Sarkophobie: L’antiaméricanisme est grand et Kahn, Todd et Badiou sont ses prophètes (Anti-Americans of France, unite!)

Badiou
La résolution d’une contradiction exige que quelque chose disparaisse. Alain Badiou
Le sarkozysme, c’est l’alignement de la France sur le modèle américain. François Bayrou
Quand on est président, on ne va pas à Disneyland, on fait semblant d’aimer le Louvre. Alain Finkielkraut
La venue de ce dont Sarkozy est le nom, vous la ressentez comme un coup que cette chose vous porte, la chose probablement immonde dont le petit Sarkozy est le serviteur. Alain Badiou

« Folie », « extrême-droitisme » (« à droite de Le Pen »), « pétainisme », « cléricalisme rampant », « apatride » …

« Ralliement », « alignement », « vassalisation », « chouchou de Bush » …

Retour, en couverture du Nouvel Obs de cette semaine et à la veille de toutes prochaines municipales, des imprécations de nos sarkophobes, français et, via une revue de presse sur mesure, étrangers.

Aidés, il est vrai, par l’aubaine d’une série plutôt calamiteuse de choix présidentiels (dont on a aussi parlé ici, notamment le retour, entre deux pantalonnades médiatiques, à la politique tyrannophile des gros contrats, sans parler des chiraqueries sur le rôle « civilisateur » de l’islam dans la capitale même de la théocratie saoudienne).

Mais avec surtout en point commun (surprise)… la dénonciation de l’américanolâtrie du président!

Autrement dit les bons vieux réflexes anti-américains qui nous avaient déjà donné, pendant la campagne et avec les résultats que l’on sait, la diabolisation de « Sarko l’américain »

Pourquoi ils deviennent sarkophobes
Les prophètes

Hervé Algalarrondo
Le Nouvel Observateur
Le 24 janvier 2008

Mon premier a osé la question à la une de ce qui était alors son magazine : «Sarko est-il fou ?» Mon deuxième n’hésite pas à situer le président de la République à droite de Le Pen. Mon troisième va jusqu’à opérer «une analogie» entre sarkozysme et pétainisme. Jean-François Kahn, l’ex-directeur de «Marianne», Emmanuel Todd, le démographe et historien, et Alain Badiou, le penseur phare de la gauche radicale, sont les trois prophètes de l’anti-sarkozysme.

Leur regard sur l’hôte de l’Elysée n’est pas critique, il est assassin. Loin de s’en tenir à dénoncer tel ou tel aspect de sa politique, ces grands intellectuels n’hésitent pas à s’en prendre à l’homme. Kahn stigmatise «l’abus, parfois hallucinant, du «je»». Todd a décrit «un président banalement agressif en tant qu’homme» à propos de son face-à-face avec les pêcheurs du Guilvinec.

Point commun des trois hommes: leur dénonciation de l’américanolâtrie de Sarkozy. Kahn a écrit et récrit que Sarkozy, s’il avait été à l’époque président, aurait entraîné la France dans l’expédition en Irak. Todd voit dans le sarkozysme «un respect des forts», donc sur le plan international un alignement sur les Etats-Unis, en crise, selon le politologue, mais qui restent «la» puissance dominante pour le président français. Badiou dénonce pareillement un ralliement à un système américain pourtant lui-même «largement décomposé». Il fustige un «positionnement rapide en chouchou de Bush».

Pour le reste, à chacun sa sarkophobie. Kahn déplore «la formidable régression» que constitue à ses yeux l’«ultracentralisation de tous les pouvoirs autour d’un monarque omniprésent et omniscient, entouré de sa cour, quotidiennement adoubé par sa télé, qui tranche de tout, choisit en public ses favorites, etc.». Todd juge que le sarkozysme «fonctionne depuis l’origine sur la désignation de boucs émissaires», en particulier «les enfants d’immigrés». Selon lui, Sarkozy ministre de l’Intérieur «a utilisé l’appareil d’Etat pour enflammer les banlieues». Badiou estime qu’avec la mort du communisme «le capitalisme peut à nouveau se présenter comme la solution indépassable, et l’argent être réintroduit comme valeur». «Sarkozy est l’homme de tout ça», ajoute-t-il.
Kahn, Todd, Badiou, ou les prophètes de malheur du sarkozysme …

Voir aussi:

Badiou à la mode
Hervé Algalarrondo
Le 24 janvier 2008-01-26
Le Nouvel Observateur

Jean-François Kahn et Emmanuel Todd sont habitues a figurer sur les listes de best-sellers. Mais c’est le succès du dernier livre d’Alain Badiou, «De quoi Sarkozy est-il le nom ?» (1), qui sidère aujourd’hui la planète littéraire. A ce jour, près de 20 000 exemplaires ont été écoulés. Preuve que Sarkozy ne fait pas seulement vendre des ouvrages people… Cet agrégé de philosophie, militant maoïste dans les années 1970, avait jusqu’ici multiplié les livres aux tirages confidentiels. C’est dans le cadre du séminaire qu’il anime à l’Ecole normale supérieure qu’est née au printemps dernier, au moment de la campagne présidentielle, l’idée de ce livre. De quoi Badiou est-il le nom ? D’une des expressions les plus achevées de la sarkophobie !

(1)Editions Lignes, 14 euros.

Voir enfin:

Les critiques de l’étranger
Sylvain Courage
Le Nouvel Observateur
Le 24 janvier 2008

Angela Merkel déteste sa familiarité. Sa façon de vous attraper par le bras, de vous embrasser et de vous parler sous le nez. Mais l’aversion de la chancelière pour Sarko ne tient pas qu’à son comportement : elle lui reproche aussi sa politique «m’as-tu-vu», sa conception d’une Europe méditerranéenne qui pourrait miner l’Union, son opportunisme commercial… Ainsi à propos de Kadhafi, le «Zeit» écrit : «A l’inverse a Angela Merkel, Nicolas Sarkozy excelle à éviter les questions qui fâchent avec un hôte aussi bien argenté.» Surnommé «Monsieur Muscle» dans les gazettes d’outre-Rhin, Sarko est «Action Man» ou «Speedy» dans la presse britannique. Flatteur ? Pas vraiment. «II serait naïf d’attendre de lui une quelconque cohérence», assène un éditorialiste du très libéral «Financial Times». Tandis que le «Guardian», de gauche et sans illusions, s’interroge : «Comment expliquer son cursus placé sous le signe de l’esbroufe et de la félonie ?» Aux Etats-Unis, «Newsweek» doute : «Les gros titres disent que Sarkozy roule à un train d’enfer. Mais où va-t-ïl à cette vitesse ? On ne le sait pas.» L’image n’est guère meilleure en Espagne. «Sarkozy n’agit pas en vrai libéral mais en monarque d’un empire évanoui», tranche «la Vanguardia». Tandis que dans le monde arabe la presse déplore sa vassalisation à un président finissant : «Bush peut faire croire que son interventionnisme militaire n’a pas échoué puisque la France, son adversaire le plus déterminant, rentre au bercail», souligne «Al-Hayat», un quotidien saoudien basé à Londres. Et en Afrique ? Le quotidien sénégalais «Sud» résume le malaise : «Sarkozy est en mission coloniale à lui tout seul.» Joli dossier de presse !

Un commentaire pour Sarkophobie: L’antiaméricanisme est grand et Kahn, Todd et Badiou sont ses prophètes (Anti-Americans of France, unite!)

  1. Nadal Pierre dit :

    Trop de « sarkophobie » tue la « sarkophobie » prônée par E.Todd, Badiou, Kahn et autre gens de « culture » comme E.Pleynel qui, en quelque sorte, ont trouvé en Sarkozy le meilleur moyen de faire vendre. Ils ne sont pas les seuls… Honte à leur haine viscérale !

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :