Télévision: Grynszpan était-il un nouveau David Frankfurter? (How Hitler got his pretext for his Kristallnacht but lost his show trial against « World Jewry »)

David Frankfurter (trial, 1936)
Gusthoff launch (1937)
https://i1.wp.com/cps-static.rovicorp.com/3/JPG_400/MI0000/990/MI0000990525.jpg
Kristalnacht
A star rises in mid-winter. Behold the man! Behold the man! The scape-goat! The scape-goat! The child of our time. Michael Tippett
Je vais venger mon peuple opprimé sur Petlioura qui a fait massacrer des milliers de juifs. Samuel Schwatzbard
J’ai tiré, parce que je suis juif. David Frankfurter
J’ai tiré cinq coups de révolver sur un homme seul qui se trouvait dans le bureau pour me venger des Allemands. J’ai fait cela pour venger mes parents qui sont malheureux en Allemagne. Herschel Grynszpan (déclaration aux policiers)
Je n’ai agi ni par haine ni par vengeance, mais par amour pour mon père et pour mon peuple qui subissent des souffrances inouïes. Je regrette profondément d’avoir blessé un homme, mais je n’avais pas d’autre moyen d’exprimer ma volonté… Ce n’est pas un crime d’être Juif. Nous ne sommes pas des chiens. Le peuple juif a aussi le droit de vivre. Herschel Grynszpan (déclaration au juge d’instruction)
Grynszpan a trouvé l’argument insolent selon lequel il aurait eu des rapports homosexuels avec le conseiller vom Rath. Il s’agit naturellement d’un mensonge éhonté. Mais c’est bien trouvé et si la chose était rapportée dans un procès public, elle deviendrait sûrement l’argument principal de la propagande adverse. Joseph Goebbels (journal)
Cette guerre-là, nous la mènerons jusqu’à ce que les Grynszpan n’aient plus à courir chez l’armurier pour venger dans le sang le malheur d’être Juif. Bernard Lecache
La LICA désapprouve de toutes ses frces les gestes individuels qui, venant à point nommé, desservent la juste cause des malheureuses victimes de l’intolérance raciale. La LICA (communiqué)
La situation en 1936 notamment à cause de la remilitarisation allemande et de la proximité des Jeux Olympiques, n’avait pas permis d’utiliser l’attentat mortel de Frankfurter à Davos alors qu’en 1938, la capitulation franco-allemande, d’abord face à l’Anschluss, à Munich, ajouté à l’échec de l’immigration « volontaire » des juifs permettaient de franchir un pas de plus dans la « lénification par la terreur ». D’autant que pour préparer l’économie à la guerre Hitler voulait désormais leur exclusion totale de l’économie et leur exploitation au bénéfice de celle-ci. Rita Thalmann
On saurait de source certaine que l’attaché d’ambassade von Rath qui vient d’être assassiné avait les relations les plus intimes avec son petit Juif d’assassin. De quelle nature fut l’assassinat? Il n’importe. L’idée qu’un représentant du Reich, qui vient d’être glorifié, péchait doublement au regard des lois de son pays, est assez drôle, et les représailles atroces n’en paraissent que plus monstrueuses, plus simplement intéressées, utilitaires. Comment ce scandale n’est-il pas exploité par la presse. André Gide
Il a tiré comme on crie au secours. Henri Jeanson (célèbre scénariste français, déclaration qui lui vaudra d’ailleurs une condamnation avec sursis)

Attentat politique ou « banal fait divers »?

A l’heure où on continue à boycotter ou harceler des établissements juifs en plein coeur de nos villes …

Intéressant docu-fiction sur France 2 ce soir sur l’histoire méconnue (qui inspira même un oratorio) de Herschel Grynszpan

Ce tout jeune réfugié juif d’origine polonaise (17 ans) dont l’assassinat d’un diplomate allemand (en fait un simple « secrétaire d’ambassade » mais « promu » « conseiller » par les nazis pour accentuer la gravité de l’acte) à Paris le 7 novembre 1938 …

Fournit enfin à Hitler le prétexte (que, du fait des circonstances – les Jeux de Munich – et hormis un tristement fameux paquebot, n’avait pu lui fournir celui du nazi Gusthoff à Davos deux ans plus tôt) …

Pour son pogrom à l’échelle nationale (Autriche comprise), plus connu sous le nom de « Nuit de Cristal« .

Même si on peut regretter que ses auteurs aient si résolument tranché pour la thèse de l’attentat politique « maquillé » en crime passionnel par l’avocat du jeune homme qui certes venait d’apprendre l’expulsion d’Allemagne de toute sa famille par les nazis.

Et rejeté celle du fait divers de l’historien allemand Hans-Jürgen Döscher selon laquelle le meurtrier connaissait la victime du milieu homosexuel parisien qu’ils fréquentaient tous deux et que c’est suite au refus de celui-ci de lui procurer le visa promis qu’il l’aurait tué.

Thèse qui a au moins l’avantage d’expliquer (comment en effet avouer, comme le rappelle bien Gide, que le « martyr » qui servit de prétexte à la Nuit de Cristal s’adonnait à une pratique aussi stigmatisée par le nazisme que l’homosexualité?) que les Nazis aient pu se priver aussi facilement du grand procès spectacle qu’ils projetaient pour prouver au monde la responsabilité de la « Juiverie mondiale » dans les attaques contre le IIIe Reich et la paix mondiale.

A moins que perdu pour perdu et soucieux peut-être de ne pas révéler à tous ses relations coupables avec sa victime (d’où son apparente résistance à la stratégie de son avocat), Grynszpan ait voulu dès le départ donner une telle portée à son geste et ainsi…

Refaire, douze ans après Schwartzbard, le geste de David Frankfurter à Davos deux ans plus tôt ?

Jeudi 10 janvier, 23h, sur France 2
Livrez-nous Grynszpan !
Le Pèlerin
Le 02/01/08

En 1938, le geste désespéré d’un juif polonais réfugié en France, Herschel Grynszpan, fut instrumentalisé par les nazis pour justifier la Nuit de cristal. Pour raconter ce destin méconnu, Joël Calmettes a réalisé un docu-fiction ambitieux.

L’homme qui fut à l’origine de la Nuit de cristal
La « Nuit de cristal » : une tache rouge dans l’histoire de l’humanité. Dans la soirée du 9 au 10 décembre 1938, les nazis s’en prennent aux juifs d’Allemagne, incarcérant 35 000 d’entre eux, détruisant leurs magasins, brûlant leurs synagogues. Mais on sait aujourd’hui peu de choses sur celui qui a déclenché, bien malgré lui, cette tragédie. Qui connaît Herschel Grynszpan, ce jeune juif polonais ayant assassiné le conseiller de l’ambassade allemande à Paris, Ernst von Rath, pour alerter l’opinion internationale sur le sort de sa communauté en Allemagne ? Un homme au destin tragique dont le geste fut prétexte à une explosion de haine antisémite.

Un tournage ponctué de points d’interrogation
L’idée de ce film naît à l’été 2003. L’avocat Robert Badinter, qui connaît bien l’affaire Grynszpan (lire ci-contre), en touche un mot au réalisateur Joël Calmettes. Celui-ci s’y intéresse tout de suite, mais comprend qu’il va se heurter au manque d’informations. Une solution s’impose alors : « Comme Grynszpan, mort en déportation, n’avait laissé derrière lui que quatre photographies et trois cartes postales, j’ai choisi la forme du docu-fiction pour lui donner un visage. » C’est donc le comédien Julien Tortora qui prête ses traits au personnage lors des séquences de fiction.

Mais comment se glisser dans la peau d’une ombre, d’un homme dont il ne reste presque rien ? « J’ai lu un essai qui lui est consacré, Les vengeurs*, de Jean Nainchrik, et de nombreuses lettres de prisonniers à leurs famille », explique l’acteur.

Autre difficulté : le film s’ouvrant par le meurtre du diplomate allemand, comment marquer l’évolution psychologique d’un personnage qui a déjà touché le fond ? « J’ai passé en revue chaque scène pour comprendre son cheminement intérieur et jouer sur la palette des émotions », précise Julien Tortora.

Et comment réduire la distance entre fiction et documentaire ? « Dans un souci de vérité historique, tous les dialogues ont été légitimés par des séquences d’archives », souligne Joël Calmettes. Ainsi, à la planification nazie de la Nuit de cristal telle que le réalisateur la reconstitue succèdent les images authentiques des synagogues réduites en cendres et des boutiques aux vitres brisées. « J’ai choisi de représenter les scènes violentes par le biais des archives, car elles ont un poids qu’aucune fiction n’aura jamais… »

Un travail de documentation colossal
Pour mener à bien un montage aussi exigeant, un an et demi de travail a été nécessaire. Dix-huit mois d’une colossale recherche de documentation. Quelques sources livresques, d’abord, comme Les vengeurs, et La nuit de cristal, de Rita Thalmann, qui reconstitue et analyse cette nuit funeste. Ensuite, l’exhumation des archives de Fontainebleau, de Berlin et de Washington, pour la plupart inédites.

Enfin, Joël Calmettes a eu recours à des témoins indirects : Robert Badinter, qui l’a aidé à écrire le scénario, et Gérald Schwab, traducteur aux procès de Nuremberg qui, dès 1945, avait rencontré les survivants de l’affaire.

Une enquête de longue haleine dont le résultat est un film ambitieux au plan historique. Pour France 2, le diffuser dans le cadre de l’émission Infrarouge relève du pari, car elle est habituellement dédiée au documentaire de société. Mais, forte d’un public fidèle (plus de 1,5 million de téléspectateurs), elle peut se permettre de prendre du champ et de proposer cette page trop méconnue de l’histoire contemporaine.

Faustine Prévot. Pèlerin n°6527. Crédit photos : Kilaohm Productions.

The Day the Holocaust Began

Voir aussi:

Livrez-nous Grynszpan !

France 2 diffusera le 10 janvier, en deuxième partie de soirée, “Livrez-nous Grynszpan! ”, un docu-fiction réalisé par Joël Calmettes. Trois questions à Robert Badinter, ancien ministre de la Justice, à l’origine de ce projet avec le documentariste.

Qu’est-ce que l’affaire Grynszpan ? – C’est une histoire méconnue, sortie de la nuit par la grâce de ce film. Le 7 novembre 1938, Herschel Grynszpan, 17 ans, Juif polonais réfugié en France, tire à bout portant sur Ernst von Rath, conseiller de l’ambassade d’Allemagne à Paris. A travers son acte, l’adolescent espère alerter l’opinion publique sur les persécutions subies par les Juifs en Allemagne, où est restée sa famille. En réalité, son geste aura de tragiques conséquences : il servira de prétexte aux nazis pour déclencher la Nuit de cristal, à Berlin, au cours de laquelle plus de 30 000 juifs furent arrêtés et déportés.

C’est vous qui avez mis le documentariste Joël Calmettes sur la piste de cette histoire…

– Je la tenais d’Henry Torrès, un grand avocat pénaliste avec lequel j’ai eu la chance de travailler, à mes débuts. Il avait été l’un des défenseurs de Grynszpan. A l’époque, le jeune avocat ardent que j’étais se passionnait pour cette affaire. J’imaginais comment je l’aurais moi-même plaidée. Finalement, l’affaire n’a jamais été jugée. Mais rendez-vous compte : cela aurait été l’occasion de faire, à Paris, le procès du régime nazi !

Qu’avez-vous pensé du film quand vous l’avez découvert ?

-Le plus surprenant, pour moi, a été de découvrir tout une partie du dossier que j’ignorais. En exhumant des archives en grande partie inexploitées, Joël Calmettes est parvenu à reconstituer le volet “allemand” de l’affaire. Ou comment Hitler, et son ministre de la propagande Goebbels, ont tout fait pour instrumentaliser le cas Grynszpan et faire de cet adolescent un symbole de ce qu’ils appelaient le “complot juif mondial”.

C’est passionnant de voir comment Goebbels se rue sur l’affaire, comment il met en scène, de façon grandiose, les funérailles du conseiller d’ambassade von Rath… Le film vaut aussi pour sa façon de restituer le climat d’une époque rarement dépeinte, celle de la France pré-collaborationniste. Et puis, c‘est une histoire tragique et fascinante. Sur laquelle je continue de m’interroger. Je me demande toujours qui était vraiment Herschel Grynszpan…

Propos recueillis par Marjolaine Jarry

Voir également:

Did gay affair provide a catalyst for Kristallnacht?
Historian says Jewish boy killed his Nazi lover
Kate Connolly
The Guardian
October 31, 2001

The assassination of a top German diplomat which triggered Kristallnacht, the organised Nazi pogrom against Jews across Germany, was not politically-motivated, as commonly believed, but the result of a homosexual love affair between a Nazi diplomat and a young Jewish man, according to a leading expert on the Third Reich.

Hans-Jürgen Döscher, considered Germany’s foremost authority on the events of November 9 1938 following the publication last year of his definitive history, Reichskristallnacht, has gathered scores of documents and eyewitness accounts, including the diaries of the French writer André Gide, to support the theory.

On November 7 1938, Herschel Grynszpan, a Jew, walked into the German embassy in Paris and shot Ernst vom Rath, a German diplomat, five times. Vom Rath died two days later. Nazi propagandists condemned the shooting as a terrorist attack to further the cause of the Jewish « world revolution », and the pogrom was launched.

The attacks – called Kristallnacht (crystal night), an ironic reference to the broken glass left on the streets – led to the murder of 91 Jews, the arrests of 26,000 others and the destruction of 177 synagogues.

Until now, it was widely believed that Grynszpan had intended to shoot the ambassador, Count Johannes Welczek, in protest at the SS’s expulsion of his parents to Poland. But according to Professor Döscher, who teaches modern history at Osnabrück University, Grynszpan’s actions were a spontaneous expression of anger over the broken promises of his lover, Vom Rath, not a political gesture.

In the updated edition of Reichskristallnacht, due to be published in November, Prof Döscher claims that Vom Rath was nicknamed Mrs Ambassador and Notre Dame de Paris as a result of his homosexual antics. He and Grynszpan – a « boy with a beautiful penetrative gaze » – met in Le Boeuf sur le Toit bar, a popular haunt for gay men in the autumn of 1938 and became intimate.

Grynszpan, who was in his late teens, had been living illegally in Paris, and Prof Döscher states that 29-year-old Vom Rath agreed to use his influential position to secure official papers for his friend.

When Vom Rath went back on his word, Grynszpan reacted by storming into the German embassy on rue de Lille 78, demanding to see him, and opening fire on him with a revolver.

Grynszpan was arrested and languished in jail in France until 1940, when he was handed over to the Nazis, who planned a show trial which would be used to justify the outbreak of the second world war.

A combined report from the German foreign, justice and propaganda ministries in January 1942 declared: « The purpose of the trial should be to clarify to the German people and the world that the international community of Jews is to blame for the outbreak of this war. »

According to Prof Döscher, when Grynszpan learned of this motivation for the trial in the early 40s, he revealed the real truth to his Nazi captors. Fearing embarrassment and humiliation, they then stripped Vom Rath of his martyrdom and scrapped their plans.

Grynszpan was sent to Sachsenhausen concentration camp and then disappeared. He was declared dead in 1960.

Prof Döscher gleaned his previously unpublished evidence from court archives, reports from the propaganda ministry, letters, diary extracts, and interviews with diplomats of the time. Most startling are the diaries of Gide, in which the writer expresses his amazement that the scandal failed to gain public attention. Vom Rath, Gide wrote, « had an exceptionally intimate relationship with the little Jew, his murderer ».

Referring to the fact that Vom Rath was both gay and had an affair with a Jew, Gide later said: « The thought that a such highly-thought of representative of the Third Reich sinned twice according to the laws of his country is rather amusing. »

But that was not what amazed him most. « How is it that the press failed to bring this scandal into the open? » he asked.

Voir enfin:

I would know my shadow and my light, so shall I at last be whole.

How Five Gunshots Inspired an Oratorio
Paul Griffiths
The NYT
October 31, 1999

WHAT did you do in the war, Daddy? Sir Michael Tippett was nobody’s daddy; a lively homosexual existence kept him from that. But his oratorio  »A Child of Our Time » was the answer he could have given to any children of his time, or later. The New York Philharmonic presents the oratorio beginning on Thursday at Avery Fisher Hall, and astonishingly, those performances will be the orchestra’s first of the work. But they are by no means the first for its principal guest conductor, Sir Colin Davis, who has been a fervent champion of Tippett’s music since the 1960’s. He conducted a performance of  »A Child of Our Time » in London during the summer to honor the composer, who died in January of last year.

Tippett began the score on Sept. 4, 1939, the day after Britain and France declared war on Germany, and he finished it two years later. Although it is probably the most direct and forceful protest any composer managed to voice against the treatment of Jews in Nazi Germany, it was not performed until 1944, perhaps because its message of understanding was unwanted. What those in authority required of citizens at that time was action, not oratorios, and paradoxically, Tippett was imprisoned for three months in 1943 for refusing to take part in the war effort, when he had already taken part, as yet unheard, in the effort for peace. More than half a century later,  »A Child of Our Time » remains a challenge in its insistence that the answer to violence is not more violence.

Like many composers of his generation on both sides of the Atlantic, Tippett, who was born in 1905, saw music as a social art, an art that could even help change society. In the 1930’s he arranged concerts for and with unemployed people and searched for a topic through which he could create an appeal for regeneration.

That topic arrived in 1938. On Nov. 7, Herschel Grynszpan, a Jewish student of 17 living with an uncle and aunt in Paris, entered the German Embassy there and was shown into the office of a minor functionary, Ernst vom Rath. Grynszpan fired five shots at point-blank range with the revolver he had just bought, hitting vom Rath twice. Two days later, vom Rath died. And that death of a  »martyr » at the hands of  »international Jewry, » as the Nazis put it, prompted the terrible reprisals wreaked on Jewish buildings, property and people the same night: the night that immediately became known as Kristallnacht.

Much in the Grynszpan case became clouded as time went on. Trials in France and then in Germany, where the young man was taken in 1940, were abandoned or indefinitely postponed; in the end, he scotched Goebbels’s hopes for a show trial by claiming he had been vom Rath’s kept boy. Then he disappeared from the record. Perhaps, having become an embarrassment rather than a propaganda opportunity, he was killed. Perhaps he killed himself. Perhaps he survived the war and knew, from his experiences, that he had better keep his head down. Perhaps he is still doing so, at 78.

BUT the immediate facts, which Tippett would have learned from newspapers and radio broadcasts, were clear. Grynszpan, who had not seen his parents, brother or sister for two years, was distraught to learn that they, along with 17,000 other Jews of Polish origin living in Germany, had been deported to Poland with almost no possessions. A postcard from his sister relating all of this arrived on Nov. 3 and was in his coat pocket when he shot vom Rath four days later. So a desperate, unconsidered, ill-directed act of revenge became the pretext for the Nazis to move from one phase of oppression (deportation) to another (terrorism). Grynszpan’s finger on the trigger was the small, human link between two turns of the wheel that led to the Holocaust.

That was what caught Tippett’s attention: the cascade of violence bringing about more violence. And it seems that Grynszpan learned the same lesson, and wanted to frustrate a public trial in Berlin not to save his own skin but rather to prevent unleashing another wave of anti-Jewish atrocities.

For Tippett, who earlier in the 30’s had been as impressed by Jungian analysis as by socialism, the young Jew who shot the German diplomat was killing  »his dark brother. » The solo tenor, who has played the part of the Boy earlier in the oratorio, introduces the final ensemble with the words  »I would know my shadow and my light, so shall I at last be whole. » Individuals and nations, as Tippett saw it, create enemies by finding other people to be trash cans for their own unacceptable qualities; if that truth could be acknowledged, then the dialogue of warfare could be turned into a dialogue of acceptance and even love.

There may be some naivete here. Though it is entirely plausible that the Nazis blamed the Jews for their own personal failings and those of German society between the wars, recognition of that evasion was surely beyond most of them. Also, Hitler and his team were set squarely on their course. Grynszpan’s shots did not bring about Kristallnacht; they were merely an excuse, and somewhere an excuse would have been found.

Tippett had to exaggerate the importance of Grynszpan’s action to suit not only his psychological program but also his musical model, which he took from Handel’s oratorios and Bach’s Passions. (The allied imitation of the English of the King James Bible is one of the work’s weakest features; Tippett had sought T. S. Eliot as his librettist, but the poet, on seeing Tippett’s draft, advised him to set his own words.) Grynszpan, simply called the Boy, becomes a tragic hero, motivated by the persecution of his people and, most particularly, the suffering of his Mother.

In the manner of Bach’s Passions, the story is presented with copious commentary. The two scenes involving the Boy and his Mother — one leading up to the murder, the other a pair of laments afterward — occupy only about a tenth of the hourlong piece. Most of the action is narrated, including the murder, with the chorus acting the part of the crowd, again as in Bach. It is nice that Tippett does not spare his British audience, for the depiction of persecution is followed by a Chorus of the Self-Righteous singing,  »We cannot have them in our Empire. »

But Bach and Handel were by no means the work’s only sources. Tippett took his title from that of a novel by Odon von Horvath, and his formal idea — of focusing in on the story from a more philosophical prologue, then withdrawing again to point the moral — came from a movie,  »The Green Pastures. »

That film, based on Bible stories and played by a black cast, also stimulated a decision that gave Tippett a way to convey his message far beyond the specifics of the Grynszpan story or the awkwardness of his text. Five great choruses, moving and glorious, he made as arrangements of black American spirituals. Music from white Europe reaches a warm arm across to another race on another continent, and the outcry against anti-Semitism finds deep, true expression in the outcry of another oppressed people.

These are the moments that make  »A Child of Our Time » not only a humane work but also a stirring one.

Un commentaire pour Télévision: Grynszpan était-il un nouveau David Frankfurter? (How Hitler got his pretext for his Kristallnacht but lost his show trial against « World Jewry »)

  1. jcdurbant dit :

    J’ai d’abord consulté les pièces de l’enquête de police à Paris. Herschel Grynszpan y avoue son geste, explique qu’il a voulu alerter sur le sort des juifs et assure qu’il est entré à l’ambassade pour y tuer n’importe quel représentant allemand. On apprend par un témoignage ultérieur que son avocat, le célèbre Moro-Giafferi, aurait souhaité invoquer une liaison avec la victime et qu’il s’y est opposé énergiquement. La plus grande partie du dossier judiciaire français, toutefois, ne se trouve pas en France mais en Allemagne, où il a été emporté après juin 1940. Grynszpan lui-même a également été livré aux Allemands la même année. Sur ce qui se passe dès ce moment-là, on dispose des archives, considérables, des Ministères allemands de la propagande, de la justice et des affaires étrangères. Jusqu’en 1942, les nazis ont préparé un grand procès, par lequel ils entendaient prouver l’existence d’un complot juif responsable de la déclaration de guerre. Devant cette menace, Grynszpan change de tactique: il affirme avoir cédé aux avances de vom Rath contre la promesse de visas pour lui et les siens. Vrai ou pas (il se rétractera par la suite), c’est un moyen de démonter d’avance le rôle que la propagande entend lui faire jouer. Après 1945, on perd définitivement sa trace. Dans le même temps émergent quatre versions de l’attentat. Le meurtrier lui-même revendique un acte politique: il a voulu venger sa famille, récemment expulsée d’Allemagne, et alerter sur le sort de ses coreligionnaires. Côté allemand, on discerne, derrière son geste, un vaste complot juif. Tandis que le journal l’Humanité dénonce, à l’opposé, une provocation nazie, une rumeur court Paris: bien loin de toutes ces considérations politiques, meurtrier et victime entretenaient une liaison homosexuelle…

    Je pense que l’interprétation juste se situe sans doute à l’intersection entre ces différentes versions. La moins solide, celle du «complot juif» a le mérite de mettre en évidence le précédent constitué par l’assassinat à Davos en 1936 du responsable du Parti nationalsocialiste des travailleurs allemands en Suisse par un jeune juif croate, David Frankfurter. Ce geste a très vraisemblablement inspiré Herschel Grynszpan. Intervenu à la veille des Jeux olympiques, l’attentat n’avait pas suscité de représailles par souci de l’opinion internationale. Grynszpan n’a donc pas pu mesurer les conséquences qu’aurait son acte.

    Je suis convaincue par ailleurs que Grynszpan a bel et bien agi pour alerter l’opinion. Cela n’empêche pas qu’il ait pu rencontrer vom Rath dans le milieu homosexuel parisien. Une thèse particulièrement sensible, notamment pour ceux qui, au sein du monde juif, considèrent Herschel Grynszpan comme un héros. (…) Je ne l’écarte pas pour deux raisons. D’une part, plusieurs éléments donnent à penser que Herschel Grynszpan connaissait sa victime et ne l’a pas choisie au hasard. D’autre part, j’estime qu’il faut prendre en compte le quatrième récit, celui d’une provocation nazie. La Nuit de cristal n’intervient pas dans le vide: les exactions contre les juifs se multiplient pendant toute l’année 1938, on prépare des places supplémentaires dans les camps de concentration dans les semaines qui précèdent… Cela dit, je le répète, je suis convaincue que le jeune homme a agi pour un motif idéal et qu’il n’était pas vendu aux nazis. S’il a été manipulé par ces derniers, il faut que quelque chose l’ait désigné à leur attention. Les deux thèses, celle d’un lien, pas forcément sexuel d’ailleurs, entre les deux hommes et celle d’une provocation nazie, sont étroitement liées.

    Corinne Chaponnière

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