Histoire: Ces zazous qui ont porté l’étoile jaune (No, Christian X never wore the yellow star, but some French zoot suiters did)

Amis des juifsA côté des Justes, de nombreux Français se montrèrent solidaires envers les Juifs en portant l’étoile jaune par choix citoyen, avec la mention Zazou, Auvergnat, Bouddhiste, Papou, etc. Arrêtés et mis dans les camps en France, ils ne furent pas déportés. C. Gruat et C. Leblanc reviennent sur les parcours de ces hommes, de ces femmes et de ces enfants. (Résumé de « Amis des Juifs: les résistants aux étoiles« , Cédric Gruat et Cécile Leblanc)

Qui ne connaît la légende du roi du Danemark Christian X qui aurait porté l’étoile jaune (fausse puisque il n’y eut jamais de telles lois dans ce pays qui, grâce justement à la détermination de son roi et de sa population, sauva la quasi-totalité de ses juifs) ?

Mais qui sait ou se souvient de ces zazous (parmi bien d’autres) qui l’arborèrent ou la détournèrent à Paris et dans d’autres villes de France pour marquer, dès la promulgation de la loi, leur soutien à leurs amis juifs?

Une telle méconnaissance de notre propre histoire récente n’est peut-être pas tout à fait étrangère à la violente polémique qu’a suscité le tout récent projet présidentiel de sensibilisation à la Shoah dès l’école primaire.

D’où l’intérêt, après la docufiction de France 2 du mois dernier, du dossier que l’Express consacre cette semaine à ces Français, jusqu’à tout récemment oubliés de l’histoire, qui ont protégé les juifs …

Extraits:

Ils furent souvent aidés dans cette tâche par les protestants, qui avaient gardé la mémoire des persécutions passées. Ce n’est pas un hasard si une organisation comme la Cimade fut en pointe dans les opérations de sauvetage, si beaucoup d’enclaves de protection se situaient en pays huguenot.

Dans le sillage de Mgr Saliège, archevêque de Toulouse auteur d’une admirable lettre pastorale lue en chaire, cinq évêques élevèrent une protestation publique au moment des grandes rafles.

Ce qu’on sait moins en revanche, c’est que l’assemblée des évêques fit pression en privé sur Pétain et Laval, avec une relative efficacité. Serge Klarsfeld voit dans ces démarches la cause du ralentissement des déportations à l’automne 1942: «Confronté aux réactions de l’opinion publique en zone libre et aux interventions déterminantes du haut clergé, Vichy s’est vu contraint de freiner sa coopération massive et de refuser de remplir le programme d’octobre 1942 de livraison des juifs», écrit l’auteur de Vichy-Auschwitz. Pourtant proche de Pétain, le cardinal Gerlier mit la «logistique» de l’Eglise à la disposition des réseaux de sauveurs d’enfants: le primat des Gaules sera d’ailleurs fait «Juste parmi les nations» à titre posthume en 1980. «Juste» aussi, l’évêque de Nice, Paul Rémond (oncle de l’historien René Rémond), qui, quoique n’ayant guère protesté au moment des rafles, couvrit, dans les Alpes-Maritimes, les activités clandestines du réseau Abadi, grâce auquel on parvint à sauver 500 enfants.

Ces Français qui ont protégé les juifs
François Dufay
L’Express
27/02/2008

Loin des récentes polémiques sur la mémoire de la Shoah, les historiens jettent un nouveau regard sur les années noires de l’Occupation. Face à la machine criminelle de Vichy, ils réévaluent le rôle joué par la chaîne de solidarité qui a permis de sauver des dizaines de milliers d’adultes et d’enfants. Et les survivants témoignent à leur tour sur cette résistance civile, à rebours de l’image d’une France «collabo».

«Pas encore. Le pays n’est pas antisémite.» On ne saura jamais quel technocrate vichyssois porta, un jour de septembre 1940, face à un paragraphe biffé concernant la «question juive», cette mise en garde dans la marge du brouillon d’un discours de Pétain. Son avis fut en tout cas pris en compte: quelques jours plus tard, le 9 octobre, le vieux maréchal à la voix chevrotante «oubliera» dans son allocution de faire allusion aux mesures iniques qu’il venait d’édicter contre les juifs, de peur de réactions négatives de l’opinion.

Cette archive, révélée par les docu-fictions sur la Résistance diffusés les 18 et 19 février sur France 2, est l’une des nouvelles pièces à verser au dossier d’une période trop souvent ramenée à des clichés en noir et blanc. Presque quarante ans après l’électrochoc causé par le film Le Chagrin et la pitié, et alors que l’initiative présidentielle de faire «parrainer» un enfant juif déporté par chaque élève de CM2 suscite une vive controverse, tout semble indiquer que l’année 2008 marque l’un de ces tournants qui scandent notre mémoire collective. Prenant à revers l’image d’une France veule et «collabo», les travaux des historiens font en effet émerger une nouvelle vision, moins manichéenne. Regarder en face les criminelles responsabilités de Vichy n’empêche plus, désormais, de rendre justice à une société civile qui certes fut loin d’être exemplaire, mais fit souvent ce qu’elle put contre la monstruosité hitlérienne. Notamment en protégeant les plus menacés: les juifs.

