Diplomatie française: Une arrogance qui a fait son temps (Can France finally do away with the diplomacy of arrogance?)

L'arrogance françaiseLa politique étrangère de la France, c’est facile. Il suffit de faire le contraire des Américains qui se trompent tout le temps. Chirac (2002)
L’Amérique nous a libérés. C’est une dette éternelle. (…) Je vous le dis aujourd’hui solennellement, la France restera engagée en Afghanistan aussi longtemps qu’il le faudra. L’Amérique peut compter sur la France dans le combat contre le terrorisme. Sarkozy (2007)
Même si l’Amérique se mettait soudain à s’aligner sur la France dans sa politique économique et sociale, même si elle abolissait la peine de mort et si les Américains devenaient plus laïcs, et bien les anti-atlantistes resteraient anti-atlantistes. Il ne faut jamais sous-estimer la passion des Français pour la rhétorique. Ezra Suleiman

Au lendemain de la première visite officielle du président Sarkozy aux Etats-Unis qui a enfin enterré une diplomatie française jusqu’ici définie par son opposition à la politique étrangère américaine

Et à l’occasion de laquelle, rivalisant d’ironie et d’arrogance, nos médias continuent à démontrer qu’ils n’ont toujours rien compris non seulement à la chute du mur de Berlin ou au 11 septembre (certains allant jusqu’à redouter que l’attitude du président nous fasse perdre notre supposée protection face au terrorisme!), mais à « la plus grave crise entre la France et les Etats-Unis depuis 1966 » où le Général avait bouté l’OTAN hors de France …

Il faut lire le livre de l’ancienne journaliste du Figaro Isabelle Lasserre (« L’impuissance française: une diplomatie qui a fait son temps ») qui semble avoir enfin pris la mesure du déphasage de la diplomatie française.

Et, sans en ignorer les restes d’ambiguités (le retour, très chiraquien, aux flirts poussés avec les tyranneaux africains – sans oublier le cinéma du dernier Grenelle de l’environnement alors que chacun sait que la France est, sur ces questions, la lanterne rouge de l’Europe), de l’espoir de renouvellement apporté par la présidence Sarkozy.

Il y a eu beaucoup de projets d’attentats en France, qui ont été déjoués. Ils ne se sont pas produits, non pas grâce à notre politique mais grâce à nos services de renseignements.

Comment cela se fait-il que la France dispose du deuxième réseau diplomatique du monde ?

La France n’a jamais vu venir l’importance de l’Ukraine en Europe. On a pas remarqué non plus la place de plus en plus importante de la Georgie.

On a perdu du terrain en Afrique. On aurait du miser sur les oppositions. Jamais la France n’a parié sur l’émergence d’une société civile ou d’une force externe au pouvoir. On a toujours soutenu les pouvoirs en place, même lorsqu’ils étaient illégitimes. On est trop légitimiste, regardez la Cote d’Ivoire avec Gbagbo.

Autre exemple Gorbatchev et Eltsine. Comment ne pas avoir compris ? On a été dépassé. La France est toujours persuadée que la stabilité est la clé du système.

Entretien avec Isabelle Lasserre «L’impuissance française : une diplomatie qui a fait son temps»1:

La diplomatie française est arrogante et dépassée. C’est du moins ce qu’affirme en substance Isabelle Lasserre qui vient de sortir son premier livre : «L’impuissance française : une diplomatie qui a fait son temps». Fruit d’une expérience de plus de 15 années en tant que reporter au service étranger du Figaro, la journaliste critique la diplomatie française point par point. Des «mauvais choix balkaniques», à la relation française avec le monde arabo-musulman, en passant par la perte des pions français en Afrique ou encore la crise transatlantique, tous les points majeurs de notre diplomatie sont analysés. Au delà du regard journalistique de l’auteure, cette dernière s’attaque également à d’autres travers français emplis de jacobinisme. La diplomatie française n’aurait pas su évoluer, ni se réinventer au regard de grands évènements mondiaux. Les deux tournants majeurs que la France a raté, selon Isabelle Lasserre, sont la chute du mur de Berlin ainsi que les attentats du 11 septembre. « La France a été arrogante trop longtemps. Sa diplomatie est aujourd’hui dépassée ».

En quoi la France n’a pas compris le 11 septembre ?

