France/FARC: Cherchez l’erreur (France mourns dead FARC terrorist)

Anti-FARC protest (Bogota, Columbia)

C’est avec émotion que je viens d’apprendre le décès du Président Yasser ARAFAT, premier Président élu de l’Autorité palestinienne. Avec lui disparaît l’homme de courage et de conviction qui a incarné, pendant 40 ans, le combat des Palestiniens pour la reconnaissance de leurs droits nationaux. Jacques Chirac (le 11 novembre 2004)

C’est une mauvaise nouvelle que l’homme avec qui nous parlions, avec qui nous avions des contacts, ait été tué. Bernard Kouchner (France Inter, le 3 mars dernier)

Après Arafat,… Reyes!

Les forces de sécurité colombiennes annoncent la mort, coup sur coup, du numéro 2 puis d’un très haut gradé des trafiquants de bétail humain plus connus sous le nom de FARC …

On reçoit confirmation, derrière les gesticulations des uns et des autres (notamment les voisins vénézueliens et équatoriens, voire nicaraguains), du secret de polichinelle du soutien financier et probablement militaire des FARC par le bouffon de service Chavez (plusieurs centaines de millions de dollars pour un mouvement, soupçonné, par ailleurs, de « négocier l’achat de matériel radioactif, nécessaire à la fabrication d’armes sales de destruction et de terrorisme ») …

Et que croyez-vous que fait, gouvernement et médias confondus, une France décidément bien décalée?

Elle pleure le chef terroriste!

D’où l’urgence de lire la remise des pendules à l’heure de notre confrère Philippe Convers sur l’excellent site de nos amis de Five years later.

Extraits :

Les FARC commenceront à être raisonnables quand elles se sauront au bord de la défaite. Et Uribe les y conduit. Les libérations unilatérales de ces dernières semaines sont des mouvements tactiques coordonnés avec Chavez, qui veut à la fois étendre son influence en Colombie, tenter d’empêcher Uribe et ses alliés d’atteindre un plein succès et faire diversion sur la scène intérieure vénézuélienne, qui lui est moins favorable depuis quelques mois.

La position de la France est particulièrement lamentable pour trois raisons : – elle renforce la guérilla dans son jeu sinistre de manipulation des otages ; – elle met de côté tous les otages non échangeables, et dont personne en France ne semble vraiment comprendre qu’ils ne sont pas concernés par le fameux et mal nommé « échange humanitaire ». Ces anonymes, libérables contre d’énormes rançons, sont les grands oubliés de la diplomatie ; – elle autorise Chavez a pratiquer une intolérable et grossière ingérence dans les affaires colombiennes, le même Chavez qui a insulté la moitié des chefs d’Etat latinoaméricains, le roi d’Espagne, Tony Blair et tant d’autres.

Les Farc vus de Colombie
Philippe Convers
5YL
7 mars 2008

En quelques mots, les Colombiens ne croient pas à la possibilité d’une négociation sérieuse et raisonnable avec les FARC. N’oubliez pas qu’ils ont l’expérience de nombreux précédents qui ont tous capoté avec cette guérilla. Pourtant, d’autres guérillas, dans le passé, ont accepté de se démobiliser en échange d’une amnistie et de certaines prérogatives politiques. Les FARC ont toujours suivi une ligne absolutiste. A l’époque de l’union patriotique, dans les années 1980, épisode faussement présenté comme un geste de bonne volonté des FARC (l’union patriotique était un mouvement politique réunissant plusieurs communistes de différentes tendances ayant décidé de jouer le jeu démocratique et massacrés par des paramilitaires), les FARC ont poursuivi la lutte armée, suivant les vieux adages de la « combinaison de toutes les formes de lutte ». Plus récemment, entre 1999 et 2002, le prédécesseur d’Uribe avait concédé à cette même guérilla une zone de la taille de la Suisse, dont les pouvoirs publics s’étaient retirés. Non seulement, les FARC n’ont jamais négocié de bonne foi (c’était d’ailleurs le message d’Ingrid, quelques jours avant son enlèvement), mais elles ont profité de l’aubaine pour consolider leurs positions militaires et financières, via une vague d’enlèvements sans précédent, dont des milliers de Colombiens ont souffert, mais aussi et surtout via le trafic de cocaïne, dont la guérilla est devenue un artisan majeur.

Voilà pourquoi les Colombiens ne se font plus guère d’illusions sur une issue raisonnable et humanitaire au conflit. Certains y voient de l’insensibilité quant au sort des otages, j’y vois pour ma part une triste mais réelle lucidité. Les FARC commenceront à être raisonnables quand elles se sauront au bord de la défaite. Et Uribe les y conduit. Les libérations unilatérales de ces dernières semaines sont des mouvements tactiques coordonnés avec Chavez, qui veut à la fois étendre son influence en Colombie, tenter d’empêcher Uribe et ses alliés d’atteindre un plein succès et faire diversion sur la scène intérieure vénézuélienne, qui lui est moins favorable depuis quelques mois.

La position de la France est particulièrement lamentable pour trois raisons : – elle renforce la guérilla dans son jeu sinistre de manipulation des otages ; – elle met de côté tous les otages non échangeables, et dont personne en France ne semble vraiment comprendre qu’ils ne sont pas concernés par le fameux et mal nommé « échange humanitaire ». Ces anonymes, libérables contre d’énormes rançons, sont les grands oubliés de la diplomatie ; – elle autorise Chavez a pratiquer une intolérable et grossière ingérence dans les affaires colombiennes, le même Chavez qui a insulté la moitié des chefs d’Etat latinoaméricains, le roi d’Espagne, Tony Blair et tant d’autres.

Soyez sûr que les Colombiens aspirent à la paix et qu’ils savent mieux que Sarkozy et tant d’autres commentateurs aussi impuissants qu’ils sont irresponsables, ce qu’ils doivent à leur Président et à sa politique qui, une fois de plus, a fait progresser plus vite la Colombie en six ans que durant les trente années précédentes.

Enfin, s’agissant des liens douteux qu’aurait ce Président, je vous prie de le juger sur ce qu’il fait, plutôt que sur des rumeurs colportées en grande partie par l’extrême-gauche internationale. La plupart des chefs paramilitaires, qui gambadaient librement jusqu’en 2002, sont désormais en prison. L’armée colombienne saisit plus de drogue chaque année que pendant toute la décennie 1990. Et les groupes paramilitaires qui ont refusé d’abandonner les armes ou qui les ont reprises sont violemment pourchassés. Pour moi, c’est ça qui compte.

Très bonne soirée, n’hésitez pas à diffuser mon petit pensum !

Voir aussi la salutaire remise des pendules à l’heure de Jacques Thomet, dans le Monde en janvier dernier (d’ailleurs dûment « descendue », quelques jours plus tard, par le même Monde qui lui reprochait d’avoir omis de parler des groupes paramilitaires de droite dont Uribe aurait été à un moment proche), sur le président colombien et sa diabolisation en France:

La vérité sur les FARC sort, enfin
Jacques Thomet
Le Monde
Le 09.01.08

Les révélations de l’ADN sur le petit Emmanuel donnent raison au président colombien sur les otages

Le diable en Colombie, c’est désormais la guérilla, et non plus Alvaro Uribe, pour le public français. Une page se tourne enfin. Vilipendé jour après jour depuis six ans par la mère, la soeur, la fille et l’ex-mari d’Ingrid Betancourt, avec l’aide de Dominique de Villepin et de Jacques Chirac, le président de Colombie a fait d’un coup échec et mat aux narcoterroristes des FARC et à ceux qui épousaient leurs mensonges. Non pas après une offensive armée de grande envergure, mais par la grâce d’un enfant, Emmanuel.

Ingrid Betancourt et son chef de campagne pour la présidentielle de mai 2002 pour le parti Oxygène en Colombie, Claraleti Rojas, ont été enlevées le 23 février de cette année-là par les FARC, pour rejoindre le lot tragique des 3 000 otages d’une guérilla qui ne vit que du trafic de cocaïne et du rançonnement des civils séquestrés, pour un revenu à hauteur de 400 millions de dollars par an. Paris n’avait jamais éprouvé le moindre intérêt pour cette effrayante injustice jusqu’à la captivité d’Ingrid.

En Colombie, Ingrid n’a jamais été que l’un des 3 000 Colombiens aux mains des rebelles, et nul n’ignore qu’elle s’était jetée dans la gueule du loup en refusant d’obéir aux objurgations des services secrets de son pays qui l’avaient incitée, en vain, à ne pas poursuivre son chemin vers le repaire de la guérilla le 23 février 2002 (je garde par-devers moi un document secret qui le prouve). L’intervention publique de Jacques Chirac en sa faveur, sous la pression de Dominique de Villepin, a réussi à déformer la vision des médias français sur la tragédie colombienne. La scène y a longtemps opposé un méchant, Alvaro Uribe, à une guérilla « romantique » méprisée par le chef de l’Etat. Dans cette intrigue répétée sans relâche par la famille Betancourt, le président colombien endossait le rôle d’accusé.

Ni la famille Betancourt ni les médias français n’ont jamais reconnu les concessions faites par Alvaro Uribe, incapable il est vrai de s’assurer les services d’un organe de communication compétent. Ce président, élu au suffrage universel en 2002 avec 54 % des voix, a été réélu en 2006 avec 64 %, sur une plate-forme de « gant de fer contre les terroristes » (les FARC sont ainsi qualifiées officiellement par l’Union européenne). Contre tous ses engagements initiaux « de ne pas libérer un millimètre du territoire national au profit de la guérilla », cet ancien gouverneur de Medellin a accepté de négocier avec ces mêmes FARC qui avaient abattu son père, Alberto, en 1983, dans leur ferme. Le 13 décembre 2005, Uribe accepte même d’offrir 180 km2 de la Colombie aux FARC pour négocier un échange humanitaire sous l’égide de la France, de l’Espagne et de la Suisse. La guérilla rejette l’offre, et invoque son « refus de négocier avec le président colombien ». Les médias français n’évoquent jamais cet épisode.

En 2007, les FARC paraissent en mesure de mettre à genoux Alvaro Uribe. Sous la pression internationale de pays dont la France, il avait déjà accepté en juin de libérer un commandant de cette guérilla, Rodrigo Granda, sur la demande expresse de Nicolas Sarkozy, puis 152 rebelles, mais sans aucune contrepartie connue. Le président colombien fait un nouveau pas sur son chemin de Canossa. Il accepte alors en décembre 2007 de laisser son homologue du Venezuela – haï en Colombie pour ses relations avec le régime castriste – recevoir les trois otages que la guérilla veut libérer pour les lui confier à Caracas : Claraleti Rojas, son fils Emmanuel (conçu en captivité avec un guérillero), et une parlementaire, Consuelo de Perdomo. Ce « geste » des FARC confirme les relations étroites entre Hugo Chavez et les rebelles, qui disposent de centaines de camps de repli au Venezuela sur les 2 300 km de frontière commune entre les deux pays.

Un véritable cirque médiatique est alors monté par le président vénézuélien, avec la complicité d’une sénatrice colombienne d’extrême gauche, Piedad Cordoba. Huit pays dont la France envoient des délégués de haut rang : ambassadeurs, ministres, ou ex-président comme l’Argentin Nestor Kirchner. Le CICR de Genève attend comme eux la libération des otages. Le suspense se prolonge pendant cinq longues journées.

La désillusion est totale. Les FARC annoncent le 31 décembre 2007 leur refus de libérer les deux femmes et l’enfant Emmanuel, sous un prétexte fallacieux. La vérité sort alors de son puits. Emmanuel n’était plus chez les FARC, annonce dans la soirée Alvaro Uribe. Sous le faux nom de Juan David Gomez Tapiero, souffrait de malnutrition, paludisme et leishmaniose quand il avait été confié par les rebelles à un certain José Cristiano Gomez en juillet 2005. Quand les FARC ont voulu récupérer le bébé en décembre dernier, ils ignoraient qu’Emmanuel avait été transféré dans la capitale.

Les révélations du président colombien suscitent aussitôt la suspicion de la guérilla et de ses complices. Fabrice Delloye, l’ex-mari d’Ingrid Betancourt, dénonce le « machiavélisme » d’Alvaro Uribe le 3 janvier. Depuis près de six ans, il n’a cessé de vouer le chef de l’Etat aux gémonies, pour son refus des diktats de la guérilla. Hugo Chavez accuse son homologue colombien d’avoir « dynamité » la libération des otages par ses assertions.

La fourberie des FARC a renforcé Alvaro Uribe, déstabilisé Hugo Chavez – muet depuis ces révélations – et, hélas, ridiculisé tous les pays qui avaient oublié d’imiter Ulysse en ne se faisant pas attacher au mât pour échapper à l’appel de sirènes encore plus dangereuses que dans la mythologie : la sanglante guérilla colombienne.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :