Diplomatie: Respecter le Rwanda, renouer avec la vérité (Looking back on Dr. Kouchner’s stranger and stranger Rwandan case)

Kouchner on whitewashing mission to Rwanda (Jan 2008)Il faut ouvrir les ventres de ces Tutsis que vous tuez pour qu’ils coulent et que les satellites ne les voient pas. Soldats français au Rwanda lors du génocide (cité par Andrew Wallis)
Nous livrons des munitions aux FAR en passant par Goma. Mais bien sûr nous le démentirons si vous me citez dans la presse. Philippe Jehanne, correspondant de la DGSE, à l’historien Gérard Prunier, en plein génocide rwandais, le 19 mai 1994)
Malgré des « erreurs d’appréciation » dans notre politique, et notamment une « coopération militaire trop engagée » et une « sous-estimation du caractère autoritaire, ethnique et raciste du régime rwandais », la France et ses soldats n’ont en aucune manière incité, encouragé, aidé ou soutenu ceux qui ont orchestré le génocide et qui l’ont déclenché dans les jours qui ont suivi l’attentat. Bernard Kouchner (« Renouer avec le Rwanda, respecter la vérité », Le Figaro, le 25/1/08)
On nous dit qu’au Rwanda, la France aurait commis une “faute politique”. C’est trop ou trop peu. De quelle faute s’agit-il? Il faut l’expliquer! Aurions-nous, par exemple, pris systématiquement le parti d’un camp contre l’autre, des Hutus contre les Tutsis? C’est une contre-vérité. Pendant la période où j’ai conduit la diplomatie française (d’avril 1993 à mai 1995), nous avons fait tous les efforts possibles pour aider à la réconciliation des Rwandais. (…)  l’opération Turquoise (…) a parfaitement accompli la mission qui lui avait été assignée, dans les conditions de temps et de lieu prévues. La présence de l’armée française a permis de sauver des dizaines de milliers de vie et d’arrêter le flux de plusieurs millions de personnes qui fuyaient vers le Zaïre voisin (devenu République Démocratique du Congo). Son intervention est à l’honneur de la France. Dès lors, de quelle faute nous parle-t-on? (…) La diplomatie française ne devrait pas s’écarter de la voie de la vérité et de la dignité.  Alain Juppé (27.04.08)

Au lendemain de la commémoration de la fin du génocide juif

Retour sur un autre génocide

Et surtout la manière de plus en plus douteuse et pathétique (s’abritant derrière une largement partisane commission parlementaire et jouant sur les mots « faute politique »/ »responsabilité militaire ») dont notre ministre des Affaires étrangères, à l’occasion de sa visite du Rwanda il y a quelques jours, tente à nouveau de faire oublier cette vérité qu’il dit « respecter ».

A savoir la réalité, qu’en tant qu’émissaire de Mitterrand au Rwanda (sous un gouvernement de cohabitation dont faisaient partie Védrine et Juppé), il était bien placé pour connaître et qu’ont confirmée depuis nombre de témoins dont le journaliste Patrick de Saint-Exupéry, le documentariste Jean-Christophe Klotz ou encore tout récemment le général Dallaire, de ce que le ministre des Affaires étrangères rwandais Charles Murigande résumait parfaitement ainsi:

Les Français ont armé les tueurs et ils les ont formés même lorsqu’ils disaient qu’ils allaient tuer les Toutsis, et la France a soutenu le régime génocidaire jusqu’à la fin, aidant même les tueurs à s’échapper. Pourquoi ? Parce qu’ils ont cette obsession des Anglo-Saxons.

Kouchner: »Paris a commis une faute politique au Rwanda »
C.J
Le Figaro
avec AFP
26/01/2008

Le chef de la diplomatie française a passé l’après-midi de samedi à Kigali. Un premier pas vers la réconciliation avec le Rwanda qui a rompu ses relations diplomatiques avec Paris depuis plus d’un an.

Bernard Kouchner ne sera resté samedi que deux heures et demie à Kigali mais sa courte visite constitue un pas décisif dans la normalisation des relations franco-rwandaises, rompues depuis plus d’un an. Arrivé à Kigali en provenance de la République démocratique du Congo (RDC) voisine, le ministre des Affaires étrangères a multiplié les gestes symboliques. Il a ainsi estimé que la France avait «certainement commis une faute politique» lors du génocide rwandais de 1994.

«On ne comprenait pas ce qui se passait. Mais il n’y a pas de responsabilité militaire», a-t-il toutefois ajouté, lors d’une conférence de presse avec le président rwandais Paul Kagame avec qui Bernard Kouchner s’est entretenu pendant pus d’une heure. Des propos similaires à ceux que le chef de la diplomatie française avait tenus le 2 octobre dernier sur Europe 1.

Plus tôt dans l’après-midi, le patron du quai d’Orsay s’est rendu au mémorial du génocide à Kigali. Il y a déposé une gerbe de fleurs sur la fosse commune recouverte de béton, dans laquelle reposent 250.000 victimes des massacres de Kigali. Il a ensuite observé une minute de silence, avant de poursuivre la visite du mémorial. En voyant plusieurs photos de corps massacrés dans des églises, il a répété: «J’y étais».

