignement supérieur, puisque 1 sur 2 échoue au moins une fois au cours des deux premières années à l’université. Donc ce ne sont pas les moyens qui sont en cause, c’est notre organisation.

Les lycéens sont-ils manipulés ?
Quand je vois des lycéens qui défendent le statut des enseignants du premier degré par exemple, alors qu’ils ont quitté l’école primaire depuis plusieurs années déjà, j’imagine que ce n’est pas spontané. Ce n’est pas forcément de la manipulation, mais cela traduit très certainement une proximité entre syndicats de professeurs et des mouvements lycéens. Je rappelle aussi que depuis une vingtaine d’années, nous avons une manifestation tous les 13 mois en moyenne, et que tous les ministres ont connu de grands mouvements, y compris d’ailleurs sur des sujets contradictoires. Lorsque Claude Allègre a créé les travaux pratiques encadrés (TPE), il y a eu une manifestation à Paris de 100.000 personnes qui considéraient que l’on bradait la classe terminale. Mais lorsque François Fillon a voulu les supprimer quelques années plus tard, il y a eu une manifestation du même nombre de personnes ! Donc il y a un aspect rituel dans ces manifestations qui montrent que le système ne va pas bien, qu’il y a une souffrance qui ne sera pas réglée en ajoutant ou en supprimant des enseignants. Il y a en fait un vrai malaise lycéen que tous les pays développés ont connu. Mais ils ont su faire évoluer leur système avec plus de rapidité que nous car la résistance à la réforme a été moins grande.

Qu’est-ce qui ne va pas selon vous ?
Il faut ouvrir les yeux. Les lycéens d’aujourd’hui ne sont plus ceux que nous avions il y a trente ou quarante ans, ils ont changé : ils sont devenus de jeunes adultes, très autonomes dans leur vie personnelle, dans un monde fondé sur la communication, la réactivité, l’interactivité. Or, quand ils arrivent au lycée, ils retrouvent un système qu’ils qualifient eux-mêmes de napoléonien, un système où tout leur est imposé. Ils ont le sentiment qu’entre leur vie de tous les jours et le lycée, il y a un décalage. Ensuite, le lycée français est sans aucun doute trop dispersé, avec un nombre d’options considérables, dont certaines coûtent extrêmement cher avec une utilité sociale limitée. Enfin, le mode d’enseignement reste relativement traditionnel, alors que les élèves de première et de terminale ont besoin aujourd’hui de développer leur autonomie, leur liberté de réflexion, leur recherche personnelle. Sur ces trois sujets, nous pouvons avancer en réorganisant l’enseignement pour que les élèves obtiennent ce qu’ils demandent : non pas plus de profs, mais plus de présence adulte auprès d’eux. Ils pourront ainsi être accompagnés par davantage de soutiens, de conseils d’orientations, de matériels, de ressources électroniques. Le lycée d’aujourd’hui est une machine à donner des cours. Il faut qu’il devienne une machine à créer de l’autonomie intellectuelle.

Quel est le rôle des professeurs dans cette agitation lycéenne ?
Ce que je sais, c’est qu’une partie des syndicats jouent un jeu très dangereux. Persuader les élèves que tout se joue parce que l’on sera dans une classe de 30 ou 32, c’est au fond se moquer d’eux. Il y a une sclérose idéologique, un discours tactique et mensonger qui nous empêche de parler du fond.

Tiendrez-vous jusqu’au bout et vous sentez-vous soutenu par le gouvernement ?
Ma détermination est intacte. D’abord parce que j’ai une longue expérience et une vieille connaissance de l’institution scolaire, et que je suis tout à fait convaincu que la logique des moyens est aujourd’hui dépassée. Et quand on a mon parcours, je ne crois pas qu’on puisse sérieusement être taxé d’être un « ennemi de l’école ». Ensuite, parce que notre majorité a été élue sur un choix politique qui est celui de la réforme, et qui consiste à mettre fin au cycle infernal décision-manifestation-abandon. Enfin, parce que lorsqu’on est, comme moi, en charge de préparer l’avenir de nos enfants, il n’est pas possible de se désintéresser de ce que coûte l’éducation à la nation et de ce qu’elle obtient en contrepartie des dépenses auxquelles elle consent. Or le problème de la dette concerne avant tout les lycéens, ceux qui sont aujourd’hui dans la rue. Personne ne peut affirmer que le système n’est pas généreux, puisque le budget de l’Education nationale a doublé en vingt ans !

L’Education nationale est l’une des plus grandes entités du monde avec 1,2 million de fonctionnaires. Le mal ne vient-il pas de ce gigantisme ?
Cela ne me gêne pas que la moitié de la fonction publique soit consacrée à l’éducation. Ce ministère, c’est le ministère du destin. Ce que je regrette, c’est que cette masse puisse se retourner contre l’efficacité du système. Il faut donc réorganiser notre gestion des ressources humaines en travaillant notamment sur deux grandes pistes : le statut de l’enseignant, et notamment sa rémunération, et l’autonomie des établissements.

Vous avez évoqué le malaise lycéen. N’est-ce pas finalement le problème le plus inquiétant, dans la mesure où il est très difficile d’y répondre ?
Indéniablement, une très grande partie des problèmes de l’école sont des problèmes qui relèvent de la société tout entière. La violence scolaire, par exemple, est celle de la société qui se manifeste dans l’école. On demande à l’école d’assumer des responsabilités dont la société tout entière se décharge. Cela ne doit pas nous empêcher d’être à l’écoute des préoccupations des lycéens.

L’anniversaire de Mai 68 ans ne risque-t-il pas, par son flot d’images, de jouer sur le mouvement ?
Je n’en sais rien, mais je ferai remarquer que l’idéal et les slogans de Mai 68 sont exactement l’inverse du mouvement actuel. Ils défilent en disant : « Nous-vou-lons-des-sur-veil-lants ! Nous vou-lons-des-profs ! » En 68, les gens disaient qu’ils voulaient être autonomes, libres. Je voudrais donc dire aujourd’hui qu’il est interdit d’interdire la réforme. Et ce que je trouve regrettable dans les slogans des syndicats, c’est qu’ils sont terriblement conservateurs, réactionnaires. C’est démoralisant, mais cela m’incite à aller encore plus loin dans la voie de la réforme et du dialogue.

Voir aussi:

M. Darcos : « La question de la suppression de postes d’enseignants en 2009 n’est pas tranchée »
Le Monde

Le 20.03.08

Invité en « chat », le ministre de l’éducation a précisé qu' »il n’y a aucun projet de fusion ou de refonte des filières du lycée ». Il a indiqué que « la réflexion sur les filières du lycée aboutira à moyen terme à une évolution du baccalauréat ». M. Darcos rencontre le socialiste Jack Lang jeudi 20 mars, au sujet de l’école primaire.

Perigourdinprofdelettres : Avez-vous négocié avec le président de la République votre maintien au gouvernement, en dépit de votre défaite éléctorale, en échange d’une politique drastique de suppression continue des effectifs de l’éducation nationale ?

Xavier Darcos : Evidemment, cette présentation des faits est fantaisiste. J’ai une responsabilité de ministre depuis maintenant dix mois, et j’ai une lettre de mission du président de la République que j’applique, cette lettre étant elle-même le prolongement d’un projet politique sur lequel le président a été élu.

Indépendamment de cela, il se trouvait que j’étais maire de Périgueux et que malgré un contexte difficile, j’ai considéré que je devais me présenter à nouveau à mes concitoyens. Il se trouver que pour 67 votes qui se sont déplacés d’un endroit à l’autre, je n’ai pas été réélu. Les deux sujets doivent être analysés de manière totalement séparée. Aurais-je été élu, d’ailleurs, que la politique du président et du gouvernement n’en aurait pas été changée.

grigri : Allez-vous reprendre les propositions d’Attali en matière d’éducation : le libre choix total de l’établissement scolaire + l’évaluation des professeurs y compris par leurs élèves + l’enseignement de l’économie dès le primaire ?

