Irlande du nord: Quand la paix a changé le camp (Maze still divides Northern Ireland)

H block (Maze prison)Tous les envoyés spéciaux ont le même problème : on les envoie sur place pour être dans l’histoire. Quand on leur demande de faire très court, ils se retrouvent obligés de synthétiser et de résumer, ce qui les oblige à se placer au-dessus. Et lorsqu’après on demande aux gens ce qu’ils pensent des journalistes, ils leur reprochent d’être tout le temps au-dessus. On place les journalistes dans une position d’échec inéluctable. La volonté qu’on a eue, au départ, c’est de raconter une histoire de dedans, où le journaliste est quelqu’un qui voit, qui entend et qui raconte de dedans. Et ça, ça demande un peu de longueur et de détail : les gens ont des habits, des couleurs, des odeurs… Notre projet, c’est de faire vivre le récit, au sens du reportage, dans tous ses genres : écrit, dessin, photo… (…) En Espagne, en Italie, dans la presse anglo-saxonne, le journalisme de récit vit. Il n’y a qu’en France où les directeurs de rédaction ont le sentiment de faire une immense faveur en laissant passer un vrai reportage. Patrick de Saint-Exupéry (rédacteur en chef de XXI)

A l’heure de l’information jetable des journaux gratuits, des chaines d’info en continu, des « coups » vidéo sur daily motion ou les sites internet des Nouvel obs (le faux SMS de l’ex à Sarko) ou autres Marianne (le débinage de la Môme Cotillard), des journalistes-combattants

Mais aussi de l’audacieux lancement, il y a tout juste un mois, du nouveau trimestriel XXI, par le grand reporter du Figaro Patrick de Saint-Exupéry (l’un des rares journalistes, notamment, à ne pas avoir relayé l’info d’Etat et à avoir dit la vérité sur la complicité française lors du génocide rwandais) et l’éditeur Laurent Beccaria qui reprend la grande tradition américaine (NYTimes Magazine, New Yorker, Atlantic Monthly ou Vanity Fair) ou britannique (Granta avec ses Rushdie, Kureishi ou Naipaul) des enquêtes ou articles d’actualité au long cours (de 10 à 30 pages associant journalistes, romanciers, dessinateurs, photographes et documentaristes sur… 200 pages et sans pub !) …

Retour, en cette fête de Saint Patrick et via l’un des derniers articles pour Libération de Sorj Chalandon (qui, proche des Républicains, parle justement dans la revue XXI de son amitié avec le fameux membre de l’IRA inflitré et assassiné – merci les journalistes indélicats qui avaient révélé son adresse! – il y a deux ans Dennis Donaldson), sur la destruction et réhabilitation, passablement controversée, du site d’un des derniers symboles du conflit d’Irlande du nord, la fameuse prison de Maze ou Long Kesh.

Dont, bien qu’elle abritât à la fois des prisonniers de l’IRA et des groupes unionistes protestants, le Sinn Fein avait fait, au prix de la vie des célèbres grévistes de la faim de 1981, le symbole de son combat …

Irlande du Nord
La paix change le camp
Accompagné d’anciens détenus, notre envoyé spécial a visité la prison de Long Kesh avant qu’elle ne soit détruite et remplacée par un stade, des cinémas, des restaurants, des pubs… Pour mémoire, seront conservées les cellules où sont morts les grévistes de la faim républicains de 1981.
Sorj CHALANDON
Libération
Le 6 septembre 2006

