Affaire Enderlin: La justice française donne au monde une formidable leçon de journalisme (French Dan Rather finally vindicated by the courts)

Rather with Castro friend
Il n’y a pas de Dieu. La Bible (Psaume 14: 1)
Les troisièmes sont les plus lâches, mélange de haine de soi et de leurs origines; ils devancent l’autocritique que l’on attend d’eux, n’hésitant pas à imputer à leurs frères des meurtres rituels de leur invention, tout droit sortis des cabales tsaristes ou de la propagande nazie. C’est le viol systématique des jeunes filles palestiniennes, pour Sara Daniel, par les soldats de Tsahal, dans le but de les faire exécuter par leurs familles. Le sadisme atavique et la propension à massacrer les plus faibles, les non-juifs, pour Edgar Morin-Nahum. L’espionite et la disposition à la traîtrise, une réécriture modernisée des reproches faits à Alfred Dreyfus, pour Sylvain Cypel. Le complot de l’Internationale juive, pour Dominique Vidal, renaissant de ses cendres chaque fois que l’antisémitisme a besoin d’arguments, et, enfin, l’assassinat sadique des enfants non juifs par Charles Enderlin, véritable pyromane de guerre.Stéphane Juffa (extrait du texte condamné par la justice)
L’enjeu est là. Par des procédures judiciaires, Charles Enderlin et France 2 ont ciblé les sites Internet qui diffusent les articles écrits par ceux ayant enquêté sur l’incident al-Dura, listé les incohérences et invraisemblances de la thèse des parties civiles et avancé des arguments pertinents. (…) Ils souhaitent ainsi obtenir des condamnations judiciaires de ces sites pour diffamation. Ainsi, seraient prohibés, sous peine de condamnation automatique, tout débat, pourtant propre à la démocratie, tout questionnement sur la version de Charles Enderlin, plaquée sur les images de son cameraman palestinien, Talal Abou Rahma, reprise par France 2, et qui deviendrait La seule Vérité autorisée. Véronique Chemla

Belle leçon d’indépendance et de liberté de l’information que vient de donner au monde la justice française!

Alors que le célèbre journaliste de CBS Dan Rather avait, comme son collègue de CNN Eason Jordan on s’en souvient, été honteusement acculé à la démission par une cabale de sites internet suite à d’ignobles accusations (d’avoir produit à l’antenne, pour le premier, des documents non authentifiés sur le service militaire du président Bush à la veille de sa réélection de 2004 et d’avoir laissé entendre – il est vrai sans aucune preuve – à Davos en 2005, pour le second, que les soldats américains en Irak visaient délibérément les journalistes) …

La 17e chambre du Tribunal correctionnel de Paris vient courageusement de rétablir (après d’ailleurs celles de l’auteur du « Cauchemar de Darwin » contre un historien l’ayant accusé d’avoir payé des enfants pour « jouer et rejouer des scènes ») l’honneur et la réputation de notre Dan Rather français en confirmant coup sur coup (même si pour Media Ratings le verdict est reporté au 21 mai) les condamnations de deux sites internet qui l’avaient scandaleusement diffamé.

« Auteur d’ouvrages reconnus » et « journaliste respecté » « à l’honnêteté intellectuelle incontestée », comme vient de le démontrer sa triomphale tournée de promotion pour son dernier livre aux Etats-Unis, dont une mémorable prestation à Harvard où il devait brillamment expliquer comment le prix Nobel de la paix Arafat avait mis en scène ses fameuses images de don de sang pour compenser les moins fameuses images de réjouissances de la rue palestinienne juste après le 11/9 …

Celui-ci avait en effet été à son tour honteusement pris à parti par le site Media Ratings pour avoir cautionné un énième reportage bidonné sur l’Intifada, pratique courante il le reconnaissait lui-même (« Oh, ils font toujours ça. C’est une question de culture »), mais qui, même s’il n’était pas lui-même sur place, « correspondait à la réalité de la situation ».

Puis violemment diffamé en relation cette fois à son appartenance raciale …

Par un site protestant sioniste (Blogdei) allant jusqu’à reproduire, comme nombre d’autres sites communautaires juifs, un article d’un auteur israélien intitulé « Le grand ras le bol des Français juifs » l’accusant en substance d’être un mauvais juif!

Le webmaster du site voxdei jugé le 15 novembre pour « antisémitisme »
Nicolas Ciarapica
jeudi 2 novembre 2006

Trouver de l’antisémitisme dans les propos d’un Juif sioniste résidant en Israël tenait déjà du tour de force. En trouver également dans son article intitulé « Le grand ras le bol des français Juifs », et mis en ligne sur plusieurs sites communautaires juifs (dont Guysen Israël news) est purement et simplement prodigieux.

Suite à la diffusion de cet article, le webmaster du site voxdei.org, Nicolas Ciarapica, qui est également le rédacteur en chef adjoint d’ Aleloo Magazine, est mis en examen pour « atteinte à l’honneur et à la considération de M. Charles Enderlin en raison de son appartenance à la religion juive. » Auditionné par la police parisienne le 13 octobre, le responsable bordelais du site voxdei / Béthel est maintenant convoqué pour première comparution au Tribunal de Grande Instance de Paris le 15 novembre.

L’énormité des faits invoqués semble bien être un écran de fumée pour masquer la question de fond : la contestation du reportage sur la mort du petit Mohammed Al Dura, offert gratuitement par France 2 aux rédactions du monde entier, et qui a initié le soulèvement de la 2e Intifada, avec les conséquences dramatiques que l’on connaît pour des milliers de vies de part et d’autre.

Le webmaster du site voxdei souhaite présenter à M. Enderlin ses excuses pour avoir publié les propos, évidemment pas antisémites, mais un peu excessifs de Stéphane Juffa, dénotant une rupture de dialogue entre les tenants d’une thèse et leurs opposants, tout en comprenant le désarroi des Juifs assiégés par une propagande islamiste qui n’hésite pas à utiliser des enfants.

Ami des Juifs, des Arabes et tous les hommes de bonne volonté, et soucieux de laisser à ses enfants un monde de Justice et d’équité où la liberté d’opinion ne sera pas otage d’intérêts particuliers, il assurera lui-même sa défense. Se refusant à entrer dans des débats juridiques parfois biaisés, il souhaite dire simplement la vérité pour concourir, s’il est possible, à la guérison des blessures infligées aux « français Juifs » qui, dans leur malaise, sont nombreux à quitter notre territoire, où une certaine façon de présenter le « conflit israélo-palestinien » par les médias officiels les place sous une grande pression et dans une position délicate.

Voir aussi:
11/12/07

Extraits de l’article paru sur le site Voxdei

Amis visiteurs et fidèles des sites voxdei et blogdei,

……………………………..

Comme vous le savez [peut-être], dans le cadre de l’affaire Al-Dura, j’ai été inquiété en tant qu’éditeur responsable de ce qui est publié sur le site voxdei.

Le correspondant en Israël d’une certaine chaîne de télévision publique française a jugé que des propos, repris de Stéphane Juffa sur mon site, étaient une atteinte à son honneur et à sa dignité, en raison de son appartenance à la religion juive. Au lieu de s’en prendre à l’auteur des propos jugés par lui incriminants (alors qu’il en avait seulement fait un copier-coller partiel) le journaliste en question me mettait donc en examen, moi le philosémite (ami des Juifs), pour antisémitisme. Un comble quand on sait quel était le sujet de l’article initial, « Le grand ras-le-bol des Français juifs », écrit au lendemain de l’assassinat crapuleux d’Ilan Halimi et repris sur des sites communautaires… juifs !

……………………………..

Convoqué par une juge… je dus remonter à Paris pour me voir notifier ma mise en examen. Après des heures d’attente, je vis la juge au total 3 minutes, et celle-ci me refit signer exactement le même document que celui [qu’on] m’avait fait signer 2 mois plus tôt. C’est à ce moment-là que la Juge me fit comprendre que ma décision de ne pas prendre d’avocat risquerait de me coûter cher puisque je n’aurais pas accès aux pièces du dossier…. j’ai compris, à ce moment-là, que la bataille faisait rage et que rien ne devait être laissé au hasard.

