ONU: Les chiens aboient, la caravane passe (Enough of UN’s wallflower playing already!)

Louise Arbour playing wallflower in Tehran (Sep. 2007)L’Organisation islamique pour l’Education, les Sciences et la Culture –ISESCO- a appelé tous les Etats membres à boycotter le Salon international du Livre à Paris dont l’invité d’honneur est Israël à l’occasion du 60e anniversaire de sa création. ISESCO (le 26 février 2008)
La Colombie est devenue l’Israël de l’Amérique Latine. Chavez
Il me semble que l’esprit de Durban règne en maître. A l’ONU, la prose de Durban 1 en pire s’écrit tous les jours. On entend des diatribes de l’Organisation de la Conférence Islamique soutenue par Cuba, le Venezuela, la Chine et la Russie. L’ONU est devenue la machine de propagande totalitaire, un véritable rouleau compresseur, une machine à broyer les droits universels. Durban 2 sera la consécration fin 2009 de ce qui s’écrit chaque jour, résolution après résolution, texte après texte, rapport après rapport dans des négociations où la plupart des démocraties ont un profil extrêmement bas. (…) De nombreux sujets sont en chantier, la définition du terrorisme, du racisme, de la démocratie, la remise en question de la déclaration universelle, l’élaboration de nouvelles normes qui commencent à inclure la diffamation de l’Islam et la limitation de la liberté d’expression. Ce n’est pas juste la question de la religion, ni même de l’Islam qui est en jeu, mais bien la conjonction à l’ONU de tous les totalitarismes. Malka Marcovich

Signe des temps ou bégaiement de l’histoire?

Après le scandale de Durban I et de Tehran 2007 et avant celui de Durban II, ne serait-ce pas en fait le retour du bon vieux temps de la guerre froide avec ses résolutions onusiennes à la « Sionisme = racisme » (3379, 10 novembre 1975), dont d’ailleurs seule la conclusion aurait été annulée en 91?

Pendant qu’en France les chiens aboient devant une prétendue atteinte à la République et à la laïcité de la part d’un président au franc parler qui dérange …

Une autrement plus menaçante caravane, à l’image de cette parodie de conférence des droits de l’homme de Téhéran en septembre dernier où une représentante de l’ONU aussi voilée que tétanisée dut se résigner à faire tapisserie, est tranquillement en train de passer.

A savoir, comme le rappelait la semaine dernière dans une tribune du Monde un collectif d’intellectuels autour d’Alain Finkiekraut, l’alliance du gotha démocratique de la planète.

A commencer par la parodie d’ONU islamique, la Conférence des organisations islamiques, bien connue pour ses contre-déclarations des droits de l’homme et ses boycotts anti-israéliens.

Le Mouvement des non-alignés, derrière les parangons de vertu démocratique que sont la prison à ciel ouvert de Cuba, le Venezuela financeur des trafiquants de bétail humain et l’Iran des conférences de la honte et des téléthons pour la solution finale.

Sans oublier les autres grands modèles de libéralisme mais aussi maitres accomplis de cynisme, nos amis chinois et russes.

Pour, au nom du multiculturalisme et en l’assimilant au racisme, faire légitimer par l’ONU elle-même l’interdiction de toute critique de l’islam et la mise au pilori des libertés individuelles

Extraits :

La confusion des esprits est à son comble quand est dénoncée comme une attitude raciste toute critique de la religion. C’est une menace radicale contre la liberté de penser qui est en train d’être cautionnée par l’ONU. En assimilant au racisme toute critique des dérives de ceux qui parlent au nom de l’islam, parce que supposée relever d’attitudes néocolonialistes, les porte-parole de cette nouvelle alliance serrent un peu plus le garrot qu’ils ont passé au cou de leurs propres peuples et sapent les fondements d’une civilité très chèrement acquise en Europe depuis les guerres de religion.

Le CDH est devenu une machine de guerre idéologique à l’encontre de ses principes fondateurs. Ignorée des grands médias, jour après jour, session après session, résolution après résolution, une rhétorique politique est forgée pour légitimer les passages à l’acte et les violences de demain.

L’ONU contre les droits de l’homme
Le Monde
27.02.08

L’année 2008 verra-t-elle simultanément le soixantième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme par l’ONU et la destruction de ses principes par la même ONU ? Tout porte à le redouter, tant depuis un certain nombre d’années, par ses dérives, l’ONU s’est caricaturée.

A Durban, en Afrique du Sud, s’est tenue en 2001 la Conférence mondiale contre le racisme, à l’initiative des Nations unies, dans la ville même où Gandhi avait commencé à exercer son métier d’avocat. C’est au nom des droits des peuples que furent scandés des « mort à l’Amérique ! » et « mort à Israël ! » ; et c’est au nom du relativisme culturel qu’on fit silence sur les discriminations et violences commises contre les femmes.

Alarmée par les graves dysfonctionnements ainsi mis en lumière au sein de sa Commission des droits de l’homme, l’ONU inaugurait en juin 2006 un tout nouveau Conseil des droits de l’homme (CDH), censé remédier à de si préoccupantes dérives. Aujourd’hui, le constat est plus qu’amer : c’est à la consécration même de ces dérives que nous assistons dans la perspective du forum dit de Durban 2, qui se tiendra en 2009. Plus gravement encore, l’élaboration officielle de nouvelles normes marquera, si celles-ci sont gravées dans le marbre d’une nouvelle et très particulière « déclaration des droits de l’homme », la mise à mort de l’universalité des droits.

Par sa mécanique interne, les coalitions et les alliances qui s’y constituent, les discours qui s’y tiennent, les textes qui s’y négocient et la terminologie utilisée anéantissent la liberté d’expression, légitiment l’oppression des femmes et stigmatisent les démocraties occidentales.

Le CDH est devenu une machine de guerre idéologique à l’encontre de ses principes fondateurs. Ignorée des grands médias, jour après jour, session après session, résolution après résolution, une rhétorique politique est forgée pour légitimer les passages à l’acte et les violences de demain.

Une triple alliance composée de la Conférence des organisations islamiques (OCI), représentée jusqu’à ce jour par le Pakistan, du Mouvement des non-alignés, où Cuba, le Venezuela et l’Iran ont un rôle central, et de la Chine – avec la complaisance cynique de la Russie – oeuvre ainsi à la mise en place d’une véritable révolution prétendument « multiculturelle ». Ainsi, le rapporteur spécial de l’ONU sur les formes contemporaines de racisme, Doudou Diène, déclare d’ores et déjà qu’énoncer une critique contre le port de la burqa constitue une agression raciste, que la laïcité est ancrée dans une culture esclavagiste et colonialiste et que la loi française contre le port des signes religieux à l’école participe du racisme antimusulman, renommé « islamophobie occidentale ».

La confusion des esprits est à son comble quand est dénoncée comme une attitude raciste toute critique de la religion. C’est une menace radicale contre la liberté de penser qui est en train d’être cautionnée par l’ONU. En assimilant au racisme toute critique des dérives de ceux qui parlent au nom de l’islam, parce que supposée relever d’attitudes néocolonialistes, les porte-parole de cette nouvelle alliance serrent un peu plus le garrot qu’ils ont passé au cou de leurs propres peuples et sapent les fondements d’une civilité très chèrement acquise en Europe depuis les guerres de religion. En septembre 2007, la haut-commissaire aux droits de l’homme, Louise Arbour, participait à une conférence à Téhéran consacrée aux « droits de l’homme et (à) la diversité culturelle ». Portant le voile, comme la loi de la République islamique l’exige, la haut-commissaire a été le témoin passif de l’énoncé des principes à venir, ainsi résumés : « offense aux valeurs religieuses considérée comme raciste ».