Kagame : «aller de l’avant»

Lors du génocide, Bernard Kouchner s’est rendu plusieurs fois au Rwanda pour tenter d’organiser des couloirs humanitaires. L’ancien ministre de la Santé et de l’Action humanitaire y a rencontré Paul Kagame qui commandait la rébellion tutsie du Front patriotique rwandais (FPR) qui a mis fin aux massacres en juillet 1994. Des liens que le président rwandais n’a pas oubliés. Saluant son «bon ami» Kouchner, Paul Kagame a affirmé samedi «vouloir se débarrasser des obstacles fondées sur les erreurs du passé» pour «aller de l’avant».

Au cœur des tensions diplomatiques entre Paris et Kigali se trouve le génocide. Le Rwanda accuse la France d’avoir soutenu les forces qui ont commis les tueries de 1994, ce que Paris a toujours nié. La dissension entre les deux pays a atteint son apogée en novembre 2006 avec la rupture par Kigali de ses relations diplomatiques avec Paris après que le juge antiterroriste français Jean-Louis Bruguière eut émis des mandats d’arrêt contre neuf proches du chef de l’Etat rwandais, Paul Kagame, dans le cadre de l’enquête sur l’attentat, le 6 avril 1994, contre le président rwandais de l’époque, Juvénal Habyarimana. Un assassinat qui avait déclenché les massacres dans lesquelles ont péris, d’après l’ONU, près de 800.000 personnes.

Voir aussi:

GENOCIDE RWANDAIS : L’INNOCENCE DE LA FRANCE EN QUESTIONS

Guillaume de Rouville
Mai 2004

Si les accusations de complicité de génocide lancées contre la France par le Président Rwandais sont fausses et calomnieuses, il conviendrait que notre Ministre de la Défense et les personnes visées par les accusations, répondent de manière satisfaisante à un certain nombre de questions, et ne se contentent pas de démentis ou de quelques indignations médiatiques.

Si la France n’est pas coupable, alors :

– pourquoi est-ce dans les locaux de l’ambassade de France au Rwanda, et en présence de l’ambassadeur Jean-Philippe Marlaud, que s’est formé le gouvernement intérimaire rwandais en charge d’exécuter le génocide ?

– pourquoi François Mitterrand, Alain, Juppé et Bruno Delaye (responsable de la cellule africaine de L’Elysée) ont-ils reçu, le 27 avril 1994 à Paris, 20 jours après le début du génocide, une délégation rwandaise formée, notamment, de Jérome Bicamumpaka, ministre des Affaires étrangères du gouvernement intérimaire rwandais (supervisant le génocide) sans jamais dénoncer les agissements de celui-ci ?

– pourquoi la France, dès le début du génocide, a-t-elle évacué vers Paris, le 9 avril 1994, l’une des têtes pensantes du génocide, Madame Agathe Habyarimana ? Pourquoi, à son arrivée en France, a-t-elle reçu une grebe de fleurs, un appartement en dotation et 200 000 francs pour frais de bouche ? (L’Inavouable, Les Arènes, 2004, de Patrick de Saint-Exupéry, page 259).

– pourquoi le lundi 19 janvier 2004, Madame Agathe Habyarimana, la veuve de l’ancien président du Rwanda, dont la mort avait marqué le début du génocide rwandais en avril 1994, était-elle présente à la cérémonie des vœux de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) qui s’est tenue à Paris ? (voir notre article : Francophonie et petits meurtres entre amis ) ;

– pourquoi le 17 juillet 1994, l’état-major tactique français a-t-il organisé l’évacuation vers le Zaïre du gouvernement génocidaire rwandais ? (L’Inavouable, Les Arènes, 2004, de Patrick de Saint-Exupéry, page 260) ;

– est-il vrai, comme l’affirme l’ONG Human Rights Watch, que la France continuait à former les miliciens Hutu extrémistes dans un camp militaire français situé en République Centrafricaine, longtemps après la défaite du clan génocidaire et la fin du génocide (en octobre 1994) ? (Rapport HRW, Rwanda/Zaire, Réarmement dans l’impunité. Le soutien international aux perpetrateurs du génocide rwandais, mai 1995, p.9-10) ;

– est-il vrai que Paul Barril (ancien responsable du GIGN et conseiller du Président Juvénal Habyarimana) ait été l’intermédiaire dans l’achat de deux missiles sol-air, entre novembre 1993 et février 1994, pour le compte du Hutu Power ? (voir l’article de Patrick de Saint-Exupéry du 31 mars 1998 paru dans Le Figaro). Ces missiles n’auraient-ils pas pu servir à abattre l’avion du Président rwandais Habyarimana ? (Voir aussi, L’Inavouable de Patrick de Saint-Exupéry, page 256 ; Aucun Temoin ne doit survivre, Human Rights Watch, FIDH, 1999, page 774 ; La Nuit Rwandaise, Jean-Paul Gouteux, L’Esprit frappeur, 2002, page 281) ;

– que faisait Paul Barril au Rwanda au moment de cet attentat ? Est-il vrai qu’il travaillait pour le compte du régime génocidaire et que son contrat, pour un montant de 1 200 000 dollars US s’intitulait « Opération Insecticide » ? (alors que la Radio des Mille Colline appelait à l’extermination des cafards Tutsi !) Est-il resté à Kigali pendant le génocide ?