Xavier Darcos : Vous le savez, le rapport Attali n’est pas un rapport de gouvernement. Il fixe des orientations libérales qui ne s’adaptent pas totalement à la manière dont l’école de la République est gérée depuis 1885. Cependant, le principe du libre choix est inscrit dans nos projets, dans la mesure évidemment où les établissements le permettent, ainsi que l’approche pédagogique des questions d’actualité, donc d’économie, à l’école primaire.

marylise : La généralisation des bac pro en trois ans ne risque-t-elle pas de laisser sur le carreau un grand nombre d’élèves qui ont besoin de temps pour apprendre ?

Xavier Darcos : Je crois d’abord qu’il faut que le bac professionnel ait la même dignité que les autres baccalauréats. Et la volonté de généraliser les bacs pro en trois ans participe de cette reconnaissance.

En revanche, nous avons pris des précautions pour qu’une année et demie de transition soit possible, afin d’éviter que les élèves les plus en difficulté puissent être pénalisés. Le BEP [brevet d’enseignement professionnel], par ailleurs, ne disparaît pas.

Enfin, je rappelle que ce projet global de bac pro en trois ans n’est pas une idée nouvelle, et qu’il avait été lancé dès 2001 par Jean-Luc Mélenchon.

Endimion : Comptez-vous dans les mois qui viennent changer le mode d’obtention du baccalauréat ?

Xavier Darcos : Non, mais la réflexion que nous conduirons bientôt sur les filières du lycée aboutira à moyen terme, du moins je le suppose, à une évolution du baccalauréat.

Margo : Que vont devenir les actuelles séries du lycée ? Fusion ? disparition ? refonte ?

Xavier Darcos : Il n’y a aucun projet de fusion ou de refonte des filières du lycée, il y a simplement la volonté d’y conduire des élèves d’une manière mieux répartie et plus équilibrée.

Professeurdelettres : Que comptez-vous faire concrètement (programmes, orientation post-bac) pour revaloriser les séries littéraires ?

Xavier Darcos : Il est bien difficile de répondre en une phrase à une question aussi vaste. Nous allons dans les semaines qui viennent mettre en place des groupes de travail, avec les lycéens et avec les enseignants, pour y réfléchir ensemble. Il n’y aura ni précipitation, ni projet ficelé à l’avance.

ti_prof974 : Quel avenir envisagez-vous pour la série ES [économique et sociale] ? Pourquoi vouloir absolument sauver une filière littéraire qui n’a plus trop de succès, hormis dans certains grands lycées de grandes villes ?

Xavier Darcos : Il n’est pas exact que la filière littéraire soit sans avenir. Nous avons besoin de linguistes, d’historiens, de personnes capables de rédiger, et les entreprises sont de plus en plus à la recherche de bons généralistes qui aient une maîtrise des capacités littéraires au sens large.

Boris : Quelle forme prendra le service minimum dans les lycées ?

Xavier Darcos : Il n’y a aucun projet de service minimum d’enseignement. J’ai simplement souhaité que dans le premier degré, les élèves puissent être accueillis, lorsque les parents le demandent, en cas de fermeture des classes.

laluttefinale : Quel avenir pour le service public d’orientation et les conseillers d’orientation psychologues alors que de nombreux postes sont supprimés ?

Xavier Darcos : La question de l’orientation dépasse largement le statut des conseillers d’orientation psychologues. Tous les acteurs du système éducatif doivent y contribuer. Et l’élève lui-même, à partir du milieu du collège, doit pouvoir construire son projet. Je ferai moi-même des propositions en ce sens dans les semaines qui viennent, de manière transparente, sans remettre en cause l’utilité des « co-psy ».

Thomas Lefebvre : Vous allez supprimer 11 200 postes à la rentrée 2008. Comment peut-on prétendre améliorer l’éducation nationale en faisant baisser ses effectifs ? Combien de postes seront supprimés en 2009 ?

Xavier Darcos : La question du non-renouvellement des enseignants doit être associée à l’observation de la démographie scolaire. Nous avons perdu près de 150 000 élèves les trois dernières années dans le second degré, et le taux d’encadrement professeurs/élèves reste l’un des plus élevés du monde. Je ne crois pas aujourd’hui que la question des postes soit la pierre angulaire de la qualité de l’enseignement.

Sinon, nous serions les premiers au monde, puisque depuis vingt ans nous n’avons cessé d’augmenter le nombre d’enseignants par rapport au nombre d’élèves. La question de la suppression de postes en 2009 n’est pas tranchée.

Athos : Il est question de réformer le mode de recrutement des enseignants. Cela veut-il dire que les concours vont disparaître ?

Xavier Darcos : Les concours ne disparaîtront pas. Mais le président de la République a pris deux engagements :

1) que les professeurs soient recrutés au niveau du mastère ;

2) que le début de leur carrière soit revalorisé.

Ces deux exigences conduiront à faire des propositions pour le recrutement à partir de 2009. Mais, je le répète, les concours ne disparaîtront pas.

Thierry : 1 400 euros brut pour un prof de collège débutant, 3 000 en Allemagne, par exemple. Quand pensez-vous rémunérer dignement les professeurs ?

Xavier Darcos : Le chiffre allemand me paraît exagéré, mais je répète que dès le budget 2009 on verra apparaître une revalorisation des débuts de carrière.

flamchante : Pourquoi les heures supplémentaires des enseignants ne bénéficient-elles pas de la majoration de 25 % ?

Xavier Darcos : Toutes les heures supplémentaires des enseignants bénéficient du dispositif d’exonération et de non-fiscalisation, ce qui correspond à une augmentation de 25 %.

Beatrix : Vous avez lancé une consultation sur les nouveaux programmes de l’école primaire. Comment les résultats de la consultation sur les programmes va-t-elle être rendue lisible et visible pour tous (et ce, sans tricherie manipulatoire !) ?

Xavier Darcos : Il n’y aucune volonté de tricher, évidemment. Nous avons présenté un projet de programme qui est à l’examen. Toutes les contributions seront mises en ligne. Et il m’appartiendra ensuite de voir comment opérer la synthèse.

reg : Les élèves devront illustrer ou commenter une maxime, une morale chaque jour ! Ne pensez-vous pas que la morale doit se vivre mais ne se décrète pas par des maximes moralisatrices ? L’école de grand-papa,non merci ! Les leçons de morale n’ont pas empêché deux guerres mondiales !

Xavier Darcos : Il est vrai que la morale est en actes, mais il est important pour des enfants d’apprendre à réfléchir à ce qui est de l’ordre du bien, du mal, du vrai et du faux. Et d’appréhender la pensée éthique commune.

Régis : Comment enseigner les sciences et technologie, histoire et géographie, musique, chant, informatique, histoire de l’art… quand les horaires du français, des maths et du sport représentent déjà dix-neuf heures trente sur vingt-deux ?

Xavier Darcos : Cette question appelle deux types de réponse :

1) Comment fait-on ailleurs ? puisque nous avons plus d’heures d’enseignement dans le primaire que dans tous les pays comparables. En commençant plus tôt, et en préscolarisant tout le monde à 3 ans. Comment font les pays où l’école commence à 7 ans et qui ont moins d’heures ? Et qui sont devant nous dans tous les classements.

2) Je souhaite que les programmes reviennent à l’essentiel et que les disciplines mères qui permettent d’accéder aux autres savoirs (la langue et les opérations de calcul) soient privilégiées. Tout le reste nous sera donné de surcroît.

Vincent : Allez-vous prendre en compte les remarques de [Jack] Lang et [Luc] Ferry ?

Xavier Darcos : Aujourd’hui même, je rencontre Jack Lang. Par ailleurs, je ne veux pas polémiquer sur les programmes de 2002. Je constate simplement, six ans après, qu’ils n’ont pas produit sur les résultats scolaires les effets escomptés.

modeste : Allez-vous régler une fois pour toute les problèmes des non-titulaires ?

Xavier Darcos : La meilleure façon de devenir titulaire est de passer nos concours. Si vous parlez des emplois précaires, notamment des emplois aidés, ils n’ont jamais eu pour statut d’être pérennisés. Ce sont des passages provisoires pour aller rejoindre d’autres métiers, y compris des métiers liés à l’éducation nationale.

FOUQUIER-TINVILLE : A quand une rémunération en fonction de la qualité du prof et pas de son ancienneté ?

Xavier Darcos : Les professeurs sont déjà payés en fonction de leur qualité, puisque les promotions dont ils sont l’objet dépendent de leur évaluation. Deuxièmement, les professeurs qui s’engagent, notamment dans des actions éducatives, perçoivent des rémunérations qui améliorent leurs conditions matérielles.

lucienL : Comment expliquez-vous l’explosion du soutien scolaire privé en France ?

Xavier Darcos : Je suis heureux que cette question soit posée. Parce qu’elle élimine toutes les autres. Quand on se demande s’il faut enseigner autrement, s’il faut revenir à l’essentiel, s’il faut recourir à des méthodes rigoureuses, on voit bien que c’est une question que ne se posent pas les riches. Je veux faire une école de la réussite pour tous.

Voilà pourquoi je propose gratuitement aux collégiens, et bientôt aux écoliers, des études surveillées et de l’accompagnement éducatif gratuits pour tous, sans compter la mise en place de stages pendant les petites vacances et au début et à la fin de l’été.

Voilà aussi pourquoi j’ai dégagé deux heures dans le service des enseignants du premier degré en faveur des élèves qui sont en échec.

merci : Qu’envisagez-vous pour renforcer et pérenniser le dispositif d’aides spécialisées aux élèves en difficulté (Rased) ?

Xavier Darcos : Les Rased ont une grande utilité, mais on observera que les deux heures dégagées dans le service des enseignants ont pour but l’aide et le soutien aux élèves en difficulté.

thierry : Allez-vous supprimer des matières au collège ?

Xavier Darcos : Non.

Tilou : Trente mille directeurs d’école ont démissionné de leurs fonctions ces six dernières années. L’absence de statut pour cette profession et le retrait d’emploi prononcé à leur encontre par les inspecteurs d’académie en cas de problème dans les équipes d’école ne contribueraient-ils pas à ce désastre ? Envisagez-vous d’intervenir sur ce problème ?

Xavier Darcos : Je ne sais pas à quoi correspond ce chiffre de 30 000. Ce qui reste posé, c’est la diversité des écoles. Comment faire un statut unique alors que vous avez des écoles à une classe, d’autres à vingt ? Aujourd’hui, la grève administrative des directeurs d’école est terminée.

J’ai proposé, conformément à la loi de 2005, d’aller vers la création d’un établissement public de l’enseignement primaire, là où c’est possible et nécessaire, qui aura à sa tête un vrai directeur.

charlespeguy : Comptez-vous « plier » dans le cas où les grèves se généraliseraient et se durciraient dans les lycées (comme c’est le cas dans le mien au moment où je vous parle) ?

Xavier Darcos : Les réformes sont décidées par le gouvernement et votées par la majorité politique. Elles sont faites dans l’intérêt du système éducatif.

MauvaiseEléve : Mes enfants sont des descendants d’esclaves (dans la culture de la canne). Va-t-on enseigner la mémoire de leurs ancêtres comme dans le cas de la Shoah ?

Xavier Darcos : L’esclavage est deux fois au programme : une fois dans le premier degré et une fois dans le second.

dardar : Vous scolarisez vos enfants dans le public ou le privé ?

Xavier Darcos : Mes trois enfants ont fait toute leur scolarité dans le public.

Blaise : Votre épouse fait partie de votre cabinet. A quel titre et pourriez-vous indiquer son salaire ?

Xavier Darcos : Mon épouse collabore à mon cabinet sans aucune rémunération d’aucune sorte. Et elle a été recrutée parce qu’elle a ma confiance, mais aussi parce qu’elle est compétente et a travaillé en cabinet ministériel avant que je ne sois moi-même ministre.

simone : Comment réagissez-vous aux propos de Marcel Pochard dans la Lettre de l’éducation, qui dit que la commission qu’il présidait était instrumentalisée et que ses conclusions étaient écrites d’avance ?

Xavier Darcos : Marcel Pochard a été surpris de l’hostilité de principe que son rapport honnête, pluraliste et ouvert a suscitée. Je suis du même avis que lui. On n’insulte pas aux principes mêmes d’un rapport dès lors qu’ils procèdent de rencontres plurielles et d’une mission elle-même pluraliste. Je vais, dans les jours qui viennent, entamer avec les partenaires syndicaux la rédaction du Livre blanc qui s’appuiera sur son excellent travail.

Nous devons d’abord penser aux débuts de carrière, et je pense que les premières décisions que nous prendrons pourront s’appliquer à la rentrée 2009, notamment dans le cadre de la prochaine loi de finances.

thalex : Quels projets de réforme à attendre pour l’éducation nationale lors du prochain conseil de la modernisation ?

Xavier Darcos : Depuis que je suis arrivé rue de Grenelle, la réforme avance dans de nombreux domaines, et c’est bien pour cela que le dialogue d’aujourd’hui est si animé.

Argh : Quelles sont les actions engagées en matière de développement des NTIC [nouvelles technologies de l’information et de la communication] à l’école ?

Xavier Darcos : Le dossier est très large :

1) l’aide à l’équipement en tableaux interactifs et en visioconférence ;

2) la mise en réseau de nos ressources pédagogiques et des associations contribuant à l’innovation.

J’ai lancé une mission intitulée « E-éduc » qui va aider à avancer plus vite dans ce domaine primordial.

thierry : Trouvez-vous normal qu’un professeur agrégé travaille moins et soit payé plus ?

Xavier Darcos : Il est normal qu’un professeur agrégé défende son statut. Il faut cependant que les agrégés retrouvent des services qui correspondent à leurs qualifications, et donc qu’ils enseignent prioritairement dans les classes de lycée, voire dans le post-bac.

Damien_Roux : Quel avenir pour l’enseignement des langues ? Pensez-vous prendre modèle sur nos voisins européens, comme la Finlande, qui sont à la pointe en la matière ?

Xavier Darcos : Les Finlandais sont bien obligés de connaître d’autres langues que le finnois. L’urgence est moins perceptible en France.

Cependant, vous le savez, nous lançons un vaste dispositif de visioconférence pour que les élèves soient le plus tôt possible en contact régulier avec des locuteurs natifs. L’objet est de faire de la France aussi une nation bilingue. Nous envisageons de développer les classes bi-langues au collège.

lucienL : Nombreux sont les élèves qui décrochent leurs bacs avec mention (ou non) pour ensuite échouer (lamentablement) à l’université. Avez-vous une explication ?

Xavier Darcos : Il faut que la classe de terminale prépare mieux à l’autonomie qui sera celle de l’étudiant. Le baccalauréat est un rite de passage que je ne conteste pas, mais c’est plutôt la manière de connecter la fin du lycée et le début de l’université qui doit nous préoccuper. Le nombre d’élèves d’une génération qui obtient le bac en France est plutôt inférieur à la situation des pays comparables.

ti_prof974 : Pourquoi ne pas généraliser l’enseignement des sciences économiques et sociales dans toutes les filières au même titre que l’histoire-géographie ?

Xavier Darcos : Dans une certaine mesure, par le biais de diverses disciplines, l’économique et le social sont déjà abordés, notamment en ECJS [éducation civique, juridique et sociale] et en histoire et géographie.

ovaldes : Pourquoi ne pas mettre en place un vrai concours sélectif d’entrée à l’université ? Ayez du courage, monsieur le ministre, vous n’avez pas été élu pour sauver encore une fois le « mammouth » !

Xavier Darcos : C’est une question qui relève de l’enseignement supérieur.

Parmi les critiques qui sont faites aux nouveaux programmes, c’est qu’ils ne suffiraient pas de diviser par trois le nombre d’élèves en échec à l’entrée en sixième. Je suis d’accord avec cette idée que les programmes ne font pas tout. Je n’ai jamais dit le contraire. C’est l’ensemble du dispositif (deux heures particulières dans le service des enseignants, stages, etc.) qui aboutira à réduire sensiblement le nombre d’élèves en très grande difficulté.

bree : Qu’est-ce qu’un bon prof ?

Xavier Darcos : Sans aucun doute, celui qui donne envie.

Je remercie les internautes et je leur demande une fois encore de ne pas croire que le ministre passe son temps à comploter contre l’école de la République. J’y ai consacré toute mon existence.
Constance Baudry et Luc Cédelle

Voir enfin:

La démocratisation de l’enseignement et son paradoxe apparent

Marion Selz, Louis-André Vallet

Un aspect important du débat sur la démocratisation de l’enseignement porte sur l’évolution temporelle – réduction, maintien ou accentuation – des écarts d’accès aux diplômes entre individus originaires des différents groupes sociaux. Les deux conclusions suivantes sont valides. D’une part, évaluées sur toute la population, les inégalités d’accès aux diplômes selon l’origine sociale ont diminué entre des générations espacées d’une cinquantaine d’années. D’autre part, en raisonnant sur les seuls diplômés du baccalauréat (ou équivalent), les inégalités d’obtention d’un diplôme de l’enseignement supérieur, en fonction de l’origine sociale, ont augmenté entre les mêmes générations. Le paradoxe n’est qu’apparent.

(…)

Ainsi, à partir des mêmes données, les deux conclusions suivantes sont valides. D’une part, évaluées sur toute la population, les inégalités d’accès aux diplômes selon l’origine sociale ont diminué entre des générations espacées d’une cinquantaine d’années. D’autre part, en raisonnant sur les seuls diplômés du baccalauréat (ou équivalent), les inégalités d’obtention d’un diplôme de l’enseignement supérieur, en fonction de l’origine sociale, ont augmenté entre les mêmes générations. Cela met en lumière que les résultats obtenus dépendent de façon cruciale de l’approche retenue: approche générale sur l’ensemble de la population dans le premier cas, approche conditionnelle sur une fraction de celle-ci dans le second.

Avec l’expansion de l’enseignement supérieur et de la population qu’il accueille, les inégalités sociales de réussite ont augmenté au sein du supérieur. D’autre part, les premiers diplômes sont devenus moins sélectifs socialement (CEP, puis BEPC, CAP, BEP et enfin le baccalauréat dans les générations les plus récentes); de ce fait, les inégalités de certification ou d’accès à un diplôme donné (y compris les diplômes du supérieur), mesurées sur toute la population, ont décru. La dynamique de l’inégalité des chances sociales devant l’enseignement renvoie donc à deux phénomènes distincts : d’une part, le lien entre origine sociale et diplôme a tendance à décliner dans l’ensemble de la population; d’autre part, avec l’expansion de l’éducation, ce lien se renforce dans les transitions les plus élevées du système éducatif. Mais ce dernier constat ne permet pas de conclure que «rien n’a changé» ou que «les inégalités n’ont fait que se déplacer».

Enfin, comment rendre compte du renforcement des inégalités sociales d’accèsauxdiplômes dans le haut dusystème? Une explication plausibleest la suivante. Avec la montée de la scolarisation, les titulaires d’un baccalauréat représentent une fraction croissante de chaque génération. Étant croissante, cette fraction pourrait être de plus en plus hétérogène sous l’angle de caractéristiques non observées dans les enquêtes, mais qui affectent la réussite scolaire, comme la motivation ou les aptitudes individuelles. Dès lors, si ces caractéristiques non observées sont liées à l’origine sociale, l’hétérogénéité croissante pourrait se traduire dans un renforcement du lien entre origines ociale et possession ou non-possession d’un diplôme du supérieur. Le même argument peut être exprimé à l’inverse. Dans les générations anciennes, l’élimination différentielle très forte selon l’origine sociale ne retenait au niveau du baccalauréat, parmi les enfants d’origine populaire, que des sujets particulièrement brillants. Étant en quelque sorte « sur-sélectionnés », ils ne rencontraient guère de difficultés dans la poursuite de leur parcours au sein de l’enseignement supérieur et pouvaient donc rivaliser avec leurs collègues « mieux nés », voire les surclasser. Avec la montée de la scolarisation dans les générations plus récentes, l’élimination différentielle selon l’origine sociale serait moins brutale et cela tendrait à faire disparaître ce mécanisme de sur-sélection.

Voir enfin:

Les options au bac sont trop coûteuses
Aude Sérès
18/04/2008
Le ministre veut s’attaquer aux langues rares, qui permettent de gagner des points mais coûtent cher.

Incroyable et… vrai !

Les lycéens peuvent opter pour 59 langues vivantes et régionales au bac : de l’haoussa (une langue nigériane) au tamoul en passant par le corse et le catalan. Trente-neuf d’entre elles peuvent être suivies au lycée, les autres sont «passées» devant un enseignant le jour de l’examen mais n’ont pas forcément fait l’objet de cours, tellement elles concernent un nombre limité d’élèves. Toujours plus surprenant et au-delà des langues : le surf, l’escalade, le rugby ou encore la planche à voile ou la danse contemporaine ont aussi leurs lettres de noblesse. La liste a des airs d’inventaire à la Prévert. Sans compter la grande diversité des filières et des options de l’enseignement technologique.

Or, cette avalanche d’options ne concerne finalement que peu d’élèves : près de 22 % des élèves de terminale choisissent une option facultative qui peut rapporter des points le jour «J». Seul 1,3 % des lycéens choisissent deux options. Le ministère chiffre à 8,34 % la proportion d’heures de cours donnés dans le secondaire devant des groupes de moins de 10 élèves. Une proportion qui atteint 18,61 % pour les lycées professionnels. Cet indicateur est suivi de près par Bercy qui veut faire des économies.

Désormais, cette diversité, Xavier Darcos ne s’en cache pas, est en ligne de mire dans la réforme du lycée qu’il veut mettre en œuvre. Car les chiffres sont là : un jeune Français de 15 ans suit au total 1 147 heures de cours par an, contre 968 heures pour la moyenne des pays de l’OCDE et aux yeux du ministre, il coûte désormais trop cher à la collectivité. Il est temps de rationaliser. Quelques exemples : seuls deux élèves de Terminale ont choisi l’an dernier l’option «arts du cirque». Sur l’ensemble du territoire, seuls 300 élèves étudient le polonais. Sans compter les petits groupes de chinois ou de russe. Dans les académies urbaines, pour faire des économies, les enseignements sont parfois dispensés dans un seul lycée. Ailleurs des initiatives via des visioconférences sont proposées. Dans l’Académie de Toulouse, une quarantaine d’élèves suivent un enseignement de russe à distance.

Pour des langues plus rares encore (persan, arménien, laotien et peule), des formations via le Cned sont organisées, Une formule moins onéreuse qui devrait être intensifiée. Autre souci : cette liberté de choix est un casse-tête et un coût pour l’organisation des épreuves. Alors que 8 lycéens ont choisi l’option langue des signes dans l’académie d’Aix-Marseille pour la prochaine session du bac, l’examinateur viendra tout droit… de la région parisienne. Même déplacements coûteux pour le passage des épreuves en bambara, tamoul ou malgache. À Lyon, le problème s’est aussi posé l’an dernier pour la centaine de lycéens qui avaient choisi de passer turc comme option au bac.

Les enseignants de langues vivantes ont bien compris que le ministre voulait s’attaquer au système. Ils tirent la sonnette d’alarme. «Ce serait dommage de fermer la porte à un espace de liberté des élèves», explique Sylvestre Vanuxhem, président de l’Association des Professeurs de Langues vivantes (APLV). Mais la machine semble en marche.

Économiser 3 000 postes

Xavier Darcos, qui se garde bien de dire comment il va s’y prendre et combien d’options il pourrait envisager de supprimer, a pourtant bien l’intention de réformer le système en profondeur. D’autant qu’un rapport de l’Inspection Générale des Finances et de l’Inspection de l’Éducation nationale consacré à la grille horaire des lycées a déjà dressé plusieurs pistes fin 2006.

Principale recommandation : «l’allègement des effectifs de classes de langues en première et en terminale ne pourra progresser qu’au rythme de la suppression des groupes inférieurs à 15 élèves». Autrement dit : exit les cours quasi particulier ! Une économie déjà chiffrée à 3 000 postes d’enseignants. Et les auteurs du rapport de poursuivre : «la mission recommande de diminuer de moitié le nombre d’options de détermination de classes de seconde». De quoi mettre quelques milliers de nouveaux lycéens dans la rue.

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