Bien pire, dès le lendemain de cette visite, vingt et un Iraniens, dont plusieurs mineurs, furent pendus en public. C’est en sa présence que le président Ahmadinejad a renouvelé son appel à la destruction d’Israël, pays membre de l’ONU, créé par cette dernière. Interrogée sur son silence, la haut-commissaire a justifié sa passivité par le respect de la loi iranienne, auquel, en tant que juriste, elle s’estimait tenue, et par souci de « ne pas offenser ses hôtes ». Charbonnier est maître chez soi… C’est le docteur Goebbels qui utilisait cet argument d’opportunité, à la tribune de la Société des nations en 1933, pour se soustraire à toute critique d’une institution internationale impuissante, mais dont les principes n’étaient au moins pas dévoyés comme ceux de l’ONU aujourd’hui.

Les grands crimes politiques ont toujours eu besoin de mots pour se légitimer. La parole annonce le passage à l’acte. De Mein Kampf à Radio Mille Collines, de Staline à Pol Pot, les exemples abondent pour confirmer la nécessaire extermination de l’ennemi du peuple au nom de la race, au nom de l’émancipation des masses laborieuses ou au nom d’un ordre supposé divin. Les idéologies totalitaires avaient remplacé les religions. Leurs crimes, les promesses non tenues « d’avenir radieux » ont ouvert grande la porte au retour de Dieu en politique. Le 11 septembre 2001, quelques jours après la fin de la conférence de Durban, c’est bien au nom de Dieu que le plus grand crime terroriste de l’histoire fut commis.

Face à cette stratégie, les démocraties, d’abord soucieuses de leur balance commerciale, font preuve d’une extraordinaire passivité. Que pèse le sort du peuple tibétain face aux enjeux des exportations vers la Chine ? Quel est le prix de la liberté pour Ayaan Hirsi Ali, ex-députée néerlandaise, menacée de mort, après l’assassinat en 2004 de son ami le réalisateur Théo Van Gogh, accusé d’avoir blasphémé l’islam dans le film Soumission ? Les exemples s’additionnent qui, de Taslima Nasreen à Salman Rushdie, de Robert Redeker à Mohamed Sifaoui, apportent la preuve que l’intégrisme islamiste impose sa loi par la terreur. Combien d’Algériens, de femmes au Maghreb, au Proche-Orient, en Turquie, au Pakistan ont déjà payé du prix de leur vie le refus de se soumettre à l’obscurantisme religieux ?

Si, par malheur, l’ONU devait consacrer l’imposition de tels critères, si le blasphème devait être assimilé à du racisme, si le droit à la critique de la religion devait être mis hors la loi, si la loi religieuse devait s’inscrire dans les normes internationales, ce serait une régression aux conséquences désastreuses, et une perversion radicale de toute notre tradition de lutte contre le racisme, qui n’a pu et ne peut se développer que dans la liberté de conscience la plus absolue.

L’Assemblée générale de décembre 2007 a déjà entériné des textes condamnant des formes d’expression considérées comme diffamatoires de l’islam. L’enjeu est clair, il est mondial : c’est de la défense des libertés de l’individu qu’il est question.

Soit les démocraties se ressaisissent, à l’exemple du Canada, qui vient d’annoncer son refus de participer à la conférence de Durban 2, estimant qu’elle risquait d’être « marquée par des expressions d’intolérance et d’antisémitisme », et cessent de s’abstenir ou de voter des résolutions contraires à l’idéal universel de 1948, soit l’obscurantisme religieux et son cortège de crimes politiques triompheront, sous les bons auspices des Nations unies. Et lorsque les paroles de haine seront transformées en actes, nul ne pourra dire : « Nous ne savions pas. »

Premiers signataires : Elisabeth Badinter, Adrien Barrot, Patrice Billaud, Pascal Bruckner, Jean-Claude Buhrer, Chala Chafiq, Georges Charpak, Christian Charrière-Bournazel, Bernard Debré, Chahdortt Djavann, Jacques Dugowson, Frédéric Encel, Alain Finkielkraut, Elisabeth de Fontenay, Patrick Gaubert, Claude Goasguen, Thierry Jonquet, Liliane Kandel, Patrick Kessel, Catherine Kintzler, Claude Lanzmann, Michel Laval, Barbara Lefevbre, Corinne Lepage, Malka Marcovich, Albert Memmi, Jean-Philippe Moinet, Jean-Claude Pecker, Philippe Schmidt, Alain Seksig, Mohamed Sifaoui, Antoine Spire, Pierre-André Taguieff, Jacques Tarnero, Michèle Tribalat, Michèle Vianes,Elie Wiesel, Michel Zaoui.