Belfast envoyé spécial
Je ne voulais pas venir. Ce sont mes amis qui me l’ont demandé.» Diarmuid Fox murmure. Il est fermé, tendu. Mains dans les poches, lunettes noires malgré le ciel bas, il regarde les miradors déserts, les réseaux de barbelés, les hauts murs, les grilles et les mauvaises herbes. Sa femme marche à ses côtés. Elle s’appelle Nora. Elle observe son homme, souriante et inquiète à la fois. «Y a-t-il d’anciens résidents ?» demande timidement la représentante de l’Office pour l’Irlande du Nord. «Moi», répond Diarmuid Fox. «Moi aussi», dit un autre homme, main levée. Il s’appelle Owen McCormick. «Soyez les bienvenus», reprend la fonctionnaire britannique.
Soldats de l’Armée républicaine irlandaise, Diarmuid Fox, 53 ans, et Owen McCormick, 50 ans, ont tous deux été détenus dans cette prison. Seize ans pour le premier, quinze pour le second. Les revoilà aujourd’hui à la porte du camp de Long Kesh, près de la ville de Maze, à 14 kilomètres au sud de Belfast. Entre le 9 août 1971 et le 28 juillet 2000, près de 25 000 républicains et loyalistes (fidèles au Royaume-Uni) ont été emprisonnés ici. En septembre 2000, le camp a fermé ses portes. Après la trêve décrétée par l’IRA en 1994, libérer tous les prisonniers et vider l’immense prison était l’un des engagements majeurs des Britanniques en faveur du processus de paix.

Long Kesh va être détruit. En attendant les pelleteuses, l’association d’anciens prisonniers républicains Coiste organise des visites pour les ex-détenus, leurs parents, leurs amis. Aujourd’hui, accompagnant Fox et McCormick, une dizaine de personnes. Et c’est un membre de l’administration britannique qui les guide aimablement à travers les barbelés.

Un symbole de normalisation

Mais quoi ? Que faire maintenant du camp de prisonniers ? La question a été sérieusement posée le 14 janvier 2003. Ce jour-là, un groupe de travail est mis en place pour décider du futur de la prison, auquel succède un panel, composé des quatre grands partis d’Irlande du Nord (unionistes et nationalistes), d’officiels britanniques et d’élus de la région de Lisburn, où se trouve le camp. Dans l’imaginaire des républicains irlandais, Long Kesh tient une place à part. S’il leur fallait ne conserver qu’une unique expression des souffrances endurées, ce serait Long Kesh. «On doit en faire un musée.» Au début, c’est le souhait des républicains. Toucher le moins possible. Laisser en l’état. Garder pour toujours ce lieu de mémoire. Les autorités sont contre ce voeu. Au symbole du combat de l’IRA, les Britanniques veulent opposer l’emblème du développement social et économique. Le site est immense, 1,4 million de mètres carrés. Parfaitement situé, à quelques centaines de mètres de l’autoroute reliant l’Irlande du Nord à la république sudiste. Les baraquements sont délabrés. Le terrain est en friche. Sanctuariser ce confinement sinistre ne leur semble pas aller dans le sens de la réconciliation. D’autant que les unionistes n’ont pas d’attachement particulier pour cette mémoire. Des centaines de paramilitaires protestants ont été emprisonnés dans ces mêmes enclos, mais aucune voix ne s’est élevée dans ce camp pour exiger sa conservation.
Pendant des mois, le groupe de réflexion travaille. Il consulte. Anciens prisonniers, professeurs d’université, architectes, acteurs de la vie politique et sociale, personnalités étrangères. La population locale est même appelée à envoyer ses propositions. «Quelle utilisation souhaiteriez-vous pour le futur de la prison ?» demandait un formulaire officiel. «Tourisme ? Commerces ? Environnement ? Sports et loisirs ? Education et santé ?» Peu à peu, une idée émerge. Celle d’un grand stade. Un stade «mixte», où joueurs de sports anglais et gaéliques trouveraient leur place. Où catholiques nationalistes et unionistes protestants pourraient tour à tour se divertir. Un symbole fort de normalisation.

