Livres: Non, M. Chirac, les racines de l’Europe ne sont pas musulmanes! (French historian confirms Europe’s Greek, non Muslim roots)

AstrolabeLes racines de l’Europe sont autant musulmanes que chrétiennes. Jacques Chirac
Cette histoire a été effacée quand l’Europe a fondé ses relations avec le monde arabo-musulman sur le partenariat politique, économique et culturel. L’Europe a alors élaboré le mythe andalou comme modèle de civilisation multiculturelle, âge d’or des trois religions. Tout ce qui concernait le djihad et la dhimmitude a été éliminé. Bat Ye’or
Si ces livres contiennent déjà ce qui est dit dans le Coran, ils sont inutiles. S’ils contiennent des choses contraires, ils sont nuisibles. Omar (au sujet des livres de la Bibliothèque d’Alexandrie qui serviront à chauffer les bains de ses troupes, 642)

Non, M. Chirac, hormis l’esclavage des Africains, l’étoile jaune, le ghetto des Juifs ou la guerre sainte, l’Islam n’a rien apporté d’essentiel à Europe!

Succession de papes d’origine grecque et syriaque, lecture continue des évangiles dans leur grec original, circulation de manuscrits et textes grecs y compris entre un roi et un pape, traduction d’Aristote par les moines du Mont-Saint-Michel directement du grec au latin plusieurs décennies avant les traductions de l’arabe …

Traduction des textes grecs et création du vocabulaire médical et scientifique arabe effectuées en fait par des chrétiens, grands maitres musulmans ne connaissant tout simplement pas le grec …

Héllénisation très marginale d’une pensée arabe dominée par l’islam, où raison, politique et investigation scientifique ne furent jamais dissociées de la révélation coranique …

Voilà qu’est enfin confirmé par la recherche académique française (le dernier livre du médiéviste de l’ENS de Lyon Sylvain Gouguenheim: « Aristote Au Mont Saint-Michel. Les Racines grecques de L’Europe Chrétienne ») ce que ne cesse de rappeler depuis une bonne vingtaine d’années l’historienne britannique Bat Yeor.

A savoir que, contrairement à la vulgate bien-pensante d’un Occident assoupi dans les ténèbres de son Moyen-Age ne découvrant le savoir grec (philosophie, médecine, mathématique, astronomie) que grâce aux traductions et d’une science arabes largement en avance sur lui, le monde islamique n’eut non seulement qu’un rôle très limité d’intermédiaire mais ne sut pas réellement tirer parti des textes que ses savants chrétiens lui traduisirent

Sylvain Gouguenheim: et si l’Europe ne devait pas ses savoirs à l’islam?
Roger-Pol Droit
LE MONDE DES LIVRES
Le 03.04.08

Etonnante rectification des préjugés de l’heure, ce travail de Sylvain Gouguenheim va susciter débats et polémiques. Son thème : la filiation culturelle monde occidental-monde musulman. Sur ce sujet, les enjeux idéologiques et politiques pèsent lourd. Or cet universitaire des plus sérieux, professeur d’histoire médiévale à l’Ecole normale supérieure de Lyon, met à mal une série de convictions devenues dominantes. Ces dernières décennies, en suivant notamment Alain de Libera ou Mohammed Arkoun, Edward Saïd ou le Conseil de l’Europe, on aurait fait fausse route sur la part de l’islam dans l’histoire de la culture européenne.

Que croyons-nous donc ? En résumé, ceci : le savoir grec antique – philosophie, médecine, mathématique, astronomie -, après avoir tout à fait disparu d’Europe, a trouvé refuge dans le monde musulman, qui l’a traduit en arabe, l’a accueilli et prolongé, avant de le transmettre finalement à l’Occident, permettant ainsi sa renaissance, puis l’expansion soudaine de la culture européenne. Selon Sylvain Gouguenheim, cette vulgate n’est qu’un tissu d’erreurs, de vérités déformées, de données partielles ou partiales. Il désire en corriger, point par point, les aspects inexacts ou excessifs.

« AGES SOMBRES »

Y a-t-il vraiment eu rupture totale entre l’héritage grec antique et l’Europe chrétienne du haut Moyen Age ? Après l’effondrement définitif de l’Empire romain, les rares manuscrits d’Aristote ou de Galien subsistant dans des monastères n’avaient-ils réellement plus aucun lecteur capable de les déchiffrer ? Non, réplique Sylvain Gouguenheim. Même devenus ténus et rares, les liens avec Byzance ne furent jamais rompus : des manuscrits grecs circulaient, avec des hommes en mesure de les lire. Durant les prétendus « âges sombres », ces connaisseurs du grec n’ont jamais fait défaut, répartis dans quelques foyers qu’on a tort d’ignorer, notamment en Sicile et à Rome. On ne souligne pas que de 685 à 752 règne une succession de papes… d’origine grecque et syriaque ! On ignore, ou on oublie qu’en 758-763, Pépin le Bref se fait envoyer par le pape Paul Ier des textes grecs, notamment la Rhétorique d’Aristote.

Cet intérêt médiéval pour les sources grecques trouvait sa source dans la culture chrétienne elle-même. Les Evangiles furent rédigés en grec, comme les épîtres de Paul. Nombre de Pères de l’Eglise, formés à la philosophie, citent Platon et bien d’autres auteurs païens, dont ils ont sauvé des pans entiers. L’Europe est donc demeurée constamment consciente de sa filiation à l’égard de la Grèce antique, et se montra continûment désireuse d’en retrouver les textes. Ce qui explique, des Carolingiens jusqu’au XIIIe siècle, la succession des « renaissances » liées à des découvertes partielles.

La culture grecque antique fut-elle pleinement accueillie par l’islam ? Sylvain Gouguenheim souligne les fortes limites que la réalité historique impose à cette conviction devenue courante. Car ce ne furent pas les musulmans qui firent l’essentiel du travail de traduction des textes grecs en arabe. On l’oublie superbement : même ces grands admirateurs des Grecs que furent Al-Fârâbî, Avicenne et Averroès ne lisaient pas un mot des textes originaux, mais seulement les traductions en arabe faites par les Araméens… chrétiens !

Parmi ces chrétiens dits syriaques, qui maîtrisaient le grec et l’arabe, Hunayn ibn Ishaq (809-873), surnommé « prince des traducteurs », forgea l’essentiel du vocabulaire médical et scientifique arabe en transposant plus de deux cents ouvrages – notamment Galien, Hippocrate, Platon. Arabophone, il n’était en rien musulman, comme d’ailleurs pratiquement tous les premiers traducteurs du grec en arabe. Parce que nous confondons trop souvent « Arabe » et « musulman », une vision déformée de l’histoire nous fait gommer le rôle décisif des Arabes chrétiens dans le passage des oeuvres de l’Antiquité grecque d’abord en syriaque, puis dans la langue du Coran.

Une fois effectué ce transfert – difficile, car grec et arabe sont des langues aux génies très dissemblables -, on aurait tort de croire que l’accueil fait aux Grecs fut unanime, enthousiaste, capable de bouleverser culture et société islamiques. Sylvain Gouguenheim montre combien la réception de la pensée grecque fut au contraire sélective, limitée, sans impact majeur, en fin de compte, sur les réalités de l’islam, qui sont demeurées indissociablement religieuses, juridiques et politiques. Même en disposant des oeuvres philosophiques des Grecs, même en forgeant le terme de « falsafa » pour désigner une forme d’esprit philosophique apparenté, l’islam ne s’est pas véritablement hellénisé. La raison n’y fut jamais explicitement placée au-dessus de la révélation, ni la politique dissociée de la révélation, ni l’investigation scientifique radicalement indépendante.

Il conviendrait même, si l’on suit ce livre, de réviser plus encore nos jugements. Au lieu de croire le savoir philosophique européen tout entier dépendant des intermédiaires arabes, on devrait se rappeler le rôle capital des traducteurs du Mont-Saint-Michel. Ils ont fait passer presque tout Aristote directement du grec au latin, plusieurs décennies avant qu’à Tolède on ne traduise les mêmes oeuvres en partant de leur version arabe. Au lieu de rêver que le monde islamique du Moyen Age, ouvert et généreux, vint offrir à l’Europe languissante et sombre les moyens de son expansion, il faudrait encore se souvenir que l’Occident n’a pas reçu ces savoirs en cadeau. Il est allé les chercher, parce qu’ils complétaient les textes qu’il détenait déjà. Et lui seul en a fait l’usage scientifique et politique que l’on connaît.

Somme toute, contrairement à ce qu’on répète crescendo depuis les années 1960, la culture européenne, dans son histoire et son développement, ne devrait pas grand-chose à l’islam. En tout cas rien d’essentiel. Précis, argumenté, ce livre qui remet l’histoire à l’heure est aussi fort courageux.
ARISTOTE AU MONT SAINT-MICHEL. LES RACINES GRECQUES DE L’EUROPE CHRÉTIENNE de Sylvain Gouguenheim. Seuil, « L’Univers historique », 282 p., 21 €.

3 commentaires pour Livres: Non, M. Chirac, les racines de l’Europe ne sont pas musulmanes! (French historian confirms Europe’s Greek, non Muslim roots)

  1. […] ou, reniant alternativement nos racines judéo-chrétiennes, nous en imposer de musulmanes avec les minarets et les burqas qui vont avec […]

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  2. antoine dit :

    Ce pauvre il a trahi tout le monde et il a raconté n’importe..un pauvre que l’on oubliera bien..c’est cet individu qui a appelé à voter Hollande pour faire battre Sarkozy..que c’est minable de voir que M Pinault a été le premier à être invité à déjeuner par Hollande à l’Elysée..mais ils n ont pas honte, ces gens riches et voleurs? Antoine

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