– pourquoi Paul Barril, n’a-t-il pas été interrogé par la mission d’information de 1998 présidée par Paul Quilès et portant sur le génocide rwandais !

– quelles furent les raisons du suicide de Francois de Grossouvre le 7 avril 1994, le lendemain de l’attentat (à l’aide de missiles sol-air) contre l’avion du Président rwandais ? Paul Barril n’était-il pas un proche de cet homme clef de L’Elysée et au centre des traffics d’armes de la République Française ?

– quelle crédibilité accorder au rapport du juge Jean-Louis Bruguière qui établirait que le général Paul Kagamé, ex-chef rebelle et actuel chef de l’Etat rwandais, serait le principal commanditaire de l’attentat, avec dix autres officiers supérieurs du FPR, alors que Paul Barril se vante d’être un vieil ami du juge (Le Monde, 9 mars 2004, « L’enquête sur l’attentat qui fit basculer le Rwanda dans le génocide », par Stephen Smith ; Le Temps -Lausanne- 21 novembre 2001 ; La Nuit Rwandaise, Jean-Paul Gouteux, L’Esprit frappeur, 2002, page 287) ? Les conclusions de ce rapport ne sont-elles pas en contradiction avec les documents (datant de 1994) des services de renseignement americains qui viennent d’être declassifiés et qui retiennent la responsabilité des extrémistes hutu dans l’attentat ? (Voir l’article de Jim Lobe, « Rwanda-US : Papers Imply Hutu Hard-Liners Downed President’s Plane, 6 April 2004, IPS News, le 7 avril 2004 dans L’Idiot ; « Les Etats-Unis avaient identifié les coupables, selon un rapport », AFP, dans L’Intelligent, 8 avril 2004, le 13 avril 2004 dans L’Idiot) ;

– est-il vrai, comme l’affirme l’ONG Survie, que la France continuait à appuyer militairement les miliciens Hutu extrémistes réfugiés dans les camps du Zaïre en 1995 ? (Billets d’Afrique, juillet 1995 : le 9 juin 1995 trois Mirages et quatre appareils de transport aérien seraient partis d’Orléans vers le Zaïre pour soutenir cette offensive) ;

– la France ne continue-t-elle pas de soutenir ces anciennes milices, alors que celles-ci viennent d’annoncer une offensive prochaine contre le régime de Kagame ? (Voir : « Rebels prepare to attack Rwanda – officials », 15 avril 2004 dans Independent Online South Africa, AP ; le 19 avril 2004 dans L’Idiot) ;

– pourquoi la France a-t-elle proposé en 1995, au Président Kagame, la fin des hostilités contre le nouveau régime en échange d’une amnistie générale et contre l’assurance de ne plus être accusée par le Rwanda d’avoir soutenu l’ancien régime génocidaire ? (« Faire de Kagame le Roi », Colette Braeckman, Le Soir, 9 novembre 1995, Belgique) ;

– pourquoi l’Opération Turquoise, présentée par la France comme une opération humanitaire visant à stopper le génocide (23 juin-21 août 1994) a-t-elle été dirigée par des officiers Francais proches du Hutu Power, comme le colonel Thauzin, ancien conseiller militaire du Président Habyarimana ? (La Nuit Rwandaise. Page 1994) ;

– pourquoi la France a-t-elle refusé de brouiller les émissions de la Radio des Mille Collines (principal organe de propagande anti-Tutsi) alors que l’émetteur se trouvait dans la zone sous son contrôle au moment de l’Opération Turquoise et que cela était techniquement facile ?

– pourquoi la France, par la voix de Bernard Kouchner, ainsi que le gouvernement génocidaire, réclamaient-ils un cessez-le-feu entre les rebelles du FPR (tentant de mettre un terme aux massacres) et les extrémistes Hutu en mai 1994, juste avant l’Opération Turquoise ? (Le Monde, 20 mai 1994, Bernard Kouchner ; La Nuit Rwandaise, pages 356-357) ; le principal but de cette Opération n’était-il pas de freiner l’avancée du FPR anglophone plutôt que de mettre un terme aux massacres ?

– pourquoi Alain Juppé, comme François Mitterrand (lors de son discours de Biarritz du 8 novembre 1994), et Dominique de Villepin aujourd’hui, utilisent-ils régulièrement le terme de « génocides » au pluriel ? Ne souhaitent-ils pas accréditer l’idée d’un double génocide entre deux ethnies et deux camps qui seraient tout autant responsables ? (Voir L’Inavouable écrit par l’auteur en réponse à ce pluriel utilisé par Dominique de Villepin en septembre 2003 lors d’un interview sur RFI ; voir aussi page 414 de La Nuit Rwandaise) ;

– pourquoi Le Monde, Marianne, Le Courrier International et Africa International ont-ils également défendu cette thèse du double génocide ? (Marianne ira même jusqu’à nier l’existence d’un génocide des Tutsi pour imputer les massacres aux victimes, « Les Tutsi ont provoque le génocide pour se rendre maître du pays » peut-on lire dans Marianne, du 20 au 26 mars 2000 ; voir notre Article intitulé « Le Monde au service du Hutu Power ») ;

– pourquoi Le Monde a-t-il attendu le 2 juillet 1994 (trios mois après le début du génocide) pour utiliser le terme de génocide afin de décrire ce qui se passait au Rwanda ? (Voir : Isabelle Gaudin, « Les crises rwandaises depuis 1959 vues à travers La Croix, l’Humanité, Le Monde », Mémoire de maîtrise, Université Paris I Sorbonne, novembre 1996 ; voir également : « Le Monde, un contre-pouvoir ? », de Jean-Paul Gouteux, L’Esprit Frappeur, 1996) ;

– pourquoi des nombreux intellectuels et journalistes Français avaient-ils des préjugés anti-Tutsi très marqués avant et au moment du génocide, comme Alexandre Adler, Jean-Marie Colombani et Stephen Smith ? (Voir notre Article « Le Monde au service du Hutu Power » ; voir également : Billets d’Afrique de l’ONG Survie, numéro 18, janvier 1995 ; numéro 41, décembre 1996 ; numéro 56, mars 1998) ; n’est-il pas étonnant que ces intellectuels et journalistes soient connus pour leurs liens avec les services secrets français ?

– n’est-il pas symptomatique d’une certaine connivence coupable entre les élites politiques et intellectuelles, que l’Université de la Sorbonne ait laissé la directrice du Magazine Africa International, Marie-Roger Biloa (une intime de l’ancien Président rwandais, Juvénal Habyarimana) organiser un colloque révisionniste sur le génocide rwandais avec d’anciens membres du gouvernement rwandais génocidaire ? (Colloque du 6 avril 2004 : »Rwanda : dix ans plus tard, qu’avons nous appris ? Comment réinventer l’avenir »). ;

– pourquoi dès 1990 la France a-t-elle appuyé (avec l’aide de plusieurs centaines de soldats français) les forces gouvernementales rwandaises du Président Habyarimana, pour repousser et tenter d’éliminer le Front Patriotique Rwandais ? (Voir « Aucun Témoin ne doit survivre », page 75) ;

– pourquoi un an avant le déclenchement du génocide (en février 1993) le ministre français de la coopération, Marcel Debarge, a-t-il conseillé au Président Habyarimana la constitution d’un « front commun » contre le FPR ? (Voir « Aucun Témoin ne doit survivre », page 136 ; La Nuit Rwandaise, Jean-Paul Gouteux, L’Esprit Frappeur, 2002, page 214) ;

– est-il vrai, comme le suggère Gérard Prunier (analyste et historien du Rwanda, proche du Ministère de la défense français), que le Président Habyarimana ait aidé la France dans des affaires illégales en faisant, peut-être, parvenir des armes dans des pays placés sous embargo ? (Voir « Aucun Témoin ne doit survivre », page 142 ; La Nuit Rwandaise, Jean-Paul Gouteux, L’Esprit Frappeur, 2002, page 176-7) ; (voir également L’Express, 12 février 1998, Vincent Hugeux : « Mais il est une autre piste moins anodine : la dette contractée envers Kigali pour son rôle de transitaire docile lors de livraisons secrètes d’armements destinées à l’Afrique du Sud de l’apartheid. D’autant que la commande aurait porté non pas sur des missiles, comme on le murmurait alors, mais sur de l’équipement nucléaire ») ;

– pourquoi la France, a-t-elle tout fait pour priver le Rwanda de l’après génocide de l’aide financière de l’Union Européenne ? (« L’Union Européenne avait prévu des crédits spéciaux se chiffrant à près de 200 millions de dollars américains pour le Rwanda, mais les Français mirent leur veto pour empêcher le déblocage de ces fonds jusqu’à la fin de 1994 et la somme ne put être débloquée qu’en partie », Millwood, Etude 4 numéro 34, cité dans La Nuit Rwandaise, Jean-Paul Gouteux, L’Esprit Frappeur, 2002, page 430) ;

– n’est-il pas troublant que dans son numéro de décembre 1990 le journal Kangura (principal organe de presse écrite du génocide) publiait à la fois ses « Dix Commandements des Hutus » (véritable manifeste en faveur du génocide à venir) et un portrait de Mitterrand avec la légende suivante : « Un véritable ami du Rwanda. C’est dans le malheur que les véritables amis se decouvrent. » ? (Chrétien, Rwanda Les médias, page 141 ; Prunier, The Rwanda Crisis, page 163) ;

– est-il vrai, comme le prétend la Commission d’enquête citoyenne (sur le rôle de la France durant le génocide des Tutsi au Rwanda en 1994), que la Banque nationale du Rwanda, « trésor de guerre des organisateurs du génocide », ait pu tirer des sommes importantes sur la Banque de France et la BNP Paris (2 737 119,65 FF en six prélèvements du 30 juin au 1er août pour la Banque de France, 30 488 140,35 FF en sept prélèvements du 14 au 23 juin 1994 pour la BNP) tout au long du génocide ? Si cela est vrai, comment la Banque de France a pu procurer des moyens financiers (dont 1 500 000 FF le 1er août, alors que le Gouvernement responsable du génocide et sa banque ont quitté le Rwanda depuis un mois) aux auteurs d’un génocide en cours ? Comment l’autorité de tutelle de la place financière de Paris a pu ne pas demander de couper les liens financiers avec les autorités génocidaires ? Comment la BNP a pu ignorer la portée de ces prélèvements ? (Voir Survie, Commission d’enquête citoyenne sur le rôle de la France durant le génocide des Tutsi au Rwanda en 1994 et son Communiqué de presse du 24 mars 2004 : La Commission d’enquête citoyenne (CEC) a examiné des documents recueillis à Kigali par le sénateur belge Pierre Galand, qu’elle a longuement auditionné) ;