Signatures de soutien à ce texte par e-mail à licra@licra.org. Liste complète des signataires sur http://www.licra.org.

Voir aussi:

Malka Marcovich: A l’Onu, la prose de Durban 1 s’écrit en pire tous les jours
Pierre Cassen
Riposte laïque
Le 21 février 2008

Riposte Laïque : Dans un an aura lieu ce qu’on appelle Durban II. Mais Durban I, en 2001, avait fait couler beaucoup d’encre. Peux-tu nous dire ce qui s’était vraiment passé ?

Malka Marcovich: Je ne pense pas que Durban 1 ait fait couler beaucoup d’encre. Les attentats sur les tours jumelles se sont déroulées quatre jours aprés la fin de la conférence rendant d’autant plus difficile une prise de parole sur l’ensemble des événements. Dans le forum des ONG, on a assisté à une flambée de violence antisémite invraissemblable dans une conférence organisée sous l’égide de l’ONU. Distribution de Mein Kampf, des protocoles des sages de Sion, exposition antisémite, appel au meurtre des juifs dans un stade en délire à l’issu d’un discours de plusieurs heures de Fidel Castro.

Certains ont même été jusqu’à parler du « pogrom de Durban ». Sans l’intervention de la police sud-africaine lors d’une manifestation hors de l’enceinte du forum qui se dirigeait vers le club juif de Durban, il y aurait eu certainement des blessés, voir des morts. Certes la violence antisémite était la plus visible, mais il y a eu d’autres violences dont il a été tout simplement impossible de parler. Les femmes ont été mises à silence, et le caucus (regroupement) des ONG d’Europe de l’Ouest a été putché pour avoir voulu se démarquer du langage de haine et condamner l’adoption du texte final des ONG en dehors de toutes procédures démocratiques.

Le putch du caucus des ONG européennes est extrêmement grave et représentait une attaque symbolique dont nous ne pouvons mesurer toutes les conséquences jusqu’à ce jour. Ce n’est pas un hasard si ces personnes ont cherché à faire taire et à intimider un regroupement d’ONG représentant une région politique en construction, forte d’une société civile extrêmement dynamique où le concept de démocratie participative a un sens profond.

Riposte Laïque : Comment les associations françaises présentes là-bas avaient-elles réagi ?

Malka Marcovich : Je parlerai plutôt des ONG européennes dont les françaises, ainsi que des ONG internationales telles que la FIDH, Amnesty, mais également d’autres comme Caritas. Il y a eu plusieurs cas de figure. Il y a eu celles qui sur place ont eu certains de leurs membres qui ont participé activement aux violences et se sont démarquées de l’antisémitisme (mais pas du putch des ONG européennes) au retour, leur réputation étant en cause comme le MRAP ou ENAR (European network against racism in Europe).

Il y a eu aussi celles qui comme la FIDH ont eu des membres qui ont participé aux violences, qui sur place ont accordé avec Amnesty et Human Rights Watch une interview au Monde affirmant qu’elles quittaient le forum, alors qu’elles sont restées, et n’ont fait aucun communiqué de presse ni pendant ni aprés. Il y a eu des ONG comme le Lobby européen des Femmes ou des syndicats comme Sud PTT, qui ont eu des putchistes en leur sein et ont préférer se taire au retour, faire comme s’il ne s’était rien passé, voir ont nié l’événement. Il y avait une telle pagaille qu’il était difficile même de savoir qui était qui. Celles et ceux qui à la fin du forum n’arboraient pas le Keffieh étaient à priori considéré comme des  » jewish pig lovers ».

