Guérisseurs-empoisonnneurs: L’étrange double statut des médecins juifs dans le discours antisémite (Among my doctors, there are many zionists)

Stalin's doctors' plot (Krokodil cartoon, 1953)De même que pour les juifs, ce sont les mêmes qui dénoncent les sorcières et qui recourent à leurs services. Tous les persécuteurs attribuent à leurs victimes une nocivité susceptible de se retourner en positivité et vice versa. René Girard
Tout sioniste est l’agent du service d’intelligence américain. Les nationalistes juifs pensent que leur nation a été sauvée par les États-Unis, là où ils peuvent y devenir riches, bourgeois. Ils pensent qu’ils ont une dette envers les Américains. Parmi mes médecins, il y a beaucoup de sionistes. Staline (le 1er décembre 1952)
Lorsque, en Union soviétique, est arrêté le groupe des médecins assassins travaillant pour le compte des services d’espionnage terroristes anglo-américains […], alors, la classe ouvrière applaudit de toutes ses forces. L’Humanité (Le 22 janvier 1953)
Les médecins français estiment qu’un très grand service a été rendu à la cause de la paix par la mise hors d’état de nuire de ce groupe de criminels, d’autant plus odieux qu’ils ont abusé de la confiance naturelle de leurs malades pour attenter à leur vie. Raymond Leibovici (chirurgien, ancien membre du mouvement de résistance communiste Front national)
Boris Souvarine rapporte qu’Annie Kriegel, alors responsable de l’idéologie de la fédération PCF de Paris, parla de « médecins terroristes », complices du « sionisme » et « approuva l’emploi des tortures pour extorquer aux « assassins en blouse blanche » des aveux fantasmagoriques, prélude à une « solution finale » pogromiste ».

1594: exécution, pour tentative d’empoisonnement, du docteur juif portugais d’Elizabeth d’Angleterre Rodrigo Lopez, alors au faite de sa gloire (tout juste nommé médecin-chef royal) …

1953: Complot des blouses blanches, arrestation et déportation de dizaines puis centaines de médecins, dont de nombreux juifs, pour empoisonnement ou tentative d’empoisonnement de dirigeants soviétiques …

Comment ne pas être frappé de retrouver chez Staline, trois siècles et demi plus tard …

Comme à la cour de Louis XIV précédemment …

La même étrange préférence médiévale pour les médecins juifs …

Suivie quand la crise se fait sentir…

Entre magie, inceste, infanticide, messes noires, profanations d’hosties et fabrication de fausse monnaie …

Son lot invraisemblable d’accusations les plus farfelues  …

Et son aussi brutal basculement dans la pire persécution …

Autrement dit, cette association systématique typique de la pensée magique mais modernisée …

Du pouvoir bénéfique de guérir comme de celui maléfique de rendre malade aux mêmes personnes ?

Mais comme nous le rappelions dans notre précédent billet …

La tentative, par Staline lui-même dès les années 30, de s’acquérir les faveurs des milieux juifs avec son projet de République autonome juive …

Comme celui des Japonais de les faire venir dans leur colonie de Mandchourie (dans une opération si significativement baptisée de « fougou », du nom de ce poisson mi-poison mi-mets de choix) …

En étaient-elles bien différentes?

Comment donc ne pas y voir les vestiges (dégradés et dans le cas de Staline clairement manipulés) …

De cet effet paradoxal du religieux archaïque, si bien décrit par René Girard

Qui tend à diviniser les victimes dont l’expulsion violente a si mystérieusement ramené la paix à la société en crise ?

D’où ces tout aussi étranges effets d’unanimité …

Comme en témoignent, pour le cas soviétique, ses prolongements à l’étranger …

Notamment en France dans les milieux du parti communiste …

Y compris… parmi ses membres juifs et médecins ?