J’ai donc choisi de prendre un avocat et, après avoir consulté les autres prévenus et quelques journalistes au courant de l’affaire Al-Dura, j’ai décidé d’en prendre un neutre, dans un cabinet prestigieux de la capitale. Pour une raison que je n’évoquerai pas ici, mais qui est sans doute liée au côté politique de ce procès, mon avocat a choisi de ne plus me représenter, et ce seulement quelques jours avant la première audience préliminaire. Je me retrouvai donc quelques jours avant ma convocation, au printemps dernier, la veille d’un long week-end férié, sans avocat et sans possibilité d’en demander un commis d’office: les délais étaient trop courts. Sans vouloir épiloguer sur l’aspect peu professionnel de cette défection, et après avoir essuyé plusieurs refus (et aussi après avoir décliné l’offre d’avocats qui me demandaient des sommes astronomiques), un des prévenus [juifs] de l’affaire, avec qui j’ai tissé au fil du temps des liens d’amitié, me recommandait un ami d’enfance à lui. Cet avocat, Juif également, lui avait fait remarquer un point de détail de droit ce qui lui avait permis de remporter une première manche dans cette affaire très médiatique.

Je montai donc pour la troisième fois sur Paris, avec mon épouse… et suis passé au tribunal ce jour-là, accompagné de mon avocat et de quelques [amis], pour une audience de quelques minutes dont le but était de fixer les dates et les termes des audiences-relais qui conduiraient au procès final. Le juge, pressé d’en finir avec cette affaire qui, manifestement, commençait à lui peser, proposa une date symbolique pour le procès: celle du 11 septembre ! J’allais donc me retrouver, moi, l’ami d’Israël, convoqué un 11 septembre à la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris, pour des faits relevant de l’antisémitisme, au même endroit et quelques jours avant un autre célèbre prévenu, leader d’un parti d’extrême droite que je ne citerai pas, mais qui était convoqué pour les mêmes motifs.

Finalement, l’avocate de la « partie adverse » déclara ne pas pouvoir s’organiser pour la date donnée. L’avocate devait, en réalité, à ce moment-là, préparer le même procès contre un autre des prévenus : l’audience fut donc reportée au 8 janvier 2008.

L’été passa et le 10 septembre [2007]… une lettre officielle du porte-parole de Tsahal, l’armée de défense d’Israël, était envoyée au journaliste de la chaîne de télévision publique française à l’origine de toute cette affaire. Il y demandait de visionner les fameux rushes, le film complet qui, selon lui, montrerait l’assassinat du petit Mohammed par l’armée israélienne, en ce jour de la fin du mois de septembre 2000, et dont la diffusion a causé le soulèvement qui a coûté la vie à de nombreuses personnes, tant juives que palestiniennes.

La suite [est connue de ceux qui suivent l’affaire] : lors de l’audience, l’avocat et le juge ont réclamé l’examen de ces rushes, lequel a eu lieu courant novembre en audience publique et a mis en lumière ce que nous dénonçions depuis le début : la manipulation (la presse anglo-saxonne commence à s’en faire largement l’écho). La décision du juge étant renvoyée après mon propre procès, en février 2008. Après plus d’un mois et demi d’attente, mon avocat a réussi à avoir le dossier, et relevé une chose étrange, une erreur de procédure apparemment négligée par la juge qui a examiné l’affaire. La dernière audience intermédiaire s’est tenue jeudi dernier, et le procès aura donc lieu le 8 janvier [2008]. M’étant entendu avec l’avocat pour un paiement en 4 fois, je compte sur ceux qui ont les moyens pour m’assister [pour ce faire, voir l’article qui figure sur le site Voxdei], et je compte bien sûr sur vos prières pour le jour dit, afin que non seulement les charges ridicules retenues contre moi tombent, mais pour que la liberté d’expression, ainsi que l’expression de la vérité des faits, se fassent.

Nicolas Ciarapica

Voir également:

Al-Dura: Charles Enderlin poursuit en justice un chrétien ami d’Israël

Guysen
Véronique Chemla
12 janvier 2008

Le 8 janvier 2008, la XVIIe chambre du Tribunal de grande instance de Paris a entendu Nicolas Ciarapica, directeur de publication du site Internet Blogdei/Bethel. Celui-ci, protestant évangélique ami d’Israël, est poursuivi par le journaliste Charles Enderlin, pour diffamation raciale en raison de la mise en ligne d’un article de Stéphane Juffa, rédacteur en chef de la Metula News Agency (Mena), évoquant, en 2006, notamment l’affaire al-Dura. Une audience marquée par un « incident ».

C’est un « article très long dont on n’a que la 2e partie, vive critique du traitement des médias et intellectuels français du conflit entre les Israéliens et les Palestiniens », résume Nicolas Bonnal, président de cette chambre spécialisée dans le droit de la presse, à Nicolas Ciarapica.

Celui-ci y comparaît pour avoir mis en ligne le 24 février 2006 la 2e partie de l’article Le grand ras-le-bol des Français juifs écrit par Stéphane Juffa, et en date du 23 février 2006. Il est poursuivi pour diffamation raciale par Charles Enderlin, correspondant de France 2 en Israël, qui vise dans sa plainte du 15 mars 2006 trois passages dudit texte.

L’auteur dudit article y dénonce la politique arabe de la France : « Il s’agissait, au début, de prendre ses distances avec le petit Etat hébreu et de se rapprocher de la grande sphère arabo-musulmane. Cela a pris du temps mais ça a fini par fonctionner, et par s’auto-régénérer, jusqu’à rendre la vie des Juifs invivable dans l’Hexagone ».

Puis, Stéphane Juffa classe les juifs en quatre catégories. Ceux qui figurent dans la 3e catégorie « sont les plus lâches, mélange de haine de soi et de leurs origines ; ils devancent l’autocritique que l’on attend d’eux, n’hésitant pas à imputer à leurs frères des meurtres rituels de leur invention, tout droit sortis des cabales tsaristes ou de la propagande nazie. C’est… l’assassinat sadique des enfants non juifs par Charles Enderlin, véritable pyromane de guerre ». »

Me David Dassa-Le Deist, avocat du prévenu, soulève des irrégularités : la prescription, puis des nullités, liées notamment à l’incertitude sur les propos poursuivis et sur le fondement juridique de la plainte. Des arguments qui ne convainquent pas Alexandre Aubert, Procureur de la République. Après une pause, le tribunal joint les incidents au fond.

Une « polémique médiatique intense »

Nicolas Ciarapica est « un chrétien évangélique (1), directeur de publication de deux sites Internet, Blogdei et Bethel, ayant la même adresse ». Sa profession : responsable du développement d’une entreprise d’insertion.

– « Ces sites sont-ils liés à une association ? », interroge le président.

– « Non », répond Nicolas Ciarapica.

– « Quel but poursuivez-vous ? », s’enquiert le président.

– « J’essaie de [mettre en ligne des articles] qui intéressent la communauté protestante évangélique. Comme beaucoup de mes coreligionnaires, nous regardons Israël… A chaque fois que les juifs sont accusés, c’est que la société va mal. Le Français moyen voit la télévision, c’est toujours pareil. Il ne voit jamais un sujet sur les juifs en ayant de l’empathie pour eux. Ceci me heurte. Nous essayons de faire de la réinformation, de présenter un autre son de cloche. Nous avons cherché d’autres sources d’information. On a trouvé la Mena. Metula se trouve en face des camps du Hezbollah », explicite le prévenu.

Il a « voulu informer [ses] lecteurs. L’article est parfois excessif. Chacun s’envoie des noms d’oiseaux. J’ai enlevé l’article dès que j’ai vu qu’il pouvait causer un trouble. Le 13 octobre 2006, la page n’était plus accessible. J’essaie d’apaiser les tensions. Sur le fond je suis d’accord, mais pas sur la forme ».

Lors de son audition par la police, il a d’ailleurs présenté des excuses, réitérées auprès du juge d’instruction et devant le tribunal. Et il explique le contexte de la publication : « C’était après l’assassinat crapuleux d’Ilan Halimi dont la France a eu de la peine à reconnaître le caractère antisémite. C’est une critique à chaud qui fait état des blessures du peuple juif ».

« Il n’y a pas d’avertissement particulier… », relève le président.

« L’article est mis dans la rubrique Antisémitisme, sous-rubrique Désinformation… J’avais la puce à l’oreille quand ce reportage [des al-Dura] a été offert gracieusement. Ceci a entraîné des centaines de morts en Israël. Je me suis documenté. J’ai trouvé en Israël des gens qui disaient : « On n’est pas responsables », et des experts. Certains disent : « L’enfant n’est pas mort ». [Mohamed al-Dura] est devenu une icône ! »

Ce philosémite ne comprend pas pourquoi il a été attrait en justice alors qu’il a « essayé de défendre les juifs qui sont calomniés ! »

Une « statue du commandeur qui vacille »

Me Bénédicte Amblard entame la même plaidoirie que lors des trois procès de l’automne 2006 : son client, « Charles Enderlin, est un citoyen franco-israélien… L’auteur d’ouvrages reconnus… Un journaliste respecté… A l’honnêteté intellectuelle incontestée… » Ce « 26 février 2006, Charles Enderlin a découvert des propos d’une particulière violence, repris d’un organisme, la Mena, que le tribunal connaît bien… relayés par certains sites qui ont fait l’objet de poursuites et de condamnation. Ces propos font suite à la longue campagne de diffamation contre Charles Enderlin par une agence condamnée déjà ».

Ce journaliste est visé « en sa qualité de journaliste et de juif. Nicolas Ciarapica a repris tels quels les propos invérifiés, très médiocres, de la Ména ». Me Bénédicte Amblard insiste sur le mot « désinformation, sur lequel un jugement a estimé y avoir lieu à diffamation. C’est une incrimination insupportable : un mauvais juif ! »

Et de poursuivre : « Nicolas Ciarapica affirme sans nuance : « Il n’y avait qu’un seul son de cloche ». S’il avait vu les reportages de Charles Enderlin au lendemain de l’incident dramatique… [plusieurs secondes (d’hésitation ?)] de la mort de Mohamed al-Dura, il aurait su qu’il y avait plusieurs sons de cloche par Charles Enderlin ».

Le procureur de la république n’estime pas diffamatoires les deux premiers passages incriminés. Quant au 3e extrait sur la haine de soi animant certains juifs, Alexandre Aubert est décontenancé par ce « raisonnement tortueux, paradoxal, un peu délicat, assez confus au final ». Il s’en remet à l’appréciation du tribunal.

« Ne pas galvauder les mots »

« J’ai plaidé devant cette chambre pour Pierre Lurçat, poursuivi par Charles Enderlin et France 2 (2). J’ai gagné pour un vice de procédure. Après sept ans, l’affaire al-Dura n’a pas fini de faire parler d’elle. On a vu [enfin] les rushes (3). L’opacité [qui l’a entourée] a créé les conditions d’une réinformation légitime… Mon client est un humaniste chrétien, responsable d’un site spirituel. Il n’éprouve aucune animosité pour Charles Enderlin, un journaliste de qualité. Peut-on le condamner comme Faurisson et Dieudonné ? », s’indigne Me David Dassa-Le Deist, avocat d’un « dossier difficile », découvert quelques jours plus tôt.

Il émaille sa plaidoirie, dont la longueur suscite l’irritation du président, de citations littéraires, et s’étonne de l’absence de poursuites contre Stéphane Juffa, auteur de l’article incriminé. Il ne trouve aucune justification à l’accusation de diffamation raciale dans les deux premiers passages de cet « article stupide ». Charles Enderlin n’y est ni cité ni identifiable.

Quant au 3e passage, il « identifie les juifs selon leurs comportements : les pleutres adoptant un profil bas, les courageux qui portent leur judaïsme comme un drapeau, les juifs honteux cumulant haine de soi et lâcheté, et les sionistes qui ont tout compris au drame et ont fait leur aliyah. « Charles Enderlin [est qualifié de] véritable pyromane de guerre [pour avoir imputé à ses frères des meurtres rituels de son invention] ». Est fustigé non pas le fait d’être juif, mais un comportement : la lâcheté. C’est un propos outrageant, une invective, une injure, mais pas une diffamation raciale ».

Cet avocat demande donc la relaxe de son client.

Jugement le 12 février 2008.

Une affaire judiciarisée par Charles Enderlin

Que retenir de ce procès ?

D’abord, l’affaire al-Dura déborde le cadre juif : des chrétiens amis d’Israël, peuple et Etat, s’y intéressent intensément.

Actes manqués ? Comme Guysen International News, Me Bénédicte Amblard reprend la terminologie anglo-saxonne : « The al-Dura incident ».

Surtout, par son bref silence étonnant dans une antienne archi-connue, elle semble hésiter sur la réalité d’un fait allégué par son client – la mort de Mohamed al-Dura -, et cèle un autre élément, majeur et controversé, de la thèse du journaliste : l’origine israélienne des tirs.

Quant à Charles Enderlin « retenu à Jérusalem » le 8 janvier 2008, il a mandaté Me Louise Sportas pour exprimer sa « ferme protestation » contre la tenue, le 9 janvier 2008, d’un colloque universitaire sur l’affaire al-Dura (4) alors que « la justice examine cette matière » (5).

L’enjeu est là. Par des procédures judiciaires, Charles Enderlin et France 2 ont ciblé les sites Internet qui diffusent les articles écrits par ceux ayant enquêté sur l’incident al-Dura, listé les incohérences et invraisemblances de la thèse des parties civiles et avancé des arguments pertinents. La seule exception à cette règle est la plainte contre Media-Ratings. Une plainte que Charles Enderlin et France 2 doivent amèrement regretter d’avoir déposée (5).

Ils souhaitent ainsi obtenir des condamnations judiciaires de ces sites pour diffamation.

Ainsi, seraient prohibés, sous peine de condamnation automatique, tout débat, pourtant propre à la démocratie, tout questionnement sur la version de Charles Enderlin, plaquée sur les images de son cameraman palestinien, Talal Abou Rahma (6), reprise par France 2, et qui deviendrait La seule Vérité autorisée.

Véronique Chemla

© Guysen International News

—————————————–

(1) Les protestants évangéliques espèrent que le retour des juifs en Israël sera annonciateur de celui du Christ (parousie), à la fin des temps, pour établir le royaume de Dieu sur terre. Selon cette croyance, les juifs se convertiront au christianisme.
(2) Il s’agit de l’audience du 24 octobre 2006, présidée par le juge Nicolas Bonnal.
(3) Véronique Chemla, « Mohamed al-Dura est vivant à la fin des rushes de France 2 ! ».
(4) Interview de Richard Landes, par Véronique Chemla.
(5) Richard Landes, « France2 begins to sweat, tries to bully », 8 janvier 2008, et, en français, « Affaire al-Dura: France 2 commence à transpirer ».
(6) Talal Abou Rahma s’est rétracté le 30 septembre 2002, après avoir initialement affirmé sous serment, le 3 octobre 2000 : « L’enfant a été tué intentionnellement et de sang-froid par l’armée israélienne ».

Voir de même:

Charles Enderlin gagne un procès en diffamation contre un site évangélique
Topinfo
13 Février 2008
Source: La Croix

Le correspondant de France 2 à Jérusalem Charles Enderlin a gagné mardi un procès en diffamation contre un site internet destiné aux protestants évangéliques, pour un article intitulé « Désinformation: le grand ras-le-bol des Français juifs ».

La 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris a condamné Nicolas Ciarapica, le directeur de la publication du site, à une amende de 1.000 euros avec sursis et un euro de dommages et intérêts.

L’article incriminé avait été écrit par Stéphane Juffa, pour la Metula News Agency et mis en ligne en 2006 sur le site.

L’auteur y évoquait le traitement de l’information relative à la situation au Proche-Orient par les médias français, particulièrement par la télévision publique, traitement qui serait caractérisé par de « sempiternelles déformations des faits ».

Il y accusait également Charles Enderlin d’appartenir à une catégorie de juifs qui n' »hésitent pas à imputer à leurs frères des meurtres rituels de leur invention, tout droit sortis des cabales tsaristes ou de la propagande nazie ».

L’auteur reprochait également au journaliste, qualifié de « véritable pyromane de guerre », « l’assassinat sadique des enfants non juifs ».

Il faisait ici référence à un autre dossier, des sites et médias pro-israéliens accusant Charles Enderlin d’avoir truqué en octobre 2000 un reportage, dont les images avaient fait le tour du monde, qui relatait la mort d’un enfant palestinien sous les balles des soldats israéliens. Dans cet autre dossier, le journaliste a gagné un procès en diffamation en première instance, mais l’affaire est actuellement examinée par la cour d’appel de Paris.

La 17e chambre a jugé mardi que Charles Enderlin avait bien été diffamé « à raison de son appartenance à une religion ».

Le tribunal a décidé de ne pas accorder au prévenu le bénéfice de la bonne foi car il « n’a procédé à aucune vérification sur les accusations que le texte forme contre Charles Enderlin ».

Voir enfin:

Affaire Mohammed al-Doura: l’avocat général demande la confirmation de la peine
Le Nouvel observateur
AP
27.02.2008

L’avocat général de la cour d’appel de Paris a requis mercredi soir la confirmation de la peine prononcée contre Philippe Karsenty, directeur de l’agence Media Rating, condamné à 1.000 euros d’amende en octobre 2006 pour diffamation contre le correspondant de France-2 à Jérusalem Charles Enderlin.

La décision a été mise en délibéré au 21 mai.

Le prévenu accuse le journaliste d’avoir « mis en scène » la mort d’un petit Palestinien sous les balles israéliennes en 2000. Les images de France-2 diffusées le 30 septembre 2000 au journal de 20h avaient fait le tour du monde. On y voyait le jeune Mohammed al-Doura, 12 ans, mourir dans les bras de son père sous une rafale de balles. Selon les commentaires du journaliste, les tirs étaient israéliens.

Le garçon est vite devenu un martyr dans le monde arabe et plusieurs attentats anti-israéliens ont été commis en son nom. De nombreuses voix se sont cependant élevées pour dénoncer le reportage, parlant d’une conspiration dirigée contre l’Etat hébreu.

Sur le site web de son « agence de notation des médias » (http://www.M-R.fr), Philippe Karsenty avait exigé en novembre 2004 la démission de Charles Enderlin et de la directrice de l’information de France-2, Arlette Chabot. Il affirmait que le journaliste avait diffusé « un faux reportage » dans lequel on aperçoit « une série de scènes jouées ». Philippe Karsenty en concluait que le reportage sur la mort du petit Mohammed était « une pure fiction » et une « imposture médiatique ».

Il a campé sur sa position mercredi à l’audience, affirmant que ce jour-là à Gaza s’était déroulé « le tournage d’une mise en scène ». Il a cependant estimé que le correspondant de France-2, qui se trouvait à Ramallah au moment des faits, avait été trompé par son cameraman présent sur place. « Il y a une industrie du faux reportage », a-t-il également accusé, insinuant que les agences de presse présentes sur les lieux avaient couvert l’affaire.

Il s’agit de « l’accusation la plus grave qu’on peut proférer à l’encontre d’un journaliste, celle de bidonnage », a lancé Charles Enderlin, réitérant sa « confiance totale » en son cameraman. Il a noté que ce dernier n’avait jamais été mis en cause par Israël.

L’avocat du journaliste et de France-2, Me Francis Szpiner, a demandé à la cour d’appel de confirmer le jugement prononcé par le tribunal correctionnel. Outre les 1.000 euros d’amende, Philippe Karsenty avait été condamné à verser un euro de dommages et intérêts à Charles Enderlin et à la chaîne publique. L’avocat général, Antoine Bartoli, a lui aussi demandé cette confirmation, estimant qu’il n’y avait pas eu « d’enquête sérieuse » du directeur de Media Ratings.

Une enquête réalisée par Tsahal sur les conditions du décès du petit Mohammed a conclu à la probabilité que l’enfant ait été victime d’une balle perdue palestinienne. Une thèse que Charles Enderlin avait relayée quelques jours après le reportage initial.

L’audience a également été consacrée au visionnage des rushes de France-2, ces images qui n’ont pas été exploitées dans le reportage, et d’autres chaînes ou agences d’images, comme l’Associated Press Television News (APTN). Sur les rushes de la chaîne publique, l’enfant, allongé à côté de son père, relève le bras alors que le reportage se terminait sur la scène du petit Mohammed, sans vie dans les bras de son père. AP

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3 Responses to Affaire Enderlin: La justice française donne au monde une formidable leçon de journalisme (French Dan Rather finally vindicated by the courts)

  1. […] un pays où, quel que soient leurs fautes, les journalistes ne sont jamais licenciés […]

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  2. Samuel dit :

    Je lis sur cette page votre « citation de la bible »: Il n’y a pas de Dieu ps 14:1. Quel mauvaise foi! Prendre une phrase hors contexte. Que dit réellement ce verset: 1 Au chef des chantres. De David. L’insensé dit en son cœur: Il n’y a point de Dieu! Ils se sont corrompus, ils ont commis des actions abominables; Il n’en est aucun qui fasse le bien.

    Vous voilà bien insensé de vouloir faire dire à la bible qu’il n’y a point de Dieu. Sachez-le Jésus vous aime.

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  3. jcdurbant dit :

    Merci d’avoir explicité le contexte de la citation que j’avais mise en exergue (et dont, vous l’avez noté, je donnais dûment la source et le lien).

    Et surtout l’absurdité où peuvent aboutir les arguties juridiques quand les citations sont justement prises hors contexte …

    Accuser d’antisémitisme et de « diffamation raciale » le créateur d’un site chrétien philosémite pour avoir mis en ligne un texte d’un auteur juif que l’on retrouve sur toutes sortes de sites juifs ou pro-juifs critiquant un autre juif pour désinformation contre l’Etat d’Israël, fallait quand même le faire!

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