La France n’a pas saisi le traumatisme que les attentats ont provoqué sur l’administration Bush ainsi que sur la société américaine. Il n’y a pas eu beaucoup d’empathie. Combien de fois avons nous entendu que «c’était bien fait pour eux» ou «ils l’ont bien cherché», par une certaine catégorie de personnes c’est vrai, mais bon ça dénote d’un problème. Les Français se sont crus longtemps à l’abri. Il y avait un sentiment, présent même chez les élites, que la France était mieux protégée que les Etats-Unis. Mais c’était faux. On a mis plusieurs années pour comprendre que rien n’était acquis. Il y a eu beaucoup de projets d’attentats en France, qui ont été déjoués. Ils ne se sont pas produits, non pas grâce à notre politique mais grâce à nos services de renseignements. Quels sont les problèmes de la diplomatie française ? La France a été arrogante trop longtemps. Sa diplomatie est aujourd’hui dépassée. Même la présence française pose problème. Regardez les représentations diplomatiques. Comment cela se fait-il que la France dispose du deuxième réseau diplomatique du monde ? On n’a plus les moyens de ces diverses représentations dans le monde. Dans certains pays c’est justifié mais pourquoi avoir des bureaux avec beaucoup de personnel en Amérique latine. Il y a eu beaucoup de loupés aussi. La France n’a jamais vu venir l’importance de l’Ukraine en Europe. On a pas remarqué non plus la place de plus en plus importante de la Georgie.

La France a t-elle perdu en crédibilité ?

On a perdu du terrain en Afrique. On aurait du miser sur les oppositions. Jamais la France n’a parié sur l’émergence d’une société civile ou d’une force externe au pouvoir. On a toujours soutenu les pouvoirs en place, même lorsqu’ils étaient illégitimes. On est trop légitimiste, regardez la Cote d’Ivoire avec Gbagbo. Autre exemple Gorbatchev et Eltsine. Comment ne pas avoir compris ? On a été dépassé. La France est toujours persuadée que la stabilité est la clé du système. Regardez Mitterrand avec les Balkans. Il estimait qu’il fallait un pouvoir fort pour les Balkans. C’était une erreur totale. La doctrine de la France est de dire que tout changement de pouvoir, par la force, génère de l’instabilité et donc on n’a pas les moyens de le résorber.

Pensez vous que le nouveau Président de la République peut changer les choses ?

C’est étrange. Il y a des éléments de contradiction. Globalement la politique africaine de la France ne bouge pas trop. Que ce soit la visite de Bongo en France ou le discours de Dakar, ces évènements font penser au passé. Pourtant Sarkozy avait dit qu’il y avait l’Afrique et pas seulement l’Afrique francophone. Il avait prévu, lors de sa première visite de se rendre dans des pays anglophones. Ca n’a pas été le cas mais pourtant il y a une volonté de ne pas déconsidérer les autres pays d’Afrique.

Il y a eu une évolution tout de même ?

Il y a eu une grande évolution, c’est au niveau idéologique. Le discours est beaucoup moins idéologique que par le passé. A ce niveau là, ça a beaucoup bougé. Les lignes ont évolué. Après tout, tout ne peut pas changer en 6 mois. Il y a des raisons techniques qui font que les choses ne bougent pas aussi vite.

Quels chantiers peuvent lui permettre de redonner ses lettres de noblesse à la diplomatie française ?

La présidence de l’Union européenne peut offrir beaucoup une tribune importante pour Sarkozy. Il peut faire que la France retrouve une voix dans le monde. Il a une carte à jouer. De toute manière, il a déjà prouvé en peu de temps que la France pouvait changer l’Europe. Que ce soit avec le traité simplifié ou le dialogue avec les pays de l’Est, l’arrogance française n’est plus ce qu’elle était. Les «petits pays» de l’Est en avaient marre qu’on les méprise à longueur de temps et qu’on leur demande de se rallier à nous sans autre choix que de se taire. Sarkozy a redonné confiance et a restauré l’image d’une France un peu trop écornée par son arrogance.

Quels dossiers seront déterminants ?

Si le Président est malin, il transforme la présidence en reprenant un rôle de leader. Pour cela il doit unifier et il a deux dossiers importants en ligne de mire : l’Iran et le Kosovo. Le Kosovo sera le vrai test. Si le Président arrive à unifier l’Europe donc s’il y a une solution unifiée, le compromis fera capituler la Russie. Dans le monde d’aujourd’hui, on ne peut pas faire cavalier seul. Pour exister la voix de la France ne peut pas être diluée. Là il a une carte à jouer et la France peut retrouver son influence. Concernant l’Iran. Kouchner et Sarkozy se rassemblent sur ce point. Le Ministre des affaires étrangères a dit ce que tout le monde pensait tout bas. C’est le principe même de la dissuasion. Si on veut faire plier la personne en face de soi , il faut être ferme et faire planer des sanctions ou un point de non retour en tout cas.

La France est-elle encore légitime en tant que membre permanent à l’ONU ?

Notre siège est contesté. Mais malgré toutes ses faiblesses la France a un savoir faire. Que ce soit pour régler les conflits avec une force d’interposition ou nos relations avec les ex-colonies, la France dispose quand même de pas mal de compétences et d’expérience. D’autres pays n’ont pas en main ces atouts là. Mais notre siège sera un jour celui de l’Europe.

Croyez vous que Kouchner va réussir à faire son « ministère de la mondialisation » ?

Il va avoir du mal. Il est sur la même longueur d’onde avec Sarkozy. Ils ont la même volonté de se projeter, ils ont tout deux la culture du résultat. Mais ça ne sera pas si simple de composer avec un Président qui choisit seul la conduite des affaires étrangères. La création de son cabinet de sécurité intérieure renforce un peu plus sa domination sur le quai d’Orsay. Le signal de Sarkozy est d‘avoir une diplomatie morale. Ca c’est un début aussi. Mais justement le conseil de sécurité de l’Elysée pose un risque à la démocratie. La concentration des pouvoirs rejoint les politiques précédentes.

En ça y a t-il une rupture ?

Cette idée de Conseil de Sécurité ne va pas dans le sens de la rupture. Le fait que l’Elysée garde le monopole est peut être une aggravation. Mais bon quand il y a des crises il faut réagir vite et fort. On ne peut pas attendre que le Parlement se réunisse même s’il doit avoir son mot à dire. Ce qui est inquiétant est le petit nombre de conseillers à l’Elysée. Aux USA, s’il y a un conseil de sécurité, le Président est entouré d’un cabinet qui compte énormément de conseillers. Et en plus de ces conseillers, aux USA les politiques peuvent compter sur une partie d’experts en dehors du premier cercle d’élite. En France, il n’y a pas de think tanks ou de société civile. C’est un tort.

1. A lire sur le même thème «L’arrogance française» aux éditions Balland de Romain Gubert et Emmanuel Saint-Martin Propos recueillis par Guillaume Dumant

Voir également:

L’anti-atlantisme français : le point de vue d’Ezra Suleiman

Marie-Laure Germon

Le Ftgaro

06/11/2007

Dans sa chronique, Ezra Suleima*estime que l’anti-atlantisme est un épouvantail qui sert à masquer le malaise européen de la France.

Un grand journaliste expliquait récemment que la raison principale de son vote pour Ségolène Royal, c’était la tentation atlantiste de Nicolas Sarkozy. J’ai relu la phrase, Jean Daniel plaçait bien ce qu’il appelle le proaméricanisme du candidat Sarkozy avant ses principes de gauche. Il faut dire que cet anti-atlantisme de Jean Daniel est partagé par une bonne partie de l’élite française, à gauche comme à droite.

Pour moi, je l’avoue, cela reste un mystère. Est-ce une attitude idéologique et donc structurelle, ou bien un phénomène conjoncturel et passager ? Si le réflexe était purement anti-Bush, je le comprendrais aisément. Les anti-Bush français rejoindraient les anti-Bush américains, et comme la popularité de Bush stagne sous les 25 %, cela ferait une belle majorité chantant la même mélodie. Toutefois, je prédis que les craintes de Jean Daniel ne disparaîtront pas quand le président Bush quittera la scène.

Pourquoi ? À cause de ce que les États-Unis représentent, peut-être pas pour une majorité de Français, mais certainement pour la majorité de l’intelligentsia et de la classe politique. Est-ce qu’un changement radical de la politique américaine pourrait amollir les anti-atlantistes ? Non. Je tends à croire que même si l’Amérique se mettait soudain à s’aligner sur la France dans sa politique économique et sociale, même si elle abolissait la peine de mort et si les Américains devenaient plus laïcs, et bien les anti-atlantistes resteraient anti-atlantistes. Il ne faut jamais sous-estimer la passion des Français pour la rhétorique. L’hostilité contre l’Atlantisme n’est donc pas susceptible d’évoluer à cause d’un simple changement des faits.

L’idéologie est si enracinée que les États-Unis ne peuvent plus grand-chose pour l’inverser. Leur comportement de ces dernières années n’a pas aidé mais, au fond, les anti-atlantistes français s’inquiètent surtout de ce que Sarkozy et son ministre des Affaires étrangères affirment qu’ils ne s’opposeront pas systématiquement aux États-Unis… Être atlantiste, pour les anti, c’est compromettre l’indépendance nationale. Attachement à une certaine forme de gaullisme ? Sans doute, mais le père de cette politique n’était pas toujours hostile aux États-Unis.

La France doit défendre ses propres intérêts. Qui peut soutenir le contraire ? Il est plus difficile d’expliquer avec précision ce que sont ces intérêts et comment les défendre. En tout cas, prétendre a priori que les intérêts de la France sont toujours en danger quand ce pays se range au côté de l’Amérique défie toute logique. La France a eu tendance à construire son identité et sa politique étrangère par rapport aux États-Unis. Nicolas Sarkozy veut trouver un chemin plus constructif. Il essaiera de prendre l’initiative, de peser sur les événements non par des déclarations fracassantes mais en cherchant à avoir de l’influence. C’est ambitieux et risqué car il rompt avec une politique en vigueur depuis des décennies. Je ne sais pas s’il tiendra le cap.

L’inquiétant, c’est que les adversaires de la « dérive atlantiste » ne sont pas prêts à faire une distinction en fonction des circonstances ou des politiques. Toute coopération dans une crise internationale évoquera pour eux la politique de Tony Blair sur la guerre en Irak.