Un crime en enfer
Staline et le « complot des blouses blanches »

Thomas Wieder
Le Monde
21.04.06

Un écheveau de calomnies, de trahisons et de morts suspectes, où les protagonistes sont des ronds-de-cuir ambitieux et sans scrupule, des ministres disgraciés du jour au lendemain, et un dictateur dont l’âge avancé n’a pas émoussé la paranoïa criminelle : début 1953, en URSS, tout cela a un air de déjà-vu. Quinze ans après la « Grande Terreur » (700 000 morts entre 1936 et 1938), l’heure d’une nouvelle répression à grande échelle a-t-elle sonné ? Tout semble possible après l’annonce par la Pravda, le 13 janvier, de l’arrestation d’une « bande de médecins empoisonneurs » en poste au Kremlin. Ils sont neuf, bientôt quarante, juifs pour la moitié d’entre eux, tous soupçonnés d’avoir conspiré pour assassiner plusieurs dirigeants soviétiques. A leur tableau de chasse figurerait notamment Andreï Jdanov, dauphin potentiel de Staline, mort en 1948 à l’âge de 52 ans.

Connue sous le nom de « complot des blouses blanches », l’affaire est fort complexe. Sans en percer tous les mystères, Jonathan Brent et Vladimir P. Naumov aident à comprendre, documents inédits à l’appui, pourquoi Staline a personnellement voulu que le scandale éclate à cette date.

« CAMPAGNE ANTICOSMOPOLITE »

La première raison est connue. Publié un mois après que le maître du Kremlin eut déclaré devant le comité central du parti que « tout juif est un ennemi potentiel à la solde des Etats-Unis », l’article de la Pravda a un but : justifier la radicalisation d’un antisémitisme d’Etat qui, sous l’euphémisme de « campagne anticosmopolite », vise les milieux culturels depuis le début de la guerre froide. S’agit-il de préparer l’opinion à une « solution finale version Staline » ? Les auteurs le suggèrent, à défaut d’en apporter des preuves définitives. Deux mois plus tard, la mort du dictateur met un terme à cette persécution, et les autorités reconnaissent que les accusations portées contre les médecins étaient mensongères.

La persécution des juifs soviétiques, pourtant, n’est pas le seul objectif poursuivi par ceux qui « révèlent » l’affaire. Pour Staline, les médecins ont forcément bénéficié de complicités au sein de la nomenklatura. La solution ? Purger l’appareil d’Etat de ces traîtres qui sont de mèche avec l’étranger, comme on le fit jadis avec les « hitléro-trotskistes ». Ici, le comble du cynisme est atteint : Staline aurait été personnellement impliqué dans l’élimination de Jdanov. Autrement dit, des médecins auraient bien conspiré, mais avec l’aval de… Staline. Quatre ans plus tard, celui-ci a tout intérêt à faire porter le chapeau à d’autres pour éliminer ses rivaux du moment et semer la terreur à la tête de l’Etat, bref, pour reprendre la main une ultime fois avant de mourir.

Parfois ardu – c’est au lecteur qu’il incombe bien souvent d’assembler les pièces du puzzle -, le récit de Brent et Naumov est éloquent : « dernier crime de Staline », l’affaire des blouses blanches est l’illustration même d’un système ubuesque où les enquêtes « commenc [ent] par un but politique et fini [ssent] par la fabrication de « preuves » pour y parvenir ».

Voir aussi:

À partir de 1949, néanmoins, un tournant s’amorce et la vision communiste du sionisme et de l’État d’Israël évolue. Dans le contexte de chauvinisme lié à la Guerre froide et de rejet du « cosmopolitisme », les Juifs des pays du Bloc soviétique ont commencé, dès 1948, à être inquiétés en tant que tels. Quelques mois après l’assassinat de l’acteur Solomon Mikhoels [112], les dirigeants du Comité juif antifasciste [113] sont massivement arrêtés et l’instruction s’emploie à démontrer les déviances liées à leur « nationalisme juif bourgeois » ; celles-ci les auraient conduits à mettre en place un « réseau clandestin antisoviétique » entretenant des « liens étroits avec les cercles juifs réactionnaires de l’étranger [114] » dans le but de constituer une république juive en Crimée pour en faire une base militaire à la solde des États-Unis et d’Israël. L’instruction, ouverte le 16 septembre 1948, se termine le 28 mars 1952. Le procès – à huis-clos – est prévu pour l’été 1952. Il se soldera par la condamnation à mort des principaux dirigeants du CAJ [115].

À la fin de cette même année, le 22 novembre 1952, le procès Slansky s’ouvre à Prague ; la majorité des accusés (onze sur quatorze) sont d’origine juive. De nombreux journalistes occidentaux [116] dénoncent, derrière l’antisionisme invoqué – les accusés seraient des espions à la solde d’Israël –, un antisémitisme virulent [117]. Plusieurs organisations juives, l’Union internationale antiraciste et la Ligue des droits de l’homme protestent officiellement contre cette « campagne perfide [118] ». L’Humanité, quant à elle, paraît plus préoccupée par le sort de Julius et Ethel Rosenberg, cette « affaire Dreyfus américaine [119] ».

En revanche, le PCF fait entendre sa voix en janvier 1953, quand éclate l’affaire du « complot des blouses blanches » : des médecins juifs d’Union soviétique auraient été stipendiés par les services secrets américano-israéliens – via le Joint, organisation caritative juive américaine – pour attenter à la vie des dirigeants soviétiques. Pendant quelques mois, L’Humanité reprend ces accusations délirantes. Dès le 22 janvier, le quotidien communiste publie un extrait des propos tenus la veille par Auguste Lecœur, secrétaire à l’organisation au sein du PCF :

« Lorsque, en Union soviétique, est arrêté le groupe des médecins assassins travaillant pour le compte des services d’espionnage terroristes anglo-américains […], alors, la classe ouvrière applaudit de toutes ses forces. »

On peut noter cependant qu’un passage a été censuré et qu’il faut se reporter aux Cahiers du communisme – réservés aux cadres du parti – pour prendre connaissance de l’intégralité du discours de Lecœur et découvrir notamment le passage où celui-ci dénonce « les tentatives des fauteurs de guerre pour camoufler leurs crimes sous le vêtement rabbinique, la blouse médicale ou la soutane du prêtre [120]. »

Entre le 27 janvier et le 1er février 1953, Pierre Hervé publie dans le quotidien Le Soir une série de six articles intitulée « Les assassins en blouse blanche », que le secrétariat du PCF a imposée au rédacteur en chef, Pierre Daix [121]. Il y développe en particulier l’argument selon lequel le Joint serait un instrument de « la grande finance juive » – laquelle a « commandité Hitler » –, une organisation d’espionnage entre les mains de qui « la Diaspora devient une arme de guerre froide au service du Département d’État de Washington ». Il est question, au fil des lignes, de cosmopolites « dégénérés », de « sionistes-trotskystes »… De tels propos suscitent un malaise diffus parmi les militants du PCF, mais ces réserves sont loin d’être unanimes. Au contraire : Emmanuel Le Roy Ladurie se souvient que les responsables du cercle des étudiants communistes de la rue d’Ulm envisagèrent de « demander à ceux de [leurs] camarades qui étaient juifs de prendre une position particulièrement militante et énergique dans le soutien qu’ils donneraient à l’URSS en guerre contre les “ Blouses blanches ”»

Voir également:

Des signes de résurgence de l’antisémitisme dans la France de l’après-guerre (1945-1953) ?
Anne Grynberg
Les Cahiers de la Shoah 2001

[114] A. Bortchagovski, op. cit., p. 47.

[115] Le 12 août, David Bergelson, Boris Chimeliouvitch, Itzhak Fefer, David Gofstein, Iossif Iouzefovitch, Lev Kvitko, Solomon Lozovski, Peretz Markich, Léon Talmi, Emilia Teoumime, Ilia Vatenberg et son épouse Tchaïka, ainsi que Veniamine Zouskine sont exécutés d’une balle de revolver. Solomon Bregman, Iakov Etinger, Zakhar Grinberg sont morts en prison dans des circonstances mal élucidées. Condamné à dix ans de camp, l’écrivain Der Nister y décède quelque temps plus tard.

[116] Cf. en particulier, pour la France : La Croix, 12 novembre 1952 ; Le Monde, 22 novembre 1952 ; L’Aurore, 24 novembre 1952 ; Combat, 29 novembre 1952 ; Le Figaro, 9 décembre 1952 ; Carrefour, 10 décembre 1952.

[117] Sur le procès Slansky, on peut bien sûr se reporter aux souvenirs d’Artur London, l’un des trois accusés à échapper à la peine de mort : L’Aveu : dans l’engrenage du procès de Prague, Paris, Gallimard, coll. « Témoins », 1968, rééd. Folio, 1986.
Sur le procès Slansky, on peut bien sûr se reporter aux souvenirs d’Artur London, l’un des trois accusés à échapper à la peine de mort : L’Aveu : dans l’engrenage du procès de Prague, Paris, Gallimard, coll. « Témoins », 1968, rééd. Folio, 1986….