Si, entre 1942 et 1944, 76 000 juifs de France furent déportés vers les camps de la mort, 250 000 autres échappèrent en effet aux rafles; si 16 000 enfants juifs furent engloutis par l’horreur, 60 000 furent soustraits aux griffes des nazis. Tous, loin de là, ne furent pas sauvés par ceux qu’on appelle désormais des «Justes». Mais, assurément, si près des trois quarts des juifs de France ont pu survivre tant bien que mal, c’est grâce à la complicité active ou passive de la population. «Il s’agit là d’un phénomène social massif et non pas marginal, soutient Denis Peschanski, directeur de recherche au CNRS. Il y eut tous ceux qui accueillirent des juifs, mais aussi tous ceux qui surent garder le secret.»

Cette prise en compte plus «fine» du tissu social, jusque-là laissé dans l’ombre par une historiographie polarisée sur la machine génocidaire, va de pair avec une nouvelle appréhension de la Résistance, théorisée par les historiens. Résister, en effet, pour une population opprimée et désarmée, ce n’était pas forcément faire sauter des pylônes ou dérailler des trains: c’était aussi rejeter, désobéir, se montrer solidaire de tous les pourchassés, qu’ils soient juifs, aviateurs anglais ou réfractaires au STO. Qui le dit? Pas seulement ces historiens qu’on pourrait qualifier de «post-paxtoniens» (Jacques Sémelin, Denis Peschanski, Pierre Laborie), mais les survivants eux-mêmes. Qu’ils résident en France, en Israël ou aux Etats-Unis, les ex- «enfants cachés», aujourd’hui septuagénaires, ne reconnaissant guère leur expérience dans l’image d’un pays abject propagée par les médias depuis les années 1980, et prennent la parole. Eux qui furent traqués, arrachés à leur famille, savent qu’ils survécurent grâce à une «France d’en bas» qui les accueillit dans ses villages, ses fermes, ses écoles, ses couvents. Par leurs écrits (voir notamment l’admirable Paroles d’étoiles, Les Arènes) ou par le dépôt de dossiers pour l’obtention du titre de «Juste», ils témoignent aujourd’hui de l’horreur qu’ils ont vécue, mais aussi de l’humanité de ces Français, souvent d’humble condition, qui leur ouvrirent leur porte, et parfois leur cœur.

En 1942, la conscience de l’homme de la rue se réveille

Comme le résume l’historien Michel Winock dans un récent ouvrage intitulé Mémoires de la Shoah, «la conscience morale, la solidarité humaine, la compassion, la charité chrétienne, on nommera cela comme on voudra, mais le fait est que, en dépit du risque encouru, des milliers de Français non juifs ont sauvé des milliers de juifs, français ou pas». Amis ou voisins qui hébergèrent pendant les nuits de rafle, passeurs qui faisaient franchir la frontière suisse ou espagnole, prêtres ou pasteurs qui établirent de faux certificats de baptême, instituteurs ou médecins qui ne posèrent pas de questions… Les manifestations de solidarité furent multiples. Certains de ces héros ordinaires, déportés en Allemagne, le payèrent de leur vie. Des contrées entières se muèrent en zones de refuge: non seulement la Haute-Loire et son célèbre plateau du Chambon-sur-Lignon, pays protestant, mais aussi la Drôme, avec le village de Dieulefit, les Cévennes, la Sarthe, le Cantal, le Loir-et-Cher… Bien sûr, il y eut des dénonciations, des humiliations, des enfants maltraités, et la fraternité n’était pas la seule motivation entrant en ligne de compte, comme le rappelle Denis Peschanski: «Il existait avant la guerre une tradition de placement dans les campagnes, et beaucoup de ces paysans étaient payés pour accueillir des enfants.» Mais le résultat est là.

Si les familles persécutées purent être mises à l’abri dans ces enclaves, ce fut souvent au bout d’une véritable chaîne de solidarité, après avoir été recueillies ou exfiltrées des camps d’internement par des associations d’entraide. En ce début de siècle sensible aux problématiques humanitaires, plusieurs recherches historiques mettent en exergue l’héroïque travail de fourmi accompli par ces «œuvres» et associations caritatives, juives ou non. Ainsi le comité Amelot, composé de sionistes de gauche et de communistes, opérant en zone occupée, qui fut décimé par la répression. Ou, en zone sud, le très oecuménique comité de Nîmes, qui avec des complicités dans l’administration, organisa l’évasion de 108 enfants à Vénissieux. Le réseau Garrel, lui, couvrait 30 départements, et cacha 1 600 enfants.

Bien sûr, ces activistes restèrent, sinon isolés, du moins minoritaires. Il fallut attendre l’été 1942 pour que la conscience de l’homme de la rue, traumatisé par la défaite, accaparé par les nécessités de la survie matérielle et intoxiqué par la propagande de Vichy, se réveille. Tous les rapports des préfets répercutent l’émoi suscité par le port de l’étoile, et surtout la rafle du Vel’ d’Hiv’. A Paris, en juin 1942, des étudiants, mais aussi des employés, des dactylos, des marchandes de journaux, arborèrent dans les rues de fausses étoiles jaunes, marquées de sigles fantaisistes, pour manifester leur solidarité avec les juifs. Une centaine d’entre eux furent expédiés au camp de Drancy, où Dannecker, chef de la Gestapo, les affubla d’une banderole voulue infamante d’ «ami(e) s des juifs», comme l’a établi l’historien Cédric Gruat. «Allez, vous êtes encore plus gentille comme ça qu’avant», dit maladroitement une guichetière à Hélène Berr, jeune Parisienne, mise au supplice par l’obligation de porter l’étoile. Son bouleversant Journal posthume, publié le mois dernier, atteste une certaine incompréhension de non-juifs face au sort des israélites, mais aussi les nombreuses marques de soutien prodiguées par des Parisiens anonymes.

«Vichy s’est vu contraint de freiner sa coopération»

Assistante sociale bénévole à l’Union générale des israélites de France (Ugif), Hélène Berr œuvrait clandestinement au sauvetage d’enfants. Loin d’être seulement des victimes passives, beaucoup de juifs surent prendre en main leur destin, à travers des organisations comme l’OSE (œuvre de secours aux enfants). Ils furent souvent aidés dans cette tâche par les protestants, qui avaient gardé la mémoire des persécutions passées. Ce n’est pas un hasard si une organisation comme la Cimade fut en pointe dans les opérations de sauvetage, si beaucoup d’enclaves de protection se situaient en pays huguenot.

L’Eglise catholique, hélas, ne se montra pas aussi exemplaire. L’épiscopat, qui avait adhéré à la «révolution nationale», cautionna par son silence le processus de discrimination. L’Eglise sut néanmoins réagir quand vint l’heure de la persécution. Dans le sillage de Mgr Saliège, archevêque de Toulouse auteur d’une admirable lettre pastorale lue en chaire, cinq évêques élevèrent une protestation publique au moment des grandes rafles. On peut rêver à ce qu’aurait été l’impact d’une protestation collective des prélats français…

Ce qu’on sait moins en revanche, c’est que l’assemblée des évêques fit pression en privé sur Pétain et Laval, avec une relative efficacité. Serge Klarsfeld voit dans ces démarches la cause du ralentissement des déportations à l’automne 1942: «Confronté aux réactions de l’opinion publique en zone libre et aux interventions déterminantes du haut clergé, Vichy s’est vu contraint de freiner sa coopération massive et de refuser de remplir le programme d’octobre 1942 de livraison des juifs», écrit l’auteur de Vichy-Auschwitz. Pourtant proche de Pétain, le cardinal Gerlier mit la «logistique» de l’Eglise à la disposition des réseaux de sauveurs d’enfants: le primat des Gaules sera d’ailleurs fait «Juste parmi les nations» à titre posthume en 1980. «Juste» aussi, l’évêque de Nice, Paul Rémond (oncle de l’historien René Rémond), qui, quoique n’ayant guère protesté au moment des rafles, couvrit, dans les Alpes-Maritimes, les activités clandestines du réseau Abadi, grâce auquel on parvint à sauver 500 enfants.

Rien ne pourra effacer la tache de la complicité de l’Etat

Malgré ces exemples de dévouement, la France reste très en deçà, hélas, des taux de sauvetage enregistrés dans des pays comme la Bulgarie et le Danemark, où la population et les autorités parvinrent, dans des contextes différents, à soustraire les juifs à la déportation. Même si des policiers furent nombreux à prévenir les juifs la veille des rafles (celle du Vel’ d’Hiv’ n’atteignit que la moitié des objectifs fixés par l’occupant), si des cheminots sabotèrent parfois des trains de déportés, comme à Fives, près de Lille, le 12 septembre 1942, rien ne pourra effacer la tache de la complicité active de l’appareil d’Etat dans le génocide. La «banalité du mal», avancée par Hannah Arendt, n’est que trop avérée. Mais il n’est plus interdit, désormais, pour reprendre la belle expression de l’historien Jacques Sémelin, d’ouvrir les yeux sur la «banalité du bien».

Voir aussi:

Nombre d’enfants cachés ne croient plus dans la permanence des choses; ils gardent au fond d’eux-mêmes le sentiment que tout peut à nouveau basculer du jour au lendemain. Aujourd’hui, encore, certains disent qu’ils sont des sortes de caméléons. Ils avouent que depuis la guerre, ils ont perdu la confiance essentielle dans le monde, ou plutôt dans la pérennité et la constance du monde. Ils savent par expérience que les parents, la société, les lois, tout ce qui maintient le monde tel qu’il est, peuvent changer soudainement et radicalement. Les enfants cachés se sentent au fond seuls sur terre. Ils se méfient de la faiblesse des humains et de leur propension à être modifiés soudainement et durablement par les contraintes sociales et politiques. Les enfants juifs cachés pendant la guerre l’ont compris, trop tôt. Ils ont vu dans le regard de leurs parents, la panique, l’impuissance, le désespoir. Certains ont vu leurs parents devenir du jour au lendemain, des « moins que rien » ; incapables de subvenir aux besoins de leur famille, cachés, effrayés, déprimés. Depuis la guerre, beaucoup d’enfants cachés ont l’impression qu’ils ne peuvent compter que sur eux-mêmes. Et encore…

« Un aller-retour identitaire »
Propos recueillis par Marc Epstein
L’Express
27/02/2008
Maître de conférences en psychologie, Nathalie Zajde a créé, il y a près de vingt ans, les premières consultations pour survivants et enfants de survivants de la Shoah en France, au Centre Georges-Devereux de l’Université Paris VIII.

Soixante ans après la fin de la Seconde guerre mondiale, pourquoi une psychologue s’intéresse-t-elle aux enfants juifs cachés pendant la guerre?

La psychologie s’intéresse depuis peu aux enfants juifs cachés pendant la Shoah. Cet intérêt a coïncidé avec la création au début des années 1990 des associations d’enfants cachés. Tout a débuté à New York, en mai 1991 quand il y eut le premier grand rassemblement de plus de 500 personnes venues du monde entier. Pour certains, c’était la première fois qu’ils « sortaient de leur cachette ». Ce fut un moment très émouvant. Ils se découvraient et révélaient entre semblables ce qu’ils avaient vécu, enfants, pendant la guerre. Jusque-là, chacun se pensait unique au monde et lors de cette fameuse première grande réunion, ils se sont aperçus qu’ils partageaient l’essentiel de leur secret avec une multitude d’autres anciens enfants juifs éparpillés dans le monde entier. Il y eut beaucoup de paroles échangées, beaucoup de questions posées, beaucoup de silence aussi, et surtout des pleurs… 50 ans après… le mot d’ordre était : sortir de l’isolement et du mutisme. Aujourd’hui il existe des associations dans une vingtaine de pays, de l’Italie à la Croatie en passant par l’Australie ou le Canada – partout où ils ont reconstruit leur vie après la Shoah. La France est, avec les Etats-Unis et Israël, le pays où vit le nombre le plus important d’enfants cachés.

Nathalie Zajde: « Sortir de l’isolement et du mutisme »

A vous écouter, les ex-« enfants cachés » ont dû d’abord devenir des grands-parents, retraités, et leurs propres parents survivants ont quitté ce monde, pour qu’ils se constituent en associations, soient reconnus et identifiés. L’expression «enfants cachés » n’est-elle pas ambiguë?

Il y a un implicite contenu dans la réunion de ces deux mots. Parler d’enfant caché, c’est parler d’une personne ayant connu pendant la Shoah une expérience singulière et douloureuse directement consécutive à la persécution nazie et qui conserve toute sa vie, consciemment ou inconsciemment des traces de ce vécu. L’idée étant que ce n’est pas parce qu’on n’était qu’un enfant qu’on était pour autant protégé contre les malheurs, la persécution et surtout la souffrance psychologique. Les enfants ont eux aussi, eu leur lot de souffrance, et à ce titre, demandent qu’aujourd’hui cette souffrance soit reconnue, réparée et soignée, tant par les législateurs que par les psy.

Pourquoi si tard?

Pour plusieurs raisons. La première c’est qu’au lendemain de la guerre, au temps où les enfants cachés étaient encore des enfants, au temps où ils auraient pu bénéficier de soin, la psychologie et la psychiatrie de l’enfant en étaient à leurs balbutiements. Il n’existait pas comme c’est le cas aujourd’hui dans chaque école, dans chaque dispensaire, de pédopsychiatre ou de psychologue pour enfant. On pensait encore à l’époque que les enfants pouvaient tout supporter et surtout qu’ils oubliaient facilement les événements douloureux. Ensuite, ces enfants savaient qu’ils avaient objectivement beaucoup moins souffert que leurs parents déportés. Ils avaient bien conscience qu’ils étaient restés en vie, alors que d’autres petits (11 400 en France, et plus d’un million en Europe) frères, soeurs, cousins, étaient morts en déportation, et donc, par pudeur et par respect, ils ont jugé bon de ne pas se plaindre – ce qui fut tout à leur honneur. La troisième raison est que, même plus tard, à l’âge adulte, quand certains d’entre eux, les plus psychologiquement atteints, sont allés consulter des psy, la psychologie, comme le reste, ne s’intéressait pas à la Shoah. Au fond, nous avons mis longtemps à considérer la réalité objective de la persécution antisémite comme facteur déterminant dans les pathologies psychiques des survivants et descendants de survivants. Enfin, je dois dire que les enfants cachés ne sont pas tous souffrants, loin de là. Beaucoup d’entre eux ont su mener une existence réussie et heureuse sans avoir besoin de recourir à un psy ou de se regrouper dans une association.

Quels sont les troubles des enfants cachés?

Certains souffrent de troubles du sommeil, font des cauchemars. Ils sont facilement irritables. Ils disent contenir au plus profond d’eux-mêmes une rage qu’ils ont souvent du mal à endiguer. Beaucoup éprouvent des peurs injustifiées. Ils sursautent, sont facilement la proie de frayeurs qu’ils ne maîtrisent pas. Ils souffrent d’angoisses qu’ils ne s’expliquent pas. Certains présentent aujourd’hui des troubles dépressifs très inquiétants. Notons que ces symptômes sont aussi les signes du fameux syndrome des survivants des camps de concentration dont souffraient leurs parents. Il est vrai que pour un grand nombre d’enfants cachés, l’avancée en âge, l’arrêt de l’activité professionnelle, une certaine baisse du niveau de vie consécutive au départ à la retraite, enfin, un appauvrissement de la vie sociale entraîne une vulnérabilité psychoaffective qu’on rencontre chez beaucoup de personnes à cet âge de la vie.

Alors comment définissez-vous la particularité des souffrances des enfants cachés?

Leur expérience, pendant la Shoah, est fondée sur un paradoxe : pour rester en vie, ils ne doivent plus être ce qu’ils sont. Afin d’échapper à l’extermination nazie, il leur faut renoncer à leur propre identité. Ils ne sont encore que des enfants mais ils doivent impérativement taire leur nom, leur religion, leur origine. Le petit Shlomo Pinsker, par exemple, s’appelle désormais Pierre Bonnot ; il est le neveu de Monsieur et Madame Bonnot et il arrive de la ville pour vivre à la campagne chez Tonton et Tata Bonnot, agriculteurs en Normandie. En réalité, toutefois, il découvre tout cela le jour même où on lui donne son nouveau nom. Et si un adulte dans le village insiste parce qu’il le soupçonne de ne pas être le « petit Bonnot », Shlomo-désormais-Pierre doit nier à tout prix.

Il y avait beaucoup de soupçons?

Certains m’ont raconté qu’un adulte, un jour, leur a demandé : « Tu ne serais pas juif toi, par hasard ? » Et l’enfant de répondre immédiatement : « Ca va pas non ! » On découvre aujourd’hui que ces enfants ont eu une profonde intelligence de la situation et ont su déployer une inventivité qui a largement contribué à leur survie. Autrement dit, bien des enfants cachés ont été psychologiquement actifs durant ces années de péril et de retrait. Beaucoup ont pleinement contribué à leur propre sauvetage et parfois même à celui de leurs proches.

Qu’ont-ils en commun ?

Ces gamins des villes sont séparés brutalement de leurs parents, quittent leur milieu dans la précipitation, fuient sans leurs vrais papiers afin de ne pas être identifiés et afin de ne pas constituer, pour leurs parents, une menace supplémentaire. Ensuite, ils sont placés à la campagne chez des paysans, dans des orphelinats ou des maisons d’enfants. Là, ils changent de monde, de nom, doivent nier l’existence de leurs parents. Ils changent d’identité sans que personne ne leur ait fait de grand discours historique ni pratique ; personne ne leur a donné d’explication. Aujourd’hui encore, ils ne savent toujours pas qui les a amenés chez leur nourrice, ils n’ont jamais eu le nom des personnes qui ont risqué leur vie pour les y acheminer. Sans rien dire, au vu de la terreur de leurs parents et des adultes autour d’eux, ils ont compris, et se sont immédiatement adaptés ; ils ont fort bien saisi qu’ils étaient pris directement et personnellement dans une situation extrême dans laquelle leur vie et celle de leurs proches était en jeu. Leurs proches priaient en hébreu, eux apprennent le « Notre Père » et le « Je vous salue Marie ». Ils se mettent à traire les vaches, se promènent avec des sabots aux pieds, assimilent le patois local. Les plus jeunes, issus de familles migrantes d’Europe centrale et orientale, perdent leur langue maternelle. Certains sont baptisés. Durant plusieurs années ils maintiennent un silence total sur leur vie d’avant.

Comment supportent-ils une telle tension?

Le fait est qu’ils réagissent à une injonction terrible : « Cesse d’être toi », « Renonce à devenir celui ou celle que tes parents te destinaient à être, celle ou celui que tu devais tout naturellement devenir »… Car c’est en tant que membres d’un « collectif doué d’un projet d’existence » — pour reprendre l’expression de Tobie Nathan (1) — que ces enfants sont sommés de changer et de se taire. Ce qui caractérise la situation des enfants cachés, c’est qu’ils sont mêlés malgré eux à la politique d’Hitler, à la menace du nazisme, de l’épuration ethnique alors qu’ils ne sont pas encore des adultes. Ils ne sont que des enfants, dont l’identité n’est pas encore pleinement définie ni consolidée. Ils étaient en train d’apprendre à être ce qu’ils seraient définitivement plus tard — les héritiers d’une filiation et d’une culture et les potentiels passeurs de cet héritage. Mais voilà qu’ils doivent déjà participer à l’organisation de leur survie et parfois même à celle des proches.

Les enfants cachés changent brutalement mais ne grandissent pas. Pendant la guerre, beaucoup d’entre eux développent ce que j’appelle des stratégies de « résistance identitaire ». Telle cette fillette, qui s’adressait à Jésus : « Toi qui est Juif, tu peux me comprendre ! » Elle est dans un couvent en zone sud, en 1942, séparée de ses parents, entourée de religieuses catholiques, qui lui enseignent le christianisme, le dieu des Chrétiens, le roi des juifs, mais elle s’efforce de rester la fille de ses parents, de rester juive, malgré ses 7 ans. Elle s’invente une règle très stricte. Elle s’impose chaque soir, en cachette, de s’empêcher de dormir si elle ne s’est pas remémoré au moins dix mots de yiddish — la langue de ses parents juifs polonais dont elle est séparée et dont elle n’aura aucune nouvelle durant toute la guerre. Je précise qu’à cet âge, comme beaucoup d’enfants de migrants, elle entend la langue de ses parents, mais ne répond qu’en français.

Un cas exceptionnel par sa résistance et son opiniâtreté?

Oui. Car on ne peut longtemps faire semblant. D’autres enfants cachés oublient un temps qu’ils sont juifs, et se fondent pleinement dans le milieu ambiant. Sous la pression de l’entourage chrétien accueillant et du fait de l’absence totale de référence au monde juif, ils apprennent le christianisme, ils oublient les quelques notions de judaïsme inculquées avant la séparation. Plus tard, souvent, ceux-là revendiqueront leur identité juive, mais il s’agira uniquement d’une identité de surface, celle définie par les autres, du dehors. Ces anciens enfants cachés n’auront rien su conserver des contenus du judaïsme. Le temps de l’apprentissage fut le temps de la cache, le temps où ils sont devenus de bon petits chrétiens. Au lendemain de la guerre, soit ils étaient déjà trop âgés soit les conditions n’étaient pas réunies pour apprendre le judaïsme. À l’âge adulte, ces anciens enfants cachés ne connaîtront pas l’hébreu, ils ne sauront ni lire ni écrire la langue de leurs parents, ils ne sauront pas prier… Ils seront en quelque sorte ignorants de leur propre noyau, et cela restera un manque, voire parfois une secrète humiliation. Beaucoup se diront athées, fervents serviteurs des valeurs laïques et universelles, en guerre contre des savoirs religieux et populaires, souvent de gauche — comme pour légitimer idéologiquement leur manque et leur ignorance, comme pour s’empêcher de s’effondrer face à l’étendue de la perte. Un certain nombre de ceux que je rencontre occupent des responsabilités institutionnelles, professionnelles, sociales, scientifiques, intellectuelles ou même politiques. Ils se pensent juifs, mais ne savent quoi ni comment transmettre à leurs enfants.

Et quelques uns se convertissent sans doute au christianisme?

Oui, ils renoncent volontairement à être juifs. Pour certains, la conversion est définitive au lendemain de la guerre, surtout quand les parents ne reviennent pas et quand aucune famille ne les réclame. On peut dire de ceux-là qu’ils sont restés cachés toute leur vie, obéissant à travers le temps à l’injonction qu’il leur fut une fois adressée. Ils taisent leur origine juive, leur histoire ; les êtres les plus proches, les conjoints, les enfants n’en sauront jamais rien, sauf cas exceptionnels – une dépression, une grande frayeur qui resurgit à un âge avancé et qui leur fait révéler leur vécu d’enfant caché juif pendant la guerre. Ce type de révélation tardive peut induire chez les enfants de survivants des questionnements et des bouleversements profonds.

Dans votre livre, Guérir de la Shoah (Edition Odile Jacob), vous décrivez longuement l’histoire d’une fillette âgée de 6 ans, Rachel, qui a été maltraitée et même sexuellement abusée par les « Tenardiers », les paysans chez qui elle était cachée.

Certains petits ont été abusés ou maltraités, mais ce n’est pas la majorité. Beaucoup « oublient » relativement vite leur tristesse et le visage de leurs parents surtout quand l’accueil, dans leur nouvelle famille ou dans les institutions chrétiennes par exemple, est chaleureux et bienveillant. Les « pépés » , les « mémés » , les « tatas », les bonnes sœurs sont souvent des gens bien. Dans leur majorité, les anciens enfants cachés gardent de bons souvenirs de leur vie à la campagne et des relations avec ceux qui les ont recueillis. Notons tout de même que la plupart des anciens enfants cachés ne cherchent pas à entretenir, après la guerre, de liens avec leurs parents nourriciers. Souvent, ils ne les revoient qu’une ou deux fois, pour leur présenter leur conjoint ou leurs enfants. Cela peut paraître paradoxal, mais au fond le lien parental – qu’on peut également qualifier d’appartenance – et les sentiments sont deux choses tout à fait distinctes. Beaucoup d’enfants cachés ont aimé leur nourrice, mais ont choisi de rester les enfants de leurs parents, malgré les difficultés.

Justement, que se passe-t-il à la Libération?

C’est une question délicate, car personne ne se plaint d’avoir échappé à une mort programmée. Mais il faut se replacer dans le contexte. Beaucoup d’enfants sont orphelins d’au moins un parent, les familles sont décimées… La vie reprend cependant en compagnie des membres survivants de la famille. Des gens défaits, qui ont perdu leurs proches, mais aussi leur logement, leurs biens. Les survivants des camps sont fréquemment malades, physiquement et psychiquement. Ce ne sont plus les parents qu’ont connus les petits avant la guerre ; ce ne sont jamais ceux qu’ils imaginaient retrouver pendant leurs rêveries solitaires. Ces parents sont souvent peu disponibles, certains parfois maltraitent leurs petits. Mais c’est à eux que les enfants appartiennent. Et dans cette nouvelle étape de leur vie, pour les anciens enfants cachés, la difficulté consiste à changer d’identité une deuxième fois. Ils doivent désapprendre ce qu’ils sont devenus pendant la guerre. Ils n’y parviennent pas toujours. D’autant que le monde juif d’avant-guerre a disparu. Le yiddishkeit est mort, détruit dans une violence innommable. L’entourage socioculturel familial participant au développement de l’individu est dévasté, anéanti. Certains renoncent même à leur identité d’origine.

La plupart parviennent néanmoins à « redevenir » juifs?

Oui. Mais de tels aller-retours identitaires ne se font pas sans dégâts. On leur a demandé de changer une première fois, ils l’ont fait complètement : ils sont devenus des petits Français de la campagne. A la fin de la guerre, on leur demande à nouveau de changer. Or, la deuxième fois, ils ne peuvent plus pleinement y croire. Ils restent intrigués par le processus même. Ils sont comme capturés par ce qu’on leur demande d’accomplir, obnubilés par le changement lui-même et les raisons qui obligent à un tel processus. Nombre d’enfants cachés ne croient plus dans la permanence des choses ; ils gardent au fond d’eux-mêmes le sentiment que tout peut à nouveau basculer du jour au lendemain. Aujourd’hui, encore, certains disent qu’ils sont des sortes de caméléons. Ils avouent que depuis la guerre, ils ont perdu la confiance essentielle dans le monde, ou plutôt dans la pérennité et la constance du monde. Ils savent par expérience que les parents, la société, les lois, tout ce qui maintient le monde tel qu’il est, peuvent changer soudainement et radicalement. Les enfants cachés se sentent au fond seuls sur terre. Ils se méfient de la faiblesse des humains et de leur propension à être modifiés soudainement et durablement par les contraintes sociales et politiques. Les enfants juifs cachés pendant la guerre l’ont compris, trop tôt. Ils ont vu dans le regard de leurs parents, la panique, l’impuissance, le désespoir. Certains ont vu leurs parents devenir du jour au lendemain, des « moins que rien » ; incapables de subvenir aux besoins de leur famille, cachés, effrayés, déprimés. Depuis la guerre, beaucoup d’enfants cachés ont l’impression qu’ils ne peuvent compter que sur eux-mêmes. Et encore… Pour une psychologue, le défi est là : donner à ceux qui souffrent les moyens de retrouver pleinement le bonheur et la joie d’être ce qu’ils sont.

Nathalie Zajde: « Un aller-retour identitaire qui ne se fait pas sans dégâts »
Vous avez créé des groupes de paroles il y a une vingtaine d’années au Centre Georges Devereux de l’Université Paris 8. Comment procédez vous ?