Il y aura dans l’avenir plus de situations ressemblant aux Balkans qu’à l’Irak. Il appartient donc aux Européens de former un bloc qui ne se divisera pas comme ce fut le cas en 2003 avant la guerre d’Irak. Il y aura sans doute d’autres crises, d’autres interventions pour sauver des peuples du massacre ou du génocide, dans lesquelles la politique des Américains et des Européens convergeront. Les anti-atlantistes vont-ils se priver de sauver un peuple en danger uniquement parce que l’Amérique est au côté de ce peuple ?

L’anti-atlantisme français s’explique en partie par la peur de voir la France perdre le contrôle de son propre destin. C’est tout à fait compréhensible, surtout pour un pays qui a connu la gloire. Mais l’Amérique n’y est pas pour beaucoup. C’est la France qui réclame un monde avec des règles pour mieux équilibrer les puissances, ou plutôt diminuer la puissance de la superpuissance. La France ne cesse d’appeler de ses vœux un monde multipolaire. Rien d’anormal. Quant aux États-Unis, même s’ils sont à l’origine des institutions multilatérales nées après la Deuxième Guerre mondiale, ils préfèrent rester la seule superpuissance aussi longtemps que possible. Aucune puissance n’a jamais cherché à diminuer sa propre influence !

Alors comment la France pourrait-elle voir émerger ce monde multipolaire où elle compterait plus ? Sûrement pas en demandant aux États-Unis de lui accorder ce statut. Après tout, la Chine n’a pas demandé à l’Amérique de la reconnaître comme un pôle. Ni l’Inde ni le Brésil ne l’ont fait. L’Europe est seule à réclamer d’être considérée comme un «pôle». Pourquoi ? Tout simplement parce qu’elle n’arrive pas à prendre les mesures nécessaires pour se constituer en une force politique avec laquelle il faudra compter. Étrangement, les adeptes de la realpolitik semblent ignorer la première règle de la politique internationale. L’Europe est certes un bloc économique important, mais elle risque de compter moins au XXIe siècle car elle ne s’est pas constituée en un bloc politique et elle a peu fait pour avoir ses propres instruments de sécurité. Il suffit de regarder les budgets militaires des pays de l’Union européenne et de les comparer avec les États-Unis, la Chine ou l’Inde. L’Europe n’a pas encore choisi entre le beurre et l’argent du beurre. Est-ce parce qu’elle compte toujours sur la défense américaine ?

Dans quinze mois, il y aura un nouveau président aux États-Unis. Le moment viendra pour la France de distinguer entre un président avec lequel elle fut en désaccord total et un peuple loin d’être responsable de tous les malheurs du monde. Le fait est qu’il existe un lien entre la peur de l’atlantisme et le sentiment de vulnérabilité qui habite la France, une vulnérabilité qui prend ses racines dans l’incapacité de la France à faire un choix entre l’Europe et sa propre gloire. J’ai remarqué que les anti-atlantistes français sont souvent ceux qui se méfient de l’Europe. Leur national-souverainisme cherche à maintenir une grande distance entre l’Amérique et l’Europe. Ce qu’ils proposent garantit à la France le statut d’un nain isolé. C’est justement ce que Nicolas Sarkozy veut éviter.

Voir enfin le discours du président Sarkozy devant le Congrès américain:

Discours de Monsieur Nicolas Sarkozy, Président de la République française devant le Congrès des Etats-Unis d’Amérique.

Washington, le 7 novembre 2007

Madame le Speaker,
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les membres du Congrès des Etats-Unis,

Je veux vous dire une première chose, l’amitié pour la France, c’est d’abord d’être fidèle à ses amis, à ses valeurs, à son histoire. La France est l’amie des Etats-Unis d’Amérique. Ce n’est pas simplement le Président de la France qui parle, je ne suis que l’expression du peuple de France.

Depuis que les Etats-Unis sont apparus sur la scène du monde, nos deux peuples : le peuple américain et le peuple français ont toujours été amis. Les épreuves de l’histoire de nos deux pays ont renforcé cette amitié.

Avec des amis, on peut avoir des divergences, on peut avoir des désaccords, on peut même avoir des disputes comme dans une famille.

Mais dans la difficulté, dans l’épreuve, on est avec ses amis, on est à leurs cotés, on les soutient et on les aide.

Dans la difficulté et dans l’épreuve, l’Amérique et la France ont toujours été côte à côte, elles se sont soutenues, elles se sont aidées, et chacune, l’Amérique et la France, se sont battues pour la liberté de l’autre.

Les Etats-Unis et la France sont fidèles au souvenir de leur histoire commune. Notre devoir, c’est d’être fidèles au sang que nos enfants ont versé des deux côtés de l’Atlantique dans des combats communs. Mais les Etats-Unis et la France ne sont pas seulement deux nations fidèles à la mémoire de ce qu’elles ont accompli ensemble dans le passé. Les Etats-Unis et la France, ce sont deux nations qui sont fidèles à un même idéal, qui défendent les mêmes principes, qui croient dans les mêmes valeurs.

