Annapolis: Qu’est-ce que c’est que ce pays qui refuse de négocier sa propre disparition! (Why can’t Israel just negotiate itself out of existence?)

Palestinian map omitting israelSi les régimes arabes tenaient vraiment à régler ce conflit, ils pourraient se montrer un tantinet plus accomodants que le ministre des affaires étrangères saoudien Saud Al-Faisal qui n’est venu qu’à l’expresse condition de ne pas devoir serrer la main aux Israéliens. Et ils pourraient être plus réalistes que le négociateur palestinien Saeb Erekat, qui a exclu d’emblée de qualifier Israël d’Etat juif alors que c’est explicitement à ce titre que celui-ci a été créé par une résolution de l’ONU approuvée il y a 60 ans aujourd’hui. The WSJ (le 29 novembre 2007)

Pour ceux qui ne l’auraient pas encore lue…

L’excellente présentation, par le professeur Bernard Lewis, du problème de la conférence d’Annapolis:

comment négocier avec un pays qui refuse de négocier… sa propre disparition?

La Question Juive
Bernard Lewis
WSJ
Le 27 novembre 2007
traduit par lagrette (Extreme-centre)

Voici quelques pensées sur la conférence de paix d’Annapolis et sur l’approche du conflit Israëlo-Palestinien. La première question (on pourrait croire que c’est évident mais apparemment pas) c’est, “ De quel conflit s’agit-il ?” Il y a fondamentalement deux possibilités : la taille d’Israël, ou son existence.

Si le problème est la taille d’Israël, nous avons un simple problème de frontière, comme l’Alsace-Lorraine ou le Texas en leurs temps. Ca ne veut pas dire que c’est facile à résoudre, mais que c’est possible à la longue et que c’est vivable en attendant.

Si, d’un autre coté, le problème est l’existence même d’Israël, il n’y a clairement aucune solution par la négociation. Il n’y a aucune position de compromis entre l’existence et la non-existence du pays et aucun gouvernement israélien, quel qu’il soit, ne va négocier sur le fait de savoir si ce pays devrait ou ne devrait pas exister.

L’OLP et d’autres porte-parole palestiniens ont donné, de temps en temps, des indications formelles de reconnaissance d’Israël dans leur discours diplomatiques en langue étrangère. Mais ce n’est pas le message qu’ils ont donné chez eux en arabe, sous toutes les formes, du livre d’école primaire, aux discours politiques ou aux sermons religieux. Là les termes utilisés en arabe décrivent non pas la fin des hostilités, mais un armistice ou une trêve, jusqu’à ce que la guerre contre Israël puisse reprendre avec de meilleures perspectives de succès. Sans une vraie acceptation du droit d’Israël à exister comme un État juif, de la même manière que les quelques 20 membres de la Ligue arabe existent comme des États arabes, ou le beaucoup plus grand nombre de membres de l’Organisation de la Conférence Islamique existent comme des états Islamiques, la paix ne peut pas être négociée.

La question des réfugiés est un bon exemple de comment ce problème affecte la négociation . Pendant la guerre de 1947-1948, environ 750 000 Arabes ont fui ou ont été chassés d’Israël (ces deux choses se sont passées a différents endroits) et trouvé refuge dans les pays arabes adjacents. Durant la même période et après, un nombre légèrement plus élevé de Juifs ont fui ou ont été chassés des pays arabes, d’abord de la partie de la Palestine contrôlée par les Arabes (où aucun Juif n’a été autorisé à rester), ensuite des pays arabes où ces memes juifs et leurs ancêtres avaient vécu depuis des siècles, ou même par endroits depuis des millénaires. La plupart des réfugiés juifs sont allés en Israël.

Ce qui est arrivé était ainsi, en fait, un échange de populations semblable à celui qui était survenu dans le sous-continent indien l’année précédente, quand l’Inde britannique avait été divisée entre l’Inde et le Pakistan. Des millions de réfugiés ont fui ou ont été chassés dans les deux sens — les Hindous et d’autres du Pakistan vers l’Inde, les Musulmans de l’Inde vers le Pakistan. Un autre exemple peut être trouvé en Europe de l’Est à la fin de Seconde Guerre mondiale, quand les Soviétiques ont annexé un grand morceau de la Pologne de l’est et ont compensé les Polonais avec un morceau de l’est de l’Allemagne . Cela a aussi causé un mouvement de réfugié important — les Polonais ont fui ou ont été chassés de l’Union soviétique vers la Pologne, les Allemands ont fui ou ont été chassés de la Pologne vers l’Allemagne

Les Polonais et les Allemands, les Hindous et les Musulmans, les réfugiés juifs des terres arabes, tous ont été réinstallés dans leurs nouvelles maisons et ont reçu les droits normaux de citoyenneté. Plus remarquablement, cela a été fait sans aide internationale. L’exception, c’était les Arabes palestiniens dans les pays arabes adjacents.

Le gouvernement de Jordanie a accordé aux Arabes palestiniens une forme de citoyenneté, mais les a gardés dans des camps de réfugiés. Dans les autres pays arabes, ils étaient et sont restés des étrangers apatrides sans droits ou opportunités, maintenus par le financement de l’ONU. Paradoxalement, si un Palestinien a fui vers la Grande-Bretagne ou l’Amérique, il a eu droit à la naturalisation après cinq ans et ses enfants nés sur place étaient des citoyens de naissance. S’il est allé en Syrie, au Liban ou en Iraq, lui et ses descendants sont restés apatrides, et on en est maintenant à la quatrième ou cinquième génération.

La raison de la chose a été exposée par différents porte-parole arabes . C’est le besoin de préserver les Palestiniens comme une entité séparée jusqu’au jour où ils rentreront et reconquerront toute la Palestine; c’est-à-dire toute la Cisjordanie, la Bande de Gaza et Israël. La demande pour “le retour” des réfugiés, autrement dit, signifie la destruction d’Israël. Il est très improbable que cela soit jamais approuvé par un gouvernement israélien.

Il y a des signes de changement dans certains cercles arabes, d’une volonté d’accepter Israël et même d’entrevoir la possibilité d’une contribution israélienne positive à la vie publique de la région. Mais de telles opinions sont seulement exprimées de facon tres furtive. Quelquefois, ceux qui osent les exprimer sont emprisonnés ou pire. Ces opinions n’ont eu jusqu’a maintenant aucun impact sur les dirigeants.

Ce qui nous ramene au sommet d’Annapolis. Si le problème n’est pas la taille d’Israël, mais son existence, les négociations sont perdues d’avance. A la lumière de ce qui est arrivé dans le passé, il est clair que ceci est et restera le problème, jusqu’à ce que les dirigeants arabes reussissent ou renoncent à leur but — c-a-d détruire l’Israël. Ni l’un ni l’autre ne sont probables à l’heure actuelle.

M. Lewis, professeur honoraire à Princeton, est l’auteur de “From Babel to Dragomans: Interpreting the Middle East” (Oxford University Press, 2004).

Original:

On the Jewish Question
Bernard Lewis
WSJ
November 26, 2007

Voir aussi:

The Perils of Engagement
Jeff Robbins
WSJ
November 21, 2007

In March 1999, a Democratic president of the United States was leading a military intervention in Kosovo. It was aimed at stopping the mass murder of a Muslim minority by Slobodan Milosevic, a bona-fide war criminal. Our European allies ardently desired the U.S. to shoulder the burden of this effort — but wished to publicly distance themselves from it, in order to avoid the potential political fallout in their own countries that ineluctably follows an association with the U.S.

The European leaders were not simply imagining political risk where none existed: Tens of thousands of demonstrators packed the streets of European capitals in the spring of 1999, denouncing the U.S. for using military force to stop Milosevic from killing and persecuting Muslim Kosovars. At the United Nations Human Rights Commission in Geneva, where I was a U.S. delegate at the time, a middle-aged Greek woman accosted me angrily at a reception and smugly attributed U.S. efforts to stop Milosevic to an American desperation to « protect American markets. » I responded that I had not known that American exports to Kosovo were of a magnitude so critical to the American economy as to galvanize the U.S. military industrial complex into launching a major bombing campaign there.

It is increasingly de rigueur around the world and, for that matter, in certain segments of the Democratic Party, to place responsibility for all international crises on the U.S. government. Unsurprisingly, therefore, when it comes to the Arab-Israeli conflict, it has attained the level of high fashion to ascribe the persistent absence of peace to a lack of adequate U.S. « engagement » in resolving it.

If the Bush administration were truly « engaged, » the argument goes, the chances for Middle East peace would be greatly improved. Next week’s meeting in Annapolis, Md., between Israel and at least certain of its Arab interlocutors has the look and feel of more of the same. Yesterday the State Department sent out « formal invitations » to the event, but it remains unclear who will attend besides Palestinian President Mahmoud Abbas and Israeli Prime Minister Ehud Olmert. If history is any guide, the meeting will yield unsatisfactory results, Israel will be blamed for failing to make the requisite concessions, and the Bush administration will be widely and sharply criticized for its « failure to engage. »

This analysis, simple and neat, and for so many so satisfying, would seem at odds with the historical record. The problem is that all too often, those who blame the U.S. for failing to deliver Mideast peace are some of the world’s most culpable enablers of Mideast violence — and those who are themselves actually responsible for erecting the fundamental roadblocks to a resolution of the conflict.

This is so obvious as to almost go without saying — except that the penchant for placing the blame on the U.S. is so widespread and so addictive that it goes largely unsaid. It was, of course, the Arab bloc, including the Palestinian leadership, that decided to reject the U.N.’s 1947 partition of Palestine into two states, Arab and Jewish, living side by side. Instead it invaded the nascent Jewish state rather than coexist with it, spawning the conflict that has so burdened the world for the last 60 years.

This was not a decision made by the U.S.

We are also not responsible for the Arab world’s choice not to create a Palestinian Arab state in East Jerusalem, Gaza and the West Bank from 1948 to 1967, when it easily could have done so — before there were any Jewish settlements there to serve as the public object of Arab grievance.

It was not the U.S. whose leaders issued the largely unremembered « Three No’s » of the Arab conference in Khartoum in the summer of 1967 — « no » to peace with Israel, to negotiation with Israel and to recognition of Israel — after the 1967 war backfired so badly on the Arab world. Nor can the U.S. government under President Clinton be criticized for failing to pursue Yasser Arafat with sufficient solicitude between 1993 and late 2000. The Clinton administration was, after all, the most ardent of suitors of the Palestinian leader — only to be forced to watch Arafat reject an independent Palestinian state in all of Gaza and virtually all of the West Bank.

It was the Palestinian leadership, not the U.S., that decided in the fall of 2000 that, rather than accept an independent Palestinian state, its wiser course was to launch a four-year bombing campaign against Israel’s civilian population. The result was not merely over 1,100 Israeli civilians killed, but several thousand Palestinians dead, as well as a shattered Palestinian economy and the decision by Israel to begin construction of a security barrier in July 2002.

President Clinton labeled this decision on the Palestinians’ part a « tragic mistake. » It is certainly inarguable that this particular decision, like others made by the Palestinian leadership over the past six decades, inflicted serious suffering on the Palestinian people. It has also resulted in suffering throughout the region, and instability beyond — but it was a course of action chosen and implemented by the Palestinians and publicly supported by Arab states, not by the U.S.

When Israel withdrew from all of Gaza in 2005, the Arab world had the opportunity for a fresh start there — to create a measure of hope for a population whose suffering long predated any Israeli presence. Instead of taking advantage of the opportunity, the Hamas-dominated Palestinian leadership opted to begin and then intensify an aggressive missile-launching campaign against Israeli civilian centers.

This choice in turn has led to Hamas’s international isolation, and conditions in Gaza have grown steadily worse for Palestinians there. For its part, the Arab world has in essence stood by and permitted this to occur, and has once again remained unwilling to place the actual welfare of Palestinians ahead of its desire to stir opposition to Israel.

However significant the role of the U.S. is in nurturing political settlements of international disputes, it simply cannot prevent the Palestinian leadership and its Arab backers from making extraordinarily poor choices or, in President Clinton’s parlance, « tragic mistakes. » There is a marked tendency on the part of most of the world to cite the Bush administration’s lack of « engagement » as the principal stumbling block to peace. It isn’t. As for the Arab world, there is an even more pronounced habit of fingering the U.S. as the party which has the means at its disposal to bring about a Middle Eastern settlement, or at least conditions favorable to a settlement. If the past is any indication, the U.S. does not ultimately possess those means. The Arab world does.

Saudi Arabia and other Arab countries, whose treasuries overflow with petrodollars, are in a position to invest heavily in the Gaza Strip, create economic opportunities for its destitute population, and dilute the toxin-filled atmosphere there. They have not done so.

The Egyptians are in a position to act decisively to stop the flow of rockets, bombs and other arms from Egypt into Gaza, where they are used to attack Israeli civilians. They have not done so.

Europe and Russia, whose lucrative contracts with Iran provide them with such enviable revenues, have been in a position to pressure Tehran into stopping the funding of Hezbollah, which assaults Israel from Lebanon, and Hamas, which assaults Israel from Gaza. They have not done so.

Under the circumstances, one might imagine that those in a position to dramatically improve the situation in the Middle East — but who have chosen by their inaction to worsen it — might feel sheepish about placing the onus for the absence of Middle East peace on the U.S. The only thing in shorter supply than sheepishness when it comes to the Middle East, however, is helpfulness. As far as helpfulness is concerned, it is past time for those who complain most about the lack of American « engagement » to begin providing some.

Mr. Robbins was a U.S. Delegate to the United Nations Human Rights Commission during the Clinton administration. He is a partner at the law firm Mintz, Levin in Boston.

Voir enfin:

Mr. Bush and Ms. Rice run the risk of repeating the mistakes of the Clinton Administration, which made a fetish of photo-ops, left the hard issues to the end and tried to substitute atmospherics for substance. That was the road map to failure at Camp David in 2000, the squandering of Presidential prestige and the bloody five-year intifada.

After Annapolis
WSJ
November 29, 2007

However history judges President Bush, it will surely grant him this: He did few things small. From regime change in Afghanistan and Iraq to Social Security and immigration reform, Mr. Bush has been an ambitious executive. And in seeking in his last year in office to negotiate the end to the Israeli-Palestinian conflict, as he did this week in Annapolis, Maryland, the President is being true to type.

Mr. Bush comes to the task with some advantages. Among Israelis, he has a reputation as perhaps the friendliest American President in history, giving him credibility and leverage few of his predecessors enjoyed. His June 2002 speech calling for a Palestine that could govern itself democratically and tolerantly and live in peace with its neighbors set the right benchmarks for eventual statehood. And in President Mahmoud Abbas and Prime Minister Salam Fayad, he has as moderate a Palestinian leadership as we have seen.

Mr. Bush is helped, too — at least in theory — by the rising power of Iran, and the fear this inspires among Sunni regimes that Tehran will capitalize on the Palestinian issue for its own revolutionary ends. This helps account for the presence of Egyptians and Jordanians at the Annapolis conference, but also the Saudis.

Then again, if the Arab regimes were really keen to settle the conflict, they might be slightly more forthcoming than Saudi Foreign Minister Saud al-Faisal, who attended on the condition that he wouldn’t shake hands with Israelis. And they might be more realistic than Palestinian negotiator Saeb Erekat, who has ruled out recognizing Israel as a Jewish state even though Israel was created explicitly as such by a U.N. resolution approved 60 years ago today. As historian Bernard Lewis pointed out in these pages Monday, how do these so-called moderates expect Israel to cede territory when they’ll cede nothing on the right of Israel simply to exist?

That’s a point Mr. Bush and Secretary of State Condoleezza Rice need to consider as they move beyond Annapolis. The Administration is making a large political investment on achieving a settlement, and it will surely be blamed for every failure along the way. Yet the U.S. is in no realistic position to force peace on people unwilling or unable to make it — to get Mr. Abbas to reclaim the Gaza Strip, for instance, or prevent Hamas from raining rockets on Israel. Nor can the Administration decently ask Israelis to compromise their security for the sake of a « peace process » that exists more in the minds of Western diplomats than it does among the human beings living in harm’s way.

Mr. Bush and Ms. Rice run the risk of repeating the mistakes of the Clinton Administration, which made a fetish of photo-ops, left the hard issues to the end and tried to substitute atmospherics for substance. That was the road map to failure at Camp David in 2000, the squandering of Presidential prestige and the bloody five-year intifada. Barack Obama’s assertion that talk alone can make things better is not always true.

Only the churlish could wish the sincere Annapolis peace makers ill. But neither does it help to cheer them down a path that has led to failure so many times before.

2 Responses to Annapolis: Qu’est-ce que c’est que ce pays qui refuse de négocier sa propre disparition! (Why can’t Israel just negotiate itself out of existence?)

  1. […] que de toutes parts nos belles âmes se déchainent contre un Etat qui a l’impudence de refuser de négocier sa propre disparition (plus de… 300 victimes civiles d’après les sources palestiniennes!) […]

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