Bilan de Chirac: La lourde responsabilité de la France dans le « bourbier » irakien (Chirac’s heavy hand in Iraq « quagmire »)

Chirak's traitor's hands (Time)
Même aux pires moments de notre relation, quand le général De Gaulle a quitté l’OTAN, critiqué la guerre du Vietnam et voulu remplacer le dollar par l’étalon-or, il n’est jamais allé aussi loin. Il n’a jamais tenté, lui, de monter une coalition contre nous. Kissinger (Paris, automne 2003)
Il est maintenant clair que les assurances données par Chirac ont joué un rôle crucial, persuadant Saddam Hussein de ne pas offrir les concessions qui auraient pu éviter une guerre et le changement de régime. Selon l’ex-vice président Tareq Aziz, s’exprimant depuis sa cellule devant des enquêteurs américains et irakiens, Saddam était convaincu que les Français, et dans une moindre mesure, les Russes allaient sauver son régime à la dernière minute. Amir Taheri
A senior U.S. official said France’s refusal to join in threatening force against Iraq doomed the united front assembled in November and convinced Iraqi President Saddam Hussein that he could split the international community and avert war without divulging his programs to develop weapons of mass destruction. (…) As the United States and Britain lobbied for a second U.N. resolution that would authorize the use of force, France played hardball, openly competing for Security Council votes and trying to intimidate supporters of the U.S. position among Eastern European countries. It wasn’t just France’s anti-war stance that Washington resented, but the « gleeful organizing against us, » a senior U.S. official said. This generated even more disfavor within the Bush administration than was reserved for Russia, which opposed the war less aggressively. (…) U.S.-French strains did not start with Iraq, and are unlikely to end anytime soon. Determined to act as a counterweight to American power in Europe and to preserve its influence among former colonies in Africa and the Middle East, France has long viewed the United States and its power with a mixture of gratitude, Old World disdain and sheer mischievousness. President Charles de Gaulle set the relationship on its rocky course in 1966 when he pulled France out of the military arm of the U.S.-led North Atlantic Treaty Organization while remaining part of its political umbrella, the North Atlantic Council, and providing troops and equipment for NATO missions. In the years since, France has refused to give unblinking support for U.S. actions, even blocking the use of its airspace when the United States, under President Ronald Reagan, bombed Libya in 1986. The Baltimore Sun (09.05.2003)

Attention: une responsabilité peut en cacher une autre !

Alors que l’opinion comme les juges semblent faire preuve d’une bien généreuse indulgence pour les douze longues années d’immobilisme mais aussi de cynique tyrannophilie et de magouilles qu’a imposé à notre pays l’ancien squatteur de l’Elysée …

Excellent et courageux billet de François Brutsch (que je ne découvre hélas qu’un mois plus tard) sur le bilan Chirac et notamment sur sa défilade face à l’intervention alliée en Irak que tout le monde ou presque s’entend à présenter comme positive.

Oui, Chirac et la France qu’il a entrainée dans son sillage ont une lourde responsabilité dans le prétendu « bourbier » irakien.

D’abord, parce que sans la trahison française (et les manifestations massives de par le monde qu’elle a encouragées), Saddam et sa clique ne se seraient probablement pas obstinés à défier une communauté internationale unie et unanime, ce que les déclarations de Tarik Aziz lui-même semblent confirmer.

Mais aussi parce que si guerre il y avait quand même eu, les irrédentistes du régime n’auraient probablement pas eu le soutien qu’ils ont eu, ne serait-ce que parce qu’ils n’auraient pas pu présenter l’occupation comme une affaire purement américaine.

Sans compter qu’il n’y aurait pas eu le fatal manque de troupes d’occupation (et les pillages et cafouillages du début) qu’on a tant reprochés aux Américains alors qu’on les avait même, par Turquie interposée, privés de tout un corps d’armée qui a dû faire le tour par le Golfe persique et n’est ainsi arrivé que bien plus tard.

L’Irak dans le bilan de Jacques Chirac
François Brutsch
Un swiss roll
18 mai 2007

Pitoyable éditorial du Monde pour marquer la fin des fonctions présidentielles de Chirac, dans lequel il parvient à ne trouver que peu d’éléments à son actif. Non que je croie la liste beaucoup plus longue, certes, mais c’est le coup de pied de l’âne qui manque d’élégance.

L’énumération démarre avec le haut fait du quinquennat: « il sut refuser la croisade américaine en Irak », une décision qualifiée de « courageuse » et « juste ». Et s’il y a un point qui paraît faire l’unanimité en France c’est bien celui-là. J’aimerais encore une fois dire pourquoi je suis en complet désaccord avec cette manière de voir: c’est certes un élément hautement significatif de la présidence Chirac, mais à inscrire à son passif et plus généralement à celui du rôle de la France dans la communauté internationale.

Que l’on veuille bien me suivre deux minutes dans l’évocation de l’autre scénario qui aurait été possible: comme sous Mitterrand pour libérer le Koweit annexé par Saddam Hussein, comme sous Chirac pour mettre fin à l’épuration ethnique lancée par Slobodan Milosevic, Américains, Britanniques, Français et tous les autres agissant ensemble pour mettre fin à la menace que représente toujours le régime de Saddam dans la région et libérer son peuple[1]. Pas d’atermoiement au Conseil de sécurité, mais une attitude ferme et déterminée, un mandat des Nations Unies en bonne et due forme[2] et la France prenant toute sa place dans l’intervention[3].

Eut-elle adopté cette attitude, la France n’aurait pas prêté, avec la grandiloquence hypocrite d’un Villepin, une légitimité factice au mouvement « anti-guerre » qui n’aurait pas eu le développement indigne qu’il a connu; elle aurait évité que soit perçue comme une « croisade américaine », justement, une prise de responsabilité de la communauté internationale qui représentait un immense progrès pour l’humanité; elle aurait permis un tout autre déroulement tant de la planification que des suites de l’intervention et de la remise en marche du pays.

Wishful thinking naïf, je prendrais mes désirs pour des réalités, avec des « si » on mettrait Paris en bouteille? Je ne crois pas. Il y a des décisions qui changent la réalité, c’est d’ailleurs pour cela qu’on les prend[4]. Et il est trop facile, voyant après-coup une situation difficile, de se dire « heureusement que je m’en suis tenu à l’écart ». Alors qu’en réalité on porte une responsabilité directe, par la décision que l’on a prise de se retirer publiquement d’une démarche initiée ensemble, dans la manière désastreuse dont les choses ont évolué. (…)

C’est en réalité pour ce coup de poignard dans le dos de ses alliés, cette trahison du peuple irakien[6] et de tous les espoirs de développement de ceux qui subissent des dictatures, cet encouragement de l’état d’esprit anti-occidental qui nourrit le terrorisme (dans le tragiquement vain espoir qu’il sera seulement anti-américain si l’on s’en dissocie) et cette honteuse anesthésie de l’opinion démocratique que la présidence de Chirac mérite de passer à l’histoire.

Notes

[1] Dans une stratégie de « regime change » qui ne se dissimule pas derrière les seules armes de destruction massive (comme la France l’a exigé pour prix de sa participation, dans le souci probablement de ne pas inquiéter « ses » dictateurs africains) qu’au demeurant, à l’époque tout le monde, Chirac et les services français eux-mêmes, tenaient pour une réalité menaçante qu’on se limitait alors à contenir.

[2] Et une seule résolution suffisait, plutôt que ce découplage imposé également par Chirac, accepté là encore par Bush et Blair dans l’illusion qu’il ne les lâcherait pas et qui contient en germe la trahison à venir.

[3] Si même elle n’aurait pas pu être prévenue par un coup d’Etat interne ouvrant sans effusion de sang le pays au secours de la communauté internationale.

[4] On peut certes ne pas en avoir mesuré les conséquences réelles, mais on en reste responsable.

[5] Tiens, voilà qui doit faire rêver les reconstructeurs de l’opposition…

[6] Nourrie du contact personnel que Chirac avait avec Saddam.

Voir aussi:

U.S. backs away from vow to punish France over Iraq

Mark Matthews
The Baltimore Sun
May 09 2003

WASHINGTON – Just weeks after the angriest rift with a close ally in decades, the United States is quietly backing away from threats to penalize France for its strenuous efforts to block the U.S. invasion of Iraq.

Although Secretary of State Colin L. Powell sent ripples across the Atlantic with his warning April 23 that Paris would suffer « consequences, » serious steps to punish France are « not being taken seriously » in the Bush administration’s top ranks, a White House official said this week.

After a series of high-level meetings, the administration has settled on a strategy of trying to outmaneuver France in global forums or, if that doesn’t work, going around the French to achieve its goals with the help of other allies, as in Iraq.

« The goal is to give them an opportunity [to work with the United States] but not give them a stranglehold, » a senior Bush administration official said.

For example, U.S. officials are trying to figure out ways to proceed with the reconstruction of Iraq if France, or Russia, blocks the lifting of U.N. sanctions and thus delays generation of Iraqi oil revenue. The two countries are reluctant to give the United States control over Iraqi oil revenues and want the United Nations to play a stronger role in postwar Iraq.

The United States said this week that it would lift some of the sanctions the first Bush administration imposed on Iraq in 1990 after the invasion of Kuwait.

To achieve desired results in NATO, the United States could seek action through the organization’s Defense Planning Committee, to which France does not belong, rather than trying to forge consensus within the alliance’s political body, the North Atlantic Council.

Renewed cooperation

Powell, signaling an effort to bury the hatchet and renew cooperation on the Security Council, said Wednesday at the United Nations: « Whatever happened in the past is in the past. »

The new, pragmatic attitude toward Washington’s most aggravating ally stems from the need to avoid damaging the many areas where the United States and France cooperate well, such as trade and investment, counterterrorism, and peacekeeping in the Balkans.

President Bush has made a show of welcoming allies in the Iraq war, playing host Wednesday to Prime Ministers Jose Maria Aznar of Spain at the White House and John Howard of Australia at his Texas ranch last weekend. The prime minister of Denmark, the emir of Qatar and a half-dozen other allied leaders met with Bush yesterday. Of French President Jacques Chirac, he told Tom Brokaw of NBC News, « I doubt he’ll be coming to the ranch any time soon. »

But a parade of U.S. officials has been streaming to Paris for meetings in recent weeks, including Attorney General John Ashcroft, U.S. Trade Representative Robert B. Zoellick, EPA Administrator Christine Todd Whitman and Undersecretary of State John Bolton.

Powell will go to France this month to prepare for the June summit of the Group of Eight, at which Chirac will be host to leaders of the world’s major industrial nations.

Economic cooperation is crucial to Bush and Chirac, because each is grappling with a troubled economy that could spell political turmoil despite their recent surge in popularity. Like Bush, Chirac saw a wartime bounce in public opinion polls but for a different reason: His strong opposition to the invasion appealed to French anti-war sentiment.

« I believe there will remain a strong and active economic relationship, » Zoellick said April 30 in Paris.

Yet bitterness lingers. U.S.-French relations « have taken a hit; nobody should pretend otherwise, » a senior Bush administration official said.

Having backed the U.N. resolution in November requiring Iraq to disarm, France broke ranks with the United States early this year when it sensed that Bush was rushing into war.

French Foreign Minister Dominique de Villepin infuriated Powell on Jan. 20, when, after the secretary attended a French-sponsored U.N. Security Council meeting on terrorism, de Villepin declared at a news conference that nothing would justify a war against Iraq.

A senior U.S. official said France’s refusal to join in threatening force against Iraq doomed the united front assembled in November and convinced Iraqi President Saddam Hussein that he could split the international community and avert war without divulging his programs to develop weapons of mass destruction.

But Chirac was skeptical of U.S. intentions.

« My feeling is, he did not believe the game was [just] to put pressure » on Iraq, said Etienne de Durand of the French Institute of International Relations. « There were so many in the administration who were after regime change. »

As the United States and Britain lobbied for a second U.N. resolution that would authorize the use of force, France played hardball, openly competing for Security Council votes and trying to intimidate supporters of the U.S. position among Eastern European countries.

It wasn’t just France’s anti-war stance that Washington resented, but the « gleeful organizing against us, » a senior U.S. official said. This generated even more disfavor within the Bush administration than was reserved for Russia, which opposed the war less aggressively. Bush ultimately launched the war without a second resolution.

France-bashing

Anti-French fever quickly gripped Capitol Hill and the conservative broadcast circuit, and a wave of France-bashing spread around the country, typified by « freedom fries » on menus and a bumper sticker that read: « First Iraq. Then France. »

If certain members of Congress had their way, French wine would carry grisly warning labels, the United States would halt participation in the Paris Air Show, and the remains of American soldiers who died in France would be dug up and shipped home.

Radio personality Rush Limbaugh mocked the dapper de Villepin as a man « whose name in French must mean ‘he whose suits are three sizes too big.' »

Some of the fever has subsided. House Speaker Dennis Hastert, an Illinois Republican, put on hold his proposal that wine imported from France be required to carry a label warning that it is clarified using cow’s blood.

But Rep. H. James Saxton, a New Jersey Republican, remains determined to use his seat on the House Armed Services Committee to mount a U.S. air show that would rival the Paris extravaganza.

Saxton, in an interview, said he feels in sync with « a great feeling of disappointment » across the country, but indicated that the Bush administration had not embraced his idea.

« The administration’s desire is for a good working relationship with the French govern- ment, » he said, « as is mine. »

Roots of bitterness

U.S.-French strains did not start with Iraq, and are unlikely to end anytime soon. Determined to act as a counterweight to American power in Europe and to preserve its influence among former colonies in Africa and the Middle East, France has long viewed the United States and its power with a mixture of gratitude, Old World disdain and sheer mischievousness.

President Charles de Gaulle set the relationship on its rocky course in 1966 when he pulled France out of the military arm of the U.S.-led North Atlantic Treaty Organization while remaining part of its political umbrella, the North Atlantic Council, and providing troops and equipment for NATO missions.

In the years since, France has refused to give unblinking support for U.S. actions, even blocking the use of its airspace when the United States, under President Ronald Reagan, bombed Libya in 1986.

French officials are unnerved by U.S. military dominance and appalled by Bush’s tendency to operate outside international security mechanisms such as the Security Council, where France wields outsized clout.

Chirac wants Europe to play a more independent military role, though his effort last week to form a new military planning center with Germany, Belgium and Luxembourg was laughed off in Washington.

The French want « an international order with maximum legitimacy so individuals can’t decide for themselves to take military action, » said Jeremy Shapiro of the Brookings Institution.

« It’s good to have people who are essentially reliable willing to stand up to us, » he said.

3 commentaires pour Bilan de Chirac: La lourde responsabilité de la France dans le « bourbier » irakien (Chirac’s heavy hand in Iraq « quagmire »)

  1. […] Il est maintenant clair que les assurances données par Chirac ont joué un rôle crucial, persuadant Saddam Hussein de ne pas offrir les concessions qui auraient pu éviter une guerre et le changement de régime. Selon l’ex-vice président Tareq Aziz, s’exprimant depuis sa cellule devant des enquêteurs américains et irakiens, Saddam était convaincu que les Français, et dans une moindre mesure, les Russes allaient sauver son régime à la dernière minute. Amir Taheri […]

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  2. […] avait multiplié les casseroles et trahi son premier allié comme le peuple irakien qu’il prétendait aider […]

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  3. jcdurbant dit :

    WITH FRIENDS LIKE THESE WHO NEEDS ENEMIES ? (Blaming the victim: U.S.-French strains did not start with Iraq – France even blocked the use of its airspace when Reagan bombed Libya in 1986)

    “Yes, that day, we were all Americans. (…) The response that the U.S. administration had to these attacks … far from eradicating the threat, they have expanded it to a wider space. In particular, Iraq. (…) And even though France, through Jacques Chirac, rightly refused to join the intervention which it even condemned, it has still been a victim of the consequences of the chaos it caused.”

    François I-told-you-so Hollande

    http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2016/09/11/97001-20160911FILWWW00142-11-septembre-l-hommage-de-francois-hollande.php

    11 Septembre: François Hollande rend hommage aux victimes
    http://www.lefigaro.fr
    /

    U.S.-French strains did not start with Iraq (France even blocked the use of its airspace when Reagan bombed Libya in 1986)

    A senior U.S. official said France’s refusal to join in threatening force against Iraq doomed the united front assembled in November and convinced Iraqi President Saddam Hussein that he could split the international community and avert war without divulging his programs to develop weapons of mass destruction. (…) As the United States and Britain lobbied for a second U.N. resolution that would authorize the use of force, France played hardball, openly competing for Security Council votes and trying to intimidate supporters of the U.S. position among Eastern European countries. It wasn’t just France’s anti-war stance that Washington resented, but the « gleeful organizing against us, » a senior U.S. official said. This generated even more disfavor within the Bush administration than was reserved for Russia, which opposed the war less aggressively. (…) U.S.-French strains did not start with Iraq, and are unlikely to end anytime soon. Determined to act as a counterweight to American power in Europe and to preserve its influence among former colonies in Africa and the Middle East, France has long viewed the United States and its power with a mixture of gratitude, Old World disdain and sheer mischievousness. President Charles de Gaulle set the relationship on its rocky course in 1966 when he pulled France out of the military arm of the U.S.-led North Atlantic Treaty Organization while remaining part of its political umbrella, the North Atlantic Council, and providing troops and equipment for NATO missions. In the years since, France has refused to give unblinking support for U.S. actions, even blocking the use of its airspace when the United States, under President Ronald Reagan, bombed Libya in 1986.

    The Baltimore Sun (09.05.2003)

    http://www.baltimoresun.com/bal-te.france09may09-story.html

    Yes, France has suffered terror attacks. There’s no question on that score. But what I didn’t understand in 2003 and what Hollande should most certainly understand by now is that they were going to be attacked anyway. The horror of 9/11 wasn’t the start of anything. It was just the most shocking, visible symbol of a disease which had already taken hold in the global bloodstream. To think that the terrorist urges of Islam weren’t going to hit France sooner or later (being a western power within easy reach of their strongholds) is foolish. Blaming it on us is counterproductive and ignores both history and reality …

    http://hotair.com/archives/2016/09/13/911-frances-president-reminds-u-s-really-screwed-pooch-iraq/

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