Je parle devant le portrait de Washington et celui de Lafayette. Lafayette fut le premier à s’exprimer devant vos deux Chambres. Qu’est-ce qui a rapproché deux hommes si différents par l’âge et par les origines, Lafayette et Washington ? Ce sont des valeurs communes, c’est un même amour de la liberté et de la justice ? Quand Lafayette a rejoint Washington, il lui avait dit : « je viens ici, sur cette terre d’Amérique, pour apprendre et pas pour enseigner». Il venait du Vieux Monde vers le Nouveau Monde et il a dit : « je viens pour apprendre et pas pour enseigner ». C’était l’esprit nouveau et la jeunesse du Vieux Monde qui venait à la rencontre de la sagesse du Nouveau Monde pour ouvrir ici, en Amérique, une ère nouvelle à l’humanité tout entière.

Le rêve américain. Ce rêve américain, ce fut dès le départ, dès les origines, de mettre en pratique ce que le Vieux Monde avait rêvé sans pouvoir le construire.

Le rêve américain, ce fut dès l’origine de prouver à tous les hommes à travers le monde, que la liberté, la justice, les droits de l’Homme, la démocratie, ce n’était pas une utopie mais au contraire la politique la plus réaliste qui soit et la meilleure politique pour améliorer le sort de chacun.

Aux millions d’hommes et de femmes venus de tous les pays, qui ont construit avec leurs mains, avec leur intelligence et avec leur cœur la plus grande nation du monde, l’Amérique n’a pas dit : « Venez, et tout vous sera donné ». L’Amérique a dit : « Venez, et il n’y aura pas d’autre limite à ce que vous pourrez accomplir que celles de votre courage et de votre talent ». L’Amérique que nous aimons à travers le monde, c’est ce pays qui a cette capacité extraordinaire de donner à chacun une nouvelle chance, car en Amérique, l’échec n’est jamais définitif.

Ici chez vous, sur cette terre, le plus illustre des citoyens comme le plus humble sait que rien n’est dû et que tout se gagne. C’est ce qui fait la valeur morale de l’Amérique. L’Amérique n’a pas enseigné aux hommes l’idée de la liberté. L’Amérique a enseigné aux hommes la pratique de la liberté. L’Amérique s’est battue pour cette liberté à chaque fois qu’elle l’a sentie menacée. C’est en regardant grandir l’Amérique que les hommes ont compris que la liberté était possible. Et c’est cela qui vous donne une responsabilité particulière.

La grandeur de l’Amérique, c’est d’avoir réussi à transformer son rêve, le rêve américain, en une espérance pour tous les hommes.

Mesdames et Messieurs,

Les hommes et les femmes de ma génération ont entendu leurs grands-parents raconter comment l’Amérique, en 1917, avait secouru la France, au moment où mon pays parvenait à l’extrême limite de ses forces, au moment où la France était épuisée dans la plus absurde et la plus sanglante des guerres. La France a pu compter sur le courage des soldats américains. Je suis venu vous dire, au nom du peuple français, que jamais nous ne l’oublierons.

Les hommes et les femmes de ma génération ont entendu leurs parents raconter comment l’Amérique était revenue, en 1944, nous libérer l’Europe de l’effroyable tyrannie qui menaçait de nous asservir.

Les pères, dans mon pays, ont emmené leurs fils voir les grands cimetières où sous des milliers de croix blanches dorment, si loin de chez eux, des milliers de jeunes soldats américains qui sont tombés non pas pour défendre leur propre liberté, mais la liberté de tous les autres, qui sont morts loin de chez eux, non pas pour défendre leur famille, leur patrie, mais pour défendre l’humanité tout entière. Voilà pourquoi nous aimons l’Amérique.

Les pères ont emmené leurs fils sur les plages où les jeunes de l’Amérique avaient débarqué en héros. Les pères lisaient à leurs fils ces lettres d’adieu admirables que ces soldats de vingt ans avaient écrites à leurs familles avant la bataille pour leur dire : « Nous ne sommes pas des héros. Nous voulons que cette guerre cesse. Mais quelles que soient nos angoisses, on pourra compter sur nous ». Avant de débarquer, Eisenhower leur avait dit, et nous n’avons pas oublié en Europe : « Les yeux du monde sont fixés sur vous, jeunes d’Amérique. Les espoirs, les prières de tous les peuples épris de liberté vous accompagnent ».

Et les enfants de ma génération, en écoutant leurs pères, en regardant les films, en lisant les livres d’histoire et les lettres de vos soldats morts sur nos plages de Normandie ou de Provence, en visitant les cimetières où flotte la bannière étoilée, ont compris que ces jeunes Américains de vingt ans étaient des héros auxquels nous devions d’être des hommes libres et non des esclaves. L’Amérique nous a libérés. C’est une dette éternelle. Et en tant que Président de la République française, mon devoir c’est de dire au peuple d’Amérique que vous représentez dans votre diversité, que la France n’oubliera jamais le sacrifice de vos enfants, et de dire aux familles de ceux qui ne sont pas revenus, aux enfants qui ont pleuré des pères qu’ils ont à peine eu le temps de connaître que la gratitude de la France est définitive.

Au nom de ma génération qui n’a pas connu la guerre, au nom de nos enfants qui se souviendront toujours, à tous les vétérans qui sont ici et notamment aux sept que j’ai eu l’honneur de décorer hier soir et dont l’un d’eux, le sénateur INOUYE, appartient à votre Congrès, je veux dire la reconnaissance profonde, la reconnaissance sincère du peuple français. Je veux vous dire une chose importante : chaque fois que dans le monde tombe un soldat américain, je pense à ce que l’armée d’Amérique a fait pour la France. Je pense à eux et je suis triste, comme on est triste de perdre un membre de sa famille.

Cela, Mesdames et Messieurs, c’est plus important que tous les désaccords que nous avons pu avoir et que tous les désaccords que nous pourrons avoir. Cela, c’est le socle de la relation entre la France et les Etats-Unis d’Amérique.

Les hommes et les femmes de ma génération ont gardé en mémoire le plan Marshall qui a permis à leurs pères de reconstruire l’Europe dévastée. Les hommes et les femmes de ma génération ont gardé en mémoire la Guerre Froide pendant laquelle l’Amérique fut le rempart du monde libre contre la menace d’une nouvelle tyrannie.

Je me souviens de la crise de Berlin, de Kennedy prenant sans hésiter le risque d’engager les Etats-Unis dans la plus destructrice des guerres pour que l’Europe puisse garder cette liberté pour laquelle le peuple américain avait déjà consenti tant de sacrifices. Oublier cela ce serait, pour un homme de ma génération, se renier.

Mais ma génération n’a pas seulement aimé l’Amérique parce qu’elle avait défendu la liberté. Nous avons aimé l’Amérique parce quelle a incarné pour nous ce qu’il y avait de plus audacieux dans l’aventure humaine, parce que l’Amérique incarnait pour nous l’esprit de conquête. Nous avons aimé l’Amérique parce que l’Amérique c’était une nouvelle frontière sans cesse repoussée, un défi sans cesse renouvelé à l’inventivité de l’esprit humain.

Ma génération, sans venir sur votre territoire, a partagé tous les rêves de l’Amérique. Dans l’imaginaire de ma génération, il y a la conquête de l’ouest et Hollywood. Il y a Elvis Presley, qu’on n’a peut-être pas l’habitude de citer dans ces murs, mais pour ma génération il est universel ! Il y a Duke Ellington, il y a Hemingway. Il y a John Wayne, il y a Charlton Heston. Il y a Marilyn Monroe, Rita Hayworth. Il y a aussi Armstrong, Aldrin, Collins réalisant le plus vieux rêve de l’Homme le jour où des Américains ont marché sur la lune, l’Amérique était universelle et chacun voulait être de cette aventure.

Et ce qu’il y avait de plus extraordinaire pour nous, c’est qu’à travers votre littérature, votre cinéma, votre musique, il nous semblait que l’Amérique sortait toujours plus grande, toujours plus forte des épreuves qu’elle traversait. Et ces épreuves, il nous semblait qu’au lieu de l’amener à douter d’elle-même, elles conduisaient à croire davantage en vos valeurs.

La force de l’Amérique, c’est la force de cet idéal qui est partagé par tous les Américains et par tous les hommes qui l’aiment parce qu’ils aiment la liberté.

Je l’affirme à la tribune de ce Congrès, la force de l’Amérique n’est pas seulement une force matérielle, c’est d’abord une force morale, une force spirituelle. Nul ne l’a mieux exprimé qu’un pasteur noir qui ne demandait à l’Amérique qu’une seule chose, qu’elle fût fidèle à cet idéal au nom duquel il se sentait, lui le petit fils d’esclave, si profondément américain. Il s’appelait Martin Luther King. Il a fait de l’Amérique une référence universelle dans le monde.

Et le monde se souvient de ces paroles que pas un jeune Français de ma génération n’a oubliées, les paroles de Martin LUTHER KING, des paroles d’amour, des paroles de dignité, des paroles de justice. Et ces paroles, l’Amérique les a entendues. Et l’Amérique a changé. Et les hommes qui avaient douté de l’Amérique parce qu’ils ne la reconnaissaient plus se sont mis à aimer de nouveau l’Amérique.

Au fond, que demande à l’Amérique ceux qui l’aiment, sinon d’être toujours fidèle à ses valeurs fondatrices ?

*

Mesdames et Messieurs,

Aujourd’hui comme hier, en ce début du XXIe siècle, c’est ensemble que nous devons mener les combats pour défendre, promouvoir les valeurs et les idéaux de liberté et de démocratie que des hommes comme Washington et Lafayette ont inventés ensemble.

C’est ensemble, unis, que nous devons mener le combat contre le terrorisme. Le 11 septembre 2001, c’est la France toute entière, pétrifiée d’horreur, qui s’est portée aux côtés du peuple américain. L’un de nos principaux quotidiens barrait sa première page avec ce titre : « Nous sommes tous, en ce 11 septembre 2001, des Américains ». Et ce jour là où vous pleuriez tant de morts, jamais l’Amérique ne m’est apparue si grande, si digne, si forte. Les terroristes avaient pensé vous affaiblir et ils vous ont grandi. Et le peuple d’Amérique a fait l’admiration du monde par son courage. Voilà la vérité. Et dès le premier jour, la France décida de participer à vos côtés à la guerre en Afghanistan. Je vous le dis solennellement aujourd’hui : la France restera engagée en Afghanistan aussi longtemps qu’il le faudra, car ce qui est en cause dans ce pays, c’est l’avenir de nos valeurs et celui de l’Alliance Atlantique. Je le dis solennellement devant vous : l’échec n’est pas une option.

Le terrorisme ne gagnera pas parce que les démocraties n’ont pas le droit d’être faibles, et parce que le monde libre n’a pas peur de cette nouvelle barbarie. L’Amérique peut compter sur la France dans le combat contre le terrorisme.

Et c’est ensemble encore que nous devons mener le combat contre la prolifération. Le succès enregistré en Libye, les progrès en cours en Corée du Nord montrent que la prolifération nucléaire n’est pas une fatalité. Je l’affirme devant vous : la perspective d’un Iran doté de l’arme nucléaire est inacceptable pour la France. Le peuple iranien est un grand peuple. Le peuple iranien, issu d’une grande civilisation, mérite mieux que les sanctions et l’isolement croissants auxquels le condamnent ses dirigeants. Nous devons convaincre l’Iran de faire le choix de la coopération, du dialogue et de l’ouverture. Nul ne doit douter de notre détermination. Nous serons fermes et nous dialoguerons parce que nous aurons su être fermes.

C’est ensemble que nous devons aider les peuples du Moyen-Orient à trouver le chemin de la paix et de la sécurité. Aux dirigeants israéliens et palestiniens je veux dire : n’hésitez pas ! Prenez tous les risques au service de la paix ! Et prenez les maintenant ! Parce que le statu quo recèle des dangers bien plus grands encore : celui de livrer la société palestinienne tout entière aux extrémistes qui contestent de façon inadmissible l’existence d’Israël ; celui de faire le jeu des régimes radicaux qui exploitent l’impasse du conflit pour déstabiliser la région ; celui d’alimenter la propagande des terroristes qui veulent dresser l’Islam contre l’Occident. La France ne transigera pas sur la sécurité d’Israël et la France demande un Etat pour les Palestiniens. Voilà la seule voie possible pour la paix.

C’est ensemble que nous devons aider le peuple libanais à affirmer son indépendance, sa souveraineté, sa liberté, sa démocratie. Nul n’a le droit d’empêcher le Liban de vivre comme un pays libre. Ce dont le Liban a besoin aujourd’hui, c’est d’un président de large rassemblement, élu par les Libanais dans le strict respect de la Constitution. La France n’acceptera pas que l’on cherche à asservir le peuple libanais.

*

Mesdames et Messieurs,

L’Amérique se sent une vocation à inspirer le monde. L’Amérique est aujourd’hui la plus puissante. Et parce que, depuis plus de deux siècles, l’Amérique veut porter les idéaux de démocratie et de liberté, qu’il soit permis à un ami de l’Amérique de lui dire que cette responsabilité revendiquée comporte des devoirs, pour l’Amérique comme pour la France, aux premiers rangs desquels celui de l’exemplarité.

Ceux qui aiment la nation qui a le plus démontré au monde les vertus de la libre entreprise attendent de l’Amérique qu’elle soit la première à dénoncer les dérives et les excès d’un capitalisme financier qui fait aujourd’hui la part trop belle à la spéculation. Ils attendent de l’Amérique qu’elle s’engage résolument dans la mise en place des nécessaires règles et garde fous. L’Amérique que j’aime, c’est celle qui encourage les entrepreneurs, pas les spéculateurs.

Ceux qui admirent la nation qui a bâti la plus grande économie du monde et qui n’a eu de cesse de convaincre des avantages du libre échange attendent de l’Amérique qu’elle soit la première à promouvoir une juste parité des changes. Le yuan est déjà le problème de tous. Le dollar ne doit pas rester seulement le problème des autres. Si nous n’y prenons garde, le désordre monétaire risque de se muer en guerre économique, dont nous serions tous les victimes.

Ceux qui aiment l’Amérique des grands espaces, des parcs nationaux, de la nature protégée, attendent de l’Amérique qu’elle prenne, aux cotés de l’Europe, la tête du combat contre le réchauffement climatique qui menace la destruction de notre planète. Je sais que le peuple américain, à travers ses villes et ses Etats, est chaque jour plus conscient de ces enjeux. Qu’il me soit permis de dire avec toute l’amitié que j’ai pour l’Amérique, que ce combat est essentiel pour l’avenir de l’humanité. Nous ne pourrons pas obtenir les résultats que nous devons obtenir sans que l’Amérique prenne la tête de ce combat pour la préservation de notre planète, de notre humanité et de l’espèce humaine. Nous avons besoin de l’Amérique pour protéger la planète dans son environnement.

Mesdames et Messieurs,

Permettez moi de vous livrer une dernière conviction : ayez confiance dans l’Europe.

Notre monde est instable, il est dangereux. Je l’affirme, les Etats-Unis d’Amérique ont besoin d’une Europe forte, déterminée. L’Union européenne est en passe, avec le traité simplifié, de sortir de dix années de débats sur ses institutions, et donc de paralysie. L’Europe sera bientôt dotée d’un Président stable et d’un Ministre des Affaires Etrangères plus puissant pour sa politique étrangère et de sécurité. Je veux vous expliquer que l’Europe doit désormais relancer le grand chantier de ses capacités militaires.

L’ambition que je propose à nos partenaires part d’un constat simple : il y a plus de crises que de capacités pour y faire face. L’OTAN ne peut être partout. L’Union Européenne doit être capable d’agir, dans les Balkans ou au Congo, demain au Soudan ou au Tchad. Pour cela, les Européens doivent faire un effort accru.

Ma démarche, je vous demande de me croire, n’est pas idéologique. Ma démarche est purement pragmatique. Instruit par l’histoire que je rappelais au début de mon propos, je souhaite que dans les années qui viennent, les Européens se donnent les moyens d’assurer une part croissante de leur défense. Je veux dire ces deux phrases du fond du cœur pour que chacun les comprenne : qui pourrait reprocher aux Etats-Unis d’assurer leur sécurité ? Personne. Qui pourrait me reprocher de vouloir que l’Europe assure davantage sa sécurité ? Personne. Tous nos Alliés, à commencer par les Etats-Unis, avec lesquels nous partageons le plus souvent les mêmes intérêts et les mêmes adversaires, ont un intérêt stratégique à ce que l’Europe s’affirme comme un partenaire de sécurité crédible et fort.

Dans le même temps, et avec la même force, connaissant bien l’histoire politique de mon pays, je veux affirmer mon attachement à l’OTAN. Je le dis à la tribune de ce Congrès, plus l’Europe de la Défense sera aboutie, plus la France sera résolue à reprendre toute sa place dans l’OTAN.

Je souhaite que la France, membre fondateur de notre Alliance et qui est déjà l’un de ses premiers contributeurs, prenne toute sa place dans l’effort de rénovation de ses instruments et de ses moyens d’action, et fasse évoluer dans ce contexte sa relation avec l’Alliance en parallèle avec l’évolution et le renforcement de l‘Europe de la défense.

Le temps n’est plus aux querelles théologiques, nous n’avons plus le temps ! Le temps est à des réponses pragmatiques pour rendre les outils de notre sécurité plus efficaces et plus opérationnels face aux crises. L’Union Européenne et l’Alliance doivent marcher la main dans la main. Notre devoir est de protéger nos concitoyens, nous les protégerons ensemble. Une Europe de la défense crédible et forte au sein d’une Alliance rénovée.

Mesdames et Messieurs,

Au final, je veux être votre ami, votre allié, votre partenaire. Mais je veux être un ami debout, un allié indépendant, un partenaire libre. Parce que ce sont les valeurs que nous partageons ensemble.

Il faut une France plus forte. Les réformes que mon pays a trop longtemps différées, je suis déterminé à les mener toutes à leur terme. Je ne reculerai pas car la France a trop longtemps reculé. La France a d’immenses atouts. Je veux mettre la France en situation, dans le respect de son identité si singulière, de gagner toutes les batailles de la mondialisation. J’aime passionnément la France. Je suis lucide sur le chemin qu’il nous reste à accomplir.

C’est cette France ambitieuse et lucide que je suis venu vous présenter aujourd’hui. Une France qui vient à la rencontre de l’Amérique pour renouveler ce pacte d’amitié et d’alliance scellé à Yorktown entre Washington et Lafayette.

Ensemble, Mesdames et Messieurs, soyons dignes de leur exemple. Ensemble, soyons à la hauteur de leur ambition. Ensemble, soyons fidèles à leur mémoire.

Oui, Mesdames et Messieurs, je vous le dis, au nom du peuple français :

Vive les Etats-Unis d’Amérique !

Vive la France !

Et vive l’amitié entre la France et les Etats-Unis d’Amérique !

One Response to Diplomatie française: Une arrogance qui a fait son temps (Can France finally do away with the diplomacy of arrogance?)

  1. esméralda dit :

    ??????? Il a oublié de parler de partage, d’équité, de justice sociale, de répartition des richesses! Du coup, son discours ne vaut RIEN!

    J'aime

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