– que penser des déclarations de Philippe Jehanne, correspondant de la DGSE au cabinet du ministre de la coopération Michel Roussin, confiant le 19 mai 1994 à l’historien Gérard Prunier, en plein génocide rwandais : « Nous livrons des munitions aux FAR [les Forces armées rwandaises génocidaires] en passant par Goma. Mais bien sûr nous le démentirons si vous me citez dans la presse. » (Voir Gérard Prunier, « Rwanda : le génocide », p. 332, note 136) ;

– est-il vrai que le 25 mai 1994, le deuxième secrétaire de l’ambassade du Rwanda au Caire ait adressé au GIR (Gouvernement Intérimaire Rwandais résponsable du génocide) un message annonçant une livraison de 35 tonnes d’armes (munitions et grenades) pour un montant de 765 000 dollars lors d’une transaction faite à Paris ? (Voir Michel Muller, Trafic d’armes via Paris, L’Humanité, 31/05/1994) ;

– que penser de l’information suivante parue dans The Economist en juin 1994 : « En mai, […] les Français laissèrent débarquer une cargaison d’armes à Goma, au Zaïre. Tandis que l’odeur des cadavres entassés dans une fosse commune à la frontière envahissait l’aéroport, les armes destinées aux meurtriers étaient entassées sur la piste. Le consul de France à Goma dit qu’il n’était pas en mesure d’intervenir : il s’agissait de l’application d’un contrat privé, passé avant l’interdiction des armes au Rwanda. » (Voir Courrier International du 7 juillet 1994) ;

– que penser du rapport d’enquête de Human Rights Watch ( 1995 ; Rwanda/Zaïre, Réarmement dans l’impunité. Soutien international aux auteurs du génocide rwandais) dans lequel on peut lire :

« Human Rights Watch a appris par le personnel de l’aéroport [de Goma] et par quelques hommes d’affaires locaux que cinq livraisons arrivées en mai et juin [1994 – après le 17 mai, date du vote par l’ONU de l’embargo sur les armes, et plus de 6 semaines après le déclenchement du génocide] comprenaient de l’artillerie, des mitrailleuses, des fusils d’assaut et des munitions fournis par le gouvernement français 1. Ces armes ont traversé la frontière jusqu’au Rwanda, transportées par les membres de l’armée zaïroise et livrées aux FAR à Gisenyi. Le consul français alors à Goma, Jean-Claude Urbano, a justifié les cinq livraisons en disant qu’elles honoraient les contrats de fourniture négociés avec le gouvernement rwandais avant l’imposition de l’embargo. » p. 7 ; Interviews avec le personnel de l’aéroport, les hommes d’affaires locaux et les équipages des avions cargo. […] Les dates précises de deux de ces expéditions sont connues : les 25 et 27 mai 1994. « Le consul français a fait mention de plusieurs autres livraisons d’armes qui sont arrivées à l’aéroport de Goma, destinées aux FAR, dans la période de mai-juillet 1994 et qui provenaient de sources autres que le gouvernement français. […] Il a dit aussi qu’il ne connaissait pas qui avait founi les armes ou avait facilité leur acheminement, mais « qu’il se pourrait » qu’elles proviennent des trafiquants d’armes français. » p. 8 ; « Pendant toute la durée de l’opération Turquoise, les FAR ont continué à recevoir des armes dans la zone contrôlée par les Français, via l’aéroport de Goma. Les soldats zaïrois qui se trouvaient alors à Goma ont aidé à la livraison de ces armes à travers la frontière. » p. 8 ; « Des sociétés de chargement apparemment privées, enregistrées ou basées au Zaïre, […] opèrent sous contrat avec des hauts fonctionnaires du gouvernement zaïrois et des officiers de haut rang des Forces armées zaïroises (FAZ), généralement alliés au président Mobutu, pour le transport d’armes provenant de certains endroits d’Europe ou d’Afrique et destinées aux alliés régionaux du Zaïre, comme l’ancien gouvernement du Rwanda et l’UNITA. […] Des pilotes établissent de faux plans de vol [… et] de faux manifestes. […] Dans au moins deux cas, vérifiés par Human Rights Watch, des avions portant en grand des étiquettes des ONG ont livré alternativement des articles humanitaires et des armes à l’aéroport de Goma en mai et juin 1994. » p. 10-11.