Mais il y a eu aussi des personnes et des associations qui ont formidablement bien résisté comme ICARE, (Internet Center Against Racism in Europe), la LICRA, SOS Racisme, Prochoix, la CLEF (Coordination française pour le Lobby Européen des Femmes), le MAPP, beaucoup d’organisation néerlandaises, l’ensemble des organisation d’Europe de l’Est pour qui le mot démocratie avait un sens profond. Après le choc de Durban, il y a eu ensuite le choc du déni. Le 14 septembre 2001, j’ai voulu, en tant que déléguée pour la France au Lobby européen des femmes, porter une motion pour que le LEF se démarque des événements de Durban.

D’autant que comme je l’ai dit, il y avait eu des putchistes au sein du bureau du LEF. Wassyla Tamzali m’a d’ailleurs aidé à rédiger un texte d’une grande sobriété puisque la terminologie « antisémitisme » n’était même pas employée. Non seulement cette motion n’est pas passée, mais on m’a ensuite accusée d’être payée par le Mossad pour détruire la société civile européenne. Parce que juive, je ne pouvais par « essence » être objective sur les événements, ni sur la mise à silence des femmes, ni sur le putch des ONG européennes. On me niait dans ma citoyenneté européenne et française. Cela m’a causé un énorme tort dans mon travail.

Mais je ne suis pas la seule à avoir subi ce déni. Fodé Sylla également, député européen à l’époque, a voulu que le parlement dénonce les événements de Durban, en vain. (voir son interview dans les actes du Colloque Durban et après). De plus, depuis 2001, il est courant d’entendre dans le milieu des ONG que les juifs cherchent à saboter et discréditer la conférence de Durban considérée comme une avancée pour le mouvement antiraciste. Encore dernièrement, lors de la première réunion préparatoire, lors d’un atelier organisé par le MRAP et Interfaith International, certains ont affirmé que les ONG juives cherchaient à saboter la conférence à venir.

Au retour, Bernice Dubois pour la CLEF et moi même pour le MAPP, espérions que nous parviendrons à transmettre et faire comprendre la gravité de la situation. Ce fut en effet une expérience traumatisante de se retrouver au milieu de clameurs et de violence pareille. Nous voulions témoigner, pour prévenir aussi et réfléchir à la suite. Nous avons alors décidé d’organiser un colloque le 7 décembre 2001 pour consigner l’ensemble des événements et réfléchir à la crédibilité de la société civile après Durban. Nous espérions qu’il y aurait encore un sursaut…Rien. Pour l’Europe comme pour l’ensemble de la communauté internationale, dés novembre 2001, après Durban et le 11 septembre, ce fut la fuite en avant.

Riposte Laïque : Penses-tu que des choses aussi graves peuvent se reproduire, à l’occasion de Durban II ? Quel est ton regard sur l’évolution de la situation, depuis 2001 ?

Malka Marcovich : Mais les choses sont déjà aussi graves, plus diluées, confinées dans certains lieux. Je ne sais pas ce qui se passe dans les différents Forum Sociaux mais il me semble que l’esprit de Durban règne en maître. A l’ONU, la prose de Durban 1 en pire s’écrit tous les jours. On entend des diatribes de l’Organisation de la Conférence Islamique soutenue par Cuba, le Venezuela, la Chine et la Russie. L’ONU est devenue la machine de propagande totalitaire, un véritable rouleau compresseur, une machine à broyer les droits universels. Durban 2 sera la consécration fin 2009 de ce qui s’écrit chaque jour, résolution après résolution, texte après texte, rapport après rapport dans des négociations où la plupart des démocraties ont un profil extrêmement bas.

Je veux rendre ici hommage à la manière dont Louis Michel, Ministre des affaires étrangères de Belgique en 2001, qui présidait l’Union européenne, a pu débarrasser le texte gouvernemental de ce que l’on appelait pudiquement alors « le langage de haine ». Aujourd’hui la capitulation est telle, toute cette littérature se banalise, se normalise. En 2003, lorsque la Libye devint présidente de la Commission des Droits de l’Homme, David Pujadas en souriant au journal de 20h annonçait : « non ce n’est pas une blague », et tout le monde s’en offusquait. Qui s’indigne aujourd’hui de son élection pour deux ans au Conseil de Sécurité ? Qui s’inquiète du fait qu’elle préside le Comité préparatoire à la conférence mondiale contre le racisme, que Cuba soit le rapporteur, et que l’on compte l’Iran ou le Pakistan dans le comité ?

Presque personne semble-t-il sauf le Canada qui s’est réveillé dernièrement et qui a décidé qu’il ne participerait pas à la Conférence de 2009. Mais cela va au delà de cette conférence. Le Canada, membre du Conseil des Droits de l’Homme – tout comme la France- est le seul pays à avoir dénoncé le mode de fonctionnement totalitaire de cet organe. La France qui affirme à la face du monde qu’elle incarne les droits universels reste résolument silencieuse et participe à cette mascarade, voir la promeut, au nom de la « RealPolitik ». En réalité, outre les marchés qu’elle souhaite conserver avec certaines dictatures, je pense qu’elle tente de sauver aussi son siège au Conseil de Sécurité, et peut-être espère-t-elle pouvoir éviter le terrorisme sur notre sol.

Riposte Laïque : Tu suis très attentivement ce qui se passe également à l’Onu. Penses-tu qu’il y ait vraiment des raisons de s’inquiéter, et que faire ?

Malka Marcovich : Il faut bien évidemment s’inquiéter sur tous les plans. De nombreux sujets sont en chantier, la définition du terrorisme, du racisme, de la démocratie, la remise en question de la déclaration universelle, l’élaboration de nouvelles normes qui commencent à inclure la diffamation de l’Islam et la limitation de la liberté d’expression. Ce n’est pas juste la question de la religion, ni même de l’Islam qui est en jeu, mais bien la conjonction à l’ONU de tous les totalitarismes. Pour cette raison, je prépare actuellement un livre sur la débacle de l’ONU. D’autre part, outre mon rapport pour la Licra de mai dernier, j’ai écrit un article pour les Temps Modernes 643-644 « ONU 2001-2007 : Durban ou l’éternel retour ». Enfin, je prépare un article pour « Politique International » sur l’Alliance des civilisations.

Riposte Laïque : Comment analyses-tu les « accomodements raisonnables » que certains élus prennent, en France, avec la laïcité, en finançant ouvertement des lieux de culte, souvent des mosquées ? Que penses-tu de la position de Nicolas Sarkozy, qui veut légaliser ces pratiques ?

Malka Marcovich : Ces accomodements raisonnables ne sont pas seulement un message tournés vers la France. Ce message est évidemment essentiel pour l’extérieur. On l’a bien vu avec le discours de Ryad. Il faut savoir que la France est le seul pays a être attaqué de la sorte sur la laïcité depuis des années à l’ONU.

Seul Luc Ferry avait défendu la laïcité en 2003 face à l’Iran lors de la présidente libyenne de la Commission des Droits de l’Homme. Si non la France reste silencieuse, encaisse ou réponds sans fermeté comme en mars 2007 lorsque Azouz Begag se réfugia derrière la Halde pour montrer sa bonne volonté.

Oui la France capitule devant les attaques récurrentes de l’Iran, du rapporteur spécial sur le racisme Doudou Diène, de la rapporteure spéciale sur la tolérance religieuse Asma Jahangir, de l’experte sur les minorités Gay MacDougall, devant le Comité contre le racisme. Et la plupart des ONG droits de l’hommistes françaises ayant un statut consultatif à l’ONU capitulent également. Le cauchemar de Durban est sous nos yeux. J’ai souvent l’impression d’être comme dans la pièce Rhinocéros de Ionesco. A relire d’urgence. C’est pour toutes ces raisons que j’ai signé la pétition Halte au Voile.

Propos recueillis par Pierre Cassen

2 commentaires pour ONU: Les chiens aboient, la caravane passe (Enough of UN’s wallflower playing already!)

  1. jawade dit :

    cetai nul votre truc a la con puré cete trop nul pure

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