«Oh ! Mon Dieu», dit doucement Nora. Nous venons d’entrer dans la cage («cellule») numéro 19, Diarmuid Fox s’est tu. Tout à l’heure, il racontait la prison. Le quotidien, la solitude, les tentatives d’évasion. Comme les autres, la fonctionnaire britannique l’écoutait. Voici le vieux Long Kesh, celui du statut de prisonniers politiques. C’est ici, jusqu’au 1er mars 1976, qu’ont été placés les combattants des deux camps. Un ancien terrain d’avion de la RAF. Des hangars de tôle ondulée en forme de demi-lune. Vingt et une cages, quatre-vingt-quatre hommes par cage. Nora regarde son mari. Il est près d’une petite fenêtre sale, aux barreaux rouillés. Au-dessus, une planche disjointe avec «Fox», son nom, et «51», son matricule. «C’est l’écriture de mon père, explique l’ancien prisonnier. Il m’avait apporté cette planche pour aménager la fenêtre. Il a été tué peu après par les paramilitaires loyalistes.» «On la reprend ?» demande Nora Fox. Son mari tire un peu sur le bois. Il tient bon. Regarde encore le morceau d’aggloméré. Puis décide de le laisser là. «C’est moi qui ai installé cette douille électrique», sourit l’ancien prisonnier. «Tu pourrais me faire ça à la maison ?» taquine sa femme. Puis il sort de sa cellule. Entre encore. Revient une dernière fois. Diarmuid Fox avait abattu un membre de la police royale d’Ulster. Il regarde le ciel grillagé. Sa femme le laisse seul. Elle a les larmes aux yeux. «C’est cette cage -là que vous allez conserver ?» demande Fox à la fonctionnaire. «C’est celle-là», répond la femme. «Alors je laisse tout ça en place», murmure l’Irlandais.

Les blocks en bordure du site

Le 30 mai dernier, le groupe d’écoute et de réflexion approuve l’ébauche d’un maître plan pour l’avenir de Long Kesh. Les Britanniques ont obtenu ce qu’ils voulaient. Et les républicains gardent la tête haute. Pour les premiers, voici venir un immense chantier. L’idée du stade mixte a fait son chemin. Sur plan, sur maquette, en photos virtuelles. D’une capacité de 42 000 spectateurs. Certains, même, le disent destiné à recevoir une partie des compétitions olympiques de Londres, en 2 012. Mais que faire d’un stade, en pleine nature et loin de tout, si ce n’est le socle d’une infrastructure plus complexe ? Voilà donc un centre équestre, un parc immense, un cinéma multiplexe, des restaurants, des pubs, un hôtel, un centre de loisirs, un bureau de chômage. Une ville en miniature, qui devrait générer du travail pour près de 6 000 personnes.

Après de longs débats, ce projet a été accepté par le mouvement républicain irlandais. Mais cet aval avait un prix : respecter le coeur de la douleur. Garder intact l’hôpital de la prison, où sont morts de faim en 1981 le député Bobby Sands et neuf de ses camarades. Ce ne sera pas un musée. Le mot ne convenait pas à tous. Mais un élément du nouveau «Centre international de réflexion sur la résolution des conflits». La cage 19, celle de Diarmuid Fox, sera conservée. Et aussi un block H. Et un mirador avec. Tout cela soigneusement démonté, puis regroupé en bordure du site.

Les voici, ces blocks. Des bâtiments en forme de H, posés non loin des cages, entourés de barbelés, et de grilles, et de portes, et d’enclos. Fox se tait une nouvelle fois. McCormick ne dit rien. Le petit groupe passe les portes du block H4 comme le seuil d’un sanctuaire. A partir du 1er mars 1976, après le retrait du statut politique, les combattants des deux camps ont été enfermés là. Chacun isolé dans une cellule de 2,50 x 2,10 m. Parce qu’ils refusaient le statut de droit commun et le costume carcéral, des centaines d’hommes ont vécu nus sur le ciment, enroulés dans leur couverture de lit, pendant quatre ans, étalant leurs excréments sur les murs de leurs cellules, car ils n’avaient pas le droit de vider leur tinette sans se soumettre au règlement.

Quelques mots en gaélique

C’est là, dans cette obscurité, les mains en porte-voix, que Bobby Sands a enseigné le gaélique à ses camarades. Là aussi qu’il a décidé de se laisser mourir de faim. Tout est encore en place. Les seaux, les sommiers tachés d’humidité, les murs délabrés, les rideaux sur le sol. «C’est hanté», dit Kevin. Il frissonne. Son père était retenu entre ces murs.
«Je suis absolument contre la construction d’un stade à Long Kesh !» explique Ian Quinn. Il a 35 ans. Il est postier, n’a jamais été en prison. Juste une mise en garde pour excès de vitesse. Quinn est protestant, mais il ne fait pas de politique. Quinn a signé la pétition contre le stade à Long Kesh. Seule protestation officielle existante aujourd’hui. «Nous voulons notre stade à Belfast, pas à Maze», exigent les mécontents. Hier, 5 septembre, 1005 personnes avaient signé le texte. Ce sont des supporteurs de football. C’est tout. Ils estiment que le site est trop loin de la ville. Pas pratique. Mal desservi et offert à un «marché captif». «Nous voulons choisir notre pub après le match, pas aller là où on nous dit d’aller», explique encore Ian Quinn. Il pense que tout ça, c’est de la «combine» de politiciens qui n’y connaissent rien en football. «Tous pareils ! Unionistes ou nationalistes ! Ils font ça parce que ça arrange tout le monde. Mais ils verront, quand personne ne fera le voyage de France ou d’ailleurs pour aller s’enfermer dans un stade au milieu de nulle part !»

Une cellule sombre. Un sommier. Un silence de deuil. Voici l’hôpital-prison. Le lit de Bobby Sands. Le petit groupe s’est séparé. Chacun se recueille seul. Ici et là, quelques murmures en gaélique. Nora touche le fer du lit. Un homme effleure le mur à deux doigts. Un mobile capture une vague photo. La fonctionnaire s’est retirée. Elle laisse ces femmes et ces hommes entre eux. «Il s’appelait comment le prêtre, au chevet de Bobby ?» demande un homme. «Je ne sais plus», répond un autre.
«Un stade», lâche doucement Diarmuid Fox. Et rien d’autre. Il est dans un mirador du tour de ronde. A perte de vue, les mêmes barbelés, les mêmes grilles, le même silence. «Nous n’avons jamais vu de fleurs», dit encore l’ancien prisonnier. Aujourd’hui, elles poussent libres entre les graviers du sol, dans les blessures de murs et les déchirements de tôle ondulée. Il est là, face au ciel, aux mouettes basses, au vent. «Je ne voulais pas revenir ici», dit-il encore. Longuement, il regarde ce qui ne sera plus.

Voir aussi l’entretien sur le blog d’XXI:

Sorj Chalandon: L’honnêteté du récit
Le blog XXI
Le 4 mars 2008

Journaliste, Sorj Chalandon a raconté, dans le premier numéro de XXI, l’histoire de son amitié avec le membre de l’IRA, Dennis Donaldson et la trahison de ce dernier. Il revient pour le blog sur l’impératif d’honnêteté qui l’a guidé tout au long de son travail en Irlande du nord.

INTERVIEW

Comment avez-vous concilié votre proximité avec les républicains nord-irlandais et le devoir d’honnêteté du journaliste ?

Si je me suis senti proche de l’idée du républicanisme irlandais, et si le soir venu, à Belfast, mes pubs étaient républicains, je me suis interdit les éditoriaux et les commentaires. J’ai cherché à raconter le conflit, ce que je voyais en étant sur place.

Il faut se souvenir de la couverture du conflit nord-irlandais par la presse française. Entre la fin des années 60 et la fin des années 90, il n’y a eu que de brefs répits dans un traitement très caricatural du mouvement républicain. La première, à la fin des années 60, lorsque le public a découvert l’oppression des nord-Irlandais catholiques, la violence de la police et de ses supplétifs civils. Une seconde, en 1981, pendant la grève de la faim de Bobby Sands et des 9 autres prisonniers républicains. Pour le reste, dès lors que les faibles ont décidé de se défendre, c’est le mouvement républicain dans son ensemble qui fut assimilé au terrorisme, sans réflexion sur son origine. C’est ce traitement qui doit être questionné.

Il y a des zones où la subjectivité semble poser moins de questions. Qui s’étonne du soutien des journalistes au commandant Massoud ? Quelles sont les interrogations face à ce qui ressort du commentaire absolu dans le couverture du régime castriste ? Je n’ai pas franchi cette limite-là.

Vous vous êtes senti isolé pendant toutes ses années ?

Pendant trente ans, j’ai été extrêmement seul, y compris au sein de mon propre journal, où mon intérêt pour l’Irlande était vu comme un hobby, ou une lubie. À Libération, j’ai heureusement bénéficié de la confiance de Serge July, que j’ai amené à Belfast à sa demande, en 1979.

Les médias soutenaient la politique répressive du Royaume-Uni et il m’a fallu constamment justifier ce qui était perçu comme mon « soutien » à l’IRA. Pour autant, je n’ai pas pris ce contre-pied par attirance pour le «politiquement incorrect», mais plutôt du fait d’un soutien sincère et une vision du métier de journaliste. Ce suivi a payé, puisque c’est Libération qui publie l’interview du Conseil de l’Armée (Army Council) de l’IRA annonçant le cessez-le-feu en 1994 : l’opinion britannique en prendra connaissance dans le journal.

Vous n’avez jamais eu l’impression que vous étiez passé de «l’autre côté», que votre travail journalistique pâtissait de votre sensibilité ?

Libération était un journal exigeant. La volonté d’équilibre y était extrêmement forte. Si j’oubliais le camp unioniste, il y avait toujours une remise à niveau. Les républicains aussi d’ailleurs me demandaient «d’aller dans le camp d’en face». J’ai consacré un temps important à aller à la rencontre des unionistes. Et c’était crucial. Je n’avais pas le droit de passer à côté de l’évolution de la mentalité protestante, forte depuis les années 80. On a vu apparaître la notion d’un «héritage irlandais», au sein de gens qui se sentent avant tout britanniques.

Mon projet a été de comprendre les peurs des deux camps et deux trajectoires parallèles : chez les républicains, celle du «fusil et du bulletin de vote» ; chez les unionistes, celle de l’acception du partage du pouvoir et des droits d’une part et de leur identité irlandaise d’autre part. Ce suivi s’est accompagné d’un devoir d’explication : être précis sur la guerre, sur les mots employés…

Vous ne pensez pas avoir été utilisé par l’IRA ?

Si par là, on entend communiquer des informations fausses, jamais. En donnant à comprendre le conflit, je travaillais pour l’établissement des faits. Certains de mes reportages ont été mal pris par le mouvement. Je me souviens notamment d’un article écrit à la suite de la création de la «Direct Action Against Drugs», une émanation de l’IRA destinée à éliminer les trafiquants de drogues. C’était au milieu des années 90, et nous étions après le premier cessez-le-feu. L’organisation avait revendiqué huit «exécutions» de dealers. L’IRA était très embarrassée lorsque j’ai rapporté que certains de ses membres en consommaient eux-mêmes.

Il y a eu également l’épisode de l’attentat contre le magasin Harrods à Londres le 17 décembre 1983. J’avais obtenu d’un membre de l’Etat Major de l’IRA l’information qu’une cellule dormante avait agi sans ordre de la hiérarchie. Il m’avait été dit que les coupables seraient «châtiés». Mon interlocuteur a démenti ses propos par la suite, mais l’IRA nous a confrontés, et ma source a finalement reconnu ses dires.

Je n’ai jamais eu l’impression d’être inféodé. Je veux pouvoir paraître devant les Protestants les mains et la tête propres. Le meilleur signe en est la crédibilité que j’ai acquise.

Propos recueillis par M.N.

BIOGRAPHIE

Journaliste, Sorj Chalondon a couvert l’actualité du conflit nord-irlandais pour Libération pendant plus de 30 ans. Proche de la cause nord-irlandaise, il a noué une relation d’amitié très forte avec un membre de l’IRA, Dennis Donaldson. De cette relation, et de la traîtrise de son ami, il a tiré un roman, Mon traître, et un récit pour le premier numéro de XXI. Il est titulaire du prix Albert-Londres en 1988 pour son travail en Irlande du nord et sur le procès de Klaus Barbie. Il a publié chez Grasset Le petit Bonzi (2005), Une promesse (2006), prix Médicis, et Mon traître (2008).

Voir enfin:

IRA was offered deal, says Bradley
Kate Butler and Liam Clarke
The Sunday Times
April 30, 2006

THE claim that the IRA was offered a deal by the British government that could have saved the lives of at least six of the 1981 hunger strikers has been supported by Denis Bradley, the former deputy chairman of the Northern Ireland Policing Board.

In an RTE documentary to be broadcast this week, Bradley, who later acted as an intermediary between the IRA and the British, says the deal offered by Margaret Thatcher’s government was similar to the one that was eventually accepted.

Bradley said his information came from people involved directly. “The memory, and there is some dispute about this, is that there was a phone call on a particular night direct to Maggie Thatcher as she was on her way to a conference in Portugal,” he says in the programme.

“What she was offering that night was basically what the hunger strikers settled for. There are some disputes around that, and I wasn’t there and I can’t be authoritative. But the story I heard is that the representative of the republican movement who was in the room was offered the settlement basically on the grounds of what was ultimately settled for.”

The British government representative recommended that republicans “should take this offer”, but Bradley says it was left to the prisoners in the Maze to decide. “It didn’t happen, and it went on. I think at that stage about three people were dead on the hunger strike, and it went on to become more.”

Bradley’s comments support claims made last year in a book by Richard O’Rawe, the IRA spokesman in the Maze prison at the time. O’Rawe said he and Brendan “Bik” McFarlane, the IRA prisoner’s commanding officer, accepted concessions offered by the Foreign Office on July 5, 1981, before Joe McDonnell, the fifth prisoner, died.

He says four key demands were conceded by the government, including prisoners’ right to wear their own clothes; segregation from loyalists; more visits; and education courses. Only free association for IRA prisoners was refused. But the IRA army council would not accept the deal.

According to O’Rawe’s book: “I said: ‘Bik, there’s enough there’, and his response was, ‘I agree with you, I’ll write to the outside and let them know’.”

McFarlane has denied this. “I would certainly, on no occasion, tell Richard O’Rawe, or anyone else, that a deal was there,” said McFarlane. “In his book he quotes me agreeing with him that this is a good deal, and that I would write to the (IRA) army council and tell them we’re accepting it. It never happened.”

Yesterday O’Rawe said Bradley had vindicated his position. “One of the points that I was denigrated on was the fact that I said that the offer came from the horse’s mouth, ie Maggie Thatcher. Bradley has now confirmed that,” he said.

“It was an offer. McFarlane had been adamant that there was no offer whatsoever. Bradley has now said that there was. Gerry Adams has yet to say. Who rejected this offer and by what authority did they do so?” O’Rawe suspects that Adams himself may be the republican to whom the offer was made. “It is time Adams got off the fence and came out and told us what happened here,” he said.

But Danny Morrison, a former Sinn Fein spin doctor, has also disputed O’Rawe’s claim. “If there was this sensational offer that the republican leadership had influenced the hunger strikers against, one would have thought that someone from the Northern Ireland Office would have used that against Sinn Fein,” he said. “Anyone who could read the papers knew that an offer was there, but no deal.”

John Nixon, a former INLA hunger striker, has told the RTE documentary that after the death of Bobby Sands on May 5 there was talk of calling off the protest. “People were saying, ‘let’s call it off, we have made our point’,” he said.

Denis Faul, the former chaplain to the Maze prison, has criticised Sinn Fein’s use of the protest to promote itself. “Sinn Fein were doing very well,” he said. “They were having a ball when men were dying in jail.”

Garret FitzGerald, who was taoiseach during the hunger strikes, says the combination of the intransigence of the IRA and their desire to get more than the prisoners would have been willing to settle for, and the British concern to deal with them, led to the hunger strike going on. I was in despair about it, the stupidity of both sides.”

Additional reporting: Nicola Tallant

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