Voir enfin:

L’opération Turquoise (Rapport de la CEC)
Publicités

7 Responses to Diplomatie: Respecter le Rwanda, renouer avec la vérité (Looking back on Dr. Kouchner’s stranger and stranger Rwandan case)

  1. […] aux FAR en passant par Goma. Mais bien sûr nous le démentirons si vous me citez dans la presse. Philippe Jehanne (correspondant de la DGSE, à l’historien Gérard Prunier, en plein génocide rwandais, le 19 […]

    J'aime

  2. […] aux FAR en passant par Goma. Mais bien sûr nous le démentirons si vous me citez dans la presse. Philippe Jehanne (correspondant de la DGSE, à l’historien Gérard Prunier, en plein génocide rwandais, le 19 mai […]

    J'aime

  3. […] aux FAR en passant par Goma. Mais bien sûr nous le démentirons si vous me citez dans la presse. Philippe Jehanne (correspondant de la DGSE, à l’historien Gérard Prunier, en plein génocide rwandais, le 19 mai […]

    J'aime

  4. […] éviter de rencontrer le président du pays africain dont il avait, lorsqu’il était dans les mêmes fonctions sous le président Mitterrand, soutenu et exfiltré les génocidaires […]

    J'aime

  5. jcdurbant dit :

    Confirmation en vue, 20 ans après, de l’implication de la France dans le génocide rwandais via Paul Barril, ancien patron du GIGN et homme de l’ombre du conseiller de l’Elysée pour l’Afrique François de Grossouvre et son « contrat d’assistance » aux génocidaires houtous sous le nom d’Opération Insecticide ?

    C’est une lettre de quelques lignes, tapée à la machine. Signée par Augustin Bizimana, le ministre de la Défense rwandais, elle est adressée « au Capitaine Paul Barril ». « Monsieur,… la situation dans mon pays devient de plus en plus critique… Vu l’évolution actuelle du conflit, je vous confirme mon accord pour recruter, pour le gouvernement rwandais, 1000 hommes devant combattre aux côtés des Forces Armées Rwandaises.» La missive insiste sur « l’urgence » de la requête. Elle est datée du 27 avril 1994. A cette date, le génocide rwandais a commencé depuis trois semaines. Depuis que, le 6 avril, l’avion du président Juvénal Habyarimana a été abattu. Les Hutus, accusant les Tutsis du Front patriotique rwandais (FPR) d’avoir commis l’attentat, lancent un effroyable génocide. Hommes, femmes, vieillards, enfants : en quatre mois, essentiellement à coups de machette, ils massacrent 800000 Tutsis (évaluation de l’ONU).

    Le Parisien
    24.01.2013

    20 ans après la tragédie rwandaise, des documents inédits éclairent le rôle joué par l’énigmatique capitaine, incarnation de la face obscure de l’ère Mitterrand, des Irlandais de Vincennes aux écoutes de l’Elysée. La justice française s’intéresse plus que jamais à lui. D’abord, dans le cadre de l’enquête sur l’attentat du 6 avril 1994 contre l’avion de Habyarimana. Longtemps ménagé par Jean-Louis Bruguière, le premier magistrat chargé d’élucider l’affaire, Paul Barril a été sommé de s’expliquer par le juge Marc Trévidic sur ses faits et gestes lors de l’attaque et ses manœuvres durant la procédure. Ses locaux ont été perquisitionnés, ses disques durs saisis, son entourage entendu. Des pièces transmises au juge Claude Choquet, du nouveau pôle « crimes contre l’humanité ». Car depuis la plainte déposée par la Fédération internationale des Droits de l’Homme, la Ligue des Droits de l’Homme et l’association Survie, il est cette fois suspecté de « complicité de génocide ». (…) Son entente secrète avec Kigali débute très tôt. « J’ai l’honneur de vous confirmer la collaboration entre nos services de sécurité et les vôtres », lui écrit, le 23 août 1991, Fabien Singaye, deuxième secrétaire à l’ambassade du Rwanda à Berne, en réalité, un agent chargé de surveiller les activités à l’étranger des rebelles tutsis du FPR, le Front patriotique rwandais. Un mois plus tard, l’espion se félicite des « connaissances » de Barril au sein du monde politique et des médias français, « entre autres à La Cinq et à RFI, précise-t-il dans un télégramme. Il peut plaider pour notre pays afin de déstabiliser le FPR ». En 1993, Elie Sagatwa, chef d’état-major particulier du président Habyarimana, remercie par écrit le « capitaine Barril » pour « tous les services rendus ». (…) L’ex-gendarme affirmera plus tard agir sur les ordres de François de Grossouvre, le conseiller occulte de Mitterrand. Le préposé aux chasses présidentielles « coordonnait un peu les services secrets », dira Barril au juge Trévidic, sans crainte d’être contredit par l’intéressé, suicidé, par une coïncidence troublante, le 7 avril 1994, au lendemain de l’attentat de Kigali : « C’est Grossouvre qui m’a présenté le président Habyarimana. Je devais infiltrer le FPR en Europe. » Une certitude : Barril visite régulièrement son mentor à l’Elysée, où il est pourtant devenu persona non grata depuis ses éclats publics. (…) « J’ai fait plusieurs missions au Rwanda, a raconté l’ex-gendarme au réalisateur Raphaël Glucksmann, lors du tournage du film ‘Tuez les tous !’. Des missions d’évaluation, d’infiltration […] j’ai combattu avec les Hutus jusqu’aux derniers. J’ai vécu des choses extraordinaires. » Durant le génocide, il prétend avoir organisé la défense de Kigali face aux rebelles du FPR. Dans d’autres interviews, il raconte avoir « pris des initiatives folles », « fait des cartons à l’extérieur ». Nom de l’opération ? « Insecticide ». Comme en écho aux médias hutus qui appellent à anéantir tous les « cafards » tutsis. Depuis qu’il doit rendre des comptes à la justice, il affirme que ses séjours au pays des Mille Collines n’ont jamais excédé « deux-trois jours ». Dans ses dénégations et ses rodomontades, impossible de démêler le vrai du faux. Restent les preuves, les témoins. Richard Mugenzi, ex-opérateur radio des FAR, les Forces armées rwandaises, le voit passer au camp de Gisenyi, à deux pas du Zaïre, après le départ des troupes françaises, en décembre 1993 : « Je vois ce militaire pas comme les autres. J’ai posé des questions et on m’a dit […] qu’il s’appelait Barril. Il était avec d’autres, habillés comme lui », dit-il au journaliste Jean-François Dupaquier, dans un livre d’entretiens (1). Le Français Jacky Héraud, qui pilote l’avion d’Habyarimana, le remarque, lui aussi, sur le tarmac de l’aéroport de Kigali, fin mars 1994, quelques jours avant de mourir en plein ciel. De retour chez lui, il s’en étonne devant son épouse. Le 6 mai 1994, Paul Barril regagne le Rwanda. Avec ses acolytes. Toujours les mêmes, à chaque fois qu’il se rend dans cette partie du monde. Marc Poussard, dit « Maurice », son bras droit, Luc Dupriez, ex-nageur de combat, Christophe Meynard, alias « Christian », un ancien de la Légion, Jean-Marc Souren, un Canadien appelé « John », lui aussi vétéran de l’armée française, un temps casque bleu à Sarajevo, et enfin, Franck Appietto, alias « François », qui a été chassé du 11e Choc, le vivier du Service Action. Ils viennent chercher le corps de Juvénal Habyarimana, déposé à Gisenyi. Les fils du président défunt, Léon et Jean-Pierre, font d’ailleurs partie du voyage. Mais leur mission est avant tout militaire. Devant l’offensive ennemie, le ministre rwandais de la Défense, Augustin Bizimana, a appelé au secours le capitaine dans une lettre datée du 27 avril : « Situation de plus en plus critique. Je vous confirme mon accord pour recruter […] 1.000 hommes devant combattre aux côtés des FAR. » Son gouvernement a financé la location du Falcon 50 par un virement de 130.000 dollars, le 7 mai. Un premier acompte avant la signature, le 28 mai, d’un « contrat d’assistance », en bonne et due forme. En échange de la somme de 3,13 millions de dollars, Paul Barril s’engage à fournir 20 mercenaires, avec « pour tâches de former et d’encadrer sur le terrain les hommes mis à leur disposition », ainsi que 2 millions de cartouches de 5,56 et 7,62, pour des fusils d’assaut, 5.000 grenades à main, 6.000 grenades à fusil et 11.000 obus et mortiers. « Ca ne s’est jamais fait, ça n’a jamais existé », dit-il, lorsque le juge Trévidic l’interroge sur la réalité du document. Faux. Des factures ultérieures attestent que la plus grande partie de l’argent a bel et bien été dépensée. Il viole ainsi l’embargo sur les armes à destination du Rwanda, décrété onze jours plus tôt par le Conseil de Sécurité des Nations unies. Pis, il vient en aide à un régime qui a déjà exterminé des centaines de milliers de civils. « Il est complice des génocidaires dès lors qu’il appuie et équipe une armée qui, elle-même, encadre les tueurs, les milices, et participe aux massacres », accuse Me Patrick Baudoin, l’avocat de la FIDH. Dans un « rapport de situation » du 2 juin 1994, Paul Barril indique avoir « mis sur pied quatre éléments commando d’un effectif de 80 hommes « , au camp d’entraînement de Bigogwe, une ville du nord-ouest. « Ces derniers ont reçu mission de harcèlement et destruction dans les arrières de l’ennemi. » Les combattants qu’entraîne l’ex-gendarme sont pour la plupart des miliciens, des interahamwe, ceux-là mêmes qui font la chasse à leurs voisins depuis des semaines, selon l’opérateur radio, Richard Mugenzi. Courant juin, ils partiront « finir la besogne », comme ils disent. Cette fois, plus au sud, sur les collines de Bisesero, où des milliers de Tutsis ont trouvé refuge. Pour cet ultime « ratissage », le préfet Clément Kayishema réclame des munitions, dans un télégramme daté du 12 juin. Des grenades à fusil, des grenades à main, des cartouches de calibre 5,56. Celles promises par Barril ? L’homme n’est à aucun moment inquiété. Or « la France savait parfaitement ce qu’il faisait, assure une source judiciaire. Des rapports de la DGSE le prouvent, mais ils sont classifiés. » Notamment une note de synthèse du 2 juin 1994 divulguée par la revue « XXI  » : « Il semble que le capitaine Barril, dirigeant de la société Secrets, exerce, en liaison avec la famille Habyarimana, réfugiée à Paris, une activité remarquée en vue de fournir des munitions et de l’armement aux forces gouvernementales » (2). Le 27 juin, au détour d’un télex, l’attaché militaire français à Kinshasa évoque même, sans s’en émouvoir, l’existence du « contrat d’assistance ». Comme si Paul Barril avait remplacé au pied levé un pouvoir officiel français prisonnier de ses engagements internationaux. Avant même la chute de Kigali, le 4 juillet, le voilà de retour à Paris, multipliant les entretiens, déboulant sur les plateaux télé, réclamant l’ouverture d’une enquête sur l’attentat contre Habyarimana, brandissant des « preuves » de la culpabilité du FPR et de son chef, Paul Kagamé. Telle cette fameuse boîte noire, qui se révèlera n’être qu’une simple balise. « Paul connaît les avions par cœur. Il savait que la pièce est orange, pas noire, dit son ex-supérieur, Christian Prouteau. Mais pour lui, plus c’est gros, plus ça passe ! » Pourquoi tous ces mensonges ? « Il y avait un peu de provocation de ma part pour faire bouger les choses », se défendra plus tard l’intéressé. Son but véritable, il le dévoile dans une missive à l’ex-chef militaire rwandais Augustin Bizimungu : « Je mets tout en œuvre pour défendre votre cause », lui écrit-il, en janvier 1995. Tout ? Presque. Il convainc la fille du copilote de l’avion, Sylvie Minaberry de porter plainte, la confie à son avocate et réussit même à placer son ami, Fabien Singaye, auprès du juge Jean-Louis Bruguière. L’ex-espion rwandais sert à la fois d’interprète et de chercheur, chargé de localiser des témoins en Afrique. « Barrilnous l’a conseillé, car il avait confiance en lui », plaide le principal enquêteur, Pierre Payebien. Un expert d’autant moins impartial qu’il entretient des liens de parenté avec la famille d’une des victimes. Deux fils Habyarimana sont ses beaux-frères. L’ex-gendarme dispose dorénavant d’un agent au coeur de la procédure. Car Fabien Singaye, chassé de Suisse en août 1994 en raison de ses activités de renseignement, travaille dorénavant pour Secrets en qualité de « chargé des Affaires africaines », comme le révèlent des factures, des listes d’employés saisies par la justice. Son nom de code ? « Fabius ». Quand il n’offre pas son pack « infiltration et manipulation » à un quelconque tyran ou ne vante pas l’un de ses produits phare – alarme, gaz incapacitant et autres gadgets… – il rumine sa revanche, évoque des « plans » avec des dirigeants hutus en fuite, bombarde des personnalités françaises de notes sur « les perspectives de règlement de la crise rwandaise ». Des diatribes dans lesquelles il dénonce « la poursuite du génocide des Hutus par le FPR », « l’arrogance, l’extrémisme, la méchanceté » séculaires des Tutsis et prône la reprise de « la lutte armée » avec « l’appui bien engagé de la France ». Barril est un homme à tiroirs. Lorsque l’on entrevoit un soupçon de sa vérité, on tombe sur un nouveau mystère. Le juge Marc Trévidic voulait l’interroger sur un point précis : où se trouvait-il au moment de l’attentat contre l’avion d’Habyarimana ? Une question importante depuis que la piste des extrémistes hutus a été relancée. N’importe qui ne peut pas abattre un appareil en plein vol. Les assassins auraient pu recourir à des experts étrangers. « Je ne suis pas un spécialiste des missiles, mais je sais qu’il faut avoir eu un entrainement et en avoir tiré 25 ou 30 », a d’ailleurs reconnu le capitaine. Dans ses Mémoires, il avait prétendu être ce soir-là sur « une colline perdue au centre de l’Afrique ». Il affirme maintenant qu’il résidait à New York, au Plazza Athénée, et a présenté pour preuve un duplicata du tampon d’entrée américain en date du 31 mars 1994. Problème : il possédait un autre passeport. Le magistrat lui a alors demandé la photocopie de ce second document. Il attend toujours.

    Le Nouvel Observateur
    09-02-2014

    J'aime

  6. […] aux FAR en passant par Goma. Mais bien sûr nous le démentirons si vous me citez dans la presse. Philippe Jehanne (correspondant de la DGSE, à l’historien Gérard Prunier, en plein génocide rwandais, le 19 mai […]

    J'aime

  7. jcdurbant dit :

    Rwanda redux ?

    « Les Français ont armé les tueurs et ils les ont formés même lorsqu’ils disaient qu’ils allaient tuer les Toutsis, et la France a soutenu le régime génocidaire jusqu’à la fin, aidant même les tueurs à s’échapper » …

    Voir:

    Les services de l’immigration néerlandais ont adressé au parlement une lettre qui fait polémique. En effet, il y est affirmé qu’après une enquête sur 170 migrants ayant déposé une demande d’asile dans le pays, une trentaine pourraient avoir commis des crimes de guerre.

    L’année dernière déjà, une enquête similaire avait identifié une cinquantaine de suspects. Il s’agit en majorité de syriens, mais aussi d’Erythréens, Nigérians ou Soudanais. Le secrétaire d’Etat en charge du dossier, Klaas Dijkhoff, a ainsi rappelé que la convention de Genève, qui définit les droits des réfugiés, prévoit une clause d’exclusion « quand il existe de sérieuses raisons de croire que les personnes se sont rendues coupables de crimes de guerre, crimes contre l’humanité ou de graves crimes non politiques »…

    http://www.valeursactuelles.com/monde/pays-bas-une-trentaine-de-refugies-suspectes-de-crimes-de-guerre-59632

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :