Génocide assyrien: La continuation du jihad par d’autres moyens (Turkey’s other forgotten Christian genocide)

Assyrian monument (Paris)C’est avec une grande surprise que j’ai été témoin qu’une stèle à la mémoire des victimes d’un certain « génocide assyro-chaldéen » dont je n’ai pu trouver trace nulle part dans l’histoire, a été érigée par vos louables efforts personnels et inaugurée par votre Municipalité en votre présence le 15 octobre. Je vous félicite d’avoir écrit une nouvelle page d’histoire inconnue! Uluç Özulker (ambassadeur turc en France, lettre au maire de Sarcelles, le 20 octobre 2005)
Il y a une menace contre tous ceux qui conduisent des recherches sur les Assyriens et les meurtres de masse sous l’Empire Ottoman. De temps en temps des gens prétendant être des journalistes apparaissent et prennent des photos de ceux qui suivent des séminaires (sur ce thème). Même si ce ne sont pas toujours des menaces directes elles sont sous-entendues. C’est une question extrêmement sensible où les recherches sont prises pour des faits politiques. Tous ceux qui s’intéressent aux minorités chrétiennes en Turquie le vivent comme une menace. David Gaunt (historien suédois de l’université Sodertorn)
La campagne ottomane contre les minorités chrétiennes de l’Empire entre 1914 et 1923 constituait un génocide contre les Arméniens, les Assyriens et les Grecs pontiques d’Anatolie. Association internationale des spécialistes des génocides  (2007)

Pour ceux que ne semble toujours pas inquiéter le fait qu’un pays prétendument laïc et candidat à l’Europe puisse passer, en moins d’un siècle et comme si de rien n’était, d’un tiers de population chrétienne à 0,1%

Et alors que, dans la plus grande indifférence (comme en témoigne le silence radio de nos quotidiens de révérence), le négationnisme turc vient d’atteindre un nouveau sommet avec la mise à exécution des menaces de mort, il y a deux semaines et sur le sol européen même, du chercheur d’origine assyrienne d’une université suédoise Fuat Deniz

Retour sur un génocide encore plus oublié que le génocide arménien et dont l’Association Internationale des Universitaires spécialistes du Génocide (IAGS) vient de voter la reconnaissance, celui, parallèle, des autres minorités chrétiennes assyriennes et grecques.

Qui, comme les Arméniens, virent de 1894 à 1922 (bien au-delà donc du génocide proprement dit de l’été 1915) et sous les trois différents régimes du Sultan Abdul Hamid, des Jeunes-Turcs et du fondateur de la Turquie moderne Kemal Attaturk, la disparition de l’essentiel de leur population.

Et ce, que ce soit par les génocidaires turcs ou leurs affidés kurdes (« massacreurs d’infidèles ») et par l’élimination physique (via les exécutions directes, la déportation en wagons à bestiaux, les « marches de la mort » ou les camps de concentration en zone désertique) ou l’expulsion et l’expropriation (y compris de leurs plus belles femmes ou filles) qui sont au cœur même de la fondation de l’Etat turc moderne.

Sans parler de l’épuration religieuse continue des chrétiens des pays musulmans

L’assassinat inaperçu d’un sociologue en Suède

Le Contre-journal

«Mercredi 12 décembre, Fuat Deniz, un sociologue travaillant à l’université d’Örebro en Suède, a succombé à ses blessures à peine deux jours après avoir été attaqué par derrière et poignardé par un inconnu sur son lieu de travail » nous écrit Christophe Premat, chercheur à Bordeaux. « Cet assassinat aurait pu passer pour un fait divers tragique, mais la façon dont il s’est produit nous interpelle directement. D’une part, les assassinats d’universitaires sur leur lieu de travail ne sont pas monnaie courante en Europe, d’autre part Fuat Deniz travaillait sur un terrain politique très sensible, sa thèse de doctorat ayant porté sur les massacres des populations syriaques en 1915 (« l’Odyssée d’une minorité : l’exemple assyrien »). Il était en train de préparer la sortie de son deuxième livre sur ce sujet. Fuat Deniz appartenait lui-même à cette minorité vivant dans plusieurs pays du Moyen-Orient.

Né dans le Sud-Est de la Turquie, ses parents ont émigré en Suède pour des questions religieuses et politiques dans les années 1970 comme la plupart des syriaques de cette région. La Suède est le pays européen abritant une grande majorité de cette diaspora puisqu’on considère qu’ils y seraient environ 60 000. L’intégration de cette minorité s’est effectuée dans plusieurs domaines, aussi bien sportif que culturel et politique, le ministre de l’éducation sous l’ancien gouvernement social-démocrate de Göran Persson, Ibrahim Baylan, étant lui-même syriaque.

Fuat Deniz a été assassiné à la veille d’un déplacement qu’il devait effectuer vendredi dernier à l’université de Leiden, aux Pays-Bas pour y prononcer une conférence sur l’identité syriaque. Sa renommée internationale en histoire des religions était incontestable et son meurtre constitue une atteinte à la communauté des chercheurs travaillant sur ces questions historiques source de controverses politiques. Il est bien évidemment encore trop tôt pour dégager les mobiles de ce acte barbare, même si la presse locale a insisté sur le fait que la piste politique n’était pour l’heure pas écartée. C’est la raison pour laquelle la police de sécurité suédoise (SÄPO) est chargée de mener l’enquête. L’université d’Örebro a rendu hommage à ce chercheur qui avait reçu le prix du meilleur enseignant de l’université. « Le docteur Fuat Deniz et sa famille sont venus dans notre pays pour échapper à la violence. C’est une tragédie épouvantable qui s’est produite. Il n’était pas seulement un héros pour les Syriaques, mais aussi un modèle pour beaucoup dans notre société » a déclaré le ministre de la recherche, Lars Leijonborg. Ce meurtre intervient au sein d’un contexte politique très tendu, puisque de nombreux chercheurs travaillant sur les mêmes questions ont reçu des menaces de mort à l’instar de David Gaunt, professeur à l’université de Söderthörn, au sud de Stockholm. « Il y a une menace contre tous ceux qui conduisent des recherches sur les Syriaques et les meurtres de masse sous l’Empire Ottoman » a-t-il déclaré au journal Svenska Dagbladet.

En France, les travaux de Josef Yacoub avaient permis de mettre en évidence les caractéristiques de cette minorité. Ce professeur de science politique à l’université catholique de Lyon a publié de nombreux ouvrages et articles sur la question des minorités et la nécessité de leur articulation au sein des Etats modernes. La minorité syriaque est encore mal connue dans notre pays et un travail sur l’histoire et le destin des minorités chrétiennes du Moyen-Orient (Syriaques orthodoxes, Chaldéens, Assyro-Chaldéens) est primordial.

Nous espérons que l’enquête va pouvoir établir les mobiles de cet acte de barbarie qui montre la fragilité et la vulnérabilité des chercheurs travaillant sur des terrains sensibles. Si les assassins de Fuat Deniz avaient pour objectif de faire taire une voix gênante, le scandale de ce meurtre a sans aucun doute produit l’effet inverse : dans un pays qui s’est construit sur la liberté d’expression et qui a su intégrer de nombreuses minorités dont celle de Fuat, la recherche historique sur les événements de 1915 ne s’arrêtera pas, d’autant plus que l’Europe repose sur l’idée fondamentale de mémoires partagées. »

Christophe Premat est attaché Temporaire à l’Enseignement et à la Recherche à l’Institut d’études politiques de Bordeaux.

Turquie : L’IAGS reconnaît officiellement les génocides assyrien et grec
L’Association Internationale des Universitaires spécialistes du Génocide (IAGS)

Dans le cadre d’un complément d’études, l’Association Internationale des Universitaires spécialistes du Génocide (IAGS) a voté massivement la reconnaissance des génocides infligés aux populations assyriennes et grecques de l’Empire ottoman entre 1914 et 1923, indique le journaliste indépendant français Jean Eckian.

La motion a été adoptée par 83% des votants. La résolution déclare que « c’est la conviction de l’IAGS que la campagne contre les minorités chrétiennes de l’Empire ottoman entre 1914 et 1923 constitue un génocide contre les Arméniens, les Assyriens, les Pontiens et les Grecs de l’Anatolie. » Il « invite le gouvernement turc à reconnaître les génocides contre ces populations, à présenter des excuses officielles, et à prendre rapidement des mesures importantes pour les réparations. »

En 1997, l’IAGS avait officiellement reconnu le génocide arménien. À ce jour, la résolution note que, bien que les efforts des militants et des universitaires aient abouti à une large acceptation du génocide arménien, il y a eu « peu de reconnaissance en qualité de génocides similaires contre d’autres minorités chrétiennes de l’Empire ottoman. » Les Assyriens, les Pontiens et les Grecs de l’Anatolie ont été tués dans des conditions analogues à la catastrophe infligée à la population arménienne de l’Empire, et à peu près avec les mêmes méthodes, c’est-à-dire : par des exécutions de masse, par des marches forcées vers la mort, et par la famine.

Adam Jones a préparé la résolution, et a convaincu les autres membres avec sa collègue Thea Halo, dont la mère Sano a survécu au génocide des Grecs Pontiens. Dans une allocution prononcée devant les membres de l’IAGS lors d’une conférence à Sarajevo, en Bosnie, en juillet 2007, Jones a rendu hommage aux efforts des « représentants des communautés grecques et assyriennes … pour avoir relayé l’information et avoir demandé à l’actuel gouvernement turc de reconnaître les génocides infligés à leurs populations », établies depuis des millénaires en Asie Mineure. Le terme générique « Assyriens » englobe les Chaldéens, les Nestoriens, les Syriaques, les Araméens, les Syriens orthodoxe d’Orient, et les Jacobites.

« L’immense soutien apporté à cette résolution par l’organisation des grands universitaires spécialistes du génocide, contribuera à une prise de conscience sur les génocides assyrien et grec, » a indiqué Jones le 15 décembre. « Il agira également comme une puissante riposte envers ceux, notamment dans la Turquie actuelle, qui continuent d’ignorer ou de nier catégoriquement les génocides de l’Empire ottoman envers ses minorités chrétiennes. »

La résolution a déclaré que « le déni du génocide est largement reconnu comme l’étape finale du génocide, de la consécration de l’impunité pour les auteurs de génocide, et ouvrant manifestement la voie aux futurs génocides ». La population assyrienne de l’Irak, par exemple, demeure très vulnérable à une attaque génocidaire. Depuis 2003, les Assyriens irakiens ont été exposés à de graves persécutions et à des « nettoyages ethniques », on estime que près de la moitié de la population assyrienne a fui le pays.

Radio Publique d’Arménie, traduit par GM

[Ndlt] – commentaire

Cela ne va pas arranger les historiens turcs. Il va falloir encore ‘épousseter’ les archives. Il faudra également trouver une autre explication que celle de connivence avec l’armée russe, vu la distance entre le front tsariste et les populations assyriennes.

source: Radiolour

6 Responses to Génocide assyrien: La continuation du jihad par d’autres moyens (Turkey’s other forgotten Christian genocide)

  1. alexander dit :

    que dieu nous rende nos droits dans ce monde et nous fait un instrument de sa paix Amen votre frere de son asil(algerie) et le salut du Christ soit avec vous tous

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  2. alexander dit :

    barexmun

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  3. Maykel dit :

    vous dites que ya la genocide ottoman ce votre arier grand pere qui et venu dans le teritoure ottoman alors il avait la guere kan la france fait la genocide algeriene kan les rus genocide ya rien je vous baise vous tous banne de salal merde turk nique tout ok allez venez nous on aime bien la bataille
    nous on est les soldat de dieu

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  4. […] qu’en Australie, on (devinez qui?) profane un mémorial au génocide des chrétiens assyro-chaldéens […]

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  5. […] française Ariane Bonzon, sur l’ultime preuve du génocide chrétien (arménien mais aussi assyrien et grec) toujours nié par les autorités turques […]

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  6. […] savoir, entre l’extermination des chrétiens arméniens, assyriens ou grecs de Turquie et l’actuel nettoyage ethnique des mêmes chrétiens du reste du Monde […]

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