[118] Cf. Bulletin intérieur d’information du CRIF, 24 décembre 1952.

[119] Cf. L’Humanité, 2, 5 août 1952 ; 14 novembre 1952 ; 24 décembre 1952.

[120] Cité par Jean-Jacques Marie, Les Derniers complots de Staline. L’affaire des blouses blanches, Bruxelles, Complexe, coll. « La mémoire du siècle », 1993, p. 162.

[121] Pierre Daix, J’ai cru au matin, Paris, Laffont, 1976, p. 314. Cité par J.-J. Marie, op. cit., p. 164.

[122] Ibid., p. 167.

Voir enfin:

Vicious Spies and Killers under the Mask of Academic Physicians

«Pravda»

Tuesday, 13 January 1953

Page 1.

Today the TASS news agency reported the arrest of a group of saboteur-doctors. This terrorist group, uncovered some time ago by organs of state security, had as their goal shortening the lives of leaders of the Soviet Union by means of medical sabotage.

Investigation established that participants in the terrorist group, exploiting their position as doctors and abusing the trust of their patients, deliberately and viciously undermined their patients’ health by making incorrect diagnoses, and then killed them with bad and incorrect treatments. Covering themselves with the noble and merciful calling of physicians, men of science, these fiends and killers dishonored the holy banner of science. Having taken the path of monstrous crimes, they defiled the honor of scientists.

Among the victims of this band of inhuman beasts were Comrades A. A. Zhdanov p1 and A. S. Shcherbakov p2. The criminals confessed that, taking advantage of the illness of Comrade Zhdanov, they intentionally concealed a myocardial infarction, prescribed inadvisable treatments for this serious illness and thus killed Comrade Zhdanov. Killer doctors, by incorrect use of very powerful medicines and prescription of harmful regimens, shortened the life of Comrade Shcherbakov, leading to his death.

In the first place, the criminals tried to undermine the health of the Soviet military leadership cadres, to remove them from the power structure and thereby weaken the defense of the country.1 The arrest of the criminals disrupted these nefarious plans, preventing the accomplishment of their monstrous goals.                 `

Whom did these monsters serve? Who directed the criminal, terrorist, and harmful activity of these vicious traitors to the Motherland? What goal did they want to achieve by the murders of leading figures of the Soviet government?

It has been determined that all participants of the terrorist group of doctors were in the service of foreign intelligence; having sold their bodies and souls, they appeared as hirelings, paid agents.

The majority of the participants of the terrorist group — Vovsip3, B. Koganp4, Feldmanp5, Grinshteinp6, Etingerp7 and others — were bought by American intelligence. They were recruited by an branch-office of American intelligence — the international Jewish bourgeois-nationalist organization called « Joint »2. The filthy face of this Zionist spy organization, covering up their vicious actions under the mask of kindness, is now completely revealed.

Relying upon a group of corrupt Jewish bourgeois nationalists, the professional spies and terrorists of « Joint, » through assignments from and under the direction of American intelligence, extended their subversive activity even into the territory of the Soviet Union. As the prisoner Vovsi revealed under investigation, he received directives « about the extermination of leadership cadres of the USSR, » from the USA. These instructions were handed to him, in the name of the spying-terrorist « Joint » organization, through Dr. Shimeliovichp8 and the well-known Jewish bourgeois nationalist Mikhoelsp9.

Unmasking the gang of poisoner-doctors struck a blow against the international Jewish Zionist organization. Now all can see what sort of philanthropists and « friends of peace » hid beneath the sign-board of « Joint. »

Other participants in the terrorist group (Vinogradovp10, M. Koganp11, Egorovp12) were discovered, as has been presently determined, to have been long-time agents of English intelligence, serving it for many years, carrying out its most criminal and sordid tasks. The bigwigs of the USA and their English junior partners know that to achieve domination over other nations by peaceful means is impossible. Feverishly preparing for a new world war, they energetically send spies inside the USSR and the people’s democratic countries: they attempt to accomplish what the Hitlerites could not do — to create in the USSR their own subversive « fifth column. » It is enough to recall the undisguised and cynical appropriation by the American government of $100,000,000 for subversive terror and espionage activity in countries belonging to the socialist camp, not to mention that, for this purpose, hundreds of millions of dollars, both American and British, will be spent in secret.

The Soviet people should not for a minute forget about the need to heighten their vigilance in all ways possible, to be alert for all schemes of war-mongers and their agents, to constantly strengthen the Armed Forces and the intelligence organs of our government.

Comrade Stalin has repeatedly warned, that our successes have their dark side 3, that they cause among many of our workers a spirit of placidity and complacency. Such moods are far from being overcome. We still have many complacent people. It is exactly this absentmindedness of our people that becomes the fertile soil for this vile sabotage.

In the USSR, we are ruled indivisibly by socialist relations. In the Great Patriotic War, the Soviet people won a victory which is unprecedented in history. In a surprisingly short period of time, the difficult consequences of war have been liquidated. In all areas of economic and cultural construction, we have successes. From these facts, certain people have drawn the conclusion that now the dangers of wrecking, sabotage, and espionage have disappeared, that the bosses of the capitalist world will give up their attempts to conduct subversive activities against the USSR.

But only Right-Opportunists can think and judge this way, people standing for an anti-Marxist view of the « fading » of the class struggle. They do not or cannot understand that these successes lead not to the exhaustion, but to the sharpening of the struggle, that the more successful is our forward progress, the more fierce will be the struggle of the enemies of the people, doomed to destruction, brought to despair.

So the immortal Lenin teaches, so does Comrade Stalin teach.

« In our revolution, » Lenin points out, « more than in any other, the law was proven that the strength of the revolution, the strength of its pressure, energy, determination, and celebration of its victory will increase, along with this, the strength of opposition from the bourgeoisie. »

Unmasking the opportunistic theory of the « fading » class struggle due to the degree of our success, Comrade Stalin warned:

This is not merely a rotten theory, but also a dangerous theory, because it lulls our people to sleep, leads them into a trap, while it gives the class enemy a chance to recover for war against the Soviet power. »4

In the USSR the exploiting classes were broken up and liquidated a long time ago, but still there remain vestiges of bourgeois ideology, vestiges of the morals and psychology of private ownership; there remain holders of bourgeois opinions and bourgeois morals, living people, secret enemies of our people. Exactly these hidden enemies, being supported by the imperialistic world, will be harmful in the future.

All this obliges the Soviet people in every possible way to strengthen their revolutionary vigilance: to keep a sharp eye out for enemy plots. Just this fact that a group of filthy degenerates from the « men of science » were, over the course of some time, able to work with impunity, reveals how some of our Soviet organs and leaders lost their vigilance, having been infected with carelessness.

The organs of state security did not reveal soon enough the saboteur and terrorist organization among the doctors. In this, these organs should have been especially watchful, since history already knows examples5 when, under the mask of doctors, vicious killers and traitors to the Motherland were active, such as « Doctors » Levinp13 and Pletnevp14, who on assignment of enemies of the Soviet Union killed the great Russian author A. M. Gorkip15 by means of deliberately erroneous treatments, as well as important figures of the Soviet government such as V. V. Kuibyshev p16 and V. R. Menzhinskyp17.

Nor did the leaders of the Ministry of Public Health turn out to be up to the task. They overlooked terrorist wrecking activity of the vile degenerates, who had sold out to the enemies of the Soviet Union.

Exposing the gang of poisoner-doctors struck a shattering blow to the Anglo-American war mongers. Their agents were captured and neutralized. Again the true face of the slaveholding cannibals of the USA and England appears before the whole world.

The Soviet people with anger and indignation denounce the criminal band of killers and their foreign bosses. As for the despicable hirelings, serving for dollars and sterling, the people crush them, as loathsome reptiles. As for the instigators of these murderous mercenaries, this they can be sure of: that retribution will not forget about them and will find out the devious road that leads to them, in order to speak its weighty word.

All this is true, of course. But it is also true that, apart from these enemies, we still have another enemy: the lack of vigilance of our people. One may not doubt that, as long as we are absent-minded, there will be sabotage. Consequently, in order to liquidate sabotage, it is necessary to purge lack of vigilance from our ranks.

Footnotes

People (numbers follow « p »)

Editorial policy on « people »s footnotes:

For doctors, I tried to scrape up what information I could from Vaksberg, Rapoport, and Conquest. All of the doctors mentioned here had been among the best in their profession, and some were responsible for treating national leaders. For other, better-known people (eg Gorky, Zhdanov), I figured a one-line footnote was enough to make clear who was being talked about.

Note p1 — Zhdanov, Andrej Aleksandrovich (1896-1948)

Member of Poliburo, 1939-1948

Note p2 — Shcherbakov, Aleksandr Sergeevich (1901-1945)

Candidate Member of Poliburo, 1941-1945

Note p3 — Vovsi, Miron

Doctor who had treated leaders at Kremlin Hospital ; had a clinic at Botkin Hospital

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Note p4 — Kogan, Boris

Doctor who had treated leaders at Kremlin Hospital

Note p5 — Fel’dman, A.I.

Doctor

Note p6 — Grinshtejn (Grinstein), Alexander

Doctor (neuropathologist)

Note p7 — E^tinger (Etinger), Yakov

Doctor (headed a clinic at First Gradskaya Hospital)

Note p8 — Shimeliovich, (may be Shchimeliovich) Boris

Doctor (chief physician at Botkin Hospital). Executed 12 Aug 1952 during repression of Jewish Antifascist Committee (JAC)6

Note p9 — Mixoe^ls, (Mikhoels) Solomon Mixajlovich (1890-1948)

Internationally respected actor and director, notably in classical Jewish plays. During WW II, was chairman of Jewish Antifascist Committee (JAC)6. Killed by NKVD in staged auto accident. Given an honorable state funeral; this news release was one of the first public indications of disfavor.

Note p10 — Vinogradov, Vladimir

Comrade Stalin’s personal physician.

In 1952, VV diagnosed Comrade Stalin to be at risk of a stroke [he eventually turned out to be correct], and was foolhardy enough to recommend « Complete rest, freedom from all work. » Comrade Stalin, seeing a conspiracy to remove Him from power, furiously demanded Vinogradov’s arrest: « Leg irons! Put him in leg irons! » [A. Vaksberg, p. 242].

Note p11 — Kogan, Mixail Borisovich (1901?-1952?)

Doctor, brother of Boris Kogan. According to some accounts he was arrested and died under interrogation in 1952 , but Ya. Rapoport says he had died naturally (of cancer) several years earlier.

Note p12 — Egorov, Mixail

Doctor

Note p13 — Levin, L. (1870?-1938?-

Distinguished doctor. According to 1938 Bukharin show trial, was recruited by NKVD chief Yagoda (a traitor working for Opposition) as poisoner.

Note p14 — Pletnëv, D. (1872?-1939??)

Distinguished doctor. According to 1938 Bukharin show trial, was recruited by NKVD chief Yagoda (a traitor working for Opposition) as poisoner.

Note p15 — Gor’kij, Maksim (given name: Peshkov, Aleksej Maksimovich) (1868-1936)

World-renowned author, playwright, and social activist.

Note p16 — Kujbyshev (Kuibyshev), Valerian Vladimirovich (1888-1935)

Member of Central Committee since 1922. An independent and popular Stalinist, he may have died just in time to avoid accusations of Trotskyism.

Note p17 — Menzhinskij, Vyacheslav Rudol’fovich (1874-1934)

Head of OGPU (secret police) 1926-1934.

Misc. Notes

Note 1 — Medical malpractice against military leaders

Writer Boris Andreyevich Pil’nyak (1894-1937) had written a fictional piece « Tale of the Unextinguished Moon » (« Povest’ Nepogashennoj Luny »), widely understood as a « roman a clef » accusing Comrade Stalin of arranging military hero Mikhail Vasil’evich Frunze’s death (1925) under a controversial medical operation. In 1937, the supreme measure of social defense was imposed on Pil’nyak, convicted of spying for Japan. The idea of medical skulduggery, however, continued to have resonance even among those who rejected Pil’nyak’s outrageous slander.

Note 2 –« Joint »

This is deliberately vague. The single, untranslated English word in the original would frighten less-educated Russian-language readers with its alien sound. It apparently refers to the American Jewish Joint Distribution Committee (JDC), a leading philanthropic organization of American Jews for overseas aid, but why wasn’t it spelled out?

Note 3 — « dark side »

Comrade Stalin discussed this theme at length in Part 4 of

About Shortcomings in Party Work and Measures for the Liquidation of Trotskyite and Other Double-Dealers (Report and Final Words at the Plenary Session of the Central Committee [CC] of the All-Union Communist Party (Bolsheviks) [ACP(b)], 3-5 March 1937).

Note 4 — Quote is from

I.V. Stalin, About Shortcomings in Party Work and Measures for the Liquidation of Trotskyite and Other Double-Dealers, section 5.

If you can read Russian, you can jump direct to the original quote

If not, you can use the table of contents to point yourself to section 5.

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Note 5 — History already knows examples

Levin and Pletnev were among the defendants in the 1938 Bukharin show trial. For the official Soviet version, see

Report of the Court Proceedings in the Case of the Anti-Soviet « Bloc of Rights and Trotskyites », Moscow, 1938.

For a counterrevolutionary version, see

Robert Conquest, The Great Terror: A Reassessment, Oxford University Press, New York and London, 1990; pp. 375-390.

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Note 6 — Jewish Antifascist Committee (JAC)

In August 1941, Comrade Stalin tentatively authorized a « Jewish Anti-Hitler Committee » to mobilize international Jewish aid for the Soviet war effort against Nazi Germany. It finally emerged in April 1942 as the « Jewish Antifascist Committee, » of Soviet Jews only, under close government control. With the end of the war (1945), however, Soviet Jewish celebrities were no longer needed to extract money from wealthy American donors, and Comrade Stalin came to distrust JAC’s foreign connections, especially after Israel’s independence in 1948. Comrade Stalin’s first prominent JAC victim was Mikhoels (too internationally prominent to be condemned publicly). JAC itself was disbanded in Nov 1948, while Jews were quietly being fired as « rootless cosmopolitans » from responsible jobs. Many former JAC members were arrested and tortured, in preparation for a show trial that was aborted by Comrade Stalin’s death.

« The USSR is one of the few states in the world where a display of national hatred is persecuted by law. There has never been nor can there be a case of someone in the USSR becoming an object of persecution because of his national origins. »

–Comrade Stalin, in an answer to an American named Barnes, 20 March 1933. [printed in last volume of « Collected Works »]

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Some sources used for footnotes

Yakov Rapoport, The Doctors’ Plot of 1953 (translated by N.A. Perova and R.S. Bobrova), Harvard University Press, Cambridge MA, 1991.

Dr. Rapoport had been arrested as one of the « killer doctors » on 3 Feb 1953. His book is partly a personal account, but mostly a broader study.

Arkady Vaksberg, Stalin Against the Jews (translated by Antonina W. Bouis), Alfred A. Knopf, New York, 1994.

Book covers Stalin’s entire career. Final chapters cover the murder of Solomon Mikhoels (ch. 8), the destruction of the JAC (ch. 9), and the Doctors’ Plot (ch. 10).

Mr. Vaksberg has written other counterrevolutionary accounts of the Stalin years, eg a biography of « Stalin’s Prosecutor, » Andrei Ya. Vyshinsky.

(for info about « killer-doctors » Levin and Pletnev in 1938 Bukharin trial only)

Robert R. Conquest, The Great Terror: A Reassessment, Oxford University Press, New York and Oxford, 1990.

Dzhin Bronskaya i Vladimir Chuguev, Kto Est’ Kto v Rossii i Byvshem SSSR, Terra, Moskva, 1994.

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3 Responses to Guérisseurs-empoisonnneurs: L’étrange double statut des médecins juifs dans le discours antisémite (Among my doctors, there are many zionists)

  1. […] (la tristement fameuse « Nuit des poètes assassinés » avant le « Complot des blouses blanches » ) de nombre des membres du Comité antifasciste juif qui en était à l’origine […]

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  2. […] à leurs victimes une nocivité susceptible de se retourner en positivité et vice versa. René Girard (« Le Bouc émissaire », Chap. IV, p. […]

    J'aime

  3. […] https://jcdurbant.wordpress.com/2007/11/14/guerisseurs-empoisonnneurs-l%E2%80%99etrange-double-statut…%5B12%5D La financiación de los maoístas con dinero negro procedente del narcotráfico del opio es un hecho poco mencionado en la historia oficial. En la garganta de Nanniwan, provincia de Shaanxi, los comunistas chinos montaron en 1941 un comité de producción de opio al mando de Ren Bishi, en respuesta al bloqueo económico por parte del ejército japonés y el Kuomintang. El opio financió las primeras repúblicas soviéticas en China: Jiangxi y Yan’an. Más información sobre el tráfico de opio y el movimiento comunista-maoísta en: […]

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