Charniers de Picpus: Attention, un oubli peut en cacher bien d’autres! (Looking for Lafayette and bumping into… mass graves!)

Carmelite victims of French revolution, 1794 Enfant de 14 ans, religieuses, mère et sœurs de Madame La Fayette (née de Noailles) …

1366 en tout, guillotinés en à peine un mois et demi à la place de la Nation toute proche, jetés de nuit et par tombereaux entiers dans des fosses communes …

Suite à la redécouverte, à l’occasion de la première visite officielle du président Sarkozy à Washington, du général Lafayette dont on est censé fêter cette année le deux cent cinquantenaire de la naissance …

Et en cette commémoration de la fin de la Première guerre mondiale qui vit nos alliés américains nous sauver une première fois et venir eux aussi, on s’en souvient, se recueillir sur sa tombe (le fameux « La Fayette, nous voici! ») …

Retour, via la dite tombe au côté de sa femme au cimetière parisien de Picpus (ancien couvent des chanoinesses exproprié par la révolution puis racheté par souscription par les familles des martyrs), sur un autre réalité bien oubliée de notre histoire nationale.

A savoir les massacres de la Terreur révolutionnaire (quelque 40 000 plus 100 000 Vendéens, sans parler des guerre révolutionnaires).

Qui ne sont pas pas sans rappeler une autre révolution dont on vient de commémorer le 90e anniversaire (sans parler, autre anniversaire, des massacres de religieux par les prétendus « républicains » de la guerre d’Espagne).

Et cette étrange fascination dont l’idée, à défaut de la réalité, de la Révolution continue à bénéficier au Pays autoproclamé des droits de l’homme

Le cimetière de Picpus

Au 17e siècle un couvent de religieuses dont l’entrée se situait 35, rue de Picpus, s’étendait sur 300m jusqu’au mur des Fermiers généraux. Ce domaine fut confisqué en 1792 comme bien national et loué à un sieur Riédain. Le 13 juin 1794 (25 prairial) la commune de Paris réquisitionna son jardin et y fit creuser deux fosses destinées à recevoir les corps des personnes décapitées place du Trône-renversé (La Nation). Une porte fut ouverte dans le mur du jardin .

Fermé et comblé en 1795, le cimetière fut vendu en 1797 dans le plus grand secret à la princesse Amélie de Salm de Hohenzollern-Sigmaringen dont le frère reposait dans l’une des fosses. En 1803 la totalité du terrain de l’ancien couvent put être racheté par une société des familles des personnes inhumées dans les deux fosses, avec droit pour elles d’être enterrées dans un second cimetière à côté du premier.

Une chapelle y fut édifiée, confiée à la Congrégation des Sacrés-Coeurs et de l’Adoration. Très simple, cette chapelle possède un autel dédié à Notre-Dame de la Paix. Un tableau évoque les 16 carmélites de Compiègne , décapitées le 17 juillet 1794 et béatifiées le 27 mai 1906.

Les murs de la chapelle sont ornés de grandes plaques de marbre portant les noms de la totalité des personnes enterrées dans les deux fosses, d’après les minutes de leurs procès qui ont été conservées.

Exemples :

On trouve les fleurons de la noblesse française: de Sombreuil, gouverneur des Invalides, le prince de Rohan de Rochefort, le père Laval de Montmorency, la princesse de Saint Maurice de Mont Barrey, mais aussi un piqueur, un gendarme, un domestique, un banquier… Cette fournée (17 juin) de 54 personnes dite « des chemises rouges » fut décapitée par le bourreau Sanson en 24 minutes…

La fournée du 13 messidor An 2 (1er juillet 1794) comportait seulement 2 cultivateurs, 1 domestique, 1 tisserand, 1 instituteur, 1 prêtre, 1 fabriquant d’étoffes, 1 vicaire, 1 contrôleur des douanes, 1épicier, 1 cabaretier, 1 soldat autrichien prisonnier de guerre, 1 infirmier, 1 garçon meunier…

Du 13 juin au 28 juillet, la guillotine fonctionna presque quotidiennement par fournées allant jusqu’à 55 personnes.1306 corps reposent à Picpus . L’une des fosses contient 304 corps répartis en 3 couches, l’autre 1002 cadavres que l’on peut détailler:

1109 Hommes : 579 gens du peuple, 178 gens d’épée, 136 gens de robe, 108 gens d’église et 108 ex-nobles.

197 Femmes : 123 femmes du peuple, 51 ex-nobles, 23 religieuses.

L’historien Lenôtre y a aussi sa tombe en hommage à la remarquable étude qu’il a consacrée à ce cimetière. De même le père Coudrin et la mère Aymer de la Chevalerie , fondateurs de la congrégation des Sacrés-Coeurs et de l’Adoration.

Parmi les familles notables : des Montmorency, des Levis, des Gramont, des Talleyrand, des Rohan-Chabot, La Rochefoucauld, Luynes, Montalembert, Noailles, Biron, Polignac…

La tombe du Général La Fayette est particulièrement honorée par le gouvernement américain. Prés d’elle se trouve la plaque souvenir d’André Chénier.

Dans le jardin à côté de ce cimetière se trouvait la grotte qui servit aux fossoyeurs pour dépouiller les corps de tous leurs vêtements avant de les revendre. Tous les autres objets leur avaient été confisqué avant de monter dans la charrette fatale. Une plaque en garde le souvenir.

Un grand espace de pelouse et d’arbres sépare la chapelle de l’entrée des deux cimetières. Espace de méditation et de prière…

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