Dans ces groupes, il s’agit d’inviter ceux qui le souhaitent, quelque soit leur pathologie – certains présentent de grandes souffrances, d’autres n’ont pas de symptômes – à participer à la construction du savoir psychologique les concernant. Autrement dit, je veux que ce soient les anciens « enfants cachés » et les descendants de victimes de la Shoah qui élaborent eux-mêmes, avec l’aide des psychologues, la vérité sur leurs troubles. Et qui cherchent, surtout, les voies de guérison les plus adaptées. Cette recherche et ce travail clinique universitaires se font en collaboration avec les associations d’enfants cachés. Les données retenues et publiées sont celles qui sont validées lors de discussions avec les collectifs et les associations (l’ancienne association « Enfants oubliés » en France, l’association « Aloumim » en Israël). Dans ces groupes, nous nous refusons à plaquer des théories préexistantes. Le principe du dispositif ethnopsychiatrique des groupes de parole de survivants et d’enfants de survivants du Centre Georges Devereux repose sur une démocratisation du soin, et se veut, pour des raisons qui tiennent à la fois de l’éthique et de l’efficacité thérapeutique, un lieu d’élaboration et de discussion en commun des problématiques et des solutions. Depuis la mise en place de ces groupes, avec ma collègue Catherine Grandsard et l’équipe du Centre, nous avons accueilli à l’Université plus de 350 survivants et descendants de survivants de la Shoah. La demande est de plus en plus grande. D’ailleurs, depuis quelques années, d’autres institutions ont suivi notre exemple : l’O.S.E. a créé des espaces d’écoute et d’échange pour les anciens enfants cachés.
De tels dispositifs sont-ils efficaces ?

Oui. De plus, celui du Centre Gerges-Devereux est gratuit et « démocratique ». Il accueille sans exclusive les questions spécifiques que peuvent se poser les anciens enfants cachés, celles qui concernent justement la construction de leur identité, mais aussi les difficultés relationnelles avec les parents survivants, autant qu’avec les enfants de la seconde génération. Nous nous efforçons de déchiffrer ces difficultés au travers des différents événements et contextes historiques, politiques, mais également au travers des ressources et interprétations culturelles qui ont justement été interdites durant la Shoah. À ce sujet, il est intéressant de noter l’évolution des références idéologiques, politiques et culturelles des participants. La plupart des enfants cachés, bien qu’issus d’un monde sachant mêler les notions traditionnelles juives à celle de la modernité de la première moitié du 20ème siècle, ont quant à eux adopté les valeurs anti-religieuses de la France des années 1950 et 1960. Ils ont souvent rejeté le culte juif non seulement parce qu’ils ne le connaissaient pas mais aussi parce qu’ils étaient convaincus que la tradition et la religion c’était « l’opium du peuple ».
Et aujourd’hui ?

Ils s’interrogent. La fréquentation de plus en plus régulière des lieux de cultes de la part de la jeune génération, l’intérêt pour l’étude de la Tora dont témoignent leurs propres enfants et petits-enfants les incitent à modifier leur jugement. D’autres se surprennent eux-mêmes à être sensibles aux conséquences des « mariages mixtes judéo-chrétiens » — selon l’expression de Catherine Grandsard (2) — qu’ont contractés leurs enfants. Le fait que leurs petits-enfants n’aient parfois plus aucun lien avec leur propre histoire et qu’ils n’appartiennent plus du tout au même monde, tout compte fait, ça les heurte. Leur ouverture d’esprit, leur générosité, leurs options philosophiques et politiques ne les avaient pas préparés à de telles réactions. Ainsi, chaque année, chaque groupe de participants reconstruit pour lui-même les solutions dont il a besoin, au vu des problématiques qu’il a choisi d’isoler. Au fur et à mesure des années, en fonction des réalités socioculturelles et géopolitiques, nous voyons les problématiques évoluer et les solutions se modifier. Néanmoins, quelques invariants s’imposent de manière systématique : il s’agit d’une part de la nécessité de traiter les morts de la Shoah, même 60 ans après leur terrible disparition, et d’autre part, de trouver les conditions de la pérennisation de l’identité juive — deux préoccupations essentielles qui ont été si tragiquement attaquées pendant la Shoah.

Nathalie Zajde est l’auteur de Enfants de Survivants, 1995, éd. Odile Jacob, et Guérir de la Shoah, 2005, éd.Odile Jacob.

(1) À qui j’appartiens ? Écrits sur la psychothérapie, sur la guerre et sur la Paix, par Tobie Nathan. Editions Les empêcheurs de penser en rond, Le Seuil, 2007

(2) Juifs d’un côté, Portraits de descendants de mariages mixtes entre Juifs et Chrétiens, par Catherine Grandsard. Editions Les empêcheurs de penser en rond, Le Seuil, 2005

3 Responses to Histoire: Ces zazous qui ont porté l’étoile jaune (No, Christian X never wore the yellow star, but some French zoot suiters did)

  1. […] C. Gruat et C. Leblanc reviennent sur les parcours de ces hommes, de ces femmes et de ces enfants. (Résumé de "Amis des Juifs: les résistants aux étoiles", Cédric Gruat et Cécile […]

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  3. […] Cet acte de résistance, et de solidarité qu’ils partageaient avec quelques autres, allait leur couter cher, et s’ils ne furent pas déportés, certains connurent la misère des camps. lien […]

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